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VaR : Outil de gestion des risques financiers

La Value-at-Risk (VaR) est une mesure standardisée du risque financier qui évalue la perte potentielle d'un portefeuille sur un horizon temporel donné, à un certain niveau de confiance. Elle est essentielle pour les institutions financières afin de gérer divers risques tels que le risque de marché, de crédit, de liquidité et opérationnel. Le document aborde également les méthodes d'estimation de la VaR, les risques associés à son utilisation et la théorie des valeurs extrêmes pour modéliser des événements rares.

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VaR : Outil de gestion des risques financiers

La Value-at-Risk (VaR) est une mesure standardisée du risque financier qui évalue la perte potentielle d'un portefeuille sur un horizon temporel donné, à un certain niveau de confiance. Elle est essentielle pour les institutions financières afin de gérer divers risques tels que le risque de marché, de crédit, de liquidité et opérationnel. Le document aborde également les méthodes d'estimation de la VaR, les risques associés à son utilisation et la théorie des valeurs extrêmes pour modéliser des événements rares.

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La VaR pour

les risques
financiers

Famien KONAN 2021-2022


Plan de la présentation
I. La Value-at-Risk

II. L’Expected Shortfall

III. Les méthodes d’estimation de la VaR

IV. Volatilités et corrélations dans les modèles de VaR


I. La Value-at-Risk
La mesure du risque : un besoin d’homogénéité
• L’activité des institutions financières est affectée par des risques multiples:
▪ Risque de marché : variation de la valeur d’un portefeuille d’actifs due aux
mouvements de marché (prix, taux, volatilité…)
▪ Risque de crédit : le risque de défaillance d’une contrepartie face à ces engagements
contractuels ou à l’encaissement des créances
▪ Risque de liquidité : impossibilité d’échanger un titre sur les marchés ou de se
refinancer
▪ Risque opérationnel : défaillance dans le traitement d’une opération (erreur humaine,
problème informatique, fraude…)

• Les équipes dirigeantes ont besoin d’une mesure de risque :


▪ Homogène pour suivre l’ensemble des risques liés à l’activité financière
▪ Consolidable qui reflète les interactions et la diversification entre les risques
▪ Synthétique qui résume le risque global en un seul chiffre facile à appréhender
La VaR: un outil pratique de gestion du risque
▪ Popularisée par JP Morgan en 1994 avec le système RiskMetrics, la VaR est
devenue un standard au sein des institutions financières:
❑ Calcul du risque de crédit sur des portefeuilles (Credit VaR)

❑ Suivi des risques de marché sur des portefeuilles

❑ Allocation de fonds propres économiques en couverture des risques

❑ Mesure de la performance (RAROC) des unités opérationnelles

▪ Les directives réglementaires de Bâle (1995 et 2004) recommandaient


l’utilisation d’une méthode forfaitaire de mesure du risque de marché qui peut
être fondée sur le concept de VaR.
Définition de la VaR
▪ La 𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝 représente le maximum de perte à un niveau de probabilité 𝑝 que
pourrait subir un portefeuille sur un horizon temporel 𝑇

ℙ 𝐿 𝑇 < 𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝 =𝑝

ou de manière équivalente
ℙ 𝐿 𝑇 > 𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝 = 1 − 𝑝
❑ 𝐿𝑇 , la perte (algébrique), est égale à la différence entre la valeur 𝑊0 du
portefeuille aujourd’hui et sa valeur 𝑊𝑇 à l’horizon 𝑇

▪ Très fréquemment, la 𝑉𝑎𝑅 représente un montant de réserve qu’il faut constituer


pour être protégé contre la perte d’une position à court terme
❑ L’horizon associé à la VaR est de quelques jours (entre 1 et 10 jours)

❑ Le niveau de probabilité est typiquement compris entre 95% et 99,9%


Représentation graphique de la VaR

Fonction de répartition de la perte 𝑳𝑻 Densité de probabilité de la perte 𝑳𝑻


𝐹𝐿 𝑥 = ℙ 𝐿 𝑇 < 𝑥 𝑓𝐿 𝑥

0 1−𝑝
𝑥 0 𝑥
𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝
𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝
Paramètres de la VaR
La VaR d'un portefeuille dépend essentiellement de trois paramètres :

▪ La distribution de la valeur du portefeuille. Souvent cette distribution est


supposée normale, mais beaucoup d'acteurs financiers utilisent des
distributions historiques.

