0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues8 pages

Effets et risques de l'alcoolisme

L'alcool est un dépresseur qui peut causer des problèmes de santé graves, y compris des lésions organiques, un coma et la mort, en raison d'une consommation excessive. Environ 7 à 10 % des adultes américains souffrent de troubles liés à l'alcool, avec des effets variés selon la tolérance et des risques accrus pour certaines populations, notamment les femmes enceintes et les jeunes. Les symptômes de sevrage peuvent être graves et inclure des hallucinations et le delirium tremens, nécessitant un traitement médical immédiat.

Transféré par

Jean-Marie Vianney
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues8 pages

Effets et risques de l'alcoolisme

L'alcool est un dépresseur qui peut causer des problèmes de santé graves, y compris des lésions organiques, un coma et la mort, en raison d'une consommation excessive. Environ 7 à 10 % des adultes américains souffrent de troubles liés à l'alcool, avec des effets variés selon la tolérance et des risques accrus pour certaines populations, notamment les femmes enceintes et les jeunes. Les symptômes de sevrage peuvent être graves et inclure des hallucinations et le delirium tremens, nécessitant un traitement médical immédiat.

Transféré par

Jean-Marie Vianney
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Alcool

Par Gerald F. O’Malley , DO, Grand Strand Regional Medical Center;


Rika O’Malley , MD, Grand Strand Medical Center
Dernière révision totale juin 2020| Dernière modification du contenu juin 2020

L’alcool (éthanol) est un dépresseur. La consommation rapide ou régulière de grandes quantités d’alcool
peut entraîner des problèmes de santé, notamment des lésions de certains organes, un coma et le
décès.

Les caractéristiques génétiques et personnelles peuvent jouer un rôle dans le développement


des troubles liés à l’alcool.
Une consommation d’alcool excessive peut rendre les personnes somnolentes ou agressives,
perturber la coordination et le fonctionnement cérébral, et interférer avec le travail, les relations
familiales et d’autres activités.
La consommation prolongée et excessive d’alcool lèse de nombreux organes, dont le foie, le
cerveau et le cœur.
Les médecins peuvent utiliser des questionnaires ou déterminer le taux d’alcool dans le sang
pour aider à identifier les personnes atteintes de troubles liés à l’alcool.
Le traitement d’urgence d’une surdose peut inclure une assistance respiratoire, une
réhydratation, l’administration de thiamine et parfois d’autres vitamines (afin de corriger d’autres
carences chroniques liées à l’alcool) et, pour le sevrage, de benzodiazépines.
Les programmes de désintoxication et de rééducation peuvent aider les personnes atteintes de
troubles graves liés à l’alcool.
(Voir aussi Consommation de drogues et toxicomanie.)
Environ la moitié des adultes américains boivent actuellement de l’alcool, 20 % sont d’anciens buveurs
et 30 % à 35 % sont abstinents depuis toujours. La consommation prolongée et excessive d’alcool
(plus de deux à six verres par jour) peut léser de nombreux organes, en particulier le foie, le cerveau
et le cœur. Cependant, boire une quantité modérée d’alcool peut réduire le risque de décès dû à des
troubles du cœur et des vaisseaux (cardiovasculaires). Cependant, il n’est pas recommandé de boire
de l’alcool à cet effet, particulièrement parce qu’il existe d’autres mesures préventives sûres et
efficaces.

Troubles liés à l’alcool


La plupart des personnes ne consomment pas suffisamment d’alcool ou n’en consomment pas assez
souvent pour altérer leur santé ou interférer avec leurs activités. Cependant, aux États-Unis, 7 % à 10
% des adultes ont des problèmes liés à la prise d’alcool (trouble alcoolique, ou alcoolisme). Les
hommes ont une probabilité deux à quatre fois supérieure à celle des femmes de développer un
trouble alcoolique. Dans les troubles liés aux drogues et à l’alcool, les personnes continuent à
consommer une substance tout en sachant que cela leur cause des problèmes.
La consommation d’alcool peut provoquer de nombreux effets et comportements destructeurs :
Conduite en état d’ivresse
Blessures physiques à la suite de chutes, de bagarres ou d’accidents de la route
Violence, notamment violences domestiques
L’ébriété peut empoisonner la vie familiale et les relations sociales. Le taux de divorce est 50 % plus
élevé lorsque l’un des conjoints est alcoolodépendant. L’absentéisme prolongé au travail peut
provoquer la perte de l’emploi.

