RAPPORT DE LA SORTIE PÉDAGOGIQUE AU CENTRE SONGHAI
Visite au centre Songhaï de Porto-Novo (Bénin) du 27 mars 2023
Introduction
Songhaï est une ONG au départ béninoise, qui a créé une série de centres de
formation, de production, de recherches et de développement en agriculture durable,
reposant sur un système intégré de production, cherchant à valoriser les ressources
locales, à s’approprier et à adapter les techniques et technologies extérieures à l
´afrique.
Songhaï développe un système de production agricole viable et peu coûteux basé sur
l’agrobiologie et intégrant l’agriculture, l’élevage, la pisciculture et valorisant
les sous-produits agricoles d’origine animale, végétale, piscicole et les services.
Dans un souci de diversification, Songhaï identifie puis développe des filières
agricoles porteuses, développe des industries et le commerce. En plus de la
production de vivres d’une manière productive, Songhaï s'occupe de leur collecte,
de leur stockage, de leur transformation, de leur emballage, de leur marketing et
de tous les aspects financiers des différentes filières.
Songhaï se veut compétitif économiquement et en même temps respectueux de
l’environnement.
Son but est de développer, en Afrique, l’esprit entrepreneurial, en particulier
dans le domaine agricole, dans le but de sortir le continent africain d’une logique
de pauvreté et de permettre son développement socio-économique durable. Il amène
les producteurs africains à développer leur propre marché et à diversifier leur
production.
L’histoire de l’ONG Songhaï
Du nom d’un prestigieux empire de l’Afrique occidentale au XVe siècle, Songhaï est
une ONG de développement. En 1985, Godfrey Nzamujo, le fondateur, un prêtre
dominicain d’origine africaine et nigérienne, a créé Songhaï avec un tout petit
nombre de jeunes béninois et le soutien d’amis.
Les expériences de Songhaï ont démarré sur un hectare de terre abandonné, octroyé
par le gouvernement béninois dans la banlieue de Porto-Novo (Bénin). Depuis, cette
parcelle, qui s’étend maintenant sur 22 ha, est devenue le siège du centre ainsi
que sa première « ferme-école ».
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Les ressources du centre proviennent, d’une part, de la production agricole et,
d’autre part, des subventions de différente partenaires qui viennent donner un coup
de pouce ponctuel à certains secteurs. L’objectif à long terme, pour l’ONG, est
d’atteindre 100% d’autonomie financière.
En 2008, Songhaï a été promu comme centre d’excellence régional pour l'Afrique par
les Nations Unies. Ensuite, l’ONU aurait tenté de répliquer le modèle Songhaï dans
11 pays africains.
des populations africaine, à l’origine de ces destructions.
Pourtant, la plupart des grands organismes internationaux (ONG …) considèrent
Songhaï comme un ou « Le » modèle de développement alternatif pour l’Afrique.
2. Visite du centre
Le site du centre semble avoir été choisi avec soin, le long d’une route nationale
très passante, à proximité du grand marché de Porto-Novo et d’un lac.
Les 22 ha du centre sont entourés d’un mur en béton peint en blanc (du côté de la
route qui le longe sur un côté).
les parterres ornementaux floraux situés entre le mur blanc de la clôture et le
bord de la nationale. Tout le sol des parterres est paillé avec du B.R.F. (bois
raméal fragmenté) finement broyé qui couvre le sol entre les cultures.
A l’entrée du centre Songhaï, est situé le plan du centre (voir ci-après) :
Les produits Songhaï vendus par la boutique sont très diversifiés :
a) Réchauds améliorés (à charbon de bois)
b) sirops et jus de fruits (gingembre, bissap, mangue, tomate, carotte, tamarin,
baobab, ananas etc. …),
c) huiles (de palme, de soja …),
d) laits et laitages (fromages, yogourts …),
e) lait de soja et café ou pate de soja,
f) œufs (de poules et de cailles),
g) poulets, viandes diverses et poissons fumés,
h) soupes,
i) confitures (mangue …) et miels,
j) eaux minérales Songhaï,
k) poudre de moringa,
l) noix de cajou,
m) baguettes, biscuits, gâteaux,
n) gari (poudre de manioc),
o) savons (savon de carotte, savon au beurre de karité, …),
p) épices (quatre saisons …) … On vend même du sirop d’ail.
