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Exploitation minière et droits communautaires au Katanga

Le document traite de l'exploitation minière dans le Haut-Katanga, en se concentrant sur l'entreprise CHEMAF et son impact sur la communauté environnante. Il souligne les violations des droits de l'homme, la dégradation environnementale et le manque de développement dans le quartier Kabetsha, malgré la richesse minière de la région. Le texte appelle à une meilleure régulation et à une responsabilité sociale accrue des entreprises minières envers les communautés affectées.

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Exploitation minière et droits communautaires au Katanga

Le document traite de l'exploitation minière dans le Haut-Katanga, en se concentrant sur l'entreprise CHEMAF et son impact sur la communauté environnante. Il souligne les violations des droits de l'homme, la dégradation environnementale et le manque de développement dans le quartier Kabetsha, malgré la richesse minière de la région. Le texte appelle à une meilleure régulation et à une responsabilité sociale accrue des entreprises minières envers les communautés affectées.

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1

De l’exploitation minière et des droits au développement


reconnus à la communauté environnante dans le Haut-
Katanga. Cas de l’entreprise CHEMAF

Chapitre 1 : Approche conceptuelle de l’exploitation minière et de la communauté


environnante

Chap 2 : Mécanisme de gestion de la communauté environnante à une exploitation minière

Chap 3 : Apport de l’entreprise Chemaf au quartier Kabetsha


2

INTRODUCTION GENERALE

I. Présentation du sujet

Le secteur minier est l'un des piliers majeurs qui sous-tend, depuis des lustres,
l'économie congolaise. Le sous-sol du pays regorge des incommensurables réserves minières
essentielles à la nouvelle technologie. Mais au lieu de contribuer à la croissance et au
développement, l’extraction des minerais n’a produit que l’effet contraire : l’accroissement de
la pauvreté et du chômage, la destruction de l’environnement et les abus des droits de
l’homme. Qui pis est, le pays est en proie aux nouveaux prédateurs1 constitués des
multinationales qui se livrent, au grand dam du peuple congolais, à une bataille visant l’accès
aux matières premières stratégiques, indispensables pour l’économie mondiale et le
développement technologique. Laquelle bataille est matérialisée par le financement des
groupes armés qui écument le Kivu et le Katanga.

Vu sous le prisme économique, le secteur minier congolais nécessite une


réglementation particulière qui profite pleinement et visiblement au peuple. Cette quête de
stabilité d’une économie de développement, qui supplée l’économie de guerre ou de
prédation, est perceptible à travers la succession des réformes réglementaires. L’ancienne loi
minière de 1981 a démontré son obsolescence en raison de l’économie de guerre 2 et du
contexte mondial de libéralisation économique. Elle est remplacée par la loi n°007/2002 du
11 juillet 2002 portant le code minier. Ce processus de réforme a continué à travers la ré-
visitation des contrats miniers en 2007, les états généraux des mines en 2008, la renégociation
des contrats, le projet PROMINES en 2009. C’est dans ce même contexte que s’inscrit
l'adoption et la promulgation de la loi n°18/001 du 09 mars 2018.

Cette dernière révision est motivée entre autres par le souci d’accroître le niveau de
contrôle de la gestion du domaine minier de l’Etat, des titres miniers et des carrières, de
repréciser les éléments relatifs à la responsabilité sociale et environnementale des entreprises
minières à l’égard des communautés affectées par leurs projets.3

1
Colette Braeckman, Les nouveaux prédateurs : Politique des puissances en Afrique centrale, Bruxelles,
Aden, 2009.
2
Jacques Nzumbu Mwanga, Pouvoir et affaires dans une zone à déficit de gouvernance. Les enjeux de la réforme minière en RDC de 2002
à 2009, Kinshasa, Cepas, 2011, p.23
3
Exposé des motifs de la Loi n°18/001 du 09 mars 2018 modifiant et complétant la Loi n° 007/2002 du 11
juillet 2002 portant Code minier
3

Ainsi, dans le souci d’une redistribution équitable des richesses aux congolais, la
nouvelle loi apporte des innovations assez intéressantes. Parmi celles-ci, on retient :

-l’exclusivité de l’activité de la sous-traitance dans le secteur de mines et carrières aux seules


sociétés dont la majorité du capital est détenue par des congolais ;

-la participation requise d’au moins 10 % des personnes physiques de nationalité congolaise
dans le capital social des sociétés minières ;

- la restriction d’accès à l’exploitation artisanale aux seules personnes physiques majeures de


nationalité congolaise, membres d’une coopérative agréée ;

- l’introduction du certificat environnemental pour l’obtention d’un permis d’exploitation.

A cet effet, il sied de reconnaître que les minerais constituent une ressource
épuisable et partant non renouvelable. Mais en disposer relève d’une sinécure tandis que son
utilisation rationnelle d’une véritable gageure pour le développement du pays. Par contre, une
exploitation arbitraire et abusive présente un danger certain pour l'environnement.

Cette destruction programmée de l’environnement n’épargne pas le quartier


Kabetsha qui héberge la société Chemaf. La pollution de l’air et de l’eau due aux déchets
toxiques de traitement des minerais ainsi que les radiations constituent des externalités
négatives de cet exploitant minier. En contrepartie, le quartier ne bénéficie pas de la rente de
l’exploitation minière par l’entreprise. Il demeure pourtant dans l’extrême pauvreté sans
infrastructures de base : hôpital, école viable, source d’adduction d’eau potable. Le chômage
généralisé caractérise la population environnante. La quête de la survie a jeté la population
dans l’économie informelle et l’agriculture de subsistance. La précarité de la vie, la
promiscuité et la misère dans laquelle végète la population constituent des preuves
irréfutables de ce mépris couronné par l’insécurité qui bat son plus fort record.

Pourtant, des actions ponctuelles attendues sur son environnement n’importe


nullement l’exploitant minier. Au contraire, les normes environnementales sont sciemment et
volontairement violées par ce dernier. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous portons
notre attention sur le sujet dénommé ‘‘l'exploitation minière et des droits au développement
reconnus à la communauté environnante dans le Haut-Katanga : cas de l'entreprise Chemaf’’.

