1
INTRODUCTION GENERALE
L’énergie électrique est produite en transformant d’autres formes d’énergie à savoir :
mécanique, hydraulique, thermique, nucléaire, éolienne, solaire…etc. Cette production prend
lieu dans des centrales de génération électrique, qui sont, généralement situés dans des
régions éloignées des grands centres de consommation. L’électricité ainsi produite est
amenée près des centres de consommation industriels, au moyen de réseaux électriques, ou
elle sera distribuée.
Les réseaux électriques représentent des investissements considérables consentis par les
compagnies d’électricité pour alimenter leurs clients aux meilleures conditions de coût et de
qualité de service.
Des dispositions sont prises afin qu’un incident ou une avarie sur une unité de
production ou une ligne de transport n’entraîne en général pas de répercussion au niveau des
utilisateurs.
Tout défaut doit donc être identifié immédiatement et l’ouvrage affecté séparé du
réseau sans délai, c’est l’objet de la protection des réseaux.
On définit la protection comme des dispositions destinées à permettre la détection des
défauts et des situations anormales dans un réseau afin de commander le déclenchement d’un
ou plusieurs disjoncteurs et, si nécessaire, d’élaborer d’autres ordres ou signalisations.
Notre objectif est d’ameliorer la protection d’un réseau de distribution MT. Pour ce faire, on
a subdivisé notre travail en quatre chapitres comme suite :
Le premier chapitre traite des généralités sur les réseaux électriques
La protection d’un réseau moyenne tension(MT)
Chapitre I Généralités sur les réseaux
électriques
I.1. Introduction
On appelle réseau électrique, l’ensemble des infrastructures permettant d’acheminer
l’énergie électrique des centres de productions vers les consommateurs d’électricité.
Le réseau est constitué de lignes électriques exploitées à différents niveaux de
tensions, connectées entre elles dans des postes électriques, qui permettent de répartir
l’électricité et de la faire passer d’une tension à l’autre grâce aux transformateurs.
Un réseau électrique doit aussi assurer la gestion dynamique de l’ensemble
production-transport-consommation, mettant en œuvre des reglages ayant pour but
d’assurer la stabilité de l’ensemble.
I.2.1. Réseau de transport
La fonction de ces réseaux est de collecter la puissance produite par les centrales importantes
et de l’acheminer vers les zones de consommation.
I.1.3. Réseau d’interconnexion
Les réseaux d’interconnexion assurent la liaison entre les centres de production et
permettent des échanges d’énergie entre différentes régions et même avec les autres
pays voisins.
I.2.2. Réseau de répartition
Les réseaux de répartitions sont à haute tension jouent le rôle d’intermédiaire entre
les réseaux de transport et les réseaux de distribution
L’énergie est injectée essentiellement par le réseau de transport via des
transformateurs, mais également par des centrales électriques de moyenne tension
Ces réseaux alimentent un grand nombre d’utilisateurs, soit directement pour des
puissances allant jusqu'à quelques MW, soit après transformation en basse tension
I.3. Structures topologiques des réseaux électriques
Les réseaux électriques peuvent être organisés selon plusieurs types de structures,
chaque type possède des spécifiés et des modes d’exploitation très différents. On utilise
la structure maillé : c’est le réseau de transport. Dans les niveaux de tension inférieure,
la structure bouclée est utilisée en parallèle de la structure maillée : c’est le réseau de
répartition. Enfin, pour les plus bas niveaux de tension, la structure arborescente est
quasiment exclusivement utilisée : c’est le réseau de distribution.
I.3.1. Réseaux maillés
Les réseaux maillés sont exploités bouclées, les postes électriques sont reliés entre
eux par de nombreuses lignes électriques apportant une grande sécurité d’alimentation.
I-3-2 Réseaux bouclés
C’est un réseau maillé simplifié, présentant un certain nombre de boucles
fermées. Chacune de ces boucles contient un nombre limité de sources. L’énergie donc
peut transiter par des chemins différents, ainsi la mise hors tension accidentelle d’un
tronçon n’entraîne pas de surcharges inadmissibles pour les autres tronçons.
Les réseaux bouclés sont généralement utilisés pour les réseaux de répartition.
I-3-3 Réseaux radiaux
Les réseaux radiaux sont exploités débouclés, et la sécurité d’alimentation, bien
qu’inférieure à celle de la structure maillée, reste élevée.
On rencontre deux types principaux de structures :
En coupure d’artère : typique des réseaux souterrains, ces réseaux sont conçus pour
un éventuel fonctionnement en bouclé.
A structure arborescente, typique des réseaux ruraux aériens, ces réseaux
comportent des points de bouclage pour assurer un secours par moyenne tension.
C) Exemple de structure radiale.
A) Exemple de structure maillée.
B) Exemple de structure bouclée. D) Exemple de structure arborescente.
I.4 Réseau moyenne tension [3]
Les réseaux moyens tension sont généralement exploités en antenne :
En structure radiale pour les réseaux souterrains.
En structure arborescente pour les réseaux aériens.
Ils sont toujours issus de source triphasée et se caractérise comme indiqué ci-après :
I.4.1. Réseaux moyenne tension aérienne (M T A) :
La structure du réseau MT aérien est arborescente à deux ordres de lignes : dorsale et
dérivation.
Des sous dérivations peuvent être utilisés pour alimenter des charges isolées ou pour
regrouper sous un même interrupteur à commande manuelle un ensemble de postes
MT/BT.
Cette structure destinée à desservir des zones à faible densité de charge est
exploitée en radial. D’une façon générale le bouclage entre réseaux voisins ne doit pas
être recherché sauf pour des contraintes d’exploitation justifiées.
Les réseaux MTA est à neutre non distribué, celui-ci est mis à la terre au niveau
des postes sources à travers une résistance limitant le courant de défaut à 300A des
interrupteurs automatiques seront installés à l’endroit de dérivation pour permettre
l’élimination de la dérivation en défaut. Leur installation se fera suivant l’importance, la
probabilité d’incident sur la dérivation.
La nature et les sections des conducteurs à utiliser sont données dans le tableau ci-
dessous :
Lignes Nature Sections Limite
(mm²) thermique (1)
(A)
Alliage AL 270
Dorsale 93.3
Dérivation Alliage AL 34.4 140
Tableau I-1 : Nature et section des conducteurs
I-4-2 Structure des réseaux MT souterrains (MTS )
Leurs structures est à un seul ordre de ligne, la dorsale exploitée en radiale permettant
la prise éventuelle en cas d’incident (charge coupée et durée d’interruption plus élevée qu’en
réseau aérien).le réseau souterrain est à neutre non distribué, celui-ci étant mis à la terre au
niveau des postes sources à travers une bobine de point neutre limitant ainsi le courant de
défaut à 1000A.
