Combinaisons d'anticorps en cancérologie
Combinaisons d'anticorps en cancérologie
1
Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier (IRCM), Inserm U1194, Université de
Résumé
Les anticorps monoclonaux ont révolutionné le traitement de nombreuses maladies mais leur
efficacité clinique reste limitée dans certains cas. Des associations d’anticorps se liant à une
mimant ainsi une réponse immunitaire humorale polyclonale, ont conduit à une amélioration
circuitent les mécanismes de résistances observés lors d’une monothérapie par anticorps. Le
une formulation séparée, avec injection séquentielle de chaque anticorps « principe actif ».
séparément sont mélangés avant administration, ou produits simultanément par une lignée
1
cellulaire polyclonale. La réglementation, la toxicité et la séquence d’injection des mélanges
oligoclonaux restent des points à éclaircir et à optimiser pour un meilleur effet thérapeutique.
Introduction
Au XIXe siècle, les travaux pionniers de Shibasaburo Kitasato et Emil von Behring en
contenant des anticorps spécifiques de pathogènes comme principe actif. César Milstein et
clinique des AcM. Pour pallier ces obstacles, des associations d’AcM, le plus souvent évalués
évolué pour développer une réponse humorale polyclonale, optimisant ainsi sa capacité à
combattre les maladies, plutôt qu’une stratégie monoclonale telle que proposée par les
chaque composant étant sélectionné sur des critères précis, tels que la spécificité épitopique,
2
Titre niveau 1
Titre niveau 2
Co-ciblage anti-tumoral
Autour des années 2000, la notion d’homo-combinaison d’anticorps, engageant des épitopes
distincts sur un même récepteur, a été proposée par plusieurs équipes, dont celle de Yosef
(epidermal growth factor receptor) [1], anti-HER2 (human epidermal growth factor receptor-
2) [2] ou anti-cMET (ou hepatocyte growth factor [HGF] receptor) [3] induisent une activité
cytotoxicité à médiation cellulaire dépendant des anticorps (ADCC) renforcée (Figure 1). Ces
monothérapie anti-EGFR dans le cancer colorectal [4], ou anti-cMET dans le cancer gastrique
[5], et de maintenir une activité anti-tumorale malgré la présence de mutations des domaines
extracellulaires de ces récepteurs [6]. Dès 2007, notre équipe à l’institut de recherche en
EGFR/anti-HER2 engageant des épitopes distincts sur ces deux récepteurs collaborant
de l’expression de ces récepteurs et la formation des homodimères, mais aussi en inhibant les
voies de signalisation intracellulaires [8]. Ces travaux précliniques, confirmés par d’autres
groupes de recherche [9], ont permis la mise en place de l’essai clinique de phase I
3
THERAPY dans le cancer du pancréas métastatique et progressant sous gemcitabine.
une stabilisation de la maladie chez 27 % des patients, sans réponse objective, mais avec une
corrélation positive entre une toxicité cutanée et la survie sans progression des patients [10].
L’essai n’a pu être poursuivi à cause de cette toxicité, soulignant ainsi la nécessité de repenser
d’anticorps a pour but d’éviter les phénomènes de signalisation compensatoire liés au ciblage
par les anticorps d’un récepteur unique. Il a été étendu au double ciblage EGFR/HER3 dans
également associer le ciblage d’un ligand, tel que le VEGF (vascular endothelial growth
factor) ou l’HGF, pour agir sur le microenvironnement, et le ciblage d’un récepteur spécifique
de la tumeur [11]. Enfin, des cocktails oligoclonaux de trois [12] ou six [13] anticorps ciblant
respectivement l’EGFR, HER2 et HER3 ont démontré un effet anti-tumoral accru dans des
a également été proposée à l’aide d’anticorps ciblant les molécules CD20, CD22 ou CD52
Titre niveau 2
Co-ciblage anti-microbien
trouve aussi tout son sens dans le cadre d’une thérapie anti-infectieuse. En effet, les virus et
les bactéries sont complexes (souches, facteurs de virulence, variabilité, etc.) et adoptent de
4
nombreuses stratégies d’échappement et ont des mécanismes d’action variés. Dès 1982, Volk
