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Entités atomiques et moléculaires en chimie

Le document présente un cours sur l'architecture de la matière, abordant la classification périodique des éléments, la description des entités atomiques et moléculaires, ainsi que les théories de Lewis et Gillespie. Il détaille les concepts de liaisons covalentes, de géométrie moléculaire et d'électronégativité, tout en fournissant des méthodes pour établir des schémas de Lewis. Les notions de stabilité électronique et de polarité des molécules sont également discutées.

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Entités atomiques et moléculaires en chimie

Le document présente un cours sur l'architecture de la matière, abordant la classification périodique des éléments, la description des entités atomiques et moléculaires, ainsi que les théories de Lewis et Gillespie. Il détaille les concepts de liaisons covalentes, de géométrie moléculaire et d'électronégativité, tout en fournissant des méthodes pour établir des schémas de Lewis. Les notions de stabilité électronique et de polarité des molécules sont également discutées.

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B.

PEROT
PCSI, Architecture de la Matière AM1, Cours

AM 1
Cours

Description des entités moléculaires : molécules et ions


Théorie de Lewis, Théorie de la mésomérie, Théorie de Gillepsie

I. Description des entités atomiques : atomes et ions monoatomiques 2

1. Classi)ication périodique des éléments 2

2. Description des entités atomiques : atomes et ions monoatomiques 2

II. Description des entités moléculaires : molécules et ions moléculaires 3

1. Théorie de Lewis : liaison covalente localisée 3

2. Méthode d’obtention du schéma de Lewis d’une entité moléculaire 4


Gilbert LEWIS
1875-1946
3. Exceptions à la règle de l’octet 5
Chimiste américain 4. Application : formules planes des entités moléculaires organiques 5

5. Théorie de la mésomérie : liaison covalente délocalisée 6

a) Formes mésomères 6

b) Formes mésomères les plus représentatives/probables/de plus haut poids statistique 6

c) Méthode d’obtention des formes mésomères d’une entité moléculaire 7

d) Application : interprétation de la longueur des liaisons dans une molécule conjuguée 9

III. Géométrie des molécules : théorie de Gillespie 9


1. Théorie de Gillespie : modèle VSEPR 9

Ronald GILLESPIE 2. Méthode d’obtention de la géométrie d’une molécule 9


1924-
Chimiste canadien a) Formulation VSEPR de l’atome central 9

b) Géométrie 9

c) Déformations angulaires 10

3. Application : polarité d’une liaison covalente, polarité d’une molécule 11

Friedrich KEKULE
1829-1896
Chimiste allemand

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B. PEROT
PCSI, Architecture de la Matière AM2, Cours

I. DESCRIPTION DES ENTITÉS ATOMIQUES : ATOMES ET IONS MONOATOMIQUES


1. ClassiIication périodique des éléments
→ La classi)ication périodique des éléments présente les différents éléments chimiques connus, classés de
gauche à droite par numéro atomique Z croissant, en 7 lignes/périodes et 18 colonnes, et en 4 blocs (le
bloc s, le bloc p, le bloc d, et le bloc f qui est détaché du tableau pour des raisons pratiques) :

→ Remarques :
- il faut savoir situer dans le tableau les familles suivantes : alcalins (hormis H), alcalino-terreux, halogènes
et gaz nobles (ou gaz rares).
capacité : - il faut pouvoir citer les éléments des trois premières périodes de la classi)ication, ainsi que les éléments de la
citer les éléments des périodes 1 colonne des halogènes (nom, symbole, numéro atomique). Des phrases mnémotechniques peuvent aider :
à 3 du tableau périodique (nom, 1ère période : Hé Henry !
symbole, numéro atomique) 2ème période : Lili Bèque Bien Chez Notre Oncle Ferdinand Nestor
3ème période : Napoléon Mangea Allègrement Six Poulets Sans Claquer d’Argent