La nature et la section des conducteurs à utiliser sont données le tableau ci-dessous
Réseau Conducteur Sections Limite
(KV) (mm²) thermique (1)
(A)
300
Cuivre 120
10
Aluminium 180
Cuivre 70 230
30
Tableau I-2 : Nature et section des conducteurs
(1) valeurs pour câble tripolaire individuel à champ radial directement enterré dans les
conditions suivantes :
Température du sol 20° C
Température des conducteurs :
Résistance thermique du sol 100° C/W cm ;
câble en papier huile
75° C
Câbles en caoutchouc
90° C
L’utilisation d’un deuxième câble de secours n’est pas justifiée même en cas
d’incident affectant simultanément les deux câbles. Le gain en énergie non distribuée qu’il
procure est minime par rapport au coût d’un deuxième câble de secours.
c. Structure en épi
Où chaque câble de distribution est rabattu à son extrémité au câble de secours. Le
point de connexion est en général un poste de distribution publique alimenté soit par le
câble de distribution, soit par un câble de secours. Cette structure permet une meilleure
utilisation des câbles par rapport aux deux structures précédentes.
d. Structure en fuseau
Elle est considérée comme l’aboutissement de l’évolution de la structure en épi pour
laquelle, tous les câbles de distribution aboutissent à un point unique qui permet de secourir
chacun de ses derniers et contribuer à une reprise rapide du service par la diminution des
durées d’interruption. Elle s’intègre bien dans les réseaux existant et permet une pose
progressive des câbles, en particulier celle des câbles de secours.
I.4.3 Structures utilisables en réseaux souterrains
a. Structure maillée
Elle permet la réalimentation en cas d’indisponibilité d’un tronçon ou d’un poste
MT/BT, l’élimination de l’élément défectueux, mais présente l’inconvénient de n’utiliser les
câbles que partiellement par rapport à leur capacité. Elle exige de plus un point commun par
paire de câble et demande une surveillance continue du réseau en fonction de
l’accroissement de la charge. Cette structure est à abandonner compte tenu de ces
inconvénients.
b. Structure à artère source à source
Les câbles sont issus de deux sources distinctes. Cette structure est cependant utilisée
dans le cas des postes HT/MT ou la puissance ne peut être garantie. Cette solution limite la
charge à la moitié de la capacité des câbles de distribution. Le secours dans cette structure est
assuré par les câbles contigus durant leur première exploitation.
Cette structure peut ce développer dès que la charge croit vers un cas particulier de la
structure fuseau avec un câble de secours et une liaison par un câble entre les différents
points d’ouverture. Ce câble est installé pour éviter la limitation des courants à des seuils très
I.6. Généralités sur les postes de transformation
I.6.1 Définition
Un poste électrique est un élément du réseau électrique servant à la fois à la
transmission et la distribution d’électricité. Il permet d’élever la tension électrique pour sa
transmission, puis de la redescendre en vue de sa consommation par les utilisateurs. Les
postes électriques se trouvent donc aux extrémités des lignes de transmission ou de
distribution.
Les postes électriques ont trois fonctions principales :
Le raccordement d’un tiers au réseau électrique.
L’interconnexion entre les différentes lignes électriques.
La transformation de l’énergie en différents niveaux de tension.
I.6.2. Différentes types de postes électriques
Il existe plusieurs types de postes :
Postes d’interconnexion : le but est d’interconnecter plusieurs lignes électriques.
Postes élévateurs : le but est de monter le niveau de tension, à l’aide d’un
transformateur.
Postes de distribution : le but est d’abaisser le niveau de tension pour distribuer
L’énergie électrique aux clients résidentiels ou industrie.
I.6.3. Les différents emplacements d’un poste électrique
4inférieurs aux capacités thermiques des conducteurs
Le transformateur peut lui aussi être alimenté par l’un ou l’autre des jeux de barres.
Ces postes sont caractérisés par :
La simplicité, la facilité qu’ils procurent à la disposition du matériel électrique
;
L’entraînement en général du moindre frais de premier établissement que les
postes intérieurs puisque l’on fait l’économie du bâtiment
Il occupent plus d’espace vue qu’il est nécessaire d’augmenter les écartements
entre les éléments constitutifs qui devraient être prévu plus largement
puisqu’ils sont exposés qux effets adverses des intempéries ;
Le montage la surveillance et l’entretien seront parfois un peu plus difficiles.
;
Fig. I-1 : Exemple de poste de transformation en plein air
1 et 2- jeux et barres
3 et 4- Sectionneurs
5- Disjoncteur
6- Transformateur
7- Sectionneurs de ligne
a- Postes de transformation HT/MT
Le poste de transformation HT/MT est le point d’alimentation d’un réseau MT par un
réseau HT Il comprend essentiellement une ou plusieurs arrivées HT, un ou plusieurs
transformateurs et plusieurs départs MT regroupés par rame.
L’aspect des postes électriques varie fortement suivant leurs fonctions. Les postes
peuvent être en surface à l’intérieur d’une enceinte, souterrains, dans des bâtiments.
I.6.3.1. Poste de transformation en plein air
Ce type de poste est représenté sur la figure I-1. Les fils de lignes (dont un seul est
représenté) sont arrêtés à la charpente du poste par des chaînes d’isolatrice et connecté à
l’appareillage par l’intermédiaire du sectionneur de ligne auquel fait suite le réducteur
combiné d’intensité et tension, le disjoncteur, enfin les deux sectionneurs permettent de
brancher la ligne sur les barres
I.6.3.2. Poste de transformation en cabine
Ces postes alimentent les réseaux basse tension urbains, ils ont en générale une
puissance de quelque centaines de KVA. Les cabines doivent être en matériaux
incombustibles.
a- Poste de transformation en cabine haute
Les postes en cabines hautes sont utilisés normalement pour des transformateurs de
puissance 160 ou 250 KVA, lorsqu’il est possible d’arriver en ligne aérienne MT jusqu’à
l’emplacement choisi. Ce type de poste peut être également retenu pour des puissances de
transformateurs inférieurs à160 KVA.
Lorsqu’il est nécessaire de raccorder un poste à proximité immédiate d’une ligne
principal et que l’utilisation d’un poste simplifié n’est pas possible
Lorsqu’une augmentation de puissance est prévisible à courte échéance.
