10
Rôle de la fondation :
• Assure la continuité des dalles au droit des joints;
• Contribue à la répartition des charges appliquées;
• Sert de protection contre le gel du sol support;
• S'oppose à la remontée des fines par pompage au droit des joints;
• Offre une surface stable pour l'exécution des travaux de pose du revêtement.
Rôle de la sous-fondation:
• La couche de sous-fondation n'est pas nécessaire au point de vue structural dans
le cas des chaussées rigides toutefois une sous-couche drainante ou
anticontaminante peut être souhaitable, dans certains cas, entre l'infrastructure et
la fondation.
1.3 Méthodes de dimensionnement des chaussées
Le sol naturel ne peut supporter un trafic sans subir de déformations importantes. Pour
rendre admissibles les contraintes au niveau du sol, celui-ci doit être surmonté d'un
corps de chaussée. Le dimensionnement structural précise donc les épaisseurs requises et
la nature des différentes couches afin de s'assurer que, pendant toute la durée de service
de 1'ouvrage, la chaussée ne présente pas de déformations préjudiciables en terme de
confort et de sécurité.
La conception structurale des chaussées consiste à concevoir une chaussée qui, à la fin
d'une période donnée, présentera une qualité de service choisie, compte tenu d'un
niveau de risque préétabli.
Les méthodes de dimensionnement des chaussées ont progressé par étapes, on peut
distinguer aux moins trois approches très différentes du dimensionnement des chaussées.
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On retrouve 1' approche qui relève de 1' expérimentation, celle qui relève de 1'empirisme
et celle qui relève de la théorie. Ces approches peuvent être classées comme suit :
1.3.1 Les méthodes expérimentales
Cette méthode est basée sur des sections standards, elle consiste à reproduire des designs
qui ont présentés un bon comportement. Il s'agit d'établir des épaisseurs de couches
normalisées selon différentes conditions de design dans 1' espérance que ces sections
puissent de nouveau présentées un bon comportement. L'inconvénient majeur de cette
technique concerne l'extrapolation des expériences antérieures aux conditions futures
comme : 1' accroissement du trafic, les nouveaux matériaux et les nouvelles méthodes de
construction.
1.3.2 Les méthodes empiriques
Ces méthodes se basent sur l'observation du comportement de chaussées expérimentales
ou réelles, elles se fondent généralement sur une approche statistique de régression
multiple et visent à établir des relations de causes à effets sans requérir toutefois, la
parfaite compréhension des principes physiques impliqués. On peut établir par exemple
des relations entre la durée de vie d'une chaussée et les épaisseurs des couches des
différentes structures ainsi que les propriétés mécaniques des matériaux, c'est à ce
schéma que correspond les essais AASHO « American Association of State Highway
Officiais» réalisés de 1957 à 1961.
Les relations obtenues par l'analyse statistique ne s'appliquent qu'aux conditions de
l'expérimentation (matériaux, environnement, sols support, etc.) mais la généralisation
et les extrapolations sont hasardeuses.
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1.3.3 Les méthodes théoriques
Les méthodes théoriques dites mécanistes se basent sur l'analyse théorique des
contraintes engendrées dans la chaussée par les charges, sur les propriétés mécaniques
des matériaux, sur des modèles expérimentaux du comportement rhéologique des
matériaux soumis à des charges répétées et enfin, à divers facteurs d'environnement.
1.4 Mécanique des chaussées
La mécanique des chaussées est une branche particulière de la mécanique des milieux
continus, c'est un domaine qui est limité à la compréhension du fonctionnement des
divers types de structures de chaussées. Ce domaine consiste à évaluer le niveau de
sollicitation que subissent les matériaux de chaussées et le sol support sous 1' effet du
trafic; cela se fait à l'aide de modèles mathématiques. Le modèle mathématique a pour
but de déterminer les contraintes, les déformations dans les matériaux de chaussées et le
sol support résultant du passage en surface d'une charge roulante. Il doit reproduire le
plus près possible le fonctionnement mécanique de la structure.
Les modèles de la mécanique des chaussées ont évolué dans le temps; cette évolution
était rendue nécessaire par suite aux différentes évolutions des structures des chaussées
et la généralisation de l'emploi des calculateurs numériques.
