Mélanges de spin en condensats Bose-Einstein
Mélanges de spin en condensats Bose-Einstein
Lucas Lavoine
Composition du jury
sité de Lille
Nicolas PAVLOFF Président du jury
Professeur, LPTMS Université Paris-
Saclay
Jean DALIBARD Examinateur
Directeur de recherche, Collège de
NNT : 2022UPASP099
Remerciements 7
Introduction 9
4 L’expérience de potassium 39 73
4.1 Les propriétés du potassium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.1.1 Propriétés optiques du 39 K . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.1.2 Propriétés de collisions du 39 K . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.2 Description de l’expérience . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
4.2.1 La chambre à vide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
4.2.2 Le système laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.2.3 Les bobines magnétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
4.2.4 Amélioration de la stabilité du champ magnétique . . . . . . . 83
4.2.5 Refroidissement laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.2.6 MOT comprimé et mélasse grise . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
4.2.7 Du piège magnétique au chargement d’un piège optique . . . . 88
4.3 Transferts radiofréquences vers les états Zeeman de F = 1. . . . . . . 91
4.3.1 Couplage cohérent entre deux états de spin . . . . . . . . . . . 91
4.3.2 Transfert Adiabatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
4.3.3 Circuit radio-fréquence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.4 Évaporation dans un piège croisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.5 Imagerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Bibliographie 181
Publications 195
Remerciements
Je tiens également à remercier Alfred avec qui j’ai travaillé pendant deux ans
sur l’expérience et avec qui j’ai partagé également le bureau. Nous avons travaillé
ensemble dans la bonne humeur et je te remercie pour toutes les critiques construc-
tives que tu as pu faire, elles nous ont toujours permis d’avancer. Je te remercie
pour toutes les discussions non scientifiques que nous avons eues sur l’actualité et
la société. Je te remercie également pour m’avoir donné envie de lire les classiques
de la physique. Je ne doute pas qu’avec la venue de Roy l’expérience soit entre de
bonnes mains.
Je suis très reconnaissant envers Anna Minguzzi, Radu Chicireanu, Nicolas Pav-
loff, Jean Dalibard et Tilman Pfau, pour avoir accepté de faire partie de mon jury
de thèse et pour l’intérêt qu’ils ont porté à mon travail.
Je viens maintenant à mes amis. Mes premières pensées vont à mes amis du M2,
Yohan, Gaétan, Lionel, Christian, Jerem et Élise, Charles, Romaric merci de m’avoir
changé les idées et pour tous les moments que nous avons passés ensemble ! Je veux
également remercier énormément mes amis de Bordeaux et particulièrement, Alice,
Harmo, Nathan et Mehdi. Merci beaucoup à Alexis, mon compagnon d’escalade
et de pintes aux Hall of Beer ! Merci également à mes amis de la prépa : Hugo,
Guillaume, Anthony, Cédric et Benjamin.
Je veux maintenant remercier toute ma famille. Tout d’abord, mes parents, qui
ont su me soutenir depuis le début, me pousser dans les études et d’avoir toujours cru
en moi. Merci à mes grands-parents qui m’ont toujours tout donné, vous êtes une
source d’inspiration. Merci à mes frères, Félix et Martin, vous êtes mes meilleurs
amis, dédicace à Martin qui à participé activement dans le cosmétique des gra-
phiques de ce manuscrit ! Je remercie également toute ma belle-famille, pour tous
les moments et les découvertes culinaires ! Merci à toutes ces personnes d’avoir es-
sayé de comprendre mon sujet, et pour qui le mot quantique sert surtout à justifier
le caractère magique des technologies dans les films de SF.
Je veux terminer mes remerciements par toi Laura. Je veux te remercier d’avoir
supporter mes monologues sur les problèmes de la manip, mais je suis sûr maintenant
que les théories MF et BMF n’ont plus de secrets pour toi. Merci de m’avoir soutenu
depuis tout ce temps. Et surtout merci pour tout, pour tout !
Introduction
De Broglie en 1923 dans sa thèse de doctorat [2], il postule que la matière peut
se comporter comme une onde et la longueur permettant de quantifier cet aspect
ondulatoire de la matière est égale à :
h
λdB = , (1)
p
où h est la constante de Planck, p est l’impulsion de la particule considérée. Cette
longueur d’onde de matière peut se généraliser dans le cas d’un système composé
d’un ensemble de particules à une température T . Cette longueur d’onde de De
Broglie thermique s’exprime en fonction de la masse m des constituants et de kB la
constante de Boltzmann :
h
λdB = √ , (2)
2πmkB T
Lorsque la distance inter-particule est plus grande que la longueur de De Broglie,
c’est-à-dire nλ3dB 1 où n est la densité des particules, le caractère ondulatoire de la
matière peut être négligé et l’ensemble de particules peut être décrit par les lois clas-
siques de la Physique. En revanche, lorsque nλ3dB ∼ 1, plusieurs particules occupent
le même niveau quantique. Le système est dans le régime nommé, la dégénéres-
cence quantique, et doit être décrit par la mécanique quantique. La manifestation
des propriétés quantiques de la matière comme sa nature ondulatoire, les effets de
la statistique quantique, ou les effets des fluctuations quantiques, vont se manifester
et conduire à des phénomènes physiques défiant notre intuition.
En 1972, dans son célèbre article « More is different » [3], P.W. Anderson discute
les limites du réductionnisme, qui consiste à penser que certains domaines scienti-
fiques ne sont que l’application des lois plus élémentaires d’un autre domaine, qui
est lui, plus fondamental. Il affirme :
« Il s’avère que le comportement d’ensembles volumineux et complexes de
particules élémentaires ne doit pas être compris en termes d’une simple
extrapolation des propriétés de quelques particules. Au lieu de cela, à
chaque niveau de complexité, des propriétés entièrement nouvelles appa-
raissent, et la compréhension des nouveaux comportements nécessite une
recherche qui, à mon avis, est aussi fondamentale dans sa nature que
n’importe quelle autre ».
Il existe en effet de nombreux phénomènes physiques macroscopiques dont l’origine
ne peut être expliquée à partir des lois microscopiques. Ainsi, notre capacité, à dé-
duire les lois fondamentales n’implique pas d’être capable de reconstruire l’ensemble
des phénomènes physiques appliquant un nombre de particules importants.
En 1982, une alternative fut proposée par R. Feynman [4]. Il suggéra que afin
d’être dans la capacité de simuler un problème quantique à N-corps, nous devrions
utiliser une machine imitant le problème. C’est-à-dire, si nous voulons simuler un
système quantique complexe, nous avons besoin d’un simulateur quantique.
Ces gaz dilués ultra-froids sont des systèmes quantiques très bien adaptés pour
la simulation quantique. Premièrement, ils sont extrêmement dilués (n ∼ 1020 m−3 ),
environ 5 ordres de grandeurs plus dilués que l’air ambiant, et par leur taille quasi
macroscopique il est possible de les observer directement. Ces gaz sont produits
dans des enceintes à ultra-vide et sont donc isolés de tout environnement extérieur.
L’utilisation de champs magnétiques extérieurs et de lasers permet de changer le
potentiel de piégeage ressenti par les atomes. Il est également possible de travailler
dans des géométries arbitraires et en dimensions réduites, de changer la tempéra-
ture dans le système et de changer les interactions inter-atomiques [11]. La nature
quantique de ces systèmes macroscopiques permet l’étude de problèmes issus de
12 Introduction
L’ajout d’un couplage entre deux états quantiques complexifie encore le système
et permet d’étudier une riche variété de phénomènes physiques, comme par exemple
l’analogie avec l’effet Josephson pour les supraconducteurs [29]. On peut évoquer les
expériences du groupe de M.K. Oberthaler sur l’étude de la transition entre le régime
Rabi et Josephson dans le cas d’un mélange de spin couplé [30, 31, 32], ou l’étude
de la dynamique hors-équilibre à travers la transition de phase paramagnétique-
ferromagnétique par la mesure des exposants critiques et des lois d’échelles [33, 34,
35].
interaction à trois corps répulsive, impliquant la physique d’Efimov [40], peut sta-
biliser une interaction attractive à deux corps conduisant ainsi à la stabilisation du
système. Cet état, appelé boselet, est très difficile à observer expérimentalement à
cause des pertes d’atomes importantes proches des résonances de Feshbach et donc
à un temps de vie du système drastiquement réduit. En 2014, D.S. Petrov propose
un moyen, en dehors d’une résonance de Feshbach, de contrôler et d’implémenter, en
plus de l’interaction à deux corps de champ-moyen, une interaction répulsive à trois
corps. Sa méthode demande la présence de deux états internes couplés et séparés
en énergie, tel que l’état de plus haute énergie est peuplé virtuellement durant les
processus de collisions [41].
Dans une autre proposition théorique de 2015 [42], D.S. Petrov analyse la sta-
bilité d’un mélange de deux condensats de Bose-Einstein, lorsque les interactions
intra-espèces sont répulsives et les interactions inter-espèces sont attractives. Dans
l’approximation de champ-moyen et lorsque les interactions attractives sont plus
importantes, il est attendu que le système, pour diminuer son énergie, augmente
sa densité et implose. Cet effondrement du système est contrecarré par l’existence
du terme répulsive de Lee-Huang-Yang, le système se stabilise à une certaine den-
sité même en l’absence de piégeage. Cette stabilisation provient uniquement de la
présence de fluctuations quantiques, et est donc purement un effet quantique à N-
corps. Ce nouvel état de la matière est nommé gouttelette quantique et possède
des propriétés exotiques (phénomène d’auto-évaporation) et également similaires
aux liquides classiques (tension de surface, saturation de la densité interne, etc). La
première observation de gouttelettes quantiques se fit dans des gaz quantiques dipo-
laires de Dy et Er [43, 44]. L’interaction de champ moyen est réduite par la présence
d’interactions dipolaires magnétiques. Peu après, les premières gouttelettes quan-
tiques formées par les mélanges de condensats sont observées dans des mélanges de
spin de 39 K [45, 46].
Contenu du manuscrit
Mon travail de thèse s’inscrit dans la continuité des travaux sur les gouttelettes
quantiques. Lorsque je suis arrivé au laboratoire en stage de Master 2, j’ai eu l’op-
portunité de travailler sur la localisation d’Anderson unidimensionnel en présence
d’une force constante [47] et cette étude a continué jusqu’au début de ma première
année de thèse. En l’absence de force extérieure, le système est toujours localisé par
Introduction 15
la présence du désordre. Nous avons cependant observé une transition entre une loca-
lisation algébrique et une délocalisation en fonction de notre paramètre de contrôle
définie comme le rapport de la force relative au désordre sur la force extérieure.
Nous avons également montré que la transition est intrinsèquement indépendante
de l’énergie initiale et que la vitesse initiale du paquet d’ondes joue seulement un rôle
à travers la force effective du désordre due à la corrélation du désordre. Par soucis
de lisibilité, j’ai décidé de ne pas consacrer un chapitre à cette étude. Ce travail est
déjà détaillé dans la thèse de mon prédécesseur G. Berthet [48] et l’article associé
est inséré à la fin de ce manuscrit à la page 195.
Mon manuscrit est organisé en six chapitres. Le thème général est la physique
des mélanges de condensats de Bose-Einstein couplé ou non de manière cohérente,
proches de la zone d’effondrement. On démontre la possibilité d’implémenter de
nouvelles non-linéarités dans l’équation d’état et d’étudier les effets quantiques au-
delà du champ-moyen.
Chapitre 1
Le chapitre 1 est introductif et dédié à une présentation générale de la théo-
rie de la diffusion. On y introduit les paramètres nécessaires à la description des
collisions dans les gaz d’atomes froids. Nous introduisons l’équation de Schrödinger
non-linéaire, également nommée équation de Gross-Pitaevskii, permettant la descrip-
tion du condensat dans l’approximation de champ-moyen. Le spectre de Bogoliubov
décrivant les excitations élémentaires ainsi que le terme de Lee-Huang-Yang sont
discutés. La dernière partie du chapitre est consacrée à introduire la physique des
mélanges de condensats et le terme au-delà du champ-moyen associé.
Chapitre 2
Le chapitre 2 correspond à un état de l’art sur les gouttelettes quantiques. Nous
décrivons en détail le mécanisme à l’origine de la stabilisation et de la formation du
système auto-lié. Les propriétés de ce nouvel état quantique sont détaillées. Nous
décrivons également les différents types de gouttelettes observées à ce stade, les
premières expériences et les limites expérimentales rencontrées.
Chapitre 3
Le chapitre 3 présente une étude théorique que nous avons réalisée, basée sur
l’étude des gouttelettes quantiques dans une configuration géométrique allongée
et dans la transition tridimensionnelle à unidimensionnelle du terme au-delà du
champ-moyen. Ce travail est motivé par la possibilité de surpasser plusieurs limites
expérimentales rencontrées lors de la réalisation de gouttelettes quantiques tridi-
mensionnelles.
16 Introduction
Chapitre 4
Ce chapitre présente l’expérience de potassium 39 utilisée durant cette thèse.
Nous décrivons brièvement les différents éléments du système expérimental. Nous
discutons relativement en détail la physique d’un atome à deux niveaux en pré-
sence d’un couplage et les transferts adiabatiques par balayage de fréquence. Cette
partie développe également mes contributions sur le montage expérimental, plus
spécifiquement mon travail sur la stabilisation du champ magnétique nécessaire aux
expériences que nous souhaitons réaliser, le nouveau circuit pour la génération de
champs radio-fréquences, permettant la formation de mélanges. Nous discutons fina-
lement les nouvelles étapes permettant d’atteindre la condensation de Bose-Einstein
dans l’état |F = 1, mF = −1i, qui est nécessaire pour la réalisation de mélanges
avec l’état |F = 1, mF = 0i.
Chapitre 5
Le chapitre 5 est consacré à l’étude de mélanges de spin couplés dans une ap-
proche de champ-moyen. Dans une première partie, nous présentons comment en
présence d’un couplage, il est possible de contrôler les interactions entre atomes. En-
suite, ce chapitre développe notre étude expérimentale sur la possibilité d’introduire
une interaction à trois corps attractive dans l’équation d’état dans l’approximation
de champ-moyen. Nous discutons minutieusement les conséquences expérimentales
que nous avons observées dues à la présence de cette nouvelle non-linéarité dans le
système.
Chapitre 6
Le chapitre 6 présente notre étude en collaboration avec D.S. Petrov et A. Recati
sur les effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de condensats de Bose-
Einstein couplés. Nous présentons le spectre de Bogoliubov et l’énergie au-delà du
champ-moyen pour un mélange couplé. Finalement, nos résultats expérimentaux
sur l’observation d’une symétrisation des pertes d’atomes entre les deux états du
mélange, et sur la première mesure quantitative de l’équation d’état au-delà du
champ-moyen en fonction de la force de couplage, caractérisée par la fréquence Rabi,
sont exposés.
Chapitre 1
Dans ce chapitre, nous allons introduire les bases théoriques à la description d’un
condensat de Bose-Einstein. Dans une première partie, nous verrons brièvement la
théorie de la diffusion à basses énergies, nous introduirons la longueur de diffusion
qui est le paramètre permettant de décrire les interactions entre atomes, et les réso-
nances de Feshbach qui donnent la possibilité de contrôler les interactions entre les
atomes. Plus particulièrement, nous verrons pourquoi le 39 K est un candidat adéquat
pour les expériences où il est nécessaire de contrôler les interactions entre atomes.
La description du système dans une approche de champ-moyen sera introduite, et
nous verrons comment la théorie de Bogoliubov, donne à la fois accès aux excitations
élémentaires du système, et également aux corrections au-delà du champ-moyen. La
seconde partie introduira la physique des mélanges de condensats de Bose-Einstein.
La grande variété d’interactions possible entre les deux composants augmente la
complexité et la richesse des phénomènes physiques, donnant la possibilité d’étudier
des transitions de phases. En fonction du signe des interactions inter-spin, il est pos-
sible d’avoir une implosion du système ou une démixtion, c’est-à-dire une séparation
spatiale des deux espèces.
Collisions élastiques
Une collision élastique conserve l’énergie cinétique. En effet, seule la quantité
de mouvement des particules change. Ces collisions permettent une redistribution
de l’énergie cinétique entre les particules dans le gaz, et elles sont responsables de
sa thermalisation. Elles permettent l’utilisation du refroidissement évaporatif pour
atteindre la condensation de Bose-Einstein. De plus, les collisions élastiques sont
responsables de l’énergie de champ-moyen dans un condensat de Bose-Einstein.
Collisions inélastiques
Les collisions inélastiques engendrent une diminution de la densité et sont res-
ponsables du temps de vie du condensat de Bose-Einstein. Ils existent différents
types de collisions inélastiques :
— Les collisions inélastiques les plus présentes généralement dans les expériences
d’atomes froids, sont les recombinaisons à trois corps. Lors d’une collision
entre trois atomes, deux atomes peuvent former une molécule due à l’existence
de niveaux moléculaires du potentiel interatomique. La troisième particule
absorbe le surplus d’énergie sous forme cinétique et sort du piège. Le résultat
de ce processus à trois corps est la perte des trois atomes et une diminution
de la densité atomique n de la forme [49]
dn(t)
= −K3 n3 (t) (1.1)
dt
K3 est défini comme le coefficient de recombinaison à trois corps. Dans notre
expérience, ce sont les recombinaisons à trois corps qui limitent le temps de
vie du condensat et empêchent la réalisation de certaines expériences comme
nous allons le voir plus loin.
Remarque : Dans une expérience d’atome froids, le vide n’est jamais parfait, il
se peut que des atomes piégés entrent en collision avec le gaz résiduel et s’échappent
du piège.
1.1 Collision entre atomes neutres 19
C6
VVdW (r) = − (1.2)
r6
où C6 > 0 définit la force de l’interaction. La valeur de C6 dépend directement
des éléments de matrice de l’opérateur dipôle entre l’état fondamental et les états
excités. À courte portée, l’interaction est dominé par un terme répulsif provenant
du principe de Pauli et de la répulsion de Coulomb. Cette partie du potentiel est
difficile à connaître précisément, le potentiel de Lennard-Jones le modélise via un
terme répulsif proportionnel à 1/r12 . Lorsque l’énergie cinétique quantique d’un
paquet d’ondes d’extension RVdW , Ecin = ~2 /mRVdW2
, est égale à l’énergie potentielle
associée |Ep | = C6 /RVdW , on peut définir RVdW comme la portée du potentiel et
6
p̂2
Ĥrel = + VVdW (r̂) (1.4)
2mr
où mr est la masse réduite du système et p̂ l’impulsion relative. On constate que le
problème de la collision de deux atomes se ramène donc à un problème de diffusion
d’une particule sur le potentiel V (r). On peut ainsi définir la fonction d’onde comme
la somme d’une onde incidente ψ (in) et d’une onde diffusée ψ (dif f ) :
dσ
= |f (k, θ) ± f (k, −θ)|2 (1.8)
dΩ
"+" correspond au cas des bosons et "−" aux fermions.
L’hamiltonien Ĥrel étant invariant par rotation 5 , la fonction d’onde peut s’écrire
comme le produit d’une fonction d’onde radiale et des harmoniques sphériques :
1 k
= − ik (1.11)
f (k) tan δ0 (k)
où δ0 (k) est le déphasage entre l’onde incidente et sortante pour ` = 0. Pour un
canal de diffusion `, les solutions de l’équation 1.10 peuvent s’écrire sous la forme
[50] :
tan δ0 (k)
a = − lim (1.13)
k→0 k
À basse énergie, l’amplitude de diffusion peut se réécrire :
a
f (k) ≈ − −→ −a (1.14)
1 + ika k→0
σ = 8πa2 (1.15)
VVdW(r)
ψ(r)
0
r
Bohr 7 , et que la portée de l’interaction de Van der Waals RVdW = mC ~2
6
∼ 130 a0 .
Ainsi, lors d’une collision, les atomes ne résolvent pas les détails du potentiel et se
comportent de la même manière que pour un potentiel de contact (Voir figure 1.1).
Dans la limite des basses énergies et dans deux potentiels différents, mais avec la
même longueur de diffusion, les atomes auront quasiment le même comportement.
Il est donc possible de construire un potentiel de contact à partir de la longueur de
diffusion qui va décrire les interactions entre atomes. On peut décrire l’interaction
entre deux atomes via le potentiel de contact suivant, appelé pseudo-potentiel [11] :
∂
Vpp [ψ(r)] = gδ(r) (rψ(r)) (1.17)
∂r
2
où δ(r) est la distribution de Dirac, g = 4π~
m
a
est la constante de couplage et carac-
térise les interactions dans les gaz quantiques :
7. a0 = 0.529 × 10−10 m
1.1 Collision entre atomes neutres 23
Lorsque la longueur de diffusion est négative, les interactions sont donc attrac-
tives. Dans un gaz quantique, le système va augmenter sa densité pour minimiser
son énergie. Plus la densité augmente, plus le nombre d’atomes va diminuer dû aux
recombinaisons à trois corps. Le destin d’un condensat tridimensionnel avec a < 0
est généralement l’implosion caractérisée par une chute brutale du nombre d’atomes,
qu’on nomme « collapse ».
Prenons le cas de deux atomes identiques de spin S1,2 = 1/2. Le dimère formé
par l’appariement des spin est soit dans l’état singulet (S=0), soit dans l’état triplet
(S=1). Il existe donc deux canaux de diffusions possibles, le potentiel singulet VS
qui est un canal de diffusion fermé et celui du triplet VT qui est un canal de diffu-
sion ouvert. Supposons de plus qu’il existe des états moléculaires dans le potentiel
singulet.
En présence d’un champ magnétique B aligné selon Oz, le couplage du spin avec
le champ magnétique est décrit par l’hamiltonien Zeeman ĤZ [52] :
gS µB gS µB
ĤZ = Ŝ.B = ŜZ .B (1.19)
~ ~
8. Notre description des résonances de Feshbach n’est pas exhaustive. Elle n’aborde pas, par
exemple, l’origine de résonance large ou étroite. Une étude plus détaillée se trouve dans les réfé-
rences [21, 22].
Chapitre 1. Théorie de la diffusion, condensats de Bose-Einstein et
24 mélanges de spin
VS(r)
δE
0 r
VT (r)
Figure 1.2 – Schéma du potentiel singulet et triplet. Une résonance à lieu lorsque
l’écart d’énergie δE entre l’énergie d’un état moléculaire et l’énergie de collision tend
vers 0.
1
Vint (r) = (3VT (r) + VS (r)) + Ŝ1 .Ŝ2 (VT (r) − VS (r)) (1.20)
4
Seul l’état triplet va être affecté par la présence du champ magnétique. En chan-
geant la valeur du champ magnétique, on modifie l’énergie de l’état triplet, cela
revient donc à changer l’écart relatif entre le potentiel triplet et singulet δE. Qua-
litativement, lorsque l’énergie d’un état moléculaire coïncide avec l’énergie de colli-
sion, l’interaction hyperfine peut induire des échanges de spin et une résonance à lieu
(Voir figure 1.2) . De plus, on remarque que même si on considère que l’état initial
est l’état triplet, lors de la collision le second terme de (1.20) couple les deux canaux,
et engendre une modification de l’amplitude de diffusion dans le canal ouvert, et par
conséquent change la longueur de diffusion.
9. Le régime unitaire est atteint lorsque a = ±∞ mais ne sera pas traité ici
1.1 Collision entre atomes neutres 25
100
50
-50
-100
abg est la longueur de diffusion dans le canal ouvert. ∆ est la largeur de la résonance.
Y
N
Ψ(r1 , r2 , ..., rN ) = ψ(ri ) (1.22)
i=1
~2
µψ(r) = − ∆ψ(r) + V (r)ψ(r) + gn(r)ψ(r) (1.23)
2m
2
où g = 4π~
m
a
est la constante de couplage et µ le potentiel
R chimique. La fonction
d’onde vérifie la condition de normalisation suivante |ψ(r)| dr = N .
2
1 x2 y2 z2
ψ(x, y, z) = 3/4 √
exp(− − − ) (1.24)
π aohx aohy aohz 2a2ohx 2a2ohy 2a2ohz
p
où aohx,y,z = ~/mωx,y,z est la longueur de l’oscillateur harmonique dans la direction
(x, y, z).
Régime de Thomas-Fermi
Le régime où les interactions dominent le système et, où l’énergie cinétique joue
un rôle négligeable s’appelle le régime de Thomas-Fermi. Il est alors possible de
négliger le terme cinétique dans l’équation de Gross-Pitaevskii et la fonction d’onde
s’écrit simplement :
s
µ − V (r)
ψ(r) = (1.25)
g
et ψ s’annule en dehors de la zone où µ > V (r). L’énergie cinétique joue un rôle au
niveau des bords de la fonction d’onde où la densité est localement faible.
Chapitre 1. Théorie de la diffusion, condensats de Bose-Einstein et
28 mélanges de spin
ϵ ℏω(k)
ℏck
ℏ2k 2
+μ
2m
kc = 2π/ξ
k
Dynamique du condensat
On peut décrire la dynamique du condensat dans un potentiel extérieur V (r) via
l’équation de Gross-Pitaevskii dépendante du temps :
∂ψ(r, t) ~2
i~ =− ∆ψ(r, t) + V (r)ψ(r, t) + gn(r, t)ψ(r, t) (1.26)
∂t 2m
Afin de connaître les excitations du système, il est possible de linéariser l’équation
(1.26) autour de l’état d’équilibre. Dans le cas homogène et dilué (na3 1), le
spectre des excitations élémentaires ω(k) en fonction du vecteur d’onde k, appelé
aussi spectre de Bogoliubov est [11] :
s
~2 k 2 ~2 k 2
~ω(k) = 2gn + (1.27)
2m 2m
On distingue deux régimes d’excitation dans un condensat (cf Figure-1.5). Dans
la limite k → 0, les excitations
p élémentaires sont sous forme de phonons se propa-
geant à la vitesse du son c = gn/m :
ω(k) ≈ ck (1.28)
√
On définit ξ = ~/ 2mc la longueur de cicatrisation. Lorsque λ = 2π/k < ξ, les
atomes ne se comportent plus collectivement, on entre dans le régime des particules
libres. La relation de dispersion est donné par :
1.2 Interactions dans un condensat de Bose-Einstein 29
~k 2 gn
ω(k) ≈ + (1.29)
2m ~
Afin d’exciter une particule dans un état libre |ki, il faut payer l’énergie corres-
pondant au potentiel chimique µ = gn, plus l’énergie de la particule libre égale à
~2 k 2 /2m.
où E0 est l’énergie de point-zéro, b̂†k (resp. b̂k ) est l’opérateur création (resp. annihi-
lation) d’un phonon dans le mode k et (k) = ~ω(k).
N − N0 8
= √ (na3 )1/2 (1.31)
N 3 π
Ainsi, l’état fondamental ne coïncide pas avec l’état de Fock où tout les atomes
sont dans l’état d’impulsion nul. Une partie des atomes est déplété vers des états
excités dû aux interactions. C’est ce qu’on appelle la déplétion quantique. À ne
pas confondre avec la déplétion thermique qui caractérise les excitations du système,
en raison d’une température non nulle. Dans la plupart des expériences, la déplétion
quantique est très faible (inférieur à 1%).
10. Il existe des mécanismes de stabilisation, comme la formation de soliton à 1D ou la formation
de gouttelette quantique.
Chapitre 1. Théorie de la diffusion, condensats de Bose-Einstein et
30 mélanges de spin
Correction de Lee-Huang-Yang
E0 gn2 128
= 3 1/2
1 + √ (na ) (1.32)
V 2 15 π
Le premier terme de (1.32) est l’énergie de champ-moyen que nous avons vu pré-
cédemment. Le deuxième terme est la première correction au-delà du champ-moyen,
plus généralement appelé la correction de Lee-Huang-Yang (LHY) [36]. L’origine
de cette correction est l’énergie de point-zéro des excitations de Bogoliubov, et est
donc intrinsèquement quantique. Étant donné que na3 1, la correction de LHY
est extrêmement faible et ne joue généralement pas de rôle dans la dynamique du
condensat.
Figure 1.6 – (a) Le système est composé de deux condensats dans les états de spin
|↑i et |↓i. (b) Longueurs de diffusion permettant de définir les interactions inter- et
intra-spin.
∂ψ↑ (r, t) ~2
i~ = − ∆ + V (r) + g↑↑ n↑ (r, t) + g↑↓ n↓ (r, t) ψ↑ (r, t) (1.33)
∂t 2m
∂ψ↓ (r, t) ~2
i~ = − ∆ + V (r) + g↓↓ n↓ (r, t) + g↑↓ n↑ (r, t) ψ↓ (r, t) (1.34)
∂t 2m
où n↑ (r, t) et n↓ (r, t) sont respectivement la densité dans l’état |ψ↑ (r)i et |ψ↓ (r)i.
De plus, g↑↑ , g↓↓ et g↑↓ sont les constantes de couplage associées aux longueurs de
diffusions a↑↑ , a↓↓ et a↑↓ .
