0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
70 vues9 pages

Financement du logement au Burkina Faso

Le Burkina Faso fait face à un déficit de 200 000 logements, avec une demande annuelle de 8 000 à Ouagadougou et 6 000 à Bobo-Dioulasso, exacerbée par des difficultés d'accès au crédit et des coûts élevés des terrains. Plusieurs programmes de logement ont été lancés, tels que le programme 10 000 logements et le programme 40 000 logements, mais leurs résultats sont en deçà des besoins réels. Une collaboration renforcée entre le secteur public et privé est essentielle pour développer des solutions de logement accessibles et durables.

Transféré par

pourlessako
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
70 vues9 pages

Financement du logement au Burkina Faso

Le Burkina Faso fait face à un déficit de 200 000 logements, avec une demande annuelle de 8 000 à Ouagadougou et 6 000 à Bobo-Dioulasso, exacerbée par des difficultés d'accès au crédit et des coûts élevés des terrains. Plusieurs programmes de logement ont été lancés, tels que le programme 10 000 logements et le programme 40 000 logements, mais leurs résultats sont en deçà des besoins réels. Une collaboration renforcée entre le secteur public et privé est essentielle pour développer des solutions de logement accessibles et durables.

Transféré par

pourlessako
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Le concept de cité verticale est souvent utilisé en urbanisme et en architecture pour désigner des villes

ou quartiers conçus en hauteur, avec des gratte-ciels multifonctionnels intégrant logements, commerces
et espaces publics. On retrouve cette idée dans des projets comme la "Vertical City" de Ken Yeang ou
encore dans les visions futuristes de Le Corbusier

Financement du logement au Burkina Faso


Le financement du logement au Burkina Faso est une préoccupation majeure pour
tous les acteurs du secteur du logement à savoir les ménages, l’Etat et ses
démembrements, les entreprises immobilières et de construction, les institutions
financières nationales, régionales et internationales ainsi que les institutions
internationales de développement. En particulier, tous ces acteurs se préoccupent de
l’habitat abordable, en relation avec la lutte contre la pauvreté. La question est d’autant
plus urgente que le déficit de logement est important et les solutions mises en œuvre
jusqu’ici pour le combler restent en-deçà des besoins.

Au Burkina, le déficit du logement est estimé à 200 000 logements, auxquels s’ajoute un
besoin additionnel annuel de 8000 logements à Ouagadougou et 6000 logements à
Bobo-Dioulasso, pour ne citer que les deux principales villes du pays. Or, la capacité
des ménages à faire face à leurs besoins de logement est drastiquement limitée par
leurs difficultés d’accès au crédit bancaire. En effet, les concours bancaires en faveur de
l’habitat constituent une part marginale de l’ensemble des crédits octroyés. Au cours
des 5 dernières années, cette part a été en moyenne d’environ de 2 % dans l’UEMOA et
1% au Burkina. L’accès des ménages aux concours bancaires en faveur de
l’habitat se heurte à plusieurs facteurs que sont :

 La faible formalisation du foncier qui s’exprime par l’absence de titres de


propriété fiables susceptibles de garantir des crédits bancaires ;
 Le faible niveau général de revenus des ménages qui plafonne leur capacité
d’emprunt;
 L’insuffisance de ressources longues et concessionnelles disponibles dans les
banques, ce qui limite leur capacité à offrir des prêts sur une durée relativement
longue et à un taux d’intérêt modéré, conditions compatibles avec les besoins de
financement du logement.

Certes, des initiatives ont été prises aux plans national et régional pour aider à lever ces
obstacles, notamment ceux qui se rapportent au financement du logement au Burkina
Faso . Ainsi à l’échelle nationale, par exemple, la Banque de l’Habitat du Burkina Faso
(BHBF) et le Fonds au Logement Social (FOLOS) ont été créés par le Gouvernement en
2005. Mais ces solutions restent fragiles comme l’indique la disparition de la BHBF en
2018, et leurs effets sont limités. Au plan régional, la Caisse Régionale de
Refinancement Hypothécaire (CRRH) a été créée en 2012 au sein de la BOAD, de
concert avec d’autres institutions régionales mais son action demeure limitée par les
lacunes des systèmes nationaux de gestion du foncier.
Au Burkina Faso, la SGBF qui a alloué 50% des crédits au financement du logement en
2018, est le leader dans ce domaine bien que sa cible corresponde aux ménages
disposant des revenus les plus élevés avec le taux d’intérêt le plus élevé. Mais le
montant total des concours à l’habitat ne dépasse pas 1,2 milliards de FCFA pour la
même année.

