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Vérité, Scepticisme et Temps : Concepts Clés

Le document traite de la distinction entre opinion et vérité, en explorant des concepts philosophiques tels que le scepticisme, le relativisme des sophistes, et le principe de non-contradiction d'Aristote. Il aborde également la nature du temps, en différenciant le temps objectif et subjectif, ainsi que les implications existentielles de la conscience du temps. Enfin, il évoque des perspectives sur la manière dont l'homme peut transcender sa condition temporelle à travers l'art et l'action politique.

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Vérité, Scepticisme et Temps : Concepts Clés

Le document traite de la distinction entre opinion et vérité, en explorant des concepts philosophiques tels que le scepticisme, le relativisme des sophistes, et le principe de non-contradiction d'Aristote. Il aborde également la nature du temps, en différenciant le temps objectif et subjectif, ainsi que les implications existentielles de la conscience du temps. Enfin, il évoque des perspectives sur la manière dont l'homme peut transcender sa condition temporelle à travers l'art et l'action politique.

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La vérité

Enjeux :
 Différencier opinion (doxa) et vérité (alètheia).

Définition :
 Vérité : conformité de la pensée ou du discours avec la réalité
(correspondance entre le réel et la représentation que l’on s’en fait).

 Raison : faculté de connaître, de juger selon des principes logiques,


d’ordonner la pensée.

 Vérité & raison : on attend de la raison qu’elle permette d’accéder


à la vérité, en évitant les illusions ou les simples opinions.

Le scepticisme
 Période : IVe–IIIe siècle av. J.-C., en Grèce.

 Principaux représentants : Pyrrhon d’Élis

 Contexte : Les sceptiques contestent la possibilité de parvenir à


une connaissance certaine (un critère fiable pour distinguer vrai et
faux).

 Épochè : suspension du jugement ; ne pas affirmer ni nier quoi que


ce soit sur la réalité.

 Ataraxie : idéal de paix de l’âme, atteint par l’absence de troubles


intérieurs (doutes, passions).

 Conséquence : pour les sceptiques, la vérité (au sens d’une


connaissance certaine, absolument valide) n’est pas accessible.

 Opposition aux dogmatiques : ceux-ci prétendent qu’il existe des


vérités absolues et connaissables. Les sceptiques jugent ces
affirmations infondées, car tout critère de vérité pourrait être remis
en question (régression à l’infini des justifications).

1. Arguments :

 Expérience individuelle : chaque sujet perçoit la réalité selon son


histoire, sa culture, ses sens (Protagoras).

 Tolérance : accepter que les points de vue diffèrent encourage le


dialogue démocratique.
 Limite de la raison : ce qu’on tient pour vrai peut être remis en
question (erreurs, illusions).

Les sophistes
 Étymologie : du grec ancien sophistès : « spécialiste du savoir,
maître en rhétorique ».

 Rôle social : professeurs d’éloquence, de rhétorique et de


techniques de persuasion (sophistes célèbres : Protagorasé).

 Fonction : enseigner la parole publique (dialectique, argumentation)


aux citoyens, notamment pour intervenir dans l’Assemblée
(démocratie athénienne).

1. Relativisme sur la vérité :

 Protagoras : « L’homme est la mesure de toute chose »

 Formulation célèbre : « Telle chose me paraît, telle elle est pour moi,
et telle elle te paraît, telle elle est pour toi. »
→ La vérité dépend donc du sujet qui perçoit où qui juge ; il n’y a pas
de critère objectif universel.

2. Rhétorique et persuasion :

 Les sophistes enseignent à leurs disciples à manier le discours


(techne rhetorike) pour convaincre ou persuader, sans souci de la
vérité en tant que «correspondance au réel ».

 Ils se posent en maîtres du savoir et de la parole, se faisant payer


très cher pour leurs leçons, contrairement à Socrate (pour qui la
recherche de la vérité se fait gratuitement, dans l’espace public de
l’agora).

3. Opposition à Socrate :

 Socrate : affirme humblement qu’il ne sait rien (« Je sais que je ne


sais rien »). Il recherche la vérité par le dialogue, la maïeutique, la
quête du Bien.

 Sophistes : prétendent détenir de la sagesse et enseignent l’art de


bien parler sans s’occuper de vérité ou de Bien. Ils peuvent défendre
un argument et son contraire selon la demande (relativisme
complet).

 Dans les dialogues de Platon (Protagoras), les sophistes apparaissent


souvent en adversaires de Socrate.
Le principe de non-contradiction (Aristote)
 Citation (Aristote, La Métaphysique) : « Il est impossible qu'un
même attribut appartienne et n'appartienne pas en même temps et
sous le même rapport à une même chose. »

 Sens : une proposition ne peut pas être à la fois vraie et fausse dans
les mêmes conditions.

 Rôle : fondement de la logique et de la connaissance scientifique ;


condition de possibilité d’un discours cohérent et donc d’une vérité
objective.

 Lien avec le relativisme : si chacun peut affirmer une vérité


différente, on enfreint ce principe ; cela conduit au chaos logique (A
est B et A n’est pas B).

L’allégorie de la caverne (Platon)


1. Oeuvre : La République

2. But : illustrer la condition humaine vis-à-vis du savoir et de la


vérité : la difficulté de l’âme à s’élever du monde sensible (illusions)
vers le monde intelligible (vérité).

1. La caverne :

3. Des prisonniers naissent enchaînés dans une caverne, contraints de


regarder le mur.

4. Derrière eux se trouve un feu, et entre le feu et les prisonniers passe


un chemin.

5. Des gens font passer des statues ou des objets, projetant des
ombres sur le mur de la caverne, que les prisonniers prennent pour
la réalité.

2. L’évasion :

6. L’un des prisonniers parvient à se libérer : il se retourne, constate


que ce qu’il voyait étaient des ombres et non la réalité.

7. Il sort de la caverne, atteint la lumière du soleil : ébloui au début, il


découvre le monde extérieur (plus proche de la vérité).

3. Le retour dans la caverne :

8. Rémuni de sa découverte, l’ex-prisonnier retourne dans la caverne


pour alerter les autres.

9. Les prisonniers encore enchaînés « ne comprennent pas » sa parole,


voient en lui un fou, et s’opposent à son message.
L’existence d’une vérité absolue
 Principe de non-contradiction : s’il existe plusieurs « vérités »
contradictoires sur un même objet, comment trancher ?

 Critère de vérité : correspondance au réel : distinguer vérité et


opinion (perceptuelle ou morale).

 Rôle du savoir scientifique : on construit des connaissances


vérifiables, reproductibles, qui s’imposent à tous (lois de la nature).

 Démocratie et vérité : une société ne peut fonctionner si chacun


impose sa vérité sans critère rationnel commun.

Nuancé
 Il faut distinguer :

1. Opinion (doxa), qui peut être pluralité de points de vue


(esthétique, goût, préférences personnelles).

2. Vérité stricte (alètheia), qui concerne des propositions non


contradictoires et vérifiables (mathématiques, sciences, morale
objective).

Le temps
Les enjeux
 Peut ont véritablement faire disparaître l’écoulement
temporel

Définitions
1. Le temps objectif :

 C’est la « durée » mesurable, linéaire, irréversible (passage du passé


au présent au futur).

 Caractérisé par la flèche du temps : irréversibilité, succession


unidirectionnelle.