vésiculaire améliore la neutralisation virale [15]. Depuis lors, des anticorps oligoclonaux
ciblant le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) [16], le virus Ebola [17], le virus de
respiratoire du Moyen-Orient) [20], le virus de la rage [21], ou des toxines des bactéries
Clostridium difficile [22], de C. botulinum [23] ou de Bordetella pertussis [24], entre autres,
ont démontré une synergie dans leur capacité de neutralisation. Toutes ces démonstrations
précliniques ont largement souligné l’intérêt de combiner des anticorps thérapeutiques pour
Titre niveau 2
L’importance des points de contrôle immunitaire, telles que CTLA-4 (cytotoxic T lymphocyte-
associated protein 4) et PD-1 (programmed cell death 1), pour moduler la réponse T anti-
médecine 2018 à James Allison et Tasuku Honjo. La compréhension de leurs rôles dans la
fonctionnelle, qui sont classées en molécules co-inhibitrices (que l’on cherche à bloquer) ou
anti-tumorale dans des modèles murins de cancer colorectal et de mélanome, marquée par une
5
régulateurs et de cellules myéloïdes suppressives [25]. D’autres hétéro-combinaisons
TIM3 (T-cell immunoglobulin and mucin-domain containing-3) [27], entre autres, ont été
proposées pour moduler les réponses immunitaires dans les cancers. Le lien, récemment
démontré, entre l’expression ou la surexpression de PD-L1 (le ligand de PD-1) chez certains
patients et l’efficacité d’anticorps anti-HER2 [28] suggère qu’il serait intéressant de combiner
des anticorps ciblant des membres de la famille HER avec des anticorps ciblant les points de
Titre niveau 1
amplifié. L’essai de phase III CLEOPATRA, portant sur 808 patientes, a montré une survie
moyenne sans progression (PFS) de 18,7 mois dans le groupe traité par la combinaison
anticorps + docétaxel contre 12,4 mois dans le groupe traité par le trastuzumab seul +
docétaxel [29], avec une toxicité cardiaque comparable dans les deux bras de traitement. Cette
Toutefois, l’essai clinique NEOSPHERE a révélé une plus forte toxicité dans le bras traité par
des anticorps n’a cependant conduit à des résultats positifs. Ainsi, dans le cancer gastrique
6
le 5-fluoro-uracile n’a pas amélioré la survie des patients [31]. L’étude CAIRO2 [32],
infructueuses. Le co-ciblage du VEGF avec les récepteurs EGFR ou HER2 ne semble donc
avec les anticorps anti-CTLA-4 ou anti-PD-1 bloquant les points de contrôle immunitaire. Dès
nivolumab démontrait une régression tumorale chez 50 % des patients traités [36]. Dans
l’essai clinique de phase III Checkmate 067, portant sur 945 patients atteints de mélanome
métastatique, la survie sans progression a été supérieure dans le bras traité par l’hétéro-
nivolumab (6,9 mois), ou par l’ipilimumab (2,9 mois) [37]. Toutefois, ce bénéfice en ce qui
concerne la survie est associé à une toxicité accrue dans le bras traité par l’hétéro-
combinaison nivolumab/ipilimumab (55 % des patients ont des effets secondaires de grade 3
et 4), comparé aux bras monothérapie (16 % pour le nivolumab et 27 % pour l’ipilimumab)
[38]. Cet essai a conduit la food and drug administration (FDA) américaine à approuver cette
Depuis, des essais cliniques de phase III, associant anti-CTLA-4 et anti-PD-1 ou anti-PD-L1,
ont donné des résultats positifs dans le cancer du poumon et le carcinome rénal. Enfin, la
7
bévacizumab, associée à la chimiothérapie dans le cancer du poumon, a récemment montré un
bénéfice en terme de survie sans progression par rapport au bras sans atézolizumab (8,3 mois
Environ 300 essais cliniques2 utilisant une combinaison d’anticorps, associée ou non avec une
l’association ipilimumab/nivolumab (environ 130 essais, dont une cinquantaine dans les
(environ 40 études [40]). D’autres essais impliquant des homo- ou hétéro-combinaisons sont
répertoriés :
obtenu initialement une AMM en tant qu’anticorps monoclonal « principe actif unique ». Le
2
[Link]
8
d’anticorps anti-tumeur avec des anticorps anti-point de contrôle immunitaire sont proposées.
