Je me souviens très bien de ma première lecture de L’Art subtil de séduire.
C’était en
2011, il n’était disponible qu’en anglais, et j’étais sur une plage des Sables d’Olonne
avec ma petite liseuse en noir et blanc. Dès que j’ai commencé les premières pages, je
n’ai pas vu l’après-midi passer, tant les réflexions et les moments de « ah… je n’avais
jamais vu les choses comme ça… » se sont bousculés dans ma tête. De manière
générale, en tant qu’entrepreneur, je passe beaucoup de temps à lire tout un tas de
livres sur tout un tas de sujet. En effet, au tout début de BonneGueule, notre marque de
vêtements, je n’étais qu’un simple passionné du vêtement, et j’ai dû me faire une
formation complète sur le management, le marketing, etc., grâce à des mentors et à
des lectures. C’est donc logiquement qu’on me demande tout le temps quels sont les
livres et les auteurs que je recommande. À cette question, Mark Manson, que j’ai
découvert il y a une dizaine d’années, occupe une place bien à part. J’apprécie
beaucoup que certains lecteurs de BonneGueule me disent avec honnêteté et courage
qu’ils veulent mieux s’habiller pour donner un petit coup de pouce à leur vie
amoureuse. (Et ils ont raison : Mark a même écrit un chapitre sur l’importance des
vêtements dans ce livre.) Et ces lecteurs me demandent souvent si, avec tous les livres
que j’ai pu lire, j’en connais un ou deux dans le domaine de la séduction. Et à chaque
fois, je leur réponds qu’il ne faut rien lire d’autres que L’Art subtil de séduire. Eh oui, ce
livre est l’un des très rares guides sur la séduction que je recommande, tant son
message est profond. 8 L’art subtil de séduire Et son application va bien au-delà de la
séduction. Enfin un livre de séduction qui parle de santé émotionnelle, de capacité à
accepter l’intimité, ou de la puissance de la vulnérabilité. Les parallèles entre la vision
de la séduction de Mark et la vision du style masculin chez
BonneGueule sont tellement nombreux… C’est ce qui m’a vraiment frappé dès la
première lecture. Par exemple, le livre commence en exposant le concept de
dépendance affective. Si on imagine aisément combien la dépendance affective est un
terrible tue-l’amour en séduction, on s’imagine moins à quel point ses implications
sont insidieuses dans notre rapport au vêtement. Parce qu’un homme qui s’habille
uniquement dans le but de plaire aux autres, ça se voit à des kilomètres, et je pense que
les lectrices de ce livre confirmeront mon intuition. Il y a une phrase de Mark qui m’a
particulièrement marquée : « L’homme dépendant donne la priorité à l’image qu’il
renvoie plutôt qu’à lui-même. » Certains hommes sont bien trop soucieux de ce qu’on
va penser de leur tenue plutôt qu’à l’importance d’incarner leur style personnel, leurs
goûts, bref, leur univers. Certains, au moment de sortir le soir, se demandent ainsi :
« Quels vêtements vais-je porter pour que les autres me perçoivent comme étant
séduisant ? » plutôt que « Bon, j’ai envie de porter quoi ce soir ? ». Je sais, porter des
vêtements que l’on aime, cela paraît évident, et pourtant, je vous assure que pour une
personne dépendante, c’est une autre paire de manches. Je vous garantis aussi qu’on
est bien plus sujet à la dépendance affective qu’on le pense. Attention cependant,
Mark apporte régulièrement de la nuance à ses propos, et je vais en faire de même :
lorsqu’on apprend un nouveau domaine, que ce soit la cuisine ou Préface de Benoît
Wojtenka 9 le vêtement, on doit d’abord se nourrir du feed-back des uns et des autres,
sinon, on n’a aucune idée de ce qu’on fait. Mais il vient un moment où il faut
transcender cette dépendance aux feed-backs pour commencer à cultiver enfin un
style unique. Peut-être que vous vous dites : « OK, mais si la chemise que je porte me
correspond mais ne plaît pas aux femmes que je veux séduire ? » La réponse, vous la
trouverez dans le chapitre sur la dépendance, et je ne vais pas vous gâcher le plaisir de
la découverte ! (Juste un petit spoil : le monde ne s’arrêtera pas de tourner pour une
chemise.) De manière beaucoup plus pragmatique, sachez que si vous ne parvenez
pas à cesser d’être dépendant du regard des autres, vous ne serez jamais à l’aise dans
vos vêtements. Car c’est une course qu’on ne peut pas gagner. Il y aura toujours une
personne qui trouvera que le col de votre chemise est un peu trop grand/ petit, ou que
votre tee-shirt est un peu trop décontracté. Bref, la seule chose à faire, c’est
d’apprendre les bases du style pour homme, et faire une introspection personnelle
pour connaître ses goûts. Et si certaines personnes n’aiment pas votre jean en toile
japonaise, eh bien tant pis. Vous n’aurez qu’à relire le chapitre sur la valeur de la
souffrance ! L’autre grande révélation de ce livre pour moi fut le concept de
vulnérabilité. Et là aussi, le parallèle avec le vêtement est frappant. Lorsque Mark parle
de vulnérabilité, il n’en parle pas comme d’un défaut, d’une quelconque fragilité à
corriger, mais plutôt comme le courage de montrer ses émotions et ses faiblesses.
C’est la même définition que celle de Brené Brown, cette chercheuse spécialisée dans
la vulnérabilité, dont Mark recommande d’ailleurs le livre. Et quand on me demande
conseil sur une pièce un peu forte, un peu audacieuse, j’ai toujours ce chapitre sur la
vulnérabilité en tête. Car oser porter une « pièce forte », c’est avoir