 Jankélévitch écrit : « Le temps est littéralement irréversible, c’est-à-


dire qu’il est absolument impossible de le renverser […] » (→
Jankélévitch, L’Irréversible et la nostalgie).

2. Le temps subjectif (conscience du temps) :


 C’est la manière dont chaque conscience ressent ou vit l’écoulement
temporel.

 Il coïncide avec nos souvenirs (passé), notre attention au présent et


nos projections d’avenir.

 Saint Augustin souligne la difficulté à définir ce temps intérieur : il


existe comme expérience psychologique, non comme objet extérieur
clairement délimité (→ Saint Augustin, Les Confessions).

Conditions universelles du temps


1. Le temps comme condition fondamentale de l’univers :

 Tout ce qui existe (êtres vivants, objets, planètes) est soumis au


temps objectif.

 L’homme, comme tout organisme, subit la flèche du temps :


naissance → croissance → vieillissement → mort.

 On ne peut « revenir » à l’instant initial de sa naissance, alors qu’on


peut, dans l’espace, revenir à un lieu de départ : le temps ne connaît
pas de retour en arrière.

 Implication : l’homme est « condamné » par la nature à évoluer


dans un flux irréversible, donc il ne peut pas « éteindre » le temps.

2. Conséquence existentielle :

 Subir la loi naturelle = subir le vieillissement et la mort.

 Citation : « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature


[…] » (→ Pascal, Les Pensées).

 Pour devenir réellement « hors du temps », il faudrait être immortel,


or « cet homme qui ne peut ni ralentir ni arrêter ni renverser le
temps » ne peut échapper à sa destinée mortelle (→ Jankélévitch).

La conscience du temps
1. La conscience comme avocat du temps :

 L’animal ou un objet n’ont pas la même représentation du temps


que l’homme : l’animal ne se projette pas dans un passé lointain et
n’anticipe pas un futur abstrait.

 L’homme, grâce à sa conscience, « revit » son passé (regrets,


nostalgie) et « craint » sa mort à venir, ce qui l’empêche de
s’extraire psychologiquement du temps.
 Citation : « C’est ainsi que l’animal vit d’une façon non historique
[…] L’homme, par contre, s’arc-boute contre le poids toujours plus
lourd du passé […] » (→ Nietzsche, Considérations inactuelles).

 Implication : même si le temps objectif continuait, l’homme ne


peut ignorer son passage, car sa conscience l’y ramène sans cesse.

2. Conséquence existentielle :

 La conscience de l’écoulement du temps produit une angoisse


existentielle (crainte de la mort, peur de l’inutilité).

 Pascal insiste sur la « noblesse » tragique de l’homme : il sait qu’il


est mortel, tandis que le cosmos « l’ignore » (→ Pascal, Les Pensées).

Temps est une structure de la conscience


1. Saint Augustin sur la difficulté de définir le temps :

 Il remarque qu’on « saisit » intuitivement le temps (passage du


passé au présent au futur), mais qu’en tentant de le définir, il se
dérobe : « Qu’est-ce donc que le temps ? […] Si personne ne me le
demande, je le sais ; si je veux l’expliquer à quelqu’un qui me l’a
posé, je ne le sais plus. » (→ Saint Augustin, Les Confessions, Livre
XI).

 La définition courante (passé, présent, futur) est problématique :


abstraire ces trois « temps » comme existant séparément serait
erroné, car seul le présent est réellement perçu, tandis que passé et
futur relèvent de la mémoire et de l’attente.

 Implication : le temps se constitue dans la conscience même — il


est expérience plus que substance. Autrement dit, le temps « est »
parce que notre esprit le perçoit et le mesure.

2. Conséquence philosophique :

 Le temps ne peut disparaître sans effacer la conscience humaine


telle que nous la connaissons.

 Notre « expérience vécue » du temps est constitutive de notre


existence : vouloir le faire disparaître, c’est vouloir annihiler notre
propre modalité d’être-au-monde.

Oublier le temps
1. Baudelaire : s’« enivrer » pour oublier le fardeau du temps :

 Citation du « Petit poème en prose » (Baudelaire, Le Spleen de Paris)


: « Il faut être toujours ivre, tout est là ;»
 Sens : l’« ivresse » (au sens artistique, poétique ou moral : art,
poésie, vertu) permet d’abolir momentanément la conscience de
l’écoulement temporel.

 Limite : cette ivresse reste provisoire ; tôt ou tard, le buveur, le


poète ou le mystique « retombe » dans le temps et doit à nouveau
affronter la réalité.

2. Conséquence psychique :

 Cet état modifié de conscience (flow, transe créatrice) permet un «


hors-temps » subjectif, mais il s’accompagne souvent d’une
dépendance (alcool, drogues, hypertrophie de la recherche
esthétique).

 On peut le voir comme une compensation insuffisante, car l’effet


finit par se dissiper.

Se distraire, détourner la conscience du temps


1. Pascal : « Divertissement » contre conscience du temps :

 Pascal observe que l’homme cherche à fuir la pensée de sa propre


finitude en se divertissant (travail, sport, divertissements divers) : «
Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se
sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser.

 Sens : en s’occupant sans cesse, on ne réfléchit pas à l’écoulement


de sa vie ni à la mort imminente.

 Limite : Pascal précise que ce divertissement est un pis-aller, un «


masque » — la plus grande de nos misères : il nous empêche surtout
de songer à nous-mêmes, et conduit à disparaître insensiblement.

2. Conséquence existentielle :

 Le divertissement permet de « sauter » mentalement la conscience


du temps qui passe, mais c’est une fuite qui nie la condition mortelle
et peut conduire à un sentiment de vacuité.

Transcender son existence pour s’extirper du temps


1. Malraux : « s’arracher au temps » par l’art :

 L’artiste cherche à créer des œuvres qui défient le temps en


s’inscrivant dans l’Histoire de l’humanité. L’art devient un moyen
d’accéder à une forme d’« immortalité » symbolique.

2. Arendt : « agir dans le monde » pour laisser une trace (→


Hannah Arendt, La Crise de la culture) :
 L’action politique, la création d’idées ou d’institutions permettent de
marquer le monde ; l’œuvre laisse une « empreinte » qui survit à
l’agent.

 C’est une façon de ne pas être « englouti » par le temps, mais de


participer au récit historique.

3. Conséquence philosophique :

 Cette voie (« transcender » ) est plus noble, car elle ne consiste pas
à nier la mortalité ni le temps objectif, mais à réorienter sa vie vers
un projet qui s’inscrit au-delà de sa propre durée de vie.

 Toutefois, elle ne supprime pas l’urgence temporelle de l’existence ;


elle y donne simplement une valeur symbolique et partagée.

La finitude comme détermination ontologique


1. Heidegger : la mort comme horizon inévitable (→ Martin
Heidegger, Être et Temps) :

 Pour Heidegger, l’homme est un être-pour-la-mort : sa temporalité


est « avoir-devant-soi » sa propre finitude.

 Citation de Philippe Cabestan à propos d’Heidegger : « La


mort, c’est bien une détermination ontologique, existentielle, c’est
ce qui nous constitue comme êtres humains. »

 Implication : au lieu de vouloir fuir ou nier la mort (et donc le


temps), il convient de l’assumer comme dimension constitutive de
l’existence. La conscience de la mort rend toute action significative,
car c’est la limite qui donne sa valeur à chaque moment vécu.