En infectiologie, une vingtaine d’essais cliniques sont recensés (Tableau I). Dans quelques
Titre niveau 1
cellules » ?
selon 4 stratégies principales (Figure 2), qui ont conduit au développement clinique de
séparément à partir de chaque lignée cellulaire (surtout des cellules CHO), la formulation
nivolumab/ipilimumab par les autorités règlementaires et est utilisée dans la plupart des
9
biomédicament « combinaison ». Cette stratégie a été développée pour produire la
stœchiométrie 1/1 [43], cette combinaison étant actuellement en essai clinique de phase II
I [44]. Cette stratégie a aussi été utilisée pour produire l’anticorps MM-151 [6,45],
produits ensemble par les cellules d’une seule lignée cellulaire. Une formulation
OligoclonicsR [46], utilise la lignée cellulaire PER.C6 transfectée avec une construction
génétique codant une seule chaîne légère kappa, et deux constructions génétiques codant
chain »). Des mélanges d’anticorps mono-spécifiques et bi-spécifiques ont été développés
en utilisant cette approche. À noter que cette technologie a été ensuite associée avec
spécifiques, dont certains sont en cours de développement clinique, tels que les anticorps
myéloïde.
produisant les principes actifs « anticorps » sont initialement mélangées pour produire
10
une « master-cell bank » cellulaire polyclonale. Une formulation unique conduit au
spécifique chaque construction anticorps sur le même locus chromosomique dans chaque
lignée cellulaire (Flp-In, CHO, CHO-DG44) [48], dans le but d’uniformiser le niveau
Sym001 [49]) ont été produits et testés en phase II dans le purpura thrombocytopénique
[50], un mélange de deux anticorps anti-cMET avec une stœchiométrie 1/1 (Sym015
Titre niveau 1
plusieurs épitopes bien définis présents sur un ou plusieurs antigènes, avec un rapport
fait de cibler plusieurs épitopes sur un même récepteur ou un pathogène, ou sur plusieurs
recrutées et donc le nombre d’anticorps liés par entité biologique (cellule ou pathogène). Les
réponses biologiques induites par ces anticorps s’en retrouvent renforcées, comme les
11
[complement-dependent cytotoxicity], ADCP [antibody-dependent cell phagocytosis]),
l’internalisation/dégradation de la, ou des cibles) qui repose sur la partie Fab de l’IgG, ou la
points de contrôle immunitaire ou dirigés contre leurs ligands (comme PDL-1 par exemple),
redondants exploités par les tumeurs pour échapper au système immunitaire. Un mélange
émergence de clones résistants sous l’effet d’un des constituants de l’association. Enfin, en
La production des mélanges d’anticorps est globalement régie selon les bonnes pratiques de
AcM, que ce soit dans les formulations déjà approuvées ou en cours d’essais cliniques.
Toutefois, cette stratégie sera de plus en plus coûteuse si on souhaite développer des mélanges
de trois à six anticorps, avec des procédures et des contraintes de réglementation de plus en
plus lourdes et compliquées. En effet, les règlementations de l’EMA (agence européenne des
cinétique. Les procédures règlementaires sont donc dédoublées pour chaque anticorps
« principe actif », chacun étant considéré comme un biomédicament unique dans une
12
« production par un mélange de plusieurs cellules » devraient permettre de maîtriser les
d’anticorps, préparés selon la stratégie « formulation unique », à être utilisés dans des tests
cliniques de phase I et II [44]. Des essais de phase I avec le Sym004 [53] et le MM-151 [54],
obtenus selon la stratégie « formulation unique », ont obtenu l’autorisation de la FDA pour
être testés comme « biomédicament unique » en cancérologie. Il est donc nécessaire d’évaluer
pour réduire les risques et les coûts. Reste à savoir comment la FDA ou l’EMA
Un mélange oligoclonal est formulé selon un rapport stœchiométrique d’anticorps défini lors
patient traité. Ce problème doit être appréhendé dès les études précliniques. La sélection de la
particulière de chaque anticorps dans le mélange. Ainsi, le rapport stœchiométrique des six
l’exposition à la cible, forte pour l’EGFR, ou allant de moyenne à faible pour HER2 et HER3.
Cela sera encore plus vrai pour des mélanges oligoclonaux anti-infectieux pour lesquels
toxicité, observée dans certains essais cliniques de combinaison [10], souligne la nécessité de
3
Une autorisation réglementaire est requise pour la réalisation d'essais cliniques. Aux États-Unis, une demande
d'investigational new drug (ou IND) doit être déposée auprès de la FDA.