Populations particulières
Les très jeunes enfants qui boivent de l’alcool (généralement par accident) présentent un risque
significatif de survenue d’une glycémie très basse et d’un coma.
Les femmes peuvent être plus sensibles à l’effet de l’alcool que les hommes, même en ramenant ce
risque au poids.
Les personnes âgées peuvent être plus sensibles aux effets de l’alcool que les adultes plus jeunes.
Les femmes qui boivent pendant la grossesse présentent un risque plus élevé de donner naissance
à un bébé atteint d’alcoolisme fœtal.
Bien que la sensibilité aux effets de l’alcool puisse varier avec l’âge, des personnes de tout âge
peuvent présenter des troubles alcooliques. La consommation et l’abus de drogues et d’alcool chez les
adolescents ont de plus en plus de conséquences particulièrement désastreuses. Ceux qui
commencent à boire précocement (particulièrement les préadolescents) ont plus de chances de
devenir dépendants à l’alcool à l’âge adulte.

Causes
Le trouble alcoolique a, dans une certaine mesure, des liens avec l’hérédité. Les parents de personnes
avec un trouble alcoolique présentent un risque plus important de développer un trouble alcoolique
que la population générale, et un trouble alcoolique se développe plus facilement chez les enfants
biologiques d’alcooliques que chez les enfants adoptés.
Quelques travaux de recherche suggèrent que les personnes à risque de trouble alcoolique sont
moins aisément intoxiquées que les personnes qui ne sont pas des buveurs problématiques. Cela
signifie que leur système nerveux est moins sensible aux effets de l’alcool. Les parents de personnes
avec un trouble alcoolique peuvent présenter cette caractéristique.
Certains antécédents et traits de personnalité peuvent prédisposer au trouble alcoolique. Les
personnes avec un trouble alcoolique sont souvent issues de familles décomposées et ont eu des
rapports souvent difficiles avec leurs parents. Elles ont tendance à se sentir isolées, solitaires, timides,
déprimées ou hostiles. Ils peuvent présenter des comportements d’autodestruction et peuvent être
sexuellement immatures. On ne sait pas si ces caractéristiques sont la cause ou le résultat du trouble
alcoolique.