Plusieurs modèles de type analytique ont été développés. Ceux qui ont été couramment
utilisés pour l'analyse du fonctionnement et le dimensionnement des chaussées souples
et rigides sont : le modèle monocouche de Boussinesq (1885), les modèles bicouche de
Westergaard (1926) et de Hogg (1938) et le modèle multicouche de Burmister (1943).
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1.4.1 Les modèles de la mécanique des chaussées
[Link] Modèle de Boussinesq
Boussinesq, en 1885 (Peyronne et al, 1991 ), a trouvé la distribution des contraintes et
des déformations dans un massif élastique, homogène, semi-indéfini (hypothèse dite de
Boussinesq), chargé en surface par une force concentrée ou des pressions réparties. Si
cette force est uniformément répartie sur un cercle de rayon a (figure 2), on a pour les
points de l'axe de révolution:
! 1
1' z.
i_j
E
v
Figure 2 Contrainte sous une charge axisymétrique (Huang, 1993)
z'
cr - q 1- ----:-------:---- ] (1.1)
z- [ (a'+z')' 12
cr = .9.[ 1+ 2v _ 2(1 + v)z + z' ] (1.2)
' 2 (a' + z' )' 12 (a' + z' )"'
w = --'2(,__1-_v_'..:....)q,__a (1.3)
E
Avec : W = la déflexion verticale au centre du cercle chargé.
Ces formules ont servi de point de départ pour le calcul de 1' épaisseur des chaussées
souples moyennant les hypothèses suivantes :
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• cr, est choisi comme critère de qualité du sol, le sol est supposé élastique et ne
peut supporter, sans se déformer exagérément, qu'une contrainte verticale (cr,)•• ;
• z est 1'épaisseur de la chaussée.
[Link] Les modèles bicouche
L'étude du problème des chaussées munies de revêtements ne peut pas se faire
seulement à l'aide du simple modèle de Boussinesq, du fait que ces revêtements, sous le
passage des charges roulantes, contribuent à épanouir les pressions. Cet apport structural
n'est pas négligeable. L'utilisation d'un modèle bicouche est nécessaire.
[Link].1 Le modèle de Westergaard
Dès 1926, Westergaard a montré qu'on peut résoudre le cas d'un bicouche moyennant
les hypothèses suivantes (Peyronne et al, 1991) :
• La chaussée est modélisée par une plaque mince (hypothèse des déformations
planes);
• La dalle repose sur un massif homogène; l'interaction entre la dalle et le support
est représentée par la proportionnalité entre la déflexion verticale du support et sa
réaction verticale (notion de module de réaction). Le sol support est assimilé à un
ensemble de ressorts dont le déplacement vertical en un point (w) est
proportionnel à la pression verticale p en ce point. Cela revient à admettre que la
dalle peut librement glisser sur le support. Cette hypothèse, dite de Westergaard,
s'écrit:
p=kxw (1.4)
Avec : p = contrainte verticale sur le sol
w = déplacement vertical de la plaque
k = coefficient de proportionnalité est appelé module de réaction.
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Le modèle de calcul adopté peut être schématisé à la figure 3
2a
.. )lo
Plaque mince (E,v)
H
Figure 3 Schéma du modèle de Westergaard
En se basant sur la théorie des plaques, ce modèle est simple à mettre en équation. On
détermine tout d'abord l'expression de la déflexion sous l'effet d'une charge, à partir de
laquelle on en déduit les moments de flexion et les contraintes, par les formules usuelles
des plaques.
Si P désigne la charge appliquée et a le rayon de chargement, la contrainte de traction à
la base de la chaussée peut être mise sous la forme :
cr
r
=~x
H'
F(_!_)
a
(1.5)
Avec:
.{D E·H'
= Vk = 12(1-v')k
1 4
F est une fonction croissante de 1, 1est appelé rayon de rigidité de la chaussée.
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[Link].2 Modèle de Hogg
Le modèle de Hogg est une suite du modèle de Boussinesq (Jeuffroy, 1991). Dès 1938
Hogg avait étudié le problème de la plaque appuyée sur un milieu du type Boussinesq
(milieu élastique, homogène et isotrope, semi-indéfini). Le modèle de Hogg est
schématisé sur la figure 4, dans laquelle, la plaque simule le comportement rhéologique
de la chaussée et le massif simule le comportement du sol.