Or, le marché de l’habitat peut s’évaluer à environ 75 000 logements par an jusqu’à
l’horizon 2030 au moins, soit environ 1000 milliards de FCFA. Il s’agit donc d’un enjeu
important.

Pour capter une part substantielle de ce marché, la SGBF doit tenir comptes des défis
futurs liés à :

 la persistance de l’insécurité foncière


 l’expansion spatiale de la ville de Ouagadougou, principal marché de logements
urbains ;
 le nombre élevé de parcelles non mises en valeur dans les villes, en particulier à
Ouagadougou,
 les initiatives des pouvoirs publics et des institutions régionales dont le logement
social demeure la cible principale.

Pour se positionner solidement sur ce marché, la SGBF devra élargir sa cible au


segment de l’habitat social/abordable en offrant des produits qui prennent en compte :

 la collaboration avec les entreprises immobilières sous la forme de projets


innovants répondant aux défis tels que l’expansion spatiale de la ville de
Ouagadougou
 l’accompagnement des ménages aussi bien pour l’acquisition des parcelles que
pour l’achat ou la construction de logements
 l’adoption de taux d’intérêt plus compatibles avec les contraintes en matière
d’habitat et donc n’excédant pas 7%
 l’obtention de l’extension du bénéfice du FOLOS à tous les acquéreurs de
logement et l’accompagnement du Gouvernement pour l’accès à des ressources
longues et concessionnelles.

Etude commanditée par SGBF et réalisée par CERFODES en juillet 2020

Le déficit de logements à Ouagadougou est une problématique persistante. Selon les données
disponibles, le Burkina Faso enregistre un déficit global estimé à 200 000 logements, avec une
demande additionnelle annuelle de 8 000 logements à Ouagadougou et 6 000 à Bobo-Dioulasso.

Cerfodes

Pour répondre à cette demande croissante, plusieurs initiatives ont été entreprises :
 Programme des 40 000 logements : Lancé en 2017, ce programme vise à fournir des
logements sociaux et économiques. Cependant, des défis financiers et logistiques ont
limité sa progression, avec seulement 5 314 logements réalisés ou en cours de finalisation
dans huit villes à la mi-2020.

[Link]

 Projet "Espoir City" : Initiée par le groupe Kastor Africa, cette initiative prévoit la
construction de 100 000 habitations sur 15 ans, avec un investissement de 460 milliards de
FCFA. Située à Loumbila, à 15 km de Ouagadougou, la première phase du projet devait
livrer 700 logements sociaux d'ici la fin de 2021.

[Link]

Malgré ces efforts, le déficit de logements demeure préoccupant. La cherté des terrains et des
matériaux de construction, ainsi que l'accaparement foncier, contribuent à la rareté des logements
abordables. Par exemple, à Ouagadougou, le prix moyen d'une parcelle de 300 m² peut atteindre
au moins 3 000 000 FCFA, rendant l'accès à la propriété difficile pour de nombreux ménages.

[Link]

Pour atténuer ce déficit, une collaboration renforcée entre le secteur public et le secteur privé est
essentielle, afin de développer des solutions de logement accessibles et durables pour la
population croissante de Ouagadougou.
Le programme 10 000 logements

Lancé en juillet 2007 par le Gouvernement, le programme 10 000 logements visait à construire des
logements sociaux et économiques dans les 45 chefs-lieux de province du pays pour les ménages à
revenus faibles et intermédiaires n’excédant pas cinq (05) fois le SMIG. Le modèle de financement de ce
programme était basé sur des allocations budgétaires annuelles de l’État, le financement par le CEGECI
et le Partenariat Public-Privé (PPP). La répartition des logements par localité concernée, était alors
fonction de l’importance de la demande enregistrée. Pour 10 000 logements attendus en 5 ans de délai
prévisionnel, le programme a eu un bilan mitigé en ce sens que le bilan donne après 8 ans d’exécution, 4
572 logements produits dont plus 3/4 dans la seule commune de Ouagadougou (3 431 logements). En
termes de réalisation, dans le cadre du programme 10 000 logements, on constate que les logements ont
été construits dans douze (12) localités, uniquement des chefs-lieux de région. Il ressort que 3 logements
sur 4 (76%) ont été construits dans la capitale Ouagadougou, soit 3 431 logements. La ville de Bobo-
Dioulasso vient en deuxième position avec 706 logements et les villes de Banfora et de Dori ferment la
marche avec chacune 10 logements.