Symptômes
L’alcool entraîne trois principaux types de problèmes :
Ceux survenant immédiatement lorsque les personnes boivent trop à un moment particulier
(intoxication et surdose)
Ceux survenant sur de longues périodes lorsque les personnes consomment régulièrement des
quantités excessives
Ceux survenant lorsqu’une consommation chronique et importante est arrêtée de façon
soudaine (sevrage)
Effets immédiats
L’alcool étant absorbé plus rapidement qu’il n’est métabolisé et éliminé de l’organisme, il a des effets
quasiment immédiats. En conséquence, l’alcoolémie s’élève rapidement. Les effets peuvent survenir
dans les minutes suivant la prise de boisson.
Les effets varient de façon importante d’une personne à l’autre. Par exemple, les personnes qui
boivent régulièrement (deux verres ou plus par jour) peuvent absorber plus d’alcool que les non-
consommateurs ou que les consommateurs occasionnels sans s’intoxiquer. Ce phénomène est appelé
tolérance. Les personnes qui ont développé une tolérance à l’alcool peuvent également être plus
tolérantes à d’autres produits qui dépriment les fonctions cérébrales, tels que les barbituriques ou les
benzodiazépines.
Les effets varient selon le taux d’alcool dans la circulation sanguine, qui est généralement exprimé en
France en termes de grammes par litre de sang (g/l), et dans d’autres pays du monde en millimoles
par litre (mmol/l). Les taux sanguins nécessaires pour produire des symptômes donnés varient
grandement selon la tolérance, mais chez les consommateurs habituels qui n’ont pas développé de
tolérance, les symptômes suivants sont typiques :
0,2 à 0,5 g/l (4,3 à 10,9 mmol/l) : Tranquillité, somnolence légère, une certaine diminution dans la
coordination motrice et une certaine perturbation de la capacité à conduire
0,5 à 1 g/l (10,9 à 21,7 mmol/l) : Jugement altéré et diminution de la coordination plus importante
1 à 1,5 g/l (21,7 à 32,6 mmol/l) : Démarche déséquilibrée, discours confus, perte d’inhibition
comportementale et perturbation de la mémoire
1,5 à 3 g/l (32,6 à 65,1 mmol/l) : Syndrome confusionnel et léthargie (possible)
3 à 4 g/l (65,1 à 86,8 mmol/l) : Souvent perte de conscience
4 g/l ou plus (86,8 mmol/l ou plus) : Parfois mortel
Le vomissement est fréquent lors d’une intoxication alcoolique modérée à sévère. Les personnes
pouvant être très somnolentes, les vomissures peuvent pénétrer dans les poumons (être aspirées),
entraînant parfois une pneumonie et le décès.
En France, il est interdit de conduire avec un taux d’alcoolémie supérieur ou égal à 0,5 g/l (10,9 mmol/l
; 0,05 %).
Surdose
Chez les personnes qui ne boivent pas régulièrement, un taux d’alcool dans le sang compris entre 3 et
4 g/l (65,1 à 86,8 mmol/l) entraîne souvent une perte de conscience, et un taux d’alcool dans le sang
supérieur ou égal à 4 g/l (supérieur ou égal à 86,8 mmol/l) peut être fatal. Le décès peut survenir en
raison d’une insuffisance respiratoire ou d’anomalies du rythme cardiaque (arythmie), surtout lorsque
d’importantes quantités d’alcool sont consommées rapidement. La consommation de grandes
quantités d’alcool peut également entraîner une hypotension et une hypoglycémie.
Les effets d’un taux sanguin spécifique diffèrent chez les buveurs chroniques. Nombre d’entre eux ne
semblent pas être affectés et semblent fonctionner normalement avec des niveaux relativement
élevés, tels que 3 à 4 g/l (65,1 à 86,8 mmol/l).
Même à des doses modérées, l’alcool interfère avec la mémoire à court terme, ce qui entraîne des
trous noirs. Une personne ivre peut sembler sociable et bavarde, tout en n’ayant ensuite que des
souvenirs vagues de son trou noir.
Effets à long terme
La consommation prolongée et excessive d’alcool lèse de nombreux organes, en particulier le foie
(maladie hépatique alcoolique). Parce que des personnes peuvent ne pas avoir un régime alimentaire
adéquat, elles peuvent également développer des carences graves en vitamines ou en d’autres
éléments.
La maladie hépatique alcoolique inclut l’inflammation du foie (hépatite), la stéatose hépatique, ainsi
que l’apparition de cicatrices sur le foie (cirrhose). Un foie altéré par l’alcool est moins apte à épurer
l’organisme des substances toxiques, ce qui peut induire un dysfonctionnement cérébral
(encéphalopathie hépatique). Les personnes qui développent une encéphalopathie hépatique
deviennent amorphes, somnolentes, léthargiques et confuses, et peuvent tomber dans le coma. Le
coma hépatique est potentiellement mortel et nécessite un traitement immédiat.
Généralement, les personnes atteintes d’une insuffisance hépatique présentent également un
astérixis : Lorsque les bras et les mains sont étendus, les mains tombent brutalement, puis reviennent
dans leur position originale. Ce mouvement de battement ressemble à un tremblement, mais il n’en
est pas un.
La cirrhose du foie provoque une élévation de la pression dans les vaisseaux sanguins situés autour
du foie (hypertension portale). Lorsque la pression augmente dans ces vaisseaux sanguins, ceux-ci
peuvent gonfler (varices) au niveau de l’estomac et de l’œsophage. Ces vaisseaux peuvent se rompre
et saigner abondamment, ce qui peut provoquer des vomissements de sang. Ce saignement est un
problème particulier parce que le foie endommagé ne produit pas suffisamment de substances
permettant la formation de caillots sanguins.
Une consommation excessive d’alcool peut entraîner une inflammation du pancréas (pancréatite).
Les personnes développent une douleur abdominale accompagnée de vomissements.
Une consommation excessive d’alcool peut entraîner des lésions des nerfs et de certaines parties
du cerveau. Lorsque les nerfs des bras et des jambes (nerfs périphériques) sont touchés, les
personnes peuvent présenter une perte de sensation ou des picotements au niveau des mains et des
pieds. Les personnes peuvent développer des tremblements chroniques. Une lésion localisée à la
partie du cerveau qui coordonne les mouvements (cervelet) peut entraîner des mouvements des bras
et des jambes mal contrôlés, et altérer l’équilibre. La consommation excessive d’alcool à long terme
peut entraîner des lésions irréversibles du cerveau et une psychose. Elle peut aussi léser l’enveloppe
des nerfs cérébraux (gaine de myéline), entraînant un trouble rare appelé maladie de Marchiafava-
Bignami. Ce trouble associe agitation, confusion et démence. Certaines personnes peuvent présenter
des convulsions et un coma avant de décéder.
La consommation excessive d’alcool à long terme peut entraîner une carence sévère en thiamine,
une vitamine B. Cette carence peut provoquer une encéphalopathie de Wernicke (une pathologie
caractérisée par une confusion, une incapacité à marcher de manière coordonnée ou des difficultés
de coordination des mouvements oculaires) qui, si elle n’est pas traitée rapidement, peut entraîner un
syndrome de Korsakoff, un coma, voire la mort.
La consommation d’alcool peut aggraver une dépression préexistante ; les personnes présentant un
trouble alcoolique sont plus susceptibles de présenter une dépression que les personnes qui ne sont
pas des buveurs problématiques. Comme les troubles liés à l’alcool, surtout en cas d’ivresses
répétées, provoquent souvent de profonds remords pendant les périodes d’abstinence, les personnes
présentant un trouble alcoolique sont prédisposées au suicide même lorsqu’elles ne sont plus sous
l’effet de l’alcool.
Chez les femmes enceintes, la consommation d’alcool peut provoquer des anomalies graves du
développement du fœtus, dont un faible poids de naissance, un corps et une tête de petite taille, des
atteintes cardiaques, des affections musculaires, une faiblesse intellectuelle ou un déficit intellectuel.
Ces effets sont appelés alcoolisme fœtal. Par conséquent, il est vivement recommandé de ne pas
consommer d’alcool pendant la grossesse.