ϵ ℏω(k)
ℏck
ℏ2k 2
+μ
2m
kc = 2π/ξ
k
Figure 1.7 – Diagramme des phases pour un mélange de condensats de Bose-
Einstein. Le système peut subir une transition de phase miscible-non miscible lorsque
√ √
a↑↓ a↑↑ a↓↓ . Lorsque −a↑↓ a↑↑ a↓↓ , une instabilité dynamique a lieu, et le
système implose.
√
11. De manière plus précise, la longueur de diffusion est 2δa √a↑↑ /a↓↓ . Voir le chapitre 2
(1+ a↑↑ /a↓↓ )2
1.3 Mélange de condensats de Bose-Einstein 33
~ ~
ξd = √ , ξs = √ (1.38)
2mcd 2mcs
p p
où cd = (g + g↑↓ )n/m et cs = (g − g↑↓ )n/m sont respectivement la vitesse du
son pour les modes densité et les modes de spin. On remarque qu’il existe dans un
mélange deux échelles de longueurs associées aux différentes excitations. Nous ver-
rons, dans le chapitre 3, qu’il est possible de se placer dans des dimensions hybrides,
par exemple, dans une configuration où on gèle radialement le mode de densité mais
pas celui de spin, le système devient ainsi unidimensionnel pour les modes de den-
sité, mais reste tridimensionnel pour les modes de spin.
Selon les différents régimes, les différents modes sont plus ou moins coûteux en
énergie pour être excités. Proche du régime non-miscible, il est plus favorable pour
les deux condensats d’osciller en opposition de phase, les modes de spin sont les soft
modes (Voir (c) de la figure 1.8). Les modes de densité sont les hard modes, en
effet augmenter localement la densité totale conduit à augmenter l’énergie, ils sont
donc énergétiquement difficiles à exciter. À mesure que l’on se rapproche de la ligne
de la séparation spatiale des condensats, les modes de spin deviennent de moins en
moins énergétiques, et il devient de plus en plus favorable et facile de séparer les
√
condensats spatialement [67, 68]. Lorsque que l’on passe la ligne a↑↓ = a↑↑ a↓↓ , les
Chapitre 1. Théorie de la diffusion, condensats de Bose-Einstein et
34 mélanges de spin
a)
b)
c) d)
Figure 1.8 – Schéma des excitations de Bogoliubov pour un mélange. (a) Mode de
densité, les condensats oscillent en phase. (b) Mode de spin, les condensats oscillent
en opposition de phase. (c) (resp. (d)) Relation de dispersion du mode de spin et de
densité proche du régime non-miscible (a↑↓ > 0) (resp. du collapse (a↑↓ < 0)).
1.3 Mélange de condensats de Bose-Einstein 35
12. Dans le cas d’un condensat d’une seule espèce, lorsque a = 0 ELHY = 0.
Chapitre 2
2.1 Introduction
Figure 2.1 – Schéma issu de [73]. (a) Schéma d’une gouttelette classique dense, sta-
bilisée par la compétition entre l’attraction longue portée de Van der Waals (rayon
bleu) et la répulsion de Pauli à courte portée (boule rouge). (b) Schéma d’une gout-
telette quantique diluée faites à partir d’un mélange de spin bosonique ultra-froid
(billes rouge et bleu). L’interaction de contact attractive inter-espèce (interaction
rouge-bleue) légèrement supérieure à la répulsion intra-espèce (interaction rouge-
rouge et bleue-bleue), est compensée par les fluctuations quantiques phononiques
du système.
E π~2 E π~2
= 2 5/2 5/2
δan + ξa n ⇐⇒ = δan + ξa5/2 n3/2 (2.5)
V m N m
2√ a2
où ξ = 256~
15m
π
f (1, a↑↓2 , 1), où la fonction f est définie dans le chapitre 1 par l’équation
1.40 et a = a↑↑ = a↓↓ . On voit que la présence du terme LHY répulsif avec une
dépendance en densité différente du terme de champ-moyen permet la stabilisation
du système lorsque δa < 0. La figure 2.2 représente un schéma du mécanisme de
stabilisation. Le terme attractif de champ moyen EMF /N ∝ n dominant à basse
densité et compensé par le terme au-delà du champ-moyen répulsif ELHY /N ∝ n3/2
et dominant à haute densité. Cette compétition entraîne un minimum d’énergie pour
la densité à l’équilibre neq tel que :
2
2π~2 |δa|2
neq = (2.6)
3mξ a5
Discussion physique
Dans la zone du collapse, les modes de densité Ep
d deviennent imaginaires pour
les excitations de grandes longueurs d’ondes k ∼ m|δg|n. Cela entraîne donc
une instabilité qui se traduit par une augmentation de la densité. Cette dernière
va accroître l’énergie des modes de spin Es (k) et donc élever l’énergie de point-
zéro ∝ n5/2 . L’augmentation de l’énergie de Lee-Huang-Yang est plus rapide que
1. La phase relative des deux condensats n’a pas d’importance car ils ne sont couplés que par
leurs densités (Eq. (1.33) et Eq. (1.34))
40 Chapitre 2. Généralités sur les gouttelettes quantiques
a↑↑ > 0
a↓↓ > 0
neq
00 n a↑↓ < 0
Champ Moyen ∝n
Figure 2.3 – Figure issue de [71]. (a) Fonction d’onde normalisée en fonction de
la composante radiale en absence de piégeage. (b) Spectre des excitations pour une
gouttelette quantique isotrope (en absence de piégeage) en fonction de (Ñ − Ñc )1/4 ,
où Ñ et Ñc sont respectivement le nombre d’atomes et le nombre d’atomes critique
renormalisés. Seuil d’émission de particule −µ̃ (courbe bleue). Le mode de respiration
ω̃0 (courbe rouge). Les autres modes d’excitations sont en tirets noirs. En pointillés
fins sont représentés les modes de surface (ripplons).
Dans le régime saturé, les modes ω̃l et les modes de surfaces existent. Cependant
plus le nombre d’atomes diminue, plus les modes ω̃l croisent et dépassent le seuil
−µ̃ et donc disparaissent. Seul le mode de respiration ω̃0 (courbe rouge) existe à
plus faible nombre d’atomes. Ce mode correspond à l’oscillation de la taille de la
gouttelette en fonction du temps, il peut être associé à la compressibilité du système.
Plus ω̃0 est grand, moins le système est compressible. On remarque que ω̃0 diminue
quand le nombre d’atomes diminue. En effet, on a besoin d’apporter moins d’énergie
au système pour déformer la gouttelette. À l’opposé, au grand nombre d’atomes, les
effets cinétiques sont négligeables et les interactions dominantes, il est donc plus
difficile de changer la densité du système.
On constate qu’il existe une zone (zone grise sur la figure 2.3 (b)) où l’ensemble
des modes d’excitations sont inexistants. Plus précisément, chaque excitation est
couplée avec le continuum et la gouttelette va donc expulser des atomes afin de
dissiper l’énergie et atteindre un régime sans excitations. En d’autres termes, la
gouttelette va s’auto-évaporer. Ce mécanisme donne la possibilité de former des
systèmes macroscopiques à température nulle. En paraphrasant D.S. Petrov [42] :
à partir d’un mélange de condensats à une température finie, on obtient un sys-
tème à température nulle ; les excitations correspondantes au continuum d’énergie
s’évaporent lorsque le piège est éteint.
L’énergie caractéristique associée aux modes de densité est ed = mc2d et celle as-
sociée aux modes de spin est es = mc2s , dans le régime des gouttelettes quantiques,
elles vérifient es ed . Cette séparation des échelles d’énergies pour le champ-moyen
et pour le terme de Lee-Huang-Yang, a pour conséquence de pouvoir travailler en di-
mensions hybrides. C’est-à-dire, qu’il est possible de geler les excitations de densités
dans certaines dimensions, mais de ne pas geler les excitations de spin. Par exemple,
il est possible de travailler avec un système unidimensionnel pour le champ moyen,
mais tridimensionnel pour le terme de Lee-Huang-Yang. Il est également possible
de geler les excitations de spin dans plusieurs dimensions, dans ce cas, le terme
LHY change. Les contributions des fluctuations quantiques en deux et trois dimen-
sions ont été calculées par G.E. Astrakharchik et D.S. Petrov [74]. Il est prédit qu’à
une dimension, la densité d’énergie LHY devient attractive avec une dépendance
en densité ∝ n3/2 . Dans ce cas, les gouttelettes quantiques existent lorsque δa > 0
[74]. Contrairement au cas tridimensionnel, à une dimension, le mode de respiration
des gouttelettes quantiques est toujours moins énergétique que le seuil d’émission
de particules [75]. Ainsi, le phénomène d’auto-évaporation est absent. Il est égale-
ment possible de travailler dans un régime où le terme LHY est dans le crossover
(transition molle) entre deux dimensions [76, 77]. Les gouttelettes quantiques dans
le crossover 1D-3D seront discutées dans le chapitre suivant.
a)
b)
Figure 2.4 – Figure issue de [44]. (a) Images typiques d’un condensat (haut) et
d’une gouttelette quantique dipolaire (bas) en l’absence de piégeage en fonction du
temps. (b) Diagramme des phases entre gaz (zone blanche) et gouttelettes quantiques
(zone mauve) et nombres d’atomes critiques mesurés pour le 164 Dy [80] et 162 Dy [81].
La figure 2.4 (b) présente le diagramme des phases gouttelette-gaz pour le 162 Dy
et le 164 Dy. Ce dernier est obtenu par la résolution de l’équation de Gross-Pitaevskii
en ajoutant le terme provenant des fluctuations quantiques. Le nombre d’atomes cri-
2.5 État de l’art sur les gouttelettes quantiques 45
tique est obtenu en sondant la transition de phase liquide-gaz. Une gouttelette est
préparée avec un nombre d’atomes élevé (point gris sur la figure), le piège est éteint
est le système évolue dans l’espace libre. Les pertes à trois corps, qui sont très im-
portantes dues à la densité élevée des gouttelettes, diminue le nombre d’atomes dans
le système jusqu’à atteindre le nombre d’atomes critique Nc (flèche noire). Lorsque
le nombre d’atomes N < Nc , le système n’est plus auto-lié et il s’étend comme un
gaz. Cette expansion conduit à une diminution de la densité, entraînant la suppres-
sion des pertes d’atomes, et le nuage est imagé afin d’extraire le nombre d’atomes.
On remarque que la description, par l’équation de Gross-Pitaevskii étendue, donne
la bonne tendance. Cependant, des différences entre théories et expériences restent
visibles et sont discutées dans la référence [44], et aussi succinctement à la fin ce
chapitre.
L’expérience de Barcelone
L’expérience consiste à travailler avec un condensat dans |1, −1i confiné ver-
ticalement dans un plan provenant d’un réseau optique vertical. Le mélange est
formé par un pulse radiofréquence (RF) à un champ magnétique tel que δa > 0
(B ≈ 57.3 G). Une fois le mélange obtenu, le champ magnétique est diminué jusqu’à
atteindre la valeur finale de δa < 0. Le piège horizontal est coupé afin de laisser le
46 Chapitre 2. Généralités sur les gouttelettes quantiques
système libre dans le plan. L’expérience se passe dans une configuration quasi-2D,
la longueur de cicatrisation de densité ξd est plus petite que la longueur de l’oscilla-
teur harmonique verticale aoh , par conséquent le système est dans une configuration
2D pour les modes de densité. Toutefois, la longueur de cicatrisation de spin ξs est
inférieure d’un facteur ∼ 1/3 à aoh . Le terme de Lee-Huang-Yang est relativement
proche du régime bidimensionnel et des corrections sont nécessaires pour décrire
proprement les fluctuations quantiques. Des images typiques de l’expérience avec
un gaz et une gouttelette quantique sont présentées en figure 2.6. On remarque que
contrairement à un gaz, la gouttelette garde une taille constante au cours du temps,
une caractéristique typique des systèmes auto-liés.
L’expérience de Florence
Dans cette expérience, le condensat est dans l’état |1, −1i à un champ magné-
tique tel que δa < 0. Un pulse radiofréquence permet de former le mélange souhaité.
Le système est ensuite soumis à une lévitation optique, permettant de se rapprocher
des conditions de gouttelette auto-lié en absence de piégeage dans une configuration
tridimensionnelle pour les deux modes d’excitations. Contrairement à l’expérience
de Barcelone, la préparation de la gouttelette est très rapide et correspond à un
quench (changement non adiabatique) des interactions. En préparant le système
initial dans une configuration proche de la configuration finale à l’équilibre, ils ar-
rivent à obtenir des gouttelettes avec relativement de faibles excitations.
De manière analogue au cas des gouttelettes dipolaires, les deux équipes ont pu
mesurer le nombre d’atomes critique Nc en fonction de δa (figure 2.6). Les diffé-
rences entre les deux expériences proviennent principalement des deux méthodes de
préparation de la gouttelette, l’une relativement adiabatique, l’autre via un quench
des interactions. De plus, dans l’expérience de Barcelone, le système est confiné ver-
ticalement, ce qui change les propriétés de la gouttelette, comme par exemple sa
densité de saturation. Les différences entre théorie et expérience sont discutées en
détails dans [72]. Il a notamment été montré que la portée effective du potentiel
devait être prise en compte pour une description précise des gouttelettes quantiques
[87, 88].
Limitations expérimentales
Une des limitations des gouttelettes dans le régime tridimensionnel en l’ab-
sence de piégeage est leurs tailles en dessous de la limite de résolution de l’ima-
gerie (. 1 µm). De plus, à cause de la haute densité des gouttelettes (∼ 1021 m−3 ),
chaque expérience avait comme limitation principale les pertes d’atomes élevées pro-
venant des recombinaisons à trois corps. L’étude théorique de Florence [89] permet
de comprendre la dynamique de formation de la gouttelette. Tout d’abord, les pertes
d’atomes sont très importantes et le temps de vie de la gouttelette est très bas, de
2.5 État de l’art sur les gouttelettes quantiques 47
𝛿𝑎 < 0 𝛿𝑎 > 0
𝑎↓↓
𝛿𝑎(𝑎! )
𝑎(𝑎! )
𝑎↑↑
𝑎↑↓
Figure 2.5 – Longueurs de diffusions (a↑↑ , a↓↓ a↑↓ ) intra et inter espèces dans le cas
d’un mélange de spin |1, −1i et |1, 0i pour le 39 K, ainsi que la longueur de diffusion
effective δa.
l’ordre de quelques dizaines de ms. Ces pertes empêchent donc de sonder le spectre
des excitations, et aussi d’observer une gouttelette à l’équilibre et ses propriétés
intrinsèques comme la densité interne constante. De plus, le taux de recombinai-
sons à trois corps pour les deux états n’est pas le même (pertes asymétriques) [89] :
K111 /3! ≈ 9×10−40 m6 /s et K222 /3! ≈ 1×10−41 m6 /s, où |1i = |1, 0i et |2i = |1, −1i.
Cette asymétrie des pertes conduit le système à ne plus vérifier la condition de blo-
cage du ratio de la densité (2.3), et donc introduit des effets de champ-moyen supplé-
mentaires. Finalement, la dynamique des gouttelettes est ici dominée par les pertes
à trois corps et par l’expulsion du surplus d’atomes dans l’état excédentaire. Quant
au phénomène d’auto-évaporation, il joue ici un rôle marginal. Ces expériences ont
permis la première observation de gouttelettes quantiques non-dipolaire, mais dans
un régime hors-équilibre. La gouttelette doit s’adapter à un nouvel état d’équilibre
continûment avant d’atteindre le nombre d’atomes critique et de redevenir un gaz.
Les mélanges hétéronucléaires promettent d’être de bons candidats pour l’étude des
propriétés des gouttelettes proche de l’équilibre grâce à leurs temps de vie élevés
[84, 85].
a)
b)
Figure 2.6 – Figure issue de [44]. (a) Images typique d’un condensat (haut) et
d’une gouttelette quantique (bas) en l’absence de piégeage en fonction du temps.
(b) Nombre d’atomes critique en fonction de la longueur de diffusion effective δa.
Les données en rouge (resp. bleue) proviennent de [45] (resp. [46]).
2.5 État de l’art sur les gouttelettes quantiques 49
Théoriquement, divers travaux ont essayé de proposer des explications aux dif-
férences entre les résultats théoriques et expérimentaux sur le nombre d’atomes
critique Nc . Par exemple, des études basées sur des méthodes Monte-Carlo quan-
tiques et variationnelles ont montré le rôle et l’importance de la portée du potentiel
d’interaction dans la description des gouttelettes quantiques à mesure que les inter-
actions inter-espèces attractives augmentent [87, 88, 94, 95]. Plusieurs études ont
également proposé des descriptions auto-consistantes des gouttelettes afin de régler
le problème de la vitesse du son imaginaire pour le mode de densité [96, 97].
Chapitre 3
Crossover tridimensionnel à
unidimensionnel du terme au-delà du
champ-moyen dans les gouttelettes
quantiques
3.1 Introduction
Comme nous l’avons décrit dans le chapitre précédent, les gouttelettes quan-
tiques ont des propriétés extrêmement intéressantes, comme la densité de saturation
conduisant au profil de densité interne homogène, ou son spectre d’excitations avec
le phénomène d’auto-évaporation. Cependant, expérimentalement, les systèmes ne
sont pas idéaux et ont plusieurs inconvénients pour l’observation de ces caracté-
ristiques, comme par exemple les pertes à trois corps dominant la dynamique du
système, et leurs tailles inférieures au µm rendant leurs observations difficiles. La
proposition théorique de gouttelettes quantiques dans une configuration géométrique
unidimensionnelle est à première vue attirante. Puisque le terme correspondant aux
fluctuations quantiques provient de la sommation de l’énergie de point-zéro des
modes d’excitations, son expression dépend donc de la dimension du système. Ainsi,
le terme de Lee-Huang-Yang unidimensionnel est attractif et a une dépendance en
n3/2 , permettant potentiellement de former des liquides quantiques pour δg > 0.
La densité de saturation est plus basse (∼ 1019 m−3 ), conduisant par conséquent
à un taux de perte excessivement plus faible. De plus, la taille est plus grande
que dans le cas tridimensionnel, donnant la possibilité d’observer correctement le
profil de densité. Toutefois, cette configuration s’accompagne d’une énergie caracté-
ristique extrêmement faible (inférieure au Hz), entraînant des difficultés expérimen-
tales considérables. Un régime proposant potentiellement les avantages à la fois de
la configuration tridimensionnelle et unidimensionnelle, est le crossover 1D-3D du
terme de Lee-Huang-Yang [77].
Chapitre 3. Crossover tridimensionnel à unidimensionnel du terme
52 au-delà du champ-moyen dans les gouttelettes quantiques
Ce chapitre est la présentation d’une étude théorique que nous avons réalisée [98],
afin de comprendre un peu mieux les contraintes et les ordres de grandeurs expéri-
mentaux dans le cas de gouttelettes quantiques, lorsque le terme de Lee-Huang-Yang
est dans le crossover 1D-3D, et le champ-moyen dans une configuration unidimen-
sionnelle. Ce travail se base sur l’expression du terme au-delà du champ-moyen dans
le crossover 1D-3D provenant de [76]. J’ai décidé de ne pas réécrire l’article, étant
déjà relativement long et complet, mais de l’insérer directement dans ce chapitre.
Je vais toutefois décrire les grandes parties et les résultats principaux, et je vais
finalement expliquer la méthode numérique qui n’est pas développée dans l’article.
c
EBMF λ
= f (κ) (3.2)
~ω⊥ a
avec
h
√ √
C1D 4 2 3/2 4 2 ln 4/3 5/2
2
f (κ) = √ κ − κ + h
κ + B1D κ3 (3.3)
2 3π π
Le premier terme de f (κ) est une correction au champ moyen issue d’une réso-
nance induite par le confinement (C1Dh
≈ 1.4603) [99]. Le deuxième terme est la
contribution de Lee-Huang-Yang dans le cas d’un système purement unidimension-
nel dominant à κ 1. Les deux derniers termes correspondent à des corrections
pour les grandes valeurs de κ. Le troisième terme à la même dépendance (∝ κ5/2 )
que le terme LHY tridimensionnel. Lorsque κ ∼ 1, le terme LHY ne peut plus
s’écrire simplement, mais on peut interpoler les deux expressions avec une relative-
ment bonne précision.
1. Dans ce cas, les interactions de champ-moyen sont nulles, le système est uniquement stabilisé
par les différents termes de l’énergie des fluctuations quantiques dans le crossover 1D-3D.
Chapitre 3. Crossover tridimensionnel à unidimensionnel du terme
54 au-delà du champ-moyen dans les gouttelettes quantiques
Sans piège longitudinal
Nous avons tout d’abord regardé les profils de densités typiques à faible et grand
nombre d’atomes pour δa0 < 0, δa0 = 0 et δa0 > 0 (voir Fig. 4), donnant ainsi une
vue d’ensemble des solutions dans tout le crossover. Nous voyons que pour chaque
valeur de δa0 , la densité maximale augmente avec le nombre d’atomes jusqu’au mo-
ment de la saturation (Fig. 5 (a)). À ce stade, le profil de densité possède une densité
interne constante caractéristique des gouttelettes quantiques. La taille des goutte-
lettes diminue en fonction du nombre d’atomes avant la saturation (Fig. 5 (b)), afin
d’augmenter la densité centrale jusqu’à la densité d’équilibre. Une fois la densité
d’équilibre atteinte, la taille augmente avec le nombre d’atomes tout en gardant une
densité interne constante. Nous avons vu que plus le système est unidimensionnel,
c’est-à-dire plus δa0 est positif, moins il faut d’atomes pour saturer la gouttelette,
donc plus favorable expérimentalement. Nous avons pu distinguer plusieurs régimes.
À faible nombre d’atomes, la densité et la taille de la gouttelette ne dépendent pas de
δa0 . Le système est ici dominé par le terme LHY 1D et l’énergie cinétique, l’énergie
de champ-moyen est négligeable. Dans le cas δa0 < 0, nous avons également identifié
des solutions correspondant à des solitons brillants lorsque le nombre d’atomes est
intermédiaire, le système est dominé par l’énergie cinétique et le champ-moyen. À
grand nombre d’atomes, le système devient saturé et l’énergie de Lee-Huang-Yang
et de champ-moyen dominent.
Mode de respiration
Dans cette dernière partie, nous avons étudié le mode de respiration pour les
gouttelettes dans le crossover (Fig. 8). Ce mode donne une échelle de temps caracté-
ristique à laquelle la gouttelette quantique peut être préparée de manière adiabatique
en faisant varier un paramètre expérimental. Nous avons constaté que la fréquence
du mode de respiration augmente avec le nombre d’atomes jusqu’à atteindre un
maximum correspondant au moment où la gouttelette devient saturée. La fréquence
3.3 Résultats : voir publication 55
diminue ensuite lorsque la taille de la gouttelette augmente. Plus δa0 est négatif,
plus le maximum du mode de respiration est énergétique.
(Received 24 November 2020; revised 29 January 2021; accepted 26 February 2021; published 15 March 2021)
The existence of quantum droplets in binary Bose-Einstein condensate mixtures relies on beyond-mean-field
effects, competing with mean-field effects. Interestingly, the beyond-mean-field effects change from repulsive in
three dimensions (3D) to attractive in 1D leading to drastically different behaviors. We quantitatively model
quantum droplets in the beyond-mean-field crossover from 1D to 3D in the relevant case of an elongated
harmonic trap and give realistic numbers for experimental realizations. We identify and quantify two main
limiting factors: three-body losses and tiny energy scales. The crossover region is appealing as it offers a trade-off
between these two main limitations opening the possibility of observing stable flat-top density profiles, a yet
unobserved, characteristic feature of quantum droplets. It would permit testing of beyond-mean-field theories to
an unprecedented precision.
DOI: 10.1103/PhysRevA.103.033312
033312-2
BEYOND-MEAN-FIELD CROSSOVER FROM ONE … PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
FIG. 2. Energy per particle in the bulk. The black (red) curve FIG. 3. Ratio of the binding energy per particle to the three-body
corresponds to the energy minimization using the 1D-3D-crossover loss rate in the beyond-mean-field 1D-3D crossover. Larger ratios are
(3D) formula. The curves are dashed in the regions where the corre- favorable to minimize the relative effect of losses.
sponding theory is expected not to be valid.
N ∂t oh
ratio of the droplet binding energy to the three-body loss rate,
which is a measure of the relative importance of losses as III. QUANTUM DROPLETS IN A FINITE SYSTEM
compared with the droplet intrinsic time scale (see Fig. 3).
Small values imply that losses play an important role in the Whereas the above discussion focused on the properties of
droplet dynamics [16]. We find that it is indeed favorable to droplets in the bulk, we now turn to the question of finite atom
move toward δa > 0 in order to minimize the relative effect numbers and finite sizes in quasi-1D droplets in the beyond-
of losses. Note that the ratio is plotted in units of the dimen- mean-field crossover from 1D to 3D. One of our goals is to
sionless quantity h̄a3 aoh /(mK3 ), which reveals the importance identify realistic parameters where a stable flat-top droplet
of the different parameters. In particular, we find that reducing density profile could be observed.
the confinement ω⊥ is favorable to reduce the relative role
of losses in the droplet dynamics despite the reduction in the
droplet binding energy. A. Extended Gross-Pitaevskii equation
We now discuss experimentally realistic numbers. We con- In the same spirit as before, we suppose that the spin
sider droplets made of potassium-39 in the second and third modes are unpopulated such that the ratio of densities be-
spin states around 56.8 G as used in previous experiments. In tween the two spin states is fixed. Within this assumption
this case, a11 ≈ 33 a0 , a22 ≈ 84 a0 , and a12 ≈ 53 a0 , where a0 the system can be described by a single wave-function
is the Bohr radius. The mean-field parameters δa and δa can ψ (x, t ) solution of the following extended Gross-Pitaevskii
033312-3
L. LAVOINE AND T. BOURDEL PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
equation:
(a)
∂ψ h̄2 ∂ 2 ψ
i h̄ =− + h̄ω⊥ [δa λ|ψ 2 |
∂t 2m ∂x 2
1
+ λg(κ )]ψ + mω2 x 2 ψ, t (8)
2
where g(κ ) = ∂ ∂κ
f (κ )
is the beyond-mean-field interaction po-
tential.
This equation can be written in dimensionless units using
the following scalings:
1
t = t0 t = t, (9) (b)
λω⊥
a⊥
x = x0 x = 1/2 x , (10)
λ
1
ψ = ψ0 ψ = 1/2 ψ , (11)
a
∂ψ 1 ∂ 2ψ 2 2 1 ω2 2
i = − + [δa |ψ | + g(|ψ |)]ψ + x ψ,
∂t 2 ∂x 2 2 ω⊥
2 λ2
(12)
with the normalization condition |ψ 2 |dx = N = Nλ3/2 . In
addition to this rescaled atom number, there are two dimen-
ω
(c)
sionless parameters: δa for the mean-field interaction and ω⊥ λ
for the trapping potential.
B. Ground-state solutions
We find the droplet ground state using the split-step Fourier
method and imaginary time evolution. We first study the solu-
tion with no longitudinal trapping (ω = 0). Remarkably, we
always find a self-bound solution for all parameters. This is in
contrast to the 3D situation, where a minimal atom number
is needed to form a droplet. We now plot the ground-state
density profiles for two different atom numbers N = 0.3 and
N = 3 and mean-field interaction parameters in the crossover FIG. 4. Quantum droplet density profiles in the absence of a
δa = −6.7, 0, and 6.7 (corresponding to δa/a0 = −1.6, 0, longitudinal trap (ω = 0) for N = 0.3 and N = 3 for three val-
and 1.6, for the previously given experimental parameters) ues of δa . (a) δa = −6.7. (b) δa = 0. (c) δa = 6.7. Please note
in Fig. 4. For large atom numbers N 3, the droplet the different scales both in x and in κ in (a)–(c). The solid black
profile exhibits a flat-top profile corresponding to the bulk curves correspond to the exact minimization of the extended Gross-
solution whose edges are rounded because of the kinetic- Pitaevskii equation in the 1D-3D crossover using imaginary time
energy term. The droplet density gets smaller and its size evolution. The superimposed dashed red curves are the results using
gets larger as δa goes from negative to positive values. For the two-parameter ansatz presented in the text.
small atom numbers N 0.3, the droplets do not show an
extended flat region, and the kinetic energy plays a dominant
role. profile is
For the realistic experimental parameters chosen previ- 2 r
ously, N = 1 corresponds to 3800 atoms, and the quasi-1D n(σ, r) =
N x
exp − 2 . (13)
situation offers the possibility of saturating a droplet with 2σ (1 + 1/2r) σ
realistic atom numbers. This is in contrast to the quasi-2D and,
even more, the 3D droplets, where the critical atom number This two-parameter function has the ability to interpolate be-
to reach a flat top can be too high especially for low values tween a peaked density profile for low values of r, a Gaussian
of |δa|, which are favorable to reduce the role of three-body density profile for r = 1, and a flat-top density profile for r
losses [8]. 1. Its typical width is given by σ . It has the great advantage
Another way to get an idea of the density pro- that the different energy terms are analytical and can be simply
files is to minimize the energy of an ansatz wave written in terms of the function. The energy minimization
function. Here, an appropriate choice for the density is then straightforward. In Fig. 4, it is obvious that the ansatz
033312-4
BEYOND-MEAN-FIELD CROSSOVER FROM ONE … PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
(a)
(b)
FIG. 5. Maximum rescaled density κ0 (a) and rms size (b) of a FIG. 6. Maximum rescaled density κ0 (a) and rms size (b) as
droplet as a function of the atom number in the absence of a lon- a function of the atom number in the presence of a longitudinal
ω
gitudinal trap (ω = 0). The three curves correspond to three values harmonic trap ω⊥ λ = 5 × 10−3 . The curves follow the same coding
of the mean-field parameters δa : black [(a) bottom curve, (b) top as in Fig. 5.
curve], δa = 6.7; red (middle curve), δa = 0; blue [(a) top curve,
(b) bottom curve], δa = −6.7.
an intermediate-atom-number region in which the solution
corresponds to a standard mean-field bright soliton [11,24,25]
minimization method is able to approximate the exact ground for which the size scales as N −1 and the density scales as N 2 .
state.