2. Conséquence existentielle :

 La mort ne doit pas être un fardeau à fuir coûte que coûte, mais un
rappel qu’il faut « exister authentiquement » en étant conscient de
notre temporalité.

 Fuir la mort (et donc le temps) revient à vivre inauthentiquement,


comme un « on » passif (Heidegger), plutôt que de s’engager
pleinement dans sa propre vie.

Reprendre possession de son temps


1. Sénèque : valoriser le temps plutôt que le gaspiller (→
Sénèque, De la brièveté de la vie) Il distingue deux types
d’existence :

 Exister sans vivre : ceux qui s’aliènent dans des activités inutiles,
toujours tournés vers l’avenir, sans profiter du présent.
 Vivre philosophiquement : celui qui sait utiliser son temps, qui
n’est pas asservi aux divertissements ou aux passions, mais maître
de ses choix.

 Citation importante : « La vie n’est pas courte, c’est la nôtre qui


est mal employée. »

 Vision stoïcienne : la « brièveté » de la vie est un appel à la


sagesse : la vraie richesse, c’est de disposer de son temps
rationnellement, en accord avec la nature (être maître de soi,
atteindre l’ataraxie).

2. Conséquence éthique et pratique :

 Plutôt que chercher à fuir le temps, il vaut mieux le considérer


comme précieux et l’exploiter dans un souci d’authenticité (prendre
conscience qu’il est limité).

 Vivre pleinement, c’est vivre avec la conscience de notre mortalité


sans chercher à nier cette limite.

Liberté
Définitions
 Liberté d’indifférence : pouvoir choisir sans être déterminé par
des raisons extérieures ou intérieures (Descartes).

 Liberté comme autonomie : capacité à se donner ses propres lois.

 Liberté en situation : capacité à choisir dans un contexte donné


(Sartre).

Déterminismes
Type de Exemples Auteur
déterminisme s

Naturel Lois physiques, instincts, Spinoz


pulsions a

Social Origine sociale, capital Bourdie


culturel u
Psychique / Désirs inconscients, Freud
Inconscient refoulements

Descartes
 Défend la liberté de la volonté : nous expérimentons directement
notre liberté.

 La liberté d’indifférence est le plus bas degré de la liberté (quand


aucune raison ne nous pousse dans un sens ou l’autre).

Spinoza
 Critique de l’illusion de la liberté : croire qu’on est libre alors
qu’on ignore les causes qui nous déterminent.

 Ex : la pierre qui croit se mouvoir par elle-même.

 L’homme n’est qu’un élément dans la nature soumis à ses lois.

Bourdieu
 La liberté est une illusion renforçant le déterminisme social.

 Nos goûts, choix culturels, etc., sont liés à notre milieu social.

 Pour devenir un vrai sujet, il faut prendre conscience des


déterminismes qui nous influencent.

Sartre
 « L’homme est condamné à être libre » : il n’a pas choisi d’exister,
mais il doit se choisir à chaque instant.

 Liberté = choisir dans une situation, même difficile.

 Il n’existe pas de nature humaine fixée.

 La mauvaise foi = refuser sa liberté et se trouver des excuses.

 Le projet donne un sens à notre existence, mais reste toujours


modifiable.
La technique
La technique : un atout pour l’homme
1. La technique est le propre de l’homme

 L’homme est naturellement démuni (pas de griffes, de crocs,


etc.).

 Il survit grâce à son intelligence → il crée des outils techniques.

 ➤ Platon, Protagoras : mythe de Prométhée → la technique


comme don pour survivre.

 → L’homme devient un être de culture.

2. La technique donne un pouvoir sur la nature

 ➤ Descartes, Discours de la méthode : « se rendre comme


maître et possesseur de la nature ».

 Plus de connaissances = plus de techniques = plus de pouvoir.

 Exemples : barrage, médecine, outils agricoles.

3. La technique libère du travail

 Elle automatise les tâches nécessaires à la survie, libérant du


temps.

 Exemples : machines à laver, ordinateurs, moteurs.

Les dangers de la technique


1. La technique peut détruire l’homme

 ➤ Platon (Protagoras, fin du mythe) : sans justice, la technique


devient dangereuse.

 Exemples : bombe atomique, pesticides.

2. La technique affaiblit l’homme

 ➤ Jean-Michel Besnier, L’homme simplifié : La technique


(notamment numérique) affaiblit nos capacités cognitives
(concentration, mémoire).

 ➤ Marx: Le travail à la chaîne déshumanise l’homme, qui devient


esclave de la machine.

3. La technique accélère le rythme de vie

 ➤ Hartmut Rosa :
o Paradoxe : au lieu de gagner du temps, on travaille plus.

o L’homme devient aliéné par le rythme des outils techniques.

4. La technique moderne violente la nature

 ➤ Heidegger, La question de la technique :

o Technique traditionnelle = respect des processus naturels.

o Technique moderne = exploitation et stockage → la nature


devient une ressource à exploiter.

o Risque écologique majeur (ex. : forages, centrales


électriques…).

Penser un bon usage de la technique


1. La technique doit être soumise à une réflexion morale

 ➤ Kant : la technique obéit à l'impératif d'habileté → savoir-faire,


sans juger la finalité.

 Mais il faut aussi se demander si la fin est bonne.

 ➤ Platon, Charmide : la vraie habileté = savoir si l’usage est


juste et bon.

2. Deux formes de raison selon Heidegger

Raison calculante Raison pensante

Recherche l’efficacité, le résultat Recherche le sens, la valeur


rapide des fins

Exemples : gestion, ingénierie Exemples : art, philosophie

Risque : oublier le sens, l’humain Nécessaire pour un usage


éthique

3. Vers une éthique de l’environnement

 ➤ Hans Jonas, Le Principe responsabilité :

o L’homme a une responsabilité envers la nature et les


générations futures.

o Il faut une nouvelle éthique qui intègre l’environnement.


Le travail
Définition
Travail : Activité humaine, exigeant un effort, transformant la nature
pour satisfaire les besoins.

Le travail à travers l’histoire


Époque Vision du travail

Antiquité Travail vu comme une soumission (esclavage) →


réservé aux non-citoyens. Les activités nobles :
politique, science, art.

Moyen Âge Travail = souffrance (tripalium = torture). Il protège


de l’oisiveté (considérée comme dangereuse
moralement).

Révolution Le travail devient source de richesse (Adam


industrielle Smith). Il est central dans l’économie.

Époque Le travail = valeur morale et économique. Chez


moderne Marx, il est double : il libère et aliène. Division
(XVIIIe-XXe) technique du travail (taylorisme, fordisme) = perte
d’autonomie.

Époque Travail = paradoxe : source de souffrance et


contemporaine d’identité sociale. Plus il devient rare, plus il est
valorisé.

Le travail comme réalité universelle et contrainte


 Double nécessité :

o Naturelle : survivre (se nourrir, se vêtir, se loger).

o Sociale : s’intégrer et participer à la vie collective.

 Étymologie : « Tripalium » = torture → connotation négative


(malédiction divine, Genèse).

 Opposition antique :

o Travail = nécessité (vie corporelle).

o Otium (loisir intellectuel) = spiritualité, liberté.