▪ Le niveau de confiance. C'est la probabilité que les pertes éventuelles du


portefeuille ou de l'actif ne dépassent pas la VaR, par définition.

▪ L'horizon temporel. Ce paramètre est très important car plus l'horizon est
long, plus les pertes peuvent être importantes. Par exemple, pour une
distribution normale des rendements, il faut multiplier la VaR à un jour par
ℎ pour avoir la VaR sur ℎ jours.
VaR relative et VaR absolue
• Notons
▪ 𝑅: le taux de rendement, 𝜇 𝑇 : le taux de rendement attendu sur la période et 𝜎𝑇 : la
volatilité du rendement sur la période
▪ La position est fixe (pas de négociation pendant la période)
▪ La valeur du portefeuille à la fin de la période : 𝑊𝑇 = 𝑊0 1 + 𝑅
▪ La valeur la plus faible du portefeuille au niveau de confiance donné 𝑝 : 𝑊𝑇∗ =
𝑊0 1 + 𝑅∗ . Le calcul de la VaR équivaut à calculer 𝑊𝑇∗ .

• La VaR relative est la perte en devises par rapport à la moyenne :


𝑉𝑎𝑅𝑅𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 = 𝔼 𝑊 − 𝑊𝑇∗ = −𝑊0 𝑅∗ − 𝜇 𝑇

• La VaR absolue est la perte en devises par rapport à la valeur initiale:


𝑉𝑎𝑅𝐴𝑏𝑠𝑜𝑙𝑢𝑒 = 𝑊0 − 𝑊𝑇∗ = −𝑊0 𝑅∗
Distribution de la valeur future du portefeuille
▪ La distribution de la valeur future du portefeuille peut s’obtenir à partir :
❑ de l’historique des valeurs du portefeuille

❑ des distributions historiques des facteurs de risques, en utilisant une méthode

de valorisation complète ou simplifiée du portefeuille


❑ d’un sous-ensemble de facteurs de risque résumé à quelques paramètres

▪ La VaR peut être déduite de la distribution de probabilité de la valeur future du


portefeuille 𝑓 𝑤 à un niveau de confiance 𝑝 donné:

∞ 𝑊𝑇∗
❑ 𝑝= ‫𝑓 ∗ 𝑊׬‬ 𝑤 𝑑𝑤 ou 1 − 𝑝 = ‫׬‬−∞ 𝑓 𝑤 𝑑𝑤 = ℙ 𝑤 < 𝑊𝑇∗ = 𝑝
𝑇
❑ 𝑊𝑇∗ , le quantile de la distribution, est égal à la VaR
VaR paramétrique: cas de la distribution normale
▪ Cette approche est dite paramétrique car elle implique l'estimation de paramètres
(par exemple, l’écart-type), au lieu de se contenter de lire le quantile de la
distribution empirique.

▪ Pour une loi normale, on peut construire une variable normée 𝛼𝑝 telle que
𝑅∗ −𝜇𝑇
❑ −𝛼𝑝 = ou 𝑅∗ = −𝛼𝑝 𝜎𝑇 + 𝜇 𝑇
𝜎𝑇
𝑊𝑇∗ 𝑅∗ −𝛼
❑ 1 − 𝑝 = ‫׬‬−∞ 𝑓 𝑤 𝑑𝑤 = ‫׬‬−∞ 𝑓 𝑟 𝑑𝑟 = ‫׬‬−∞𝑝 Φ 𝜀 𝑑𝜀 où Φ 𝜀 est la densité de la
loi normale standard.
❑ 𝛼𝑝 est le 𝑝-quantile de la loi normale standard.

▪ On en déduit les estimations de VaR pour une loi normale:


𝑉𝑎𝑅𝑅𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 𝑇, 𝑝 = −𝑊0 𝑅∗ − 𝜇 𝑇 = 𝑊0 𝛼𝑝 𝜎𝑇
𝑉𝑎𝑅𝐴𝑏𝑠𝑜𝑙𝑢𝑒 𝑇, 𝑝 = −𝑊0 𝑅∗ = 𝑊0 𝛼𝑝 𝜎𝑇 − 𝜇 𝑇
VaR non-paramétrique
• Aucune hypothèse n’est faite sur la distribution des valeurs du portefeuille

Source: Jorion, Measuring the risk in value at risk


Exemples de calcul de VaR
▪ Dans l’exemple précédent:
❑ La moyenne de la distribution est USD 5.1 million