2. Description des entités atomiques : atomes et ions monoatomiques


→ Un élément chimique peut être représenté par un ou plusieurs atomes isotopes (atomes représentés par le
même élément chimique, donc ayant le nombre de protons Z, mais un nombre de neutrons N et donc de
nucléons A différents), avec des abondances isotopiques plus ou moins différentes sur Terre. Ex :

Elément Isotopes et abondance isotopique


hydrogène 1 H 1
1 H (99,985 %) 2
1 H = D (0,015 %) 3
1 H = T (traces)
(deutérium) (tritium)
carbone 6 C 12
6 C (98,9 %) 13
6 C (1,1 %) 14
6 C (traces)

oxygène 8 O 16
8 O (99,76 %) 17
8 O (0,038 %) 18
8 O (0,20 %)

chlore 17 Cl 35
17 Cl (75,8 %) 37
17 Cl (24,2 %)

capacité : → Détermination du nombre d’électrons de valence d’un atome du bloc s ou p :


déterminer, pour les éléments Le nombre d’électrons de valence d’un atome du bloc s ou p, correspond à la position de l’atome dans
des blocs s et p, le nombre sa période (d’où l’intérêt de connaître les phrases mnémotechniques). Ainsi :
d’électrons de valence d’un atome H, Li, Na Be, Mg, He B, Al C, Si N, P O, S F, Cl Ne, Ar
atome à partir de la position de
l’élément dans le tableau
nombre d’électrons
périodique
de valence

REPRODUCTION ou REUTILISATION INTERDITE - page 2


B. PEROT
PCSI, Architecture de la Matière AM1, Cours

→ Atomes ayant une structure électronique stable :


- Les seuls atomes ayant une structure électronique stable, sont ceux ayant 8 électrons de valence (soit un
octet) : donc les seuls atomes ayant une structure électronique stable sont les atomes de gaz nobles
(dernière colonne de la classi)ication périodique). Exception : le gaz noble He possède une structure
électronique stable à 2 électrons de valence.
- Tous les autres atomes ne sont pas stables à l’état atomique, et auront deux façons de devenir stables :

➀ soit ils vont perdre ou gagner des électrons pour former des ions monoatomiques stables, cad des ions
ayant la structure électronique stable des gaz nobles les plus proches (à 8 électrons de valence, ou à 2 pour
He). Ex :
* le chlore Cl possède 7 électrons de valence : il aura donc tendance à capter un électron pour acquérir la
structure électronique stable de l’argon Ar : il devient donc l’ion chlorure Cl- (anion)
* le sodium Na possède 1 électron de valence : il aura donc tendance à perdre un électron pour acquérir la
structure électronique stable du néon Ne : il devient donc l’ion sodium Na+ (cation)

➁ soit ils vont faire des liaisons covalentes avec d’autres atomes pour former des entités moléculaires
stables, en respectant la règle de l’octet ou la règle du duet (pour H) :

II. DESCRIPTION DES ENTITÉS MOLÉCULAIRES : MOLÉCULES ET IONS MOLÉCULAIRES


1. Théorie de Lewis : liaison covalente localisée

→ Règle de l’octet et règle du duet :

Dans les entités moléculaires, pour les atomes du bloc s ou p :


- chaque atome d’hydrogène H doit être entouré de 2 électrons, soit 1 doublet (règle du duet)
- chaque atome (autre que H) doit être entouré de 8 électrons, soit 4 doublets (règle de l’octet)

→ Schéma de Lewis d’une entité moléculaire :


Donner le schéma de Lewis d’une entité moléculaire (molécule ou ion), c’est
donner la représentation de la molécule en faisant apparaître d’une part les doublets
liants (DL) entre les atomes, et d’autre part les doublets non liants (DNL) que
certains d’entre d’eux possèdent. Le ou les DL entre deux atomes constituent une
liaison covalente et chaque DL correspond à la mise en commun de deux
électrons de valence entre ces deux atomes : ces deux électrons appartiennent alors
indifféremment aux deux atomes.

