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Salinité des eaux et béton à Goma

Mémoire analyse de la salinité des eaux

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Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

UNIVERSITE LIBRE DE PAYS DES


GRANDS LACS
« U.L.P.G.L »

BP: 368 GOMA

FACULTE DES SCIENCES ET


TECHNOLOGIES APPLIQUEES
DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL

INFLUENCE DE LA SALINITE DES


EAUX SUR LES PROPRIETES
PHYSIQUES DU BETON A GOMA
Mémoire présenté et défendu en
vue de l’obtention du Diplôme
d’Ingénieur Civil
Orientation : Structures et
Ouvrages d’Arts
Présenté par : TAMONE KAKOZI
Elke
Encadreur :[Link] BISHWEKA

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 1


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Directeur :[Link]
François

ANNEE ACADEMIQUE 2017-2018

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 2


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

EPIGRAPHE

≪ Nous avons tous trois moyens principaux :


L’observation de la nature, la réflexion et
l’expérience.
L’observation recueille les faits ;
La réflexion les combine ;
L’expérience vérifie les résultats de la
combinaison≫

Denis Diderot

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 i


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 ii


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

DEDICACE

A
mes parents KAKOZI SUMAILI Gabriel et FEZA
Valentine

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 iii


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

REMERCIEMENTS

Nous ne pourrons jamais prétendre que la réalisation de ce travail soit le résultat de


notre seul propre effort, mais elle a été atteinte avec la contribution de plusieurs intervenants ;

De prime abord, nos profonds remerciements s’adressent à l’Eternel Dieu tout


puissant, qui, dans sa grande miséricorde ne cesse de faire des merveilles pour nous.

Nos grandes reconnaissances s’en vont aux autorités académiques de l’ULPGL, et plus
particulièrement à celles de la Faculté des Sciences et des Technologies Appliquées,
Département de Génie Civil pour leurs efforts fournis tout au long de notre parcours.

Nos sentiments de profonde gratitude au Professeur François NGAPGUE qui a


accepté respectueusement de diriger ce travail et au chef de travaux Ingénieur Cherif
BISHWEKA pour son encadrement de mérite.

Nos sincères remerciements restent méritoires à nos ami(e)s, sœurs, frères, qui nous
ont aidés à atteindre nos objectifs, nous citons entre autre DIANE KAKOZI, OLAF KAKOZI,
DORCAS KAKOZI, MOISE KAKOZI, DANIELLA KAKOZI, ADELE KAKOZI,
BENJAMIN KAKOZI, VANESSA, ELVIRE S, GUELORD B, ZILFA, GUYLAIN, YVES
KAKOZI.

Nous ne saurions terminer sans toutefois remercier tous nos amis qui, sans cesse ont
enduré jusqu’ici dans l’accomplissement de cette lourde tâche.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 iv


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

SIGLES ET ABREVIATIONS

°C : degré Celsius

C : dosage en ciment

cm : centimètre

E : proportion eau

E/C : rapport eau sur ciment

fc28 : résistance caractéristique du béton à 28 jours

fc7 : résistance caractéristique du béton à 7 jours

G : proportion gravier

g : gramme

kgf : kilogramme-force

kg : kilogramme

l : litre

mg : milligramme

mm : millimètre

MPa : méga pascal

N : Newton

TA : titre alcalimétrique

TAC : titre alcalimètre complet

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 v


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

LISTES DE FIGURES

Figure II. 1:courbe de mélange...............................................................................................................22

Figure II. 2:courbe optimale de BOLOMEY..........................................................................................23

Figure II. 3. Position du point D sur la courbe optimale de BOLOMEY:..............................................24

Figure II. 4:verticale de la juxtaposition des courbes.............................................................................25

Figure II. 5:verticale pour la superposition partielle des courbes...........................................................26

Figure II. 6:verticale pour la discontinuité des courbes..........................................................................26

Figure II. 7:tracé de la courbe optimale..................................................................................................27

Figure III. 1: Courbe granulométrique du sable concassé......................................................................30

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 vi


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I.1:prescription / teneur maximale de l'eau de gâchage............................................................11

Tableau I. 2:classe du béton suivant l’affaissement au cône d’Abrams [1]...........................................13

Tableau II. 1:Interprétation de l'équivalent de sable...............................................................................21

Tableau II. 2:Différentes valeurs de A [24]............................................................................................23

Tableau II. 3:Détermination des constituants du mélange......................................................................27

Tableau II. 4:valeurs du coefficient K [24]............................................................................................28

Tableau III. 1:Masses volumiques absolues et apparentes des granulats...............................................31

Tableau III. 2 présente les résultats des analyses chimiques qualitatives des eaux...............................32

Tableau III. 2:Résultats des analyses chimiques des eaux.....................................................................32

Tableau III. 3:Résultats de l’essai de consistance..................................................................................32

Tableau III. 4:Résultats de l’essai de prise.............................................................................................33

Tableau III. 5:Résultats des masses volumiques du ciment utilisé.........................................................33

Tableau III. 6:Dosage en divers constituants..........................................................................................34

Tableau III. 7:Valeurs d’affaissement au cône d’Abrams......................................................................35

Tableau III. 8:Résistance en compression des éprouvettes cylindriques de béton des dimensions 16*32
cm...........................................................................................................................................................35

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 vii


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

RESUME

Dans le cadre de ce travail, trois types d’eaux de gâchage ont été utilisées dans la
confection des bétons à savoir : eau du lac, de pluie et distillée pour analyser la salinité des
eaux sur les propriétés du béton. Les bétons d’étude ont été formulés à l’aide la méthode de
BOLOMEY avec du sable et de gravillons de classes respectives 0/4 et 5/15. La résistance à
28 jours des bétons confectionnés à partir de diverses eaux citées ci-dessus a été 16.329 MPa,
19.345MPa et 20.272 MPa respectivement pour l’eau du lac, l’eau de pluie et pour l’eau
distillée. Ces résultats nous ont poussés à conclure que l’eau de pluie est d’usage à cet effet
puisqu’offrant les meilleures résistances en compression étant donné qu’elles ont offert des
résistances qui sont à 90% de celles correspondantes à l’eau distillée.

Mots clés : Influence, salinité, eau, propriétés physico-mécaniques, béton.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 viii


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

ABSTRACT

As part of this work, three types of water were used in the manufacture of concrete
namely: lake water, rain water and distilled water to analyze the salinity of water properties of
concrete. The study concretes were formulated with the method of BOLOMEY with sand and
gravel of respective classes 0/4 and 0/5. The 28-day strength of the concrete made from
various waters mentioned above was respectively 16.329 MPa, 19.345MPa, and 20.272MPa.
These results have led us to conclude that rainwater is used for this purpose since it offers the
best compressive strengths since they have resistances that are 90% of those with distilled
water.

Keywords: influence, salinity, water, physico-mechanical properties, concrete.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 ix


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

SOMMAIRE

EPIGRAPHE...........................................................................................................................................i
DEDICACE............................................................................................................................................ii
REMERCIEMENTS.............................................................................................................................iii
SIGLES ET ABREVIATIONS..............................................................................................................iv
LISTES DE FIGURES...........................................................................................................................v
LISTE DES TABLEAUX.....................................................................................................................vi
RESUME..............................................................................................................................................vii
ABSTRACT........................................................................................................................................viii
SOMMAIRE..........................................................................................................................................ix
INTRODUCTION GENERALE............................................................................................................1
Chapitre premier.....................................................................................................................................3
GENERALITES SUR LE BETON........................................................................................................3
I.1. DEFINITION.........................................................................................................................3
I.2. LES CONSTITUANTS DU BETON.....................................................................................4
I.2.1. Les granulats...................................................................................................................4
I.2.2. Les liants et les adjuvants des bétons [1]........................................................................7
I.2.3. Eau de gâchage pour béton.............................................................................................8
I.3. PROPRIETES DES BETONS..............................................................................................12
I.3.1. Les propriétés du béton frais.........................................................................................12
I.3.2. Les propriétés du béton durci........................................................................................14
I.4. CONCLUSION PARTIELLE..............................................................................................15
Chapitre deuxième................................................................................................................................16
deuxième
MATERIELS ET METHODES D’EXPERIMENTATION.................................................................16
D’EXPERIMENTATION
II.1. INTRODUCTION................................................................................................................16
II.2. ESSAIS EFFECTUES SUR LES MATERIAUX UTILISES...............................................16
II.2.1. Echantillonnage............................................................................................................16
II.2.2. L’eau de gâchage..........................................................................................................16
II.2.3. Le ciment......................................................................................................................17
II.2.4. Le béton frais................................................................................................................18
II.2.5. Le béton durci...............................................................................................................18

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 x


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

II.2.6. Les granulats.................................................................................................................19


II.2.7. Formulation et confections des eprouvettes..................................................................21
II.2.8. Confection et cure des éprouvettes...............................................................................29
II.3. CONCLUSION PARTIELLE.............................................................................................29
Chapitre troisième................................................................................................................................30
troisième
PRESENTATION ET ANALYSE DE RESULTATS..........................................................................30
RESULTATS
III.1. RESULTATS DES ESSAIS SUR LES GRANULATS....................................................30
III.1.1. Analyse granulométrique par tamisage.........................................................................30
III.1.2. Module de finesse.........................................................................................................31
III.1.3. Masses volumiques.......................................................................................................31
III.1.4. Degré de propreté.........................................................................................................31
III.2. RESULTATS OBTENUS SUR LES EAUX....................................................................32
III.3. RESULTATS OBTENUS SUR LE CIMENT..................................................................32
III.3.1. Essai de consistance......................................................................................................32
III.3.2. Essai de prise................................................................................................................33
III.3.3. Masse volumique absolue.............................................................................................33
III.4. FORMULATION DES BETONS....................................................................................34
III.5. CONCLUSION PARTIELLE..........................................................................................36
CONCLUSION GENERALE..............................................................................................................36
GENERALE
BIBLIOGRAPHIE...............................................................................................................................38
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES..............................................................................................................................................I
ANNEXE 1 : ESSAI SUR LES GRANULATS.................................................................................II
1. Compositions granulométriques du sable concassé 0/4..............................................................II
2. Compositions granulométriques du gravier concassé 5/15........................................................III
3. Courbe granulométrique du sable concassé 0/4.........................................................................IV
4. Courbe granulométrique du gravier concassé 5/15.....................................................................V
5. Masse volumique absolue du sable concassé 0/4........................................................................V
6. Masse volumique absolue du gravier concassé 5/15..................................................................VI
7. Masse volumique apparente du sable concassé 0/4...................................................................VI
8. Masse volumique apparente du gravier concassé 5/15..............................................................VI
9. Equivalent de sable...................................................................................................................VII
ANNEXE 2 : ESSAI SUR LES EAUX...........................................................................................VIII
ANNEXE 3 : ESSAI SUR LE CIMENT...........................................................................................IX
ANNEXE 3 : FORMULATION DES BETONS PAR APPLICATION NUMERIQUE...................IX

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 xi


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

ANNEXE 4 : RÉSISTANCE EN COMPRESSION DES ÉPROUVETTES EN MPA....................XII

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 xii


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

INTRODUCTION GENERALE

Bâtir a toujours été l’un des premiers soucis de l’homme et de ses préoccupations
majeurs. A ce jour, la construction connait un grand essor dans la plupart des pays et très
nombreux sont les professionnels qui se livrent à cette activité. Cependant si le métier de
construire a une grande importance pour l’homme, la durée de services des structures en béton
constitue l’une de ses préoccupations essentielles dans la conception, la réalisation ou
l’entretien des ouvrages de génie civil car les ouvrages en béton sont conçus et construits pour
durer.