❖ Le Programme 40 000 logements

Au regard des déficits récurrents de logements dans les milieux urbains au Burkina Faso et dans un souci
de produire des logements décents, l’État burkinabè a entamé en 2017, la mise en œuvre d’un
Programme National de Construction de Logements (PNCL) plus connu sous le nom « programme 40 000
logements ». Sur la période 2017-2022, l’objectif général du PNCL était de produire des logements
décents par la mise en place d’un mécanisme pérenne d’accès aux logements pour toutes les catégories
socioprofessionnelles. Environ 60 Milliards ont été mobilisés pour un besoin de 494 Milliards de FCFA. À
sa clôture en décembre 2022, 7 227 logements ont été réalisés pour 40 000 attendus. Une des
particularités de ce programme est qu’il ciblait toutes les catégories socio-professionnelles c’est-à-dire
les travailleurs salariés du public et du privé, les travailleurs du secteur informel, les travailleurs du
secteur primaire et les Burkinabè de la diaspora. Dans le cadre du programme 40 000 logements, on
constate que les logements ont été construits dans quatorze (14) localités, dont neuf (9) capitales
régionales, quatre (4) chefs-lieux de province et une (1) commune rurale. Sur les 7 227 logements
réalisés, plus de la moitié (58,7%) a été construit dans la capitale Ouagadougou. L’offre en logements
réalisé dans le cadre du « programme 10 000 logements » et du « programme 40 000 logements est
présentée dans le tableau ci-dessous.

L’offre en logements proposée par les programmes publics reste donc largement en deçà des
besoins exprimés par les populations. Selon une étude commanditée par la Société Générale Burkina
Faso (SGBF) et réalisée par le Centre d'Études, de Recherches et de Formation pour le Développement
Économique et Social (CERFODES) en 2020, le déficit du logement au Burkina Faso, est estimé à 200 000,
auquel s’ajoute un besoin additionnel annuel de 8 000 logements à Ouagadougou et 6 000 logements à
Bobo-Dioulasso. Cette étude estime que le marché de l’habitat peut s’évaluer à environ 75 000
logements par an jusqu’à l’horizon 2030 au moins, soit environ 1 000 milliards de FCFA.

L’expérience burkinabè en programmes de logement a débuté dans les années 1960. Ainsi, entre
1960 et 1983, fut bâtie la première cité pour loger les fonctionnaires de l'Afrique Occidentale Française.
Cette cité appelée « camp fonctionnaire » était constituée de 48 logements. Cette période de 1960 à
1983 correspond au démarrage de la promotion immobilière avec des logements produits par la Société
Immobilière Voltaïque (SIV), la Société de Promotion et de Gestion Immobilière (SOPROGIM), la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et la Société Nationale d’Assurances et de Réassurances (SONAR).
Entre 1984 et 1990, une nouvelle loi foncière a été adoptée, créant un domaine foncier national qui est
de plein droit propriété de l’Etat. Certaines opérations telles que la cité des 1 200 logements qui se
substituait au quartier non-loti central de Zogona virent le jour. Par la suite, les Cités AN II, AN III, AN IV
A, et AN IV B auxquelles s’ajoutent les cités « Song Taaba » furent construites. Aussi, on note l’apparition
du projet de promotion des matériaux locaux (LOCOMAT) ainsi que les « Cités du 4 Août » qui se sont
implantées dans 23 provinces. Pour réaliser son vaste programme de production de logements sociaux,
l’Etat qui était confronté à des difficultés financières fait appel à des financiers et opérateurs
économiques locaux, notamment les sociétés d’Etat, les banques et les compagnies d’assurance.
L’ensemble de ces opérations totalise 2 561 villas et 108 appartements. Les programmes de construction
des cités révolutionnaires ont coûté entre 1983 et 1995, plus de 20 milliards de CFA non dévalués (soit
33.3 millions US$). A partir de 1991, l’Etat s’est progressivement désengagé de la promotion immobilière
laissant place au secteur privé. La promotion immobilière privée apparaît avec la création de la société
AZIMO en 1997 qui a réalisé 205 logements à Ouaga 2000 pour des ménages plus fortunés, avec des
coûts unitaires variant de 16.5 à 30 milliards de CFA (27 446 à 49 901 US$) et 365 logements dans
l’ancien secteur 21 de Ouagadougou. Le coût de cession de chaque logement variait entre 6.5 et 12
millions de CFA (10 812 et 19 960 US$) en fonction de sa taille. En 2008, l’Etat a lancé le programme 10
000 logements.43 La forte urbanisation non maitrisée est à l’origine d’un grand déséquilibre entre l’offre
et la demande de logements. L’auto-construction a toujours été le principal moyen d’accès à un
logement pour la population burkinabé. Ainsi, le FOLOS a mis en place une assistance technique à l’auto-
construction en milieu urbain pour la période 2009–2018. Cependant, elle a connu une faible adhésion.