Il appert que l’exploitation minière constitue indéniablement une activité dangereuse


de la vie environnementale. C’est pour cette raison que le code minier révisé exige que toute
4

personne désireuse d’exploiter les minerais joigne, à l'appui de la demande d'un permis, une
étude d'impact environnemental (EIE) et un plan de gestion environnemental du projet
(PGEP)4.

II. Choix et intérêt du sujet

II.1. Choix du sujet

Notre choix sur ce sujet n'est pas fortuit. En abordant une étude critique et
suggestive sur l'exploitation minière de CHEMAF vis-à-vis du respect de droit de
l'environnement en R.D.C, nous voulons démontrer que le code minier semble être négligé,
voire même ignoré par les exploitants. Ainsi, ce sujet constitue d'une part un vade mecum et
d'autre part un rappel pour ce qui est des normes environnementales.

II.2. Intérêt du sujet

Chaque sujet scientifique, pour sa valeur, doit présenter certains intérêts pour sa
contribution à la société. Cependant, notre sujet présente quatre intérêts, à savoir : personnel,
scientifique, social et politique.

a. Intérêt personnel

L'intérêt est l'élément moteur qui pousse les hommes et les femmes à poser les actes
réfléchis. Suite à notre étude basée sur l'exploitation minière, ce sujet nous a permis
d'approfondir notre connaissance en matière d'exploitation minière et du droit de
l'environnement.

b. Intérêt social

La population congolaise et particulièrement celle du Katanga est victime de la


pollution de l'environnement suite au non-respect du droit de l'environnement. Ainsi, ce sujet
jouera d'une part le rôle d'information et de formation de la population sur la réglementation
minière et d'autre part rappeler aux exploitants miniers de tenir compte des normes
environnementales.

c. Intérêt scientifique

Ce travail constitue également une documentation de base pour les uns, de curiosité
pour les autres dans le domaine minier et de l'environnement. Ainsi pour cette recherche,

4
Journal Officiel de la RDC, loi n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant code minier.
5

notre ambition est d’apporter une plus-value dans ce domaine afin d’ouvrir des brèches pour
des recherches ultérieures.

d. Intérêt politique

Quant aux autorités politico-administratives, la lecture de ce travail pourra réveiller


leur conscience sur la destruction de l’environnement et l’exploitation abusive des minerais
sans contrepartie sociale.

III. Problématique et hypothèse

III.1. Problématique

Elle est la question fondamentale que le chercheur se pose et qui guide son action. 5
Très souvent, nous remarquons que dans les exploitations minières, il y a satisfaction dans le
chef des exploitants miniers et la frustration dans celui de la communauté environnante. Ce
constat nous a poussée à réfléchir sur ce thème. Pour ce motif, dans ce travail nous nous
efforcerons de répondre aux questions suivantes :

[Link] l’entreprise Chemaf intervient-elle dans le développement du quartier Kabetsha,


siège de son exploitation ?

2.L'environnement de Chemaf est-il sain ?

Étant donné que chacune de ces questions mérite une réponse, nous répondrons pour
notre part. Néanmoins, les autres peuvent opposer des arguments contraires en apportant les
preuves irréfutables dans la mesure où nulle personne ne détient la science infuse. Néanmoins
nos affirmations sont soutenues et étayées par des évidences de notre enquête.

III.2. Hypothèse

En posant une question, on est censé disposer de la moitié de la réponse. C'est dans
cet ordre d'idées que tout travail scientifique doit s'organiser autour d'une ou plusieurs
hypothèses. En soi, l'hypothèse est une réponse provisoire à la question de la problématique.
Les droits de la communauté environnante des sites qui servent à l'exploitation minière
posent beaucoup de problèmes en République Démocratique du Congo en général et dans le
Haut-Katanga en particulier. Pour répondre aux préoccupations susvisées, nous pensons que:
-dans le premier cas, l'entreprise Chemaf n'intervient pas au développement de Kabetsha, car

5
KALUNGA TSHIKALA Victor, Rédaction de mémoire en Droit : guide pratique, édition de col, Lubumbashi, 2012, p.9.
6

les habitants vivent dans un environnement malsain couplé à une promiscuité indescriptible et
une misère noire. Ils se retrouvent dans l'incapacité de pratiquer l'agriculture suite à
l’infertilité du sol et la pollution des eaux par l'entreprise Chemaf.

-dans le deuxième cas, l'environnement de Chemaf est malsain. La pollution de l'air provoque
des problèmes de santé aux population environnantes.

IV. Etat de la question

Il est d'après WENU BECKER, l'inventaire des publications dans le domaine qui
permet au chercheur de situer son apport à ces travaux. Ceci l'aidera à recueillir des
informations générales et utiles pour sa recherche.6

Le secteur minier, si intéressant soit-il, ne permet pas au monde scientifique de se


taire. Quelques mémorants se sont déjà intéressés au dit secteur et y ont apporté leurs
contributions de diverses manières. C'est en l'occurrence :

*KINDAMUNANGA-NANGA Fanfan, dans son mémoire intitulé « le secteur industriel et la


problématique du développement économique de la province du Katanga », estime que le
développement du Katanga est garni à un grand pourcentage par le secteur industriel du fait
de la multiplicité des entreprises minières et d'autres entreprises de transformation.
L'industrie ou le secteur industriel joue un rôle crucial dans le développement économique de
la province du Katanga en particulier et de toute la nation en général car grâce à l'industrie on
a : les biens produits localement, la création des emplois, les impôts, taxes payés, les
infrastructures de base aménagées (routes, écoles, hôpitaux), la réduction de la pauvreté. 7

*MUKEKWA MWILU Sandra, dans le but de prouver que le secteur minier est bénéfique
également à la communauté environnante, affirme que la compagnie (en parlant d'Anvil
Mining) travaille avec les institutions gouvernementales locales pour développer des
infrastructures qui soutiennent un investissement et un développement responsable des
ressources. En plus, le projet de Kinsevere emploie beaucoup d'hommes des villages
environnants la mine par le biais de ses divers partenaires (sous-traitants). Pour faire,
l'entreprise a un apport social considérable en ce qu'elle a : construit des infrastructures

6
WENU BECKER, Recherche scientifique : théorie et pratique, presse PAPY DIEM, cité universitaire
7
KINDA MUNANGA NANGA FANFAN, « Le secteur industriel et la problématique du développement économique de la province du
Katanga », UNILU, 2011, pp.3-4.
7