13
bien ajuster le choix de la dose dans les essais cliniques de phase I. Celle-là ne sera pas
combinaisons approuvées en clinique utilisent les doses d’anticorps identifiés dans les essais
oligoclonal, en comparaison avec chaque AcM présent dans le mélange, devra être réalisée
précocément dans des modèles précliniques pertinents afin de bien étayer le développement
clinique.
Titre niveau 1
améliorer les thérapies ciblées existantes aborde un tournant décisif. Il devrait permettre de
mimer cette réponse immunitaire humorale. Toutefois, des contraintes biologiques, pratiques
et règlementaires, doivent être franchies pour enrichir la classe pharmacologique des anticorps
Summary
Monoclonal antibodies have revolutionized the treatment of many diseases, but their clinical
effectiveness remains limited in some cases. Associations of antibodies binding to the same
14
improvement in pre-clinical and clinical trials, mainly in the field of oncology and infectious
diseases. The combinations increase the efficacy of the biological responses and override
resistance mechanisms observed with antibody monotherapy. The most common method of
formulations are developed where the separately-produced antibodies are mixed before
polyclonal master cell bank. The regulation, the toxicity and the injection sequence of these
oligoclonal antibody-based mixtures remain points to be clarified and optimized for a better
therapeutic effect.
Liens d’intérêts
Christel Larbouret, Marie-Alix Poul et Thierry Chardès déclarent avoir participé à des
interventions ponctuelles (collaboration pour des travaux scientifiques) avec les sociétés
Remerciements
Les auteurs remercient les Drs André Pèlegrin, Isabelle Navarro-Teulon, Bruno Robert,
Nadège Gaborit, Yassamine Lazrek et Gaëlle Thomas pour leur contribution aux travaux de
l’équipe auxquels il est fait référence dans cet article ; ils remercient également Véronique
pour leur assistance technique. Ces travaux ont été financés par la Ligue contre le Cancer, le
15
Références
1. Friedman LM, Rinon A, Schechter B, et al. Synergistic down-regulation of receptor tyrosine kinases by
combinations of mAbs: implications for cancer immunotherapy. Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 2005 ; 102 :
1915–1920.
3. Poulsen TT, Grandal MM, Skartved NJØ, et al. Sym015: A Highly Efficacious Antibody Mixture against
MET-Amplified Tumors. Clin. Cancer Res. 2017 ; 23 : 5923–5935.
4. Iida M, Brand TM, Starr MM, et al. Overcoming acquired resistance to cetuximab by dual targeting HER
family receptors with antibody-based therapy. Mol. Cancer 2014 ; 13 : 242.
5. Pollmann SE, Calvert VS, Rao S, et al. Acquired Resistance to a MET Antibody In Vivo Can Be
Overcome by the MET Antibody Mixture Sym015. Mol. Cancer Ther. 2018 ; 17 : 1259–1270.
6. Arena S, Siravegna G, Mussolin B, et al. MM-151 overcomes acquired resistance to cetuximab and
panitumumab in colorectal cancers harboring EGFR extracellular domain mutations. Sci Transl Med 2016
; 8 : 324ra14.
8. Thomas G, Chardès T, Gaborit N, et al. HER3 as biomarker and therapeutic target in pancreatic cancer:
new insights in pertuzumab therapy in preclinical models. Oncotarget 2014 ; 5 : 7138–7148.
10. Assenat E, Azria D, Mollevi C, et al. Dual targeting of HER1/EGFR and HER2 with cetuximab and
trastuzumab in patients with metastatic pancreatic cancer after gemcitabine failure: results of the
“THERAPY”phase 1-2 trial. Oncotarget 2015 ; 6 : 12796–12808.
11. Van Cutsem E, Eng C, Nowara E, et al. Randomized phase Ib/II trial of rilotumumab or ganitumab with
panitumumab versus panitumumab alone in patients with wild-type KRAS metastatic colorectal cancer.
Clin. Cancer Res. 2014 ; 20 : 4240–4250.
12. Mancini M, Gal H, Gaborit N, et al. An oligoclonal antibody durably overcomes resistance of lung cancer
to third-generation EGFR inhibitors. EMBO Mol Med 2018 ; 10 : 294–308.
13. Jacobsen HJ, Poulsen TT, Dahlman A, et al. Pan-HER, an Antibody Mixture Simultaneously Targeting
EGFR, HER2, and HER3, Effectively Overcomes Tumor Heterogeneity and Plasticity. Clin. Cancer Res.
2015 ; 21 : 4110–4122.