Le béton est un matériau de base de structures largement utilisé dans la construction


depuis plus d’un siècle. Il peut se dégrader sous l’influence de causes liées à sa qualité initiale
ou à des sollicitations d’exploitation ou d’environnement. Des pathologies apparentes ou
cachées peuvent survenir. Ces pathologies sont en grande partie liées à des processus
chimiques. L’ingénieur devra alors considérer autant la composition des matériaux entrant
dans la confection du béton (dont l’eau pour notre cas) que l’application au béton à produire.

Comme cela peut paraître évident, la ville de Goma est dépourvue des matériels
nécessaires de laboratoire de Chimie tels que le spectrophotomètre pouvant faciliter les essais
chimiques, portant sur les teneurs en différents constituants et le contrôle de certaines
réactions chimiques. Nos observations nous ont fait constater qu’à Goma, la plupart
d’ingénieurs ne tiennent pas compte des propriétés chimiques des eaux et pourtant plusieurs
ouvrages de génie civil souffrent de pathologies, en grande partie liés à des processus
chimiques lors du gâchage du béton car les clients l’exigent rarement et le Laboratoire
National des Travaux Publics de l’Office des Routes ne disposant pas des matériels appropriés
pour les essais chimiques. Il en résulte d’excès d’impuretés qui détériore les propriétés du
béton et conduisant dans l’ensemble à l’apparition des désordres dans les ouvrages de génie
civil.

Eu égard à tout ce qui précède, une interrogation vient à l’esprit : l’ingénieur de Goma
a-t-il besoin de quantifier les sels dans les eaux entrant dans la construction ? Est-ce
nécessaire ?

L’objectif principal du présent travail est d’évaluer expérimentalement les effets


négatifs des sels présents dans les eaux utilisées à Goma sur les caractéristiques physiques du

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 1


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

béton. Ceci permettrait de ralentir la dégradation rapide de nos ouvrages et baisser la


propagation des dommages des structures en béton.

Pour orienter la recherche, conformément à la question précédemment formulée, nous


nous mobilisons de vérifier l’unique hypothèse suivante :

Les ions contenus dans l’eau auraient une influence sur la résistance à la compression
et les autres propriétés du béton.

Afin de parvenir à l’objectif principal fixé, il est nécessaire de :

Prélever les échantillons d’eaux (pluie, lac Kivu) ;


Analyser chimiquement la teneur de différents ions contenus dans les eaux ;
Effectuer les analyses concernant le temps de début et de fin de prise de la pâte du
ciment ainsi que la résistance en compression ;
Réaliser les éprouvettes en béton selon les différentes eaux ;
Tester ces éprouvettes à la compression.

La méthodologie et les techniques adoptées dans la présente étude sont les suivantes :

La technique documentaire : elle a permis de sélectionner les ouvrages spécialisés


concernant les différentes prescriptions à l’égard de l’eau de gâchage, formulations de
béton, etc.
La méthode descriptive : sur base des observations faites, elle a permis à décrire
certains comportements observés.
La méthode expérimentale : elle a permis de tester chimiquement les différentes eaux
et les différentes éprouvettes de béton.
La méthode statistique : cette méthode a permis d’analyser, de traiter et d’interpréter
les résultats afin que la présentation des données soit accessible par tous.

Hormis l’introduction et la conclusion générale, le travail s’articule autour de trois


chapitres.

Le premier chapitre présente la revue de la littérature, qui consiste à la présentation du


matériau béton, ses propriétés, ses constituants, son mode d’obtention ainsi que les différentes
eaux utilisées dans la ville de Goma. Le second chapitre présente les matériels et méthodes de
recherche. Quand au le troisième chapitre, il est consacré à la présentation et l’interprétation
des résultats obtenus.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 2


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Chapitre premier

GENERALITES SUR LE BETON

Dans ce chapitre, il est question de présenter les généralités sur les constituants du
béton. Pour faire une présentation plus parlante, nous intégrerons tout ce qui permet d’avoir
une vue plus large sur le béton et l’eau de gâchage.

I.1. DEFINITION

On appelle béton une pierre artificielle obtenue grâce au durcissement d’un mélange
de liant, d’eau et de granulats choisis de façon rationnelle [1]. Le béton est l’un des matériaux
les plus importants dans tous les domaines de la construction. Ceci s’explique par :

 La facilité de traitement mécanique des mélanges de béton plastique, ce qui permet de


réaliser des mélanges de béton plastique, ce qui permet de réaliser sans dépense
sensible de main d’œuvre, des éléments de construction de longue durée dont les
formes et les dimensions sont plus diverses ;
 La possibilité de varier ses propriétés dans des longues limites en utilisant les
composants aux qualités correspondantes et en appliquant des méthodes spéciales de
traitement mécanique et physico-chimique ;
 La possibilité de mécanisation totale des travaux de bétonnage : qualité économique
du béton parce que 80 à 90% de son volume est composé d’agrégats d’origine locale
[1].

Une bonne connaissance des propriétés des matériaux de construction permet de bien
les utiliser et de construire des ouvrages solides, durables, et économiques. Le béton est un
produit artificiel car il est produit par une technique et non par la nature [2].

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 3


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

I.2. LES CONSTITUANTS DU BETON

Les constituants du béton sont principalement les granulats, le liant (ciment) ; l’eau et
éventuellement les adjuvants.

I.2.1. Les granulats

La plupart des définitions relatives aux granulats sont empruntées du texte de la norme
XP P 18-540 [3]. Un granulat est un ensemble de grains compris entre 0 et 125mm, destiné
notamment à la confection des mortiers, des bétons, des couches de fondation et de base, de
liaison et de roulement des chaussées, des assises et ballasts de voies ferrées, des
remblais[4].Le rôle des granulats dans un mélange de béton est de permettre de produire un
matériau ayant une résistance et une durabilité appropriée avec le moindre coût possible. La
maniabilité (l’ouvrabilité) des bétons dépend grandement des caractéristiques des granulats
dont les principales sont :

 La granulométrie, la texture de surface des granulats et la forme des particules ;


 La résistance mécanique (compression, traction et module) ;
 La densité relative, la masse volumique ;
 L’absorption, la porosité et la teneur en humidité ;
 La présence de matières nuisibles ;
 La résistance aux cycles de gel et dégel ;
 La résistance à l’abrasion et aux chocs.
[Link] des granulats [1]

Les granulats se différencient par leurs natures, leurs masses volumiques, leurs
origines, leurs formes, leurs répartitions granulométriques.

a. Les granulats naturels

Ils ne subissent aucun traitement autre que mécanique (réduction des dimensions). On
distingue :

 Les granulats roulés

Ils sont issus de dragages en rivière ou d’extraction dans les terrasses alluviales. Ils
nécessitent un lavage pour les débarrasser des argiles et d’autres impuretés. Leur forme est
généralement arrondie. Dans certains cas, on procède au concassage ou au broyage des classes
PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 4
Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

excédentaires soit pour fabriquer des catégories déficitaires dans les matériaux, soit pour
obtenir des matériaux argileux (pour revêtement routiers par exemple).

 Les granulats concassés

Ils proviennent du concassage des roches éruptives, sédimentaires et métamorphiques.


Ils sont généralement de forme plus ou moins anguleuse.

 Les granulats artificiels

Dans la catégorie des granulats artificiels se rangent des granulats provenant de la


transformation thermique de roches, de minerais et de sous-produits industriels transformés.

 Granulats de laitier

Le granulat de haut fourneau, refroidi lentement, est proche d’une roche artificielle
cristallisé. Il est traité comme des granulats concassés.

 Granulats légers

Ce sont généralement :

 L’argile expansive (cuisson au four à 1100-1300°C) de matières préalablement


granulée. Après cuisson, on obtient des granulats dont le cœur est alvéolaire et la
périphérie plus dure ;
 Le polystyrène expansé (polystyrène mélangé à kaolin cuit à vapeur) ;
 La vermiculite fabriquée avec certains micas ;
 La perlite de laves volcaniques ;
 Etc.
 Granulats spéciaux

Ils servent à la fabrication des bétons spéciaux, il s’agit notamment :

 Des bétons réfractaires (chromite, corindon, etc.) ;


 Des revêtements des sols des bâtiments industriels (limonite, magnétite, fonte en
paillettes, corindon, hématite, etc.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 5


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

[Link] des granulats

Dans beaucoup de cas, les granulats roulés ne présentent pas la répartition


souhaitable des grains de différentes dimensions pour aboutir à la confection de bétons
compacts. Il en est de même pour les granulats concassés, avec une composition granulaire
souvent assez éloignée de la composition idéale. En outre, la ségrégation (ségrégation par
différence masse) intervient lorsque la plage granulaire est très étendue qui peut engendrer
une hétérogénéité préjudiciable à une bonne composition des bétons. Il est donc nécessaire de
sépare les produits bruts en classes. D’après [5] : Il existe cinq classes granulaires principales
caractérisées par les dimensions extrêmes d et D des granulats rencontrés :

 Les fines : 0/D avec D ≤ 0.08mm


 Les sables : 0/D avec D ≤ 6.3mm
 Les gravillons : d/D avec d≥2mm et D≤31.5mm
 Les cailloux : d/D avec d≥20mm et D≤80mm
 Les graves : 0/D avec 6.3mm<D≤80mm

La détermination de d et D des classes granulaires d/D ainsi définies se fait en


considérant que les granulats correspondant à ces dimensions doivent être présents en
proportions suffisantes. Les granulats à employer dans le béton doivent assurer une résistance
mécanique qui peut s’exprimer par des résistances mécaniques à la fragmentation, à l’usure et
au polissage. La résistance mécanique des granulats dépend des caractéristiques intrinsèques
de la roche d’origine.

