Introduction
Section 1 : Définition du droit de travail
Paragraphe 1 : Le droit social : droit de travail et droit de la sécurité sociale
Le droit social se compose du droit de travail et du droit de la sécurité sociale.
Le premier réglemente les rapports entre employeurs et salariés. Le second réglemente
les rapports entre les organismes de sécurité sociale et leurs affiliés
C’est l’ensemble des règles qui protègent la population, et non seulement les travailleurs
salariés, contre certains risques sociaux d’origines ou non professionnelles, comme la
maladie, la vieillesse et le décès et certaines charges sociales comme les allocations
familiales. Alors que le droit de travail a pour vocation l’amélioration de la condition salariale
en protégeant le salarié dans ses rapports avec son employeur, comme les salaires, les
congés, les conditions de travail, etc.
Mais le droit de la sécurité sociale a pour but de protéger l’individu salarié ou non dans sa
sécurité matérielle, sa santé et son bien être. Les rapports entre le droit de travail et le droit
de la sécurité sociale ont subis une évolution en trois étapes : unité, séparation et
complémentarité.
A- Unité du droit social
Originairement, les deux branches du droit social étaient confondues dans un régime
d’unité. Elles avaient pour objet l’amélioration des rapports entre les employeurs et les
salariés (repos hebdomadaire, salaire, les conditions de travail), et les garanties des salariés
entre les risques sociaux d’origine professionnelle ou non professionnelle.
L’objectif du droit social était le même : protéger les salariés dans leurs exercices
professionnels et leur garantir un revenu pour vivre leur famille en cas de vieillesse ou de
décès.
B- Séparation du droit de travail et du droit de la sécurité sociale
D’une part, il existe des relations entre les entreprises et leurs personnels. Ces
relations se situent dans le cadre d’un contrat de travail et sont régis par des règles
élaborées par l’Etat/Code du travail/ ou par les organisations de travailleurs et d’employeurs
sous forme de conventions collectives de travail.
L’ensemble de ces règles qui s’appliquent aux relations entre les employeurs et les
salariés forment le droit de travail.
D’autre part, les risques sociaux sont perçus comme menaçant de plus en plus tous les
citoyens et non plus seulement les salariés, d’où l’apparition d’un service public de la
sécurité sociale qui a pour rôle d’accorder des prestations de substitution lorsqu’un accident,
une maladie, la vieillesse ou le décès, oblige à interrompre le travail et les quelles prestations
sont envisagées sans lien nécessaire avec le travail salarié.
En effet, le régime de la sécurité sociale crée en 1960 pour les salariés par la loi n°60-30
du 14 décembre 1960, régime de prestation familiale et régime d’assurance sociale
garantissant en cas de maladie, de maternité, d’invalidité et de survie, ont été étendus aux
travailleurs indépendants du secteur non agricole par la loi du 21 octobre 1982, le régime de
sécurité sociale prévu par la loi du 21 février 1981 ont été étendus aux exploitants et aux
travailleurs indépendants par un décret du 21/10/1982.
Dans d’autre cas, le domaine d’application de la sécurité sociale s’étend aux personnes
qui n’exercent aucune activité professionnelle comme les étudiants.
C- Complémentarité du droit social
Cette complémentarité se manifeste à plusieurs niveaux :
Tout d’abord, le droit de la sécurité sociale emprunte au droit du travail les définitions du
salaire et du contrat du travail pour déterminer les salariés assujettis au régime général de
sécurité sociale. Ensuite, le salarié malade, a le droit à des prestations de sécurité sociale,
mais la suspension de son contrat de travail pour maladie est régie par le droit de travail. Le
contrat de travail est un contrat synallagmatique.
De même, l’admission à la retraite justifie le droit à une pension de vieillesse servie par
la sécurité sociale, mais elle constitue en même temps une cause de cessation de la relation
de travail.
Dans d’autres hypothèses, le droit de la sécurité sociale poursuit des objectifs voisins du
droit de travail. (Exemple : assuré aux travailleurs la sécurité de l’emploi et de revenus. C’est
ainsi que le droit international du travail considère le chômage comme un risque social qui
doit être assuré).
De même, quand le droit de l’emploi, une branche récente du droit de travail, exonère
les entreprises des charges sociales totalement ou partiellement pour les inciter à recruter
les jeunes diplômés, les organismes de sécurité sociale se substituent à l’employeur pour
prendre en charge les coûts sociaux.
Enfin, avec la création d’un régime générale de sécurité sociale en 1960 obligatoire au
profit des salariés et la promulgation de 1966 réglementant les relations entre employeurs
et salariés, un statut social du salarié est construit par le droit du travail d’une part et le droit
de la sécurité sociale d’autre part.
Il reste que malgré leur complémentarité chacune de ces deux branches du droit social
possède ses propres techniques et sa propre logique ; c’est ce qui explique leur étude de
manière séparée.