(ponts, lignes électriques publiques, servi à l'approvisionnement en eau potable des villages
environnants, fait également son intervention dans le domaine de la santé publique).8

Cependant, nous estimons impérieux de préciser dans ce travail que le secteur minier
s'avère important à l'économie nationale, à la communauté environnante et ainsi aux
exploitants miniers eux-mêmes. Mais il ne va pas sans présenter des conséquences néfastes à
l'égard de cette communauté. Cette affirmation rencontre celle de Philippe Malingrey dans
son ouvrage intitulé « introduction au droit de l’environnement » dans lequel l'auteur affirme
que l'exploitation minière est susceptible de générer des nuisances et altérer la qualité du
milieu et notamment l'eau, le sol, l'air et le milieu marin. Cette altération est un vecteur des
diverses maladies, notamment le saturnisme qui est « une maladie qui se caractérise par une
concentration trop importante de plomb dans le sang et qui peut avoir de graves conséquences
sur le développement intellectuel et psychomoteur de l’enfant »9.

V. Méthodes et techniques du travail

V.1.Méthodes

Le dictionnaire Petit Robert définit la méthode comme l'ensemble des démarches


que suit l'esprit pour découvrir et démontrer la vérité. La méthode s'appréhende ainsi comme
étant « l’ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à
atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre et les vérifie »10.

En effet, il n'existe pas de méthode qui soit parfaite. Dans le cadre de ce travail, deux
méthodes d’analyse nous paraissent idoines. Il s'agit de:

a. La méthode fonctionnelle

Elle vise à attribuer à la règle une fonction objective qui peut être différente de celle
visée par l'auteur. Elle nous a permis de pénétrer la pensée de l’auteur en tenant compte de la
situation actuelle sur l'exploitation minière et sur le droit de l'environnement.

8
MUKEKWA MWILU Sandra, « L’implication socio-économique d’un projet d’investissement dans une entreprise minière du Katanga : Cas
de la MCK mining sprl, Mémoire, UNILU, 2010, pp57 – 61.
9
Philippe Malingrey, Introduction au droit de l’environnement, 3ème édition, Lavoisier, Paris, 2007, p.291.
10
Ronger Pinto et Madeleine Grawitz, Méthode des sciences sociales, Editions Dalloz, Paris, 1971, p. 289 cité par MULUMBATI
NGASHA Adrien, Manuel de sociologie générale, édition Africa, Lubumbashi, 2010, p.19.
8

b. Méthode exégétique

Cette méthode est utilisée dans la compréhension du texte par la recherche de


l'intention du législateur. Elle consiste à interpréter, à expliciter la volonté du législateur qui a
été à l'origine de la norme. Celle-ci nous a permis de bien comprendre l'idée qu'avait le
législateur sur l'exploitation minière.

c. Méthode questionnaire

Les questionnaires sont des formulaires qui sont remplis et retournés par le
déclarant. L’entretien est le « procédé d’investigation scientifique, utilisant un processus de
communication verbale, pour recueillir des informations, en relation avec le but fixé »11. Cette
méthode nous sera utile dans la mesure où, pour cette combinaison, « le choix des enquêtés et
surtout l’objectif sont plus précis…Les personnes que l’on interroge sont celles qui ont été
impliquées dans la situation concrète que l’on veut analyser »12. Cette méthode va nous aider à
entrer en contact avec les habitants du quartier Kabetsha ainsi que les autorités politico-
administratives.

[Link] de recherche

Elles constituent l'ensemble des outils qui sont au service de la méthode. Vues de
cette façon, les techniques se présentent comme des moyens qui permettent au chercheur
d'acquérir et de traiter les données dont il a besoin pour comprendre ou expliquer un
phénomène ou un sujet d'étude.

a. Technique documentaire

Cette technique documentaire met les chercheurs en présence des documents,


contenant les informations recherchées. Elle consistera à l’exploitation des ouvrages, articles,
rapports, travaux de recherche, textes de la règlementation nationale et internationale relatifs
à la gouvernance minière en RDC.

b. Technique d'échantillonnage probabiliste

Cette technique est celle qui offre au chercheur une certaine garantie, lors du
processus de généralisation. Elle donne la possibilité en s’appuyant sur les lois du calcul des

11
Madeleine Grawitz, Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 11ème édition, 2001, p.643.
12
Ibid., p.554
9

probabilités de préciser le risque qu'il prend en généralisant, à l'ensemble de la population les


mesures effectuées auprès d'un échantillon.

VI. Délimitation du sujet

Pour éviter de s’éparpiller, le chercheur doit déterminer les limites dans lesquelles il
circonscrit ses recherches. Ce travail se limitera dans le temps et dans l'espace. Il se limitera
dans la ville de Lubumbashi, au quartier Kabetsha, siège d’exploitation de l'entreprise sous
étude. Dans le temps, ce présent travail s'étendra de la période allant de l'année 2019-2020,
parce que ce sont les années que nous avons fait des recherches.

Quant au champ matériel, l’ensemble de ce travail sera traité sous l’angle du droit
public congolais et du droit international public. Nous ferons donc appel à certains
instruments internationaux par rapport aux abus et au non-respect du droit international dans
l’exploitation minière en RDC, aux violations des droits de l’homme, aux atteintes au droit de
l’environnement et aux droits du commerce international. Le droit public interne, quant à lui,
penchera davantage vers le droit minier congolais.

VII. Plan sommaire

Dans le but de mieux structurer notre réflexion, nous présentons ce travail en trois
chapitres. Le premier chapitre porte sur l’approche conceptuelle de l’exploitation minière et
de la communauté environnante. Il s’agit dans un premier temps de définir les différents
concepts qui entourent ce sujet afin de lever toute ambiguïté sur la compréhension du travail.
Dans un second temps, nous parlerons de l’approche théorique sur la gouvernance minière et
la gestion environnementale.