Le travail comme source de liberté


1. Le travail forme l’homme
 Alain – Propos sur le bonheur :

o Travail = peine mais source de discipline intérieure.

o Il nous apprend la concentration, l’effort, la maîtrise de


soi.

o « Le travail est l’école de l’attention. »

2. Le travail rend libre (dialectique maître-esclave)

 Hegel – Phénoménologie de l’esprit :

o L’esclave, en travaillant, forme sa conscience.

o Le maître dépend de l’esclave → retournement : l’esclave


devient plus libre.

3. Le travail révèle l’humanité

 Marx – Le Capital :

o Le travail humain ≠ instinct animal : il est conscient, finalisé.

o « L’homme transforme la nature et se transforme lui-même. »

o Le travail est une activité créatrice.

4. Le travail comme moyen d’émancipation

 Simone de Beauvoir – Le Deuxième Sexe :

o Le travail est un moyen d’indépendance économique →


outil d’émancipation des femmes.

Conditions d’un travail libérateur (Alain)


Pour qu’il rende libre et heureux, il faut que le travail :

1. Forme l’attention et la volonté.

2. Ne soit pas purement mécanique.

3. Soit choisi et porteur de sens.

Idéal : le travail de l’artisan → maîtrise, compréhension, fierté → modèle


de liberté intérieure.

Le travail artistique
 Nietzsche n’est pas contre l’effort, mais contre le travail servile.

 Le travail créatif, artistique, librement choisi ≠ travail imposé.

 L’artiste incarne l’idéal d’un travail libre et spirituel.


Art
L’art comme imitation de la nature
Aristote → “L’art imite la nature” mais cela peut s’entendre de deux
façons :

1. L’art imite la nature comme processus créateur

 L’artiste est créateur, comme la nature crée les formes vivantes.

 Il donne forme à une matière (comme la nature crée un arbre ou


un fleuve).

 L’artiste est donc un démiurge, un artisan du monde.

2. L’art imite ce qui est dans la nature (représentation fidèle)

 L’homme prend plaisir à la maîtrise de l’imitation, qu’il s’agisse :

o d’une reproduction fidèle

o d’une nature idéalisée (plus belle)

o ou dénaturée (plus laide)

Exemple célèbre : Zeuxis (Antiquité) peignait des raisins si réalistes que


des oiseaux tentaient de les picorer.

La critique de l’imitation (Platon)


L’art est illusion trompeuse, éloignée de la vérité.

 Dans La République, Platon distingue :

o L’idée du lit (parfaite, intelligible)

o Le lit fabriqué (imitation, artisan)

o Le lit peint (imitation, artiste)

L’artiste fait une imitation d’imitation, un double éloignement du


vrai.
Comme dans l’allégorie de la caverne, il ne montre que des ombres,
des apparences.

La valeur cathartique de l’art (Hegel)


L’art purifie les passions en les représentant (catharsis)
 L’art objective les passions → l’artiste s’en libère.

 Le spectateur se reconnaît dans les émotions → il les dompte.

 L’art est donc thérapeutique, il soulage et rend humain.

Exemple : théâtre classique (Phèdre, Le Cid…)

L’art révèle une réalité invisible (Bergson)


L’artiste dévoile ce que l’on ne voit pas dans la vie quotidienne.

 Dans la vie courante, nous ne percevons pas les choses en elles-


mêmes : tout est vu à travers le prisme de l’utilité.

 L’artiste, libéré de l’action, est contemplatif → il voit


autrement.

 Il révèle la singularité d’une chose banale.

Citation : Paul Klee – “L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible.”


Œuvre à citer : Van Gogh, par exemple, sublime les objets ordinaires.

L’art spiritualise le sensible (Hegel)


L’art rend visible l’esprit humain à travers la matière.

 Le beau artistique > le beau naturel car il vient de l’esprit.

 L’art est l’expression sensible d’une vérité spirituelle.

 Il transcende la forme pour exprimer des valeurs humaines


profondes (souffrance, vérité, angoisse, amour...).

Exemple : Francis Bacon – autoportraits torturés → expriment la douleur


intérieure, les séquelles de la guerre.

L’art engagé : miroir des luttes sociales (Camus)


L’art a de la valeur s’il participe aux combats de son temps

 L’artiste ne peut pas faire “l’art pour l’art”.

 Il doit refléter et dénoncer les réalités politiques, sociales,


historiques.

 L’art devient outil de prise de conscience et de changement.

Exemples : Victor Hugo – Les Misérables → misère, injustice, rédemption.


Le langage
Le langage comme instrument de communication
1. Le langage permet de désigner le monde par des signes

 Le langage crée des signes pour nommer et représenter le réel.

 Ces signes permettent de partager des représentations,


facilitant l’action commune.

 Exemple : je peux parler d’un « arbre » même si l’autre ne l’a pas


vu.

2. Le langage permet d’exprimer la pensée (→ Locke)

 Le langage est l’outil de l’extériorisation de la pensée et de


l’intériorité.

 Il rend possible une relation intersubjective (relation entre


consciences).

3. Le langage rend possible la vie sociale (→ Aristote)

 Pour Aristote, l’homme a le langage parce qu’il est un animal


politique.

 Le langage permet de discuter du juste, de l’injuste, des valeurs →


fondement de la vie en société.

Le langage ne peut se réduire à la simple


communication
1. La différence entre langage humain et communication animale
(→ Benveniste)

 Chez les animaux (abeilles, dauphins...), il existe une


communication, mais pas de langage véritable :

o Pas de dialogue, pas de réponse possible.

o Signaux fixes, à contenu immuable (ex : danse des


abeilles).

o Pas de symbolisation subjective, pas de pensée


exprimée.

 Chez l’homme : capacité de réagir, discuter, dialoguer,


transmettre un message différent, etc.

2. Le langage suppose la pensée (→ Descartes)


 Ex. de la pie qui dit « bonjour » : elle ne pense pas ce qu’elle dit.

 Elle répète un son pour obtenir une récompense, sans intention


signifiante.

 Chez l’humain, parler implique une pensée, une capacité


d’adaptation au contexte.

3. Propriétés du langage humain

 Générativité : capacité à produire une infinité d’énoncés


nouveaux.

 Équivocité : un même mot ou phrase peut avoir plusieurs


significations selon le contexte.

 Le langage humain permet même de parler pour ne rien dire, ou


de penser en silence (voix intérieure).

Le langage est plus que l’expression de la pensée : il la


rend possible
1. Le langage structure la pensée (→ Hegel)

 Sans langage, la pensée reste floue, inachevée.

 Ce que nous ne pouvons formuler, nous ne pouvons vraiment


penser.

 Le langage permet de faire émerger le concept à partir de la


sensation.

2. Sans langage, pas de véritable pensée (→Helen Keller)

 Avant de connaître les signes, Helen Keller ne pensait pas


véritablement : elle ressentait seulement.

 Le mot permet de conceptualiser une réalité (ex : “water” pour


l’eau).

 Le langage structure la pensée, lui donne forme et cohérence.

 (→ Saussure) Le mot dépasse le singulier pour désigner


l’universel.

3. La langue influence notre manière de penser (→Martinet)

 Saussure : la langue comme nomenclature universelle ?

 Mais Martinet montrent que la structure grammaticale d’une


langue influence les catégories mentales.
 Par exemple, la conception du temps, de l’espace, de l’identité varie
selon les langues.

 Donc, la langue n’est pas neutre : elle façonne notre vision du


monde.

Le Bonheur
Définition
 Bonheur : État durable de satisfaction complète, de plénitude.