Le classement des granulats se fait par criblage. Le sable pauvre en éléments fins de
granularité constante (à l’exemple des sables de certains cours d’eau) subit une correction par
adjonction d’un sable fin, soit naturels à grains ronds, soit de broyage en proportion
convenable dans le but d’obtenir un sable composite de granularité admissible [6].

L’obtention du sable de granularité admissible à partir d’un sable très hétérogène,


tantôt pauvre en éléments fins, tantôt excédentaire, sa correction se résume à une coupure
interne à une maille judicieusement choisie, comprise généralement entre 0,4 et 0,8mm. La
correction appliquée génère deux sables, un fin et un gros qui, correctement dosés lors de la
fabrication du béton, permettent l’obtention d’un sable composite acceptable [6].

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 6


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

I.2.2. Les liants et les adjuvants des bétons [1].

a. Les liants

On distingue deux grands groupes de liants :

- Les liants minéraux qui se subdivisent en liants hydrauliques et liants aériens ;


- Les liants organiques.
 Les liants minéraux sont des poudres finement broyées qui, mélangées à l’eau
forment une pâte plastique qui à son tour durcit pour former un matériau solide,
véritable roche artificielle. Les liants hydrauliques sont des matières qui peuvent
durcir, se conserver pendant longtemps non seulement à l’air, mais aussi sous
l’eau. Les exemples les plus courants sont les ciments portland et ses variétés, les
ciments alumineux, les chaux hydraulique, etc. Les liants aériens sont ceux qui se
conservent pendant une longue durée et augmentent de résistance uniquement à
l’air. Comme exemples on peut citer les plâtres, la chaux aérienne…
 Les liants organiques sont des liants hydrocarbonés. On les appelle encore liants
bitumineux ou goudronneux. Ils sont des mélanges composés d’hydrocarbure avec
soufre, l’oxygène, l’azote dont les propriétés physico-mécaniques varient en
fonction de la température. Ils sont noirs, visqueux, peuvent durcir et se conserver
pendant une longue durée sans addition d’eau, mais par simple abaissement de
température. Ce sont les bitumes, les goudrons.

Le ciment est un liant hydraulique, c’est-à-dire capable de faire prise dans l’eau. Il se
présente sous l’aspect d’une poudre très fine qui, mélangée avec de l’eau, forme une pate
faisant prise et durcissant progressivement dans le temps. Ce durcissement est dû à
l’hydratation de certains composés minéraux, notamment des silicates et des aluminates de
calcium, la proportion de chaux et de silice réactive devant être au moins de 50% de la masse
du ciment [7].

b. Les adjuvants

Les adjuvants modifient les propriétés des bétons et des mortiers auxquels ils sont
ajoutés. Par exemple, l’emploi des plastifiants-réducteurs d’eau et des supers plastifiants
comme adjuvants facilite la mise en place du béton dans les pièces minces fortement armées,
ainsi que la réalisation des bétons de hautes performances. On en définit les adjuvants
retardateurs de prise ainsi que des accélérateurs de prise [1].
PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 7
Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

I.2.3. Eau de gâchage pour béton

L’eau utilisable pour la fabrication du béton fait l’objet de la norme française NF EN


1008. [8].L’eau de gâchage est un élément essentiel pour la fabrication du béton. Elle est
ajoutée lors du mélange afin d’hydrater le ciment et permet de lier les constituants du béton
entre eux. L’eau permet au ciment de faire prise (c’est un des réactifs de la réaction
d’hydratation), et de donner au béton une consistance (ouvrabilité) adaptée à l’ouvrage à
réaliser. L’eau est un constituant très important du béton, car elle peut en influencer la qualité,
en fonction de sa qualité et de sa quantité.

L’eau destinée au gâchage du béton doit être propre et ne doit pas contenir
d’impuretés qui pourraient nuire à la qualité du béton, ce qui nécessite une analyse chimique
pour déterminer les impuretés qui s’y trouvent. Ces impuretés sont soit des matières
organiques ou chimiques qui peuvent être actifs vis-à-vis du ciment, des granulats ou des
armatures, soit des particules en suspension qui sont indésirables.

L’excès d’impuretés détériore les propriétés du béton :

 les propriétés physiques et mécaniques (prise et résistance) ;


 les propriétés esthétiques (taches, efflorescences) ;
 la durabilité (corrosion des armatures, stabilité du béton). [9].

Il faut être attentif au dosage, car un excès d’eau nuit à la durabilité du béton et
diminue la résistance du béton durci. On calcule la quantité d’eau à partir du rapport
E/C (masse de l’eau/masse de ciment) établi expérimentalement.

Les ajouts d’eau non maitrisés (sur chantier ou en centrale à béton) entrainent :

 Une diminution des performances mécaniques du béton ;


 Une augmentation de sa porosité concomitante avec une augmentation de ses
propriétés de transfert ;
 Une diminution de sa durabilité ;
 Une augmentation des phénomènes de retrait ;
 une diminution de la résistance aux cycles gel/Dégel ;
 les risques déségrégation et de ressuage. [10].

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 8


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

[Link] des types d’eau [8].

En général, l’aptitude à l’emploi de l’eau pour la production de béton dépend de son origine.
Les types d’eau suivants peuvent être distingués :

a. Eau potable
Selon la norme NF P18-303, cette eau est considérée comme appropriée pour la
fabrication du béton et nécessite aucun essai.

b. Eau récupérée de fabrication de bétons


L’eau récupérée de l’industrie du béton est utilisée seule ou en mélange avec une autre
eau. L’eau récupérée des fabrications de l’industrie du béton comprend :

 L’eau que contenait le béton excédentaire ;


 L’eau utilisée pour nettoyer l’intérieur des malaxeurs de béton fixes, des tambours
mélangeurs des bétonnières portées et des pompes à béton ;
 L’eau de fabrication provenant des opérations de sciages, meulage et de découpage
sous eau du béton durci ;
 L’eau extraite du béton frais lors de la production.

L’eau peut provenir :

Des bassins munis d’équipement appropriés permettant une répartition uniforme des
matières solides présentes dans l’eau de lavage ;
Des bassins de sédimentation ou d’installation similaires dans la mesure où l’eau reste
dans le bassin assez longtemps pour permettre la décantation des matières solides.

L’eau récupérée des fabrications de l’industrie du béton contient des particules très
fines(ciments, fines sables,…).

c. Eaux d’origine souterraine


Ces eaux peuvent être appropriées, mais doivent être soumises à des analyses.

d. Eaux naturelles de surface et eaux de rejet industrielles


Ces eaux peuvent être appropriées, mais doivent être soumises à des analyses. Nous
avons à titre exemple : l’eau de pluie et de ruissellement,…

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 9


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

e. Eau de mer et eaux saumâtres


Ces eaux peuvent être appropriées, mais doivent être soumises à des analyses.

Ces différentes eaux doivent obligatoirement subir des analyses concluant à leur non- nocivité
avant tout emploi. La norme autorise l'emploi d'eau de mer dans la confection des bétons qui
ne sont ni armés ni précontraints car il n’y a pas de risque quant à la pérennité de l'ouvrage
seules des efflorescences dues à une migration des sels pouvant apparaître sur les parements.
[11].Nous avons à titre exemple : l’eau du lac

[Link] à l’égard de l’eau de gâchage

Pour convenir à la confection de béton, les eaux ne doivent contenir ni composés


risquant d'attaquer chimiquement le ciment, les granulats ou les armatures, ni particules en
suspension dont la quantité pourrait modifier ses qualités initiales. La norme P 18-303 limite à
cet effet le pourcentage de matières en suspension à 2 ou 5 g/l et la teneur en sels dissouts à
15 ou 30 g/l suivant la nature du béton, précontraint ou non armé, spécifications qui ne
différencient pas les éléments nocifs même en très faible pourcentage de ceux qui en
pourcentage éventuellement plus important ne le sont pas. [11].

La norme NF 1008 préconise trois types d’exigences : exigences sensoriels, exigences


chimiques et exigences physiques figurant dans le tableau I.1.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 10


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Tableau I.2:prescription / teneur maximale de l'eau de gâchage

Exigences Paramètres Prescription/teneur maximale en mg/l

Sensoriels Huiles et Ne dépasser des traces visibles


graisses
Détergents Disparition du mouse
Couleur La couleur doit être évaluée comme pâle, ou plus pâle
Odeur Aucune odeur sauf celle autorisée pour l’eau potable
Absence totale d’odeur de sulfure d’hydrogène avant ou
après l’addition de l’acide chlorhydrique
Chimiques Teneur en Béton précontraint ou coulis : ≤500
chlorures ¿ ¿ Béton armé ou avec insert:≤1000
Béton non armé et sans insert:≤ 4500
Teneur en ≤2000mg/l
sulfates¿

Alcalins Seulement lors de l’utilisation sensibles aux alcalins:≤ 1500

Contaminati Phosphates, exprimés en P2 O 5:≤ 100


on nocive Plomb, exprimé en Pb2+¿ ¿: ≤ 500
Zinc, exprimé en Zn2+¿¿ : ≤100

Physiques Temps de Le résultat ne doit pas s’écarter de plus de 25% du temps de prise
et prise obtenu avec des éprouvettes préparées avec de l’eau distillée ou de
mécaniques l’eau dé-ionisée.

Resistance La résistance moyenne à la compression à 7jours des éprouvettes


de béton ou de mortier préparées avec l’eau essayée, doit atteindre
au moins 90% de la résistance moyenne des éprouvettes
correspondantes préparées avec l’eau distillée ou dé-ionisée.