→ ClassiWications des liaisons covalentes :


➀ On peut classer les liaisons covalentes selon leur multiplicité. On distingue la liaison simple (formée d’un
seul DL), la liaison double (formée de deux DL) et la liaison triple (formée de trois DL) :

- dans une liaison simple, le DL est un doublet σ


- dans une liaison double, un DL est un doublet σ et l’autre est un doublet π (ou 1 insaturation)
- dans une liaison triple, un DL est un doublet σ et les deux autres sont deux doublets π (ou 2 insaturations)

Remarques :
- un DL π est également appelé une insaturation : donc une liaison double possède 1 insaturation, une liaison
triple possède 2 insaturations
- une molécule saturée est une molécule ne possédant pas d’insaturation
- une molécule insaturée est une molécule possédant des insaturations

➁ On peut classer les liaisons covalentes selon la nature des atomes mis en jeu. On distingue :
- la liaison homonucléaire, entre deux atomes identiques : _____________
- la liaison hétéronucléaire, entre deux atomes différents : _____________

capacité : → Longueur et énergie d’une liaison covalente :


citer l’ordre de grandeur de - la longueur d’une liaison AB est la distance dAB séparant les noyaux des deux atomes A et B. Elle est de
longueurs et d’énergies de l’ordre d’une centaine de picomètres (rappel : 1 pm = 10-12 m)
liaison covalente - l’énergie d’une liaison AB est l'énergie (notée DAB ou El(AB) ou ...) qu’il faut fournir pour casser la liaison AB
en deux atomes A et B à l’état gazeux, à 0 K. Elle est de l’ordre de 400 [Link]-1 pour une liaison simple.

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B. PEROT
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C-C C=C C≡C

dAB en pm 154 134 120

DAB en [Link]-1 346 602 835

χp
→ L’électronégativité χ d’un atome dans une liaison : F
capacité : 4
comparer les électronégativités
Soit une molécule possédant une liaison A-B. O Cl Br
de deux atomes à partir de
L’électronégativité χ est une grandeur relative, sans 3 N I
H C
données ou de leurs positions
unité, qui détermine l’aptitude d’un atome A à attirer à 2 B

dans le tableau périodique


lui les électrons du doublet électronique (cad le nuage Be Ga In
1
électronique) qui l’associe à un autre atome B dans une Li Na K Rb
liaison A-B. Cette notion n’a de sens que si un atome est 0 Z
0 10 20 30 40 50 60
lié à un autre atome !
- Lorsqu’on décrit une période/ligne de gauche à droite, l’électronégativité χ augmente
- Lorsqu’on décrit une colonne de bas en haut, l’électronégativité χ augmente

Remarques :
- les 3 éléments les plus électronégatifs sont : O, N, F (élément le plus électronégatif)
- les halogènes ont une électronégativité élevée, les alcalins ont une électronégativité faible
- on ne peut pas parler d’électronégativité pour les gaz nobles car ils ne forment généralement pas de liaisons !
- χ(H) ≈ χ(C) (mais en réalité C est légèrement plus électronégatif)