❑ L’écart-type de la distribution est USD 9.2 million

❑ Il y a 254 observations, dont 11 observations à gauche de USD -10 millions et

15 observations à gauche de USD -9 million

▪ VaR paramétrique
❑ Le quantile à 95% d’une distribution normale standard est 1.645

❑ 𝑉𝑎𝑅𝑅𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 (1,95%) = 𝑊0 𝛼0.95 𝜎1 = 1.645 × 9.2 = 𝑈𝑆𝐷 15.2 𝑚𝑖𝑙𝑙𝑖𝑜𝑛

▪ VaR non-paramétrique
❑ Le nombre d'observations dans la queue est 254 × 5% = 12.7

∗ 15−12.7 12.7−11
❑ Par interpolation: 𝑊𝑇 = −10 + −9 = 𝑈𝑆𝐷 − 9.6 𝑚𝑖𝑙𝑙𝑖𝑜𝑛
15−11 15−11
𝑉𝑎𝑅𝑅𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 (1,95%) = 𝔼 𝑊 − 𝑊𝑇∗ = 5.1 − −9.6 = 𝑈𝑆𝐷 14.7 𝑚𝑖𝑙𝑙𝑖𝑜𝑛
Les risques de la VaR : le risque d’estimation
• Il est impossible de trouver des mesures exactes de la VaR en raison d'erreurs
d'estimation des paramètres: des intervalles de confiance doivent être utilisés pour
tenir compte du risque d’estimation

• Pour estimer les paramètres nécessaires au calcul de la VaR (moyenne, écart-


type), on dispose d’un nombre d’observations limité : source d’erreur sur
l’estimateur
❑ Plus l’historique utilisé pour l’estimation est long, plus l’incertitude sur les

paramètres est réduite

• Les estimations de la VaR sont affectées par l'erreur d'estimation sur les quantiles :
❑ Plus le niveau de confiance est élevé (quantile extrême), plus l’incertitude sur la

VaR augmente
Les risques de la VaR: le risque de modèle
• Les distributions empiriques des rendements des actifs ne suivent pas en général
une distribution normale
Le risque de modèle : les valeurs extrêmes
• La loi normale sous-estime les grandes déviations : les variations quotidiennes
supérieures à trois écarts-types sont devenus plus fréquents (une distribution
normale suggérerait que cela se produit moins d'une fois par an).

• Pour des niveaux de confiance très élevés, on utilise la Théorie des Valeurs
Extrêmes
Théorie des valeurs extrêmes
• Cette théorie permet la modélisation d’événements rares et l’estimation de
quantiles extrêmes, à travers différents types de modèles. Elle permet donc de
fournir des réponses à des questions telles que :
▪ Sur une période donnée, à quelle valeur du maximum ou du minimum doit-on
s’attendre ?
▪ Comment modéliser des variations de rendement dépassant un seuil donné ?

• La seconde question concerne la modélisation des queues de distribution à


travers la méthode des excès:
▪ Estimer la queue de la distribution 𝐹 d’une variable aléatoire 𝑋 (la distribution
est supposée inconnue) en se fixant au préalable un certain seuil 𝑢.
La distribution de Pareto généralisée
• La distribution conditionnelle des excès au delà du seuil 𝑢, 𝐹𝑢 𝑦 = ℙ(𝑋 − 𝑢 ≤
𝑦|𝑋 > 𝑢) , converge vers une distribution de Pareto généralisée 𝐺𝜉,𝛽 𝑦 au fur et à
mesure que 𝑢 augmente.
1
−𝜉
𝑦
1− 1 +𝜉 𝑠𝑖 𝜉 ≠ 0
𝐺𝜉,𝛽 𝑦 = 𝛽 𝛽: facteur d’échelle, 𝜉: indice de queue
𝑦
1 − 𝑒𝑥𝑝 − 𝑠𝑖 𝜉 = 0
𝛽

Type Pareto II Type Exponentiel Type Pareto

−𝛽/𝜉
Estimation du quantile extrême
𝑛−𝑁
• En pratique, la quantité 𝐹𝑢 est estimée par 𝑢
, où 𝑛 est le nombre total
𝑛
d’observations et 𝑁𝑢 le nombre d’observations au delà du seuil 𝑢. On obtient alors
un estimateur de 𝐹(𝑥) pour les valeurs 𝑥 ≥ 𝑢:
1
−෡
𝜉
෣ 𝑁𝑢 𝜉෠
𝐹 𝑥 =1− 1+෡ 𝑥−𝑢
𝑛 𝛽