 Eudaimonia (Grèce antique) : être en harmonie avec son daimon,


sa nature profonde → bonheur lié à la réalisation de soi.

POUR ÊTRE HEUREUX, IL FAUT RÉALISER SES DÉSIRS


1. Le bonheur suppose une base matérielle

 Conditions minimales : argent, santé, logement → nécessaires


mais pas suffisantes.

 Le bonheur demande plus qu’un simple confort matériel.

2. Réaliser tous ses désirs ?

 Calliclès (Platon, Gorgias) : être heureux, c’est satisfaire tous


ses désirs.

 Vie d’intensité, de puissance, de plaisirs → rejet de la morale


traditionnelle.

 Critique : vie d’excès → instable, élitiste.

3. Le bonheur est impossible ?

 Schopenhauer : le bonheur est négatif, c’est l’absence de


souffrance.

o La vie oscille « comme un pendule entre douleur et ennui ».

o Réaliser ses désirs = frustration / ennui → solution :


renoncement.

 Rousseau : moments de paix dans la contemplation de la


nature.

 Boudhisme : refuser les désirs matériels, pratiquer la charité et la


méditation.
LE BONHEUR PASSE PAR LA MAÎTRISE DE SOI
1. Maîtriser ses désirs → S'en libérer

 Stoïcisme (Épictète, Manuel) : le bonheur dépend de ce qui


dépend de nous.

o Il faut maîtriser ses représentations mentales, rester


indifférent à ce qu’on ne contrôle pas.

o Ex : mort, fortune, maladie → ne pas s’en inquiéter.

 → But : ataraxie (paix de l’âme), liberté intérieure.

2. Éduquer ses désirs → Les modérer

 Épicure (Lettre à Ménécée) :

o Bonheur = plaisir (hedoné) mais pas n’importe lequel.

o Il faut viser les plaisirs simples (nécessaires, naturels), éviter


les désirs vains.

o Éviter souffrance du corps (aponie) et de l’âme (ataraxie).

3. Réaliser sa nature humaine

 Aristote (Éthique à Nicomaque) :

o Bonheur = accomplir sa fonction propre (ergon) → être


rationnel.

o Vivre selon la vertu (morale + intellectuelle).

o Le souverain bien = réalisation de notre nature raisonnable →


équilibre et contemplation.

LE BONHEUR COMME ACCEPTATION DE LA VIE


1. Illusion de la suppression de la souffrance

 Nietzsche (Par-delà bien et mal) :

o Le bonheur comme absence de douleur est une illusion de


faible.

o Il faut accepter la vie telle qu’elle est, avec douleurs et


épreuves.

o Idéal = l’Übermensch : celui qui danse au-dessus de l’abîme,


qui aime sa vie telle qu’elle est (amor fati).

2. Bonheur = acceptation du réel + joie intense


 La vie est faite de moments bons et mauvais.

 Le bonheur n’est pas un état permanent, mais une capacité à


apprécier l’instant.

La science
LA SCIENCE SEMBLE ÊTRE LA VOIE ROYALE VERS LA
VÉRITÉ
1. La science cherche à éliminer les croyances et opinions

 Elle s’oppose à la doxa : ensemble d’opinions non justifiées.

 Elle remplace les croyances par des connaissances démontrées.

 Descartes, Discours de la méthode :

o Distingue les préjugés de l’enfance et les opinions


incertaines.

o Recherche une vérité fondée sur la raison.

2. La science repose sur la démonstration et l’observation

 Démarche déductive :

o Pilier → démonstration → cas particulier.

 Induction : partir de cas particuliers pour généraliser une loi.

 Ex : Newton → Loi de la gravitation.

MAIS LA SCIENCE NE DONNE PAS UNE VÉRITÉ ABSOLUE


1. En mathématiques : elle repose sur des postulats

 Les vérités mathématiques sont démonstrables, mais


hypothétiques.

 Elles reposent sur des axiomes indémontrables (ex : Axiome du


choix).

 → Vérité conditionnelle, pas absolue.

2. En sciences de la nature : tout est provisoire et falsifiable

 Karl Popper, La logique de la découverte scientifique :

o Une théorie est scientifique si elle est falsifiable.


o → Elle peut être remise en cause par les faits.

 Ex : la physique d’Einstein a dépassé celle de Newton.

 → La science avance par rectifications successives.

3. Selon Kant, la science a des limites

 Critique de la raison pure : on ne peut connaître que les


phénomènes (ce qui apparaît), non les choses en soi.

 La science ne peut répondre à des questions métaphysiques (ex :


Dieu, liberté, immortalité).

 → Elle explique le comment, pas le pourquoi.

D’AUTRES FORMES DE VÉRITÉ COMPLÈTENT LA


SCIENCE
1. La science ne donne pas de sens à l’existence

 Elle décrit le fonctionnement du monde, mais pas sa


signification.

 Ex : la science explique comment fonctionne l’amour


(biologiquement) mais pas ce que signifie aimer.

2. D’autres disciplines cherchent la vérité différemment


 La religion : propose une vérité fondée sur la révélation et la foi.

o Répond à la question du sens de la vie.

 La philosophie :

o Recherche rationnelle du sens (ex : morale, liberté, justice).

o Paul Clavier : “Que peut la philosophie aujourd’hui ?”

o Elle interprète et relie des savoirs divers.

L’Etat
L’ÉTAT PEUT ÊTRE VU COMME UN OBSTACLE À LA
LIBERTÉ
1. L’État impose des contraintes à l’individu

 Liberté = absence de contraintes.

 L’État impose des règles, obligations, lois → limite la liberté


d’action.
 Conflit entre liberté individuelle et ordre collectif.

2. L’État peut devenir un système d’oppression

 Thèse anarchiste : Bakounine:

o L’État est un instrument de domination qui opprime


l’homme.

o Il faut l’abolir pour retrouver une liberté pleine.

 L’individu est capable, seul ou en réseau, de construire une société


sans hiérarchie verticale (organisation horizontale).

MAIS L’ÉTAT PEUT ÊTRE LA CONDITION DE LA LIBERTÉ


1. Sans État, pas de sécurité : l’état de nature est dangereux

 Thomas Hobbes, Le Léviathan :

o État de nature = guerre de tous contre tous.

o L’homme est un loup pour l’homme.

o Liberté naturelle = insécurité totale, vie courte et violente.

B) L’État comme contrat garant de la paix et de la loi

 Les individus renoncent à leur droit à la violence → confient à


l’État la tâche de les protéger.

 Contrat social = chacun obéit à une autorité tierce en échange de


protection.

 L’État garantit les droits et organise la vie collective.

L’ÉTAT DOIT GARANTIR UNE LIBERTÉ VÉRITABLE : CIVILE


ET POLITIQUE
1. La liberté politique comme auto-limitation

 Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social :

o Liberté naturelle → illusoire.

o Véritable liberté = liberté civile, dans un cadre légal choisi


par tous.

o L’individu devient citoyen : il participe à la volonté générale.

o Obéir à la loi qu’on s’est soi-même donnée = vraie liberté.

2. La séparation des pouvoirs pour éviter la tyrannie

 Montesquieu, De l’esprit des lois :


o Il faut séparer le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

o Cela évite les abus de pouvoir.

o L’État bien organisé protège la liberté, ne l’écrase pas.