capacité :
2. Méthode d’obtention du schéma de Lewis d’une entité moléculaire
établir un ou des schémas de ➀ Calculer le nombre d’électrons de valence total (NEV) dans la molécule : NEV = ∑NEV(atome). Ne pas
Lewis pertinent(s) pour une oublier de rajouter des électrons dans le cas des anions, ou d’en enlever dans le cas des cations !
entité moléculaire (molécule ou ➁ En déduire le nombre de doublets (DL ou DNL) à placer. Remarque : si NEV est impair, alors il y aura un
ion) électron célibataire (électron non apparié).
➂ Disposer les atomes de sorte que l’atome central soit l’atome le moins électronégatif (H exclu).
Notons que :
- si la molécule possède un caractère acide au sens de Brönsted, les H responsables de cette acidité seront liés
à un atome électronégatif (tel que O, N…).
- dans les cas où il est dif)icile de prévoir la disposition de certains atomes, l’énoncé des exercices donnera des
informations (notamment s’il s’agit d’un édi)ice cyclique)
➃ Placer les DL formant le squelette.
➄ Placer l’électron célibataire s’il y en a un : il est généralement porté par l’atome central, cad par l’atome
le moins électronégatif (on a ainsi des composés radicalaires)
➅ Ajouter les doublets restants sous forme de DNL de façon à respecter la règle de l’octet (ou la règle du
duet pour H) :
- les halogènes terminaux (cad non centraux) ne participent qu’à une liaison simple et ont alors 3 DNL
- dans le cas où il manque x doublets pour respecter la règle de l’octet pour les différents atomes,
recommencer le schéma de Lewis en mettant x insaturations (doubles liaisons ou triples liaisons) avec
l’atome central. Si on ne peut pas faire de liaisons multiples (par exemple avec des halogènes terminaux ou
des H), alors mettre les lacunes électroniques sur les atomes n’atteignant pas la règle de l’octet (on a ainsi
des composés acides de Lewis)
- dans le cas où il y a x doublets de trop pour respecter la règle de l’octet, placer ces x doublets excédentaires
sur les atomes à partir du Phosphore, si possible sur l’atome central (on a ainsi des composés hypervalents)
➆ Attribuer à chaque atome sa charge formelle (CF) éventuelle. En effet le passage d’un atome, de la
con)iguration « atome isolé » à la con)iguration « atome dans la molécule » peut quelquefois entraîner une
augmentation ou une diminution apparente de son NEV. Pour faire apparaître ces éventuels transferts
électroniques, on attribue à chaque atome une charge, dite charge formelle (CF) :
CF (atome) = NEV (atome) – NEV apparent (atome)
sachant qu’on applique les règles suivantes pour le décompte du NEV apparent :
- tout DL est partagé de façon équitable, à savoir chaque atome de la liaison possède 1 électron dans le DL
- les deux électrons d’un DNL appartiennent exclusivement à l’atome sur lequel il est localisé ; de même pour
l’électron célibataire
Remarque : bien entendu, la somme des charges formelles portées par les atomes constituant la molécule
doit toujours être égale à la charge globale z de la molécule : ΣCF = z
➇ Si dans le schéma de Lewis obtenu il y a une liaison entre 2 atomes avec des CF opposées, déplacer le
DNL de l’atome chargé ⊖ sur la liaison si cela est possible (cad s’il n’y a pas de problème par rapport à la règle
de l’octet) : on obtient ainsi une formule de Lewis plus représentative de la molécule (voir plus loin).

Exercice d’application n°1 : Etablir un schéma de Lewis de H2O, CH4, H3PO3 (acide phosphoreux qui est un
diacide), NH4+, HO-, CN-, NO, BH3, BeCl2, PCl5, SF6 et C2H4 et I3-

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B. PEROT
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3. Exceptions à la règle de l’octet

→ Composés radicalaires : certaines entités moléculaires peuvent présenter un électron


célibataire sur un de leurs atomes : on parle de composés radicalaires ou tout simplement de
radicaux. Cet atome n’atteint donc pas la règle de l’octet (moins de 4 doublets).

→ Composés acides de Lewis : certains atomes ne peuvent pas partager suf)isamment d’électrons pour
respecter la règle de l’octet : cas des atomes des colonnes 1 (Li…), 2 (Be…) et 13 (B, Al, ainsi que les
carbocations C⊕) qui, en ne possédant respectivement qu’1, 2 ou 3 électrons de valence, ne pourront former
que 1, 2 ou 3 DL ! Ces atomes n’atteignent donc pas la règle de l’octet (moins de 4 doublets). Un défaut de
doublet est symbolisé par une case vide, appelée lacune électronique. De tels composés, trop pauvres en
électrons, sont appelés des acides de Lewis.