14. Strauss SJ, Morschhauser F, Rech J, et al. Multicenter phase II trial of immunotherapy with the humanized
anti-CD22 antibody, epratuzumab, in combination with rituximab, in refractory or recurrent non-
Hodgkin’s lymphoma. J. Clin. Oncol. 2006 ; 24 : 3880–3886.
15. Volk WA, Synder RM, Benjamin DC, et al. Monoclonal antibodies to the glycoprotein of vesicular
stomatitis virus: comparative neutralizing activity. J. Virol. 1982 ; 42 : 220–227.
16. Bar-On Y, Gruell H, Schoofs T, et al. Safety and antiviral activity of combination HIV-1 broadly
neutralizing antibodies in viremic individuals. Nat. Med. 2018 ; 24 : 1701–1707.
16
17. Qiu X, Audet J, Lv M, et al. Two-mAb cocktail protects macaques against the Makona variant of Ebola
virus. Sci Transl Med 2016 ; 8 : 329ra33.
18. Galun E, Eren R, Safadi R, et al. Clinical evaluation (phase I) of a combination of two human monoclonal
antibodies to HBV: safety and antiviral properties. Hepatology 2002 ; 35 : 673–679.
19. Lantto J, Haahr Hansen M, Rasmussen SK, et al. Capturing the natural diversity of the human antibody
response against vaccinia virus. J. Virol. 2011 ; 85 : 1820–1833.
20. Pascal KE, Coleman CM, Mujica AO, et al. Pre- and postexposure efficacy of fully human antibodies
against Spike protein in a novel humanized mouse model of MERS-CoV infection. Proc. Natl. Acad. Sci.
U.S.A. 2015 ; 112 : 8738–8743.
21. Bakker ABH, Marissen WE, Kramer RA, et al. Novel human monoclonal antibody combination
effectively neutralizing natural rabies virus variants and individual in vitro escape mutants. J. Virol. 2005 ;
79 : 9062–9068.
22. Marozsan AJ, Ma D, Nagashima KA, et al. Protection against Clostridium difficile infection with broadly
neutralizing antitoxin monoclonal antibodies. J. Infect. Dis. 2012 ; 206 : 706–713.
23. Fan Y, Garcia-Rodriguez C, Lou J, et al. A three monoclonal antibody combination potently neutralizes
multiple botulinum neurotoxin serotype F subtypes. PLoS ONE 2017 ; 12 : e0174187.
24. Nguyen AW, Wagner EK, Laber JR, et al. A cocktail of humanized anti-pertussis toxin antibodies limits
disease in murine and baboon models of whooping cough. Sci Transl Med 2015 ; 7 : 316ra195.
25. Curran MA, Montalvo W, Yagita H, et al. PD-1 and CTLA-4 combination blockade expands infiltrating T
cells and reduces regulatory T and myeloid cells within B16 melanoma tumors. Proc. Natl. Acad. Sci.
U.S.A. 2010 ; 107 : 4275–4280.
26. Chen S, Lee L-F, Fisher TS, et al. Combination of 4-1BB agonist and PD-1 antagonist promotes antitumor
effector/memory CD8 T cells in a poorly immunogenic tumor model. Cancer Immunol Res 2015 ; 3 : 149–
160.
27. Guo Z, Cheng D, Xia Z, et al. Combined TIM-3 blockade and CD137 activation affords the long-term
protection in a murine model of ovarian cancer. J Transl Med 2013 ; 11 : 215.
28. Chaganty BKR, Qiu S, Gest A, et al. Trastuzumab upregulates PD-L1 as a potential mechanism of
trastuzumab resistance through engagement of immune effector cells and stimulation of IFNγ secretion.
Cancer Lett. 2018 ; 430 : 47–56.
29. Baselga J, Cortés J, Kim S-B, et al. Pertuzumab plus trastuzumab plus docetaxel for metastatic breast
cancer. N. Engl. J. Med. 2012 ; 366 : 109–119.
30. Minckwitz G von, Procter M, Azambuja E de, et al. Adjuvant Pertuzumab and Trastuzumab in Early
HER2-Positive Breast Cancer. N. Engl. J. Med. 2017 ; 377 : 122–131.
31. Tabernero J, Hoff PM, Shen L, et al. Pertuzumab plus trastuzumab and chemotherapy for HER2-positive
metastatic gastric or gastro-oesophageal junction cancer (JACOB): final analysis of a double-blind,
randomised, placebo-controlled phase 3 study. Lancet Oncol. 2018 ; 19 : 1372–1384.