L’alimentation en antenne est plus répondue pour ce type de poste et peut être alimentée
éventuellement en coupure d’artère
I.6.4 Choix d’un poste de transformation
Les critères de choix d’un poste de transformation sont les suivants :
L’emplacement et l’implantation du poste ;
Le poids et la puissance admissible du transformateur à utiliser ;
Les dimensions du poste.
I.6.5. Les éléments constitutifs d’un poste de transformation
I.6.5.1 Transformateur électrique
Les autotransformateurs qui n’ont pas d’isolement entre le primaire et
le secondaire. Ils ont un rapport de transformation fixe quand ils sont
en service mais qui peut être chargé si l’autotransformateur est mis
hors service.
Les transformateurs avec régulateurs en charge sont capables de
changer leur rapport de transformation quand ils sont en service. Ils
sont utilisés pour maintenir une tension constante au secondaire (la
tension la plus basse) et jouent un rôle important dans le maintien de
la tension. Un transformateur de courant est un transformateur
de mesure dans lequel le courant secondaire est, dans les conditions
normales d’emploi, pratiquement proportionnelle au courant primaire
et déphasé par rapport à celui-ci d’un angle approximativement nul
pour un sens approprié des connexions.
C’est un appareil utilisé pour la mesure de forts courants électriques. Il sert à faire
l’adaptation entre le courant élevé circulant dans un circuit électrique (jusqu’à quelques
milliers d’ampères) et l’instrument de mesure (ampèremètre ou wattmètre par exp.) ou le
relais de protection, qui eux sont prévus pour mesurer les courants de l’ordre de l’ampère.
b- Transformateur de tension
Transformateur de mesure dans lequel la tension secondaire est, dans les conditions
normales d’emploi, pratiquement proportionnelle à la tension primaire et déphasée par
rapport à celui-ci d’un angle voisin de zéro, pour un sens approprié des connexions.
Il s’agit donc d’un appareil utilisé pour la mesure de fortes tensions électriques, il sert à
faire l’adaptation entre la tension élevée d’un réseau électrique (jusqu’à quelques centaines
de Kilovolts) et l’appareil de mesure (voltmètre ou wattmètre) ou relais de protection qui eux
sont prévus pour des tensions de l’ordre de centaines de volts
I-6-5-3 Les jeux de barres
Les jeux de barres sont des rectangles de cuivre ou d’aluminium sur lesquels sont
branchées les lignes soit de départ, soit d’arrivée. Ils servent au raccordement de toutes les
lignes et de tous les tronçons. Le nombre de jeux de barres est défini par le schéma électrique
du poste. Un poste peut comporter jusqu’à trois jeux de barres par niveaux de tension.
I-6-5-4 Les dispositifs de protection
C’est l’ensemble relais, sectionneurs et fusibles destiné à détecter la présence de
défauts et d’isoler l’installation affectée.
I-6-5-5 Les services auxiliaires
L’exploitation d’un poste HT/MT nécessite de disposer de source auxiliaires d’énergie
électrique à basse tension en vue d’assurer des fonctions diverses telles que commande,
signalisation, protection, force motrice éclairage, transmission, etc…
I-6-5-6-1 Différents services auxiliaires
Les transformateurs étant des matériels particulièrement coûteux, leurs protections sont
assurées par différents mécanismes redoutant
■ Services relatifs à l’alimentation des équipements de commande et de contrôle de
la partie BT du poste : équipement de protection et équipement d’automatisme.
■ Services relatifs à l’alimentation de l’appareillage du matériel MT ou HT : moteurs
des disjoncteurs, sectionneurs, transformateurs, circuit de chauffage du matériel extérieur,
circuit et matériel d’alimentation en air comprimé et huile sous pression.
■ Service relatifs à l’alimentation des équipements annexes : station de compression
(moteur, commande, signalisation), force motrice, chauffage des locaux, éclairage des
installations intérieures et extérieures, équipements de télécommande.
I-6-5-6-2 Alimentation des services auxiliaires
Les services auxiliaires ne le sont pas tous avec un égal degré de sécurité, c’est
pourquoi le mode d’alimentation diffère. En conséquence, les postes HT/MT doivent
comporter deux sources destinées à l’alimentation des services auxiliaires.
a- Source alternative 220 V et 380 V
Cette source est constituée par un ou deux transformateurs MT/BT.
b- Source continue 127 V et 48 V
La source 48V est destinée à l’alimentation des équipements de transmission
(téléalarme par exp). Les deux sources (127 V et 48 V) sont constituées par une batterie
d’accumulateur associée à un redresseur. Cette batterie doit pouvoir débiter le courant en cas
de défaillance de l’alimentation du poste.
I-6-5-6-3 Installation des sources des services auxiliaires
Les transformateurs des services auxiliaires sont installés auprès des transformateurs de
puissance, les autres équipements (batterie d’accumulateur, redresseur) sont placés dans un
bâtiment conçu à cet effet.
I-7 Conclusion
Ce premier chapitre a été consacré à l’étude des généralités sur les réseaux électriques
ou nous avons fait des rappels sur les différentes structures topologiques et les différents
éléments constitutifs des réseaux électriques (lignes aériennes, câbles souterraines et les
postes de transformations).
Vu l’objectif de notre travail, nous avons beaucoup insisté sur le réseau de distribution
MT et des éléments qui le forme, afin de faciliter la compréhension de la suite du travail.
Chapitre II protection d’un Réseau moyenne
tension
II-1 Introduction
Pour des raisons techniques et économiques évidentes, il n’est pas possible de
construire des réseaux exempts de défauts de fonctionnement, ils sont en particulier,
exposés aux agressions naturelles.
Les réseaux sont donc affectés de perturbations qui peuvent mettre en cause la
pérennité du matériel et la qualité de service rendu et dont il faut chercher à minimiser
les conséquences.
Tout défaut doit donc être identifié immédiatement et l’ouvrage affecté séparé du
réseau sans délai, c’est l’objet des protections des réseaux.
II-2 Généralités
II-2-1 Organisation d’un système de protection
II-2-1-1 Définition d’un système de protection
C’est le choix des éléments de protection et de la structure globale de l’ensemble, de
façon cohérente et adaptée au réseau.
Le système de protection se compose d’une chaîne constituée des éléments suivants :
■ Capteurs de mesure -courant et tension fournissant les informations de
mesure nécessaire à la détection des défauts.