[Link] effets de la présence de ces impuretés dans l’eau de gâchage [11]

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 11


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Les effets de la présence de ces eaux de gâchage, dans des proportions supérieures aux
limites indiquées ci-dessus dans le tableau I.1, sont rappelés ci-après :

Les chlorures : en faible proportion peuvent légèrement modifier la prise et le


durcissement du ciment, par contre en forte proportion ils peuvent réagir avec le
ciment et compromettre la durabilité du béton ;
Les sulfates : peuvent réagir sur le ciment pour former de l’ettringite qui
s’accompagne de gonflement et peut provoquer une dislocation du béton. En faible
proportion, ils ont une action sur le temps de prise et de durcissement du ciment
pouvant s’ajouter à l’effet du Ca SO 4 du ciment ;
Les substances nocives :
 Les sucres : retardent la prise du ciment jusqu’à empêcher les phénomènes de
prise et durcissement s’ils sont introduits en grande quantité dans le béton ;
 Les phosphates et les nitrates : diminuent fortement les résistances et
présentent une action corrosive important ;
 Le zinc : a un effet retardateur sur la prise

Quand l’une quelconque des limites indiquées sur les contaminations nocives du
tableau I.1 est dépassée, l’eau peut éventuellement utilisée, sous réserve qu’elle satisfasse aux
prescriptions concernant les essais de début et fin de prise et les essais de résistance.

I.3. PROPRIETES DES BETONS

Pour utiliser au mieux le béton, il faut bien connaitre ses propriétés : d’une part à l’état
frais, alors qu’il est plastique et qu’on peut travailler, d’autre part, à l’état durci, alors que sa
forme ne peut plus être modifiée mais que ses caractéristiques continuent à évoluer durant de
nombreux mois, voire des années.

I.3.1. Les propriétés du béton frais

La principale propriété du béton frais est la maniabilité ou l’ouvrabilité. C’est l’indice


qui indique l’aptitude à la mise en place du béton dans un moule. L’ouvrabilité se mesure à
l’aide du cône d’Abrams. Le tableau I.2 reprend les différentes classes de consistance ainsi
que leurs domaines respectifs d’utilisation.

Tableau I. 3:classe du béton suivant l’affaissement au cône d’Abrams [1]

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 12


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Affaissement en Classe selon la Domaine d’utilisation


cm consistance
0à4 Ferme (F) Béton de propreté, fondation non armée,
voirie
5à9 Plastique (P) Semelle coffrée, mur de soutènement,
plancher, dalle, poutre, poteau, voirie
10 à 15 Très plastique (TP) Fondation coulée en fouille, pieu, voile de
faible épaisseur, paroi moulée
≥16 Fluide (F) Pieu, paroi moulée

[Link] de la forme des grains sur la fluidité

Lorsque la surface des grains est arrondie et lisse, la surface totale et le frottement
entre eux sont plus petits que si la forme est angulaire et la surface rugueuse. C’est pour cela
que le béton frais au gravier et au sable roulé est plus fluide que celui formé de pierres
concassées de sable de forme angulaire. Le choix de la fluidité d’une pâte de béton doit tenir
compte des dimensions et du type de construction, de la simplicité de l’armature et des
méthodes de mise en œuvre [12].

[Link] propriétés du béton frais

Elles sont liées à la sédimentation. A ce niveau on distingue deux phénomènes : le


ressuage et la ségrégation.

a) Le ressuage

Le béton fraichement malaxé se tasse et une couche d’eau limpide apparait en surface
et s’appelle <<eau de ressuage>>. Le tassement dans le coffrage et une vibration non
homogène risquent de provoquer une fissuration du béton avant même la prise et le
durcissement.

b) La ségrégation

Les granulats placés dans la pâte de ciment sont soumis à leur poids propre, à la
poussée d’Archimède (étant donné que la pâte de ciment est considérée comme un fluide) et
aux forces de liaison (liées à la viscosité de la pâte) de la pâte. Lorsque les forces de liaison
sont faibles (faible viscosité de la pâte), les granulats, plus lourds tendent à descendre et les

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 13


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

bulles d’air, plus légères tendent à remonter vers la surface. Quand le béton est soumis à des
vibrations ou des chocs importants ou répétés, il y a risque de «décohésion" des éléments les
plus gros du mélange. Ainsi, la ségrégation est le phénomène de séparation des éléments les
plus gros du mélange. Ces derniers tendent à descendre.

I.3.2. Les propriétés du béton durci

Les propriétés du béton durci sont la résistance à la compression, la résistance à la


flexion et la résistance à la traction. La résistance à la compression du béton étant la plus
importante des trois, c’est elle qui sera l’objet du présent paragraphe.

La résistance à la compression du béton est fondamentalement liée aux performances


mécaniques des granulats [12]. Le béton est très résistant à la compression mais très peu en
traction. La résistance à la compression du béton dépend de la résistance du ciment, du
rapport E/C, de la qualité des agrégats (granulats), du degré de compacité du mélange et des
conditions de durcissement.

Le compactage, la durée et les conditions du durcissement ont une influence sensible


sur la résistance du béton. Un bon compactage du béton réduit les pores autant que possible.
Les conditions normales de durcissement d’un béton sont l’humidité relative de l’air variant
entre 90 et 100% et une température de 20±2°C.

En effet, une humidité de l’air élevée empêche l’évaporation de l’eau du béton, qui
provoquerait l’arrêt du durcissement tandis que l’élévation de la température accélère le
durcissement.

[Link] des granulats sur la résistance mécanique

La forme et la texture des granulats influencent considérablement la résistance des


bétons. Celle-ci dépend en grande partie des propriétés du gros granulat, elle est plus faible
lorsque les granulats présentent une surface lisse contrairement à ce que l’on obtient avec des
granulats concassés, de forme angulaire et de surface rugueuse [12]. La résistance à la
compression des bétons à base des granulats lisses est 10% inférieure à celle des bétons à base
des granulats rugueux. L’influence du type de gros granulats sur ma résistance du béton est
fonction du rapport E/C. Cette influence des granulats sur la résistance diminue avec
l’augmentation du rapport E/C. L’influence des granulats sur la résistance à la flexion dépend
également de l’état d’humidité du béton au moment de l’essai[12].
PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 14
Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

[Link] du rapport E/C sur la résistance mécanique

Pour des rapports E/C<0.4,la résistance à la compression est majorée de 38%, lorsque
le béton est fabriqué avec des granulats concassés que ceux roulés et pour des rapports
E/C=0.65 la résistance ne varie pas[12].

L’ouvrabilité ou la consistance est la principale caractéristique du béton frais alors que


la résistance à la compression est la caractéristique principale des propriétés mécaniques des
bétons durcis.

Lorsque l’eau est en excès, celle qui n’entre pas en réaction chimique avec le ciment
(eau libre) s’évapore du béton en y formant des pores dont la présence réduit la compacité, et
par conséquent, diminue la résistance du béton. La réduction de l’eau par contre rend le béton
frais difficilement maniable, avec toutes les autres conséquences qui en découlent.

[Link] du rapport G/C sur la résistance du béton

Le rapport G/C est un facteur de moindre importance sur l’évolution de la résistance.


Avec un rapport E/C constant, il a été démontré qu’un béton faiblement dosé était plus
résistant [12].Les études faites sur l’influence de la teneur en granulats sur la résistance des
bétons indiquent que lorsque le pourcentage du volume des granulats augmente de 0 à 20%
par rapport au volume total, il y a diminution graduelle de la résistance à la compression, alors
que, entre 40 et 80%, c’est une augmentation qui a été enregistrée [12].

I.4. CONCLUSION PARTIELLE

Ce premier chapitre a présenté les généralités sur le béton, ses constituants,


notamment les granulats qui entrent dans sa constitution, les différentes eaux utilisées pour
son gâchage, les liants et les adjuvants. Ce chapitre s’est également intéressé à la
classification des bétons, à leurs exigences et à leur résistance à la compression.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 15


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Chapitre deuxième

MATERIELS ET METHODES D’EXPERIMENTATION

II.1. INTRODUCTION

Dans ce chapitre, il est question de présenter les différentes méthodes ayant conduit
aux résultats recherchés, ainsi que les matériels utilisés pour leur réalisation, tant à partir de la
documentation que sur le terrain et en laboratoire.

II.2. ESSAIS EFFECTUES SUR LES MATERIAUX UTILISES

Avant de formuler les bétons ou les mortiers, il a été primordial de caractériser les
matériaux qui entrent dans la composition des bétons dans la ville de Goma.

II.2.1. Echantillonnage

Principe de l’échantillonnage

Un échantillon d’eau d’au moins 5l doit être prélevé. L’échantillon doit être clairement
identifié et représentatif. L’échantillon doit être conservé dans un récipient propre et fermé de
façon étanche, préalablement rincé avec de l’eau provenant de la même origine. L’eau doit
être soumise aux analyses dans les deux semaines suivant l’échantillonnage.

II.2.2. L’eau de gâchage

L’eau utilisable pour la fabrication du béton doit être conforme à la norme NF P 1008.
Il s’agit des eaux du lac Kivu et de pluie. Ces eaux nécessitent les essais d’analyse car elles
contiennent des impuretés et se caractérisent par des propriétés physico-chimiques nécessitant
la vérification pour la confection du béton. C’est donc sur ces eaux que nos essais ont été
effectués.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 16


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

II.2.2.1 Essais chimiques

a. Détermination des chlorures

La teneur en chlorures de l’eau mesurée, conformément à la norme ISO 9297[13]. Cet


essai est réalisé à l’aide du spectrophotomètre et a pour but de déterminer le pourcentage des
chlorures dans l’eau, ces chlorures se trouvent sous formes des ions chlorures¿.

b. Détermination des sulfates

La teneur en sulfates de l’eau, mesurée selon la norme ISO 9280 [14].Cet essai a pour
objet de déterminer le pourcentage des sulfates contenus dans l’eau ; ces sulfates sont dans
l’eau sous formes des ions sulfates¿ ¿. Cet essai est réalisé à l’aide du spectrophotomètre.

c. Détermination de substances nocives

Cet essai a pour objet de déterminer la concentration maximale des phosphates, du


plomb et de zinc contenue dans l’eau. Cet essai est réalisé à l’aide du spectrophotomètre. Cet
essai se fait selon la méthode semi-qualitative et semi-quantitative.

II.2.3. Le ciment

Le ciment utilisé dans la confection des différents bétons a été conforme aux normes
NF P 15-301 [15] et EN 197-1 [16]. Il s’agit du ciment portland de classe CEM II/B 32.5 dont
le ciment Hima. Ce dernier a fait l’objet de l’essai de début de prise et fin de prise, de
consistance normale.

II.2.3.1. Méthodes d’essais

a. Essai de consistance

Cet essai est réalisé à l’aide de l’appareil de Vicat équipé d’une sonde de diamètre de
10mm, selon la norme EN 196-3[6].