2a
.. ~
H Plaque (E,,v ,)
Massif type Boussinesq (E2,v 2)
Figure 4 Schéma du modèle de Hogg
Comme dans le cas du modèle de Westergaard, on détermine les moments fléchissants
de la plaque ainsi que les contraintes de traction à partir des déplacements verticaux w.
La contrainte de traction à la base de la chaussée peut être mise sous la forme :
cr
r H2
1
= _2_ +v q a 2 x
2 o
F(s!i.J
E2 a'
(1.6)
[Link] Modèle multicouche de Burmister
Les modèles précités se limitent à une chaussée bicouche et ne permettent pas de traiter
une structure traditionnelle représentée par une chaussée tricouche constituée du sol
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support d'une fondation et d'une sous-fondation ou encore le cas de rechargement d'une
structure existante, d'où la nécessité de recourir à des modèles multicouches qui
facilitent énormément la schématisation des structures de chaussées.
En 1943, Burmister a envisagé le problème d'un bicouche, constitué par une dalle
d'épaisseur finie reposant sur un solide élastique semi-infini (L'Herminier, 1967). Dans
ce modèle, la couche supérieure est un solide élastique et non une plaque mince. V ers
1945 (Huang, 1967), Burmister a étendu cette théorie pour un système à trois couches.
Avec l'avènement des ordinateurs (Huang, 1993), cette théorie peut être appliquée pour
un système multicouche composé de n'importe quel nombre de couches.
La figure 5 schématise le problème général à n couches, la résolution de ce système a été
développée moyennant l'adoption des hypothèses suivantes (Huang, 1993):
1. Toutes les couches sont traitées comme des solides homogènes, isotropes et
d'élasticités linéaires avec un module d'Young (E) et un coefficient de poisson
(J.t).
2. Les matériaux sont non pesants et les couches sont infinies en plan.
3. Chaque couche a une épaisseur finie saufla dernière couche dont l'épaisseur est
infinie.
4. Une pression uniforme q appliquée sur la surface du système à travers une plaque
circulaire de rayon a.
5. Les conditions de continuité sont satisfaites aux interfaces des couches qm
peuvent être au choix collées ou décollées.
Le cas de charges multiples correspondant aux roues jumelées, aux essieux tandem ou
tridem, aux remorques peut être traité en additionnant les effets de charges élémentaires.
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Interface 1
.
A;
.
B;
- - - - - - - - - 1 - - - - - - - - - - - Interface 2
- - - - - - - - - - j f - - - - - - - - - - Interface n- 1
h,. = co, E,., f.J.n
Figure 5 Modèle de Burmister pour un système multicouche élastique
(Yoder et Witczak, 1975)
Une solution classique de 1' équilibre des milieux homogènes, isotrope et élastique,
soumis à des charges de révolution axisymétrique se réduit à la recherche de fonctions
de tension (ou de Love) <P qui satisfont 1'équation différentielle suivante (Huang, 1993):
v•4> = o (1.7)
Pour un système dont la distribution des contraintes est symétrique par rapport à 1' axe de
chargement, l'opérateurv• est égal à:
Les équations de 1' équilibre élastique sont satisfaites par les équations suivantes :
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a[ a'~ J
' =-
az (2-J.l)V'~--
cr (1.8)
az'
a [ , a'~ J
' =-
(1.9)
cr
az [Link] ~--
ar'
Contraintes cr 1 =~[!lv'~-
az a~]
2rar (1.10)
' =- a'~ J
a [(1-j.l)V ,<1>-- (1.11)
" ar az'
Déplacement radial (1.12)
Déplacement vertical (1.13)
Pour une structure composée de n couches, on recherche n fonctions définies, dans
chacune des couches i par v·~. = 0 et par les conditions à la limite (conditions de
raccordement au contact des diverses couches de la chaussée).
La fonction de tension pour la couche i qui vérifie l'équation v·~. = 0 est de la forme
suivante:
(1.14)
Avec: p = r/H
"A = z/H
H = la distance entre la surface et l'interface supérieure de la dernière
couche
J 0(mp) =la fonction de Bessel de première espèce d'indice zéro
r =distance radiale
z = profondeur du point de mesure
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