■ Relais de protection, chargé de la surveillance permanente de l’état
électrique du réseau, jusqu’à l’élaboration des ordres d’élimination des parties
défectueuses et leur commande par le circuit de déclenchement.
■ Organes de coupure dans leur fonction d’élimination
Le système de protection se compose d’une chaîne constituée des éléments suivants :
■ Capteurs de mesure -courant et tension fournissant les informations de
mesure nécessaire à la détection des défauts.
■ Relais de protection, chargé de la surveillance permanente de l’état
électrique du réseau, jusqu’à l’élaboration des ordres d’élimination des parties
défectueuses et leur commande par le circuit de déclenchement.
■ Organes de coupure dans leur fonction d’élimination
de défaut : disjoncteurs, interrupteurs, fusibles.
II-2-1-2 Objectifs du système de protection
Compte tenu de la typologie des défauts affectant les réseaux moyenne tension
(court-circuit, coupure d’une phase, câble tombé à terre…) le système de protection MT
doit répondre aux objectifs suivants :
■ Préserver la sécurité des personnes et des biens (danger d’électrocution par
élévation de potentiel)
■ Eviter la destruction partielle ou totale des matériels de réseau par élévation
dangereuse des températures, incendie ou explosion dus à l’amorçage d’un arc entre
phases.
■ Assurer la continuité de fourniture en éliminant rapidement l’élément de
réseau défectueux.
II-2-1-3 Qualité d’un système de protection
On cherche dans tout système de protection à obtenir le meilleur compromis entre :
La sensibilité : qui est l’aptitude des protections à détecter les défauts très résistants, qui
peuvent mettre en péril la sécurité des tiers.
La rapidité : pour réduire les conséquences néfastes des courts-circuits du moins lorsque
ceux-ci ne sont pas des défauts auto extincteurs.
La fiabilité : qui est l’aptitude des protections à éviter les déclenchements intempestifs
(sécurité) et à assurer le bon fonctionnement en cas de défaut (sûreté).
La simplicité : pour faciliter les mises en ouvre et la maintenance.
La sélectivité : la sélectivité du plan de protection permet de faire fonctionner en priorité
l’organe qui est situé le plus prés en amont du défaut, ainsi la coupure d’alimentation est
limité à une zone minimale de réseau.
Les différentes techniques :
Pour assurer cette sélectivité dans un plan de protection MT cinq principes techniques
peuvent être utilisés :
■ La sélectivité ampérométrique : elle est assurée par les réglages en valeur de
courant des seuils de déclenchement.
■ La sélectivité différentielle : elle est assurée par un découplage du réseau
en zones indépendantes, et la détection dans chacune de ces zones d’une différence
entre la somme des courants sortants. Cette technique nécessite une filerie entre les
unités de protection situées aux différentes extrémités de la zone surveillée.
■ La sélectivité de distance : elle est assurée par un découplage du réseau en
zones, et les unités de protection par calcul de l’impédance « aval », peuvent
localiser dans quelle zone est situé le défaut.
■ La sélectivité chronométrique : elle est assurée par les réglages en de temps
des seuils de déclenchement.
■ La sélectivité logique : cette sélectivité est assurer par un ordre « d’attente
logique›› d’une durée limité, émis par la première unité de protection située juste
en amont du défaut et devant couper le circuit, vers les autres unités de protection
situées plus en amont. Elle permet d’augmenter les nombres d’étages de sélectivité
sans allonger les temps de déclenchement en amont .Des fils pilotes sont nécessaire
entre les unités de protections. * Certaines de ces exigences sont contradictoires,
telles la sélectivité et la rapidité, la sécurité et la sûreté. Donc il y a lieu de trouver un
compromis, tout en tenant compte des coûts des ouvrages à protéger et des enjeux de
qualité de service.
II-2-1-4 Organisation des protections
L’implantation des protections doit être conçue pour :
■ Eliminer les défauts en séparant l’élément défectueux par l’organe de
coupure aval (disjoncteur, fusible…) le plus proche.
■ Eliminer un défaut par une protection amont quand une protection ou un
organe de coupure aval sont défaillants.
■ Prévoir éventuellement des protections de secours (redondance des
protections).
■ Prévoir des protections spécifiques pour certains matériels :
transformateurs, tableaux MT, condensateurs…
■ Permettre la modification temporaire des fonctionnements (sensibilité,
rapidité,…etc.), pour effectuer certaines opérations d’exploitation : travaux sous
tension, mise en parallèle de transformateurs.
L’ensemble de ces dispositions est appelé : plan de protection.
Il doit permettre la réalisation des objectifs du système de protection (sécurité des biens et
des personnes, continuité de fourniture) au meilleur coût
. II-2-2 Définition d’un plan de protection
La définition d’un plan de protection doit tenir compte de la réglementation, de la
structure des réseaux à protéger et du choix du régime de neutre.
Les textes réglementaires définissent les dispositions à adapter pour protéger la
personne des dangers du courant électrique.
Les défauts doivent être éliminés dans des temps déterminés en fonction des
tensions de pas ou de contact.
■ On rappelle qu’au voisinage d’une prise de terre :
* La tension de pas : est la différence de potentiel entre deux points à la surface
du sol, séparés par une distance de un pas, que l’on assimile à 1m, dans la direction du
gradient de potentiel maximal.
* La tension de toucher (ou tension de contact) : est la différence de
potentiel entre une structure métallique mise à la terre et un point situé à la surface du sol à
une distance égale environ 1m.
II-2-2-2 Structure des réseaux à protéger
La structure des réseaux MT agit sur trois paramètres importants :
■ La typologie des défauts qui est différente en réseau aérien (95 % de défauts
fugitifs et semi- permanents) et en réseau souterrain (100 % de défauts permanents).
■ Les risques pour les tiers (câbles tombés à terre).
■ Les capacités homopolaires qui sont 100 fois plus grandes en réseau
souterrain qu’en réseau aérien.
II-2-2-3 Choix du régime de neutre
Dans un réseau, le régime de neutre joue un rôle très important. Lors d’un défaut
d’isolement ou de mise accidentelle d’une phase à la terre, les valeurs prises par les
courants de défaut, les tensions de contact et les surtensions sont étroitement liées au mode
de raccordement du neutre.
Un neutre mis directement à la terre limite fortement les surtensions ; par contre, il
engendre des courants de défauts très importants au contraire, un neutre isolé limite les
courants de défaut à des valeurs très faibles, mais favorise l’apparition de surtensions
élevées.