D. Trapped case
C. Maximum density and rms size: Scalings We now turn to the trapped case. As an example, we choose
ω
We now plot the maximum rescaled density κ0 and the ω⊥ λ
= 5 × 10−3 (which corresponds to w /2π = 0.01 Hz,
root-mean-square (rms) size of the ground-state profile as for the previously chosen parameters) and find the ground
a function of the atom number for δa = −6.7, 0, and 6.7 state by imaginary time evolution (see Fig. 6). For interme-
(see Fig. 5). In all cases, the density increases with the atom diate atom number, the trap has no effect. It corresponds to a
number until it reaches a saturation value corresponding to regime where the trap potential energy is negligible as com-
the bulk density, when the droplet exhibits a flat-top profile. It pared with the other energy scales. For low atom number, the
also appears that a lower atom number is necessary to reach size reaches a plateau in contrast to the untrapped case. This
a flat-top droplet as one moves toward the 1D regime. The corresponds to a situation where the gas can be considered as
ground-state size first decreases as the atom number increases noninteracting and the condensates occupy the ground state of
and then increases when a flat-top droplet is formed. the longitudinal harmonic trap.
For the above figures, one can extract scalings in dif- At high atom numbers, the trap prevents the droplet from
ferent regimes. For low atom numbers, all three curves are growing in size at a constant density as observed in the ab-
superimposed, and κ0 1. The dominant energy terms are sence of a longitudinal trap. In this regime, the kinetic energy
the 1D beyond-mean-field attractive terms and the kinetic can be neglected, and the density profile can be found in
energy. The mean-field term is negligible. In this case, the an approximation analogous to the Thomas-Fermi approxi-
size scales as N −1/3 , and the density scales as N 2/3 . For a mation. A local chemical potential is then directly linked to
large atom number, the ground state is a flat-top quantum the density through the homogenous equation of state. In the
droplet. The dominant energies are then the mean-field and 3D case, this was presented in Ref. [26]. The entrance in
beyond-mean-field terms. The kinetic energy can be neglected this last regime can be simply estimated by comparing the
in the analysis. In this case, the size simply scales as N as the bulk energy per particle to the potential energy given by the
density is fixed. For attractive mean-field δa < 0, there exists rms size of the droplet. The value of N where this happens
033312-5
L. LAVOINE AND T. BOURDEL PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
(a)
(b)
FIG. 8. Frequency of the breathing mode as a function of the
rescaled atom number for three values of the mean-field parameter
δa : black, top points, δa = −6.7; red, middle points, δa = 0; blue,
lower points, δa = 6.7.
033312-6
BEYOND-MEAN-FIELD CROSSOVER FROM ONE … PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
density is found to decrease rapidly when moving toward Effects beyond the standard Lee-Huang-Yang energy used in
the 1D regime, which would be experimentally favorable this paper will appear [27], either because of higher-order
in order to reduce the role of three-body losses. This re- terms in the density expansion [28], because of finite-range
duction comes with a reduction in the typical energy scale interacting potentials [29,30], or because of temperature
of the droplets imposing severe experimental constraints on effects [31].
the control of the residual potential such as the longitudi-
nal trapping or the preparation of the droplets close to their
ACKNOWLEDGMENTS
ground state. Nevertheless, stable quasi-1D quantum droplets
with a characteristic flat-top profile should be realistically We thank D. Petrov for inspiring discussions and A. Ham-
observable with a δa that is negative and of the order of a mond for careful rereading. This research has been supported
few units in potassium-39 experiments [9–11]. The conditions by CNRS, Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la
would be even more favorable for low-loss mixtures such as Recherche, Labex PALM, Region Île-de-France in the frame-
Rb-K [12]. work of DIM Sirteq, Université Paris-Saclay in the framework
The realization of quasi-1D droplets in the beyond- of IQUPS, ANR Droplets Project No. 19-CE30-0003-01, and
mean-field crossover from 1D to 3D would allow precise the Simons Foundation (Award No. 563916: Localization of
studies of the beyond-mean-field effects in Bose gases. Waves).
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h
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Hadzibabic, Phys. Rev. Lett. 119, 190404 (2017). due to the absence of Bose enhancement as compared with the
[8] D. S. Petrov, Phys. Rev. Lett. 115, 155302 (2015). thermal loss coefficient and also includes the fact that only a
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Ancilotto, M. Modugno, F. Minardi, and C. Fort, Phys. Rev. [27] F. Böttcher, M. Wenzel, J.-N. Schmidt, M. Guo, T. Langen,
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Pfau, Phys. Rev. Lett. 116, 215301 (2016). (2019).
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Fattori, and M. Modugno, Phys. Rev. Research 2, 013269 [31] G. De Rosi, P. Massignan, M. Lewenstein, and G. E.
(2020). Astrakharchik, Phys. Rev. Research 1, 033083 (2019).
033312-7
3.4 Méthode numérique 65
∂ψ(~r, t)
i~ = (Ĥcin + V (r) + ĤMF (n) + ĤLHY (n))ψ(~r, t) (3.4)
∂t
∂ψ(~r, t) ~
i~ =− ∆ψ(~r, t) + V (r)ψ(~r, t) + gn(~r, t)ψ(~r, t) + ĤLHY (n)ψ(~r, t) (3.5)
∂t 2m
ˆ
ψ(∆t) = e−i(T̂ +I)∆t/~ ψ(0) (3.7)
Les deux termes T̂ et Iˆ ne commutent pas ([T̂ , I]
ˆ 6= 0), on ne peut donc pas ici
décomposer l’opérateur évolution en un produit de deux exponentielles. De plus, le
calcul de ce terme peut être délicat.
Chapitre 3. Crossover tridimensionnel à unidimensionnel du terme
66 au-delà du champ-moyen dans les gouttelettes quantiques
Formule de Baker-Campbell-Hausdorff
En mathématiques, la formule de Baker-Campbell-Hausdorff est la solution Z à
l’équation :
eZ = eA eB (3.8)
1 1 1
où A, B sont des opérateurs, et Z = A+B+ [A, B]+ [A, [A, B]]− [B, [B, A]]+...
2 12 12
ˆ
On peut donc réécrire l’opérateur évolution e−i(T̂ +I)∆t/~ :
ˆ ∆t ∆t ˆ ∆t 1 ˆ ∆t2
e−i(T̂ +I) ~ ≈ e−iT̂ ~ × e−iI ~ × ei 2 [T̂ ,I] ~2 (3.9)
Le dernier terme du membre de droite de l’équation (3.9) à une dépendance quadra-
tique en ∆t contrairement aux autres termes qui en dépendent linéairement. Cette
dépendance en ∆t2 , permet de négliger le dernier terme pour des pas de temps ∆t
suffisamment faibles, permettant de décomposer l’exponentielle en un simple pro-
duit :
ˆ ∆t ∆t ˆ ∆t
e−i(T̂ +I) ~ ≈ e−iT̂ ~ × e−iI ~ (3.10)
Cette simplification n’est valide que si ∆t est suffisamment faible par rapport aux
temps caractéristiques des énergies mises en jeu dans l’évolution du système (énergie
cinétique, potentielle et celles associées aux interactions) :
Ei ∆t ~
max | | 1 ⇐⇒ ∆t (3.11)
i ~ maxi |Ei |
Schéma de Lie
Les opérateurs s’exerçant dans l’espace réel et dans l’espace de Fourier (impul-
sions) sont appliqués indépendamment l’un après l’autre [100] :
ψ(tf ) = e−iĤcin ∆t/~ × e−iĤpot ∆t/~ × e−iĤMF ∆t/~ × e−iĤLHY ∆t/~ ψ0 (3.12)
3.4 Méthode numérique 67
∆t ˆ ∆t
ψ(tf ) = e−iT̂ ~ × e−iI ~ ψ0 (3.13)
La contribution de l’hamiltonien cinétique Ĥcin est calculée dans le domaine de
Fourier. Ce schéma a une précision temporellement du premier ordre [101, 102]. Il
a une erreur de division locale temporelle Lie (∆t) [100] :
ˆ ˆ
Lie (∆t) = e−i∆t(T̂ +I)/~ ψ − e−i∆tT̂ /~ e−i∆tI/~ ψ ∝ ∆t2 (3.14)
Schéma de Strang
Le schéma de Strang, ou encore appelé la méthode symmetric split step Fou-
rier, est une méthode permettant d’améliorer la précision temporelle. Elle consiste
d’appliquer le schéma opérationnel suivant [100] :
1 ˆ ∆t ∆t 1 ˆ ∆t
ψ(∆t) = e− 2 iI ~ × e−iT̂ ~ × e− 2 iI ~ ψ(0) (3.15)
ˆ ∆t
L’évolution de la fonction d’onde par l’opérateur e−iI ~ est décomposée en deux
étapes de calcul, séparées par l’étape d’évolution de la fonction d’onde par la pression
quantique. Ce schéma a une précision temporellement du deuxième ordre [101, 102].
Il a une erreur de division locale temporelle Strang (∆t) [100] :
ˆ ˆ
Strang (∆t) = e−i∆t(T̂ +I)/~ ψ − e−i∆tT̂ /~ e−i∆tI/~ ψ ∝ ∆t3 (3.16)
Dans notre étude théorique, nous avons utilisé le schéma de Strang.
~2 2 ~2 k 2
F [−∇ ψ] = ψk (3.19)
2m 2m
où F [ψ] = ψk est la transformée de Fourier de la fonction ψ. Cela signifie que,
dans l’espace de Fourier, la contribution de l’hamiltonien cinétique correspond à
une multiplication :
~k 2
F [ψ3 ] = exp(−i ∆t)F [ψ2 ](k) (3.20)
2m
Afin de revenir dans l’espace réel, et de trouver ψ3 , il suffit de calculer la transformée
de Fourier inverse :
~k 2
ψ3 = F −1
exp(−i ∆t)F [ψ2 ](k) (3.21)
2m
Afin d’avoir une évolution complète, il suffit de remultiplier la fonction d’onde ψ3
par les termes correspondants au potentiel extérieur et aux interactions. Dans une
version compacte, on peut écrire l’évolution totale :
i ~k 2 i
ˆ ˆ
− I(r)∆t −i ∆t − I(r)∆t
ψ(∆t) = e 2~ F −1 e 2m F [e 2~ ψ(0)](k) (3.22)
(a)
(b)
X X
Ψini (r, t) = ci φi (r)e−Ei t/~ = c0 φ0 (x)e−E0 t/~ + ci φi (r)e−Ei t/~ (3.24)
i i6=0
L’expérience de potassium 39
39
4.1.1 Propriétés optiques du K
La structure des niveaux d’énergie du potassium 39 est représentée en figure 4.1.
Les transitions optiques dominantes dans l’état fondamental sont la D1 (2 S1/2 →
2
P1/2 ) et la D2 (2 S1/2 → 2 P3/2 ). Le temps de vie naturel τ dans les états excités
2
P1/2 et 2 P3/2 est relié à la largeur naturelle de raie Γ associée à la transition par :
39
4.1.2 Propriétés de collisions du K
Une des étapes nécessaire à l’obtention d’un gaz quantique dégénéré, est le re-
froidissement par évaporation. Lors de ce processus, les atomes les plus chauds
quittent le piège, les atomes restant dans le piège thermalisent via les collisions
inter-atomiques à une température inférieure. Pour que le refroidissement soit effi-
cace, il faut que le taux de collisions élastique γ soit suffisamment rapide :
γ = nσv ∝ a2 (4.2)
où n est la densité du gaz, σ la section efficace de collision et v la vitesse moyenne
des atomes. Ainsi, il est nécessaire que la longueur de diffusion soit suffisamment
grande. À champ magnétique nul, la longueur de diffusion a est de l’ordre de −25 a0 .
Cette longueur de diffusion est petite en comparaison de celle du 87 Rb égale à 100 a0 .
Ainsi, le taux de collisions dans le cas du 39 K est environ 16 fois plus faible que pour
le rubidium.
4.1 Les propriétés du potassium 75
Minimum de Ramsauer
1
tan(δ0 ) ∼ −ka − re a2 k 3 (4.3)
2
off off on
D2 D1
on on off off
off off on
on on
les bobines de champ magnétique générant le champ Feshbach, tout en évitant des
effets de courants induits comme les courants de Foucault. En effet, on verra dans
la suite que, par l’utilisation de résonances de Feshbach, on souhaite une très bonne
stabilité magnétique. Les cellules permettent également un accès optique élevé en
comparaison à une chambre de science métallique.
L’enceinte métallique
L’enceinte métallique est constituée d’acier inoxydable 316, un alliage fer-chrome-
nikel à faible teneur de carbone (< 0.1%) amagnétique. Il est important dans notre
expérience d’avoir une enceinte métallique amagnétique, cela permet d’éviter une
magnétisation de la chambre qui va perturber l’expérience et sa reproductibilité.
Les atomes de potassium sont initialement dans un échantillon solide placé dans un
four (en rose sur la figure) chauffé à 150°C. Les atomes migrent ensuite vers une
cellule en verre servant de chambre de collection.
Lors d’une expérience d’atomes froids, il est nécessaire de travailler avec un ultra-
vide stable de l’ordre de 10−11 mbar. Cependant, une collecte efficace d’atomes im-
pose de travailler sous pression de vapeur saturante (∼ 10−8 mbar) dans la chambre
de collection. Afin de conserver la pression nécessaire dans chacune des deux chambres,
4.2 Description de l’expérience 79
a) b)
dB
= 0.70(4) G/A (4.4)
dI
De plus, nous avons observé des fluctuations shot-shot de l’ordre de 0.5 mV sur la
commande. Dans cet état, la précision est insuffisante et la stabilité relative mesurée
est de l’ordre de 5 × 10−4 pour le champ produit par les grosses bobines.
SM18-220
- +
Contrôleur PID
SM70-AR-24 𝐼' 𝑉$ 𝜀 𝑉%
Commande Signal d’erreur +
corrigée 𝑉!"# Offset output
𝑉!"#
𝑉%
- +
𝐼&
Grosses bobines
𝐼%
𝑉!"# + -
R = 1 kΩ
in out
Contrôleur PID
Commande
analogique 𝑉$
3. Plusieurs amplificateurs opérationnels ont été détruits dus à des pics de tensions provenant
des alimentations de courant lors des coupures rapides. Nous avons opto-couplé la sortie du PID,
évitant ainsi des grandes différences de tensions entre l’entrée et la sortie.
86 Chapitre 4. L’expérience de potassium 39
Expérimentalement, les six faisceaux MOT 3D sont composés à la fois des lasers
4.2 Description de l’expérience 87
issus de la ligne D1 et D2. Les deux lignes lasers ont été injecté dans la même
fibre initiale qui est couplée à un Schäfter-Kirchoff permettant l’obtention des six
faisceaux MOT 3D. La présence de la D1 n’est pas nécessaire au refroidissement des
atomes, mais augmente le nombre d’atomes capturé. En effet, il y a une compétition
entre l’éclatement du nuage dû à la lumière de la D1 à résonance et la force de rappel
due à la lumière D2. Cette compétition va avoir tendance à diminuer la densité du
nuage, réduisant ainsi les pertes assistées par la lumière. Cette configuration nous
permet d’obtenir ∼ 2 × 109 atomes dans le MOT 3D pour une température de
2 − 3 mK en début de séquence expérimentale.
CMOT
La densité d’un MOT est limitée par les processus de collisions assistées par la
lumière et par les processus de diffusions multiples de la lumière qui engendrent une
force répulsive entre atomes réduisant la densité. Le but de cette étape est l’aug-
mentation de la densité atomique et le refroidissement des atomes, afin d’augmenter
l’efficacité de la mélasse grise, décrite prochainement. L’idée est d’éteindre le faisceau
principal D2, d’augmenter le désaccord du repompeur D2 et d’accroître le gradient
de champ magnétique. Les atomes sont donc pompés dans un état peu couplé avec
la lumière et diffusent ainsi moins de photons. Le repompeur de la D2 permet de
conserver une transition piégeante. Le laser D1 assure un refroidissement Sisyphe
au centre du nuage, au niveau du zéro de champ magnétique. Expérimentalement,
les désaccords utilisés sont les suivants :
Mélasse grise
La mélasse grise combine deux effets, un piégeage de population sélectif en vi-
tesse (VSCPT) [116] et du refroidissement Sisyphe [117]. Les atomes sont pompés
optiquement dans un état noir (état non-couplé à la lumière). Un couplage motionnel
entre l’état noir et l’état brillant (état couplé avec la lumière) existe. Ainsi, l’atome
dans l’état noir avec une vitesse non nul va repartir dans l’état brillant, gravir de
nouveau les collines de potentiel, avant d’être pompé de nouveau dans l’état noir. Ce
88 Chapitre 4. L’expérience de potassium 39
Piégeage magnétique
Le théorème de Wing [118] énonce qu’il n’existe pas de maximum local du mo-
dule du champ magnétique dans un espace vide de courant électrique. Ainsi, il est
seulement possible dans notre cas, de piéger magnétiquement les atomes dans un état
quantique « low-field seeker », c’est-à-dire, un état attiré vers les zones de champs
faibles. On peut donc piéger les atomes seulement autour d’un minimum de champ
magnétique. L’hamiltonien d’un atome, placé dans un champ magnétique B selon
l’axe Oz, s’écrit :
ahf µB
H= 2
I.J + 2 B(gJ Jz + gI Iz ) (4.8)
~ ~
où ahf est l’énergie de l’état hyperfin, µB est le magnéton de Bohr, gJ et gn sont le
facteur de Landé et le rapport gyromagnétique du noyau. Les énergies sont données
par la formule de Breit-Rabi (figure 4.9). On nommera les niveaux d’énergie |F, mF i
même à champ fort, par soucis de concision 4 .
L’énergie d’un atome dans l’état interne |F, mF i dans un champ magnétique
faible peut donc s’écrire :
Le piège magnétique
Le piège est créé grâce aux grosses bobines en configuration quadrupôle. Le
champ s’annule au point (0,0,0) situé sur l’axe de symétrie, entre les deux bobines.
Au voisinage de ce point, le module du champ magnétique peut s’écrire :
p
B=b x2 + 4y 2 + z 2 (4.10)
Afin d’atteindre un gradient suffisant, on utilise l’alimentation de courant Delta
Elektronika SM18-220. Pour un courant de 190 A, on obtient un gradient magnétique
90 Chapitre 4. L’expérience de potassium 39
Figure 4.10 – Pompage optique sur la transition D1 des atomes vers l’état |F =
2, mF = 2i.
de 120.6 G/cm dans l’axe fort. Le quadrupôle n’est pas aligné avec la mélasse grise,
on utilise à la fois deux bobines de compensation et les petites bobines pour changer
la position du zéro de champ et l’aligner avec la position de la mélasse. Cette étape
nous permet de charger environ ∼ 5.5 × 108 atomes dans le piège magnétique. La
température mesurée est de l’ordre de 270 µK.
Nous utilisons un faisceau provenant d’un laser fibré IPG (modèle ELR-30-1550-
LP ) à 1550 nm et de puissance totale 30 W. Le faisceau est aligné près du centre du
piège magnétique. La puissance totale accessible après la mise en forme du faisceau
au niveau des atomes est de l’ordre de 19 W, et les caractéristiques du piège sont les
suivantes :
~ω0
− 2 ~Ω cos(ωt)
Ĥ = ~ω0 (4.13)
~Ω cos(ωt)
2
Afin de se ramener à un hamiltonien indépendant du temps, on doit passer dans
le référentiel tournant [56]. Les coefficients ca (t) et cb (t) sont la décomposition du
vecteur d’état dans la base non-couplée{|ai, |bi}. En appliquant le changement de
variables :
ca (t) = c̃a (t)e+iωt/2
cb (t) = c̃b (t)e−iωt/2
2 0.8
0.6
0
0.4
0.2
-2
0
-6 -4 -2 0 2 4 6
-2 -1 0 1 2 /
/
Figure 4.11 – À gauche : Énergies des états habillés |−i et |+i en fonction de δ/Ω.
Le dégradé de couleur donne la population des états non couplés |ai et |bi pour
chaque états habillés. À droite : les populations normalisées des états |ai et |bi en
fonction de δ/Ω pour |−i.
Oscillations de Rabi
Ω2 √ t
Pb (t) = 2 2
sin2
( δ 2 + Ω2 ) (4.18)
δ +Ω 2
Le résultat est une oscillation de la probabilité de transition vers l’état |bi en fonc-
tion du temps appelé oscillations de Rabi. La fréquence caractéristique de cette
oscillation est la pulsation de Rabi généralisée Ω̃. En figure 4.12 est tracé la probabi-
lité Pb (t) en fonction du temps (à gauche). Pour δ = 0, la probabilité que le système
soit dans l’état |bi est égale à 1 pour t/Ω = π + [2π] et sa fréquence d’oscillation est
égale à la fréquence de Rabi Ω. De plus, si on s’éloigne de résonance, Pb (t) oscille
plus rapidement, mais avec une amplitude plus faible.
Afin de transférer les atomes dans l’état souhaité expérimentalement, il est pos-
sible d’appliquer un pulse π (t/Ω = π). Cependant, nous avons des fluctuations
expérimentales qui vont engendrer des décalages à la fois du désaccord et aussi des
changements de la puissance RF. La manière de se débarrasser des fluctuations et
de transférer plus efficacement les atomes, est de faire un transfert adiabatique.
94 Chapitre 4. L’expérience de potassium 39
Figure 4.12 – À gauche : probabilité Pb (t) que le système soit dans l’état |bi en
fonction du temps pour différentes valeurs de δ/Ω. À droite : probabilité Pb (t) que
le système soit dans l’état |bi en fonction du désaccord à la résonance δ/Ω pour
t/Ω = π.
L’état reste égale à l’état initial à un facteur de phase près. Supposons maintenant
que le paramètre θ varie au cours du temps très lentement (le critère quantitatif de
"lentement" sera explicité plus loin). Le théorème adiabatique assure que l’état du
système, à l’instant t, est donné approximativement à une phase près, par 5 :
Autrement dit, le système va rester dans l’état propre associé à l’énergie E− , bien
que l’état n’est plus le même à l’instant t.
5. Pour une étude détaillé sur la condition d’adiabaticité, le lecteur est invité à se référer à
[122, 123].
4.3 Transferts radiofréquences vers les états Zeeman de F = 1. 95
→ →
→ →
| − ⟩ = | a⟩ | − ⟩ = | b⟩
→
-2
Début du balayage Fin du balayage
-2 -1 0 1 2
/
√
|θ̇| δ 2 + Ω2 ⇐⇒ |δ̇Ω − δ Ω̇| (δ 2 + Ω2 )3/2 . (4.21)
À ce stade de l’expérience, les atomes sont dans l’état |2, 2i. Pour les transférer
dans l’état |1, −1i, il y a deux possibilités. Nous pouvons d’abord transférer les
atomes dans l’état |2, −2i grâce à un transfert adiabatique à travers tout les états
Zeeman de F = 2, puis avec un transfert final de |2, −2i à |1, −1i. En essayant
ce premier schéma de transferts, nous avons observé une perte d’atomes importante
dans l’état |2, −2i au champ magnétique utilisé (∼ 14.3 G). Nous avons donc favorisé
le second schéma de transferts qui est le suivant : on réalise un premier transfert de
|2, 2i vers |1, 1i à ∼ 4.05 G, la fréquence de résonance est 472.41 MHz. Et ensuite, un
transfert de |1, 1i vers |1, −1i en passant par l’état |1, 0i à ∼ 42.7 G. La fréquence
de résonance des transferts sont respectivement 27.3 MHz et 30.9 MHz (Voir annexe
B).
Dispositif
Le circuit radiofréquence est présenté en figure 4.14. Le champ RF nécessaire à la
transition |2, 2i → |1, 1i, provient d’un générateur de signal Anapico Apsin2010HC
(G1 sur la figure). Le générateur Anapico Apsin2010HC en G2, nous permet de
faire les transferts |1, 1i → |1, 0i → |1, −1i. Le dernier générateur G3 Hewlett Pa-
ckard 8647A, est utilisé pour la formation du mélange de spin. Chaque générateur
radiofréquence est commandé en mode FM (Frequency modulation) par une com-
mande analogique, provenant de la carte NI-PXI-6738, cela nous permet de faire
des balayages de fréquences de formes arbitraires. Il y a à chaque sortie de géné-
rateur, des interrupteurs 6 contrôlés par un signal TTL. On peut ainsi, lors de la
séquence, laisser passer le champ radiofréquence que nous souhaitons. Les signaux
RF sont combinés 7 dans le même câble, qui est connecté à un amplificateur 100 W
ZHL-100W-GANX+ 8 , permettant d’atteindre des fréquences de Rabi de l’ordre de
6. ZX80-DR230-S+ , Minicircuit.
7. ZFSC-2-372-S+ Minicircuit.
8. Il est important de ne pas saturer l’amplificateur en entrée, on a observé la génération de la
fréquence double avec une compétition de gain entre les deux fréquences.
4.3 Transferts radiofréquences vers les états Zeeman de F = 1. 97
ZX80-DR230-S+
G1 • •
Anapico APSIN2010HC
Commande Bobine RF
ZFSC-2-372-S+
analogique TTL Amplificateur
+
100W
G2 ZHL-100W-GANX+
ZX80-DR230-S+
Anapico APSIN2010HC
• •
• •
G3
TTL TTL
Hewlett Packard 8647A
plusieurs dizaines de kHz. L’antenne est réalisée en faisant deux spires de diamètre
5 cm avec du fil de cuivre de diamètre 1 mm. Elle est positionnée proche des atomes, à
environ 10 cm. Nous n’avons pas cherché à adapter l’impédance du circuit au niveau
de l’antenne pour augmenter la puissance rayonnée. En effet, nous voulons éviter
de faire un circuit résonant, nous voulons pouvoir utiliser la même antenne sur un
grand intervalle de fréquences. Nous avons de plus, déjà des problèmes d’isolations
dus à la présence de RF émise dans la pièce aux puissances utilisées.
Problème d’isolation
La salle de l’expérience baigne dans le champ rayonné par l’antenne, dont la
longueur d’onde est de l’ordre de plusieurs mètres. Les objets conducteurs comme
les câbles, les châssis métalliques des appareils électroniques, dont les tailles sont de
l’ordre de la longueur d’onde du champ radiofréquence, se comportent comme des
antennes, et vont par conséquent, capter les ondes ambiantes. Les systèmes électro-
niques sont directement affectés par la présence de RF. Par exemple, les asservis-
sements des fréquences pour les lasers (D1 et D2) se coupent lorsque la puissance
du champ RF est trop importante. En addition de ces problèmes, on a observé
des changements de tensions sur les commandes analogiques avec l’ajout de bruits
supplémentaires. Ces décalages limitent majoritairement la stabilité du champ ma-
gnétique. Nous avons vu des décalages du champ magnétique de l’ordre de 30 mG.
Nous avons blindé le plus possible les différents éléments, et nous avons également
ajouté des filtres passe-bas avec des fréquences de coupure de l’ordre du kHz. Après
blindage, nous avons constaté que même si l’effet est fortement réduit au niveau des
commandes, après passage dans l’électronique des boîtes PID, et également de celle
de l’alimentation de courant des bobines, la valeur du champ magnétique change.
98 Chapitre 4. L’expérience de potassium 39
Nous avons identifié, que la présence de champ RF a un effet direct sur la masse
des circuits. Il est par conséquent, nécessaire de connecter ensemble les masses des
différents appareils et d’éviter des boucles de masses, qui engendre des tensions pa-
rasites, et donc des décalages en tension des commandes analogiques. Nous avons
enlevé les amplificateurs différentiels à l’entrée du PID, ce qui fixe la masse du cir-
cuit électronique, et restreint par conséquent les décalages. Ce genre de problèmes
reste généralement délicat à résoudre. Nous avons aussi éloigné les éléments sensibles
de l’antenne, réduisant la quantité d’ondes captée, et diminuant par conséquent le
décalage en tension des commandes. Nous envisageons également, dans la suite, de
les mettre dans une autre pièce.