32. Tol J, Koopman M, Cats A, et al. Chemotherapy, Bevacizumab, and Cetuximab in Metastatic Colorectal
Cancer. New England Journal of Medicine 2009 ; 360 : 563–572.
33. Hecht JR, Mitchell E, Chidiac T, et al. A randomized phase IIIB trial of chemotherapy, bevacizumab, and
panitumumab compared with chemotherapy and bevacizumab alone for metastatic colorectal cancer. J.
Clin. Oncol. 2009 ; 27 : 672–680.
17
34. Gianni L, Romieu GH, Lichinitser M, et al. AVEREL: a randomized phase III Trial evaluating
bevacizumab in combination with docetaxel and trastuzumab as first-line therapy for HER2-positive
locally recurrent/metastatic breast cancer. J. Clin. Oncol. 2013 ; 31 : 1719–1725.
35. Heskamp S, Boerman OC, Molkenboer-Kuenen JDM, et al. Cetuximab reduces the accumulation of
radiolabeled bevacizumab in cancer xenografts without decreasing VEGF expression. Mol. Pharm. 2014 ;
11 : 4249–4257.
36. Wolchok JD, Kluger H, Callahan MK, et al. Nivolumab plus ipilimumab in advanced melanoma. N. Engl.
J. Med. 2013 ; 369 : 122–133.
37. Wolchok JD, Chiarion-Sileni V, Gonzalez R, et al. Overall Survival with Combined Nivolumab and
Ipilimumab in Advanced Melanoma. N. Engl. J. Med. 2017 ; 377 : 1345–1356.
38. Larkin J, Chiarion-Sileni V, Gonzalez R, et al. Combined Nivolumab and Ipilimumab or Monotherapy in
Untreated Melanoma. N. Engl. J. Med. 2015 ; 373 : 23–34.
39. Socinski MA, Jotte RM, Cappuzzo F, et al. Atezolizumab for First-Line Treatment of Metastatic
Nonsquamous NSCLC. N. Engl. J. Med. 2018 ; 378 : 2288–2301.
40. Henricks LM, Schellens JHM, Huitema ADR, et al. The use of combinations of monoclonal antibodies in
clinical oncology. Cancer Treat. Rev. 2015 ; 41 : 859–867.
41. Corti D, Kearns JD. Promises and pitfalls for recombinant oligoclonal antibodies-based therapeutics in
cancer and infectious disease. Curr. Opin. Immunol. 2016 ; 40 : 51–61.
42. Chae YK, Arya A, Iams W, et al. Current landscape and future of dual anti-CTLA4 and PD-1/PD-L1
blockade immunotherapy in cancer; lessons learned from clinical trials with melanoma and non-small cell
lung cancer (NSCLC). J Immunother Cancer 2018 ; 6 : 39.
43. Pedersen MW, Jacobsen HJ, Koefoed K, et al. Sym004: a novel synergistic anti-epidermal growth factor
receptor antibody mixture with superior anticancer efficacy. Cancer Res. 2010 ; 70 : 588–597.
44. Nayak SU, Griffiss JM, McKenzie R, et al. Safety and pharmacokinetics of XOMA 3AB, a novel mixture
of three monoclonal antibodies against botulinum toxin A. Antimicrob. Agents Chemother. 2014 ; 58 :
5047–5053.
45. Napolitano S, Martini G, Martinelli E, et al. Antitumor efficacy of triple monoclonal antibody inhibition
of epidermal growth factor receptor (EGFR) with MM151 in EGFR-dependent and in cetuximab-resistant
human colorectal cancer cells. Oncotarget 2017 ; 8 : 82773–82783.
46. Kruif J de, Kramer A, Nijhuis R, et al. Generation of stable cell clones expressing mixtures of human
antibodies. Biotechnol. Bioeng. 2010 ; 106 : 741–750.
47. Geuijen CAW, De Nardis C, Maussang D, et al. Unbiased Combinatorial Screening Identifies a Bispecific
IgG1 that Potently Inhibits HER3 Signaling via HER2-Guided Ligand Blockade. Cancer Cell 2018 ; 33 :
922-936.e10.
48. Rasmussen SK, Nielsen LS, Müller C, et al. Recombinant antibody mixtures; optimization of cell line
generation and single-batch manufacturing processes. BMC Proc 2011 ; 5 Suppl 8 : O2.