• Le 𝑝-quantile supérieur de 𝐹 vaut donc :


−𝜉෠
𝛽መ 𝑛
𝑥ෞ𝑝 = 𝑢 + 1−𝑝 −1
መ𝜉 𝑁𝑢

• L’estimation des différents paramètres se fait par la méthode du maximum de


vraisemblance en supposant un échantillon d’observations indépendantes et
identiquement distribuées.
La VaR extrême
• La VaR avec un niveau de confiance 1 − 𝑝 est définie comme le p-quantile de la
distribution des rendements. A partir du précédent estimateur, pour une probabilité
𝑝 fixée, la VaR s’écrit :

−𝜉෠
𝛽መ 𝑛
෣𝑝 = 𝑢 +
𝑉𝑎𝑅 1−𝑝 −1
𝜉መ 𝑁𝑢

• On rappelle que 𝑛 est le nombre total d’observations et 𝑁𝑢 le nombre


d’observations au delà du seuil 𝑢.

• On peut exprimer la VaR pour un horizon temporel ℎ :

෣𝑝 ℎ = ℎ𝜉෠ × 𝑉𝑎𝑅
𝑉𝑎𝑅 ෣𝑝
Les limites de la VaR extrême
• L'effet de queue de distribution épaisse est compensée dans certains cas:
▪ Pour un niveau de confiance plus élevé (99.5 %), la VaR de l'EVT est
supérieure à la VaR normale
▪ A un horizon plus lointain, la VaR de l'EVT augmente à un rythme plus lent que
la VaR

• La Théorie des Valeurs Extrêmes est de nature univariée


▪ En conséquence, elle ne permet pas de caractériser la répartition conjointe
des facteurs de risque, de sorte que l'application de la VaR de l'EVT au revenu
total d'une institution n'explique pas les causes des pertes potentielles

• L'estimation des paramètres de la distribution à partir des données peut créer des
erreurs et doit donc être complétée par des stress-tests.
financiers
Les inconvénients des mesures VaR : la représentation du risque
• La VaR donne la probabilité d’occurrence d'une perte en excès de la VaR
calculée
▪ Aucune information n’est disponible sur la taille effective de la perte quand
elle se produit
▪ De manière plus générale, on n’a aucune information sur la distribution de la
perte au-delà de la VaR

• Exemple: La VaR est la même dans les 2 cas, mais le risque du portefeuille est
plus élevé dans le cas 2
1. 2.
Les inconvénients des mesures VaR: la sous-additivité
• Dans certains cas, la VaR n’est pas sous-additive. Cette propriété est liée à l’effet
de diversification au sein des portefeuilles.
• Exemple:

En classant les scénarios:

𝑉𝑎𝑅𝑋 85% = 13
𝑉𝑎𝑅𝑌 85% = 7 𝑉𝑎𝑅𝑋+𝑌 85% ≥ 𝑉𝑎𝑅𝑋 85% + 𝑉𝑎𝑅𝑌 85%
𝑉𝑎𝑅𝑋+𝑌 85% = 30
II. L’Expected Shortfall
Mesures cohérentes de risque
• En définissant la mesure de risque comme un montant de capital nécessaire
pour accepter l’incertitude sur la valeur future de la position, une mesure
𝜌(𝑋) est qualifiée de cohérente lorsqu’elle vérifie les propriétés suivantes :
Propriétés Formule Description
Monotonicité Si 𝑋 ≤ 𝑌, alors Si les pertes du portefeuille 𝑌 sont plus importantes que
𝜌(𝑋) ≤ 𝜌(𝑌) les pertes du portefeuille 𝑋 pour tous les scénarios,
alors le risque du portefeuille 𝑌 est plus élevé que le
risque du portefeuille 𝑋.
Invariance par 𝜌 𝑋 + 𝑘 = 𝜌 𝑋 + 𝑘 L'ajout d'une perte constante au portefeuille augmente
translation son risque du même montant
Homogénéité 𝜌 𝑏𝑋 = 𝑏𝜌(𝑋) L'augmentation de la taille d'un portefeuille par 𝑏 devrait
simplement permettre d'échelonner son risque par le
même facteur
Sous- 𝜌 𝑋 + 𝑌 ≤ 𝜌 𝑋 + 𝜌(𝑌) Le risque de la somme des sous-portefeuilles 𝑋 + 𝑌
additivité est inférieur ou égal à la somme de leur risque individuel
L’Expected Shortfall: une alternative à la VaR
• L’ES est une mesure de risque cohérente. L’ES sur un horizon 𝑇 au seuil de
confiance 𝑝 correspond à la perte moyenne du portefeuille au bout de 𝑇 jours, si
la 𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝 est dépassée:
𝐸𝑆 𝑇, 𝑝 = 𝔼 𝐿 𝑇 | 𝐿 𝑇 ≥ 𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝

• L’ES, comme le VAR, est fonction de deux paramètres : 𝑇 (l'horizon temporel en


jours) et 𝑝 (le niveau de confiance).