Vocabulaire :
- un acide de Lewis est une espèce chimique possédant au moins une lacune électronique
- une base de Lewis est une espèce chimique possédant au moins un DNL

→ Composés hypervalents : les atomes à partir du Phosphore peuvent dépasser la règle de l’octet (plus de 4
doublets). De tels composés, trop riches en électrons, sont appelés des composés hypervalents. Ex :

4. Application : formules planes des entités moléculaires organiques


capacité : → On distingue pour les molécules organiques (molécules contenant au moins 1 C et 1H) :
jongler entre formules planes - les formules planes développées : tout est représenté (liaisons et DNL) : il correspond au schéma de Lewis ;
développées, semi-développées et - les formules planes semi-développées : les liaisons entre les C et les H ne sont plus représentées ;
topologiques pour une molécule - les formules planes topologiques : les liaisons entre les C et les H ne sont plus représentées, et les C et H ne
organique sont plus représentés.

Ex : éthanol, de formule brute C2H6O :

développée semi-développée topologique

formule
semi-
développée

formule
topologique

formule
semi-
développée

formule
topologique

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B. PEROT
PCSI, Architecture de la Matière AM2, Cours

→ Remarque : dans des énoncés d’exercices, les entités moléculaires organiques sont souvent représentées en
capacité :
compléter une formule formule topologique, avec les DL et les charges formelles (⊕ et ⊖) : les H liés aux C, les DNL et les lacunes ne
topologique avec les éventuels sont pas forcément représentés. Sur une formule topologique, il faut donc :
DNL et lacunes, et compter le - savoir dénombrer le nombre de DNL sur un hétéroatome (atome autre que C et H) : on rajoute le nombre de
nombre d’hydrogènes sur chaque DNL nécessaires pour atteindre la règle de l’octet (chaque atome atome doit être entouré de 4 doublets, hormis
carbone H qui doit être entouré d’1 doublet)
- savoir les atomes possédants une lacune électronique cad les atomes ne pouvant être entouré que de 3
doublets (et non 4) donc ne satisfaisant pas la règle de l’octet : le bore B!, l’aluminium Al!, le carbocation C⊕!
- retenir qu’un carbocation C⊕ possède une lacune électronique et qu’un carbanion C⊝ possède un DNL
- savoir dénombrer le nombre d’hydrogène que possède chaque atome de C dans une formule topologique : il y
a autant d’H nécessaire pour respecter la règle de l’octet pour l’atome de C

Ex : compléter la molécule suivante avec les éventuels DNL et lacunes, et déterminer leur formule brute :

5. Théorie de la mésomérie : liaison covalente délocalisée

a) Formes mésomères
Ex : Etablir différents schémas de Lewis de l’ion carbonate CO32- :

Ces 3 schémas de Lewis sont dits formes mésomères, ou formes limites, ou encore formes de résonance de
la molécule. D’après la théorie de la mésomérie, aucune de ces formes mésomères ne représente à elle seule la
structure électronique réelle de la molécule, mais chacune d’elle possède une certaine probabilité (poids
statistique) de la représenter : la molécule réelle est une moyenne pondérée de toutes les formes
mésomères les plus représentatives, de structure nommée hybride de résonance.

b) Formes mésomères les plus représentatives/probables/de plus haut poids statistique


Il ne faut pas perdre de vue que l’objectif des formes mésomères de Lewis est de fournir une description des
molécules en accord avec les propriétés physico-chimiques du composé. Il faut donc s’abstenir de fournir
certaines formes mésomères qui représenteraient peu la réalité. Certaines règles permettent de prévoir quelles
sont les formes mésomères les plus représentatives cad celles de plus haut poids statistique :
règle 1 : les formes mésomères respectant la règle de l’octet pour un maximum d’atomes (C, N, O, F) ont un
très fort poids statistique. Cette règle n’est pas valable pour P, S, Cl… qui peuvent dépasser la règle de l’octet !
règle 2 : les formes mésomères sans charges formelles ont un très fort poids statistique.
règle 3 : dans le cas des formes mésomères présentant des charges formelles (CF) :
- les CF doivent être en nombre minimal (≠ somme minimale) ;
- les CF doivent être en accord, autant que possible, avec l’ordre d’électronégativité des éléments (CF négatives
sur les atomes les plus électronégatifs, CF positives sur les atomes les moins électronégatifs) ;
- les CF de même signe doivent être le plus éloignées possible alors que les CF de signes opposés doivent être le
plus proches possible (compter le nombre de liaisons séparant les CF).