Le deuxième chapitre met l’accent sur le mécanisme de gestion de la communauté


environnante à une exploitation minière. Il importe de savoir déjà à ce niveau qu’une
exploitation minière entrainant, irrémédiablement, des impacts aussi bien sur les humains que
sur les autres espèces faunistiques et floristiques mérite une attention particulière. Sa
responsabilité sociale devrait la pousser à compenser ses impacts dans les domaines de la
santé, de l’éducation, de la formation professionnelle, mais aussi de développer des projets
générateurs de revenus pour les populations locales. Le chapitre s’évertuera à présenter le
quartier sous étude ainsi que l’entreprise minière qui y est implantée.
10

Le troisième chapitre consistera à démontrer l’apport de l’entreprise Chemaf au


quartier Kabetsha. Sur base des données de l’enquête sociale ainsi que des interviews
réalisées, l’analyse pourra argumenter les effets positifs ou négatifs de l’entreprise minière
sur le quartier.
11

Chapitre premier : Approche conceptuelle de l’exploitation minière et de


la communauté environnante

Toute étude scientifique, pour sa bonne compréhension, demande de cerner les


notions fondamentales. La démarche prise a l’avantage de nous permettre de parler tous un
même langage. Dans les lignes qui suivent, nous donnerons la définition de concepts de base,
la théorie générale et nous toucherons aux concepts connexes.

Toute définition varie selon le contexte dans lequel elle se trouve, en suivant la
compréhension, la réalité que l’on se propose d’étudier. Notre but est de définir les concepts
de base de notre sujet d’étude en vue d’élaguer toute la confusion à nos lecteurs.

Ce chapitre porte sur deux sections : le cadre conceptuel, qui consiste à définir les
concepts de base ; le cadre théorique qui consiste à donner les théories sur l’exploitation
minière et sur le droit de l’environnement.

Section 1. Cadre conceptuel

Cette section s’attèle à clarifier certains concepts en vue d’élaguer des éventuelles
confusions dans l’appréhension du travail. Elle explicite des concepts qui entourent le sujet
développé ainsi que des termes connexes.

1.1. Mine

La mine est définie comme gisement des substances minérales à la faucille


renfermée dans le sein de la terre où existant à la surface. C’est une cavité creusée dans le sol
pour extraire divers minerais.13

Selon Microsoft Encarta, les mines sont des cavités à la galerie souterraine, creusées
pour permettre l’extraction (une mine, le gisement naturel) des minerais. Nous avons les
minerais comme mélange d’élément chimique présent dans la nature sous forme des roches
(agrégat minérales) où plusieurs d’entre eux présentent un intérêt industriel ou artisanal. C’est
aussi des produits énergétiques qu’on trouve dans le sous-sol d’un espace donné. Les

13
Dictionnaire encyclopédique, p.1019.
12

minerais du globe et dans le sous-sol leur exploitation est décidée en fonction de leur teneur
en élément commercialisable et de cours sur le marché international.14

Dans ce sens, on parle de la mine congolaise de Tshinkolobwe qui regorge le


minerais d’Uranium qui a mis fin à la guerre mondiale par le bombardement des villes
japonaises d’Hiroshima et Nagasaki.

1.2. Minerais

Le terme « minerais » désigne une roche, un minéral ou une association des


minéraux contenant un ou plusieurs éléments chimiques utiles en teneur, suffisamment
importante pour permettre leur exploitation.15 Un minerai est un matériel solide naturel qui
contient une substance utile dans l’extraction générale des profits. 16 Il est également une
roche contenant des minéraux ou des substances utiles en proportion économique
intéressante, pour justifier l’exploitation et nécessite une transformation pour être utilisé par
l’industrie.17 Nous disons qu’un minerai est une roche qui représente une utilité profitable à
une industrie, après une transformation en vue d’une exploitation.

L’ex-province du Katanga recèle des immenses réserves connues en des proportions


suivantes des minerais de cobalt (87%), cuivre (60%), germanium (20%), zinc (15%) et du
plomb (12%), cadmium (20%), manganèse (35%), l’uranium (52%). Le premier minerai dont
la province regorge la plus grande réserve mondiale fait l’objet de toute convoitise car il est
l’enjeu de la technologie du siècle et constitue le principal intrant des voitures électriques et
des appareils électroniques (TV plasma, ordinateurs portables, jeux consoles, etc).

1.3. Gisement

Un gisement, ou gîte, est l'endroit où se trouve (où gît) une substance minérale
exploitable.18 Cet endroit est défini par ses trois coordonnées spatiales : longitude, latitude et
profondeur. La substance sera, selon les cas, des métaux (gisement métallifère), du pétrole
(gisement pétrolifère), de l'eau (gisement aquifère), des matériaux (gisement de barytine,

14
Microsoft Encarta 2009.
15
Nicolas T Arndt, Clément Ganino, Stephen Kesler, Ressources minérales, origine, nature, exploitation, Dunod, 2010, p.10.
16
Lexique : collection la mine en France. Tome 13, p.31.
17
Guillaume Josse, Futura planète, portail web. Sarl
18
Journal Officiel, loi n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant code minier.
13

fluorine, etc.), et même, par extension, des fossiles (gisement fossilifère), ou éventuellement
des cristaux minéralogiques. Un métal n'est exploitable que si sa teneur dans la roche est plus
forte que sa teneur moyenne dans l'écorce terrestre (ou clarke).

Pourtant l’engouement et l’espoir suscités par l’arrivée massive des sociétés


minières au Katanga démontre à suffisance la forte teneur que comporte le minerai dans
plusieurs gisements disséminés dans la province.

1.4. Exploitation minière

L’exploitation minière est une notion vaste et difficile à cerner. Les définitions qui
en sont données sont souvent critiquables. De manière simpliste, on dit que l’exploitation
minière consiste à extraire, à raffiner ou à traiter des roches et des minéraux présentant une
valeur économique. Retenons tout de même une définition qui nous semble quelque peu
complète. L’exploitation minière est une opération par laquelle, une personne se livre, à partir
d’un gisement artificiel et éventuellement à son traitement afin de l’utiliser ou de le
commercialiser.19

Elle effectue ensuite à l’exploration, si l’existence d’un gisement exploitable est


prouvée et l’ensemble des activités socio-économiques qui sont menées pour obtenir
l’extraire des ressources d’une mine (un dépôt des minéraux). 20 L’exploitation minière
consiste à extraire, à raffiner ou à traiter des roches et des minerais présentant une valeur
économique. Les produits minéraux notamment : le cobalt, l’or, l’argent, le fer, le cuivre, le
zinc, et le nickel sont essentiels pour une société industrielle moderne.21

L’exploitation minière est une industrie primaire importante au même titre que
l’agriculture, l’exploitation forestière et la pèche, à la différence de ces dernières, elle
présente une intensité technico-économique forte, coûteuse. Elle présente une intensité
capitalistique élevée dû à l’utilisation intensive de technologies avancées. 22 L’exploitation
minière est une activité liée aux roches, substances minérales afin de se procurer un profit.