Le but est de déterminer la quantité d’eau nécessaire pour le ciment. La consistance


normale est atteinte lorsque la distance entre l’extrémité de la sonde du moule atteint 6 ±1mm.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 17


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

b. Essai de prise

Il est nécessaire de connaitre le début et la fin de prise des liants hydrauliques afin de
pouvoir évaluer le temps disponible pour la mise en place correcte du béton.

Les essais de prise se font à l’appareil de Vicat équipé d’une aiguille de diamètre
10mm, suivant la norme EN 196-3[6].

Le but est de déterminer le temps de début de prise, qui correspond au moment où l’on
observe une augmentation de la viscosité, ou raidissement de la pâte, et la fin de prise qui est
le moment où la pâte cesse d’être déformable et se transforme en matériau rigide.

II.2.4. Le béton frais

II.2.4.1. Malaxage et vibration

Le malaxage et vibration des bétons ont été fait de manière manuelle.

II.2.4.2. Essai d’ouvrabilité du béton

L’ouvrabilité du béton a été évaluée à l’aide du cône d’Abrams, conformément à la


norme NF P 18-451[17]. L’essai a consisté à introduire le béton frais dans un moule
tronconique (D=20, d=10, H=30 cm) en trois couches, où chacune a subi 25 coups de piquage
à l’aide d’une tige de 16 mm de diamètre, puis le moule a été retiré lentement et la mesure de
l’affaissement a été prélevée en (cm).

II.2.5. Le béton durci

L’essai réalisé sur le béton durci dans cette étude est la mesure de la résistance à la
compression.

Méthode d’essai de la résistance à la compression(RC)

La détermination de la résistance à la compression simple des bétons s’est faite sur des
éprouvettes cylindriques. L’essai est réalisé conformément à la norme NF EN 12390-3[18].

La presse utilisée est électrique à doubles manomètres et grands plateaux. Les résultats
sont obtenus à l’aide de la relation II.1

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 18


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

F
RC j= (MPa) (II.1)
A

N
Où RC j est la résistance à la compression à j jours en MPaou 2
mm
F est la valeur de la charge de rupture en kgf
A est la section de l’éprouvette cylindrique enmm 2

II.2.6. Les granulats

Les granulats ayant intervenu dans la formulation des échantillons de bétons sont des
concassés obtenus à partir de la roche naturelle basalte d’origine locale extraite de carrière de
l’aéroport de Goma. Les essais effectués sur les granulats se sont résumés en l’analyse
granulométriques, la détermination de masse volumique apparente, de la masse volumique
absolue et l’équivalent de sable.

II.2.6.1. Analyse granulométrique par tamisage

L’analyse granulométrique des granulats est effectuée selon la norme NF P 18-560


[19]. Elle a été réalisée par voie sèche. L’échantillon de masse M préalablement sèche dans
une étuve (105±5°C) est tamisé à travers une série de tamis qui correspond pour chaque
granulat.

Les masses des différents refus cumulés ont été rapportées à la masse initiale du
matériau et ont été exprimées en pourcentage. De ces valeurs, les pourcentages des tamisâts
cumulés ont été déterminés. Ces derniers ont été utilisés pour le traçage de la courbe
granulométrique, sur un graphique comportant en ordonnée le pourcentage des tamisâts
cumulés et les dimensions des mailles D en abscisse.

Sur la base de la composition granulométrique du sable obtenue, le module de


finesse(MF), le coefficient d’uniformité(C ¿¿ u)¿et le coefficient de courbure (C z ¿ont été
déterminés respectivement à l’aide des formules II.2, II.3 et II.4 ci-après :


MF= Refus cumulés en % des tamis (0,16 - 0,315 - 0,63 - 1,25 - 2,5 - 5 mm) (II.2)

D60
C u= (II.3)
D10

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 19


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

C z =¿ ¿(II.4)

Où C u et C z sont respectivement les coefficients d’uniformité et de courbure

D10est le diamètre effectif correspondant à l’ordonnée de 10% ;

D30est le diamètre effectif correspondant à l’ordonnée de 30% ;

D60est le diamètre effectif correspondant à l’ordonnée de 60% ;

Lorsque C u ≥ 2: la granulométrie est dite étalée ;C u ≤ 2: la granulométrie est dite serrée ;

Lorsque1<C z <3 , le granulat est bien gradué.

II.2.6.2. Masse volumique apparente(ρ app )

Elle est déterminée selon la norme NF P 18-555[20] pour les sables. L’essai consiste
à remplir un récipient vide de volume v du matériau sec sans tasser et peser ensuite cette
quantité M, pour en déduire la masse volumique selon la formule II.5qui suit :

M 3
ρapp = g/cm (II.5)
V

Où M est la masse sèche du matériau en ( g)

V le volume du récipient encm3

II.2.6.3. Masse volumique absolue¿

Elle est déterminée selon la norme NF P 18-554[21] pour les graviers et NF P 18-
555[20] pour les sables. La méthode utilisée est celle de l’éprouvette graduée. Il s’agit de
mesurer la masse par unité de volume de matière pleine sans aucun vide entre les grains en
versant une quantité connue de granulat dans une quantité d’eau. La différence de volume
rapportée à la masse du matériau donne la masse volumique absolue. La masse volumique est
calculée selon la formule II.6 qui suit :

(II.6)
ρ M
|¿|= ¿
V 2−¿ V g /cm 3 ¿
1

Où M est la masse sèche du matériau en ( g)

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 20


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

V 2 et V 1; La lecture sur l’éprouvette graduée avant et après l’introduction du granulat en


3
cm .

II.2.6.4. L’essai d’équivalent sable [1]

L’essai d’équivalent est déterminé selon la norme XP P 18-597[22], cet essai permet
de déterminer le degré de propreté du sable. La valeur de l’équivalent de sable est déterminée
à l’aide de la formule II.7 :

ES¿ ×100 (%) (II.7)


h2
h1

O ù h1en (cm) est la hauteur totale y compris le floculat (fines en suspension)

h2en (cm) est la hauteur du dépôt de sable visible

Les résultats de l’essai d’équivalent sable sont interprétés suivant le tableau II.2.

Tableau II. 1:Interprétation de l'équivalent de sable

Valeur Es Conclusion

Es≥80 Bons granulats

70<Es<80 A n’utiliser qu’exceptionnellement à condition d’employer le ciment Portland

Es<70 A laver pour éliminer les éléments fins

II.2.7. Formulation et confections des éprouvettes

Les méthodes de formulation sont très nombreuses puisque les paramètres à prendre
en compte dans l’étude de la composition du béton sont aussi nombreuses. Ces paramètres
sont en effet : les données du projet (caractéristiques mécaniques, dimensions de l’ouvrage,
ferraillage, etc.), les données du chantier (matériels de mise en œuvre, conditions climatiques,
etc.), les données liées aux propriétés du béton (maniabilité, compacité, durabilité, aspect,
etc.). Les méthodes les plus utilisées dans la formulation sont : la méthode de Bolomey,
d’Abrams, de Faury, de Valette, de Joisel, de Dreux-Gorisse, etc. Nous avons utilisé la
méthode de Bolomey dans le cadre de ce travail.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 21


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Méthode de Bolomey [23]

La méthode de Bolomey a le mérite d’avoir ouvert la voie aux études de béton.


Toutefois, elle ne peut être appliquée qu’aux granulats dont la masse volumique absolue est
comprise entre 2.5 et 2.7 kg/m3.

Considération expérimentale : on se réfère dans ce cas aux courbes granulométriques


des constituants secs. Un mélange quelconque de ces constituants à des proportions définies a
lui aussi une courbe granulométrique. En fonction des quantités des constituants secs à mettre
en œuvre on a une infinité de mélanges donc une infinité des courbes granulométriques. Le
problème est de trouver ce qui correspond à un bon béton pour le travail à exécuter, cette
courbe sera dite « courbe optimale ». Le principe de la méthode consiste à déterminer la
courbe optimale du mélange des éléments secs, à calculer les pourcentages de ces constituants
qui permettent de donner un mélange sec dont la courbe soit aussi voisine que possible de la
courbe optimale et en déduire la composition d’un mètre cube de béton.

La figure II. 1 présente l’exemple d’une courbe de mélange régit par la relation II. 1
avec A et D des constantes. L’équation est sous la forme d’une droite y = a + b x d’équation
II. 8, passant par les points d (0, A) et P (D, 100) dont la courbe optimale est illustrée à la
figure II. 2.

Figure II. 1:courbe de mélange

(II.8)
P= A +(100−A )
√ d
D

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 22


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

- P est le pourcentage de grains passant au tamis de diamètre d,


- D est le diamètre du plus gros grain
- A varie entre 8 et 16

Figure II. 2:courbe optimale de BOLOMEY


- A : représente le pourcentage d’éléments très fins contenus dans le mélange sec,
éléments qui ont une incidence sur la maniabilité de béton.
- D : est la dimension de la maille du tamis qui serait tous juste suffisante pour laisser
passer la totalité des granulats.

La valeur de A dépend de la consistance souhaitée pour le béton et de la provenance


des granulats. Le tableau II. 2 et la figure II. 3 présentent respectivement les différentes
valeurs de A selon la consistance du béton ainsi que le type de granulats et la position du
point D.

Tableau II. 2:Différentes valeurs de A [24]

Consistance du béton Granulats roulés Granulats concassés

Béton dame 6à8 8 à 10

Béton armé 10 12 à 14

Béton coulé 12 14 à 16

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 23


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Figure II. 3. Position du point D sur la courbe optimale de BOLOMEY:

La valeur de D est comprise entre 16 et 20mm. Pour l’obtenir, il suffit de prolonger


l’avant dernier tronçon de la courbe du plus gros granulat. On remarque que cette construction
n’est possible que lorsque l’on se trouve en présence d’une queue de granulométrie (cas très
fréquent), si le point était situé au-delà de 1/ 3 de l’intervalle 16-20 ou à droite de 20 c’est 20
qui serai la valeur retenue D.

Calcul des pourcentages des constituants

1. Cas du ciment :

Le pourcentage du ciment est donné par l’expression ci-dessus :

(II.9)
masseduciment
C %= ∗100
massetotaledes é lementssecs

2. Cas des granulats :

Une méthode graphique nommée « méthode de Josiel » est appliquée. Cette dernière
est universelle, applicable à toutes les courbes optimales et tous les modes de graduation des
axes.

