Le candidat traitera l’un des deux sujets au choix.
Sujet N° 1
Texte :
La valeur comme principe moral qui régit les comportements des gens, les régit à un moment
précis de l’évolution de l’histoire de chaque peuple. Cela signifie que la valeur est quelque chose
qui se compose, se décompose et se recompose. Nous sommes donc dans l’ordre de la construction :
composition, décomposition et recomposition. De ce principe, on ne peut pas attendre qu’à tout
moment une valeur soit identique et immuable. Lorsque vous prenez une valeur qui est identique au
fil des ans, elle est forcément une pièce de musée. Elle a eu le temps de se fossiliser. C’est juste là
une première mise au point.
Maintenant à l’intérieur, il y a des valeurs à connotation universelle, fondatrice,
fondamentale qui, même si elles prenaient des oripeaux, des formes de l’actualité, de la modernité
ou de la contemporanéité de chaque société, ont un substrat qui pour le moindre ne bouge pas
souvent. Et c’est là qu’on peut discuter. Ce sont des valeurs humanistes et de ce point de vue, elles
sont donc universelles. Je cite en exemple le respect, la politique, la courtoisie, la solidarité, l’amour
du prochain, etc. Quel que soit ce qu’on dirait, ce sont des contenus qui même si elles évoluaient
selon les âges, les époques et les milieux ne vont fondamentalement pas changer. Quant à savoir
pourquoi elles changent ou n’ont plus la même importance aujourd’hui, c’est simplement parce que
les piliers de notre société changent. L’adoption d’une valeur n’est pas consécutive à la
connaissance ou à l’information qu’on en a. Elle est aussi sujette aux réalités concrètes de vie,
d’existence de l’homme qui adopte. Par exemple, lorsque vous avez quelqu’un qui a faim,
comment voulez-vous que celui-là ait les oreilles pour écouter les valeurs fondamentales de ci ou de
ça. De même, comment voulez-vous que dans un monde où tout bouge, où plus rien n’est à sa place,
on puisse faire de cette valeur l’élément premier. Nous avons bougé les lignes et la boussole qui
portait sur des valeurs comme le prestige, l’honneur, la honte, etc. et qui avait régi la société hier, a
suffisamment bougé aujourd’hui en raison de notre niveau de vie. J’ai l’habitude de dire que chaque
société produit ses déchets selon son évolution. Ce que nous vivons aujourd’hui fait partie des
déchets de la modernité et il aurait fallu que des dispositions soient prises pour que des mécanismes
sociaux de régulation, de pertinence, de punition soient mis en place de sorte que dès qu’on s’écarte
de ces règles majeures qui nous gèrent et doivent nous gérer aujourd’hui, qu’on puisse tout de suite
avoir le couperet, la punition qui va avec. Il y a aussi que la société devient lâche et dans cette
l’acheté, elle ne soumet plus l’individu social à un contrôle social. Hier, il y avait des mécanismes,
des institutions qui nous obligeaient à ne pas nous comporter comme on voulait. Aujourd’hui, ces
mécanismes et les acteurs qui doivent les animer n’existent plus en leur forme et en leur puissance.
Cela crée une sorte de vide dans lequel ce que vous appelez la perte ou l’absence de valeur, que je
ne qualifie pas comme tel mais comme faiblesse de valeur, va loger
[…]
Si nous considérons qu’actuellement, nous sommes dans le creux, nous trouverons en nous-
mêmes des éléments pour rebondir. C’est pourquoi on dit qu’en tout temps, les sociétés sont comme
en transition. Nous sommes en train aujourd’hui de négocier de nouvelles valeurs en fonction des
réalités qui sont les nôtres. Ces réalités ayant évolué dans le temps, nous ne pouvons plus vivre avec
les valeurs d’hier. Nous sommes en transition donc et d’ici à là, nous aurons de nouvelles valeurs.
Par exemple, c’est un problème aujourd’hui de voir un prêtre en train de travailler ou qui a une
boutique. Mais je vous dis que dans 50 ans, ça ne choquerait plus personne que juste descendu de
l’autel, le prêtre puisse se mettre à ouvrir sa boutique afin de pouvoir vivre.
[…]
Hier, les sociétés qui aujourd’hui connaissent un individualisme poussé étaient aussi
solidaires les uns des autres. Aujourd’hui, elles n’ont plus cette forme de solidarité. Cela s’est
transformé en un autre type de solidarité. Nous aurons le même phénomène ici au Bénin. On ne
peut pas en 2014 espérer des formes de solidarité qui ont fonctionné en 1900 ou 2014, espérer des
formes de solidarité qui ont fonctionné en 1900 ou en 1800. Mais on aura des formes de solidarité
qui fonctionneront avec la société de 2014. Et je signale que les solidarités sont mécaniques ou
organiques. Plus on vient en ville, moins la solidarité fonctionne. Au village, c’est la proximité.
Alors, on est plus solidaire. En ville, nous sommes plus nombreux et puisqu’il y a plus de
modernité, c’est le chacun pour soi. Mais à l’intérieur de ce chacun pour soi, il y a aussi une forme
de solidarité parce que l’homme est un être éminemment social et ne peut pas ne pas vivre face à
l’autre et avec l’autre.
Dodji AMOUZOUNVI, in‘’La Gazette du Golfe’’
N°1575 du 08 au 14 aoùut 2016, p.4
A – Compréhension du texte
1 – Expliquez les mots et expressions soulignés dans le texte.
-Valeurs à connotation universelle ;
- Contrôle social ;
- Les sociétés sont comme en transition ;
- Solidarité.
2 – Identifiez les valeurs universelles qui régissent les comportements des gens, évoqués dans le
texte.
3 – Caractérisez la solidarité au village puis en ville.
4 – Pourquoi la solidarité n’est pas la même au village qu’en ville ?
5 – Donnez l’idée générale qui se dégage du texte.
B – Maîtrise des connaissances
1 – Énumérez les objectifs de la politique monétaire spécifiques aux pays de l’UEMOA.
2 – Quel est le rôle du marché dans les économies libérales ?
3 – Citez les stratégies d’industrialisation qui existent.
4 – Définissez : Régime économique, lien social, progrès technique, exclusion sociale.
C – Mini – Dissertation
La solidarité africaine traditionnelle était très appréciée dans le monde, mais aujourd’hui, elle a
beaucoup évolué.
Analysez les raisons et les conséquences de cette évolution.
Sujet N°2
Parlant de la régulation économique par le marché, Denis Clerc affirme :
« Sans organisation, sans règles, sans normes, le marché ne peut fonctionner correctement.
Commentez cette affirmation.
Fin