Finalement, nous pouvons transférer 95% des atomes 9 dans l’état |1, −1i en 4 ms.
9. Nous avons observé que le transfert |1, 0i → |1, −1i n’était pas parfait. Nous avons identifié la
présence d’un décalage lumineux différentiel entre les deux états [124]. Les oscillations des atomes
dans le piège, à des fréquences de l’ordre de plusieurs kHz, engendrent donc des fluctuations du
désaccord δ à des fréquences proches de Ω/2π. Les atomes dans l’état |1, 0i ne sont plus présents
après les phases d’évaporation.
4.4 Évaporation dans un piège croisé 99
Une fois le transfert vers l’état |F = 1, mF = −1i effectué, nous voulons conti-
nué l’évaporation, afin d’atteindre la condensation de Bose-Einstein. La puissance
du FORT1 diminuant fortement lors de l’évaporation, son confinement longitudinal
devient insuffisant pour piéger les atomes, nous ajoutons donc un deuxième piège
dipolaire, nommé FORT2, pour assurer le confinement longitudinal. La figure 4.15
montre un schéma de la configuration géométrique des pièges optiques. Ce dernier
est issu du même laser que le FORT1, il provient de l’ordre 0 d’un modulateur
acousto-optique, par lequel le FORT1 passe, il permet un contrôle de la puissance,
et sert d’interrupteur rapide. Le FORT2 est ensuite mis en forme, la puissance maxi-
male disponible est de 14 W. Les caractéristiques du faisceau, à pleine puissance et
au niveau des atomes, sont les suivantes :
Un dernier piège est ajouté dans l’axe des faisceaux MOT horizontaux, nommé
FORT1D. Le FORT1D est un faisceau de longueur d’onde 1064 nm, et de puissance
maximale 500 mW. Les caractéristiques du faisceau, à pleine puissance et au niveau
des atomes, sont les suivantes :
— Waist w = 44 µm.
— Fréquence radiale fr1D = 490 Hz.
— Fréquence longitudinale fl1D = 2.7 Hz.
— Profondeur : |Udip1D |/kB = 22 µK.
Évaporation
L’étape de l’évaporation consiste à baisser la puissance des différents pièges op-
tiques. Afin d’évaporer efficacement, nous tirons avantage de la présence de la ré-
sonance de Feshbach à 33 G. Après avoir transféré les atomes dans l’état |1, −1i,
nous changeons le champ magnétique jusqu’à atteindre Bf = 40.5 G où la longueur
de diffusion est égale à environ 140 a0 . La figure 4.16 représente les étapes d’évapo-
rations, les faisceaux utilisés et leurs puissances. Nous appliquons au total quatre
étapes d’évaporation. La première, numérotée (1) sur le schéma, consiste à diminuer
la puissance du FORT 1 jusqu’à environ 8%. Nous appliquons ensuite les transferts
radio-fréquences, changeons le champ magnétique à Bf , et allumons le FORT2 à
30%. Une deuxième étape d’évaporation (2) est mise en œuvre, où le FORT1 est
diminué jusqu’à 1% de sa puissance. Avant la troisième étape (3), le FORT1D est
allumé à 25% de sa puissance, nous baissons ensuite la puissance du FORT1 jusqu’à
l’éteindre. La dernière étape (4) est l’étape de condensation, nous baissons simulta-
nément la puissance du FORT2 et du FORT1D jusqu’à 3.5% et 12%. Le piège final
est un piège allongé en forme de cigare.
2000
𝐵!
150
4 100
150
4.5 Imagerie
Imagerie par fluorescence
Afin d’observer les atomes, nous utilisons de l’imagerie par fluorescence. À champ
magnétique non nul, les atomes ne sont plus à résonance avec la lumière provenant
des faisceaux MOT (nous utilisons pour l’imagerie le faisceau principal et repompeur
de la ligne D2). Il est donc nécessaire de couper le champ magnétique. Ceci doit se
faire suffisamment rapidement, pour éviter qu’une dynamique non voulue se passe.
En effet, en éteignant le champ magnétique, la longueur de diffusion change et par
conséquent, les interactions inter-atomiques également et peuvent engendrer une
dynamique spatiale. À l’aide du switch au niveau des grosses bobines, il est possible
de couper le champ en ∼ 0.3 ms. De plus, nous appliquons un temps de vol avant
chaque image pour diluer le gaz, diminuant ainsi les interactions, et par conséquent
limitant l’effet de la coupure du champ. Avant d’imager, nous pouvons appliquer
un gradient magnétique à l’aide des petites bobines en configuration quadrupôle,
pour faire une expérience du type Stern-Gerlach. Nous imageons le nuage pendant
typiquement 30µs.
Résolution de l’imagerie
La résolution attendue de l’imagerie dans les deux axes est de 1 µm. Cependant, la
taille minimale mesurée expérimentalement sur des condensats, dont la taille radiale
attendue est de l’ordre du micro, est de 3 − 4 µm. Cette différence peut venir de la
position des objectifs. En effet, pour des raisons stériques, nous imageons les atomes
à 0.8 mm hors de l’axe (dans l’axe horizontal). Nous avons donc de l’astimagtisme
qui diminue la résolution. De plus, nous avons également vu des effets de chauffage
(diffusion des photons par les atomes pendant l’imagerie) et de densité (interactions
dipôle-dipôle) lors de l’imagerie, qui peuvent augmenter la taille observée 10 [127].
10. La totalité des effets rentrant en jeu sont encore incompris et pourront faire l’objet d’une
étude future.
4.5 Imagerie 103
Andor Zyla
4.2 sCMOS
Andor Ixon
EMCCD
Figure 4.17 – a) Image par fluorescence des trois pièges optiques. Image prise dans
la direction verticale. L’axe longitudinale du FORT1D est perpendiculaire aux deux
axes d’imagerie, il est donc au focus des deux caméras, dans tout le champ de vue.
b) Schéma des deux axes d’imageries.
Chapitre 5
5.1 Introduction
La très faible densité des gaz ultrafroids entraîne que les atomes interagissent
principalement par paires. Comme nous l’avons souligné dans le Chapitre 1, la lon-
gueur de De Broglie est plus grande que la portée du potentiel de Van der Waals
RVdW , on peut ainsi décrire le potentiel d’interaction comme un potentiel de contact
caractérisé par un seul paramètre : la longueur de diffusion a. La possibilité de
contrôler la longueur de diffusion via les résonances de Feshbach a permis d’explorer
divers phénomènes physiques comme la transition BEC-BCS avec un gaz de Fermi
[27, 128, 129, 130], l’étude des polarons de Fermi [131, 132] et de Bose [133, 134],
les gouttelettes quantiques [45, 46] et les supersolides [92, 93], ainsi que la physique
des solitons [91, 125, 135]. Néanmoins, la vitesse de changement des interactions
est limitée par l’inductance des bobines magnétiques. Il est alors possible de déca-
ler optiquement les résonances de Feshbach pour améliorer la résolution temporelle
[136, 137].
Une autre possibilité pour contrôler les interactions est l’utilisation de couplage
cohérent entre deux états quantiques [138, 139]. Dans [139], les auteurs démontrent
que les interactions entre deux atomes dans un état habillé sont décrit par une
constante de couplage qui est une combinaison linéaire des constantes de couplages
intra et inter espèces et qui dépend également des paramètres du couplage. Le groupe
de M.K Oberthaler à Heidelberg a étudié la physique et la dynamique de la tran-
sition entre le régime de Rabi et de Josephson dans le cas d’un mélange de spin
couplé [30, 31]. Ils ont également exploré le caractère miscible et non miscible d’un
mélange en présence d’un couplage. Ils montrèrent que le couplage entre les deux
Chapitre 5. Interactions à trois corps contrôlables dans les mélanges de
106 condensats de Bose-Einstein couplés
états de spin peut produire une inversion de la miscibilité du mélange [32, 33]. Ré-
cemment, le groupe de L. Tarruell ont directement mesuré la longueur de diffusion
d’un état habillé en fonction du désaccord à la résonance δ, ils formèrent également
des solitons habillés dans une configuration géométrique unidimensionnelle [140].
Bien que les interactions à trois corps dans un gaz d’atomes ultrafroid sont très
faibles et négligeables dans la plupart des situations par rapport au interactions
à deux corps, leur considération théorique est importante [141, 142, 143]. Leurs
présences conduisent à des effets non linéaires intéressants [144, 145, 146] et à la
formation de gouttelette quantique [39, 147]. À basse température, les interactions
à trois corps sont caractérisées par un hypervolume de diffusion D [148], avec un
rôle similaire à la longueur de diffusion a dans le cas des interactions à deux corps.
D est un nombre complexe dont la partie imaginaire Im(D) est associée à la perte
d’atomes par recombinaison à trois corps et la partie réelle Re(D) correspond à
un décalage en énergie et donc, à la magnitude des interactions à trois corps [149].
Une augmentation des interactions à trois corps (augmentation de la partie réelle)
est attendue proche des résonances de Feshbach, provenant d’une coïncidence en
énergie avec des états faiblement liés à trois corps [39, 148, 149, 150, 151, 152]. Ce-
pendant, les potentiels interatomiques possèdent de nombreux états liés profonds à
deux corps, par conséquent l’augmentation des interactions à trois corps Re(D) s’ac-
compagne d’un accroissement de Im(D), causé par des recombinaisons à trois corps
vers ces états profonds [153]. Par exemple, les résonances d’Efimov à trois corps
ont été observées expérimentalement à travers l’augmentation des pertes d’atomes
par recombinaison à trois corps [154, 40, 155]. Plusieurs études ont été faites sur la
manière d’introduire des interactions à trois corps. Dans les réseaux optiques, les
grandes pertes d’atomes à trois corps et l’effet Zeno quantique induisent une inter-
action à trois corps [156, 157]. Le couplage cohérent entre deux états quantiques
peut également induire des interactions à trois corps [158, 41].
Une interaction à trois corps effective peut aussi être induite via une constante
de couplage à deux corps dépendant de la densité du gaz. Cette méthode a besoin
de la présence d’un degré de liberté supplémentaire, qui s’adapte rapidement à la
densité locale et peut donc être éliminé adiabatiquement. Dans le cas d’un condensat
dans une configuration géométrique quasi-2D ou quasi-1D, sa fonction d’onde dans
les directions confinées fournit le degré de liberté supplémentaire [159]. En présence
d’interactions à deux corps, la taille va augmenter (diminuer) lorsque les interactions
sont répulsives (attractives). Cet effet induit un terme d’interactions à trois corps
de constante de couplage g3 ∝ −a2 dans l’équation d’état pour la fonction d’onde
en dimension réduite. Ce développement est perturbatif, valide seulement lorsque
le terme trois corps est faible par rapport à celui du deux corps. L’étude de cette
interaction à trois corps a été faite en observant le décalage en fréquence du mode de
respiration dans un piège quasi-2D [161] et la rupture de l’intégrabilité en géométrie
5.2 Collisions entre états habillés 107
quasi-1D [160].
Dans ce chapitre, nous allons expliquer comment le couplage cohérent entre deux
états de spin permet le contrôle des interactions à travers le désaccord à la résonance
δ. Ce couplage permet de changer les interactions très rapidement sur une grande
amplitude et donc d’envisager des expériences de quench. Nous allons démontrer
l’apparition dans l’équation d’état d’une interaction effective à trois corps attractive
∝ n3 [162]. Elle provient de l’affectation du degré de liberté du spineur par un
décalage du désaccord à la résonance causé par l’interaction à deux corps de champ-
moyen. Cette interaction est particulièrement attrayante, il est possible de contrôler
la magnitude de l’interaction à trois corps à travers la fréquence de Rabi Ω/2π sans
pertes à trois corps supplémentaires et indépendamment des interactions à deux
corps. Permettant ainsi de former un système dont les interactions à trois corps
sont dominantes et dictent la dynamique. Expérimentalement, nous allons étudié
deux conséquences de l’apparition de l’interaction trois corps. Nous allons voir que
le mode de respiration d’un condensat dans un piège allongé, qui est usuellement
indépendant de l’interaction de champ moyen à deux corps, montre un décalage
causé par la présence du terme à trois corps. Nous allons également montrer que
le condensat peut s’effondrer sur lui-même en présence d’interactions à trois corps,
malgré une longueur de diffusion positive.
Z !
X ~2 2
∇ X X gσ,σ0
Ĥ = Ψ̂†σr r
Ψ̂σr + ~ Ψ̂†σr ξσσ0 Ψ̂σ0 r + Ψ̂†σr Ψ̂†σ0 r Ψ̂σr Ψ̂σ0 r dr
σ
2m σ,σ 0 σ,σ 0
2
(5.1)
où Ψ̂σr est l’opérateur annihilation d’une particule de spin σ en position r, ξˆ =
−(δσ̂z + Ωσ̂x ) est l’hamiltonien de spin à une particule écrit avec les matrices de
Pauli (σ̂z , σ̂x ) s’appliquant sur les états internes {|↑i, |↓i}. gσσ0 est la constante de
couplage associé à l’interaction σ − σ 0 avec la longueur de diffusion aσσ0 .
1
a−− = a↓↓ sin4 (θ) + a↑↑ cos4 (θ) + a↑↓ sin2 (2θ) (5.3)
2
1
a++ = a↓↓ cos4 (θ) + a↑↑ sin4 (θ) + a↑↓ sin2 (2θ) (5.4)
2
1
a−+ = (a↑↑ + a↓↓ ) sin2 (2θ) + a↑↓ cos2 (2θ) (5.5)
2
En figure 5.1, nous avons tracé les longueurs de diffusions décrivant les interac-
tions entre deux atomes dans les états habillés {|−i, |+i}. Dans cet exemple, nous
avons choisi a↑↑ = 83.4 a0 , a↓↓ = 33.4 a0 et a↑↓ = −53.2 a0 . Nous voyons qu’en fonc-
tion du désaccord δ/Ω les longueurs de diffusions sont modifiées. Lorsque δ/Ω 1,
a−− correspond à la longueur de diffusion dans les états non couplés a↓↓ . De l’autre
côté de la résonance, pour δ/Ω −1, a−− correspond à a↑↑ . Proche de la résonance,
les longueurs de diffusions correspondent à une somme des trois longueurs de diffu-
sions des états non couplés (a↑↑ , a↓↓ et a↑↓ ) pondérée par le produit des probabilités
de trouver le premier et le deuxième atome dans les états |↑i et |↓i. Pour l’état |−i
cela peut s’écrire :
2 2
(−) (−) (−) (−)
a−− = P↓ a↓↓ + P↑ a↑↑ + 2P↓ P↑ a↑↓ (5.6)
(−) (−)
avec P↓ = sin2 (θ) et P↑ = cos2 (θ), qui sont respectivement les probabilités de
trouvé l’état |−i dans |↓i et |↑i lors de la collision.
5.2 Collisions entre états habillés 109
Figure 5.1 – Longueurs de diffusions décrivant les interactions entre deux atomes
dans un des états habillés {|−i, |+i}.
Dans [140], les auteurs ont montré le changement de la longueur de diffusion pour
l’état |−i avec un mélange couplé des états |F = 1, mF = −1i et |F = 1, mF = 0i
du 39 K. Dans des expériences d’expansions, ils mesurèrent directement la longueur
de diffusion en fonction du désaccord δ/Ω. De plus, à l’aide des résonances de Fe-
shbach, il est possible d’avoir amin
−− < 0 et ils observèrent la formation de train de
solitons brillants dans un état habillé. Avec notre expérience, nous avons pu répéter
ces expériences et observer les mêmes résultats.
| + +i −→ | − −i (5.9)
Ces processus de changement d’états par collisions à deux corps ne conservent pas
l’énergie cinétique. En effet, la différence d’énergie entre les états |+i et |−i (fi-
gure 5.2 (a)) est transférée en énergie cinétique. La figure 5.2 (b) montre les deux
transitions inélastiques possibles.
q Suite au processus 1, les deux atomes acquièrent
chacun une vitesse v1 = 2~Ω̃/m, la différence d’énergie 2~Ω̃ est transférer en
énergie
qcinétique entre les deux atomes. Le processus 2 conduit à une vitesse finale
v2 = ~Ω̃/m. La section efficace de diffusion pour les processus 1 et 2 s’écrivent
respectivement [140] :
π 2
σ1 = (a↑↑ + a↓↓ − 2a↑↓ ) sin2 (2θ) (5.10)
2
2
σ2 = 4π (a↑↑ sin2 (2θ) − a↓↓ cos2 (2θ) + a↑↓ cos(2θ)) sin2 (2θ) (5.11)
La figure 5.3 montre un profil de densité d’un condensat initialement transféré
adiabatiquement dans l’état |+i via un champ RF de pulsation Rabi Ω/2π = 20 kHz.
Après le transfert, le piège longitudinal est éteint afin de laisser le gaz s’étendre
dans le piège 1D pendant 63.8 ms. Le profil de densité possède trois pics 1 . Le plus
haut correspond à la position initiale des atomes dans le piège. Les deux autres
correspondent aux atomes ayant subit une collision inélastique (| + +i −→ | − −i).
Ces pics se trouvent à environ 400 µm de la position initiale, ainsi leur vitesse est
d’environ 6.3 mm/s. Le gain d’énergie est donc bien de l’ordre de 20 kHz ∼ Ω/2π.
Dans des expériences de temps de vol tridimensionnel, les auteurs de [140] observent
des halos de collisions.
(a)
(b)
Figure 5.2 – Figures issues de [72]. Processus de changement d’états par collisions
à deux corps inélastiques. (a) États à deux particules et leurs énergies internes
associées.p
(b) Dispersion de l’énergie d’une particule en fonction du moment k/kΩ̃
où kΩ̃ = 2mΩ̃/~ et Ω̃ est la fréquence de Rabi généralisée. Les processus 1 et 2
1
correspondent respectivement à |++i −→ |−−i et |++i −→ √ (| − +i + | + −i).
2
600
550
Chapitre 5. Interactions à trois corps contrôlables dans les mélanges de
112 condensats de Bose-Einstein couplés
500
450
400
(a)
350
300
100
200
300
400
500
600
700
(b)
Figure 5.3 – (a) Distribution atomique en fausses couleurs. (b) Profil de densité
longitudinale de (a). Le condensat est initialement transféré adiabatiquement dans
l’état |+i. Nous appliquons 63.8 ms d’expansion dans le piège longitudinale. Ω =
20 kHz.
5.3 Effets des interactions sur l’état habillé 113
~Ω g↑↑ n, g↓↓ n, g↑↓ n. Dans le cas contraire, l’énergie de l’état |↑i et |↓i vont
respectivement être décalée d’une quantité :
δ
cotan(θ0 + ∆θ) ≈ (1 − 2γ sin(θ0 )) (5.19)
Ω
δ/Ω
∆θ = 2γ (5.20)
(1 + δ 2 /Ω2 )3/2
En présence des interactions, γ est le paramètre contrôlant la modification de l’état
interne du condensat par rapport à l’état |−i. En injectant la modification de θ dans
l’expression de l’énergie de champ moyen (5.16) et en faisant un développement en
puissance de γ, on trouve :
EMF n n2
≈ − + g2 + g3 (5.21)
N 2 3
ḡ
avec g2 = g − (5.22)
1 + δ 2 /Ω2
3ḡ 2 δ 2 /Ω2
et g3 = − (5.23)
~Ω (1 + δ 2 /Ω2 )5/2
Figure 5.4 – Schéma des constantes de couplages pour l’interaction à deux corps
g2 et pour l’interaction à trois corps g3 en fonction de δ/Ω (en unités arbitraires).
Les trois pulsations Rabi vérifient Ω1 > Ω2 > Ω3 .
Chapitre 5. Interactions à trois corps contrôlables dans les mélanges de
116 condensats de Bose-Einstein couplés
de la densité (Eq. (5.21)) et donc le terme d’interaction trois corps ne sont valident
que dans le régime γ 1. Cette seconde limitation est plus restrictive dans notre
expérience. Ainsi, en prenant γ ≈ 1 ou ḡn ≈ ~Ω, on trouve que la valeur absolue
maximale de l’énergie à trois corps par particules g3 n2 /3 représente une fraction
significative de l’énergie à deux corps ḡn/2. Finalement dans le régime γ 1 et
ḡn ~|δ|, θ ≈ π/2 et l’énergie (Eq (5.16)) retrouve un comportement similaire à
un système avec des interactions uniquement à deux corps.
3. Nous avons vérifié que la légère différence entre a↑↑ et a↓↓ ne jouent pas de rôle quantitatif
dans nos données expérimentales. Ainsi, nous allons dans nos analyses considérer la valeur moyenne
des deux longueurs de diffusion.
4. Avec les oscillations de Ramsey, nous trouvons des fluctuations du champ magnétique simi-
laires à la mesure avec les transducteurs de courant (Voir partie 4.2.4).
5.4 Mise en oeuvre expérimentale 117
Ordres de grandeurs
Pour Ω/2π = 7 kHz et pour δ/Ω ≈ 0.8, la valeur absolue maximale pour la
constante de couplage à trois corps est |g3 |~ = 3 × 10−38 m6 /s. Cette valeur est
plus grande d’un facteur ∼ 100 par rapport au coefficient des pertes à trois corps
dominant K3↓↓↓ /6 ≈ 3×10−40 m6 /s dans les mélanges de spin du 39 K. L’hypervolume
de diffusion D pour notre système est donc essentiellement réel |Re(D)| |Im(D)|.
Observations expérimentales
L’expérience commence avec un condensat de Bose-Einstein quasi pur d’environ
1.4 × 105 atomes dans l’état |↑i dans un piège allongé en forme de cigare avec les
fréquences de piègeages suivantes (ω⊥ , ωk )/2π = (300, 16.4) Hz. Le condensat dans
l’état fondamental de l’hamiltonien (l’état |−i sans interactions) est préparé grâce
à un transfert adiabatique par balayage de fréquence. Le désaccord δ est décalé de
δini = 7.5 Ω jusqu’à sa valeur finale δf en 0.4 ms. La forme et la durée du balayage
δ(t) sont choisies afin d’être adiabatique par rapport à la dynamique interne 5 mais
non adiabatique par rapport à la dynamique spatiale du condensat 2π/ω⊥ . Ainsi, le
balayage est équivalent à un quench des interactions et induit une dynamique spa-
tiale du nuage. La taille initiale du condensat est plus élevée que la taille à l’équilibre
pour le nouvel état habillé, l’énergie potentielle supplémentaire va être convertie en
énergie cinétique et les atomes vont osciller dans le piège. La fréquence longitudi-
nale du piège est plus faible que la fréquence radiale, et en la contrôlant durant la
séquence expérimentale, nous limitons la dynamique longitudinale du nuage sur la
5. La forme de δ(t) a été choisie en analysant numériquement et expérimentalement les os-
cillations de Rabi résiduelles
après un
balayage adiabatique. Nous avons trouvé que la fonction
(δ −δ ) α+1
suivante δ(t) = iniα f 1+αt/t f
− 1 + δf , avec t ∈ [0, tf ] où tf est le temps du balayage et α une
constante, minimise mieux les oscillations de Rabi résiduelles et donc permet un meilleur transfert
adiabatique qu’une droite ou une exponentielle.
Chapitre 5. Interactions à trois corps contrôlables dans les mélanges de
118 condensats de Bose-Einstein couplés
Dans un premier temps nous travaillons avec les paramètres suivants Ω/2π =
25.4 kHz et δ/Ω > 0.8. Après le transfert adiabatique jusqu’au désaccord δf , le
champ RF reste allumé à la même fréquence et le système commence sa dynamique
radiale. À différents temps, nous coupons le piège optique laissant les atomes libres
dans les trois dimensions de l’espace. Nous faisons dans le même temps un balayage
inverse (δf → δini ) en 0.4 ms, permettant d’augmenter les interactions et donc d’aug-
menter la résolution spatiale après un temps de vol de 9.7 ms. On observe une claire
oscillation de la taille radiale (graphique inséré en figure 5.6). Sur les 15 ms de l’ex-
5.4 Mise en oeuvre expérimentale 119
périence, nous observons une chute du nombre d’atomes de maximum 20%. La figure
5.6 montre la fréquence du mode de respiration en fonction de δ/Ω. Contrairement
à l’invariance d’échelle dans le cas d’interactions uniquement à deux corps, nous
mesurons une claire diminution de la fréquence du mode de respiration (jusqu’à 8%)
en diminuant le désaccord δ/Ω de 1.4 à 0.8.
Modèle théorique
Nous voulons maintenant comparer les fréquences mesurées aux valeurs théo-
riques attendues pour un condensat vérifiant l’équation d’état (5.21). Notre modèle
est basé sur une approche variationnelle, qui est valide dans le régime des faibles os-
cillations 6 autour de la position d’équilibre [166, 167]. Nous considérons que durant
le mouvement des atomes, le profil de densité maintient la même forme et uni-
quement son extension spatiale change. La fonction d’onde bidimensionnelle peut
s’écrire :
AN 1/2
Ψ(r) = f (r/R)eiφ(r) (5.24)
R
où f est une fonction arbitraire réelle, N le nombre d’atomes, A une constante de
normalisation, r la coordonnée radiale et R la taille du condensat. Nous supposons
φ(r) = 0, ce qui revient à supposer que la fonction d’onde est dans l’état fondamental
du piège. L’énergie du système est E(R) tel que :
1
E(R) = E(R0 ) + meff ωb2 (R − R0 )2 (5.31)
2
où meff est la masse effective définie tel que :
R 2
r¯2 ¯2 r n(r)dr2
meff = Nm 2 , r = R (5.32)
R n(r)dr2
r¯2 est la moyenne quadratique de la taille du condensat. En dérivant deux fois E(R)
et en utilisant la relation du Viriel, on en déduit la fréquence du mode de respiration
dans le régime des faibles oscillations :
s
E3
ωb = 2ω⊥ 1+ (5.33)
Epot
Tout d’abord, nous voyons qu’en absence d’interaction à trois corps (E3 = 0) nous
retrouvons l’invariance de la fréquence du mode de respiration. Dans notre cas E3 <
0, on s’attend donc à une diminution de la fréquence en fonction de l’importance des
interactions à trois corps. Nous avons évalué les énergies E3 et Epot numériquement
avec l’équation de Gross Pitaevskii, incluant le terme d’interactions à trois corps,
via la méthode de temps imaginaire (voir 3.4.4).
rapport δ/Ω. Ainsi cette tendance révèle le rôle des interactions à trois corps dans le
collapse radiale. Pour Ω/2π < 20 kHz, le collapse se produit pour δ/Ω > 0.47, ce qui
signifie que la longueur de diffusion est positive (voir figure 5.8 (b)). Par exemple,
lorsque Ω/2π = 7.6 kHz, δc /Ω = 0.82(5) et la longueur de diffusion deux corps vaut
environ 10 a0 (figure 5.8 (b)).
Modèle théorique
Puisque nous ne voyons pas de pertes d’atomes avant le collapse, nous avons décidé
d’omettre un terme de perte dans la dynamique initiale. D’après l’équation (5.34),
la dynamique se réduit à celle d’une particule classique dans un potentiel effectif
V (s) donnée par les trois derniers termes.
Dans le but d’induire une interaction à trois corps répulsive, il est possible de
travailler dans l’état interne qui maximise l’énergie (|+i dans le cas sans inter-
action) 7 . Dans ce cas, on a θ ∈ [−π, 0], et la constante de couplage g3 devient
positive. Malheureusement, comme nous l’avons mentionné dans la partie 5.2.2, ils
existent de grandes pertes d’atomes à deux corps.p Le taux de pertes à deux corps
est Γ ∼ ~nā /lΩ , où ā = (a↑↑ − a↑↓ )/2 et lΩ = ~/mΩ est la longueur associée à la
2
7. À noter que ceci n’est valable que pour γ < 1, en effet cette solution est un point fixe que
pour γ < 1, sinon une bifurcation se produit [31].
Chapitre 6
6.1 Introduction
Nous avons vu que pour un gaz de bosons dans le régime des interactions faibles,
les fluctuations quantiques causent la déplétion quantique et conduisent à la correc-
tion de Lee-Huang-Yang (LHY) dans l’équation d’état. La déplétion quantique du
condensat vers des états excités a été observée expérimentalement [58, 59]. La mesure
de cette correction à l’énergie au-delà du champ-moyen a été le sujet de plusieurs
études [63, 38]. Cependant, sa faible magnitude par rapport au champ-moyen rend
son observation délicate et complexe. Comme nous l’avons abordé dans le chapitre
3, un mélange dont les interactions de champ-moyen globales sont attractives est
stabilisé par le terme de Lee-Huang-Yang. L’énergie de champ-moyen est abaissée
et devient du même ordre de grandeur que l’énergie des fluctuations quantiques.