• Exemple: Etant donné 100 scénarios, calculer la 𝑉𝑎𝑅 95% et 𝐸𝑆 95%

30 + 22 + 15 + 12 + 11
𝑉𝑎𝑅 95% = 9 et 𝐸𝑆 95% = = 18
5
Expression alternative de l’ES
• En notant que 𝐸𝑆 𝑇, 𝑝 = 𝔼 𝐿 𝑇 | 𝐿 𝑇 ≥ 𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝
𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝 = 𝐹𝐿−1
𝑇
𝑝
On peut écrire:
+∞
1
𝐸𝑆 𝑇, 𝑝 = න 𝑥𝑓𝐿 (𝑥) 𝑑𝑥
1 − 𝑝 𝐹𝐿−1 𝑝
𝑇

• Changement de variable 𝑑𝑞 = 𝑓𝐿 𝑥 𝑑𝑥
1
1
𝐸𝑆 𝑇, 𝑝 = න 𝐹𝐿−1 𝑞 𝑑𝑞
1 − 𝑝 𝐹𝐿−1 𝐹𝐿𝑇 𝑝
𝑇
𝑇
𝟏
𝟏
𝑬𝑺 𝑻, 𝒑 = න 𝑽𝒂𝑹 𝑻, 𝒒 𝒅𝒒
𝟏−𝒑 𝒑

• L’ES peut donc être vue comme une moyenne des VaR de seuil supérieur à 𝑝 .
III. Les méthodes d’estimation de la
VaR
Calcul de la VaR
• Le portefeuille peut être représenté comme une fonction des facteurs de risque
dont dépend la valeur du portefeuille: 𝑊𝑡 = 𝑊 𝑓1,𝑡 , 𝑓2,𝑡 , … , 𝑓𝑁,𝑡

• La valorisation du portefeuille peut être appréciée à l’aide d’une évaluation


▪ Globale (full evaluation)
▪ Partielle (partial evaluation) qui repose sur une approximation linéaire ou
quadratique

• Une fois que la distribution de pertes du portefeuille à horizon 𝑇 est estimée, la


VaR est donnée par le quantile au niveau de probabilité associé à la VaR.

• 3 méthodes de calcul sont généralement utilisées pour estimer la VaR:


▪ La méthode historique
▪ La méthode paramétrique
▪ La méthode de Monte Carlo
La VaR historique : le concept
• La méthode repose sur l’estimation du 𝑝-quantile réel de la distribution de pertes
qui est en fait inobservable:
▪ Les variations historiques (jointes, sur 𝑇 jours parmi 𝑁 derniers jours écoulés)
des facteurs de risques sont utilisées pour définir les scenarii possibles pour
les futurs 𝑇 jours.
▪ Le portefeuille est revalorisé pour chaque scenario afin de simuler un
échantillon de taille 𝑛 de pertes quotidiennes
▪ L’estimateur de la VaR est simplement le 𝑝 -quantile empirique de cet
échantillon

• Elle est compatible avec tant avec une évaluation globale qu’avec une évaluation
partielle.
La VaR historique : étapes de calcul
• Les variations des facteurs sont échantillonnées à partir de la distribution
historique, sans remplacement
∆𝑓𝑖𝑘 = ∆𝑓𝑖,1 , ∆𝑓𝑖,2 , … , ∆𝑓𝑖,𝑡

• Nous pouvons construire des valeurs de facteurs hypothétiques


𝑓𝑖𝑘 = 𝑓𝑖,𝑡 + ∆𝑓𝑖𝑘
qui sont utilisées pour construire une valeur hypothétique du portefeuille actuel
dans le cadre de chaque nouveau scénario:
𝑊 𝑘 = 𝑊 𝑓1𝑘 , 𝑓2𝑘 , … , 𝑓𝑁𝑘

• Nous pouvons maintenant calculer les variations de la valeur des portefeuilles à


partir de la position actuelle 𝑊 𝑘 − 𝑊𝑡 .