19
Kalunga Tshikala, Cours de droit minier, G3 UNILU, 2016 – 2017.
20
Dictionnaire-notre [Link]
21
John Sandlos, ARN Keeling, Exploitation minière, page d’accueil articulé et publié le 04 juillet 2009.
22
Kilondo Nguya Didier, Territoire produit par l’industrie minière et rupture des filiation ouvrières, p.11, thèse de doctorat
14

En effet, jusqu’en 2008, la République Démocratique du Congo comptait 4.353


permis de recherche, 471 permis d’exploitation, 59 permis d’exploitation de petites mines et
76 autres permis délivrés aux entrepreneurs miniers.23

De manière générale, le processus minier est réparti en plusieurs étapes dont :


Prospection, Développement (Construction de routes d’accès, Préparation et déblaiement du
site, Exploitation à ciel ouvert), Exploitation minière active, Exploitation des Placers,
Exploitation souterraine, Réouverture des mines inactives ou abandonnées et retraitement des
résidus), Evacuation des morts terrains et des déchets de roche, Extraction du minerai,
Enrichissement, Evacuation des résidus, Réhabilitation et fermeture de site minier.

Il y a différents types d’exploitation minière en RDC. Dont nous citons :


Exploitation industrielle, à petite échelle, ainsi qu’artisanale :

a) Exploitation industrielle

L’exploitation industrielle est aussi appelée exploitation à grande échelle ou des


grandes mines, est celle qui emploie plus de 40 employés et ces derniers extraient la presque
totalité des ressources prélevées.24 Elle exige des gros investissements, des installations fixes
de grande taille et l’utilisation des procédés industriels, qui passent par la mise en évidence
d’un gisement, extraction, traitement et transformation des substances minérales. Son
investissement va au-delà de 1million d’euros et sa durée de vie est
supérieure à 5 ans.25

La ruée des entreprises minières en RDC pendant la guerre a renforcé l’idée que ces
entreprises, sans véritablement investir dans le domaine socio-économique en RDC, ont
profité du climat d’insécurité pour rentabiliser leurs projets miniers. Pour sécuriser leurs
investissements et profiter de la manne minière à faible coût, ces entreprises du secteur
industriel ont dû signer des contrats léonins avec différents belligérants en échange des
commodités financières et militaires.

23
Banque Mondiale République Démocratique du Congo, La bonne gouvernance dans le secteur minier comme moteur de croissance,
Banque Mondiale, 2008, p.18.
24
Les mines, in [Link], le 26 février 2008.
25
Joseph Kumwimba M., La problématique de l’exploitation minière artisanale, dans la province du Katanga, Inédit.
15

b) Exploitation à petite échelle

L’exploitation à petite échelle est toute cavité par la quelle, une personne se livre à
une exploitation de petite taille et permanente, exigeant un minimum d’installations fixes en
utilisant des procédés semi-industriels, après la mise en évidence d’un gisement21 l’ONU
tient compte du nombre d’employés, du tonnage exploité et du chiffre d’investissement. Pour
elle, l’exploitation à petite échelle est celle qui produit moins de 50.000 tonnes par an,
employant moins de 40 employés, pour un investissement de moins de 1 million d’euros. Sa
durée de vie est de moins de 5 ans.26

c) Exploitation artisanale

Le code minier énonce que l’exploitant artisanal est autorisé à exploiter toutes
substances minérales présentes dans les zones d’exploitation artisanale(ZEA) définies et
déterminées par le ministre des mines. L’exploitant artisanal est obligé d’acquérir une carte
d’exploitant artisanal, pour faire reconnaitre son statut. Il ne peut vendre sa production
minière qu’aux négociants qui disposent d’une carte de négociant aux comptoirs d’achat
agrées ou dans les marchés.

Cette exploitation se fait dans une zone d’exploitation artisanale(ZEA) qui peut être
transformé en une concession industrielle ou semi-industrielle, suite à la découverte d’un
gisement d’une importance suffisante, pour justifier une telle modification. Les artisanaux
sont censé de respecter la disposition du règlement minier en matière de protection de
l’environnement, d’hygiène, d’utilisation de l’eau et de sécurité.27

En termes de production et de nombre de personnes impliquées, l’exploitation


minière artisanale est le secteur le plus important de l’activité minière en RDC. En effet,
environ 90% de la production minière en RDC provient de l’exploitation artisanale et le
secteur est desservi par environ 2.000.000 de creuseurs 28, pour la Banque Mondiale, même si
ce chiffre fait débat car le nombre exact d’exploitants artisanaux est difficile à connaitre avec
certitude, à cause de l’opacité et de la complexité du secteur. L’exploitation artisanale nourrit

26
Journal Officiel de la RDC, Loi n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant code minier.
27
Les mines, in [Link], le 29 juin 2009
28
Ibid, p.61
16

entre 8 et 10 millions de personnes en RDC.29 Il y a une différence à faire entre ces 3 types
exploitations :

Tableau n°1 : Différence entre les formes d’exploitation minière

Rubriques Exploitation industrielle Exploitation à petite échelle Exploitation artisanale

Permanente et
Nature des installation Permanente mais minimum Non permanente
importante

Nature des procédés Industrielle ou semi-


Industrielle Non Industrielle
d'exploitation industrielle

Gisement pauvre et
Nature du gisement Réserves fortes et bien Faibles réserves mais bien
mise en place non
autorisé mises en évidence mises en évidence
établie

Source :Congo-AfriqueXLVIII année, n°425, mai 2008.