L’observation de gouttelettes quantiques, est une observation indirecte de l’énergie
de Lee-Huang-Yang et n’a pas permis sa mesure précise. La première mesure relati-
vement quantitative provient de l’équipe de Jan J. Arlt à Aarhus [70]. Ils ont mesuré
cette énergie par des mesures de décalage de la fréquence de respiration dans un piège
harmonique isotrope tridimensionnel en fonction du nombre d’atomes. Cependant,
la présence de pertes asymétriques introduit des effets de champ-moyen supplémen-
taires dans la dynamique, et les mesures se font dans un régime d’oscillations de
grandes amplitudes. Ils observent, par conséquent, seulement un décalage globale
de la fréquence du mode de respiration. Ce décalage est relativement constant en
fonction de l’énergie au-delà du champ-moyen initiale, et limite par conséquent la
précision sur la mesure de l’énergie.
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
128 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
Dans la suite, nous allons tout d’abord expliciter le spectre de Bogoliubov pour
un mélange de condensats couplé de manière cohérente. Nous allons ensuite calculer
analytiquement la densité d’énergie au-delà du champ-moyen (noté EBMF /V , l’abré-
viation BMF est pour « Beyond Mean Field ») pour un mélange de spin couplé avec
des interactions asymétriques (a↑↑ 6= a↓↓ ) en fonction de la pulsation Rabi Ω. Nous
allons montrer que l’énergie BMF passe d’une dépendance en densité n5/2 pour les
faibles valeurs de Ω à une expansion en puissance de la densité pour les grandes
valeurs de Ω. Dans ce régime, le terme proportionnel à n2 peut être compris comme
une renormalisation de la longueur de diffusion provenant de transitions virtuelles
6.2 Spectre de Bogoliubov pour un mélange couplé 129
vers des états excités, le terme proportionnel à n3 est vue comme un terme émergent
dans l’équation d’état, originant des collisions à trois corps [158]. Chaque terme a
une dépendance en Ω différente. Dans cette étude [175], nous explorons expérimen-
talement le régime des grandes pulsations Rabi dans une configuration telle que le
champ-moyen est annulé. Nous mettons en évidence les deux contributions BMF,
respectivement proportionnelles à n2 et n3 , par des expériences de temps de vol
unidimensionnelles. Ces effets au-delà du champ-moyen sont à des énergies extrê-
mement faibles (quelques dizaines de Hz), une mesure quantitative de ces énergies
demandent une compréhension et une étude minutieuse des différentes influences
supplémentaires sur le système. Ensuite, nous allons nous intéresser au cas spéci-
fique de couplage nul (Ω = 0), nous montrons que les pertes asymétriques entre les
deux états de spin, absentes en présence d’un couplage Rabi, induisent d’importants
effets de champ-moyen supplémentaires dans la dynamique d’expansion.
Z !
X ~2 ∇2r X X gσ,σ0
Ĥ = Ψ̂†σr Ψ̂σr +~ Ψ̂†σr ξσσ0 Ψ̂σ0 r + Ψ̂†σr Ψ̂†σ0 r Ψ̂σr Ψ̂σ0 r dr
σ
2m σ,σ 0 σ,σ 0
2
(6.1)
Dans la suite, on suppose que le système est à température nulle. Nous suivons la
procédure standard de Bogoliubov en écrivant la fonction d’onde Ψ̂σr = Ψσ (r) + φ̂σr ,
où nσ (r) = |Ψσ (r)|2 est la densité du condensat dans l’état |σi, φ̂σr est l’opérateur
annihilation d’une particule en position r d’impulsion non-nul. En négligeant le
terme φ̂σr et en substituant Ψ̂σr = Ψσ (r) dans l’équation 6.1, l’énergie de champ-
moyen s’écrit :
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
130 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
s
~2 k 2 ~2 k 2 h i
Es (k) = + (g − g↑↓ )n + 4~Ω̃ + 2~Ω̃ (g − g↑↓ )n + 2~Ω̃ (6.6)
2m 2m
E(k) Es(k)
Ed(k)
ℏΩ
k
Figure 6.1 – Spectre des excitations pour un mélange couplé dans le régime où
√
−a↑↓ < a↑↑ a↓↓ . Ed (k) et Es (k) correspondent respectivement à l’énergie des modes
de densité et de spin.
excitations de la densité totale, ces modes sont identiques au cas non couplé (Voir
la partie 1.3.2). La relation de dispersion pour les modes de spin présente un gap
d’énergie ~Ω correspondant à la fixation de la phase relative entre les deux états de
spin. Lorsque Ω = 0, le gap disparaît et on retrouve le cas standard d’un mélange
non couplé avec deux branches de Bogoliubov sans gap. Le spectre de Bogoliubov
d’un mélange couplé de manière cohérente a été sondé dans le groupe de G. Ferrari
à Trento [179].
δa = 0 et α0 = β (6.7)
√
où δa = a↑↓ + a↑↑ a↓↓ et β = (a↓↓ /a↑↑ )1/4 est le paramètre quantifiant l’asymétrie
des interactions. Il est important de remarquer que dans l’équation de champ-moyen
(6.2), nous avons omis le terme d’interaction à trois corps [162]. En effet, comme nous
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
132 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
l’avons détaillé dans le chapitre précédent, ce terme à trois corps est nul au niveau
du minimum de a−− et EMF /V est quadratique en n. Lorsque a−− est minimale et
que les longueurs de diffusions du système sont tels que δa = 0, le condensat devient
sans interactions dans une vision purement de champ-moyen. Dans ces conditions,
le spectre de Bogoliubov se réécrit simplement :
~2 k 2
Ed (k) = (6.8)
2m
s
~2 k 2 ~2 k 2
Es (k) = + ~Ω̃ + ~Ω̃ − 2g↑↓ n (6.9)
2m 2m
˜
Figure 6.2 – Intégrale I(y) en fonction du paramètre y = ~Ω/−2g ↑↓ n. La courbe
rouge correspond à l’expression exacte de I(y). Pour 1/y → 0, il est possible de
développer l’intégrale, on obtient ainsi un terme à deux corps et un terme à trois
corps dans l’équation d’état. La courbe noire représente le terme de I(y) associé
au terme à deux corps. La courbe bleue est la somme des terme de I(y) associés à
l’interaction à deux et à trois corps.
5/2 !
EBMF 8 m3/2 (−2g↑↓ ) ~Ω̃
= n I (6.12)
V 15π 2 ~3 2 −2g↑↓ n
Nous avons tracé l’intégrale I(~Ω̃/−2g↑↓ n) en figure 6.2. La fonction I est une
fonction monotone croissante qui tend vers 1 lorsque y = ~Ω̃/−2g↑↓ n → 0. Ainsi,
pour y = 0, on retrouve le cas de deux condensats non couplés dont la densité d’éner-
gie EBMF /V est proportionnelle à n5/2 . De plus, on remarque qu’en augmentant le
couplage Ω entre les deux états de spin, la contribution des fluctuations quantiques
dans l’équation d’état va augmenter également. L’expression (6.12) est une bonne
approximation de la densité d’énergie au-delà du champ-moyen lorsque |δa/a↑↓ | 1
et |α0 − β| 1.
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
134 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
Régime de couplage fort
Lorsque 1/y = −2g↑↓ n/~Ω̃ → 0, nous sommes dans le régime de couplage fort, et
l’intégrale I(y) peut être développée en puissance de 1/y. Les deux premiers termes
de l’expansion sont :
15π √ √
I(y) ≈ (4 y + 1/ y) (6.13)
128
EBMF m3/2 p 2 n
2
3 m3/2 |g↑↓ |3 n3
= √ ~Ω̃ g↑↓ + √ p , (6.14)
V 2 2π~3 2 4π 2~3 ~Ω̃ 6
Dans l’approximation de la densité locale, l’énergie totale s’obtient en intégrant :
Z " #
m3/2 p n(r) 2
3 m 3/2
|g |3
n(r)3
EBMF = √ 2
~Ω̃ g↑↓ + √ p↑↓ dr, (6.15)
2 2π~3 2 4π 2~ 3
~Ω̃ 6
Discussion physique
Les deux termes peuvent être interprétés comme une renormalisation au-delà
du champ-moyen de la longueur de diffusion a−− et d’une interaction à trois corps
émergente du couplage, chacun avec une dépendance
p en Ω̃ spécifique (Voir annexe
D). Notamment, le terme à deux corps ∝ a↑↓ Ω̃, dérivé dans une approche à N-
2
corps,
q coïncide avec la résolution exacte du problème à deux corps dans la limite
a↑↓ mΩ̃/~ 1 [176]. De plus, la constante de couplage à trois corps de l’expression
(6.14) correspond également à celle obtenue lors de la résolution exacte du problème
à trois corps en présence d’un couplage cohérent [158].
p
2
3. C’est ce terme ∝ g↑↓ Ω̃ que nous avons pris en compte dans les expériences de collapse
détaillées dans le chapitre précédent afin d’affiner notre modèle théorique.
6.4 Observations expérimentales 135
𝛿𝑎 < 0 𝛿𝑎 > 0
𝑎↓↓
𝛿𝑎(𝑎! )
𝑎(𝑎! )
𝑎↑↑
𝑎↑↓
Figure 6.3 – Longueurs de diffusions (a↑↑ , a↓↓ a↑↓ ) intra et inter espèces dans le cas
d’un mélange de spin |1, −1i et |1, 0i pour le 39 K, ainsi que la longueur de diffusion
effective δa.
L’expérience commence avec un condensat dans l’état |↑i piégé optiquement dans
un potentiel harmonique allongé en forme de cigare avec les fréquences (ωx , ωy , ωz ) =
(ω⊥ , ω⊥ , ωz ) = (137, 137, 25.4) Hz. Initialement, le rayon longitudinal du profil de
Thomas-Fermi intégré dans les deux directions transverses (profil de Thomas-Fermi
4. À la suite de la prise des données expérimentales, nous avons discuté avec E. Tiemann qui a
réalisé des calculs plus précis des longueurs de diffusions. À ce champ magnétique δa = −0.42 a0 .
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
136 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
1D) est Rini ≈ 33 µm. La figure 6.6 montre les différentes étapes de la procédure
expérimentale. Afin de transférer le condensat de l’état |↑i dans l’état habillé |−i,
nous procédons à un transfert adiabatique par balayage de fréquence. Le champ ra-
diofréquence est allumé à une fréquence loin de résonance δ = 7.5 Ω, nous changeons
ensuite sa fréquence jusqu’à atteindre le désaccord δ ≈ 0.23 Ω, pour lequel α0 ≈ β
et nous laissons le champ radio-fréquence allumé durant le reste de l’expérience.
t=0 ms
t=75 ms
Z (μm)
−50 0 50
Une fois le piège longitudinal éteint, les atomes sont libres d’évoluer longitudi-
nalement, nous procédons à un temps de vol unidimensionnel pendant tf = 75 ms
(Voir figure 6.5 et 6.6). Les interactions étant globalement répulsives, le système
va minimiser son énergie en diminuant sa densité, c’est-à-dire, que l’énergie initiale
d’interaction est convertie en énergie
p cinétique. Après un long temps d’expansion ,
6
p √
6. Dans le régime balistique (tf mσini 2 /2E
BMF ), on a σf ∝ EBMF , où σf et σini sont
respectivement la taille RMS finale et initiale.
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
138 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
Temps (ms)
Séparation Stern et Gerlach
1
δ = 7.5 Ω
0 Hz
4
Éteint
1
9
75
δ ≈ 0.23 Ω
60
0 Hz
Allumé
9
B = 56.830 G
δ = 7.5 Ω
Éteint
137 Hz
25.4 Hz
300
B = 40.5 G
Grosses Bobines
Radio-fréquence
Petites Bobines
longitudinal
Champ
Piège
Piège
radial
220
200
180
RTF (µm)
160
140
120
100
7. La forme analytique de la fonction d’onde longitudinale n’est pas connue après l’expansion.
Nous avons testé plusieurs fonctions pour le fit (Gaussienne, Thomas-Fermi 3D, etc). Celle qui
minimise l’erreur est la fonction de Thomas-Fermi 1D.
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
140 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
nos paramètres expérimentaux, la prise en compte de la dépendance en δ pour EBMF
conduit à des décalages de l’énergie minimale en dessous de 1 %. Ainsi, comme nous
venons de le souligner, au minimum trouvé expérimentalement, les conditions (6.7)
sont validées, l’énergie de champ-moyen est nulle, et la dynamique du système est
uniquement dictée par les fluctuations quantiques.
Expansion en fonction de Ω
Pour δ = 0.23 Ω, nous répétons l’expérience pour différentes valeurs de Ω. La
figure 6.8 représente le rayon de Thomas-Fermi mesuré en fonction de la fréquence
Rabi Ω/2π. Pour des valeurs de Ω/2π comprises entre 6 kHz et 38 kHz, nous obser-
vons une lente augmentation de la taille du condensat avec Ω. Nous interprétons
cette accroissement par l’augmentation du terme au-delà du champ-moyen avec Ω.
Plus spécifiquement, après un long temps de vol et dans le régime fortement cou-
plé, où l’interaction
√ à deux1/4 corps BMF domine, la taille est attendue d’avoir une
dépendance en EBMF ∝ Ω . Toutefois, à faibles fréquences de Rabi, nous notons
une augmentation de la taille du condensat que nous attribuons à la présence de
fluctuations du champ magnétique.
120
100
RTF (µm)
220
80 160
100
Figure 6.8 – Rayon de Thomas Fermi minimal (pour δ = 0.23) du condensat après
75 ms d’expansion en fonction de la fréquence de Rabi Ω/2π. Chaque point est obte-
nue en moyennant 15 images et les barres d’erreurs correspondent à l’écart-type des
mêmes mesures. Les courbes correspondent aux simulations de l’équation de Gross-
Pitaevskii avec ou sans ajout du bruit magnétique et pour différentes expression de
EBMF (voir texte). La courbe noire : expression exacte avec bruit magnétique. La
courbe noire en tiret : expression exacte sans bruit magnétique. La courbe verte en
pointillée : uniquement le terme à deux corps de EBMF sans bruit. La courbe rouge
en tiret-pointillé : somme du terme à deux et à trois corps sans bruit.
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
142 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
80
60
40
20
0
-20 -10 0 10 20
Figure 6.9 – Longueur de diffusion a−− en fonction de delta (courbe noire). La zone
surlignée en rouge schématise l’effet des fluctuations de champ. Pendant l’expansion,
le changement de δ induit un scan de la zone parabolique de a−− .
L’effet des atomes dans |+i sur l’expansion est difficile à quantifier. Tout d’abord,
les atomes sont transférés dans |+i tout au long de l’expansion. Au début de l’ex-
pansion la densité est plus élevée, et comme a+− > 0, les atomes transférés dans |+i
au début de l’expansion vont avoir un effet plus important sur la dynamique, ils vont
davantage augmenter l’énergie dans le système que s’ils sont transférés plus tard.
Pour Ω = 12.29 kHz, nous avons ajouté artificiellement du bruit sur le courant élec-
trique des bobines à une fréquence proche de Ω. Qualitativement, nous avons observé
que les atomes dans |+i augmentent la taille du condensat, et que l’effet sur la taille
devient du même ordre de grandeur que celui du bruit à basses fréquences lorsque il y
a plus de ∼ 20% des atomes qui sont transférés dans l’état habillé |+i. De plus, nous
√
sommes dans une situation de démixtion pour les états habillés (a+− > a−− a++ ).
Ainsi, dans un deuxième temps, les atomes dans |+i vont être expulsés aux bords
du profil de densité des atomes dans |−i, ils peuvent donc ensuite agir comme un
potentiel de piégeage pour les atomes dans |−i et peuvent donc ralentir l’expansion.
Quantitativement, pour nos mesures, l’effet de la présence d’atomes dans l’état |+i
est secondaire par rapport à l’effet des fluctuations aux basses fréquences.
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
144 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
Finalement, l’ajout d’un couplage cohérent dans le système permet une symétri-
sation des pertes, qui sont initialement présentes que dans un seul des deux états.
Ce résultat est important, il montre qu’il est possible de se débarrasser des pertes
asymétriques, l’une des principales limitations des expériences sur les effets au-delà
du champ-moyen dans les mélanges de condensats.
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
146 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
(a) 60
50
40
δ(t)
30
20
10
t(ms)
5 10 15 20 25 30 35
(b) 1.0
0.8
Probabilité
0.6
0.4
0.2
t(ms)
5 10 15 20 25 30 35
Figure 6.11 – Exemple de simulation numérique de l’état interne des atomes par
résolution de l’équation de Schrödinger avec l’hamiltonien de Rabi en présence d’un
terme imaginaire pour l’énergie de l’état |↓i. Dans cette simulation, le taux de perte
dans l’état |↓i vaut 25 s−1 . (a) Désaccord à la résonance en fonction du temps, la
valeur initiale est équivalente à 10 Ω. (b) La courbe bleue (respectivement orange)
correspond à la probabilité que les atomes soit dans l’état |↑i (respectivement |↓i)
en fonction du temps.
6.4 Observations expérimentales 147
E 1 1 an1D
= σ̃ 2 + 2 + 2 , (6.19)
~ω⊥ N 2 2σ̃ σ̃
où a = a2 +a−− +∆a−− , avec g2 = 4π~2 a2 /m est lap constante de couplage associée au
√
terme à deux corps BMF définie par g2 = (m g↑↓ ~Ω̃)/(2~3 2π), ∆a est le terme
3/2 2
E √
= n1D 1 + 2an1D (6.21)
~ω⊥ N
Le potentiel chimique intervenant dans l’équation de Schrödinger se détermine par
dérivation de l’énergie en fonction de n1D :
10. Pour nos simulations numériques, nous utilisons le module GPElab sur Matlab [101, 103]
11. Pour cela, il faut résoudre le système d’équations couplées pour les états |−i et |+i en présence
du spectre de bruit.
12. Nous omettons ici le terme à trois corps. La correction originant de ce terme est négligeable
pour nos paramètres. Nous calculons uniquement la correction au terme à trois corps.
Chapitre 6. Effets au-delà du champ-moyen dans les mélanges de
148 condensats de Bose-Einstein couplés de manière cohérente
~ω⊥ an1D √
µ2 = √ + ~ω⊥ 1 + 2an1D (6.22)
1 + 2an1D
Nous souhaitons calculer la correction au terme à trois corps par la taille σ̃ =
(1 + 2an1D )1/4 . L’énergie correspondant au terme à trois corps au-delà du champ-
moyen s’exprime :
E g3 n31D g3 n31D
= = (6.23)
N ~ω⊥ 3 σ̃ 4 3 (1 + 2an1D )
√ p
avec g3 = (3m3/2 |g↑↓ |3 )/(4~3 2π ~Ω̃), la constante de couplage à trois corps. Nous
déterminons également le potentiel chimique du terme à trois corps BMF par la
dérivation de l’énergie en fonction de n1D :
χ2 = 2
, (6.26)
Np i=1 σexp,i
(exp) (th)
avec Np est le nombre de points expérimental, RTF,i et RTF,i sont respectivement le
rayon de Thomas-Fermi expérimental et théorique pour la mesure i, σexp,i est l’in-
certitude de la mesure i. Cette fonction permet une mesure raisonnable de la qualité
d’un modèle théorique par rapport aux données expérimentales [180], un bon modèle
va minimiser la fonction χ2 . Cette méthode est similaire à la méthode des moindres
carrés, mais ici chaque point est pondéré par son incertitude expérimentale σexp,i . Si
χ2 ≈ 0, cela signifie que nous avons surestimé nos barres d’erreurs expérimentales.
Inversement, si χ2 est trop élevé, soit nous avons sous-estimé nos incertitudes ex-
périmentales, soit le modèle théorique est incorrect. Un modèle peut être considéré
comme bon lorsque :
2
(exp) (th)
1 X RTF,i − RTF,i
Np Np
1 X σexp,i
2
2
χ = 2
≈ 2
≈ 1, (6.27)
Np i=1 σexp,i Np i=1 σexp,i
ainsi que son incertitude ση défini par les valeurs extrémales du contour 13 χ2min + 1.
La figure 6.12 montre un exemple de la fonction χ2 en fonction de N et η pour
∆B = 560 Hz. Le point noir correspond au minimum de χ2 et vaut χ2min = 0.90. Par
exemple, pour cette valeur des fluctuations ∆B = 560 Hz, on trouve ηm = 0.86(30).
De plus, en répétant cette procédure, nous pouvons également déterminer ηm et ση
pour différentes valeurs de fluctuations magnétiques ∆B.
600
500
400
n (µm )
-1
300
200 | |↑ ⟩
100
| |↓ ⟩
0
-200 -100 0 100 200
z (µm)
Figure 6.13 – Profils de densité pour les atomes dans |↑i (courbe noire) et |↓i
(courbe rouge) après une expansion de 75 ms pour Ω = 0. La courbe en tirets bleue
correspond à un fit Thomas-Fermi unidimensionnel du profil de densité de l’état |↓i.
6.5 Conclusion
Finalement, nous avons étudié à la fois théoriquement et expérimentalement,
l’équation d’état au-delà du champ-moyen d’un condensat à deux composantes cou-
plé de manière cohérente pour le cas d’interactions asymétriques (a↑↑ 6= a↓↓ ). L’éner-
gie EBMF a un poids important lorsque la polarisation de spin et les interactions sont
dans la configuration donnée par l’équation 6.7, où les effets de champ-moyen sont
minimisés. Nous avons montré qu’en fonction de n, la densité d’énergie provenant
des fluctuations quantiques interpole de la dépendance usuelle de Lee-Huang-Yang
en n5/2 pour un condensat non couplé, vers un comportement qualitativement diffé-
rent dans le régime de couplage fort, où on peut introduire un terme d’interaction à
deux corps et un terme à trois corps, avec des dépendances spécifiques en fonction
de la fréquence Rabi Ω/2π.
Le travail de cette thèse de doctorat s’inscrit dans le cadre de l’étude des mé-
langes de spin proches de la zone d’effondrement, c’est-à-dire, proche de l’implosion
du système. La possibilité de réduire l’énergie de champ-moyen dans les mélanges,
dont les interactions intra-espèces sont répulsives et les interactions inter-espèces
attractives, a permis l’observation de gouttelettes quantiques [45, 46] et la mesure
quantitative de l’énergie provenant des fluctuations quantiques [70]. Dans ces mé-
langes, le champ-moyen est fortement réduit, rehaussant le rôle des fluctuations
quantiques dans le système. Ces études montrent qu’il n’est pas nécessaire d’aller
dans le régime des interactions fortes afin d’observer des effets quantiques à N-corps.
Notre expérience de 39 K est bien adaptée pour l’étude de ces problématiques. En
effet, nous avons vu que le potassium 39 possède une grande quantité de résonances
de Feshbach dans son état fondamental hyperfin, donnant la capacité de changer
expérimentalement les interactions de répulsives à attractives dans le système.
état habillé, c’est-à-dire, une superposition quantique des deux états de spin, et les
interactions sont décrites par une longueur de diffusion effective dépendant des pa-
ramètres du couplage de Rabi. Il est alors possible de contrôler les interactions en
changeant le désaccord à la résonance δ. Dans un régime où l’effet des interactions
sur le couplage est négligeable, le groupe de L. Tarruell a étudié les propriétés de
collisions d’un mélange couplé de manière cohérente [140]. Dans un premier temps,
nous avons observé et reproduit les résultats de cette étude. Ensuite, nos travaux
issus de [162] présentés dans le chapitre 5, analysent de manière plus approfondie,
l’effet des interactions à deux corps sur le couplage. Nous avons montré l’apparition
d’une interaction à trois corps attractive dans l’équation d’état de champ-moyen.
Cette interaction est induite par l’affectation du degré de liberté du spineur par
le décalage du désaccord à la résonance causé par les interactions. Cette interac-
tion à trois corps a des effets conséquents sur la dynamique du système. Dans des
expériences d’oscillations dans le piège radial, nous avons montré que l’invariance
d’échelle d’un condensat dans un piège harmonique allongé est brisée par les inter-
actions à trois corps. Nous avons également observé des effondrements du système
induits par les interactions à trois corps malgré une longueur de diffusion à deux
corps positive. Récemment, le groupe de L. Tarruell a étudié le cas d’un conden-
sat couplé de manière cohérente avec des faisceaux Raman [193, 194]. Dans ce cas,
la longueur de diffusion effective dépend à la fois des paramètres du couplage et
de l’impulsion des atomes. La dépendance en densité du désaccord Raman permet
d’obtenir des interactions chirales et de simuler des problèmes de champ de jauge
dynamique.
champ-moyen est nulle. Cette gouttelette est uniquement stabilisée par des effets
au-delà du champ-moyen. L’exploration du régime du crossover du terme au-delà
du champ-moyen, pour la formation de gouttelette quantique couplée pourrait être
également intéressante. Une gouttelette quantique couplée dans ce régime pourrait
lier les différents avantages du crossover et de la symétrisation des pertes par le cou-
plage. La présence du couplage introduit
p également une nouvelle échelle de longueur
dans le système, nommée lΩ = ~/mΩ, il serait également intéressant d’étudier
la possibilité d’être dans des configurations géométriques encore plus complexes,
c’est-à-dire, de se placer dans des crossover faisant intervenir également l’échelle de
longueur lΩ .
Figure B.1 – Différence d’énergie (E1,−1 −E1,0 ) entre les deux sous niveaux Zeeman
|F = 1, mF = −1i et |F = 1, mF = 0i en fonction du champ magnétique B.
163
Figure B.2 – Différence d’énergie (E1,0 − E1,1 ) entre les deux sous niveaux Zeeman
|F = 1, mF = 0i et |F = 1, mF = 1i en fonction du champ magnétique B.
164 Annexe B. Différences d’énergies entre les sous-niveaux Zeeman
Figure B.3 – Différence d’énergie (E2,2 − E1,1 ) entre les deux sous niveaux Zeeman
|F = 2, mF = 2i et |F = 1, mF = 1i en fonction du champ magnétique B.
Annexe C
Oscillations de Ramsey
dcb Ω
i = ca (t)e−i(δt+φ) (C.2)
dt 2
dca Ω
i = cb (t)e+i(δt+φ) (C.3)
dt 2
où δ est le désaccord à la résonance. En connaissant les valeurs de ca (0) et cb (0),
on peut résoudre de manière analytique ces deux équations [120]. Pour ca (0) = 1 et
cb (0) = 0 :
δ
ca (t) = e iδt
cos(Ω̃t/2) − i sin(Ω̃t/2) (C.4)
Ω̃
Ω
cb (t) = −ie −iδt−iφ
sin(Ω̃t/2) (C.5)
Ω̃
√
avec Ω̃ = δ 2 + Ω2 la pulsation de Rabi généralisée. Pour ca (0) = 0 et cb (0) = 1 :
δ
cb (t) = e −iδt
cos(Ω̃t/2) + i sin(Ω̃t/2) (C.6)
Ω̃
Ω
ca (t) = −ie iδt+iφ
sin(Ω̃t/2) (C.7)
Ω̃
Une séquence de Ramsey (figure C.1) consiste à appliquer un premier pulse de
durée τ , suivi d’un temps d’attente T arbitraire, et enfin un dernier pulse de durée
166 Annexe C. Oscillations de Ramsey
Amplitude
Pulse 1 Pulse 2
𝜏 𝜏
𝑇
Temps d’attente
τ . Durant le temps d’attente le champ RF est coupé, l’atome évolue donc librement.
Dans la suite on peut supposer que δ ≈ 0. En effet, les pulses sont suffisamment
courts et vérifient δτ 1. La matrice de transfert associée au pulse s’écrit :
ca (t) cos(Ωτ /2) −ieiφ sin(Ωτ /2) ca (0)
= (C.8)
cb (t) −ie−iφ sin(Ωτ /2) cos(Ωτ /2) cb (0)
| 1, − 1⟩ | 1,0⟩
g⃗
Figure C.2 – Nombre d’atomes en fausses couleurs après une séquence de Ram-
sey. Les atomes à gauche sont dans l’état |1, −1i, ceux à droite dans l’état |1, 0i.
L’axe longitudinal du FORT1D est l’axe vertical sur l’image. L’échelle est en pixel
où 1 px = 1.75 µm. L’encadré orange correspond à la zone où le champ peut être
considéré comme constant.
résonance.
Interprétation physique
Le premier pulse crée une superposition quantique des deux états |ai et |bi et
une magnétisation transverse sur la sphère de la Bloch. Une fois le champ éteint, les
atomes sont soumis à l’évolution libre et sur la sphère de Bloch, le vecteur tourne
autour de l’axe z à la pulsation ω0 . Le champ RF continue à osciller à la pulsation
ω. Lorsque qu’on rallume le champ RF au niveau des atomes, le champ et l’atome
ont accumulé une différence de phase (ω − ω0 )T . Si celle-ci est égale à 2π, alors
l’atome et le champ sont en phase, et le deuxième pulse va se superposer de manière
cohérente au premier, comme si le premier pulse, était doublé. Dans le cas où le
déphasage est égal à π, alors l’atome est ramené a son état initial [56].