• Les variations de valeur du portefeuille sont classées et la VAR est obtenue à


partir du 𝑝-quantile de la distribution.
La VaR historique : exemple de calcul
• Considérons un portefeuille dont la valeur est EUR 100 millions aujourd’hui,
constitué d’un seul actif, qui a connu 100 rentabilités journalières.

Observation Rentabilité Valeur simulée du Valeur simulée de


du titre portefeuille la perte
1 11% 100 × 1.1 = 111 −11
2 8.2% 100 × 1.082 = 108.2 −8.2
3 7.5% 100 × 1.075 = 107.5 −7.5
⋮ ⋮ ⋮ ⋮
99% de chances
⋮ ⋮ ⋮ ⋮
97 −4.8% 100 × 0.952 = 95.2 4.8
98 −5.6% 100 × 0.944 = 94.4 5.6
99 −6.8% 100 × 0.932 = 93.2 6.8 𝑉𝑎𝑅 99%
100 −10% 100 × 0.9 = 90 10 1% de chance
La VaR historique : avantages et inconvénients
• L’avantage majeur de la VaR historique est sa facilité de mise en œuvre:
▪ Elle nécessite peu de calculs et des techniques simples
▪ Prise en compte de toute la convexité du portefeuille
▪ Prise en compte (limitée) de la distribution empirique (fat tails)
▪ Aucune hypothèse préalable sur la distribution des facteurs de risque.

• Elle souffre en revanche de nombreuses limites:


▪ La profondeur de l’historique doit être suffisamment grande comparée à
l’horizon de la VaR et à son niveau de confiance
▪ La VaR historique renseigne peu sur les mouvements futurs et peut manquer
les évènements extrêmes
▪ La VaR historique est instable et peut «sauter» sans mouvement de marché
ni changement dans le portefeuille.
▪ La méthode est inadaptée aux produits dérivés
La VaR paramétrique : le concept
• Les modèles de VaR paramétriques sont ceux qui supposent que la distribution
des facteurs de risque (données de marché) peut se résumer aux paramètres
d’une loi simple, typiquement la loi normale.

• La méthode paramétrique se déroule en 3 étapes


▪ La première étape consiste à décomposer les positions du portefeuille en
fonction des différents facteurs de risque (indices actions, taux de différentes
maturité, taux de change…).
▪ La deuxième étape consiste à estimer les paramètres de la distribution de
probabilité des facteurs de risque
▪ La troisième étape consiste à appliquer une approximation (linéaire ou
quadratique) de la fonction d’évaluation du portefeuille
La VaR paramétrique : la méthode Delta-Normale
• La méthode delta-normale suppose que les expositions sont linéaires et que
les facteurs de risque sont conjointement et normalement distribués. Comme
le rendement du portefeuille est une combinaison linéaire de variables normales,
il est normalement distribué et le calcul de la VaR se ramène au calcul de la
volatilité du portefeuille
𝑉𝑎𝑅𝑅𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 = 𝛼𝜎𝑇 (𝑤)𝑊0
▪ 𝜎𝑇2 (𝑤) = σ𝑁 𝑁
𝑖=1 σ𝑗=1 𝑤𝑖 𝑤𝑗 𝜎𝑖𝑗 est la variance du portefeuille de composition (𝑤𝑖 )
▪ Les propriétés de diversification des actifs sont reflétées par la VaR
gaussienne

• La VaR de chaque actif pris individuellement s’écrit :


𝑖
𝑉𝑎𝑅𝑅𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 = 𝛼𝜎𝑖 𝑊𝑖 = 𝛼𝜎𝑖 𝑤𝑖 𝑊0
▪ Le bénéfice de la diversification du portefeuille vaut:
𝑉𝑎𝑅𝑅𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 − σ𝑁𝑖=1 𝑉𝑎𝑅 𝑖
𝑅𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒
La VaR paramétrique : asymétrie et queue épaisse
• L’hypothèse de normalité/multi-normalité des facteurs de risque est en
contradiction avec les observations empiriques :
▪ Les densités de probabilités des variation relatives des prix sont souvent
caractérisées par une asymétrie (skewness négative) et des queues épaisses
(excès de kurtosis positif)

• Le développement de Cornish-Fisher fournit directement une généralisation de la