Entre ces deux extrêmes, certaines autres solutions peuvent être mises en œuvre :
a- Mise à la terre par une résistance
Schéma de principe
Une résistance est connectée volontairement entre le point neutre et la terre :
Avantages
■ Ce schéma est un bon compromis
entre un courant de défaut faible et des surtensions
bien écoulées.
■ Il n’existe pas l’emploi de matériels ayant un niveau d’isolement
entre phase et terre dimensionnée pour la tension composée.
■ Les protections sont simples, sélectivité et le courant est limité.
Inconvénients
■ La continuité de service du départ en défaut est dégradée, en effet, en cas
de défaut terre, celui-ci doit être éliminé aussi tôt (coupure au premier défaut)
■ Le coût de la résistance de mise à la terre croit avec la tension et le
courant limité.
b- Mise à la terre par une réactance faible
Schéma de principe
Une réactance est intercalée volontairement entre le point neutre et la terre. Pour les
réseaux de tension supérieure à 40 KV, on préfère utiliser une réactance plutôt
qu’une résistance pour des raisons de difficulté de réalisation dues au dégagement
de chaleur en cas de défaut.
Avantages
■ Ce schéma permet de limiter l’amplitude des courants de défauts.
■ Il permet la mise en œuvre de protections, sélectives simple si le courant de limitation est
très supérieur au courant capacitif du réseau.
■ La bobine, de faible résistance, n’a pas à dissiper une puissance thermique élevée, ce qui
réduit son dimensionnement.
■ En haute tension, le coût de cette solution est plus avantageux qu’avec une résistance.
Inconvénients
■ La continuité de service du départ en défaut est dégradée : en cas de défaut terre, celui-ci
doit être éliminé aussitôt (coupure au premier défaut).
■ Lors de l’élimination des défauts terre, des surtensions importantes peuvent apparaître,
dues à des résonances entre la réactance et la capacité du réseau
Schéma de principe
Une réactance raccordée sur la capacité phase-terre totale du réseau est intercalée entre le
point neutre et la terre de sorte qu’en présence d’un défaut à la terre, le courant dans le
défaut est voisin de zéro.
Avantages
■ Ce système permet de diminuer les courants de défaut même si la capacité
phase- terre est grande : extinction spontanée des défauts à la terre non permanents.
■ A l’endroit de défaut, les tensions de contact sont limitées. Compensation à la terre.
■ Le maintien en service de l’installation est assurée
malgré un défaut permanent.
■ Le signalement du premier défaut est donné par la détection du passage du courant
dans la bobine.
Inconvénients
■ Le coût de la réactance de mise à la terre peut
être élevée en raison de la nécessité de modifier la
valeur de la réactance pour adapter la compensation.
■ Pendant la durée du défaut, il faut s’assurer que le courant résiduel circulant ne
présente pas de danger pour les personnes et les biens. des Les risques de surtension
transitoire sur le réseau sont importants.
■ La présence d’un personnel de surveillance est nécessaire.
■ La mise en œuvre de protections sélectives au premier défaut est délicate.
II-3 Appareillage de protection
II-3-1 Appareillage de protection contre les surtensions
Eclateurs et parafoudres sont les dispositifs utilisés pour écrêter, limiter les
surtensions transitoires de forte amplitude. Ils sont généralement dimensionnés pour
intervenir sur les surtensions de foudre.
II-3-1-1 Les éclateurs
L’éclateur est un dispositif simple constitué de deux électrodes, la première reliée
au conducteur à protéger, la deuxième reliée à la terre. A l’endroit ou il est installé dans le
réseau, l’éclateur représente un point faible pour l’écoulement des surtensions à la terre et
protége ainsi le matériel.
La tension d’amorçage de l’éclateur est réglée en agissant sur la distance dans l’air
entre les électrodes, de façon à obtenir une marge entre la tenue au choc du matériel à
protéger et la tension d’amorçage au choc de l’éclateur.
II-3-1-2 Les parafoudres
Pour pallier aux inconvénients des éclateurs, différents modèles de parafoudre ont été
conçus dans le but d’assurer une meilleure protection des installations et une bonne
continuité de service.
Les parafoudres à résistance variable avec éclateur sont les plus répondus dans les
installations HT et MT en exploitation depuis quelques années. La tendance actuelle est vers
les parafoudres à oxyde de zinc qui possèdent des performances meilleures.
1- Parafoudre à résistance variable avec éclateur
Ce type de parafoudre associe en série des éclateurs et des résistances non linéaires
(varistances) capables de limiter le courant après le passage de l’onde de choc. Après
l’écoulement de l’onde de courant de décharge, le parafoudre n’est plus soumis qu’a la
tension du réseau. Celle-ci maintient un arc sur l’éclateur, mais le courant correspondant, dit
« courant de suite », traverse la résistance dont la valeur est maintenant élevée. Il est donc
assez faible, pour ne pas endommager l’éclateur, et être interrompu lors du premier passage à
zéro du courant (extinction naturelle de l’arc).
2- Parafoudre à oxyde de zinc (ZnO)
Ils sont constitués uniquement de varistances et remplacent de plus en plus les
parafoudres à résistances variables et éclateurs. L’absence d’éclateur fait que le parafoudre à
ZnO est continuellement conducteur mais, sous la tension nominale du réseau protégé, avec
un courant de fuite à la terre très faible (inférieur à 10 mA).
II-3-2 Appareillage de protection contre les surintensités
II-3-2-1 Les sectionneurs
Le sectionneur est un appareil électromécanique permettant de séparer, de façon
mécanique, un circuit électrique et son alimentation, tout en assurant physiquement une
distance de sectionnement satisfaisant électriquement.
L’objectif peut être d’assurer la sécurité des personnes travaillant sur la partie isolée du
réseau électrique, d’éliminer une partie du réseau en dysfonctionnement pour pouvoir en
utiliser les autres parties.
Le sectionneur, à la différence du disjoncteur ou de l’interrupteur, n’a pas de pouvoir
de coupure, ni de fermeture. Il est impératif d’arrêter l’équipement aval pour éviter une
ouverture en charge. Dans le cas contraire de graves brûleurs pourraient être provoquées,
liées à un arc électrique provoqué par l’ouverture.
II-3-2-2 Les disjoncteurs
Un disjoncteur est un organe électromécanique, voir électronique, de protection, dont la
fonction est d’interrompre le courant électrique en cas d’incident sur un circuit électrique. Il
est capable d’interrompre un courant de surcharge ou un courant de courtcircuit dans une
installation. Suivant sa conception, il peut surveiller un ou plusieurs paramètres d’une ligne
électrique. Sa principale caractéristique par rapport au fusible st qu’il est réarmable (il est
prévu pour ne subir aucune avarie lors de son fonctionnement).