PRODOC_BKDS 2024

Le Burkina Faso est un pays où la majorité de la population vit en milieu rural, mais avec un taux
d’urbanisation en constante hausse. En effet, le taux d’urbanisation est passé de 6,4% en 1975 à 22,7%
en 2006 pour se situer à 26,1% en 2019 selon les recensements généraux de la population et de
l’habitation. En termes d’effectif de la population urbaine, cela représente 5 360 112 habitants répartis
dans 1 215 971 ménages en 2019. A l’horizon 2040, l’Institut National de la Statistique et de la
Démographie (INSD) projette le taux d’urbanisation à 49%5. Cette augmentation de population dans les
centres urbains entraine une forte demande en services sociaux de base et en logements. La
problématique du logement a toujours été au cœur des politiques publiques, en témoignent les
programmes des cités de la révolution, le programme 10 000 logements et le programme 40 000
logements. Au bilan, les deux derniers programmes publics de construction de logements ont eu des
succès mitigés. En effet, lancé en 2007 avec pour objectif principal d’améliorer les conditions d’accès au
logement décent pour tous, le programme 10 000 logements visait la production de logements au profit
des ménages à revenus faibles et intermédiaires. Pour 10 000 logements attendus en 5 ans de délai
prévisionnel, le programme a eu un bilan mitigé, avec 4 572 logements produits en 8 ans de mise en
œuvre. De même, lancé sur la période 2017-2022, le Programme National de Construction de Logements
(PNCL), qui prévoyait la construction de 40 000 logements a constitué l’une des priorités du ministère en
charge de l’habitat. Ce programme a été exécuté dans un contexte marqué par son faible financement et
la crise sécuritaire dans certaines localités couvertes. Au bilan, près de 85 milliards de francs CFA ont été
investis dans les aménagements et la réalisation de 7 227 logements dont 5 064 logements sociaux et 2
163 logements économiques. Sur cette réalisation de 7 227 logements, 25 promoteurs immobiliers sur
275, ont produit 6 041 logements, soit 84% des logements produits. Ces logements ont été
principalement produits à Ouagadougou avec 4 243 logements construits, soit 70%. Le total des
logements produits a permis de satisfaire seulement 3,5% de la demande nationale (208 232). Malgré
ces programmes, le problème de logement se pose toujours avec acuité, notamment dans les centres
urbains en proie à une situation économique de plus en plus difficile. Les indicateurs macro-
économiques montrent que le pays a enregistré une croissance économique moyenne de 6,2% entre
2016 et 2019. Cette croissance a connu un recul pour se situer à 2,5% en 2020, année où presque toutes
les économies ont enregistré une profonde récession en raison de la conjoncture marquée par la
persistance des attaques terroristes, la fronde sociale et la crise liée à la pandémie de la COVID-196.
Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), après une certaine reprise avec un taux de 6,9% en
2021, la croissance économique a de nouveau connu une baisse pour se situer à 3,2% en 2022 7en raison
de l’instabilité sociopolitique, de la dégradation de l’environnement sécuritaire et des conséquences du
conflit russo-ukrainien. 5INSD (2009), Projections démographiques 2007-2050. 6PNDES II, 2021
7[Link] 11 Selon
les données de l’enquête multisectorielle continue, l’incidence de la pauvreté a connu un recul, passant
de 40,17% en 2014 à 36,2% en 20188. Toutefois, cette baisse ne s’est pas accompagnée d’une réduction
des inégalités, puisque l’indice des inégalités de GINI s’est accru sur ladite période, passant de 0,35 à