(1 + cos(δT ))
Pb = (C.13)
2
Lorsque δT ≈ π/2, on peut réécrire Eq. (C.13) :
1 + δT
Pb = (C.14)
2
L’écart type (std) de la probabilité donne la valeur des fluctuations de δ, et par
conséquent du champ magnétique :
169
2 std(Pb )
std(δ) = (C.15)
T
La figure C.3 montre un exemple de la distribution de la probabilité Pb dans
la configuration expliquée plus haut. Expérimentalement, on réalise un transfert
Ramsey 50−50% vers l’état |1, −1i en 50 µs avec δT ≈ π/2. On répète ici l’expérience
18 fois et on trace le poids obtenue pour chaque probabilité. L’écart type de la
distribution nous donne ainsi les fluctuations de δ dans notre expérience, on trouve
std(δ) = 0.56(14) kHz. La fluctuations du champ magnétique est donc std(B) =
0.8(2) mG. Nous trouvons des fluctuations du champ magnétique similaires à la
mesure avec les transducteurs de courant (Voir partie 4.2.4), plus précisément, nous
avons mesuré 1.4 mG (largeur à mi-hauteur) sur 1 ms.
Annexe D
EBMF m3/2 p 2 n
2
3 m3/2 |g↑↓ |3 n3
= √ ~Ω̃ g↑↓ + √ p , (D.1)
V 2 2π~3 2 4π 2~3 ~Ω̃ 6
Les deux termes peuvent être interprétés comme une renormalisation au-delà du
champ-moyen de la longueur de diffusion a−− et d’une interaction à trois corps
émergente du couplage, chacun
p avec une dépendance en Ω̃ spécifique. Notamment,
le terme à deux corps ∝ a2↑↓ Ω̃ dérivé dans une approche à N-corps coïncide avec la
q
résolution exacte du problème à deux corps dans la limite a↑↓ mΩ̃/~ 1 [176]. Plus
précisément, ce terme provient de la correction au second ordre du développement
de Born à la longueur de diffusion. La structure du terme du deuxième ordre de
l’expansion de Born a = a(1) + a(2) (dans notre cas a(1) = a−− = 0) est de la forme 1 :
Z
Ṽk2 d3 k
a(2)
∝ (D.2)
k 2 + Ω̃
avec
Z
Ṽk = Vint (r)e−ik.r d3 r (D.3)
Le terme obtenu en (D.4) provient de transitions virtuelles induites par les inter-
actions. Les deux atomes dans l’état non perturbé à deux particules | − −i avec une
impulsion nulle sont excités vers les états (| − −i, | + −i | + +i) avec une impulsion
p et −p. Comme nous pouvons le constater dans l’expression (D.4), même si les ca-
naux de diffusion
p |+−i et |++i possèdent un gap en énergie, la valeur de l’intégrale
augmente en Ω̃. En effet, le nombre des états d’impulsion non nulle contribuant
à l’intégrale augmente plus rapidement que le gap en énergie ∝ Ω̃. Toutefois, les
termes d’ordres supérieurs ne sont pas présents dans l’approche à N-corps avec l’ha-
miltonien de Bogoliubov, car cela nécessite de prendre en compte les interactions
entre les atomes excités hors du condensat de la déplétion quantique. C’est pour
cela que la correction à l’ordre trois dans le développement de Born a(3) ∝ a3↑↓ Ω̃
n’est pas retrouvé dans (D.1). Pour la même raison, l’équation (D.1) ne contient
pas de terme ∝ n5/2 , une dépendance qui devrait être induite
p par la renormalisation
de l’interaction à deux corps. Ce terme proportionnel à ( Ω̃g↑↓ 2
n)5/2 est négligeable
dans notre expérience. De plus, la constante de couplage à trois corps de l’expression
(D.1) correspond également à celle obtenue lors de la résolution exacte du problème
à trois corps en présence d’un couplage cohérent [158].
Table des figures
2.1 Schéma issu de [73]. (a) Schéma d’une gouttelette classique dense,
stabilisée par la compétition entre l’attraction longue portée de Van
der Waals (rayon bleu) et la répulsion de Pauli à courte portée (boule
rouge). (b) Schéma d’une gouttelette quantique diluée faites à partir
d’un mélange de spin bosonique ultra-froid (billes rouge et bleu). L’in-
teraction de contact attractive inter-espèce (interaction rouge-bleue)
légèrement supérieure à la répulsion intra-espèce (interaction rouge-
rouge et bleue-bleue), est compensée par les fluctuations quantiques
phononiques du système. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.2 Énergie par particule en fonction de la densité. Schéma du méca-
nisme de stabilisation formant la gouttelette quantique à la densité
d’équilibre neq . L’interaction attractive de champ-moyen dominante
à basse densité est compensée par le terme Lee-Huang-Yang répulsif
dominant à haute densité formant ainsi un minimum d’énergie pour
la densité neq . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3 Figure issue de [71]. (a) Fonction d’onde normalisée en fonction de
la composante radiale en absence de piégeage. (b) Spectre des exci-
tations pour une gouttelette quantique isotrope (en absence de pié-
geage) en fonction de (Ñ − Ñc )1/4 , où Ñ et Ñc sont respectivement le
nombre d’atomes et le nombre d’atomes critique renormalisés. Seuil
d’émission de particule −µ̃ (courbe bleue). Le mode de respiration ω̃0
(courbe rouge). Les autres modes d’excitations sont en tirets noirs.
En pointillés fins sont représentés les modes de surface (ripplons). . . 41
2.4 Figure issue de [44]. (a) Images typiques d’un condensat (haut) et
d’une gouttelette quantique dipolaire (bas) en l’absence de piégeage
en fonction du temps. (b) Diagramme des phases entre gaz (zone
blanche) et gouttelettes quantiques (zone mauve) et nombres d’atomes
critiques mesurés pour le 164 Dy [80] et 162 Dy [81]. . . . . . . . . . . . 44
2.5 Longueurs de diffusions (a↑↑ , a↓↓ a↑↓ ) intra et inter espèces dans le
cas d’un mélange de spin |1, −1i et |1, 0i pour le 39 K, ainsi que la
longueur de diffusion effective δa. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.6 Figure issue de [44]. (a) Images typique d’un condensat (haut) et
d’une gouttelette quantique (bas) en l’absence de piégeage en fonction
du temps. (b) Nombre d’atomes critique en fonction de la longueur de
diffusion effective δa. Les données en rouge (resp. bleue) proviennent
de [45] (resp. [46]). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
TABLE DES FIGURES 175
B.1 Différence d’énergie (E1,−1 − E1,0 ) entre les deux sous niveaux Zee-
man |F = 1, mF = −1i et |F = 1, mF = 0i en fonction du champ
magnétique B. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
B.2 Différence d’énergie (E1,0 − E1,1 ) entre les deux sous niveaux Zee-
man |F = 1, mF = 0i et |F = 1, mF = 1i en fonction du champ
magnétique B. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
B.3 Différence d’énergie (E2,2 − E1,1 ) entre les deux sous niveaux Zee-
man |F = 2, mF = 2i et |F = 1, mF = 1i en fonction du champ
magnétique B. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
180 TABLE DES FIGURES
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BIBLIOGRAPHIE 187
One-dimensional (1D) Anderson localization phenomena are strongly affected by a bias force or equivalently
a voltage in electronic systems. We experimentally study this case, launching a noninteracting 39 K Bose-Einstein
condensate in a 1D disordered potential induced by a far-off-resonance laser speckle, while controlling a bias
force. In agreement with theoretical predictions, we observe a transition between algebraic localization and
delocalization as a function of our control parameter that is the relative strength of the disorder against the bias
force. We also demonstrate that the transition is intrinsically energy independent and that the initial velocity of
the wave packet only plays a role through an effective disorder strength due to the correlation of the disorder.
DOI: 10.1103/PhysRevResearch.2.013386
013386-2
OBSERVATION OF THE ALGEBRAIC … PHYSICAL REVIEW RESEARCH 2, 013386 (2020)
III. RESULTS
We first study the case of atoms entering the disorder
without initial velocity. The localized fraction are measured
for four different values of the acceleration a = 9.3(6), a =
19(1), a = 32(2), and a = 81(4) mm s−2 respectively asso-
ciated with propagation times τ = 460, τ = 320, τ = 280,
τ = 90 ms [see Fig. 3(a)]. For small values of the speckle
amplitude VR , the system is mostly delocalized whatever the
acceleration. On the contrary, all the atoms are localized
when the speckle strength is high. One notes slower accel-
eration is correlated with faster localized fraction increases
with VR .
Rescaling√ the horizontal axis with the dimensionless
√ pa- FIG. 3. Localized atomic fraction
√ √ as a function of the speckle
rameter 1/ α, which is proportional to VR / a, leads to a amplitude VR (a) and 1/ α ∝ VR / a (b) obtained for four different
clear collapse of the data within the error bars [see Fig. 3(b)]. values of the applied acceleration and v = 0. Each curve is averaged
This indicates that α, which compares the acceleration to over eight realizations of the disorder potential. The error bars are the
the disorder strength, is the relevant parameter driving the standard deviations of the measured localized fractions. Experimen-
localization-delocalization transition. If the transition point is tal values above 1 are due to small errors in background substraction.
defined for a localized fraction equal to 0.5, this corresponds The continuous red line is the average of numerical simulations of
to α = 1.0(3). We can compare these results with disorder- the 1D Schrödinger equation.
averaged numerical simulations of the 1D Schrödinger equa-
tion for our parameters [Fig. 3(b)]. We use these simulations to
calibrate VR as a function of the optical power with a 15% un- the most relevant parameter and that the initial velocity only
certainty, matching estimations from scattering experiments plays a role through the correlation of the disorder [22]. The
in the absence of a force. transition point corresponding to a localized fraction of 0.5 is
We now consider the case of atoms entering the disorder obtained for α ∗ = 1.0(4) [Fig. 4(b)].
with an initial positive velocity. The initial velocity v is first Finally, we perform a more careful analysis of the localized
set by applying an acceleration to the atoms during 10 ms profiles for the specific case of a = 19 mm s−2 . We find that
without disorder (see Fig. 1). The acceleration is then changed singles profiles are quite noisy with modulations that are
to its final value a = 19 mm s−2 and the speckle is shone on stable for a given speckle realization. This shows that the
the atoms for 280 ms. The measured localized fractions are localization profile is not a self-averaging quantity. We thus
presented in Fig. 4 [28]. For the highest velocity (v = h̄k/m = average results for eight different realizations of the speckle
2.9 mm s−1 ), kσx 0.6, and the value of the disorder poten- in order to obtain smooth localization profiles (Fig. 5). An al-
tial’s power spectrum Ĉ(2k) = 0.17Ĉ(0) is greatly reduced. gebraic scaling is visible for distances between 40 and 300 μm
This correlation effect is responsible for the noncollapsing (a straight line in log-log scale), whereas an exponential decay
behavior
√ when the localized fractions are plotted as a function
√ in this region does not fit the data. It is expected that the alge-
of 1/ α [see Fig. 4(a)]. Plotting as a function of 1/ α ∗ , braic dependance is only valid at sufficiently large distances
where α ∗ = h̄2 a/Ĉ(2k) takes into account an effective dis- [22,33]. Above 300 μm, the signal-to-noise ratio is low.
order strength at the atomic initial momentum k, leads to a We now study the algebraic decay coefficient β as a
much better collapse of the data on the curve at zero velocity function of the disorder strength or equivalently as a func-
for which α ∗ = α [see Fig. 4(b)]. This indicates that α ∗ is tion of α ∗ (see Fig. 6). The coefficient is found to increase
013386-3
G. BERTHET et al. PHYSICAL REVIEW RESEARCH 2, 013386 (2020)
IV. CONCLUSION
In conclusion, we have reported on the observation of
the algebraic localization-delocalization transition with ul-
tracold matter waves in the presence of a controlled bias
force. The localized fraction of atoms only depends on a
dimensionless parameter which is the ratio of the force to
the disorder strength. The initial velocity only plays a role
FIG. 5. Averaged localized density profile as a function of the through a rescaling of the disorder strength due the correlation
atom displacement in log-log scale for a = 19 mm s−2 , α = 0.03, of the disordered potential and the localization-delocalization
and v = 0. Log-log scale permits us to show the algebraic depen- transition appears as an energy-independent phenomenon.
dance as a straight line. The algebraic (red continuous line) and Algebraic localization is observed. The observed satura-
exponential (orange dotted line) fits are displayed. The fit with the tion of the algebraic decay exponents at large disorder is
power law 1/x β leads to β = 1.79 ± 0.10, where the error bar is interpreted as a consequence of a correlated and strong
evaluated from reduced data sets of four speckle realizations. disorder.
013386-4
OBSERVATION OF THE ALGEBRAIC … PHYSICAL REVIEW RESEARCH 2, 013386 (2020)
Whereas adding a bias force is a natural tool to study in connection with the ac conductivity in condensed-matter
transport in both condensed-matter and ultracold atomic dis- [38,39].
order systems, our results show that it can have important
consequences. A straightforward extension of our work can ACKNOWLEDGMENTS
be the study of 1D interacting bosons in the presence of dis-
order, when modifying the scattering length. For example, a We thank L. Sanchez-Palencia and A. Aspect for useful
finite-temperature localization-delocalization phase transition discussions. This research has been supported by CNRS,
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche,
has been predicted due to many-body localization effects [36].
Labex PALM, ERC Senior Grant Quantatop, Region Ile-
The study of the phase diagram of 1D strongly interacting
de-France, in the framework of DIM Nano-K (IFRAF) and
disordered Bose systems is also of interest [6,37]. Other ex-
DIM Sirteq, EU-H2020 research and innovation program
tensions of our work could be the study of fermionic mixtures, (Grant No. 641122-QUIC), Paris-Saclay, in the framework of
with possibly spin-dependent forces in connection to spintron- IQUPS, Simons foundation (Award No. 563916: localization
ics or the response of the system to an alternating bias force of waves).
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D. Clément, L. Sanchez-Palencia, P. Bouyer, and A. Aspect, large coherence length, the 1064-nm laser beam produces a sub-
Nature (London) 453, 891 (2008). nano-Kelvin residual periodic lattice on the atoms that can lead
[14] J. Chabé, G. Lemarié, B. Grémaud, D. Delande, P. Szriftgiser, to Bloch oscillations [2]. We thus limit the propagation time
and J.-C. Garreau, Phys. Rev. Lett. 101, 255702 (2008). of our experiment so that the atoms never reach the necessary
[15] G. Roati, C. D’Errico, L. Fallani, M. Fattori, C. Fort, M. velocity of 9.6 mm s−1 corresponding to half of the lattice wave
Zaccanti, G. Modugno, M. Modugno, and M. Inguscio, Nature vector.
(London) 453, 895 (2008). [32] More precisely, for reasonable integration windows extending
[16] E. Abrahams, P. W. Anderson, D. C. Licciardello, and T. V. by 200 to 500 μm along x, we still observe a sharply increasing
Ramakrishnan, Phys. Rev. Lett. 42, 673 (1979). localized fraction from 0 to 1 as a function of the disorder
[17] M. Lopez, J.-F. Clément, P. Szriftgiser, J. C. Garreau, and D. strength. An offset of the disorder strength corresponding to
Delande, Phys. Rev. Lett. 108, 095701 (2012). the localization transition (of the order of 10% per 100 μm)
013386-5
G. BERTHET et al. PHYSICAL REVIEW RESEARCH 2, 013386 (2020)
is observed but remains below our uncertainty (≈0.3) in the [35] V. V. Volchkov, M. Pasek, V. Denechaud, M. Mukhtar, A.
determination of the critical value of α. Aspect, D. Delande, and V. Josse, Phys. Rev. Lett. 120, 060404
[33] The algebraic scaling is expected for distances 0 , with (2018).
0 = E /F and E = mv /2 the initial energy of the atoms [22].
2
[36] I. L. Aleiner, B. L. Altshuler, and G. V. Shlyapnikov, Nat. Phys.
When v = 0, the approximations in [22] are not valid but 6, 900 (2010).
a sensible 0 can be estimated taking E = V . In all cases, [37] T. Giamarchi and H. J. Schulz, Phys. Rev. B 37, 325 (1988).
0 amounts to a few tens of microns in agreement with our [38] P. A. Lee and T. V. Ramakrishnan, Rev. Mod. Phys. 57, 287
observations. (1985).
[34] T. Prat, N. Cherroret, and D. Delande, Phys. Rev. A 94, 022114 [39] R. Anderson, F. Wang, P. Xu, V. Venu, S. Trotzky, F. Chevy,
(2016). and J. H. Thywissen, Phys. Rev. Lett. 122, 153602 (2019).
013386-6
PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
(Received 24 November 2020; revised 29 January 2021; accepted 26 February 2021; published 15 March 2021)
The existence of quantum droplets in binary Bose-Einstein condensate mixtures relies on beyond-mean-field
effects, competing with mean-field effects. Interestingly, the beyond-mean-field effects change from repulsive in
three dimensions (3D) to attractive in 1D leading to drastically different behaviors. We quantitatively model
quantum droplets in the beyond-mean-field crossover from 1D to 3D in the relevant case of an elongated
harmonic trap and give realistic numbers for experimental realizations. We identify and quantify two main
limiting factors: three-body losses and tiny energy scales. The crossover region is appealing as it offers a trade-off
between these two main limitations opening the possibility of observing stable flat-top density profiles, a yet
unobserved, characteristic feature of quantum droplets. It would permit testing of beyond-mean-field theories to
an unprecedented precision.
DOI: 10.1103/PhysRevA.103.033312
033312-2
BEYOND-MEAN-FIELD CROSSOVER FROM ONE … PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
FIG. 2. Energy per particle in the bulk. The black (red) curve FIG. 3. Ratio of the binding energy per particle to the three-body
corresponds to the energy minimization using the 1D-3D-crossover loss rate in the beyond-mean-field 1D-3D crossover. Larger ratios are
(3D) formula. The curves are dashed in the regions where the corre- favorable to minimize the relative effect of losses.
sponding theory is expected not to be valid.
N ∂t oh
ratio of the droplet binding energy to the three-body loss rate,
which is a measure of the relative importance of losses as III. QUANTUM DROPLETS IN A FINITE SYSTEM
compared with the droplet intrinsic time scale (see Fig. 3).
Small values imply that losses play an important role in the Whereas the above discussion focused on the properties of
droplet dynamics [16]. We find that it is indeed favorable to droplets in the bulk, we now turn to the question of finite atom
move toward δa > 0 in order to minimize the relative effect numbers and finite sizes in quasi-1D droplets in the beyond-
of losses. Note that the ratio is plotted in units of the dimen- mean-field crossover from 1D to 3D. One of our goals is to
sionless quantity h̄a3 aoh /(mK3 ), which reveals the importance identify realistic parameters where a stable flat-top droplet
of the different parameters. In particular, we find that reducing density profile could be observed.
the confinement ω⊥ is favorable to reduce the relative role
of losses in the droplet dynamics despite the reduction in the
droplet binding energy. A. Extended Gross-Pitaevskii equation
We now discuss experimentally realistic numbers. We con- In the same spirit as before, we suppose that the spin
sider droplets made of potassium-39 in the second and third modes are unpopulated such that the ratio of densities be-
spin states around 56.8 G as used in previous experiments. In tween the two spin states is fixed. Within this assumption
this case, a11 ≈ 33 a0 , a22 ≈ 84 a0 , and a12 ≈ 53 a0 , where a0 the system can be described by a single wave-function
is the Bohr radius. The mean-field parameters δa and δa can ψ (x, t ) solution of the following extended Gross-Pitaevskii
033312-3
L. LAVOINE AND T. BOURDEL PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
equation:
(a)
∂ψ h̄2 ∂ 2 ψ
i h̄ =− + h̄ω⊥ [δa λ|ψ 2 |
∂t 2m ∂x 2
1
+ λg(κ )]ψ + mω2 x 2 ψ, t (8)
2
where g(κ ) = ∂ ∂κ
f (κ )
is the beyond-mean-field interaction po-
tential.
This equation can be written in dimensionless units using
the following scalings:
1
t = t0 t = t, (9) (b)
λω⊥
a⊥
x = x0 x = 1/2 x , (10)
λ
1
ψ = ψ0 ψ = 1/2 ψ , (11)
a
∂ψ 1 ∂ 2ψ 2 2 1 ω2 2
i = − + [δa |ψ | + g(|ψ |)]ψ + x ψ,
∂t 2 ∂x 2 2 ω⊥
2 λ2
(12)
with the normalization condition |ψ 2 |dx = N = Nλ3/2 . In
addition to this rescaled atom number, there are two dimen-
ω
(c)
sionless parameters: δa for the mean-field interaction and ω⊥ λ
for the trapping potential.
B. Ground-state solutions
We find the droplet ground state using the split-step Fourier
method and imaginary time evolution. We first study the solu-
tion with no longitudinal trapping (ω = 0). Remarkably, we
always find a self-bound solution for all parameters. This is in
contrast to the 3D situation, where a minimal atom number
is needed to form a droplet. We now plot the ground-state
density profiles for two different atom numbers N = 0.3 and
N = 3 and mean-field interaction parameters in the crossover FIG. 4. Quantum droplet density profiles in the absence of a
δa = −6.7, 0, and 6.7 (corresponding to δa/a0 = −1.6, 0, longitudinal trap (ω = 0) for N = 0.3 and N = 3 for three val-
and 1.6, for the previously given experimental parameters) ues of δa . (a) δa = −6.7. (b) δa = 0. (c) δa = 6.7. Please note
in Fig. 4. For large atom numbers N 3, the droplet the different scales both in x and in κ in (a)–(c). The solid black
profile exhibits a flat-top profile corresponding to the bulk curves correspond to the exact minimization of the extended Gross-
solution whose edges are rounded because of the kinetic- Pitaevskii equation in the 1D-3D crossover using imaginary time
energy term. The droplet density gets smaller and its size evolution. The superimposed dashed red curves are the results using
gets larger as δa goes from negative to positive values. For the two-parameter ansatz presented in the text.
small atom numbers N 0.3, the droplets do not show an
extended flat region, and the kinetic energy plays a dominant
role. profile is
For the realistic experimental parameters chosen previ- 2 r
ously, N = 1 corresponds to 3800 atoms, and the quasi-1D n(σ, r) =
N x
exp − 2 . (13)
situation offers the possibility of saturating a droplet with 2σ (1 + 1/2r) σ
realistic atom numbers. This is in contrast to the quasi-2D and,
even more, the 3D droplets, where the critical atom number This two-parameter function has the ability to interpolate be-
to reach a flat top can be too high especially for low values tween a peaked density profile for low values of r, a Gaussian
of |δa|, which are favorable to reduce the role of three-body density profile for r = 1, and a flat-top density profile for r
losses [8]. 1. Its typical width is given by σ . It has the great advantage
Another way to get an idea of the density pro- that the different energy terms are analytical and can be simply
files is to minimize the energy of an ansatz wave written in terms of the function. The energy minimization
function. Here, an appropriate choice for the density is then straightforward. In Fig. 4, it is obvious that the ansatz
033312-4
BEYOND-MEAN-FIELD CROSSOVER FROM ONE … PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
(a)
(b)
FIG. 5. Maximum rescaled density κ0 (a) and rms size (b) of a FIG. 6. Maximum rescaled density κ0 (a) and rms size (b) as
droplet as a function of the atom number in the absence of a lon- a function of the atom number in the presence of a longitudinal
ω
gitudinal trap (ω = 0). The three curves correspond to three values harmonic trap ω⊥ λ = 5 × 10−3 . The curves follow the same coding
of the mean-field parameters δa : black [(a) bottom curve, (b) top as in Fig. 5.
curve], δa = 6.7; red (middle curve), δa = 0; blue [(a) top curve,
(b) bottom curve], δa = −6.7.
an intermediate-atom-number region in which the solution
corresponds to a standard mean-field bright soliton [11,24,25]
minimization method is able to approximate the exact ground for which the size scales as N −1 and the density scales as N 2 .
state.
D. Trapped case
C. Maximum density and rms size: Scalings We now turn to the trapped case. As an example, we choose
ω
We now plot the maximum rescaled density κ0 and the ω⊥ λ
= 5 × 10−3 (which corresponds to w /2π = 0.01 Hz,
root-mean-square (rms) size of the ground-state profile as for the previously chosen parameters) and find the ground
a function of the atom number for δa = −6.7, 0, and 6.7 state by imaginary time evolution (see Fig. 6). For interme-
(see Fig. 5). In all cases, the density increases with the atom diate atom number, the trap has no effect. It corresponds to a
number until it reaches a saturation value corresponding to regime where the trap potential energy is negligible as com-
the bulk density, when the droplet exhibits a flat-top profile. It pared with the other energy scales. For low atom number, the
also appears that a lower atom number is necessary to reach size reaches a plateau in contrast to the untrapped case. This
a flat-top droplet as one moves toward the 1D regime. The corresponds to a situation where the gas can be considered as
ground-state size first decreases as the atom number increases noninteracting and the condensates occupy the ground state of
and then increases when a flat-top droplet is formed. the longitudinal harmonic trap.
For the above figures, one can extract scalings in dif- At high atom numbers, the trap prevents the droplet from
ferent regimes. For low atom numbers, all three curves are growing in size at a constant density as observed in the ab-
superimposed, and κ0 1. The dominant energy terms are sence of a longitudinal trap. In this regime, the kinetic energy
the 1D beyond-mean-field attractive terms and the kinetic can be neglected, and the density profile can be found in
energy. The mean-field term is negligible. In this case, the an approximation analogous to the Thomas-Fermi approxi-
size scales as N −1/3 , and the density scales as N 2/3 . For a mation. A local chemical potential is then directly linked to
large atom number, the ground state is a flat-top quantum the density through the homogenous equation of state. In the
droplet. The dominant energies are then the mean-field and 3D case, this was presented in Ref. [26]. The entrance in
beyond-mean-field terms. The kinetic energy can be neglected this last regime can be simply estimated by comparing the
in the analysis. In this case, the size simply scales as N as the bulk energy per particle to the potential energy given by the
density is fixed. For attractive mean-field δa < 0, there exists rms size of the droplet. The value of N where this happens
033312-5
L. LAVOINE AND T. BOURDEL PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
(a)
(b)
FIG. 8. Frequency of the breathing mode as a function of the
rescaled atom number for three values of the mean-field parameter
δa : black, top points, δa = −6.7; red, middle points, δa = 0; blue,
lower points, δa = 6.7.
033312-6
BEYOND-MEAN-FIELD CROSSOVER FROM ONE … PHYSICAL REVIEW A 103, 033312 (2021)
density is found to decrease rapidly when moving toward Effects beyond the standard Lee-Huang-Yang energy used in
the 1D regime, which would be experimentally favorable this paper will appear [27], either because of higher-order
in order to reduce the role of three-body losses. This re- terms in the density expansion [28], because of finite-range
duction comes with a reduction in the typical energy scale interacting potentials [29,30], or because of temperature
of the droplets imposing severe experimental constraints on effects [31].
the control of the residual potential such as the longitudi-
nal trapping or the preparation of the droplets close to their
ACKNOWLEDGMENTS
ground state. Nevertheless, stable quasi-1D quantum droplets
with a characteristic flat-top profile should be realistically We thank D. Petrov for inspiring discussions and A. Ham-
observable with a δa that is negative and of the order of a mond for careful rereading. This research has been supported
few units in potassium-39 experiments [9–11]. The conditions by CNRS, Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la
would be even more favorable for low-loss mixtures such as Recherche, Labex PALM, Region Île-de-France in the frame-
Rb-K [12]. work of DIM Sirteq, Université Paris-Saclay in the framework
The realization of quasi-1D droplets in the beyond- of IQUPS, ANR Droplets Project No. 19-CE30-0003-01, and
mean-field crossover from 1D to 3D would allow precise the Simons Foundation (Award No. 563916: Localization of
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[7] R. Lopes, C. Eigen, N. Navon, D. Clément, R. P. Smith, and Z. [23] The given effective value of K3 takes into account a 1/6 factor
Hadzibabic, Phys. Rev. Lett. 119, 190404 (2017). due to the absence of Bose enhancement as compared with the
[8] D. S. Petrov, Phys. Rev. Lett. 115, 155302 (2015). thermal loss coefficient and also includes the fact that only a
[9] R. Cabrera, L. Tanzi, J. Sanz, B. Naylor, P. Thomas, P. Cheiney, fraction of the atoms are in the lossy state |2.
and L. Tarruell, Science 359, 301 (2018). [24] L. Khaykovich, F. Schreck, G. Ferrari, T. Bourdel, J. Cubizolles,
[10] G. Semeghini, G. Ferioli, L. Masi, C. Mazzinghi, L. Wolswijk, L. D. Carr, Y. Castin, and C. Salomon, Science 296, 1290
F. Minardi, M. Modugno, G. Modugno, M. Inguscio, and M. (2002).
Fattori, Phys. Rev. Lett. 120, 235301 (2018). [25] K. E. Strecker, G. B. Patridge, A. G. Truscott, and R. G. Hulet,
[11] P. Cheiney, C. R. Cabrera, J. Sanz, B. Naylor, L. Tanzi, and L. Nature (London) 417, 150 (2002).
