Entités atomiques et moléculaires en chimie
Entités atomiques et moléculaires en chimie
PEROT
PCSI, Architecture de la Matière AM1, Cours
AM 1
Cours
a) Formes mésomères 6
b) Géométrie 9
c) Déformations angulaires 10
Friedrich KEKULE
1829-1896
Chimiste allemand
→ Remarques :
- il faut savoir situer dans le tableau les familles suivantes : alcalins (hormis H), alcalino-terreux, halogènes
et gaz nobles (ou gaz rares).
capacité : - il faut pouvoir citer les éléments des trois premières périodes de la classi)ication, ainsi que les éléments de la
citer les éléments des périodes 1 colonne des halogènes (nom, symbole, numéro atomique). Des phrases mnémotechniques peuvent aider :
à 3 du tableau périodique (nom, 1ère période : Hé Henry !
symbole, numéro atomique) 2ème période : Lili Bèque Bien Chez Notre Oncle Ferdinand Nestor
3ème période : Napoléon Mangea Allègrement Six Poulets Sans Claquer d’Argent
oxygène 8 O 16
8 O (99,76 %) 17
8 O (0,038 %) 18
8 O (0,20 %)
chlore 17 Cl 35
17 Cl (75,8 %) 37
17 Cl (24,2 %)
➀ soit ils vont perdre ou gagner des électrons pour former des ions monoatomiques stables, cad des ions
ayant la structure électronique stable des gaz nobles les plus proches (à 8 électrons de valence, ou à 2 pour
He). Ex :
* le chlore Cl possède 7 électrons de valence : il aura donc tendance à capter un électron pour acquérir la
structure électronique stable de l’argon Ar : il devient donc l’ion chlorure Cl- (anion)
* le sodium Na possède 1 électron de valence : il aura donc tendance à perdre un électron pour acquérir la
structure électronique stable du néon Ne : il devient donc l’ion sodium Na+ (cation)
➁ soit ils vont faire des liaisons covalentes avec d’autres atomes pour former des entités moléculaires
stables, en respectant la règle de l’octet ou la règle du duet (pour H) :
Remarques :
- un DL π est également appelé une insaturation : donc une liaison double possède 1 insaturation, une liaison
triple possède 2 insaturations
- une molécule saturée est une molécule ne possédant pas d’insaturation
- une molécule insaturée est une molécule possédant des insaturations
➁ On peut classer les liaisons covalentes selon la nature des atomes mis en jeu. On distingue :
- la liaison homonucléaire, entre deux atomes identiques : _____________
- la liaison hétéronucléaire, entre deux atomes différents : _____________
χp
→ L’électronégativité χ d’un atome dans une liaison : F
capacité : 4
comparer les électronégativités
Soit une molécule possédant une liaison A-B. O Cl Br
de deux atomes à partir de
L’électronégativité χ est une grandeur relative, sans 3 N I
H C
données ou de leurs positions
unité, qui détermine l’aptitude d’un atome A à attirer à 2 B
Remarques :
- les 3 éléments les plus électronégatifs sont : O, N, F (élément le plus électronégatif)
- les halogènes ont une électronégativité élevée, les alcalins ont une électronégativité faible
- on ne peut pas parler d’électronégativité pour les gaz nobles car ils ne forment généralement pas de liaisons !
- χ(H) ≈ χ(C) (mais en réalité C est légèrement plus électronégatif)
capacité :
2. Méthode d’obtention du schéma de Lewis d’une entité moléculaire
établir un ou des schémas de ➀ Calculer le nombre d’électrons de valence total (NEV) dans la molécule : NEV = ∑NEV(atome). Ne pas
Lewis pertinent(s) pour une oublier de rajouter des électrons dans le cas des anions, ou d’en enlever dans le cas des cations !
entité moléculaire (molécule ou ➁ En déduire le nombre de doublets (DL ou DNL) à placer. Remarque : si NEV est impair, alors il y aura un
ion) électron célibataire (électron non apparié).
➂ Disposer les atomes de sorte que l’atome central soit l’atome le moins électronégatif (H exclu).
Notons que :
- si la molécule possède un caractère acide au sens de Brönsted, les H responsables de cette acidité seront liés
à un atome électronégatif (tel que O, N…).