1.5. Développement

Le développement est l'action de faire croître, de progresser, de donner de l'ampleur,


de se complexifier au cours du temps. Il désigne aussi l'amélioration des conditions et de la
qualité de vie d'une population, et renvoie à l’organisation sociale servant de cadre à la
production du bien-être. Définir le développement implique de le distinguer de la croissance.
Cette dernière mesure la richesse produite sur un territoire en une année et son évolution
d’une année à l’autre, telle qu’elle est prise en compte par le Produit Intérieur Brut. Elle ne
dit rien, en revanche, sur ses effets sociaux. Elle n’informe donc que peu sur le niveau de vie
et encore mois sur la qualité de vie. La croissance peut contribuer au développement, mais
l’inverse n’est pas toujours le cas et on parle de croissance sans développement quand la
production de richesse ne s’accompagne pas de l’amélioration des conditions de vie.
Inversement, même en l’absence de la croissance, la priorité donnée aux productions les plus
utiles et une plus grande équité dans la distribution des biens produits améliore les conditions
de vie des populations et crée le développement.

Samir Amin s’inscrit dans une vision globale de l’histoire moderne. Selon lui,
« développement et sous-développement constituent l’endroit et l’envers de la même
médaille : l’expansion capitaliste ». S. Amin part du concept popularisé par Karl Marx
d’accumulation primitive : l’accumulation de capital nécessaire à l’investissement des
premiers temps du capitalisme ne serait pas le résultat d’une « épargne vertueuse » de capital
29
Ibidem
17

comme tend à le proclamer les discours légitimant la position des « riches » ; cette
accumulation primitive se serait plutôt faite sur le mode violent de la spoliation des faibles
par les forts, au niveau national (le célèbre exemple des enclosures en Angleterre, voir Karl
Polanyi, La grande transformation) et international30.

[Link] définit le développement comme « la combinaison des changements


mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et
durablement, son produit réel global »31.

Le développement économique désigne les évolutions positives dans


les changements structurels d'une zone géographique ou d'une population : démographiques,
techniques, industriels, sanitaires, culturels, sociaux... De tels changements engendrent
l'enrichissement de la population et l'amélioration des conditions de vie. C'est la raison pour
laquelle le développement économique est associé au progrès.

La croissance économique n'est qu'une des composantes du développement. Ce


dernier peut être mesuré à l'aide d'indicateurs comme :
 le PIB (Produit Intérieur Brut),
 le PNB (Produit National Brut)

 l'IDH (Indice de développement humain)

 l'IPH (Indicateur de Pauvreté Humaine)

Le développement durable est une forme de développement économique ayant pour


objectif principal de concilier le progrès économique et social avec la préservation de
l'environnement, ce dernier étant considéré comme un patrimoine devant être transmis aux
générations futures. La Commission Mondiale pour l'Environnement et le Développement de
l'ONU (WCED), dite "Commission Brundtland" en a donné en 1987 la définition suivante :
"Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres
besoins."32 Le développement durable est censé pouvoir combiner plusieurs exigences :
-satisfaction des besoins essentiels des générations actuelles et futures, en rapport avec
les contraintes démographiques (eau, nourriture, éducation, santé, emploi),

30
Samir Amin, L’impérialisme et développement inégal, éditions de minuit, Paris, 1975, p.213
31
F. Perroux, Pouvoir et économie, édition Bordas, Paris, 1973, p.27
32
[Link]
18

-amélioration de la qualité de vie (services sociaux, logement, culture...),


-respect des droits et des libertés de la personne,
-renforcement de nouvelles formes d'énergies renouvelables (éolienne, solaire,
géothermique), etc.

En matière d'agriculture par exemple, le développement durable signifie une gestion


économiquement rentable, sans qu'il soit porté atteinte à l'environnement et sans réduire les
ressources naturelles pour les générations futures. Cela doit se traduire par
une production plus saine, moins polluante, respectant les exigences sanitaires
environnementales et prenant en compte l'avenir des agriculteurs.

1.6. Communauté

Du latin "communis", communauté, lui-même issu de "cum", avec, ensemble et


de "munus", charge, dette : charges partagées, obligations mutuelles. La communauté est le
caractère de ce qui est commun à plusieurs personnes ou choses. Une communauté désigne
ainsi un groupe social constitué de personnes partageant les mêmes caractéristiques, le même
mode de vie, la même culture, la même langue, les mêmes intérêts... Elles interagissent entre
elles et ont en outre un sentiment commun d'appartenance à ce groupe. C’est donc un groupe
homogène de personnes ayant un but commun. Cette définition implique la notion de vouloir
vivre ensemble en respectant les mêmes règles.

Pour Phil Bartle33, la communauté est un concept sociologique. Il s’agit d’un jeu
d'interactions, de comportements humains qui ont un sens, et des expectatives parmi ses
membres. Il s'agit d'actions fondées sur des attentes, des valeurs et croyances, et un sens
partagé par des individus.

En milieu urbain, une communauté peut être un petit groupe de quelques


concessions réunissant des personnes d'une origine commune. Cette communauté à son tour,
peut faire partie d'une communauté de voisinage, de quartier ou de toute autre division
urbaine locale.

A mesure de l'élargissement des frontières, l'hétérogénéité augmente (différences


d'origine, de langue, de religion ou d'autres caractères qui peuvent constituer une identité

33
Phil Bartle, Organisation communautaire et administration sociale par la formation, Ohio, 2002, p.87.
19

commune). Cette communauté élargie peut à son tour faire partie d'une municipalité plus
large qui, à son tour, peut appartenir à une agglomération urbaine étendue.