II-3-2-3 les relais de protection
Le relais est un dispositif à action mécanique ou électrique provoquant le
fonctionnement des systèmes qui isolent une certaine zone du réseau en défaut ou actionnant
un signal en cas de défaut ou de condition anormale de marche (alarme, signalisation…).
II-3-2-3-1 Désignation d’un relais
Un relais est désigné selon la grandeur surveillée (tension, courant, puissance,
fréquence, impédance…) :
■ Relais a maximum de courant RMA ou TA
■ Relais a maximum ou minimum de tension RMV ou TV
■ Relais a minimum d’impédance RMZ ou TZ
■ Relais directionnel de puissance RDW ou TLW
■ Relais a minimum de réactance RMX
Fig. II-1 : Différents types des relais.
II-3-2-3-2 Différents types de relais
Il existe essentiellement trois classes de relais (Fig. II-1) :
a) Relais électromagnétiques
Un relais électromagnétique comporte une armature ou un équipage mobile sur lequel
agissent des bobines ou des aimants ou des conducteurs.
On distingue les différents types de relais électromagnétiques suivants :
• Relais a noyau plongeur
Le relais est basé sur l’action qui s’exerce entres les éléments de fer aimanté. Une
bobine fixe, parcouru par courant, provoque l’aimantation d’un circuit magnétique dont
une partie mobile se déplace.
La force d’attraction sur la partie mobile sera d’autant plus grande que l’intensité du
courant sera plus élevée et l’entrefer plus faible.
• Relais a balance
C’est un relais dont l’équipage est constitué par un fléau de balance soumis à
l’action de deux forces antagonistes.
Deux forces magnétiques s’opposent l’une à l’autre par l’extrémité du fléau.
Tant que le champ magnétique dans les deux bobines B1 et B2 demeure dans un rapport
approprié, les contacts du relais restent ouverts.
Lorsque le champ magnétique devient plus grand dans la bobine de fonctionnement
B1 dans la bobine B2 de retenue assez fort pour annuler la tension du ressort, les contacts
du relais se ferment
2 Réseau à deux arrivées
Réseau à deux arrivées transformateurs ou à deux arrivées lignes
Les départs sont équipés de protections a maximum de courant phase dont la
temporisation est réglée à la valeur TD.
Les deux arrivées A1 et A2 sont équipées de protections à maximum de courant phase
(51) réglées sélectivement avec les départs, soit à une valeur TA ≥ TD + ∆T.
De plus, elles sont équipées de protections directionnelles (67) dont la temporisation est
réglée à TR < TA - ∆T.
La sélectivité entre les protections des arrivées A et les protections des départs D est de
type chronométrique.
Ainsi, un défaut en 1 est éliminé par l’ouverture de D2 avec un retard TD.
Un défaut en 2 est éliminé par l’ouverture de A1 et A2 avec un retard TA (les protections
directionnelles ne voyant pas le défaut).
Enfin, un défaut en 3 est vu par la protection directionnelle de A1 qui s’ouvre à l’instant
TR, permettant de continuer l’exploitation de la partie saine du réseau. Ce pendant le
défaut 3 est toujours alimenté par T1. A l’instant TH ≥ TD + ∆T, H1 s’ouvre sous l’action
de la protection à maximum de courant phase qui l’équipe.
Neutre à la terre par résistance au niveau des transformateurs d’arrivées
Les départs sont équipés de protections à maximum de courant terre (51G) réglées à
un seuil supérieur au courant capacitif correspondant et dont la temporisation est TD.
Les arrivées A1 et A2 sont équipées de protections directionnelles de terre (67N) dont la
temporisation est TR.
Les connexions de mise à la terre du neutre sont équipées de protections à maximum de
courant terre (51G) dont le seuil est supérieur aux réglages des protections des arrivées et
des départs et dont la temporisation est TN ≥ TD + ∆T.
[Link]-2 : Protection sur défaut [Link]-3 : Protection sur
Entre phases. défaut phase-terre (neutre
résistif transformateur).
Neutre à la terre par résistance
au niveau du jeu de barres
La sélectivité entre les différentes protections est de type chronométrique.
Ainsi, un défaut en 4 est éliminé par l’ouverture de D1.
Un défaut en 5 est éliminé par les ouvertures de A1, A2, H1 et H2 provoquées par les
protections situées sur les connexions de mise à la terre du neutre des deux
transformateurs.
Un défaut en 6 est vu par la protection directionnelle terre de A1 qui s’ouvre à l’instant TR
permettant de continuer l’exploitation de la partie saine de réseau. Cependant, le défaut 6
est encore alimenté jusqu'à l’instant TN ou la protection située sur la connexion de mise à
La mise à la terre par résistance est réalisée par un générateur homopolaire.
Les départs, les arrivées, et le générateur homopolaire, sont chacun équipés d’une
protection à maximum de courant terre.
La sélectivité entre les différentes protections est de type chronométrique.
Le fonctionnement du système est identique au cas à une arrivée.
Neutre isolé
Le fonctionnement du système est identique au cas à une arrivée.
Neutre direct à la terre
On retrouve les cas du neutre à la terre par résistance, mais le courant phase-terre est
augmenté et atteint le niveau du courant entre phases.
Neutre compensé
Une seule bobine de mise à la terre est en service à un instant donné afin d’assurer
l’accord à la capacité du réseau ; on se ramène au cas de réseau à une arrivée.
Protection complémentaire
La fonction de contrôle de synchronisme, synchro-check (25), permet de vérifier que
les circuits à coupler ont entre eux des écarts de tension en amplitude, phase et fréquence,
acceptables dans les limites prévues pour autoriser la fermeture du disjoncteur de couplage.
Découplage
Dans le cas d’installation électrique alimentée par le réseau public de distribution et
une source d’énergie autonome, on doit éviter la perturbation de ces sources entre elles
suite à des évènements tels que perte du réseau public ou défaut à la terre ; les
conséquences portent sur les variations de tension et de fréquence, les échanges de courant
et de puissance entre les différents circuits.
Des protections sont souvent préconisées ou imposées par les guides techniques du
distributeur.
Le découplage des deux sources entre elles peut être assuré de plusieurs façons :
■ Suivi du sens d’écoulement de la puissance active, et protection par
un relais à retour de puissance.