REPRODUCTION ou REUTILISATION INTERDITE - page 6


B. PEROT
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c) Méthode d’obtention des formes mésomères d’une entité moléculaire

→ Mouvements électroniques simples :


- 1er cas : lorsque la molécule présente une liaison entre deux atomes avec des CF opposées. Il y a alors, si
c’est possible (cad s’il n’y a pas de problème par rapport à la règle de l’octet), déplacement du DNL de
l’atome chargé ⊖ sur la liaison : on obtient ainsi une formule de Lewis plus représentative de la molécule
(voir précédemment : dernière étape de la méthode pour obtenir un schéma de Lewis).
Ex : schéma de Lewis de H3PO3 (voir précédemment) :

- 2ème cas : lorsque la molécule présente une liaison multiple (double ou triple) entre deux atomes
d’électronégativité différente. Il y a alors déplacement du DL π de la liaison multiple vers l’atome le plus
électronégatif
Ex : Schéma de Lewis du méthanal H2CO :

capacité : → Mouvements électroniques concertés : systèmes conjuguées :


identiWier et représenter les Une molécule présente un système conjugué (on dit aussi que la molécule est conjuguée, ou encore
enchaînements donnant lieu à qu’elle présente des liaisons délocalisées) si elle présente l’un des quatre motifs structuraux du tableau ci-
une délocalisation électronique dessous. Dès lors, elle présente forcément plusieurs formes mésomères, et le passage d’une forme à l’autre
s’obtient par déplacement concerté de doublets (d’un DNL ou s’il n’y en a pas, d’un DL π) :

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B. PEROT
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Remarque : dans le cas des composés possédant un noyau benzénique, on a également un transfert cyclique
d’électrons sur le noyau benzénique :

Ex : Les composés suivants sont-ils conjugués ? Si oui, donner leurs formules mésomères.

capacité :
- La délocalisation électronique sur la molécule conjuguée se traduit :
mettre en évidence une
éventuelle délocalisation ➀ par une stabilisation énergétique de cette molécule, qui se traduit par la diminution de l’énergie de la
électronique à partir de données molécule d’une valeur appelée énergie de résonance
expérimentales (longueurs de
liaison à mi-chemin entre une ➁ par un déplacement du spectre d’absorption UV-visible de la molécule organique vers les grandes
liaison simple et une liaison longueurs d’onde λ (et donc vers les petits nombres d’onde σ = 1/λ sur un spectre IR) : on parle d’effet
double, effet bathochrome sur bathochrome. Plus la molécule organique est conjuguée, plus l’effet bathochrome est important : ainsi
spectre d’absorption UV-visible, certaines molécules organiques très conjuguées (possédant des noyaux aromatiques) absorberont dans le
présence d’une énergie de visible et seront donc colorées ! Ex :
résonance)

Remarques :
* on voit bien que la délocalisation entraîne un mouvement d’électrons sur l’ensemble du système conjugué
* par contre la couleur d’une molécule inorganique ne s’explique pas avec cette notion de conjugaison.
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B. PEROT
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- Pour déterminer la couleur d’une molécule organique conjuguée, on détermine dans quelle couleur (cad
vers quelle longueur d’onde λmax) la molécule absorbe au maximum, grâce à son spectre d’absorption UV-
visible. Puis on en déduit la couleur de la molécule : c’est la couleur complémentaire sur le cercle chromatique
(ou « rosace de Newton »). Ex : sur le spectre d’absorption du β-carotène on voit que ce dernier absorbe au
maximum vers λmax = 430 nm. Par conséquent, d’après le cercle chromatique, le β-carotène est de couleur
orange.

d) Application : interprétation de la longueur des liaisons dans une molécule conjuguée