1.7. Environnement

Selon le dictionnaire Larousse, l’environnement est ce qui entoure de tous côtés,


voisinage. C’est l’ensemble des éléments physiques, chimiques ou biologiques, naturels et
artificiels qui entourent un être humain, un animal ou un végétal ou une espèce.34

L’environnement est par définition même, ce qui entoure ce qui constitue un


voisinage. On pourrait préciser qu’il est un ensemble des éléments naturels, ou artificiels qui
conditionnent et peuvent modifier la vie d’un être vivant, d’une espèce. Il correspond au
cadre de vie, qu’il soit d’origine naturelle ou construit par l’homme. Il fournit de nombreuses
ressources dont l’homme a besoin, pour son existence et son bien-être, tout en étant
simultanément une source de nuisance et d’inquiétude pour ce qui touche de près ou de loin à
sa santé et à ses biens.35

Selon Brahim H.B, l’environnement est un ensemble de tous ceux qui entourent un
être humain, végétal, etc., qui peuvent être bénéfiques ou nuisibles à la santé d’un être ou à
ses biens.36

L’environnement est bénéfique à l’homme si et seulement s’il est bien assaini donc
il peut profiter son auto-prise en charge en agriculture. Il devient par contre nuisible à
l’homme dans ce sens que si l’air ou le sol sont pollués, ne sont plus profitables à l’homme et
constituent un danger permanent de l’humanité.
1.8. Droit de l’environnement

Par définition, le droit de l’environnement est le concept d’un appel à la protection et


à la préservation de la nature, qui incite à la lutte contre les nuisances et vise l’aménagement
de l’espace rural, urbain et du patrimoine culturel. Le droit de l’environnement englobe des
lois, décrets, arrêtés, circulaires, directives et règlements issus d’une législation et qui sont

34
Sofreco, Evaluation stratégique environnementale et sociale, du secours minier en RDC, Kinshasa, le 14 février, 2014.
35
Encyclopédie Larousse
36
Brahim H.B, Cours d’environnement et développement durable. Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et
de la technologie.
20

applicables à tout citoyen. Ajouter à cela les normes, des lignes directrices et des
recommandations édictées aux administrateurs et aux dirigeants.37

Le droit de l’environnement, selon les conventions internationales relatives à


l’environnement, est un ensemble de lois applicables à une obligation non contractuelle,
résultant d’une atteinte à l’environnement. Ce droit regroupe les règles juridiques concernant
la gestion, l’utilisation et la protection de l’environnement, la prévention et la répression des
atteintes à l’environnement (en particulier par la pollution) et l’indemnisation des victimes
pour les préjudices environnementaux.38

Il est une branche du droit (texte règlementaire, jurisprudence) spécifique à la


protection de l’environnement. Le droit de l’environnement concerne tout le compartiment de
l’environnement : eau, air, déchets, bruit, danger, risques, santé, urbanisme. 39 Concerne
l’étude ou l’élaboration des règles juridiques visant la compréhension, la protection,
l’utilisation, la gestion, ou la restauration de l’environnement contre perturbation écologique
sous toutes ses formes terrestres aquatiques, marines, naturelles et culturelles.40

Le droit de l’environnement est un outil indispensable à la gestion et à


l’administration du développement durable. Il prévoit la création des politiques
gouvernementales et d’action pour la défense de l’environnement qui garantisse l’usage à la
fois équitable et durable des ressources naturelles.41

1.9. Responsabilité sociale de l’entreprise

La responsabilité sociale des entreprises (RSE, en anglais corporate social


responsibility, CSR) est un concept né dans les années 1960. Le concept est de plus en plus
présent dans les discours et s’étend à des domaines variés, de la santé et des conditions de
travail des salariés aux politiques publiques en passant par des actions philanthropiques et
l’intérêt des actionnaires bien compris.

37
Akdim Abdelghani, Droit de l’environnement : définition et application, 5ème séminaire national scientifique et technique sur
l’environnement.
38
Aqua portail : [Link]
39
Dictionnaire de droit de l’environnement et développement durable
40
Jimmy Wales et Larry Sanger. Encyclopédie universel dont le contenu est distribué en ligne sous licence libre, le 15 janvier 2001.
41
Alexandre Kiss, Introduction au droit international de l’environnement, Edition 2005, p.5
21

La RSE analyse les démarches volontaires dans lesquelles des entreprises à but de
lucre s'engagent afin de respecter, au-delà de leur objectif de rentabilité économique, des
exigences sociales et environnementales, et d’améliorer les relations avec toutes les parties
concernées par leurs activités.

« Il est de responsabilité des entreprises de réparer les dégâts qu’elles ont causés
dans leurs zones d’implantation, de réfléchir aux différents changements qu’elles apportent
dans la vie des communautés pour tenter d’en limiter les dommages »42

« Les entreprises ont la responsabilité, comme tout le monde, de réparer les dégâts
qu’elles ont causés. Elles sont chargées, comme tout le monde, de réfléchir aux changements
qu’elles apportent dans la vie des gens et de tenter d’en minimiser les dommages »43

La RSE désigne la prise en compte, par les entreprises, des préoccupations liées au
développement durable dans leurs activités. La RSE consiste, pour une entreprise, à intégrer
les préoccupations sociales et environnementales dans ses activités opérationnelles et dans la
stratégie de management qu'elle met en place. Il s'agit également, pour une société, d'interagir
avec les parties prenantes (clients, fournisseurs...) pour intégrer ces préoccupations dans leurs
relations.

Le concept responsabilité sociétale des entreprises signifie essentiellement que


celles-ci décident de leur propre initiative de contribuer à améliorer la société et rendre plus
propre l’environnement […] Cette responsabilité s’exprime vis-à-vis des salariés et, plus
particulièrement, de toutes les parties prenantes qui sont concernées par l’entreprise, mais qui
peuvent à leur tour influer sur sa réussite »44.

Il ressort ainsi de toutes ces approches précédentes que la


responsabilité sociale semble intégrer deux dimensions : l’une interne
essentiellement liée aux ressources humaines ; l’autre externe qui
concerne notamment l’environnement, les droits de l’homme et les
fournisseurs.

42
Robert C. Solomon, Kristine R. Hanson, La morale en affaires : clé de la réussite, Éditions Nouveaux horizons, 1989, p.69
43
Robert C. Solomon et Kristine R. Hanson, La Morale en affaires, Edition Nouveaux Horizons, Paris, 1989, p.86.
44
Cf. [Link]/comm/employement_social/soc-dial/csr/[Link]
22

La RSE est donc comprise comme la mise en œuvre dans l'entreprise des concepts
de développement durable, qui intègrent les trois piliers environnementaux, sociaux, et
économiques.

La commission européenne abonde dans le même sens en spécifiant qu’elle consiste


à “intégrer les préoccupations en matière sociale, environnementale, éthique, de droits de
l’homme et de consommateurs dans leurs activités commerciales et leur stratégie de base”.
C’est donc selon la commission la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles
exercent sur la société.

L’objectif pour ces entreprises est d’avoir un impact aussi positif sur la société que
sur l’environnement. L’entreprise est concernée par son environnement, au-
delà des strictes données économiques, car aucun organisme ne prospère
dans un désert.