0,38. Cette situation empêche une frange importante de la population d’avoir accès aux offres de
logements jusqu’ici proposées. Depuis 2014, le Burkina Faso traverse une crise multidimensionnelle
marquée tant par une instabilité sociopolitique que par un fort défi sécuritaire et humanitaire. A cause
de l’insécurité en particulier, qui touche une grande partie du territoire, on assiste au déplacement
massif d’environ deux millions de personnes avec pour lieux de refuge les centres urbains
principalement. Cette situation participe non seulement à la dégradation des conditions humanitaires, à
la croissance des populations des zones non loties mais aussi, crée une pression supplémentaire sur les
équipements urbains et l’environnement. Ce contexte sécuritaire a ainsi contribué à renforcer le
déséquilibre du développement urbain et par conséquent, à compromettre la mise en œuvre des
orientations des documents de planification urbaine de certaines villes. Avec l’afflux des Personnes
Déplacées Internes (PDI) dans les centres urbains, l’environnement se dégrade davantage avec une
pression accrue sur les ressources naturelles comme la faune, la flore, les ressources aquatiques et une
occupation anarchique des espaces urbains. En somme, en milieu urbain, on note une raréfaction des
terres cultivables, une dégradation des sols notamment avec le prélèvement dans les « bancotières »,
une pollution des sols par défaut d’assainissement et des conflits latents pour l’appropriation des terres.
Cette situation nécessite une meilleure planification des espaces de vie, par la mise en œuvre de
politiques cohérentes d’aménagement de l’espace urbain en cadre de vie structuré et fonctionnel. II.2
Justification Le logement est consacré comme un droit fondamental dans la Constitution du Burkina
Faso. Cependant, la problématique de l’accès au logement est en passe de conduire le pays vers une
crise préjudiciable à la cohésion sociale et à l’harmonie dans nos agglomérations urbaines. En effet, le
logement ou la maison reste une priorité pour les ménages burkinabè et constitue de ce fait, un facteur
socio-culturel d’insertion et de réussite sociale. Déjà en 2000, les besoins en logements estimés dans le
cadre des études de faisabilité pour la création de la Banque de l’Habitat du Burkina Faso (BHBF) étaient
de 15 000 unités par an à Ouagadougou et 8 000 unités par an dans la ville de Bobo-Dioulasso. En 2007,
dans le cadre de la formulation du programme 10 000 logements, ce besoin était de 30 000 logements
sur l’ensemble du territoire national. La dernière campagne nationale d’inscription en 2017 au PNCL a
permis d’enregistrer 208 232 demandeurs de logements sur l’ensemble du pays. La région du Centre a
enregistré la plus forte demande avec 122 229 demandeurs soit 58,7%, suivie de la région des Hauts-
Bassins avec 29 845 demandeurs soit 14,3%. 8INSD, Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des
Ménages de 2018 (EHCVM- 2018), diagnostic de la pauvreté, Profil, Dynamique, Inégalités, Prospérité
partagée, janvier 2022, 107 pages. 12 Au bilan, les deux (02) derniers programmes publics de logements
ont permis de réaliser, sur la période 2008-2022, seulement 11 799 logements sur une prévision globale
de 50 000 logements ; d’où un gap très important à combler. Dans le cadre spécifique du dernier
programme en date (PNCL), l’intervention de l’Etat et de ses partenaires ont permis d’engranger les
acquis suivants :

• l’élaboration d’un plan stratégique (2023-2027) du logement ;

• plus de 1 000 ha de foncier aménagé ;

• plus de 54 km de voies ouvertes et rechargées ;

• la réalisation de 7 227 logements ;