MAIS CERTAINS RÉGIMES DÉMOCRATIQUES PEUVENT


NUIRE À LA LIBERTÉ
1. La démocratie peut dériver en tyrannie de la majorité

 Tocqueville, De la démocratie en Amérique :

o Risque que la majorité écrase les minorités.

o Uniformisation des pensées, des comportements.

2. L’excès d’égalitarisme peut menacer l’individu

 L’individualisme peut être étouffé dans une société trop contrôlée.

 Perte de diversité, de singularité.

La conscience
L’ACTIVITÉ DE L’ESPRIT SEMBLE LE PRODUIT DE LA
CONSCIENCE
1. La conscience comme certitude fondamentale

 René Descartes, Méditations métaphysiques :

o Doute radical : je peux douter de tout… sauf du fait que je


pense.

o ⇒ Cogito ergo sum : je pense, donc je suis.

o La conscience est transparente à elle-même, elle est


fondement de toute connaissance.

2. La conscience unifie nos actes et forme notre


identité

 Elle permet à l’individu de :

o Se reconnaître comme un même sujet à travers le temps.

o Anticiper, se souvenir, réfléchir.

o Être responsable moralement de ses actes.


 Leibniz, Nouveaux essais sur l'entendement humain : conscience =
aperception (perception de nos perceptions).

L’ACTIVITÉ DE L’ESPRIT NE SE RÉDUIT PAS À LA


CONSCIENCE
1. Le corps et l’habitude influencent l’esprit

 Leibniz : il existe de petites perceptions inconscientes qui


influencent nos comportements sans qu’on en soit conscients.

 Ex : on bouge, on agit souvent automatiquement, par réflexe.

2. Il existe un inconscient collectif ou social

 Gustave Le Bon, Psychologie des foules :

o Dans une foule, l’individu perd sa conscience propre.

o Il est soumis à des impulsions primitives collectives.

o ⇒ L’esprit peut agir sans conscience individuelle, influencé


par des forces sociales.

L’INCONSCIENT PSYCHIQUE : L’ACTIVITÉ DE L’ESPRIT


PEUT ÉCHAPPER À LA CONSCIENCE
1. Freud : l’inconscient est une structure active de l’esprit

 Sigmund Freud, Métapsychologie :

o L’esprit est structuré en trois instances :

 Ça : pulsions, désirs refoulés.

 Moi : médiateur entre ça et surmoi.

 Surmoi : conscience morale, interdits.

 L’inconscient produit des actes manqués, des rêves, des


symptômes.

2. Le rêve comme voie d’accès à l’inconscient

 Le rêve est une réalisation déguisée de désirs refoulés.

o Condensation, déplacement, mise en image =


mécanismes de transformation du contenu latent.

o Analyse du rêve → accès à ce que la conscience ignore.

3. Critiques de la psychanalyse

 Sartre (in L’être et le néant) :


o Contradiction : comment l’inconscient peut-il être à la fois
inconscient et structuré comme un savoir ?

 Karl Popper :

o La psychanalyse est irréfutable → elle n’est pas scientifique.

o Une théorie scientifique doit pouvoir être testée et


éventuellement contredite.

COMMENT MIEUX COMPRENDRE L’ACTIVITÉ DE L’ESPRIT


?
1. La psychanalyse comme méthode de connaissance de soi

 Cure analytique = prise de conscience de ce qui était refoulé.

 Étude des rêves, des lapsus, des symptômes.

2. La conscience n’est pas toute-puissante, mais elle peut


s’étendre

 L’enjeu est de faire passer ce qui est inconscient dans le champ de


la conscience.

 Se connaître soi-même → processus long, mais libérateur.

La justice
LA JUSTICE A BESOIN DES LOIS POUR EXISTE
1. Les lois évitent l’arbitraire

 Hobbes, Le Léviathan :

o Sans lois, c’est l’état de nature : chacun fait ce qu’il veut →


conflit généralisé, guerre de tous contre tous.

o Les lois permettent d’assurer l’ordre, de sortir de la peur et


de la violence.

o ⇒ La loi est une condition de la justice collective.

2. La loi garantit l’égalité entre tous

 Platon, La République :
o Si chacun pouvait agir impunément, même les justes
deviendraient injustes (cf. mythe de l’anneau de Gygès).

o La justice suppose des règles fixes, communes à tous.

 Hegel, Propédeutique philosophique :

o Les lois permettent de dépasser la vengeance personnelle


par une justice objective, impersonnelle.

LES LOIS NE GARANTISSENT PAS TOUJOURS LA JUSTICE


1. Il existe des lois injustes

 Hannah Arendt, La banalité du mal :

o Le fonctionnaire Eichmann a obéi à la loi… pour organiser la


déportation de milliers de personnes.

o ⇒ Une loi peut légaliser un crime.

 Exemples historiques :

o Lois de Nuremberg (Allemagne nazie), lois esclavagistes,


apartheid, etc.

2. La loi générale peut ignorer les cas particuliers

 Aristote, Éthique à Nicomaque :

o La loi est générale, mais ne prévoit pas toutes les


situations.

o Il faut parfois corriger la loi en appliquant l’équité (justice


adaptée à chaque cas).

3. Le légalisme ne suffit pas : il faut une légitimité morale

 Rousseau, Du contrat social :

o Pour qu'une loi soit juste, elle doit exprimer la volonté


générale, pas seulement la volonté d’un groupe.

 La désobéissance civile peut être justifiée :

o Rawls : refuser une loi injuste peut être légitime


moralement, si cela vise à faire évoluer la société.

o Ex : Résistance contre le régime de Vichy, Martin Luther King


aux USA.

COMMENT S’ASSURER QUE LES LOIS RESTENT JUSTES ?


1. Respecter l’esprit de la loi, pas seulement la lettre
 Appliquer une loi mécaniquement sans penser au contexte peut
créer de l’injustice.

 Il faut que la loi suive une finalité morale et qu’elle soit


interprétée avec humanité.

2. Adapter les lois à l’évolution de la société

 Les lois doivent évoluer pour corriger les inégalités ou les


discriminations (ex. droits civiques, etc.).

 Une société juste est une société capable de se réformer.

Le devoir
L’ORIGINE DU DEVOIR
1. Définition

 Devoir : Ce que je dois faire moralement. ≠ contrainte ou


soumission.
Exemple : ne pas voler par honnêteté, non par peur.

 Il distingue :

o ce qui est ("l’être") → faits, penchants, biologie…

o ce qui doit être ("le devoir-être") → idéal moral.

2. Nature et devoir

 Deux natures :

o Nature de fait : instincts, désirs.

o Nature essentielle : ce que l’on doit devenir (Cicéron,


stoïciens).

 Le devoir vise à éduquer, à s’élever au-dessus de la simple nature


brute.

3. Le rôle de la prudence

 Le devoir ne s’applique pas toujours de façon mécanique.


Il faut adapter selon les situations → Aristote parle de prudence
(phronèsis), capacité à juger justement.

4. Intention ou conséquences ?

 Max Weber distingue deux éthiques :


o Éthique de la conviction : intention morale suffit.

o Éthique de la responsabilité : il faut aussi prévoir les


conséquences

COMMENT CONNAÎTRE SON DEVOIR ?


1. Conscience ou raison ?

 Rousseau : le devoir est dicté par la conscience morale (instinct,


sentiment divin).

 Ce sentiment est vif mais limité, il n’est pas toujours rationnel ou


universel.