VaR d’une loi normale qui intègre la skewness et la kurtosis :
𝑉𝑎𝑅 𝑇, 𝑝 = 𝑊0 𝑧𝑝 𝜎𝑇
1 1 1
avec 𝑧𝑝 = 𝛼𝑝 + 𝛼𝑝2 − 1 𝑆𝑘 + 𝛼𝑝3 − 3𝛼𝑝 𝐾 − 3 − 2𝛼𝑝3 − 5𝛼𝑝 𝑆𝑘 2
6 24 36

(𝛼𝑝 est le 𝑝-quantile de la gaussienne standard)


La VaR paramétrique : les limites

• La VaR paramétrique s’exprime simplement en fonction:


▪ Des caractéristiques des différents instruments composant le portefeuille
▪ Des paramètres des distributions des facteurs de risque

• Pour parvenir à cette facilité de mise en œuvre, la méthode paramétrique


nécessite de nombreuses hypothèses qui reflètent parfois mal la réalité
▪ L’approximation linéaire des profils optionnels ne sont pas très réalistes
▪ La rentabilité de la plupart des actifs n’est pas gaussienne, et c’est d’autant
plus flagrant pour les quantiles extrêmes et les évènements rares

• Il est difficile de calibrer d’autres lois (Student…): les évènements extrêmes sont
rares et leurs paramètres sont instables.
La VaR Monte-Carlo : Le concept
• La méthode de la VaR Monte Carlo est similaire à la VaR historique
▪ L’estimation de la VaR est effectuée, comme pour la méthode historique, à
partir de l’échantillon généré
▪ Toutefois, les mouvements des facteurs de risque sont générés par des
tirages provenant d'une certaine distribution pré-spécifiée.

• Comme pour la VaR paramétrique, il faut estimer les distributions de probabilité


des facteurs de risque
▪ Les facteurs de risque sont décrits par des équations stochastiques

• Les variations de valeur de du portefeuille sont simulées par Monte Carlo


▪ Génération d’un échantillon suffisamment grand
▪ La fonction de valorisation des positions en fonction des facteurs de risque
peut être partielle (linéaire) ou globale
La VaR Monte-Carlo : Les principales étapes
• Les principales étapes d'une approche Monte Carlo de base pour l'estimation
des probabilités de perte sont les suivantes comme suit :
1. Générer 𝑀 scénarios en échantillonnant les changements des 𝑁 facteurs de
risque ∆𝑓𝑖1 , ∆𝑓𝑖2 , … , ∆𝑓𝑖𝑀 sur horizon ∆𝑡.
2. Revaloriser le portefeuille à la fin de l'horizon ∆𝑡 dans les scénarios
𝑓𝑖𝑘 = 𝑓𝑖,𝑡 + ∆𝑓𝑖𝑘 ; Déterminer les pertes 𝐿𝑘 = 𝑊 𝑘 − 𝑊𝑡 , 𝑘 = 1 … 𝑀
3. Calculer la fraction des scénarios dans lesquels les pertes dépassent un
seuil 𝑥 :
1 𝑀
σ𝑖=1 1 𝐿𝑘 > 𝑥
𝑀

• Pour estimer la VAR, la dernière étape peut être répétée pour des valeurs
multiples de 𝑥; la Les quantiles peuvent ensuite être estimés, par exemple, en
interpolant entre les probabilités de pertes estimées
La VaR Monte-Carlo : avantages et inconvénients
• La VaR Monte Carlo est la plus souple
▪ Le portefeuille peut contenir des produits optionnels
▪ Les facteurs de risque peuvent suivre un grand nombre de lois de probabilité

• Elle possède néanmoins plusieurs inconvénients


▪ Elle entraîne une énorme charge de calcul
▪ Les processus stochastiques des facteurs de risque doivent toujours être
spécifiées : risque de modèle
▪ Il faut un grand nombre de scenarios pour converger vers une mesure VAR
stable: problème de variabilité d'échantillonnage
Comparaison des méthodes d’estimation de la VaR