- dans les cas où il est dif)icile de prévoir la disposition de certains atomes, l’énoncé des exercices donnera des
informations (notamment s’il s’agit d’un édi)ice cyclique)
➃ Placer les DL formant le squelette.
➄ Placer l’électron célibataire s’il y en a un : il est généralement porté par l’atome central, cad par l’atome
le moins électronégatif (on a ainsi des composés radicalaires)
➅ Ajouter les doublets restants sous forme de DNL de façon à respecter la règle de l’octet (ou la règle du
duet pour H) :
- les halogènes terminaux (cad non centraux) ne participent qu’à une liaison simple et ont alors 3 DNL
- dans le cas où il manque x doublets pour respecter la règle de l’octet pour les différents atomes,
recommencer le schéma de Lewis en mettant x insaturations (doubles liaisons ou triples liaisons) avec
l’atome central. Si on ne peut pas faire de liaisons multiples (par exemple avec des halogènes terminaux ou
des H), alors mettre les lacunes électroniques sur les atomes n’atteignant pas la règle de l’octet (on a ainsi
des composés acides de Lewis)
- dans le cas où il y a x doublets de trop pour respecter la règle de l’octet, placer ces x doublets excédentaires
sur les atomes à partir du Phosphore, si possible sur l’atome central (on a ainsi des composés hypervalents)
➆ Attribuer à chaque atome sa charge formelle (CF) éventuelle. En effet le passage d’un atome, de la
con)iguration « atome isolé » à la con)iguration « atome dans la molécule » peut quelquefois entraîner une
augmentation ou une diminution apparente de son NEV. Pour faire apparaître ces éventuels transferts
électroniques, on attribue à chaque atome une charge, dite charge formelle (CF) :
CF (atome) = NEV (atome) – NEV apparent (atome)
sachant qu’on applique les règles suivantes pour le décompte du NEV apparent :
- tout DL est partagé de façon équitable, à savoir chaque atome de la liaison possède 1 électron dans le DL
- les deux électrons d’un DNL appartiennent exclusivement à l’atome sur lequel il est localisé ; de même pour
l’électron célibataire
Remarque : bien entendu, la somme des charges formelles portées par les atomes constituant la molécule
doit toujours être égale à la charge globale z de la molécule : ΣCF = z
➇ Si dans le schéma de Lewis obtenu il y a une liaison entre 2 atomes avec des CF opposées, déplacer le
DNL de l’atome chargé ⊖ sur la liaison si cela est possible (cad s’il n’y a pas de problème par rapport à la règle
de l’octet) : on obtient ainsi une formule de Lewis plus représentative de la molécule (voir plus loin).
Exercice d’application n°1 : Etablir un schéma de Lewis de H2O, CH4, H3PO3 (acide phosphoreux qui est un
diacide), NH4+, HO-, CN-, NO, BH3, BeCl2, PCl5, SF6 et C2H4 et I3-
→ Composés acides de Lewis : certains atomes ne peuvent pas partager suf)isamment d’électrons pour
respecter la règle de l’octet : cas des atomes des colonnes 1 (Li…), 2 (Be…) et 13 (B, Al, ainsi que les
carbocations C⊕) qui, en ne possédant respectivement qu’1, 2 ou 3 électrons de valence, ne pourront former
que 1, 2 ou 3 DL ! Ces atomes n’atteignent donc pas la règle de l’octet (moins de 4 doublets). Un défaut de
doublet est symbolisé par une case vide, appelée lacune électronique. De tels composés, trop pauvres en
électrons, sont appelés des acides de Lewis.