2. Objectivité ou relativisme ?

 Relativisme moral : chaque culture a ses devoirs (Montaigne : «


barbarie » = ce qui est différent).

 Hegel critique cela : si chacun décide ce qui est bien, il n’y a plus
d’universalité.

3. Kant et l’impératif catégorique

 Devoir = impératif catégorique :


« Agis selon la maxime que tu pourrais vouloir voir devenir loi
universelle. »

 La moralité dépend de la possibilité de vouloir que tout le monde


agisse comme moi.

 Cet impératif est formel : il ne dit pas quoi faire, mais comment
juger moralement une action.

4. Sartre et le conflit moral

 Parfois, deux devoirs se contredisent → dilemme.


Ex : famille vs résistance pendant la guerre.

 👉 C’est l’individu qui choisit librement son devoir. Ce choix doit


être authentique.

DROITS, DEVOIRS, ET SOCIÉTÉ


1. Droits et devoirs

 Kant : tout droit implique le devoir d’autrui de le respecter.


Ex : droit de vote ↔ devoir de l’État d’en garantir l’exercice.

 L’exemple du mensonge :
o Si je mens, je veux que les autres disent la vérité →
contradiction.

o Mentir viole l’impératif catégorique.

 Benjamin Constant : on n’a pas de devoir envers ceux qui ne


respectent pas les leurs (≠ Kant).

2. Morale vs politique

 Machiavel : en politique, le devoir moral n’est pas toujours


prioritaire (mensonge, violence…).

 Mais un prince doit paraître moral pour garder le pouvoir.

 Morale et politique peuvent diverger, mais se croisent dans la


recherche du bien commun.

3. Normes sociales

 Nietzsche : les devoirs sont des normes sociales intériorisées.

Ce que l’on pense "naturel" est souvent culturel (habitude,


éducation, soumission des faibles).

4. Le devoir éthique

 Lévinas : le devoir naît de la rencontre du visage d’autrui, de sa


fragilité.

 → Le devoir est un appel à la responsabilité inconditionnelle.

 Singer (utilitarisme) : nous devons agir pour réduire la


souffrance d’autrui si cela ne nous coûte pas un sacrifice trop
grand.

L’inconscient
AVANT FREUD : DES LIMITES DE LA CONSCIENCE
1. Leibniz : les « petites perceptions »

 Certaines perceptions sont trop faibles pour être perçues


consciemment.

 Exemple : bruit de la mer = somme de petites perceptions


inconscientes (vagues).
L’inconscient est non encore conscient, continu avec la
conscience, non conflictuel.

2. Nietzsche : une critique du cogito

 Il y a pensée, mais le « je » pensant est une construction


incertaine.

 Le sujet conscient n’est pas forcément à l’origine de ses


pensées.
Préfiguration de l’idée que la pensée vient parfois d’ailleurs que
de la conscience.

FREUD ET LA NAISSANCE DE LA PSYCHANALYSE


1. Une hypothèse nécessaire et légitime

 Étudie l’hystérie → pas d’explication somatique → hypothèse d’un


inconscient psychique.

 L’inconscient est une instance dynamique, en conflit avec la


conscience.

 Il se manifeste indirectement : rêves, lapsus, actes manqués…

2. Deux modèles (topiques) de l’appareil psychique

➤ 1ère topique

 Conscient : ce que je perçois.

 Préconscient : souvenirs accessibles.

 Inconscient : refoulé, désirs, traumas.

➤ 2e topique

 Le Ça : pulsions (Eros/Thanatos), principe de plaisir.

 Le Surmoi : tabous, interdits moraux.

 Le Moi : arbitrage entre Ça, Surmoi et réalité.

Le Moi est tiraillé entre 3 maîtres, il doit composer avec des forces
inconscientes.

3. Les rêves, voie royale vers l’inconscient

 Le rêve exprime un désir refoulé, mais de manière déguisée.

 Travail du rêve :

o Condensation

o Déplacement
o Symbolisation
Il faut interpréter pour retrouver le contenu latent.

4. Sexualité psychique et inconscient

 Inconscient dominé par la libido = énergie sexuelle polymorphe.

 Sexualité infantile + complexe d’Œdipe : structuration du


psychisme de 3 à 5 ans.

o Désir pour le parent opposé, hostilité pour le parent du même


sexe.

5. Inconscient et culture

 Art : lieu de sublimation des pulsions → beauté masque le désir.

 Religion : projection d’un père protecteur, illusion rassurante face


à la mort.
Freud : la religion = névrose obsessionnelle universelle.

APRES FREUD : ÉVOLUTIONS ET CRITIQUES


1. Bruno Bettelheim

 Les contes de fées aident à structurer le Moi.

 Le Moi peut être régulateur, pas seulement souffrant.

2. Jacques Lacan

 « L’inconscient est structuré comme un langage ».

 Importance de la structure symbolique, signifiants, référents.


L’inconscient parle, et se lit dans le langage.

3. Carl Gustav Jung

 Hypothèse d’un inconscient collectif.

 Composé d’archétypes universels (images symboliques communes


à l’humanité).
Inconscient = hérité, pas seulement individuel.

LES CRITIQUES DE L’INCONSCIENT FREUDIEN


1. Karl Popper : manque de falsifiabilité

 Une théorie non réfutable = non scientifique.


La psychanalyse n’est pas une science au sens strict.

2. Alain : problème moral


 Si mes actes sont dictés par une instance inconsciente, suis-je
encore responsable ?

 Accepte un inconscient du corps, refuse l’inconscient


psychique.

3. Sartre : psychanalyse existentielle

 L’inconscient = une mauvaise foi de la conscience.

 Le refoulement est conscient : on choisit d’ignorer certaines


pensées.
Rejette l’idée d’un inconscient autonome → propose une
psychanalyse sans inconscient.

La nature
UNE NOTION POLYSÉMIQUE
1. Définir la nature

 Terme ambigu : désigne à la fois ce qui est inné, non humain, non
artificiel, ou ce qui est normal.

 Heidegger : « La nature est ce à partir de quoi se définit toute chose.


»

2. Une totalité

 Nature = tout ce qui est, incluant l’homme.

 Spinoza : Deus sive Natura : Dieu et la nature sont un seul et


même tout.

o Nature naturante = principe actif.

o Nature naturée = monde visible.

3. Nature comme origine perdue

 Idéalisation du « naturel » : mythe de l’état originel (Rousseau,


Épictète, Epicure).

 Stoïciens : vivre selon la nature, c’est vivre vertueusement.

4. Nature comme principe créateur

 Aristote : nature = principe de mouvement interne.

 Kant : différence être naturel/artificiel → une montre ne pousse


pas, un arbre si.
5. Nature perdue et culture

 Rousseau : société = corruption de la nature humaine (naissance


de la propriété privée).

RAPPORTS HOMME / NATURE


1. Illusions sur le retour au naturel

 Mythes modernes : Tarzan, retour à la terre, nature pure =


fantasmes (Jon Elster).

 Daniel Léger : le naturel est vu comme synonyme du Bien.

2. Vers un nouveau contrat écologique

 Michel Serres : il faut devenir symbiote (cohabitation) et non


parasite (exploitation).

 Refonder le rapport homme/nature sur une base éthique et


écologique.

3. Respecter la nature

 Heidegger : la technique moderne arrache à la nature ses


ressources (elle « arraisonne »).