■ Suivi des tensions en amplitude et protection par minimum ou
maximum de tension
Transfert automatique de sources
Le système de la figure II-2 décrit une installation à deux jeux de barres normalement
alimentés par deux sources avec couplage ouvert (configuration en 2 sur 3).
Le cas de la perte de la source 1 entraîne la reconfiguration du système par ouverture
de la source 1 et fermeture du couplage ; ce transfert automatique de source se faut selon
une procédure :
■ Initialisation du transfert par détection d’un minimum de tension (27) de la source 1 et
son élimination : Us = 70 % Un.
■ Blocage du transfert par détection d’un défaut en aval de la source 1 par maximum de
courant (50 et 50N).
■ Autorisation du transfert suite au contrôle de disparition de la tension entretenue par les
machines tournantes par minimum de tension rémanente (27R) : Us = 25 % Un.
■ Autorisation du transfert après vérification d’une présence de tension suffisante (59) sur
la source 2 et fermeture du couplage : Us =
85 % Un.
[Link]-4 : Protection de couplage [Link]-5 : Transfert automatique
entre deux réseaux. de sources.
25
II-4-3 Réseaux en boucle ouverte
Le réseau est exploité en boucle ouverte et la protection est assurée aux extrémités de
la boucle, équipées de disjoncteurs.
Les appareils de coupure des sous- stations sont des interrupteurs.
Les défauts provoquent des coupures d’alimentation.
Une protection à maximum de courant phase et terre (51 et 51N) équipe le disjoncteur de
chaque tête de boucle.
Un défaut sur câble reliant 2 sous-stations provoque l’ouverture de l’un ou l’autre des
disjoncteurs de tête selon le lieu d’ouverture de la boucle.
Souvent, la protection est complétée par un automatisme :
■ qui élimine le défaut (hors tension) en ouvrant les appareils situés aux extrémités
du câble concerné, après localisation du câble en défaut par détecteur de défaut.
■ qui referme le disjoncteur de tête qui a déclenché.
■ qui ferme l’appareil qui assurait l’ouverture normale de la boucle, dans le but de
réalimenter la partie avale saine de la demi-boucle en défaut.
Après réparation de la liaison en défaut, on peut revenir dans l’état initial d’exploitation.
Les temps de coupure d’alimentation durent de quelques secondes à plusieurs minutes
selon que le mode de reconfiguration de boucle est automatique ou manuel.
Figure II.6 : Réseau en boucle ouverte.
26
II-4-4 Réseaux en boucle fermée
Le réseau peut être exploité en boucle fermée et la protection est assurée pour tous les
tronçons, chacun étant équipé de disjoncteurs à ses extrémités.
La plupart des défauts ne provoquent pas de coupure d’alimentation.
Plusieurs solutions de protection sont envisageables.
Protection différentielle
Chaque câble est équipé d’une protection différentielle de ligne (87L) et chaque sous
station est équipée d’une protection différentielle de jeu de barres (87B).
La protection est très rapide.
Si le neutre est mis à la terre par résistance, il faut s’assurer que la sensibilité des
protections différentielles couvre les défauts phase- terre.
Fig. II-7 : Protection différentielle d’une
boucle fermée.
Protection à maximum de courant et sélectivité logique directionnelle
Les disjoncteurs de la boucle sont équipés de protections à maximum de courant et
de protections directionnelles ; de plus, le principe de la sélectivité logique est utilisé pour
obtenir le temps le plus court pour l’élimination d’un défaut.
27
Un défaut sur la boucle sollicite :
■ Toutes les protections si la boucle est fermée.
■ Toutes les protections en amont du défaut lorsque la boucle est ouverte.
Chaque protection adresse un ordre d’attente logique vers l’une ou l’autre des protections
adjacentes sur la boucle, en fonction de l’information délivrée par la protection
directionnelle.
Les protections qui ne reçoivent pas d’ordre d’attente logique déclenchent avec un retard
minimum indépendant de la position du défaut sur la boucle :
■ le défaut est éliminé par deux disjoncteurs de part et d’autre du défaut si la boucle
est fermée, et tous les tableaux restent alimentés.
■ le défaut est éliminé par le disjoncteur amont si la boucle est ouverte.
Cette solution est rapide, sélective et elle inclut la protection en secours.
II-5 Protection des jeux de barres
II-5-1 Défauts entre phases et entre phase et terre
Protection à maximum de courant
Les protections à maximum de courant (51) et à maximum de courant terre (51N)
appliquées en sélectivité chronométrique peuvent rapidement donner lieu à un temps
d’élimination de défaut trop important tenu du nombre de niveaux de sélectivité.
Sur l’exemple ([Link]-8), la protection B déclenche en 0.4s lors d’un défaut jeu de barres en
1 ; sur un défaut jeu de barres en 2, la protection A déclenche en 0.7s, l’intervalle de
sélectivité étant fixé à 0.3s.
Aussi, la sélectivité logique ([Link]-9) appliquée aux protections à maximum de courant
apporte une solution simple à la protection des jeux de barres.
Un défaut en 3 est vu par la protection B qui émet un ordre d’attente logique vers la
protection A.
La protection B déclenche après 0.4s.
Mais un défaut en 4 n’est pas vu par la protection A qui déclenche après 0.1s ; un secours
étant assuré en 0.7s.
28
Fig. II-8 : Sélectivité chronométrique. Fig. II-9 : Sélectivité logique.
Protection différentielle
La protection différentielle (87B) fait la somme vectorielle par phase
des courants entrant et sortant du jeu de barres ; lorsque le jeu de barres est
sain, cette somme est nulle ; lorsque le jeu de barres est en défaut, cette
somme n’est pas nulle, et en déclenche les disjoncteurs des alimentations du
jeu de barres.
Cette protection est sensible, rapide et sélective.
■ La protection différentielle basse impédance à pourcentage consiste à
élaborer la différence directement dans le relais, le seuil de réglage est
proportionnel au courant traversant, on peut utiliser des TC de rapports
différents, par contre le dispositif devient complexe lorsque le nombre
d’entrées augmente.
■ La protection différentielle haute impédance ([Link]-10) consiste à
élaborer la différence au niveau du câblage, une résistance de stabilisation
étant insérée dans le circuit différentiel, le dimensionnement des TC se fait en
tenant compte de la saturation, suivant une règle donnée par le constructeur
des relais de protection : Le seuil de réglage est fixé à environ 0.5 ln TC, il est
nécessaire d’utiliser des TC de calibres identiques.