• le raccordement de sites aux réseaux d’eau (2 sites) et d’électricité (3 sites). La mise en œuvre du
programme ne s’est pas faite sans difficultés. Au titre de ces difficultés, on peut retenir entre autres : (i)
la faible dotation budgétaire de la part de l’Etat, (ii) la faible capacité de financement des promoteurs
immobiliers, (iii) le non accompagnement des institutions financières, (iv) la non disponibilité de l’étude
de faisabilité du programme, (v) les difficultés liées au mécanisme de suivi-contrôle des chantiers, (vi) le
nombre élevé des chantiers inachevés du fait de la faible capacité technique et financière des
promoteurs immobiliers, (vii) les insuffisances relatives aux modalités de mise en œuvre du PNCL dans
les collectivités territoriales, (viii), la nomination tardive du personnel du secrétariat permanent de la
politique nationale du logement. A ces difficultés, il faut ajouter la crise sécuritaire et sanitaire. De ce fait,
465 logements sont inachevés et l’ensemble du foncier mobilisé n’a pas été aménagé et viabilisé dans la
durée du programme. Dans le cadre de ce programme, les logements inachevés seront achevés et une
grande partie du foncier mobilisé précédemment sera aménagé et viabilisé. Aujourd’hui, avec la
croissance démographique toujours élevée, un taux d'urbanisation en constante hausse et l’afflux massif
des PDI dans les centres urbains, on assiste à une augmentation forte et continue de la demande en
logements dans les zones urbaines. Selon une étude commanditée par la Société Générale Burkina Faso
(SGBF) et réalisée par le Centre d'Etudes, de Recherches et de Formation pour le Développement
Economique et Social (CERFODES) en 2020, le déficit du logement au Burkina Faso, est estimé à 200 000
logements, auquel s’ajoute un besoin additionnel annuel de 8 000 logements à Ouagadougou et 6 000
logements à Bobo-Dioulasso. Cette étude estime que le marché de l’habitat peut s’évaluer à environ 75
000 logements par an jusqu’à l’horizon 2030 au moins, soit environ 1 000 milliards de francs CFA. Face à
cette problématique, le Gouvernement à travers le ministère en charge de l’urbanisme et de la
construction, a inscrit le logement comme une priorité dans la Politique Nationale de Développement
(PND) et dans le Plan d’Action pour la Stabilisation et le Développement (PA SD) à travers son objectif
stratégique (OS 3.6) « Améliorer le cadre de vie, l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux services
énergétiques de qualité ». De même, dans la Stratégie Nationale de l’Habitat et du Développement
Urbain (SNHDU), son objectif stratégique 2.2 vise à « répondre aux besoins en logements décents des
populations ». Enfin, le Plan Stratégique du Logement (PSL) 2023-2027, dans sa vision « A l’horizon 2027,
l’accès aux logements décents et abordables est un droit réel pour tous pour des villes durables, sûres,
résilientes et inclusives » vise à terme une production globale de 50 000 logements sociaux et
économiques. 13 En outre, une étude de faisabilité pour la formulation du présent programme de
logements réalisée en 2023, a conclu qu’il est techniquement faisable et économiquement viable. Pour
ce faire, le ministère en charge de l’urbanisme et de l’habitat, a entrepris de bâtir le Programme «
BURUKINA FASO DEENW KA SOOW ». Sur la base d’une nouvelle approche et d’un financement adéquat,
ce nouveau programme créera toutes les synergies nécessaires pour améliorer l’accès au logement pour
toutes les catégories socioprofessionnelles, notamment les personnes à revenus faibles et
intermédiaires. Une attention particulière sera portée sur les personnes vulnérables, notamment les
femmes cheffes de ménage, les personnes vivant avec un handicap, les personnes de troisième âge et les
PDI.

D’après les estimations des Nations Unies, 76,5% de la population urbaine du Burkina Faso vit dans des
quartiers d’habitat précaire.

La Commission du développement social se penche sur le problème du sans-abrisme | Couverture des


réunions & communiqués de presse
D’après ONU-Habitat, 1,6 milliard de personnes vivent dans des logements inadéquats dont
15 millions qui sont expulsées de force chaque année. De plus, le logement a été largement
inabordable pour la plupart des populations mondiales ces 20 dernières années. Le Haut-
Commissariat pour les réfugiés (HCR) estime aussi que plus de 70 millions de personnes ont
été expulsées de leurs maisons, dont 25 millions de réfugiés qui sont nombreux à vivre dans
des abris inadéquats. En outre, d’après la Rapporteuse spéciale sur le logement convenable en
tant qu’élément du droit à un niveau de vie suffisant ainsi que sur le droit à la non-discrimination
à cet égard, le sans-abrisme est également une crise mondiale des droits de l’homme liée à
l’augmentation des inégalités de revenus, et d’accès à la terre et à la propriété.

Vous aimerez peut-être aussi