49. Wiberg FC, Rasmussen SK, Frandsen TP, et al. Production of target-specific recombinant human
polyclonal antibodies in mammalian cells. Biotechnol. Bioeng. 2006 ; 94 : 396–405.
50. Robak T, Windyga J, Trelinski J, et al. Rozrolimupab, a mixture of 25 recombinant human monoclonal
RhD antibodies, in the treatment of primary immune thrombocytopenia. Blood 2012 ; 120 : 3670–3676.
51. Chon JH, Zarbis-Papastoitsis G. Advances in the production and downstream processing of antibodies. N
Biotechnol 2011 ; 28 : 458–463.
18
52. Rasmussen SK, Næsted H, Müller C, et al. Recombinant antibody mixtures: production strategies and cost
considerations. Arch. Biochem. Biophys. 2012 ; 526 : 139–145.
53. Kojima T, Yamazaki K, Kato K, et al. Phase I dose-escalation trial of Sym004, an anti-EGFR antibody
mixture, in Japanese patients with advanced solid tumors. Cancer Sci. 2018 ; 109 : 3253–3262.
54. Lieu CH, Harb WA, Beeram M, et al. Phase 1 trial of MM-151, a novel oligoclonal anti-EGFR antibody
combination in patients with refractory solid tumors. JCO 2014 ; 32 : 2518–2518.
55. Carvalho S, Levi-Schaffer F, Sela M, et al. Immunotherapy of cancer: from monoclonal to oligoclonal
cocktails of anti-cancer antibodies: IUPHAR Review 18. Br. J. Pharmacol. 2016 ; 173 : 1407–1424.
Tableaux
* : développement stoppé.
19
20
21
Tab.1. Principaux mélanges d'anticorps développés en infectiologie
Virus de l'immunodéficience humaine 3BNC117 + 10-1074 Séparée CD4bs-gp120 + V3 glycan site Env Phase I 2018
VRC01LS + 10-1074 Séparée CD4bs-gp120 + V3 glycan site Env Phase I/II 2018
10E8VLS + VRC07-523LS Séparée gp41 + CD4bs-gp120 Phase I 2018
VRC01LS + VRC07-523LS Séparée CD4bs-gp120 + CD4bs-gp120 Phase I 2018
PGDM1400 + PGT121 Séparée V2-loop Env + V3 glycan site Env Phase I 2017
2G12 + 4E10 + 2F5 Unique Env Phase I/II 2007
Virus de la grippe CT-P27 Unique Hémaglutinines groupe 1 et 2 Phase IIb 2018
CR8020 + CR6261 Séparée Hémaglutinines Phase IIa 2014
Clostridium difficile MK-6072 + MK-3415A Séparée Toxines A et B Phase III 2018
MK-3415 + MK-6072 + MK-3415A Séparée Toxines A et B Phase III 2018
MK-6072 + MK-3415A Séparée Toxines A et B Phase III 2018
GS-CDA1 + MDX-1388 Séparée Toxines A et B Phase II 2010
Shigella caStx1 + CaStx2 Unique Toxines Shiga 1 et 2 Phase II 2013
Virus de la rage SYN023 (CTB011 + CTB012) Unique Rabies G protein Phase I 2018
CL184 Unique Rabies G protein Phase II 2013
Virus respiratoire syncitial Motavizumab (MEDI-524) + Palivizumab Séparée RSV Phase II 2012
Clostridium botulinum NTM-1633 (XE02 + XE06 + XE17) Unique Neurotoxines E1, E3 et E4 Phase I 2018
NTM-1634 (XC41+XC42+XC44+XC84) Unique Neurotoxines C et D Phase I 2018
NTM-1632 (3 Abs) Unique Neurotoxine B Phase I 2017
Xoma 3AB Unique Neurotoxine A Phase I 2014
Virus Ebola GamEMab Unique Ebola Phase I 2018
Zmapp (Zmab + c2G4 + c4G7) Unique Protéine GP Phase I 2018
REGN3470+3471+3479 Unique protéine GP Phase I 2018
MERS coronavirus REGN3048 + REGN3051 Séparée Protéine Spike Phase I 2018
Staphylococcus aureus ASN100 (ASN-1 + ASN-2) Unique a-hémolysine et leukotoxines Phase II 2018
22
Tab.2. Principaux mélanges d'anticorps développés en oncologie
23
Tab.3. Avantages et inconvénients des combinaisons d'anticorps.
Avantages Inconvénients
24