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A l’entrée du côté de l’atelier mécanique, saaaqaur une belle fresque murale était
insacrit :
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« CENTRE SONGHAÏ - DIVISION DES TECHNOLOGIES APPROPRIES
• Conception et réalisation des équipements de transformation agro-alimentaire et
de mécanisation de l'agriculture ».
Nous nous inscrivons pour la visite des unités de production qui sera commentée par
un guide de Songhaï.
Le guide nous fait un rappel sur l’histoire de Songhaï. Selon lui, après terminé
ses études et travaillé aux USA, le Père Nzamujo a élaboré, avant, un business plan
financier, avant de lancer dans la création du 1er centre Songhaï. Il n’a pas du pu
réaliser ce premier centre au Nigéria, son pays d’enfance, à cause de la situation
politique de l’époque. Il a cherché un pays limitrophe où il l’a implanté. Et il a
été aidé par le gouvernement Béninois et son président [révolutionnaire] Mathieu
Kérékou qui lui a donné un terrain d’un hectare du côté de Porto-Novo en 1985.
Puis il nous explique le mode de fonctionnement du centre Songhaï, ce qu’il a
appelle le « système intégré Songhaï » où le recyclage. Pour cela, il s’aide de
panneaux explicatifs peints, placés à l’entrée du centre (voir ci-dessous)
Nous commençons la visite en passant devant un entrepôt de stockage des jus de
fruits, des sirops et des confitures. Puis nous passons par les fours de fumage des
viandes et des poissons. Certains des fumoirs sont alimentés en charbon de bois, un
autre au biogaz produit par le centre.
Notre guide nous présente un séchoir solaire thermique pour déshydrater les
feuilles de moringa. Le ventilateur du séchoir est alimenté par un panneau solaire
photovoltaïque. A côté de grands récipients cylindriques (fermés par un couvercle),
chauffés par le bois, servant à cuire.
Puis nous passons devant le bâtiment de la boulangerie et pâtisserie industrielle,
fabriquant des pains (baguettes …) et des viennoiseries, mais où nous ne pouvons
pas pénétrer pour des questions d’hygiène.
A proximité, se trouve une grande chambre froide [probablement pour y stocker les
produits frais et laitages]. Puis il nous présente les bassins de phyto-épuration
par jacinthes d’eau. Dans la zone, les canaux d’irrigation acheminent l’eau épurée
ou souillée. Derrières ces bassins, se trouvent des plantations de moringa
oleifera.
Nous nous arrêtons au seuil de la porte du grand local de traitement des produits
laitier au sol et murs carrelés. Un grande baratte à beurre, actionnée par un gros
moteur électrique, est située fond, à gauche. Au fond, à droite, trône un énorme
autoclave servant à la pasteurisation.
Puis nous passons devant des bâtiments en forme de longues maisons en bois, des
grands poulaillers sur pilotis, gardant en « cage » des poulets de chair. L’espace,
sous le poulailler, sert aux employés à ramasser les fientes de poules, qui
s’accumulent dessous et qui serviront à fertiliser les zones agricoles.
A proximité, poussent sur un sol paillé des tarots à grandes feuilles (une plante à
tubercule alimentaire).
A côté est situé un enclos avec des dindons. Puis l’enclos à pintades (élevage en
plein air).
Puis à côté, un grand élevage en batterie, entièrement automatisé, de poulets de
chair.
Plus tard, nous passerons à côté de grands élevages en batteries de lapins et
d’aulacodes . Puis de l’élevage des cailles.
Nous sommes passés à côté un hangar sous lequel il y a de multiples bacs en
ciments, servant à l’élevage d’escargots africains. L’élevage est entouré d’une
rigole d’eau, servant à empêcher les fourmis d’attaquer les escargots.
Le purin [ou lisier] des porcs est stocké dans une grande fosse. Il servira dans le
digesteur de l’unité de production de biogaz situé à côté. Le digesteur d’une
dizaine de m3 est situé sous une dalle de béton. Tout comme le bac d’effluent. Le
biogaz produit par le digesteur est stocké dans deux grands réservoirs, comme ceux
servant à stocker le propane. Dans le même local où se trouvent ces deux
réservoirs, une succession de filtres servent à purifier l’eau contenue dans le
gaz. A droite, une série de quatre grands manomètres _ de fabrication maison _ sert
à mesurer la pression du gaz. Sous les filtres, est placé un moteur (ressemblant à
un compresseur). Selon le guide, ce serait un moteur à explosion fonctionnant au
gaz, pour produire de l’électricité. Au moment de notre passage, il ne fonctionne
pas. Selon le guide, cette unité de biogaz pourrait produire jusqu’à 22 KVA
d’énergie. Les fertilisants employés par Songhaï sont le compost et les effluents.