Paragraphe 2 : L’objet du droit de travail subordonné
Le droit de travail est l’ensemble des règles juridiques applicables aux relations
individuelles et collectives de travail qui se forment entre employeurs et salariés à
l’occasion du travail dépendant et subordonné.
A- Travail salarié et travail indépendant
Le droit de travail ne régit pas tout le travail humain, il existe deux formes juridiques de
travail : le travail indépendant et le travail dépendant.
Dans le travail indépendant, la personne travaille pour son propre compte, comme
l’artisan, l’avocat, le médecin de libre exerce, l’expert comptable, l’exploitant agricole. Elle
n’est pas soumise à la subordination d’autrui dans l’accomplissement de son travail et ne
perçoit pas un salaire car elle ne travaille pas pour le compte d’un patron, mais elle perçoit
une rémunération de ses clients en contrepartie de son travail.
Dans le travail dépendant, la personne travaille pour le compte d’une autre personne en
contrepartie d’un salaire et elle est placée dans une situation de subordination. Le droit du
travail ne s’applique qu’à cette forme juridique de travail.
Par le terme subordination, il faut entendre une subordination juridique, c’est-à-dire la
personne qui personne qui fournit la prestation de travail est soumis dans l’exécution de son
travail à l’autorité juridique de la personne pour le compte de laquelle le travail est fourni
(l’employeur). Mais le salarié est placé sous les ordres de l’employeur, il est soumis à sa
surveillance et exposée à ses sanctions.
Cette subordination juridique du salarié s’accompagne habituellement d’une
subordination économique parce qu’il tire généralement de son salaire son seul moyen
d’existence et se trouve par là économiquement dépendant de son employeur.
B- Relations individuelles et relations collectives
Les relations du travail doivent répondre à des droits et des obligations juridiques
précises. Ces obligations trouvent leurs sources dans le contrat de travail conclu entre
l’employeur et le salarié. Ce contrat fixe les droits et les obligations des deux parties.
L’ensemble de ces droits est obligations forment les relations individuelles du travail.
La qualification individuelle veut dire que les relations juridiques se forment entre deux
individus : l’employeur et le salarié. Ce sont des relations contractuelles parce qu’elles ont
pour cadre juridique le contrat individuel du travail des règles légales-code du travail-ou
réglementation-décret-et par les conventions collectives de travail.
Cependant, cela n’enlève pas à ces relations leurs caractères individuels parce que les
droits et les obligations de l’employeur et du salarié fixé par la loi ou par les conventions
collectives ne s’imposent que lorsqu’il existe entre les deux parties un contrat individuel de
travail.
Par définition le droit de travail est l’ensemble des règles qui s’appliquent aux relations
individuelles du travail. Mais à coté de ces relations individuelles existent des relations
collectives du travail formées par : le droit syndical, les conventions collectives de travail, la
représentation du personnel dans l’entreprise et les conflits collectifs du travail
essentiellement le droit de grève.
Paragraphe 3 : Le champ d’application du droit de travail et la diversité du
salariat
A- Le droit du travail s’applique au secteur agricole et non agricole
C’est dans le secteur de l’industrie que le droit de travail s’est développé originairement,
mais il s’est progressivement étendu à toutes les activités agricoles et non agricoles.
Aujourd’hui, il s’applique à tous les salariés de l’industrie, de l’agriculture, du commerce,
des professions libérales, de l’artisanat, des coopératives, des sociétés civiles, des syndicats,
des associations et de tous les groupements (article 1 du Code du travail).
Par ailleurs, le secteur maritime fait l’objet d’un code propre, le code du travail maritime
promulgué par la loi n° 67-52 du 7 décembre 1967.
B- Le droit du travail et les salariés du secteur public et du secteur privé
a- L’application du droit de travail aux entreprises privées et publiques
Le droit de travail s’applique aux entreprises privées et aux établissements publics à
caractère industriel et commercial à l’exclusion des établissements publics à caractère
administratif. A côté du code du travail qui constitue pour les entreprises privées et
publiques le droit commun.
Les secondes sont régies par un statut général sur la base desquelles plusieurs d’entre
elles sont régies par des statuts particuliers. Le droit du travail s’applique à ces
établissements publics dans tous les cas où il n’y est pas dérogé par le statut général ou le
statut particulier ou en cas d’inexistence d’un statut.
b- La fonction publique : un domaine exclu du droit de travail
Contrairement aux salariés du droit privé, les agents publics, fonctionnaires et ouvriers
de l’Etat, ne sont pas dans une situation contractuelle mais réglementaire. Ils sont recrutés
non pas par un contrat de travail mais par un acte réglementaire. Les rapports
professionnels de l’Etat avec ces salariés sont régis par le droit administratif et non pas par le
droit de travail. Ils sont soumis à un statut général. Exceptionnellement, certaines règles
générales du droit de travail leurs sont applicables comme le droit syndical.