Section 2 : Cadre théorique

2.1. Théorie sur l’exploration minière

Depuis toujours les substances minérales font l’objet d’une attirance de plusieurs
personnes, même de ceux qui viennent de différents pays. Ce qui avait amené le Congo Belge
à légiférer sur la recherche et l’exploration des substances minérales dans le territoire
national.45

Partant de sa définition, l’exploration minière est la mise en œuvre d’un résultat de


recherche, le droit sur l’exploitation minière est un droit réel, cessible, amodiable…

Ainsi pour exploiter les minerais néanmoins, il faut avoir le moyen possible, avoir
un gisement exploitable. L’exploitation minière est une opération naturelle, qui réunit les
conditions d’éligibilité au droit société.

La loi minière de 1981 néanmoins innove, en ce que les personnes physiques


majeures de nationalité étrangère et les personnes morales de droit étranger peuvent être
45
Journal Officiel loi n°007/2002 du 11 juillet portant code minier.
23

éligibles au droit minier ou de carrières à condition de faire domicilier auprès d’un


mandataire en mines et carrière et d’agir par son intermédiaire. Il en est de même des
organismes à vocation scientifique qui, à l’instar des personnes physiques de nationalité
étrangère, sont éligibles au droit minier et des carrières de recherche.

Après avoir réunie les conditions, l’autorité compétente peut accorder le droit
minier. Ce droit est constaté par un titre minier dénommé certificat d’exploitation. Les
conditions d’éligibilité à l’exploitation artisanale, celle-ci est réservée aux seules personnes
physiques de nationalité étrangère ayant ce domicile.

Pendant l’exploitation, la responsabilité de respecter les droits humains est une


standard globale d’une conduite attendue de toutes les entreprises quel que soit l’endroit où
elle opère.

L’exploitation minière doit se soumettre à l’institution du bureau d’étude


environnementale. Ce bureau est une institution privée sensé avoir la connaissance avérée
dans la production environnementale. Elle a l’obligation de contrôler l’exploitant minier
pourvu que le droit de l’environnement ne soit pas violé. Le titulaire de droit de mines ou des
carrières doit se conformer aux mesures de mines qui sont ordonnées par l’administrateur en
vue de prévenir ou de faire disparaitre les causes des dangers que les travaux font courir à la
sécurité et à la salubrité politique, à la conservation des gisements, aux sources et aux voies
publiques. Le titulaire du droit minier ou de carrière, d’exploitation est tenu de publier les
consignes de sécurité étrangère et les personnes physiques au regard des conditions
particulières de son exploitation. Ces consignes sont transmises à la direction des mines et
portées à la connaissance de son personnel et du public pouvant accéder à l’exploitation.

Partant de la nature juridique de l’exploitation, l’exploitation des substances


minérales est un acte de commerce. L’équivocité apparente de sa nature juridique qui
découlait de la difficulté d’interprétation de l’article 2 du décret du 2/08/1913, est levée par la
disposition de l’article 3 de l’acte uniforme sur le droit commerciale. Par ailleurs, nature
fondamentales commerciale de l’exploitation minière est conformée par l’article 23 et suivant
le code minier, qui considère comme étant non éligible aux droits miniers et de carrières :
personnes frappée d’incapacité à exercer le commerce à titre professionnel, il en est ainsi des
24

programmes à vocation dans une situation d’incompatibilité ou des personnes interdites


d’exercer le commerce.

2.2. Théorie sur le droit de l’environnement

Le droit de l’environnement vient des traditions culturelles et des valeurs morales et


religieuses de chaque société. Ces traductions et valeurs continuent à influencer le
développement des normes légales. Dans le contexte de la protection de l’environnement, les
cultures, les religions, et les systèmes légaux à travers le monde contiennent des éléments qui
respectent et cherchent à conserver les bases naturelles de la vie en maintenant des concepts
et principes qui peuvent simuler et enrichir le développement du droit de l’environnement
moderne. De tels principes incluent le respect de la terre et de tous les êtres vivant en
équilibre entre le développement et la conservation, la gestion des ressources de la terre,
l’équité entre les générations et des droits communs des obligations.

Le droit de l’environnement congolais est inspiré du droit de l’environnement


français et de la communauté européenne. Le droit de l’environnement n’a pas seulement le
rôle d’établir les perceptions ou interactions, le droit implique également l’utilisation d’autres
formes d’intervention, telles que les mesures persuasives ou dissuasives et la création d’outils
de gestion.46

En parlant du développement le droit de l’environnement contribue aussi à un


développement durable d’un pays. Nous retenons la théorie de Thierry Eduard. La
préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts
fondamentaux de la nation par les sociétés préindustrielles, le pouvoir normatif vise à
intervenir en matière de protection et de préservation de l’environnement.47

Le droit de l’environnement est protégé par le droit international malgré l’absence de


convention, cadre générale. De multiples traités internationaux portent sur la question
environnementale spécifique, comme le changement climatique ou biodiversité. En raison de
ces traités du droit international coutumier, plusieurs obligations juridiques en matière de

46
Alexandre Kiss, [Link]., p.7
47
Thierry-Edouard, Modernisation du droit de quelle orientation de l’environnement. De la norme ? Les analyses des droits, 10/2016, pp
139 – 164
25

protection de l’environnement incombent aux Etats, par exemple ; celle d’informer, de


coopérer ou de limiter les émissions.
1. L’utilisation des ressources à des niveaux insoutenables
2. La contamination d’environnement par la pollution et les déchets à des niveaux dépassant
la capacité de l’environnement à les absorber ou à les rendre inoffensifs.

Après toutes ces théories disons que le droit de l’environnement est un ensemble des
règles visant à protéger l’environnement contre toute forme de nuisance. Ce droit vise à
protéger l’homme contre toute pollution. Les normes fixées par ce dernier sont celle qui
régissent les entreprises, l’homme lui-même c’est-à-dire une entreprise est régis par ces
normes tout en lui donnant les limite dans la réalisation de ses activités, surtout les entreprises
industrielles dans les normes fixant la gestion des rejets. L’homme est aussi régi par ces
normes dans le sens qu’il doit tenir son environnement propre (bien assaini) afin de s’éviter
certaines maladies.

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