Songhaï produit aussi des « micro-organismes efficaces » (E.M.).
A côté du local de stockage du biogaz, se trouve une machine manuelle à broyer des
tiges de je ne sais quoi (peut être pour les cannes à sucre etc.).
Deux tas de pailles type B.R.F. ont été amassés à côté de ce local.
Des bandes de vétivers poussent en bordure des allées (une plante utile pour lutter
contre l’érosion).
Certaines plantes biopesticides sont cultivées pour la lutte biologique (Gigembre,
piment, Conivari …) ou comme plantes médicinales (Vernonia…).
Nous arrivons aux productions agricoles. Dans un grand champ, pousse du maïs doux.
Puis dans un autre, des haricots verts.
Nous visitons les bassins de piscicultures de tilapias et de poissons chats. Les
bassins sont bordés de fascines [faisceaux de branchages croisés], réalisés en
grosses tiges de bambous, retenant des sacs de terre et destinés à en renforcer les
rives. L’eau des bassins est particulièrement verte. Selon le guide, ces algues et
ainsi qu’un autre dispositif sert à oxygéner l’eau des bassins.
A proximité, se trouve l’écloserie à alevins.
Puis nous passons à l’unité de traitement des « régimes » de noix de palmes équipés
de grandes machines électriques. L’une d’entre elles [pour l’instant arrêtée] est
actionnée par un moteur thermique.
Puis nous arrivons au hangar où sont conditionnés, en grands sacs de 50 kg,
diverses variées de riz produit par Songhaï, en particulier du riz étuvé (une grand
machine, au fond du local, servirait peut-être à décortiquer le riz ). Puis nous
arrivons à l’unité de « grillage » et de conditionnement des noix de cajou. Des
machines manuelles servent à décortiquer la graine [ou noix] de sa cosse [ou
enveloppe].
Ensuite, nous passons devant des champs d’une variété de papayers particulièrement
petite en taille et prolifique en. Puis à côté, un champ d’oignons. Puis un carré
de maniocs. Puis un champ de haricots verts. Puis des champs de riz, eux aussi
paillés. Puis des champs de maïs sucrés, le sol au pied de ces maïs étant protégé
par du film plastique. Puis des champs de carottes. Puis des plants de tomates.
Puis des champs d’amarantes. Puis des plantations d’énormes choux, dont le sol est
protégé par un film plastique.
Nous savons que Songhaï favorise l’agriculture mécanisée pour diminuer la
pénibilité du travail de ses employés. Mais au moment où nous sommes passés, nous
avions vu aucun tracteur ou motoculteur dans les champs ou les allées. Tous les
champs sont arrosés par un système d’irrigation alimenté par des pompes
électriques.
Puis loin encore, nous voyons de très grandes serres, dans les murs sont faits de
tissus et le toit de film plastique. Selon notre guide, c’est pour protéger
certaines plantes des ravageurs.
Puis nous passons dans la plantation des agrumes. Les pamplemousses, que nous
découvrons, sont les plus gros quee nous avions pu voir dans notre vie.
Tous les arbres (cocotiers) sont entourés d’une épaisse couche de paillis.
Sous un autre hangar, se trouvent deux déchiqueteuses ou broyeuses électriques à
BRF. Autour d’elle, il y a le tas de paillis qu’elles ont produit.
Ensuite nous passons à l’unité de production d’électricité par gazéification de la
biomasse .
Le guide nous présente une grande tour en Inox comme l’unité de gazéification de la
biomasse. A terme, cette unité, ainsi que d’autres, devraient rendre le centre
Songhaï totalement autonome énergétiquement .
Puis nous passons à côté du grand hôtel de Songhaï et de ses annexes hôtelières,
qui accueille souvent des congressistes.
Selon notre guide, tous les secteurs de Songhaï (élevage des lapins, poulets, …),
sans
3. Conclusion
A la visite du centre, nous avions eu l’impression d’avoir affaire à une vraie
entreprise commerciale puissante plutôt qu’à une ONG qui a pour but non lucratif .
il est vrai que nous avions été vraiment impressionné.
Songhaï fonctionne vraiment de façon professionnelle. Tous ses produits subissent
un contrôle qualité et Songhaï arrive même à exporter vers les pays riches.