Si on considère le cas le plus simple, mélange de deux granulats (d1/d2) et (d3/d4) ; en


traçant leurs courbes granulométriques, il présente 3 cas seulement qui sont possibles sur le
diagramme :

- d2 et d3 coïncident : on a une juxtaposition des deux granulats ;


- d3 à gauche de d2 : superposition partielle ;
PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 24
Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

- d3 à droite de d2 : discontinuité de deux granulats.

La méthode de Josiel repose sur le tracé d’une parallèle à l’axe des coordonnées prenant
successivement les 3 cas :

a. Juxtaposition des deux courbes : la verticale ici est l’ordonnée correspondant à d2d3.
Cette verticale coupe la courbe optimale en un point M qui reporté en N sur l’échelle
des ordonnées détermine deux segments :
- Le segment ON : pourcentage des granulats d1d2 ou pourcentage des composants de
dimension inferieure à d2.
- Le segment N100 : c’est le pourcentage des granulats d3d4, ou pourcentage de tout ce
qui est supérieur à d2.

La figure II. 4 illustre la juxtaposition de deux courbes

Figure II. 4:verticale de la juxtaposition des courbes

b. Superposition partielle des deux courbes : pour ce cas, la verticale est placée à
l’abscisse « d0 » telle que pour cette dimension de tamis le pourcentage de tamisât du
gros élément soit égal au pourcentage de refus du plus petit (ab = cd). M et N ont la
même signification que précédemment.

Il est important de placer avec précision la verticale « d0 » car l’ordonnée du point


d’intersection de la courbe optimale et de cette verticale dépend de son abscisse. Le procédé
consiste à déplacer une règle jusqu’à ce que les deux segments apparaissent égaux.
L’illustration est faite à la figure II. 5.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 25


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Figure II. 5:verticale pour la superposition partielle des courbes

c. Discontinuité entre les deux courbes : la verticale est au point d’abscisse :


d 2+d 3
d 0=
2

Et la construction est la même que précédemment et la figure II. 6 sert de base à cet effet.

Figure II. 6:verticale pour la discontinuité des courbes


Détermination de la courbe du mélange

Les pourcentages seront déterminés sans qu’une nouvelle analyse granulométrique ne


soit nécessaire. Le pourcentage du ciment passe à travers tous les tamis. Le pourcentage de
tamisât des granulats est calculé pour chaque tamis sur base de pourcentage de tamisât de
chaque granulat et du pourcentage de granulat dans le mélange. Le pourcentage de tamisât du
mélange est le calcul de tous ces tamisât calculés à chaque granulat. Le tableau II.3 présente

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 26


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

la détermination des constituants du mélange et la figure II. 7 illustre le tracé de la courbe


optimale.

Tableau II. 3:Détermination des constituants du mélange

Constituant % 20 23 26 29 32 35 38 39 40 41
0.080 0.160 0.315 0.63 1.25 2.5 5.0 6.3 8 10
Ciment 13.9 15.9 15.9 15.9 15.9 15.9 15.9 15.9 15.9 15.9 15.9
Sable 39.1 0.9 3.9 11.1 23.4 35.2 39.1 39.1 39.1 39.1
Gravillon 45 2.2 4.5 9 18.0
Totaux 100.0 15.9 15.7 19.8 27.5 39.3 51.1 57.5 59.5 64.0 73.0
Constituant % 42 43 44 45 46 47 48 49 50
12.5 16 20 25 31.5 40 50 63 80
Ciment 15.9 15.9 15.9 15.9
Sable 39.1 39.1 39.1 39.1
Gravillon 45 31.5 42.1 45.0
Totaux 100.0 86.5 97.7 100.0

Figure II. 7:tracé de la courbe optimale

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 27


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Si nous appliquons correctement la méthode de Josiel, la courbe trouvée doit passer


sensiblement par le point d’intersection de la courbe idéale et la verticale de Josiel.

On ne s’est préoccupé que des éléments secs ; mais le béton contient aussi de l’eau, il
nous faut alors déterminer cette quantité.

Il n’existe pas de méthode rigoureuse pour cette détermination ; il est donc nécessaire
de faire un calcul en fonction des relations empiriques :

- Petits constituants (D < 0.16 mm) :

E1= 0.23 * poids des éléments secs < 0.16 (II.10)

- Gros éléments (D > 0.16 mm) :

(II.11)
K∗poidsdes é lé mentssecs ≥ 0. 16
E 2=
1 .17∗√3 0 . 16∗D '

S’il s’agit de passoire au lieu de tamis le coefficient 1.17 serait remplacé par 1.

Le coefficient K est tiré du tableau II. 5

Tableau II. 4:valeurs du coefficient K [24]

Consistance du béton Granulats roulés Granulats concassés

Béton damé 0.08 0.095

Béton armé 0.09 à 0.095 0.1 à 0.11

Béton coulé 0.1 à 0.11 0.12 à 0.13

La quantité de l’eau doit être exprimée en pourcentage comme pour le ciment et les
granulats, par rapport au total des éléments secs.

(II. 12)
E 1+ E 2
E= ×100
massedes é l é mentssecs

Le rapport E/C est important dans la composition du béton ; cette valeur doit se
rapprocher le plus de 0.5.

L’essai de gâchée, fournit une valeur plus précise. Il s’agit d’introduire dans une
bétonnière des quantités de constituants secs proportionnelles à ceux calculés, après leur
PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 28
Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

mélange à sec, on ajoute l’eau progressivement jusqu’à ce que la consistance voulue soit
obtenue.

La quantité d’eau qui y correspond est multipliée par le facteur de réduction pour
déterminer la quantité d’eau gâchage pour 1m3.

L’expérience montre que si la valeur absolue de la différence entre la quantité réelle et


la quantité calculée est inférieure ou égale à la moitié du volume trouvé. Les résultats trouvés
sont conservé sans modification. Dans le cas contraire, les calculs sont faits avec la valeur
trouvée par l’essai de gâchage.

(II. 13)
'
quantité réelle d eau gachage
E(%)= ×100
masse des éléments secs

Le calcul du poids des éléments secs s’effectue en supposant connue la densité apparente du
béton.

La masse des éléments sec = masse total - masse de l’eau de gâchage ;

La masse des granulats = masse des éléments secs - masse du ciment ;

La masse de chaque granulat = % cumulé * masse des granulats.

Cette méthode donne des bétons riches en éléments fins, donc maniable, susceptibles de rester
bruts de décoffrage.

II.2.8. Confection et cure des éprouvettes

Les éprouvettes cylindriques de dimension 16×32 cm ont été utilisées. Les éprouvettes
couvertes laissées à l’air libre sont démoulées après 24 heures et immergées sous l’eau à
température ambiante. Au total 6 éprouvettes ont été confectionnées en utilisant l’eau à
soumettre à l’essai.

Les résultats doivent être comparés aux résultats d’essais sur des échantillons
similaires réalisés avec de l’eau distillée ou dé-ionisée.

II.3. CONCLUSION PARTIELLE

Ce deuxième chapitre présente les méthodes qui ont été utilisés pour caractériser les
matériaux utilisés, ainsi que les méthodes ayant servi à la formulation, à la confection des

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 29


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

éprouvettes de béton, à la détermination de leur ouvrabilité et de leur résistance en


compression. Le prochain chapitre est consacré à la présentation des résultats obtenus et de
leur analyse.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 30


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Chapitre troisième

PRESENTATION ET ANALYSE DE RESULTATS

Ce chapitre présente les résultats des essais auxquels ont été soumis les différents
matériaux entrant dans la formulation des bétons ainsi que les diverses formulations des
bétons issus de différentes eaux, leurs analyses ainsi que leurs comparaisons aux exigences de
normes considérées. Les essais ont été effectués au laboratoire de l’ULPGL sauf ceux portant
sur les analyses chimiques qualitatives qui ont été effectués au Centre de Recherche en
Hydrobiologie CRH/UVIRA.

III.1. RESULTATS DES ESSAIS SUR LES GRANULATS

[Link] granulométrique par tamisage

L’annexe 1 présente la répartition granulométrique du sable concassé issu de la roche


naturelle basalte d’origine locale extraite de carrière de l’aéroport de Goma. La figure III.1
quant à elle présente sa composition granulométrique.

Co m p o s i ti o n g r a n u l o m é t r i q u e s a b l e c o n c a s s é

100

90

80

70

60

50
Tamisats (%)

40

30

20

10

0
... ... 25 ... 0.2 .25 0... 0.4 0.5 0... 0.8 1 25 1.
6 2 5
2. 3.1
5 4 5
6.
3
000 000 0.1 000 0 00 00 1.
0 00 000 000 000 000
00 00 00 00 00
800 100 160 315 630
0 0 . . .
0. 0. 0 0 0 Tamis (mm)

Figure III. 1: Courbe granulométrique du sable concassé

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 31


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

La figure III. 1 montre que la concavité de la courbe granulométrique du sable


concassé est vers le haut, indiquant que ce sable est grossier, de classe 0/4 avec une
granulométrie étalée (Cu = 10), mal graduée (Cz = 0.99).

[Link] de finesse

La valeur du module de finesse de ce sable est de 2.76, (valeur comprise entre 2,2 et
2,8) ce qui atteste ainsi que sa granulométrie est convenable pour la confection des bétons.

[Link] volumiques

Le tableau III.1 présente les masses volumiques absolues et apparentes du sable et des
gravillons

Tableau III. 1:Masses volumiques absolues et apparentes des granulats

Matériaux Masse volumique Masse


absolue en g/cm3 volumique
apparente en
g/cm3

Sable concassé 2.61 1.67

Gravier concassé 2.59 1.35

La lecture du tableau III.1 révèle que la masse volumique absolue du sable concassé et
des graviers concassés sont respectivement de 2.61 g/cm3 et 2.59 g/cm3 tandis que leurs
masses volumiques apparentes sont respectivement de 1.67 et 1.35 g/cm3. Ainsi, les granulats
répondent à la condition de la méthode de BOLOMEY selon laquelle la masse volumique
absolue doit être comprise entre 2.5 et 2.7 g/cm3.

[Link]é de propreté

La fiche d’équivalent de sable en annexe atteste que celui-ci est de 90.1%. Par
conséquent, ce sable est très propre et convient à la formulation des bétons.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 32


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

III.2. RESULTATS OBTENUS SUR LES EAUX

Le tableau III. 2 présente les résultats des analyses chimiques qualitatives des eaux.