 Le respect, c’est voir la nature comme fin en soi (Kant), pas


comme simple moyen.

 Hans Jonas : principe de responsabilité pour les générations


futures.

PLACE DE L’HOMME DANS LA NATURE


1. L’homme dans la nature

 Spinoza : l’homme n’est pas un empire dans un empire.

Dieu = Nature (Deus sive Natura)

 Rousseau : l’homme naturel précède la société → la culture est


une corruption (cf. naissance de la propriété).

 Epicure / Stoïciens : il faut vivre selon la nature = tri des désirs,


modération, maîtrise de soi.

2. L’homme contre la nature ?

 Pascal : l’homme est un roseau pensant → sa force est dans sa


conscience, pas dans sa puissance.

 Lévi-Strauss : il n’existe pas d’homme naturel. Tout est culturel.


« Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie. »

3. Inné / acquis

 Inné : ce que la biologie fixe dès la naissance.

 Acquis : ce que l’on développe par l’environnement / l’éducation.

Pierre-Henri Gouyon : l’homme est 100% nature et 100% culture.

L’IDÉAL DU NATUREL ET SES LIMITES


1. La nostalgie du naturel

 Mythe du « bon naturel » (Tarzan, retour à la nature…).

 Jon Elster : paradoxal → vouloir « redevenir naturel » suppose un


effort contraire à la spontanéité.

2. La critique de la technique

 Heidegger : la technique moderne arrache la nature à elle-même


(ex. : le fleuve « sommé » de produire dans un barrage).

 Respect = « regarder en arrière », laisser la nature être ce qu’elle


est.

3. Un nouveau contrat avec la nature

 Michel Serres : il faut passer d’un rapport de parasite à


symbiote.

 Hans Jonas : principe de responsabilité envers les générations


futures.

 Aldo Leopold : est juste ce qui préserve « l’intégrité, la stabilité, la


beauté » de la communauté vivante.

SCIENCE ET NATURE

1. La nature expérimentale

 Nature scientifique = phénomènes provoqués, observables et


mesurables.

Bergson : un dialogue infini entre phénomènes et raison humaine.

2. La science découvre-t-elle ou construit-elle les lois de la


nature ?

 Einstein : la nature a ses lois → science = découverte.

 Kant: l’esprit projette ses catégories → science = construction.

3. Peut-on réduire le vivant à des lois ?


 Mécanisme (Descartes) : le vivant est comme une machine (cf.
horloge, fontaine).

 Vitalisme (Aristote) : il y a un principe vital, irréductible à la


physique.

Conséquence moderne : la bioéthique (ex. : recherche sur embryons,


comités d’éthique…).

La Raison
La raison : un impératif réfléchi
1. Discernement (kritikê)

o La raison tri le vrai du faux, le moral de l’immoral.

o Opposition entre philosophie (démonstrative) et


rhétorique /sophistique (persuasion).

2. Raison en acte (Aristote)

o Respect des principes : non-contradiction, identité, tiers exclu.

o Construction de syllogismes valides → logique démonstrative :


« Tous les hommes sont mortels. Socrate est homme. Donc
Socrate est mortel. »

3. Rationalité scientifique (Descartes)

o Exige méthode : rigueur, économie d’explication, validation


expérimentale, rejet de l’opinion.

Conduire sa raison : méthode et morale


1. La méthode (Cartésienne)

o Évidence, découpage, ordre, vérification systématique.

2. Connaissance : déduction vs induction

o Déduction : validité logique mais tautologique.

o Induction (Hume) : tiré de l’expérience, connaissance


probable — mais jamais certaine → scepticisme.

o Criticisme (Kant) : synthèse entre raison pure et empirisme.

3. Fonder la morale (Kant, utilitarisme, Weber)

o Impératif catégorique : agis selon une maxime


universalisable.
o Utilitarisme : raison fondée sur les conséquences
(conséquentialisme).

o Weber : éthique de la conviction vs responsabilité —


complémentarité de principe et effet.

Les limites de la raison


1. Raison : source de doute

o Impossible de tout fonder (Sextus Empiricus).

o Inadaptée à l’infini (Pascal), ou à la liberté absolue (Sartre).

2. Irrationnel : réalité ou illusion ?

o Nombres irrationnels : découvertes qui dépassent la raison.

o Psychanalyse : raisons inconscientes → tentatives


d’extension de la raison.

o Foi face à l’absolu : vie au-delà de la raison → « Je crois parce


que c’est absurde ».

La religion
Qu’est-ce que la religion ?
1. Définitions

 Étymologie discutée :

o relegere (relire)

o religare (relier)

 Religion = rapport humain au divin et au sacré, avec rites,


croyances, symboles et interdits.

 Transcendance : réalité supérieure, inaccessible à la raison, censée


donner sens à la mort, au mal, à l’origine du monde.

2. Religion collective ou individuelle ?

 Durkheim : religion = « système solidaire de croyances et de


pratiques relatives à des choses sacrées […] unissant une
communauté morale appelée Église ».

 Distinction :

o religion instituée (clergé, règles, culte collectif)


o religion individuelle (foi personnelle, relation privée au
divin)

3. Le rôle du mythe

 Mythes : récits fondateurs, porteurs de sens, d’origine souvent


ancienne (ex. Déluge).

 Lévi-Strauss : les mythes obéissent à des structures symboliques


universelles.

 Jung : archétypes de l’inconscient collectif.

 Problème : religions révélées refusent parfois l’étiquette de « mythe


».

Religion naturelle vs religion instituée


1. Foi vécue vs foi transmise

 Kierkegaard : critique de la foi de confort → foi véritable =


expérience personnelle d’angoisse, de choix.

2. Politique et religion

 Hobbes : réunir Église + État pour stabilité sociale.

 Spinoza : cette union détruit la liberté politique et religieuse.

3. Religion naturelle

 Voltaire : Dieu accessible sans religion révélée, par l’observation


rationnelle du monde → « une horloge suppose un horloger ».

Religion et raison
1. Peut-on prouver Dieu ?

 Trois types de preuves (classées par Kant) :

o Physico-théologique : harmonie du monde → intelligence


créatrice.

o Cosmologique : Dieu comme première cause.

o Ontologique : Dieu = être parfait → il doit exister.

 Kant : ces preuves échouent → Dieu n’est pas objet de savoir, mais
de foi.

2. La foi et le mystère

 Pascal : Dieu « sensible au cœur, non à la raison ».


 Tertullien : « Je crois parce que c’est absurde » (credo quia
absurdum).

 Pascal (pari) : parier que Dieu existe est rationnellement


avantageux.

3. Science vs religion ?

 Kant : pas de conflit → objets distincts.

 Nietzsche : le scientifique croit aussi en une vérité → religiosité


implicite.

 Einstein : religiosité du savant = sentiment d’harmonie cosmique.

Critiques de la religion
1. Morale, politique, pouvoir

 Marx : religion = « opium du peuple » → diversion face à la misère.

 Lucrèce : religion justifie sacrifices absurdes, alimente la peur.

2. Mort de Dieu

 Nietzsche : « Dieu est mort » → fin du besoin de recours au


suprasensible.

 L’homme moderne doit assumer une existence sans consolation


métaphysique.

3. Athéisme et liberté

 Sartre : Dieu = obstacle à la liberté → l’homme n’est pas une


créature conçue, il s’invente seul : « l’existence précède l’essence ».

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