Tarruell, Phys. Rev. Lett. 120, 135301 (2018). [26] N. B. Jørgensen, G. M. Bruun, and J. J. Arlt, Phys. Rev. Lett.
[12] C. D’Errico, A. Burchianti, M. Prevedelli, L. Salasnich, F. 121, 173403 (2018).
Ancilotto, M. Modugno, F. Minardi, and C. Fort, Phys. Rev. [27] F. Böttcher, M. Wenzel, J.-N. Schmidt, M. Guo, T. Langen,
Research 1, 033155 (2019). I. Ferrier-Barbut, T. Pfau, R. Bombin, J. Sánchez-Baena, J.
[13] I. Ferrier-Barbut, H. Kadau, M. Schmitt, M. Wenzel, and T. Boronat, and F. Mazzanti, Phys. Rev. Research 1, 033088
Pfau, Phys. Rev. Lett. 116, 215301 (2016). (2019).
[14] Z.-H. Luo, W. Pang, B. Liu, Y.-Y. Li, and B. A. Malomed, Front. [28] M. Ota and G. E. Astrakharchik, SciPost Phys. 9, 020
Phys. 16, 32201 (2021). (2020).
[15] F. Böttcher, J.-N. Schmidt, J. Hertkorn, K. S. H. Ng, S. D. [29] V. Cikojević, L. V. Markić, G. E. Astrakharchik, and J. Boronat,
Graham, M. Guo, T. Langen, and T. Pfau, Rep. Prog. Phys. 84, Phys. Rev. A 99, 023618 (2019).
012403 (2021). [30] V. Cikojević, L. V. Markić, M. Pi, M. Barranco, and J. Boronat,
[16] G. Ferioli, G. Semeghini, S. Terradas-Briansó, L. Masi, M. Phys. Rev. A 102, 033335 (2020).
Fattori, and M. Modugno, Phys. Rev. Research 2, 013269 [31] G. De Rosi, P. Massignan, M. Lewenstein, and G. E.
(2020). Astrakharchik, Phys. Rev. Research 1, 033083 (2019).
033312-7
PHYSICAL REVIEW LETTERS 127, 203402 (2021)
(Received 21 May 2021; revised 9 August 2021; accepted 15 October 2021; published 12 November 2021)
We theoretically calculate and experimentally measure the beyond-mean-field (BMF) equation of state
in a coherently coupled two-component Bose-Einstein condensate (BEC) in the regime where averaging of
the interspecies and intraspecies coupling constants over the hyperfine composition of the single-particle
dressed state predicts the exact cancellation of the two-body interaction. We show that with increasing the
Rabi-coupling frequency Ω, the BMF energy density crosses over from the nonanalytic Lee-Huang-Yang
scaling ∝ n5=2 to an expansion in integer powers of density, where, in addition to a two-body BMF term
pffiffiffiffi pffiffiffiffi
∝ n2 Ω, there emerges a repulsive three-body contribution ∝ n3 = Ω. We experimentally evidence these
two contributions, thanks to their different scaling with Ω, in the expansion of a Rabi-coupled two-
component 39K condensate in a waveguide. By studying the expansion with and without Rabi coupling, we
reveal an important feature relevant for observing BMF effects and associated phenomena in mixtures with
spin-asymmetric losses: Rabi coupling helps preserve the spin composition and thus prevents the system
from drifting away from the point of the vanishing mean field.
DOI: 10.1103/PhysRevLett.127.203402
Vacuum effects are among the most striking features of effects [19], ferromagnetic classical bifurcation [20],
quantum field theories. The high degree of control of cold Kibble-Zurek mechanism [21], control of the two-body
gases has made these systems ideal candidates to identify interaction [22–24], and magnetic domain wall dynamics
and measure the role of quantum fluctuations in matter [25]. For sufficiently attractive interspecies interaction such
fields. For instance, using Bose gases, quantum phonon Rabi-coupled BECs are predicted to sustain droplets in the
fluctuations [1], phononic Lamb shift [2], dynamical symmetric case, where the Rabi coupling is resonant and
phononic Casimir effect [3], as well as evidence of the intraspecies coupling constants are equal to each other.
Hawking-like radiation from analog gravity configurations The stabilization mechanism is interpreted from the few-
[4] have been reported. body perspective as an emergent three-body repulsion [23]
For a weakly interacting Bose gas quantum fluctuations or as a many-body BMF effect due to a structural change in
cause the BEC depletion [5,6] and lead to the so-called Lee- the excitation spectrum [26].
Huang-Yang (LHY) correction to the mean-field (MF) Here, we analytically calculate the BMF energy density
equation of state [7]. This beyond-mean-field (BMF) cor- in the experimentally relevant case of an asymmetric Rabi-
rection found experimental verification a few years ago coupled Bose mixture in the whole range of Rabi frequen-
[8,9]. More recently, self-trapped quantum droplets were cies Ω. We show that the BMF energy crosses over from the
stabilized against collapse by BMF effects in single com- LHY law ∝ n5=2 for small Ω to the regular expansion in
ponent dipolar BECs [10,11] and in two-component BEC integer powers of n for large Ω. The quadratic term in the
mixtures [12–15]. In the latter case, the MF interaction is latter limit can be understood as a renormalization of the
greatly reduced by the compensation between intraspecies two-body interaction, the cubic term as an emergent three-
repulsion and interspecies attraction while the BMF energy body interaction, each term having a different scaling with
originating from quantum fluctuations remains finite. Ω. In the large Ω limit, we experimentally evidence these
In this Letter we consider a Bose gas formed by atoms two contributions by preparing a condensed 39K spin
with two internal levels, which are coherently coupled [16]. mixture at the point of vanishing mean field [27] and by
The BEC order parameter is then a two-component vector quantitatively measuring its expansion in a waveguide as a
and the relative phase excitations are gapped due to the function of Ω. In the absence of Rabi coupling, we observe
coherent drive. Such systems have been thoroughly ana- that asymmetric losses between the two spin states drive the
lyzed on the MF level and used in a variety of experiments spin composition away from the point of zero MF inter-
on coherent Rabi oscillations [17,18], internal self-trapping action and thus strongly affect the expansion.
We consider a Bose gas of N atoms possessing two the MF level [30]. However, the minimum of a−− is a
internal states, σ ¼ ↑; ↓, coherently coupled with the Rabi special point where both terms on the right-hand side of
frequency Ω and detuning δ. In the rotating wave approxi- Eq. (2) are minimized at α ¼ α0 independent of n. At this
mation the Hamiltonian of the mixture reads [16,28] point EMF is thus quadratic in n. If, in addition, we tune δa
Z "X to zero [configuration (3)], the minimum of a−− also
∇2r X vanishes and the condensate becomes noninteracting on
Ĥ ¼ − Ψ̂†σr
Ψ̂σr þ Ψ̂†σr ξσσ0 Ψ̂σ0 r the MF level.
σ
2 σσ 0
# We shall now discuss the influence of BMF effects on the
X gσσ 0
þ Ψ̂†σr Ψ̂†σ 0 r Ψ̂σr Ψ̂σ 0 r dr; ð1Þ equation of state. In the Bogoliubov approach the leading
σ;σ 0
2 BMF term is obtained by expanding the Hamiltonian (1) up
to quadratic terms in ϕ̂σ and by summing the zero point
where Ψ̂σr is the annihilation Bose field operator, ξ ¼ energies of the corresponding Bogoliubov modes. In the
−ðδσ z þ Ωσ x Þ=2 is the single particle spin Hamiltonian symmetric case (a↑↑ ¼ a↓↓ and δ ¼ 0) the calculation has
written in terms of the Pauli matrices acting in the j↑i-j↓i been performed in Ref. [26]. The general asymmetric case
space, and gσσ 0 ¼ 4πaσσ 0 are the coupling constants for the is technically more difficult because of cumbersome
σ-σ 0 interaction with the scattering lengths aσσ 0 . In Eq. (1) expressions for the Bogoliubov modes [31]. However,
and in the rest of the Letter we adopt the units ℏ ¼ m ¼ 1, under the conditions (3), these expressions simplify and
where m is the mass of the particles. read
Assuming zero temperature and weak interactions, we
follow the usual Bogoliubov procedure by separating the Ep;− ¼ p2 =2;
qffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi
dominant condensate contribution and writing the field
pffiffiffiffiffi Ep;þ ¼ ðp2 =2 þ Ω̃Þðp2 =2 þ Ω̃ − 2g↑↓ nÞ;
operator as Ψ̂σr ¼ nσ þ ϕ̂σr , where nσ are the condensate
densities and ϕ̂σr annihilate particles with nonzero
pffiffiffiffiffi where p is the momentum and Ω̃ ¼ Ωðα0 þ 1=α0 Þ=2. The
momenta. Neglecting ϕ̂ and substituting Ψ̂σr ¼ nσ into
BMF energy density can then be reduced to the form [31]
Eq. (1) we obtain the MF energy density
" #
8ð−g↑↓ nÞ5=2 Ω̃
δð1 − α Þ − 2Ωα 2g↑↑ α þ g↓↓ þ 2g↑↓ α n 4 2 2 EBMF ¼ I ; ð4Þ
EMF ¼ 2
nþ ; 15π 2 −2g↑↓ n
2ð1 þ α Þ ð1 þ α2 Þ2 2
R pffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi
ð2Þ where IðyÞ ¼ ð15=4Þ 01 xð1 − xÞðx þ yÞdx. Equation (4)
pffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi remains a good approximation for the BMF energy density as
where n ¼ n↑ þ n↓ and α ¼ n↑ =n↓ . In the limiting long as jδa=a↑↓ j ≪ 1 and jα0 − βj ≪ 1. The function IðyÞ
case of vanishing density (or p interactions),
ffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi EMF gets is a monotonically growing function, which tends to 1 for
minimized for α ¼ α0 ¼ δ=Ω þ 1 þ δ2 =Ω2, consistent y ¼ Ω̃=ð−2g↑↓ nÞ → 0. This is the limit of two uncoupled
with the condensation
pffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi in the dressed state j−i ¼ condensates where Eq. (4) reduces to the LHY form,
ðα0 j↑i þ j↓iÞ= 1 þ α20 , which is the ground state of ξ. responsible for the BMF stabilization of quantum droplets
The coefficient in front of n2 =2 in Eq. (2) is then the MF in binary mixtures [12]. In the opposite limit IðyÞ can be
coupling constant corresponding to the scattering length expanded in powers of 1=y ≪ 1, the first two leading terms
pffiffi pffiffi
a−− ¼ ða↑↑ α40 þ a↓↓ þ 2a↑↓ α20 Þ=ð1 þ α20 Þ2 [24,29]. For being IðyÞ ≈ ð15π=128Þð4 y þ 1= yÞ. The substitution of
a↑↑ > 0, a↓↓ > 0, and a↑↓ < 0, a−− exhibits a minimum this expansion into Eq. (4) gives
as a function of δ (or α0 ). We are interested in the particular pffiffiffiffi
configuration of the scattering lengths (controlled by the Ω̃ n2 3 n3
EBMF ≈ pffiffi g2↑↓ þ pffiffi pffiffiffiffi jg↑↓ j3 ; ð5Þ
magnetic field) and the drive parameters where this mini- 2 2π 2 4 2π Ω̃ 6
mum touches zero. This translates into two conditions:
which is qualitatively different from the LHY n5=2 scaling.
δa ¼ 0 and α0 ¼ β; ð3Þ The two terms in Eq. (5) can be interpreted as a BMF-
renormalized two-body interaction and an emergent three-
where we have introduced the scattering length detuning body term, both with a specific scaling with Ω. Interestingly,
pffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi both these terms agree with exact two-body [31] and three-
δa ¼ a↑↓ þ a↑↑ a↓↓ and the interaction asymmetry pffiffiffiffi
parameter β ¼ ða↓↓ =a↑↑ Þ1=4. Note that for finite n the body calculations [32] in the limit Ω̃jg↑↓ j ≪ 1. Higher-
energy EMF, upon minimization with respect to α, is not, order terms require taking into account interactions between
in general, a quadratic function of n since the optimal excited (noncondensed) atoms and are thus not captured by
polarization parameter α does depend on n. In particular, the quadratic Bogoliubov Hamiltonian. For the same reason,
the system can feature a three-body attraction already on Eq. (5) contains no LHY term ∝ n5=2 , expected to be
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“induced” by the BMF-renormalized two-body pffiffiffiffi interaction. the condensate sizes from fits with 1D Thomas-Fermi
This term, however, is of very high order ∝ ð Ω̃g2↑↓ nÞ5=2 and density profiles ∝ 1 − ðz=RTF Þ2 (see inset of Fig. 1). As a
is negligible for our experimental parameters. function of the detuning δ, a clear minimum in size appears
In our experiment we directly measure the BMF energy at δ=Ω ≈ 0.23, i.e., a position where we expect a−− , and
at the point of vanishing MF through the released energy in thus also the MF energy to be minimized [36]. As explained
a one-dimensional expansion. We work with the second above, under the conditions (3), the MF term vanishes at its
and third lowest Zeeman states of the lowest manifold of minimum (a−− ≈ 0) and the expansion of the cloud is
39
K, namely, j↑i ¼ jF ¼ 1; mF ¼ −1i and j↓i ¼ jF ¼ 1; governed by the BMF term. In Fig. 1, we plot the measured
mF ¼ 0i. At a magnetic field of 56.830(1) G, the three minimal size as a function of the Rabi frequency Ω=2π. For
relevant scattering lengths are a↑↑ ¼ 33.4a0 , a↓↓ ¼ Rabi frequencies Ω=2π between 6 kHz and 38 kHz, we
83.4a0 , and a↑↓ ¼ −53.2a0 , where a0 is the atomic observe a slow increase of the measured size as a function
of Ω, which corresponds to an increase of the BMF energy
Bohr radius [33]. The minimum of a−− is then −0.2a0 .
as predicted previously. More precisely, the size after a long
We have checked that the corresponding residual MF pffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi
energy is a small correction as compared to the BMF time of flight is expected to scale with ELHY ∝ Ω1=4 for a
energy for our parameters. The experiment starts with a dominant two-body term at large Ω, in qualitative agree-
quasi pure BEC in state j↑i. The atoms are optically ment with our observed behavior. At low Rabi frequencies,
trapped in an elongated harmonic potential with frequen- below 6 kHz, we observe an increase of the size which
cies ðωx ; ωy ; ωz Þ ¼ ð137; 137; 25.4Þ Hz. we attribute to low frequency magnetic field noise. In a
The coherent mixture in j−i is prepared in an adiabatic 50 μs Ramsey sequence, we have measured a standard
passage, in which the radio-frequency (rf) detuning is deviation of the magnetic field ΔB ∼ 0.8ð2Þ mG corre-
swept from δ ¼ 7.5 Ω to its final value δ ≈ 0.23 Ω, for sponding to Δδ ∼ 560ð140Þ Hz. These fluctuations lead to
which α0 ≈ β. During the rf sweep, a−− decreases from an increased average value of the scattering length Δa−− ≈
33.3a0 to a value close to 0. Its shape and duration of 9 ms 48ðΔδ=ΩÞ2 a0 , which can explain our observed increasing
are chosen in order to be adiabatic not only with respect to sizes for low values of Ω [37].
the internal-state dynamics but also with respect to the In order to precisely model our experiment we solve
radial evolution of the wave function, which progressively the wave-function evolution through a single component
shrinks and approaches the ground state of the radial
harmonic confinement. We have checked that we cannot
detect any residual oscillations of the radial size after the rf 120
220
fined condensate is then free to expand in the axial direction
for a time of 75 ms. During the final stage of the expansion,
80 160
we sweep back the rf frequency to its initial value to map
the dressed states j−i and jþi back onto j↑i and j↓i, which 100
we independently detect by fluorescent imaging after a
-0.2 0.2 0.6
short Stern-Gerlach separation. 60
/
Interestingly, we observe that the atoms remain in state 0 5 10 15 20 25 30 35
j−i [34], which might be surprising as losses are known to /2 (kHz)
take place mostly in state j↓i [14,35] and thus could lead
to the creation of jþi. In order to understand the spin FIG. 1. Minimal Thomas-Fermi radius of the condensate after
dynamics, we can model the losses by adding −iΓ=2 to the 75 ms of expansion as a function of the Rabi coupling strength
(for δ=Ω ¼ 0.23). Each point is obtained by averaging 15
second diagonal term in ξ. Diagonalizing the resulting fluorescence images and the error bars correspond to the single
matrix, we see that for Γ ≪ Ω the initial state j−i remains shot standard deviation. The curves correspond to quasi-1D
essentially unchanged, except that it decays with the rate extended Gross-Pitaevskii simulations (see text) with or without
≈Γjh−j↓ij2 ¼ Γ=ð1 þ α20 Þ. In our experiment Γ is at most magnetic field noise and assuming different forms of the BMF
∼20 s−1 , which is much lower than Ω. We thus conclude term. Black solid curve: full BMF term with noise; black dashed
curve: full BMF without noise; green dotted curve: two-body
that the spin-dependent loss in our case reduces to an
BMF term without noise; red dash-dotted curve: two-body plus
effective loss in the dressed state, with Γ weighted by the three-body BMF term without noise. Inset: Experimental
fraction of the lossy component. Thomas-Fermi radius of the condensate after 75 ms of expansion
For each value of the Rabi frequency Ω, we first measure as a function of δ=Ω, for a Rabi frequency Ω=2π ¼ 12.29 kHz.
the condensate density profile after expansion and extract The curve is a parabolic guide to the eye.
203402-3
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one-dimensional nonlinear Schrödinger equation in which density scalings, are independently measured from their
we properly account for the BMF energy EBMF [38]. The specific Ω dependence.
axial initial wave function is taken to be ∝ 1 − ðz=RTF Þ2 , Finally, we can also repeat the expansion measurement
such that the axial density profile is the one of the initial 3D while removing the rf coupling field at the end of the sweep
Thomas-Fermi condensate before the rf sweep. The spin such that we are left with two uncoupled condensates. The
healing length is smaller than the radial cloud size and the losses then dominantly take place in state j↓i and contrary
BMF energy is treated in a local density approximation in to the coupled case, α quickly deviates from its initial value
the radial direction [39]. Since the chemical potential can β. Moreover, we observe after a Stern-Gerlach separation
be of order of the radial confinement energy ω⊥ (especially that the two clouds behave differently in the expansion (see
at large Ω), we take into account, as a function of the 1D Fig. 2). The j↓i condensate does not expand much whereas
density, the correction to the Gaussian radial profile due to the j↑i condensate exhibits a double structure with a low
the dominant two-body BMF contribution. The 1D energy energy central part. This behavior is reminiscent of pre-
density is then found by radial integration, and the chemical vious observations in droplet configuration where excess
potential entering the Schödinger equation by partial j↑i atoms are expelled from the droplet region [13,14,41].
derivation with respect to the 1D density. The magnetic In addition, we find that the condensate 1D Thomas-Fermi
field noise is accounted for by an increase of a−− entering radius in state j↓i is 31 μm, a value that is significantly
the MF term. lower than the expected radius of 57 μm for our parameters
As can be seen from Fig. 1 this model quantitatively in the single component simulation with Ω → 0, i.e., with
reproduces our experimental data. The black curves are the BMF energy density scaling with n5=2 . This difference
generated by using Eq. (4) and assuming the measured indicates a significant role of transient MF effects in the
finite ΔB (solid) and ΔB ¼ 0 (dashed). For this calculation expansion dynamics of the central region. Here, j↑i atoms,
which are more abundant than expected and which require
the initial atom number 1.05 × 105 has been adjusted to
some time to escape, create an excessive effective trapping
match the experimental data and corresponds within 5% to for j↓i atoms forcing their slower expansion.
a calibration using the condensation temperature (deter- In conclusion, we have studied both theoretically and
mined with ∼20% accuracy). The initial peak density is experimentally, the BMF equation of state of a coherently
n ∼ 5 × 1014 cm−3 and the three-body loss coefficient coupled two-component BEC in the asymmetric case. The
K −−− =3! ¼ 4 × 10−28 cm6 s−1 has been adjusted to match BMF correction is most manifest when the spin polariza-
our observed ∼30% atom loss during the expansions [40]. tion and interactions are tuned to the special point given
The other curves in Fig. 1 are obtained by running the by Eqs. (3) where MF effects are minimized. The BMF
same code with ΔB ¼ 0 using Eq. (5) (red dash-dotted) or energy density as a function of n then interpolates between
restricting it only to the two-body term (green dotted). They the usual ∝ n5=2 LHY form in the uncoupled limit to a
show that in our explored range Ω=2π > 3 kHz the BMF qualitatively different behavior in the strong-coupling
energy is very well approximated, at least theoretically, regime where one can introduce effective BMF two-body
and three-body interactions with specific scalings as a
byffiffiffithe
p pffiffiffiffi EBMF ∝
ffi sum of the dominant two-body contribution function of the Rabi coupling strength Ω. The experimen-
Ω and a smaller three-body term ∝ 1= Ω. To give tally measured condensate expansions are governed by the
concrete numbers, for Ω=2π ¼ 10 kHz, Ω̃=ð−2g↑↓ nÞ ≈ 1
and the initial two-body and three-body energies per
600
particle are calculated to be 20 and 3.2 Hz, respectively.
In order to better understand how much of this theory is 500
experimentally
pffiffiffiffi tested, we first note that the scaling EBMF ∝
Ω is clearly evidenced in our data for Ω=2πp>ffiffiffiffi6 kHz. 400
n( m )
with Eq. (5). To this end we fit the data with the prediction
200
of our dynamical model based on Eq. (5) with two free
parameters: the total atom number and a prefactor η, 100
inserted by hand in Eq. (5) in front of the three-body
term. Repeating this fitting procedure for different values of 0
-200 -100 0 100 200
ΔB we find η ¼ 0.85ð35Þ, where the error bar is dominated z ( m)
by the uncertainty in our determination of the magnetic
field noise. Our measurements as a function of Ω are thus in FIG. 2. Density profiles for j↑i (black) and j↓i (red) atoms after
quantitative agreement with Eq. (5). The two terms, named 75 ms of expansion at Ω ¼ 0. The blue dashed curve is a 1D
two-body and three-body according to their predicted Thomas-Fermi fit of the density profile in state j↓i.
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PHYSICAL REVIEW LETTERS 127, 203402 (2021)
BMF energy and are in good agreement with the theory at [9] N. Navon, S. Piatecki, K. Günter, B. Rem, T. C. Nguyen, F.
large Ω.pWe Chevy, W. Krauth, and C. Salomon, Dynamics and Thermo-
ffiffiffiffi detect not only the dominant two-body BMF dynamics of the Low-Temperature Strongly Interacting
term p∝ffiffiffiffi Ω, but also evidence the smaller three-body term
Bose Gas, Phys. Rev. Lett. 107, 135301 (2011).
∝ 1= Ω, opening the path to the creation of coherently [10] I. Ferrier-Barbut, H. Kadau, M. Schmitt, M. Wenzel, and T.
coupled quantum droplets in which the two-body inter- Pfau, Observation of Quantum Droplets in a Strongly
action (MF þ BMF) is compensated by BMF three-body Dipolar Bose Gas, Phys. Rev. Lett. 116, 215301 (2016).
effects [23,42]. Exploration of the small Ω regime will [11] L. Chomaz, S. Baier, D. Petter, M. J. Mark, F. Wächtler,
require a further reduction of the magnetic field fluctua- L. Santos, and F. Ferlaino, Quantum-Fluctuation-Driven
tions. Interestingly, a coherent Rabi coupling helps to Crossover from a Dilute Bose-Einstein Condensate to a
preserve the spin composition and thus prevents the system Macrodroplet in a Dipolar Quantum Fluid, Phys. Rev. X 6,
from dynamically drifting away from the point of vanishing 041039 (2016).
mean field facilitating direct measurements of the BMF [12] D. S. Petrov, Quantum Mechanical Stabilization of a Col-
equation of state. lapsing Bose-Bose Mixture, Phys. Rev. Lett. 115, 155302
(2015).
We thank L. Tarruell for useful discussions. This [13] R. Cabrera, L. Tanzi, J. Sanz, B. Naylor, P. Thomas, P.
research has been supported by CNRS, Ministère de Cheiney, and L. Tarruell, Quantum liquid droplets in a
l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Labex mixture of Bose-Einstein condensates, Science 359, 301
PALM, Region Ile-de-France in the framework of (2018).
Domaine d’Intérêt Majeur Sirteq, Ingénierie Quantique à [14] G. Semeghini, G. Ferioli, L. Masi, C. Mazzinghi, L.
l’Université Paris-Saclay, ANR Droplets (19-CE30-0003), Wolswijk, F. Minardi, M. Modugno, G. Modugno, M.
Simons Foundation (Grant No. 563916: localization of Inguscio, and M. Fattori, Self-Bound Quantum Droplets
waves). A. R. acknowledge financial support from of Atomic Mixtures in Free Space, Phys. Rev. Lett. 120,
Provincia Autonoma di Trento, the FISh project of the 235301 (2018).
Istituto Nazionale di Fisica Nucleare, and the Italian MIUR [15] Z. Guo, F. Jia, L. Li, Yi. Ma, J. M. Hutson, X. Cui, and D.
under the PRIN2017 project CEnTraL. Wang, Lee-Huang-Yang effects in the ultracold mixture of
23Na and 87Rb with attractive interspecies interactions, Phys.
203402-5
PHYSICAL REVIEW LETTERS 127, 203402 (2021)
coherently-coupled Bose-Einstein condensates, arXiv: 4.5% at Ω=2π ¼ 5.5, 10% at Ω=2π ¼ 3.9, and 12% at
1912.06041. Ω=2π ¼ 3.1 kHz).
[25] A. Farolfi, A. Zenesini, D. Trypogeorgos, C. Mordini, A. [35] P. Cheiney, C. R. Cabrera, J. Sanz, B. Naylor, L. Tanzi, and
Gallemì, A. Roy, A. Recati, G. Lamporesi, and G. Ferrari, L. Tarruell, Bright Soliton to Quantum Droplet Transition in
Quantum-torque-induced breaking of magnetic domain a Mixture of Bose-Einstein Condensates, Phys. Rev. Lett.
walls in ultracold gases, arXiv:2011.04271. 120, 135301 (2018).
[26] A. Cappellaro, F. Macri, G. Bertacco, and L. Salasnich, [36] In principle, the condensate expansion is governed by the
Equation of state and self-bound droplet in Rabi-coupled total energy EMF þ EBMF. However, the variation of the MF
Bose mixtures, Sci. Rep. 7, 13358 (2017). energy as a function of δ is much stronger than the
[27] T. G. Skov, M. G. Skou, N. B. Jrgensen, and J. J. Arlt, corresponding variation of EBMF such that the latter can
Observation of a Lee-Huang-Yang Fluid, Phys. Rev. Lett. be approximated by a constant. As a consequence, the
126, 230404 (2021). variation of our measured size is dominated by the variation
[28] M. Abad and A. Recati, A study of coherently coupled two- of a−− . We have checked that for our parameters including
component Bose-Einstein condensates, Eur. Phys. J. D 67, the δ dependence of EBMF leads to shifts of the minimal
148 (2013). energy below 1%.
[29] C. P. Search and P. R. Berman, Manipulating the speed of [37] This averaging dominantly takes place at the single shot
sound in a two-component Bose-Einstein condensate, Phys. level during the expansion for the dominant 50 Hz, 100 Hz
Rev. A 63, 043612 (2001). noise frequencies.
[30] A. Hammond et al. (to be published). [38] X. Antoine and R. Duboscq, GPELab, a MATLAB toolbox to
[31] See Supplemental Material at [Link] solve Gross-Pitaevskii equations II: Dynamics and stochas-
supplemental/10.1103/PhysRevLett.127.203402 for the tic simulations, Comput. Phys. Commun. 193, 95 (2015).
derivation of the BMF energy and for the solution of the [39] L. Lavoine and T. Bourdel, Beyond-mean-field crossover
two-body problem in the presence of Rabi coupling. from one dimension to three dimensions in quantum droplets
[32] The exact three-body calculation in the symmetric case can of binary mixtures, Phys. Rev. A 103, 033312 (2021).
be found in Ref. [23]. Curiously,
pffiffiffiffiffiffi the three-body coupling [40] If all losses are solely attributed to three-body losses in state
constant g3 ¼ 3jg↑↓ j3 =ð4π 2Ω̃Þ, which we have obtained j↓i, taking into account the lower faction of atoms in this
here by using the many-body Bogoliubov approach would state, our value corresponds to K ↓↓↓ ¼ 4 × 10−26 cm6 s−1 ,
be significantly more difficult to calculate in the asymmetric which is ∼7 times higher than previously measured values in
case by using the general three-body formalism of Ref. [23]. thermal gases [14,35]. This indicates that other collision
[33] E. Tiemann, P. Gersema, K. K. Voges, T. Hartmann, A. channels are probably important.