Tableau III. 2:Résultats des analyses chimiques des eaux

Zinc Alcalin Chlorure Sulfate Phosphate Plomb


TA TAC
V=5 ml V=5 ml V=30 ml V=30 ml V=2 ml V=2 ml V=1 ml
Eau du 0 mg/l 0,4 mg/l 2130 mg/l 0,007 mg/l 0,123 mg/l ≤0,5 mg/l
lac
Eau de 0 mg/l 0,8 mg/l 3727,5 mg/l 0,004 mg/l 0,139 mg/l ≤0,5 mg/l
pluie

La lecture du tableau III.2 montre qu’il n’y a pas de teneur en zinc, une forte
proportion en chlorures entre 1000 et 4500mg/l ; par conséquent ces eaux sont destinées à la
construction de béton non armé. Les valeurs limites des teneurs en d’autres constituants sont
comprises entre 0 et 0,008 mg/l et ne satisfont pas aux prescriptions concernant l’eau de
gâchage selon la norme NF P EN 1008 [8].

Vu le résultat trouvé sur l’analyse chimique qualitative des eaux ; ces eaux peuvent
être éventuellement utilisées, sous réserve qu’elles satisfassent aux prescriptions concernant
les essais de début et fin de prise et les essais de résistance.

III.3. RESULTATS OBTENUS SUR LE CIMENT

Les tableaux III. 3, III. 4 et III. 5 reprennent les résultats des essais sur les ciments.

[Link] de consistance

Tableau III. 3:Résultats de l’essai de consistance

Types d’eaux Quantité d’eau en %


Eau du lac 38.1
Eau de pluie 38
Eau distillée 37.9

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 33


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

A la lecture du tableau III.3, l’eau du lac requiert plus d’eau par rapport aux deux
autres pour avoir la même pâte.

[Link] de prise

Le tableau III.4 présente les temps de début et de fin de prise du ciment utilisé sur des
différentes eaux obtenus sur des pâtes à consistance normale.

Tableau III. 4:Résultats de l’essai de prise

Ciment utilisé Types d’eau Début de prise Fin de prise


Eau du lac 3h30min 4h20min
Hima Eau de pluie 3h22min 4h24min
Eau distillée 2h50min 3h32min

La lecture du tableau III.4 montre que l’eau distillée connait un début de prise rapide
(2h50min) que les autres et que le résultat trouvé sur l’eau du lac et de pluie ne s’écarte pas
trop de plus de 25% du temps de prise obtenu avec des éprouvettes préparées avec de l’eau
distillée.

[Link] volumique absolue

La masse volumique du ciment est repris dans le tableau III.5

Tableau III. 5:Résultats des masses volumiques du ciment utilisé

Types d’eaux Ciment Masse volumique


utilisé absolue
Eau du lac
Hima 2.916
Eau de pluie
Eau distillée

A la lecture du tableau III. 5, le ciment utilisé a la masse volumique de 2.916 et Il est


clair que tous les ciments ont une masse volumique qui avoisine à la masse volumique de
référence de 3.1 g/cm3.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 34


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

III.4. FORMULATION DES BETONS

a. Dosage en divers éléments

Le tableau III.6 présente les dosages en divers éléments entre autre le ciment, le sable,
le gravier ainsi que l’eau obtenue à partir de la méthode de Bolomey.

Tableau III.6 : Dosage en divers constituants

Ciment utilisé Constituants dosages (kg/m3) rapport E/C


Ciment 350
Sable 1219
Hima Gravier 436 0.71
Lac
Eau Pluie 249
Distillée

Le tableau III.6 montre que le résultat de dosages obtenus sur le sable soit 1219 kg/ m3,
sur le gravier soit 436 kg/m3 et sur les eaux soit 249 kg/m3

b. Ouvrabilité du béton

Le tableau III.7 présente les différentes valeurs d’affaissement au cône d’Abrams


obtenu pour les différents bétons confectionnés avec nos différentes eaux.

Tableau III. 7 : Valeurs d’affaissement au cône d’Abrams

N° Type d’eaux Affaissement Ciment utilisé


1 Eau du lac 4
2 Eau de pluie 4 Hima
3 Eau distillée 5

A partir du tableau III.7, on constate que les bétons formulés avec l’eau du lac et l’eau
de pluie ont un affaissement compris entre 0 et 4 cm et par conséquent sont des bétons fermes
destinés aux bétons de propreté, fondations non armées, voiries.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 35


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

c. Resistance en compression

Les valeurs de la résistance en compression des éprouvettes des bétons formulés à


l’aide de la méthode de Bolomey sont présentées dans le tableau III.8

Tableau III. 8:Résistance en compression des éprouvettes cylindriques de béton de


dimensions 16*32 cm

CIMENT TYPE DOSAGE 350 kg/m3


UTILISE D’EAU Ep 1 Ep 2 Ep 3 moy fc7 fc28

11.550 14.408 10.897 10.10115 16.329


Lac

Hima Pluie 12.058 7.482 14.536 11.9672 19.345

Distillée 14.273 13.596 13.336 12.54105 20.272

Le tableau III.8 présente les résistances en compression des différentes éprouvettes de


bétons obtenues à partir de différentes eaux. Nous constatons que le béton obtenu à partir de
l’eau du lac a une résistance de 16.329MPa, 19.345 MPa pour l’eau de pluie et 20.272 MPa
pour l’eau distillée. Partant de cette observation, nous disons que l’eau de pluie est d’usage
pour la confection de bétons car elles ont offert des résistances qui sont à 90% de celles
correspondantes à l’eau distillée.

III.5. CONCLUSION PARTIELLE

Au regard des différents résultats qu’a offert ce chapitre, il ressort également que la
résistance des bétons est aussi influencée par les ions contenues dans les eaux utilisées étant
donné que l’eau distillée (sans ions) offre des bétons des résistances plus élevées que l’eau de
pluie et du lac.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 36


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

CONCLUSION GENERALE

Le présent travail s’est articulé sur l’analyse de la salinité des différentes eaux utilisées
en ville de Goma dans la confection du béton en vue de leur meilleur usage dans la
construction des ouvrages de génie civil. Pour arriver aux résultats recherchés, les différentes
eaux à l’instar de l’eau du lac et de pluie ont été soumises aux essais de caractérisation
chimique et physique. Ceux-ci ont révélé que ces différentes eaux sont conformes à la norme
NF P EN 1008 [8].

L’étude chimique qualitative de l’eau a montré que nous avons une forte teneur en
chlorure de 2130 mg/l et de 3725.5mg/l respectivement pour les eaux du lac et les eaux de
pluie. Cette forte teneur en chlorure peut interagir avec le ciment et compromettre la durabilité
du béton et présente des effets néfastes sur les armatures provoquant l’éclatement du béton.
Les autres constituants ont une teneur comprise entre 0 et 0.008mg/l. Précisons que la teneur
en zinc est presque inexistante.

Etant donné le résultat basé sur l’analyse qualitative des eaux, nous avons été obligés
de faire les essais concernant le temps de début et de fin de prise ainsi que les essais de
résistance en compression du béton. Ces essais nous ont ramené à constater que les eaux de
lac et de pluie satisfont aux exigences du temps de début te de fin de prise c'est-à-dire qu’ils
ne s’écartent pas de 25% du temps effectué par l’eau distillée.

Les éprouvettes cylindriques de béton de dimension 16*32cm préparées avec les eaux
du lac, de pluie et distillée ont été confectionnées par la méthode de Bolomey et écrasées
après 28 jours d’immersion dans l’eau. Les résultats obtenus ont prouvé qu’avec le dosage
que nous avons pris en compte dans le cadre de ce travail, les bétons confectionnés ont offert
une résistance de16.329 MPa, 19.345MPa et 20.272MParespectivement pour l’eau du lac,
l’eau de pluie et pour l’eau distillée.

Partant de cette observation, nous constatons que des bétons fabriqués à base de l’eau
du lac offrent des résistances qui sont inferieures à 90% de celles préparées avec l’eau
distillée. Cette eau est donc rejetée et ne peut pas être utilisée comme gâchée dans la
confection des bétons.

Les bétons confectionnés à base de l’eau de pluie ont offert des résistances sont à 90%
de celles correspondantes à l’eau distillée.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 37


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Au vu de ce qui précède, nous recommandons aux ingénieurs ce qui suit :

 Respecter l’usage des eaux dans la construction des ouvrages de génie civil
tout en évitant l’utilisation de l’eau du lac dans la confection du béton et en
utilisant l’eau de pluie pour des bétons fermes et non plastiques ;
 Etre attentif au dosage, car un excès d’eau nuit à la durabilité du béton et
diminue la résistance du béton.

La présente étude s’est étendue juste sur le béton dosé à 350 kg/m3 et à l’utilisation de
l’eau de pluie et du lac.

Nous ne pouvons pas prétendre étudier ou terminer tous les aspects liés à l’influence
de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma. Des études
futures pourraient s’intéresser aux mêmes études que le présent travail mais en envisageant
l’utilisation de l’eau potable de la REGIDESCO.