29
Fig. II-10 : Protection différentielle.
II-5-2 Fonction de délestage
La fonction de délestage est utilisée lorsque le déficit de puissance
disponible par rapport à la puissance demandée par les charges provoque une
baisse anormale de la tension et de la fréquence : on ouvre alors certains
départs consommateurs selon un scénario préétabli appelé plan de délestage,
pour retrouver l’équilibre des puissances souhaité ; différents critères de
délestage peuvent être choisis :
■ Minimum de tension (27),
■ Minimum de fréquence (81L) ,
■ Dérivée de fréquence (81R) ,
II-5-3 Défaillance de disjoncteur
La fonction de défaillance disjoncteur (50BF) permet de pallier la non-ouverture
d’un disjoncteur défaillant dont le déclenchement a cependant été commandé :
On déclenche les disjoncteurs adjacents d’arrivées.
L’exemple ([Link]-26) montre que sur défaut en 1 et défaillance du disjoncteur
commandé, la protection de défaillance du disjoncteur est plus rapide que
l’action par la sélectivité chronométrique amont : 0.6s au lieu de 0.7s.
30
Disjoncteur
défaillant
Fig. II-11 : Défaillance de disjoncteur.
II-6 Protection des liaisons (lignes et câbles)
Type de défauts et dispositifs de protection
II-6-1 Surcharge thermique
La protection vis-à-vis de l’échauffement anormal des conducteurs en
régime permanant à cause de courants de surcharge est assurée par une image
thermique, qui calcul une estimation de l’échauffement à partir de la mesure
du courant.
II-6-2 Court- circuit entre phases
■ La protection à maximum de courant phase (51) permet d’éliminer le
court-circuit, le réglage de la temporisation étant adapté aux protections
voisines.
Un défaut biphasé éloigné provoque une faible surintensité et un déséquilibre ;
une protection de courant à maximum de composante inverse (46) complète
alors la protection de base ([Link]-12).
■ Pour diminuer le temps d’élimination de défaut, on peut utiliser une
protection différentielle (87L) à pourcentage, activée lorsque le courant
différentiel dépasse un certain pourcentage du courant traversant ; chaque
31
extrémité de la liaison comporte un relais ; les échanges d’information entre
relais se font par fil pilote ([Link]-13)
[Link]-12 : Protection de liaison par [Link]-13 : Protection de
liaison par relais à maximum de courant. Relais différentiels.
II-6-3 Court-circuit phase-terre
La protection à maximum de courant terre (51N) temporisée permet d’éliminer
le défaut avec une bonne précision ([Link]-12).
Mais pour un départ de grande longueur, donc avec un courant capacitif
important, une protection à maximum de courant terre directionnelle (67N)
permet un réglage du seuil de courant inférieur au courant capacitif du câble,
dans le cas d’une liaison à la terre par neutre résistif.
II-6-4 protection de distance
La protection de distance (21) contre les défauts affectant des tronçons de
ligne ou de câble, est utilisée dans le cas de réseau maillé.
Elle est sélective, elle est rapide, sans nécessité de sélectivité chronométrique ;
sa sensibilité est dépendante de la puissance de court-circuit et de la charge ;
sa mise en œuvre est difficile lorsque la liaison n’est pas homogène (ligne
aérienne +câble).
Son principe de fonctionnement est de :
32
■ Mesurer une impédance proportionnelle à la distance du point de
mesure au défaut.
■ Délimiter des zones d’impédance correspondant à des tronçons de
ligne de différentes longueurs ([Link]-14).
■ Déclencher par zone avec temporisation. L’exemple de la figure II-
30 fait apparaître pour la protection en A du tronçon AB :
■ Un cercle d’impédance à 80 % de la longueur de ligne (zone 1), à
l’intérieur duquel est associé un déclenchement instantané.
■ Une couronne d’impédance comprise entre 80 % et 120 %de la
longueur de ligne (zone 2) , à laquelle est associé un déclenchement
temporisé (200 ms ).
■ Un cercle d’impédance à 120 % de la longueur de ligne (zone 3), à
l’extérieur duquel est associé un déclenchement temporisé long de secours
de la protection B à l’extérieur de AB.
■ Un cercle d’impédance à 120 % en aval pour assurer le secours de la
protection en aval.
■ Lorsqu’il y a communication entre les protections aux extrémités, on
peut déclencher instantanément entre 0 et 100 %.
• Relais à induction
Un courant alimentant les bobines fixes de l’électro-aimant produit des champs
magnétiques créent des courants induits qui font tourner le disque.
b) Relais statique
Les relais statiques remplacent de plus en plus les relais électromagnétiques
pour les avantages suivants :
33
Plus précis, plus sensibles, plus rapides, rapidité de dépannage, durée de vie plus
longue, faible consommation et moins encombrants.
[Link]-14: Relais électromagnétique. Fig. II-15 : Relais thermique.
II-4 Protection d’un réseau MT
Les protections de réseaux doivent permettre :
• de détecter les défauts.
• d’éliminer les parties du réseau qui sont défaillantes en sauvegardant les parties
saines.
Le choix des protections doit être effectué en fonction de la configuration du réseau
(marche en parallèle de générateurs ou transformateurs, réseau bouclé ou en antenne,
mode de mise à la terre du neutre…)
Il faut envisager indépendamment :
• les protections contre les défauts entre phases.
• les protections contre les défauts à la terre, liées au régime du neutre du réseau.
Seront examinés successivement les cas d’une arrivée, de deux arrivées et de
boucles ouvertes ou fermées.
Dans ce qui suit les numéros et lettres entre ( ) sont des codes ANSI.
II-4-1 Réseau à une arrivée
34
L’arrivée et les départs sont équipés de protection à maximum de courant phase
(51). La sélectivité entre la protection de l’arrivée A et les protections des départs D est
de type chronométrique.
La protection au niveau D détecte le défaut 1 sur le départ, et déclenche le disjoncteur D
avec un retard TD.
La protection au niveau A, détecte les défauts 2 sur le jeu de barres, et déclenche avec un
retard TA.
II-8 Conclusion
Dans ce deuxième chapitre nous avons exposé et étudié les différents moyens de
protection, contre les avaries ou les défauts affectant un réseau électrique.
Pour cela nous avons bien définit les qualités qu’un système de protection doit
satisfaire, pour assurer une meilleur protection du réseau. Comme on a aussi évoqué les
différentes protections des différentes parties d’un réseau MT.