VaR Paramétrique VaR Historique VaR Monte Carlo


Fonction d’évaluation Partielle Partielle/globale Partielle/globale

Distribution
Densité Normale Empirique Générique
Evènements extrêmes Faible probabilité Données récentes Possible
Implémentation
Facilité de mise en oeuvre Oui Intermédiaire Non
Communicabilité Facile Facile Difficile
Précision de la VaR Excellente Faible si court historique Bonne avec un nombre
élevé de simulations
Limites Prise en compte de la La variation temporelle Risque de modèle
non-linearite et des du risque, les
queues epaisses événements extrêmes
IV. Volatilités et corrélations dans
les modèles de VaR
L’importance de la volatilité
• Le risque semble évoluer dans le temps, mais la volatilité semble se regrouper
de manière prévisible
▪ Les rendements des actifs financiers montrent souvent la propriété de
« cluster » de volatilité

• L’estimation de la volatilité est importante pour la gestion des risques financiers:


▪ La VaR augmente avec la volatilité, et les investisseurs peuvent ajuster leurs
portefeuilles pour réduire leur exposition aux actifs dont la volatilité pourrait
croitre
▪ Les actifs qui dépendent directement de la volatilité (par exemple les options)
changeront de valeur de manière prévisible.
▪ Dans un marche rationnel, les prix à l’équilibre des actifs seront affectes par
les changements de volatilité, et les investisseurs qui peuvent prédire ces
changements sont capables de mieux contrôler les risques financiers.
Estimation de la volatilité: la moyenne mobile
• La volatilité peut être calculée par une estimation historique simple
𝑀
1 2
𝜎𝑡2 = ෍ 𝑟𝑡−1
𝑀
𝑖=1

Fenêtre glissante
𝑀 jours

𝑀 jours
jours

• Choix de la fenêtre d’estimation: plus la fenêtre est longue, plus la precision


augmente, mais l’estimateur peut ne pas tenir compte de la variation de volatilité

• Les valeurs récentes ont le même poids que les valeurs les plus anciennes, qui
ne sont pas représentatives de la dynamique actuelle du marché
Estimation de la volatilité: le modèle GARCH
• Pour prendre en compte l’hétéroscédasticité des rentabilités des actifs 𝑟𝑡 , on
peut utiliser des modèles à variance conditionnelle

• La variance conditionnelle ℎ𝑡 du processus GARCH(1,1) s’écrit :


2
ℎ𝑡 = 𝛼0 + 𝛼1 𝑟𝑡−1 + 𝛽ℎ𝑡−1 , avec 𝑟𝑡 = ℎ𝑡 𝜀𝑡 et 𝜀𝑡 ~𝑁(0,1)

• Ce modèle nécessite l’estimation de peu de paramètres. Il tient compte des


clusters de volatilité

• Les modèles GARCH sont non linéaires. Les paramètres doivent être estimés
par la maximisation de la fonction de vraisemblance.
L’approche RiskMetrics
• Les variances conditionnelles sont modélisées à partir du modèle EWMA
(ponderations exponentielles)
2
ℎ𝑡 = 1 − 𝜆 𝑟𝑡−1 + 𝜆ℎ𝑡−1
𝜆: facteur d’oubli (𝜆 < 1)

• Les informations récentes ont des poids plus important:


2 2 2
• ℎ𝑡 = 1 − 𝜆 𝑟𝑡−1 + 𝜆𝑟𝑡−1 + 𝜆2 𝑟𝑡−1 +⋯

• Dans l’approche RiskMetrics, 𝜆 = 0.94 (rentabilités quotidiennes) ou 𝜆 = 0.97


(rentabilités mensuelles).
Importance des corrélations
• De faibles corrélations aident à réduire le risque des portefeuilles mais les
corrélations augmentent en période de crise.
▪ Si les corrélations augmentent à un moment où la volatilité est en hausse, les
propriétés de diversification des portefeuilles ne sont plus établies
▪ Les mesures de la VaR basées sur des données historiques sous-
estimeraient sérieusement le risque réel de défaillance car les risques et les
corrélations seraient sous-estimés

• L’impact des corrélations dépend du signe des positions : des corrélations plus
élevées (plus faibles) sont préjudiciables aux portefeuilles ne comportant que
des positions longues (courtes)
Estimation des corrélations
• Le modèle EWMA s’étend au calcul des corrélations: le facteur d’oubli est le
même pour toutes les séries des facteurs de risque
▪ La covariance entre deux actifs 1 et 2 s’écrit:
ℎ12,𝑡 = 1 − 𝜆 𝑟1,𝑡−1 𝑟2,𝑡−1 + 𝜆ℎ12,𝑡−1
▪ La correlation conditionnelle vaut:
ℎ12,𝑡−1
𝜌12,𝑡 =
ℎ1,𝑡−1 ℎ2,𝑡−1

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