Vocabulaire :
- un acide de Lewis est une espèce chimique possédant au moins une lacune électronique
- une base de Lewis est une espèce chimique possédant au moins un DNL
→ Composés hypervalents : les atomes à partir du Phosphore peuvent dépasser la règle de l’octet (plus de 4
doublets). De tels composés, trop riches en électrons, sont appelés des composés hypervalents. Ex :
formule
semi-
développée
formule
topologique
formule
semi-
développée
formule
topologique
→ Remarque : dans des énoncés d’exercices, les entités moléculaires organiques sont souvent représentées en
capacité :
compléter une formule formule topologique, avec les DL et les charges formelles (⊕ et ⊖) : les H liés aux C, les DNL et les lacunes ne
topologique avec les éventuels sont pas forcément représentés. Sur une formule topologique, il faut donc :
DNL et lacunes, et compter le - savoir dénombrer le nombre de DNL sur un hétéroatome (atome autre que C et H) : on rajoute le nombre de
nombre d’hydrogènes sur chaque DNL nécessaires pour atteindre la règle de l’octet (chaque atome atome doit être entouré de 4 doublets, hormis
carbone H qui doit être entouré d’1 doublet)
- savoir les atomes possédants une lacune électronique cad les atomes ne pouvant être entouré que de 3
doublets (et non 4) donc ne satisfaisant pas la règle de l’octet : le bore B!, l’aluminium Al!, le carbocation C⊕!
- retenir qu’un carbocation C⊕ possède une lacune électronique et qu’un carbanion C⊝ possède un DNL
- savoir dénombrer le nombre d’hydrogène que possède chaque atome de C dans une formule topologique : il y
a autant d’H nécessaire pour respecter la règle de l’octet pour l’atome de C
Ex : compléter la molécule suivante avec les éventuels DNL et lacunes, et déterminer leur formule brute :
a) Formes mésomères
Ex : Etablir différents schémas de Lewis de l’ion carbonate CO32- :
Ces 3 schémas de Lewis sont dits formes mésomères, ou formes limites, ou encore formes de résonance de
la molécule. D’après la théorie de la mésomérie, aucune de ces formes mésomères ne représente à elle seule la
structure électronique réelle de la molécule, mais chacune d’elle possède une certaine probabilité (poids
statistique) de la représenter : la molécule réelle est une moyenne pondérée de toutes les formes
mésomères les plus représentatives, de structure nommée hybride de résonance.
- 2ème cas : lorsque la molécule présente une liaison multiple (double ou triple) entre deux atomes
d’électronégativité différente. Il y a alors déplacement du DL π de la liaison multiple vers l’atome le plus
électronégatif
Ex : Schéma de Lewis du méthanal H2CO :
Remarque : dans le cas des composés possédant un noyau benzénique, on a également un transfert cyclique
d’électrons sur le noyau benzénique :
Ex : Les composés suivants sont-ils conjugués ? Si oui, donner leurs formules mésomères.
capacité :
- La délocalisation électronique sur la molécule conjuguée se traduit :
mettre en évidence une
éventuelle délocalisation ➀ par une stabilisation énergétique de cette molécule, qui se traduit par la diminution de l’énergie de la
électronique à partir de données molécule d’une valeur appelée énergie de résonance
expérimentales (longueurs de
liaison à mi-chemin entre une ➁ par un déplacement du spectre d’absorption UV-visible de la molécule organique vers les grandes
liaison simple et une liaison longueurs d’onde λ (et donc vers les petits nombres d’onde σ = 1/λ sur un spectre IR) : on parle d’effet
double, effet bathochrome sur bathochrome. Plus la molécule organique est conjuguée, plus l’effet bathochrome est important : ainsi
spectre d’absorption UV-visible, certaines molécules organiques très conjuguées (possédant des noyaux aromatiques) absorberont dans le
présence d’une énergie de visible et seront donc colorées ! Ex :
résonance)
Remarques :
* on voit bien que la délocalisation entraîne un mouvement d’électrons sur l’ensemble du système conjugué
* par contre la couleur d’une molécule inorganique ne s’explique pas avec cette notion de conjugaison.
REPRODUCTION ou REUTILISATION INTERDITE - page 8
B. PEROT
PCSI, Architecture de la Matière AM1, Cours
- Pour déterminer la couleur d’une molécule organique conjuguée, on détermine dans quelle couleur (cad
vers quelle longueur d’onde λmax) la molécule absorbe au maximum, grâce à son spectre d’absorption UV-
visible. Puis on en déduit la couleur de la molécule : c’est la couleur complémentaire sur le cercle chromatique
(ou « rosace de Newton »). Ex : sur le spectre d’absorption du β-carotène on voit que ce dernier absorbe au
maximum vers λmax = 430 nm. Par conséquent, d’après le cercle chromatique, le β-carotène est de couleur
orange.