Ex : Dans le benzène, on observe une unique longueur de liaison CC : 139 pm. Interpréter.
Données : d(C-C) = 154 pm et d(C=C) = 134 pm

III. GÉOMÉTRIE DES MOLÉCULES : THÉORIE DE GILLESPIE


1. Théorie de Gillespie : modèle VSEPR
→ La théorie de Gillespie permet de prédire la géométrie autour d'un atome central A d’une entité
moléculaire à partir de son schéma de Lewis. Cette théorie se base sur le modèle VSEPR, pour Valence Shell
Electron Pairs Repulsion (en français « Répulsion des Paires d’Electrons de la Couche de Valence ») :

Les zones de forte densité électronique (DL, DNL, électron célibataire) autour d’un atome
central A s’organisent de façon à minimiser les interactions électrostatiques répulsives
entre les électrons : les DL, DNL et électrons célibataires doivent s’éloigner le plus possible les
uns des autres.

2. Méthode d’obtention de la géométrie d’une molécule

a) Formulation VSEPR de l’atome central


On établit tout d’abord la formulation VSEPR de l’atome central : AXnEp avec
n : nombre d’atomes X (et non pas le nombre de DL !) liés à l’atome central A
p : nombre de DNL (ou électrons célibataires) portés par l’atome central A
Ex : déterminer la formulation VSEPR de O dans H2O : _______________________________

b) Géométrie
Le tableau suivant résume les résultats de la méthode VSEPR pour les géométries les plus courantes :
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B. PEROT
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capacité :
associer qualitativement la
géométrie d’une entité à la
minimisation de son énergie

capacité :
prévoir et interpréter les
structures de type AXn avec n≤4
et AXpEq avec p+q = 3 ou 4

Remarque : une molécule ne contenant que deux atomes (HCl, O2, NO…) est forcément linéaire !!! et il n’y
a pas d’atome central !!

Ex : déterminer la géométrie de I3+

c) Déformations angulaires
Dans la pratique, les angles entre les liaisons peuvent être modi)iés :

→ InWluence de la nature des répulsions électroniques :


répulsion DNL/DNL > répulsion DNL/DL > répulsion DL/DL
une liaison multiple est plus répulsive qu’une liaison simple
un électron célibataire est moins répulsif qu’un doublet
Ex : Donner la géométrie autour de l’atome central pour les molécules suivantes : NH3 et C2H4, et préciser les
angles. Les schémas de Lewis des deux molécules sont données :

REPRODUCTION ou REUTILISATION INTERDITE - page 10


B. PEROT
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→ InWluence de l’électronégativité (pas vraiment au programme…) :


La différence d’électronégativité entre les deux atomes d’une liaison in)lue sur la forme du nuage électronique
correspondant au doublet liant :

Ceci in)lue sur les angles entre les liaisons dans les molécules (ouverture ou fermeture des angles de liaison).

Ex : Donner la géométrie autour de l’atome central pour les molécules suivantes : NH3 et NF3, et préciser les
angles. Les schémas de Lewis des deux molécules sont données :

Pour les deux molécules, N est du type AX3E1 ⇒ géométrie pyramide à base triangulaire avec XNX < 109,5°.
Toutefois l’angle FNF est plus faible que l’angle HNH (valeurs expérimentales : HNH : 107,3° ; FNF : 102,1°). En
effet :

Lewis :

L’azote central est


donc
de formulation
AX3E1

3. Application : polarité d’une liaison covalente, polarité d’une molécule

→ Polarité d’une liaison covalente :


capacité :
➀ Lorsque les deux atomes d’une liaison covalente ont des électronégativités différentes (cad lorsque les
prévoir la polarisation d’une
deux atomes d’une liaison sont différents), on dit que la liaison A−B est polaire ou polarisée. Les électrons
liaison à partir des
du DL (cad le nuage électronique) ne sont plus répartis symétriquement entre les deux atomes et tendent à se
électronégativités comparées des
rapprocher de l'atome le plus électronégatif. Ce transfert électronique entraîne la création de charges
deux atomes mis en jeu
partielles : l'atome le moins électronégatif, appauvri en électrons, porte une charge partielle δ+ (0<δ<1),
tandis que l'atome le plus électronégatif, enrichi en électrons, porte une charge partielle δ-. Cette séparation de
! !!"
charges engendre la création d'un moment dipolaire permanent, souvent noté p ou µ0 , colinéaire à la
liaison, orienté du pôle δ- vers le pôle δ+ (ou inversement selon la convention choisie).