Zenesini, and S. Ospelkaus, Beyond Born-Oppenheimer [41] G. Ferioli, G. Semeghini, S. Terradas-Briansó, L. Masi, M.
approximation in ultracold atomic collisions, Phys. Rev. Fattori, and M. Modugno, Dynamical formation of quantum
Research 2, 013366 (2020). droplets in a 39K mixture, Phys. Rev. Research 2, 013269
[34] We have found that at low Rabi frequencies (2020).
(Ω=2π ≤ 7 kHz), magnetic field noise around these [42] A. Bulgac, Dilute Quantum Droplets, Phys. Rev. Lett. 89,
frequencies transfers a small fraction of the atoms to state 050402 (2002).
jþi during the condensate expansion (3% at Ω=2π ¼ 6.9,
203402-6
Supplemental material: Beyond-mean-field e↵ects in Rabi-coupled two-component
Bose-Einstein condensate
The expansion of the Hamiltonian (1) (hereafter, equation numbers without prefix S refer to the main text) up to
quadratic terms in the fields ˆ ,p (we switch to momentum space) can be written as EMF + E0 + Ĥ2 , where EMF is
given by Eq. (2),
!
1X 2 n" + n# ⌦ 1 X 2
E0 = p p g"" n" g## n# + 2 g 0n n 0 , (S1)
2 p n" n# 2 p 0
and
0 q p p 1
p2 ⌦ n# ⌦ 0 1
+ g"" n" + g"# n" n# g"" n" g"# n" n#
B 2 2 n" 2
q C ˆ"
B p ⌦ p2 n" p CBˆ C
1 ˆ† ˆ† ˆ ˆ B g"# n" n# 2 2 + g## n# + ⌦2 n# g"# n" n# g## n# C B #C
Ĥ2 = ( " # " # )B
B p p 2
q
n# p
C B †C .
C@ˆ A
2 B g"" n" g"# n" n# + g"" n" + ⌦
g"# n" n# ⌦
C "
2 2 n" 2
@ q A ˆ†
p p ⌦ p 2
⌦ n" #
g"# n" n# g## n# g"# n" n# 2 2 + g## n# + 2 n#
(S2)
The first four terms in the brackets on the right-hand side of Eq. (S1) arise as a compensation for the “incorrectly”
ordered terms added to the quadratic form (S2) in order to make it symmetric with respect the ordering of creation and
annihilation operators. This symmetrized form is convenient since it stays symmetrized under the usual Bogoliubov
transformation and diagonalizes into
1X X 1X
Ĥ2 = Ep,± (b̂†p,± b̂p,± + b̂p,± b̂†p,± ) = Ep,± b̂†p,± b̂p,± + Ep,± . (S3)
2 p,± p,±
2 p,±
P
The last term in Eq. (S1) is due to the standard renormalisation of the coupling constant g 0 ! g 0 (1+g 0
p 1/p2 )
in the MF term.
The dispersion relations Ep,± of the Bogoliubov modes (created by operators b̂†p,± ) can be written as
v v
u
u u
u ✓ ◆ "Y ✓ r ◆ ✓ ◆2 #
u p2 p2 ⌦ n " + n# p2 ⌦ n¯ p ⌦
Ep,± = Dp ± tDp2
t + p + 2g n + 2g"# n" n# , (S4)
2 2 2 n" n# 2 2 n 2
where
✓ r ◆✓ r ◆ ✓ ◆
1X p2 ⌦ n¯ p2 ⌦ n¯ ⌦ p ⌦
Dp = + + 2g n + 2g"# n" n# . (S5)
2 2 2 n 2 2 n 2 2
p
From Eq. (S5) one sees that the mode Ep, is gapless, while Ep,+ has a gap 2D0 6= 0. The former is just the
Goldstone mode due to the breaking of the U (1) symmetry in the condensed state, while the latter is related to the
gap introduced by ⌦ in having a di↵erent phase for the two spinor components. The gap vanishes for ⌦ = 0, since in
this case there exist two Goldstone modes of the broken U (1) ⇥ U (1) symmetry.
The BMF energy is obtained by adding the vacuum part of Eq. (S3) to the constant energy E0 . The BMF energy
thus explicitly reads
Z !
1 d3 p 2 n" + n# ⌦ 1 X 2
EBMF = Ep,+ + Ep, p p g"" n" g## n# + 2 g 0n n 0 , (S6)
2 (2⇡)3 n" n# 2 p 0
2
where we have replaced the sum over momenta by the integral. Equation (4) is obtained from Eq. (S6) under the
2
conditions (3) as follows. We switch to the
p integration variable z = p and express the integral in Eq. (S6) as a
contour integral around the branch cut of z along the positive real semiaxis. We then deform this contour towards
the negative semiaxis such that it now goes around the branch cut of Ep,+ . This is a finite interval which we map
onto x 2 [0, 1].
In order to characterize the two-body scattering let us introduce the single-particle states (normalization will not
be important)p|+i = |"i ↵0 |#i and | i = |"i + |#i /↵0 , which are eigenstates of the operator ⇠ corresponding to
eigenvalues ± ⌦2 + 2 /2. For two bosons we thus p have three possible “total spin” states, which correspond to three
scattering channels equally separated in energy by ⌦2 + 2 . We define these spin states by
where the parameters a, C1 , and C2 are fixed by three zero-range Bethe-Peierls boundary conditions ensuring that
for r ! 0 the projections of Eq. (S10) on the spin states |""i, |"#i + |#"i, and |##i are proportional, respectively, to
1 a"" /r, 1 a"# /r, and 1 a## /r. Note that C1 , C2 , and the overall prefactor in Eq. (S10) absorb the normalization
coefficients omitted in Eqs. (S7-S9). Performing the projection leads to the matrix equation
2 30 1 0 1
1/a## ↵02 (1 1/a## ) ↵04 (2 1/a## ) a 1
41/a"# ↵0 ( /⌦)(1 1/a"# ) ↵02 (2 1/a"# )5 @ C1 A = @1A . (S11)
1/a"" 1 1/a"" 2 1/a"" C2 1
The energy-dependent scattering length a(q) is related to the s-wave scattering amplitude by the equation
1
f (q) = (S12)
1/a(q) + iq
and can be obtained from Eq. (S11) by eliminating C1 and C2 . The corresponding explicit expression is analytic but
bulky. However, in the limit of small a 0 one can recover the MF result a(0) = a , where a is defined in the
main text. If one assumes a"# ⇠ a## p ⇠ |a "# | and | | ⇠ ⌦, one can see from Eq. (S11) that a(0) can be expanded p in
powers of the small parameter |a"# | ⌦ ⌧ 1. The leading BMF correction to a is thus expected to be of order a2"# ⌦.
By solving Eq. (S11) exactly under the conditions Eq. (3) we obtain
p
p 2 p 1 + a "#
˜
⌦
a(0) = 2a"# ⌦ ˜ p p p p , (S13)
1 + [1 2 2 + 2(↵02 + 1/↵02 )]a"# ⌦ ˜ ˜
2(↵0 1/↵0 )2 a2"# ⌦
p
the leading-order asymptote of which is indeed proportional to a2"# ⌦ (since a = 0) and corresponds to the
two-body couplingpconstant in Eq. (5).
The term / a2"# ⌦ can be understood as the second-order Born correction to the scattering amplitude for small
p
a 0 ⌦. This term accounts for virtual interaction-induced transitions of two atoms in the unperturbed ground | i
state with zero momenta to various spin states (| i, |+ i, |++i) and momenta q and q. In spite of thepfact that
the channels |+ i and |++i are strongly gapped at large ⌦ the second-order integral actually grows as ⌦. This
3
R
can be understoodR by looking at the structure of this integral, which behaves (qualitatively) as g 2 d3 q/(q 2 + ⌦).
Its diverging part g 2 d3 q/q 2 is regularized in thepstandard manner by replacing the bare coupling constants g 0 by
4⇡a 0 and the remaining part indeed scales as ⌦ as the number of momentum states essentially contributing to
the integral grows faster than the gap.
Finally, we note that the Bogoliubov quadratic Hamiltonian, which leads to the BMF energy Eq. (4), does take
into account the virtual two-body processes which we have just described. Equation (5) therefore exactly reproduces
the second-order Born term. On the other hand, the third-order two-body correction / a3"# ⌦ [present in Eq. (S13)] is
not captured on the level of the Bogoliubov Hamiltonian [and we therefore do not see it in Eq. (5)] since it requires
taking into account interactions between atoms excited from the condensate.
PHYSICAL REVIEW LETTERS 128, 083401 (2022)
(Received 29 November 2021; revised 21 January 2022; accepted 7 February 2022; published 23 February 2022)
DOI: 10.1103/PhysRevLett.128.083401
Thanks to their extreme diluteness, particles in ultracold strength. This method requires an additional degree of
gases dominantly interact pairwise. At low temperatures, freedom that rapidly adjusts to the local density and can be
the thermal de Broglie wavelength is larger than the range adiabatically eliminated. For a condensate in quasi-one-
of the Van der Waals potential Re , and the two-body dimensional (1D) or quasi-2D geometries, the wave func-
interaction can accurately be replaced by a contact potential tion in the confined direction provides this additional
[1]. Moreover, the only parameter characterizing the degree of freedom [35–37]; its size slightly increases
interaction, i.e., the scattering length a, can be tuned via (decreases) for repulsive (attractive) two-body interactions.
scattering resonances [2]. Thanks to these properties, This effect leads to an effective attractive three-body
ultracold gases are ideal candidates to quantitatively coupling constant g3 ∝ −a2 in the equation of state in
explore quantum many-body physics with pairwise inter- the reduced geometry. Note that it is a perturbative
actions [3]. For example, the superfluid to Mott transition expansion, valid when the three-body energy is a small
[4] or the BEC-BCS crossover [5–9] have been studied. correction to the two-body energy. Manifestations of these
Although three-body interactions are usually a small three-body interactions were observed in frequency shifts
correction compared to two-body interactions in dilute of breathing oscillations in a quasi-2D geometry [37] and in
gases, their theoretical consideration has a long history the breaking of integrability in quasi-1D gases [36].
[10–12]. They lead to interesting nonlinear dynamics In this Letter, we demonstrate that the additional spinor
[13–21] and to the appearance of droplets [22,23]. At low degree of freedom in coherently driven two-component
temperatures, a three-body interaction is characterized by a condensates can similarly induce effective three-body
scattering hypervolume D [24]. D is a complex number interactions after its adiabatic elimination. The method
whose real part is associated with an energy shift and its crucially relies on two facts: first, the scattering lengths in
imaginary part with three-body losses. Enhancement of the dressed states depend on their spin composition [38,39];
three-body interactions, i.e., of the real part of D, is expected second, the spin composition is affected by density-induced
close to resonances due to energy coincidence with weakly mean-field shifts of the driven transition [40,41]. In contrast
bound three-body states [22,24–28]. Unfortunately, typical to condensates in a reduced dimension, the two parameters
interatomic interaction potentials possess numerous deeply in driven two-component condensates (the detuning fre-
bound two-body states and the enhancement of the real part quency δ=2π and the Rabi-coupling frequency Ω=2π) allow
of D comes together with a concomitant increase of its the independent control of the two-body and three-body
imaginary part due to three-body recombination toward coupling constants. The two-body interactions can thus be
these states [29]. For example, three-body Efimov resonan- reduced such that the three-body interactions prevail in the
ces have been experimentally observed through the enhance- equation of states. In addition, these three-body interactions
ment of losses [30,31]. In optical lattices, the engineering of appear at the mean-field level and can be made significantly
three-body interactions was proposed via strong three-body larger in magnitude than the recently studied beyond mean-
losses and quantum Zeno effect [32,33] or via a coherent field three-body effects [42,43].
coupling between two spin states [34]. Experimentally, we study two consequences of the
Alternatively, an effective three-body interaction can be effective attractive three-body interactions that appear in
induced through a density dependant two-body coupling the lowest energy dressed state of a driven two-component
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PHYSICAL REVIEW LETTERS 128, 083401 (2022)
consequence, the rf sweep is equivalent to a quench of the where E3 < 0 and Epot are the three-body and potential
interaction parameters and it induces some dynamics of the energy in the equilibrium state. We calculate these two
cloud. In the longitudinal direction, the evolution is slow and quantities from imaginary time evolution of a 2D extended
we neglect it on the 15 ms timescale of our experiment [47]. Gross-Pitaevskii equation [54] and deduce the value of the
We focus our analysis on the radial dynamics of the breathing mode frequency (see Fig. 1). Within the exper-
condensate in its central part where the 1D density n1D is imental error bars, we find a perfect agreement with the
approximately constant. measured values and we thus attribute the breathing mode
In a first series of experiments, we chose parameters frequency downshift to the attractive three-body inter-
(Ω=2π ¼ 25.4 kHz and δ=Ω > 0.8) for which, we observe actions. Note that in the explored range, decreasing δ=Ω
small amplitude breathing oscillations of the radial size corresponds both to a decrease of g2 and to an increase
(see inset in Fig. 1) [48]. On the 15 ms timescale of the of jg3 j.
experiment, we find that the atom number is reduced by a By lowering further the value of δ=Ω, we observe large
maximum of 20%. Interestingly, we measure a reduction of losses that rapidly occur around ∼1 ms after the beginning
the breathing mode frequency when δ=Ω is decreased from of the rf sweep, i.e., when the condensate has shrunk to a
1.4 to 0.8 (see Fig. 1), whereas, in the absence of three- high density. In order to study this behavior, we wait 3 ms
body interaction, it is expected to be constant and equal to after the sweep and plot the remaining central 1D density as
2ω⊥ independently of the two-body contact interaction due a function of δ=Ω for two values of Ω [see Fig. 2(a)]. At
to a hidden symmetry of the Hamiltonian under scale large values of jδ=Ωj, there are few losses and the 1D
transformation [49–51]. density is close to the initial one. On the contrary, for low
Let us now compare the measured frequencies to values of jδ=Ωj, the 1D density is observed to be reduced
theoretical expectations for a condensate for which the by a factor of ∼3. Interestingly, the losses appear sharply as
equation of state is given by Eq. (3). In a variational and a function of jδ=Ωj and we interpret this behavior as
scaling approach [52,53], the frequency of small [48] originating from a radial collapse of the cloud, which is
breathing oscillations writes certainly expected for δ=Ω ≈ 0 where the minimum scat-
tering length is a−− ¼ −8.4 a0 < 0. In the following, we
qffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi
ωb ¼ 2ω⊥ 1 þ E3 =Epot ; ð6Þ do not try to precisely understand the collapse dynamics,
including the role of losses, but rather focus our analysis on
the threshold values δc =Ω below which a collapse occurs.
The collapse thresholds δc =Ω are plotted as a function of
2 Ω in Fig. 3 and are found to be larger for lower values of Ω.
Such a behavior reveals the role of three-body interactions
in the radial collapse as g2 solely depends on the ratio δ=Ω.
1.95 Moreover, for Ω=2π < 20 kHz the collapse is observed for
δ=Ω > 0.47, which corresponds to a positive scattering
1.9 35
30
109
1.85 25 2.5
20 2
1.8 0 5 10 15 1.5
1
0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4 (a)
0.5
20
FIG. 1. Breathing frequency at Rabi frequency Ω ¼ 25.4 kHz
as a function of the detuning δ=Ω. The points correspond to the 10
experimental data. The vertical error bars correspond to a 1.5%
uncertainty in the measured frequency. The horizontal error 0
(b)
bars are linked to our 0.8(2) mG magnetic field fluctuations. -10
The shaded area corresponds to the theoretical estimates for -1.5 -1 -0.5 0 0.5 1 1.5
2.3 × 109 m−1 < n1D < 2.65 × 109 m−1 taking into account the /
uncertainty in the value of n1D due to experimental fluctuations,
losses, and uncertainty in the detection efficiency. Inset: radial FIG. 2. (a) Remaining 1D density as a function of the final
breathing oscillations for δ=Ω ¼ 0.9. The rms size σ of the gas detuning δ=Ω: × ∶Ω=2π ¼ 7.6 kHz, ∘∶ Ω=2π ¼ 29.8 kHz. The
is measured as a function of the wait time t after 9.7 ms of curves are fits with the function ncoll þ ðn1D − ncoll Þerf½ðjδj − δc Þ=
free expansion, including an initial 0.4 ms rf sweep back to ðWΩÞ, where ncoll , n1D , W, and δc are free parameters. (b) Scatter-
δ ¼ 7.5 Ω. ing length a−− as a function of δ=Ω.
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PHYSICAL REVIEW LETTERS 128, 083401 (2022)
2
Since γ ∼ 1 for some of our parameters, we rely on
1.2
numerical calculations of Eint ðsÞ [57]. Typical effective
1 potentials VðsÞ close to the collapse threshold are plotted in
1 0 the inset of Fig. 3. They exhibit a local maximum for low
-1
value of s that may be overcome or not depending on the
0.8
initial energy, which is given by the initial rms size of the
0.5 1 1.5 2 cloud. The latter is numerically computed [54] to 1.1 μm
corresponding to sð0Þ ¼ 1.7. For each value of Ω, we find
0.6 the collapse threshold δc =Ω for which the local maximum
of VðsÞ is equal to V½sð0Þ. This model for the collapse
0.4 threshold (dashed curve in Fig. 3) captures the trend of the
threshold values δc =Ω but slightly overestimates them. As
10 15 20 25 30 35 40 an improvement to our model, we take into account the
main beyond mean-field two-body correction to a−− (see
the supplemental material of [43]). A better match to the
FIG. 3. Collapse threshold as a function of the Rabi frequency experimental data is then obtained (solid line in Fig. 3),
Ω=2π. The squares are the experimental data. The dotted blue line strengthening our interpretation [58].
at δ=Ω ¼ 0.47 corresponds to a−− ¼ 0. The solid purple (dashed To conclude, we have shown that a Rabi-coupled two
red) line corresponds to the theoretical prediction taking into
component Bose-Einstein condensate with different scatter-
account the mean-field effect on the internal state with (and
without) the renormalization of the two-body interaction (see ing lengths offers a way to induce an attractive three-body
text). Inset: Effective potentials V for Ω=2π ¼ 30 kHz for δ=Ω ¼ term in the equation of state. The latter appears, at the mean-
0.54 (top curve), δ=Ω ¼ 0.49 ¼ δc =Ω (middle curve), δ=Ω ¼ field level, because of a density-dependent detuning of the
0.44 (bottom curve). The dotted line is the initial energy for the drive. It is tunable through the Rabi-coupling strength and
middle curve corresponding to sð0Þ ¼ 1.7. can be adjusted to play an important role in the condensate
dynamics. The attractive three-body energy can also be made
much larger than the energy associated with the three-body
length a−− , i.e., repulsive two-body interactions [see
loss rate. Experimentally, we observe two striking conse-
Fig. 2(b)]. As an example, for Ω ¼ 7.6 kHz, δc =Ω ¼
quences of the attractive three-body term: a shift of the radial
0.82ð5Þ corresponds to a−− ≈ 10 a0 (see Fig. 2).
breathing mode frequency and radial collapses despite
In order to quantitatively interpret our findings, we
repulsive two-body couplings g2 > 0. Our findings can be
develop a model that assumes a Gaussian radial density
pffiffiffiffiffiffiffiffi easily generalized to the asymmetric case (a↑↑ ≠ a↓↓ ). In
profile at all times t with a rms radius hr2 i ¼ sðtÞaho , this case, there is experimentally much more freedom in the
pffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi
where aho ¼ ℏ=mω⊥ corresponds to the noninteracting choice of the atomic species, of the specific spin states, and
equilibrium rms radius. The energy density is then calcu- of the magnetic field such that optimal conditions, i.e., a
lated upon local minimization with respect to internal state large three-body coupling constant and a low three-body loss
according to Eq. (1). After integration over the radial rate, could be found.
profile, the total energy E can then be cast as The presence of three-body interactions modifies the
thermodynamical properties of quantum Bose gases with
E ϵ s_ 2 s2 1 E ðsÞ consequences such as a change of the condensation
¼ − þ þ þ 2 þ int ; ð7Þ temperature [59] or frequency shifts of low energy exci-
Nℏω⊥ ℏω⊥ 2 2 2s Nℏω
|fflfflfflfflfflfflfflfflfflfflfflfflfflffl{zfflfflfflfflfflfflfflfflfflfflfflfflfflffl⊥} tation modes [19]. Stronger excitations such as vortices
VðsÞ [60], dark solitons [15], or dispersive shock waves [17,18]
will also have modified properties. In particular, the addi-
where the terms on the right-hand side respectively tional nonlinear term breaks the integrability in the soliton
correspond to the single particle internal energy, the kinetic dynamics [61].
energy associated to particle flow, the harmonic potential Finally, we discuss the possibility of creating a repulsive
energy, the zero-point kinetic energy [55], and the inter- three-body term with a condensate in an internal state
action energy [57]. In the limit γ ≪ 1, the latter can be that maximizes the energy [Eq. (1)] [62]. In this case θ ∈
calculated from Eq. (3) and amounts to ½Eint ðsÞ=N ¼ ½−π; 0 and g3 is positive. Unfortunately, a condensate
½ðg2 n1D Þ=ð4πa2oh s2 Þ þ ½ðg3 n21D Þ=ð12π 2 a4oh s4 Þ. Since we in such a state suffers from large two-body losses [39]. The
only see important losses when the collapse has occurred, two-body loss rate is Γ ∼ ℏnā2 =mlΩ , where ā ¼ ða↑↑ −
pffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffiffi
we do not include a loss term in the initial dynamics. In our a↑↓ Þ=2 and lΩ ¼ ℏ=mΩ is a length scale associated with
framework, the latter reduces to the one of a classical Ω. Reducing the value of Ω would open a window where
particle in an effective potential VðsÞ given by the three last the repulsive three-body energy E3 ∝ g3 n2 could dominate
terms in Eq. (7). over the two-body loss rate for E3 =ℏΓ ∝ nl3Ω ≫ 1.
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PHYSICAL REVIEW LETTERS 128, 083401 (2022)
Repulsive three-body interactions produced in this manner [12] H. W. Hammer, A. Nogga, and A. Schwenk, Colloquium:
would offer an alternative way to create gaseous droplets Three-body forces: From cold atoms to nuclei, Rev. Mod.
compared to beyond mean-field effects [63–68]. Quantum Phys. 85, 197 (2013).
droplets [69] and few-body bound states [70,71] were [13] A. Gammal, T. Frederico, L. Tomio, and P. Chomaz, Atomic
Bose-Einstein condensation with three-body interactions
recently discussed in the case of 1D bosons with repulsive
and collective excitations, J. Phys. B 33, 4053 (2000).
three-body interactions. With such nonlinear interactions, [14] A. Gammal, T. Frederico, L. Tomio, and F. K. Abdullaev,
Bose-Einstein condensation in a harmonic trap is also Stability analysis of the D-dimensional nonlinear Schrö-
predicted to become first order [72]. dinger equation with trap and two- and three-body inter-
We thank D. Clément, D. Petrov, S. Kokkelmans, actions, Phys. Lett. A 267, 305 (2000).
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[37] K. Merloti, R. Dubessy, L. Longchambon, M. Olshanii, and [55] We have checked that the energy associated with the
H. Perrin, Breakdown of scale invariance in a quasi-two- gradient of θ [56] adds a negligible kinetic energy in
dimensional Bose gas due to the presence of the third our experimental configuration. This finding justifies
dimension, Phys. Rev. A 88, 061603(R) (2013). our local density approximation in the calculation of the
[38] C. P. Search and P. R. Berman, Manipulating the speed of internal state.
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128, 013201 (2022). [57] Eint ¼ minθ ðEMF =NÞnðrÞd3 r − Nϵ− , where EMF =N is
[40] The same differential mean-field shift is at the origin of the defined in Eq. (1).
blockade of internal Josephson oscillations [41]. [58] Strictly, higher order beyond mean-field corrections will
[41] T. Zibold, E. Nicklas, C. Gross, and M. K. Oberthaler, make VðsÞ increase at low s and prevent the collapse.
Classical Bifurcation at the Transition from Rabi to However, this would occur at such high densities that losses
Josephson Dynamics, Phys. Rev. Lett. 105, 204101 would occur anyway before reaching such a small size,
(2010). leaving our conclusion unchanged.
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[44] We have checked that the slight imbalance between a↑↑ and 012904 (2013).
a↓↓ does not quantitatively play a role in our experimental [61] Y. Kivshar and G. Agrawal, Optical Solitons (Academic
findings and we simply consider the average value in the Press, San Diego 2003).
analysis. [62] At the mean-field level, this solution is a stable fixed point
[45] E. Tiemann, P. Gersema, K. K. Voges, T. Hartmann, A. of the internal state dynamics for γ < 1 [41].
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120, 135301 (2018). (2016).
[47] Actually, we adjust the longitudinal trapping frequency after [65] L. Chomaz, S. Baier, D. Petter, M. J. Mark, F. Wächtler,
the rf sweep in order to detect no longitudinal dynamics. L. Santos, and F. Ferlaino, Quantum-Fluctuation-Driven
[48] We have reduced the oscillation amplitude by applying a Crossover from a Dilute Bose-Einstein Condensate to a
longer rf sweep and found no change in the breathing mode Macrodroplet in a Dipolar Quantum Fluid, Phys. Rev. X 6,
frequency. 041039 (2016).
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083401-7
Titre : Mélange de spin dans un condensat de Bose-Einstein : Gouttelette quantique et couplage
cohérent.
Mots clés : Gaz quantiques, Mélanges de spin, Couplage cohérent
Résumé : Le degré élevé de contrôle des atomes études expérimentales où nous avons exploré les
ultra-froids a fait de ces systèmes des candidats mélanges de spin couplés de manière cohérente
idéaux pour identifier et mesurer le rôle des fluc- dont les interactions intra spin sont répulsives et
tuations quantiques. Pour un condensat de Bose- inter spin attractives. La première analyse montre
Einstein, les fluctuations quantiques causent la dé- la possibilité d’engendrer une interaction attractive
plétion quantique et conduisent à la correction de à trois corps importante ayant des conséquences
Lee-Huang-Yang (LHY) dans l’équation d’état de importantes sur la dynamique du système. Cette
champ moyen. Récemment, la formation de gout- interaction provient de l’affectation du degré de
telette quantique à l’aide de mélange de conden- liberté du spineur par l’interaction à deux corps
sats a été théoriquement prédit et observé expé- de champ-moyen. Nous étudions finalement dans
rimentalement. Cette thèse de doctorat s’inscrit une configuration expérimentale où les interactions
dans la continuité de ces études. Nous avons théo- de champ moyen sont annulées, l’équation d’état
riquement étudié l’existence de gouttelette quan- au-delà du champ moyen d’un condensat à deux
tique dans le croisement unidimensionnel à tri- composantes couplées de manière cohérente. Nous
dimensionnel pour le terme LHY. Expérimentale- montrons que la présence du couplage change la
ment, nous utilisons un gaz quantique bosonique dépendance en densité du terme des fluctuations
de potassium 39 qui offre la possibilité de modi- quantiques par rapport au terme de LHY dans le
fier les interactions interatomiques à l’aide de réso- cas non couplé.
nances de Feshbach. Ce manuscrit présente deux
Title : Spin mixture in Bose-Einstein condensate : Quantum droplet and coherent coupling.
Keywords : Quantum gases, Spin mixtures, Coherent coupling
Abstract : The high degree of control of ultracold presents two experimental studies where we explo-
atoms has made these systems ideal candidates to red coherently coupled spin mixtures whose intra
identify and measure the role of quantum fluctua- spin interactions are repulsive and inter spin at-
tions. For a Bose-Einstein condensate, quantum tractive. The first analysis shows the possibility
fluctuations cause quantum depletion and lead to of engineering an attractive three-body interac-
the Lee-Huang-Yang (LHY) correction in the mean tion with important consequences on the system
field equation of state. Recently, quantum droplets dynamics. It originates from the spinor degree of
formation using spin mixtures has been theoreti- freedom that is affected by a two-body mean-field
cally predicted and observed experimentally. This shift of the driven transition frequency. We finally
doctoral thesis is part of these studies. We have study in an experimental configuration where the
theoretically studied the existence of quantum dro- mean field interactions are canceled, the beyond-
plets in the beyond-mean-field crossover from one mean-field equation of state of a coherently cou-
dimension to three dimensions. Experimentally, we pled two-component condensates. We show that
use a quantum bosonic gas of potassium 39 which the presence of the coupling changes the density
offers the possibility to tune interatomic interac- dependence of the quantum fluctuations term with
tions using Feshbach resonances. This manuscript respect to the LHY term in the uncoupled case.