Les zones de forte densité électronique (DL, DNL, électron célibataire) autour d’un atome
central A s’organisent de façon à minimiser les interactions électrostatiques répulsives
entre les électrons : les DL, DNL et électrons célibataires doivent s’éloigner le plus possible les
uns des autres.
b) Géométrie
Le tableau suivant résume les résultats de la méthode VSEPR pour les géométries les plus courantes :
REPRODUCTION ou REUTILISATION INTERDITE - page 9
B. PEROT
PCSI, Architecture de la Matière AM2, Cours
capacité :
associer qualitativement la
géométrie d’une entité à la
minimisation de son énergie
capacité :
prévoir et interpréter les
structures de type AXn avec n≤4
et AXpEq avec p+q = 3 ou 4
Remarque : une molécule ne contenant que deux atomes (HCl, O2, NO…) est forcément linéaire !!! et il n’y
a pas d’atome central !!
c) Déformations angulaires
Dans la pratique, les angles entre les liaisons peuvent être modi)iés :
Ceci in)lue sur les angles entre les liaisons dans les molécules (ouverture ou fermeture des angles de liaison).
Ex : Donner la géométrie autour de l’atome central pour les molécules suivantes : NH3 et NF3, et préciser les
angles. Les schémas de Lewis des deux molécules sont données :
Pour les deux molécules, N est du type AX3E1 ⇒ géométrie pyramide à base triangulaire avec XNX < 109,5°.
Toutefois l’angle FNF est plus faible que l’angle HNH (valeurs expérimentales : HNH : 107,3° ; FNF : 102,1°). En
effet :
Lewis :
`
Plus la différence d’électronégativité entre les deux atomes d’une liaison est grande, plus la liaison est
polaire.
➁ Lorsque les deux atomes d’une liaison covalente ont des électronégativités identiques (cad lorsque les
deux atomes d’une liaison sont identiques), on dit que la liaison est apolaire. Rappel : χ(C) ≈ χ(H).
CO32- possède une charge 2⊖ (ou plus précisément -2e), possède deux charges formelles ⊖ dans sa formule de
Lewis, et présente pour chacune de ses liaisons CO une charge partielle δ- sur l’oxygène et une charge partielle
δ+ sur le carbone.
capacité : → Polarité d’une molécule : dans le cas où on a plusieurs formules mésomères, on raisonne sur l’hybride de
relier l’existence ou non d’un résonance !
moment dipolaire permanent à
la structure géométrique d’une - 1ère méthode : faire la somme vectorielle des moments dipolaires de chaque liaison :
molécule : donc dire si une * si la somme vectorielle est non nulle, alors la molécule est polaire, et le moment dipolaire résultant
molécule est polaire ou apolaire correspond à cette somme vectorielle
* si la somme vectorielle est nulle, alors la molécule est apolaire
Ex : Déterminer la polarité ou non des molécules suivantes, et dessiner, le cas échéant, le vecteur moment
capacité :
dipolaire permanent.
déterminer la direction et le
sens du vecteur moment
dipolaire d’une liaison ou d’une
molécule
- 2ème méthode*** : repérer le barycentre G- des charges partielles négatives et le barycentre G+ des charges
partielles positives :
* si G- et G+ ne sont pas confondus, alors la molécule est polaire, et le moment dipolaire résultant est orienté
de G- vers G+
* si G- et G+ sont confondus, alors la molécule est apolaire
Ex : Déterminer la polarité ou non des molécules suivantes, et dessiner, le cas échéant, le vecteur moment
dipolaire permanent.
- 3ème méthode*** : la méthode précédente marche très bien mais la détermination de G- et G+ devient
fastidieuse lorsque la molécule est plus grosse et fait intervenir plusieurs liaisons polaires. D’où autre méthode
plus rapide mais ne permettant pas de dessiner le vecteur moment dipolaire permanent résultant de la
molécule :
* si la molécule ne contient que des liaisons apolaires, alors elle est apolaire
* si la molécule contient des liaisons polaires avec un centre de symétrie, alors elle est apolaire
* si la molécule contient des liaisons polaires sans centre de symétrie, alors elle est polaire
Ex : Déterminer la polarité ou non des molécules suivantes
Remarque : quelle que soit la méthode choisie, on doit toujours raisonner sur la géométrie de la molécule (cad
sur sa structure spatiale), et non pas sur la formule de Lewis