`
Plus la différence d’électronégativité entre les deux atomes d’une liaison est grande, plus la liaison est
polaire.
➁ Lorsque les deux atomes d’une liaison covalente ont des électronégativités identiques (cad lorsque les
deux atomes d’une liaison sont identiques), on dit que la liaison est apolaire. Rappel : χ(C) ≈ χ(H).

Ex : Déterminer la polarité ou non des liaisons suivantes :

Remarque : ne pas confondre :


- charges formelles ⊕/⊖ (apparaissant dans le schéma de Lewis sur certains atomes et traduisant le gain ou
la perte d’électrons par rapport à l’atome libre/isolé),
- charge d’une molécule ⊕/⊖ (qui est donnée dans la formule brute de la molécule et qui correspond à la
somme de toutes ses CF),
- et charges partielles δ+/δ- (apparaissant sur les deux atomes d’une liaison polaire et traduisant le
déplacement du nuage électronique de la liaison vers l’atome le plus électronégatif).

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B. PEROT
PCSI, Architecture de la Matière AM2, Cours

Ex : l’ion carbonate CO32- :

CO32- possède une charge 2⊖ (ou plus précisément -2e), possède deux charges formelles ⊖ dans sa formule de
Lewis, et présente pour chacune de ses liaisons CO une charge partielle δ- sur l’oxygène et une charge partielle
δ+ sur le carbone.

capacité : → Polarité d’une molécule : dans le cas où on a plusieurs formules mésomères, on raisonne sur l’hybride de
relier l’existence ou non d’un résonance !
moment dipolaire permanent à
la structure géométrique d’une - 1ère méthode : faire la somme vectorielle des moments dipolaires de chaque liaison :
molécule : donc dire si une * si la somme vectorielle est non nulle, alors la molécule est polaire, et le moment dipolaire résultant
molécule est polaire ou apolaire correspond à cette somme vectorielle
* si la somme vectorielle est nulle, alors la molécule est apolaire
Ex : Déterminer la polarité ou non des molécules suivantes, et dessiner, le cas échéant, le vecteur moment
capacité :
dipolaire permanent.
déterminer la direction et le
sens du vecteur moment
dipolaire d’une liaison ou d’une
molécule

- 2ème méthode*** : repérer le barycentre G- des charges partielles négatives et le barycentre G+ des charges
partielles positives :
* si G- et G+ ne sont pas confondus, alors la molécule est polaire, et le moment dipolaire résultant est orienté
de G- vers G+
* si G- et G+ sont confondus, alors la molécule est apolaire
Ex : Déterminer la polarité ou non des molécules suivantes, et dessiner, le cas échéant, le vecteur moment
dipolaire permanent.

- 3ème méthode*** : la méthode précédente marche très bien mais la détermination de G- et G+ devient
fastidieuse lorsque la molécule est plus grosse et fait intervenir plusieurs liaisons polaires. D’où autre méthode
plus rapide mais ne permettant pas de dessiner le vecteur moment dipolaire permanent résultant de la
molécule :
* si la molécule ne contient que des liaisons apolaires, alors elle est apolaire
* si la molécule contient des liaisons polaires avec un centre de symétrie, alors elle est apolaire
* si la molécule contient des liaisons polaires sans centre de symétrie, alors elle est polaire
Ex : Déterminer la polarité ou non des molécules suivantes

Remarque : quelle que soit la méthode choisie, on doit toujours raisonner sur la géométrie de la molécule (cad
sur sa structure spatiale), et non pas sur la formule de Lewis

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