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 38


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

BIBLIOGRAPHIE

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PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 39


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compression des éprouvettes
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constituants du béton, T2 ciment et chaux, recueil de normes françaises AFNOR,
1990 ;
19. Norme Française P 18-560, Granulats-Analyse granulométrique par tamisage,
AFNOR, 1990 ;
20. Norme Française P 18-555, Granulats-Mesures des masses volumiques, de la porosité,
du coefficient d’absorption et de la teneur en eau du sable, AFNOR, 1990
21. Norme Française P 18-554, Granulats-Mesures des masses volumiques, de la porosité,
du coefficient d’absorption et de la teneur en eau des gravillons et cailloux, AFNOR,
1990
22. Norme Française XP P 18-597, Granulats-Détermination de la propreté des sables :
équivalent de sable à 10 % de fines, AFNOR, 1990 ;
23. GHOMARI Fouad, cours de matériaux de construction, Faculté de technologie,
département de génie civil, université ABOUBEKR BELKAID, 55p ;

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 40


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

ANNEXES

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 I


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

ANNEXE 1 : ESSAI SUR LES GRANULATS

1. Compositions granulométriques du sable concassé 0/4

N° TAMIS OUVERTURE (mm) REFUS CUMULES TAMIS REMARQUE


E
AST AFNOR ASTM AFNOR (g) % %
M
3’’ 50 76.2 80
12/2’’ 49 63.5 63
2’’ 48 50.8 50
11/2’’ 47 38.1 40
11/4’’ 46 31.7 31.5
1’’ 45 25.4 25
3/4’’ 44 19.1 20
2/3’’ 43 16.9 16
1/2’’ 42 12.7 12.5
3/8’’ 41 9.52 10
1/3’’ 40 7.93 8
1/4’’ 39 6.35 6.3 0 0 100
3/16’’ 38 4.76 5 12 1 99
5 37 4 4 62 5 95
6 36 3.36 3.15 187 15 85
8 35 2.38 2.5 362 29 71
10 34 2 2 462 37 63
12 33 1.68 1.6 575 46 54
16 32 1.19 1.25 662 53 47
18 31 1 1 749 60 40
20 30 0.84 0.8 812 65 35
30 29 0.59 0.63 887 71 29
35 28 0.5 0.5 949 76 24
40 27 0.4 0.4 1 011 81 19
50 26 0.315 0.315 1 049 84 16
60 25 0.25 0.25 1 087 87 13
70 24 0.2 0.2 1 124 90 10
100 23 0.16 0.16 1 162 93 7
120 22 0.125 0.125 1 186 95 5
140 21 0.1 0.1 1 124 98 2
200 20 0.08 0.08 1 250 100 0

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 II


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

2. Compositions granulométriques du gravier concassé 5/15

N° TAMIS OUVERTURE (mm) REFUS CUMULES TAMIS REMARQUE


E
AST AFNOR ASTM AFNOR (g) % %
M
3’’ 50 76.2 80
12/2’’ 49 63.5 63
2’’ 48 50.8 50
11/2’’ 47 38.1 40
11/4’’ 46 31.7 31.5
1’’ 45 25.4 25
3/4’’ 44 19.1 20 0 0 100
2/3’’ 43 16.9 16 644 19 81
1/2’’ 42 12.7 12.5 1 850 54 46
3/8’’ 41 9.52 10 2 841 83 17
1/3’’ 40 7.93 8 3 093 90 10
1/4’’ 39 6.35 6.3 3 304 96 4
3/16’’ 38 4.76 5 3 422 99 1
5 37 4 4 3 440 100 0
6 36 3.36 3.15
8 35 2.38 2.5
10 34 2 2
12 33 1.68 1.6
16 32 1.19 1.25
18 31 1 1
20 30 0.84 0.8
30 29 0.59 0.63
35 28 0.5 0.5
40 27 0.4 0.4
50 26 0.315 0.315
60 25 0.25 0.25
70 24 0.2 0.2
100 23 0.16 0.16
120 22 0.125 0.125
140 21 0.1 0.1
200 20 0.08 0.08

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 III


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

3. Courbe granulométrique du sable concassé 0/4

Co m p o s i ti o n g r a n u l o m é t r i q u e s a b l e c o n c a s s é

100

90

80

70

60

50
Tamisats (%)

40

30

20

10

0
08 .01 125 .16 2
0. 0.2 00
5 5
0.
4 5
0. 00
1
0.
8 1 25 1.
6 2 5
2. 3.1
5 4 5
6.
3
0. 0 0. 0 0 0 1.
0 0
00 00
000 000
00 00
3 15 .63
0. 0
Tamis (mm)

Figure 1 : Courbe granulométrique du sable concassé 0-4

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 IV


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

4. Courbe granulométrique du gravier concassé 5/15

C OM P OS I T I ON GR A N U L OM E T R I QU E GR A V I E R
C ON C A S S E
100

90

80

70

60
TAMISATS (%)

50

40

30

20

10

0
4 5 6.3 8 10 12.5 16 20
TAMIS (mm)

Figure 2 : Courbe granulométrique du gravier concassé 5-15

5. Masse volumique absolue du sable concassé 0/4

N° Désignation I II III
1 Masse échantillon avant essai (g) 300 300 300
2 Volume d’eau initial (cm3) 200 200 200
3 Volume final (cm3) 315 315 315
4 Masse spécifique (g/cm3) 2.61 2.61 2.61
5 Moyenne 2.61

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 V


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

6. Masse volumique absolue du gravier concassé 5/15

N° Désignation I II III
1 Masse échantillon avant essai (g) 300 300 300
2 Volume d’eau initial (cm3) 200 200 200
3 Volume final (cm3) 316 316 316
4 Masse spécifique (g/cm3) 2.59 2.59 2.59
5 Moyenne 2.59

7. Masse volumique apparente du sable concassé 0/4

N° Désignation I II III
1 Masse échantillon (g) 333.4 333.4 333.4
2 Volume (cm3) 200 200 200
3 Masse spécifique (g/cm3) 1.67 1.67 1.67
4 Moyenne 1.67

8. Masse volumique apparente du gravier concassé 5/15

N° Désignation I II III
1 Masse échantillon (g) 270.1 270.1 270.1
2 Volume (cm3) 200 200 200
3 Masse spécifique (g/cm3) 1.35 1.35 1.35
4 Moyenne 1.35

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 VI


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

9. Equivalent de sable
Temps de versement 10h 15’
Début agitation
Fin agitation 10h 25’
Temps de lecture 10h 25’ 30’’
10h 46’
Mesures
H1 (cm) 11.2
H2 (cm) 10.2
ES (%) 90.1
'
H 2 (cm) 9.8
ES (%) 87.5

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 VII


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

ANNEXE 2 : ESSAI SUR LES EAUX

Essai sur l’analyse chimique qualitative des eaux utilisées

Zinc Alcalin Chlorure Sulfate Phosphate Plomb


TA TAC
V=5 ml V=5 ml V=30 ml V=30 ml V=2 ml V=2 ml V=1 ml
Eau du 0 mg/l 0,4 mg/l 2130 mg/l 0,007 mg/l 0,123 mg/l ≤0,5 mg/l
lac
Eau de 0 mg/l 0,8 mg/l 3727,5 mg/l 0,004 mg/l 0,139 mg/l ≤0,5 mg/l
pluie

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 VIII


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

ANNEXE 3 : ESSAI SUR LE CIMENT


 Essai de consistance

Types d’eaux Quantité d’eau en %


Eau du lac 38,1
Eau de pluie 38
Eau distillée 37.9
 Essai de prise

Ciment utilisé Types d’eau Début de prise Fin de prise


Eau du lac 3h12min 4h20min
Hima Eau de pluie 3h22min 2h48min
Eau distillée 2h50min 3h32min

 Masse volumique

MARQUE DE DESIGNATION VALEURS


CIMENTS

Masse sans échantillon de ciment (g) 331.96


Masse avec échantillon de ciment (g) 381.83
Hima Volume initial du benzène (cm3) 0.1
Volume final (cm3) 17.2
Masse spécifique (g/cm3) 2.916

ANNEXE 3 : FORMULATION DES BETONS PAR APPLICATION NUMERIQUE

1. Dosage en ciment

Pour 1 m3 de béton on a :

 Masse du ciment : 350 kg


 Masse totale des éléments secs : 2 200 kg (hypothèse)

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 IX


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Dosage
C %= ∗100
Masse totale des éléments secs

350
C %= ∗100 = 15.9 %
2 200

Le squelette granulaire du béton donne : S + C = 78 % et G = 22 %

D’où le sable est 62.1 % (78 % – 15.9 %)

2. Dosage en eau

a. D < 0.16 mm

 Ciment : 350 kg
 Sable fin : la courbe d’AG indique qu’il y a 8 % de 2 200 donc 176 kg
 Le total est 526 kg (350 + 176)
 Le total à mouiller est 121 kg (526 * 0.23)

b. D > 0.16 mm

 K = 0.1 ; d1 = 0.16 mm ; d2 = 20 mm
 Poids total des éléments secs : 2 200 kg
 Dont inférieurs à 0.16 : 526 kg
 Restent supérieurs ou égaux à 0.16 mm : 1 674 kg (2 200 - 526)
0.1∗1674
 Donc eau= = 97 kg
1.17∗√3 0.16∗20
 Soit au total 218 kg (121 + 97)

3. Pourcentage eau

218
E %= ∗100 = 9.9 %
2200

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 X


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Composants en valeur

Composition en poids
Composants en poids

Masse volumique du

Volume apparent
Masse volumique

Masse volumique

Composition en
Composants

Poids en %

apparente
absolue

absolue

béton
1 2 3 4 5 6 7 8 9
(2/3) (Σ2/Σ4) (2/Σ2) (5*6) (7/8)
C 15.9 2.916 5.46 14.47 333.22 1 333.22
S 62.1 2.6 23.88 56.49 1300.51 1.67 778.75
G 22 2.59 8.49 2.30 20.02 460.8 1.35 341.33
E 9.9 1 9.9 9.02 207.62 1 207.62
TOTAUX 109.9 47.74 100 2302.14

4. Détermination de la quantité réelle d’eau de gâchage

Cette détermination a été effectuée sur une quantité d’ 1/100 m3 de béton

 Nous avions pesé préalablement 5 kg d’eau


 Il en est resté 2.35 kg
 Il a fallu pour 1/100 m3 de béton 2.65 kg d’eau (5 – 2.35)
 Il faut donc pour 1 m3 : 2.65 * 100 = 265 kg d’eau
265
 Donc E %= ∗100 = 12.55 %
2111.31
350
 Le pourcentage en ciment : C %= ∗100 = 16.57 %
2 111.31

On a alors le nouveau tableau :

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 XI


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

Composants en valeur

Composition en poids
Composants en poids

Masse volumique du

Volume apparent
Masse volumique

Masse volumique

Composition en
Composants

Poids en %

apparente
absolue

absolue

béton
1 2 3 4 5 6 7 8 9
(2/3) (Σ2/Σ4) (2/Σ2) (5*6) (7/8)
C 16.58 2.916 5.68 14.73 350 1 350
S 61.42 2.6 23.62 54.57 1219 1.67 730
G 22 2.59 8.49 2.24 19.55 436 1.35 324
E 12.55 1 12.55 11.15 249 1 249
TOTAUX 112.5 50.35 100 2254
5

ANNEXE 4 : RÉSISTANCE EN COMPRESSION DES ÉPROUVETTES EN MPA

CIMENT TYPE DOSAGE 350 kg/m3


UTILISE D’EAU Ep 1 Ep 2 Ep 3 moy fc7 fc28

11.550 14.408 10.897 10.10115 16.329


Lac

Hima Pluie 12.058 7.482 14.536 11.9672 19.345

Distillée 14.273 13.596 13.336 12.54105 20.272

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 XII


Influence de la salinité des eaux sur les propriétés physico-mécaniques du béton à Goma

PAR : Elke TAMONE, Mémoire 2018 XIII

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