Symptômes de sevrage
Lorsqu’un alcoolique chronique arrête de boire, des symptômes de sevrage sont probables. Par
exemple, le sevrage peut survenir pendant l’hospitalisation (par exemple, pour une chirurgie élective),
parce que les buveurs sont incapables d’obtenir de l’alcool.
Les symptômes de sevrage varient de légers à graves. Un sevrage à l’alcool grave non traité peut être
mortel.
Le syndrome de sevrage léger à modéré débute en général 6 heures après l’arrêt de la boisson. Les
symptômes modérés comprennent des tremblements, une faiblesse, des sueurs et des nausées.
Certaines personnes présentent des convulsions (appelées épilepsie liée à l’alcool).
Les gros buveurs peuvent présenter une hallucinose alcoolique lorsqu’ils s’arrêtent de boire. Ils
pensent entendre des voix accusatrices et menaçantes, ce qui provoque une appréhension ou une
peur panique. L’hallucinose alcoolique peut durer plusieurs jours. Elle peut être traitée par des
médicaments antipsychotiques, comme la chlorpromazine ou la thioridazine.
Le delirium tremens (DT) désigne l’ensemble de symptômes de sevrage le plus grave. En général, le
delirium tremens ne commence pas immédiatement, mais plutôt 48 à 72 heures après avoir cessé de
boire. Les personnes sont initialement anxieuses. Elles présentent ensuite une confusion qui
s’aggrave, des troubles du sommeil, des cauchemars effrayants, une transpiration excessive et une
dépression profonde. Le pouls et la tension artérielle augmentent. Typiquement, une fièvre apparaît.
La crise peut s’aggraver jusqu’à la survenue d’hallucinations, d’illusions entraînant peur et agitation, et
d’une confusion avec des hallucinations visuelles qui peuvent être terrifiantes. Les objets perçus dans
la semi-obscurité peuvent sembler particulièrement terrifiants, et les personnes deviennent
extrêmement confuses. Le sens de l’équilibre est altéré, et les personnes peuvent avoir la sensation
que le sol bouge, que les murs s’écroulent ou que la pièce tourne. Avec l’aggravation du délire, un
tremblement persistant des mains apparaît et s’étend parfois à la tête et au reste du corps. La plupart
des personnes présentent des mouvements gravement désordonnés. Le delirium tremens peut être
mortel, surtout s’il n’est pas traité.

Diagnostic
Auto-signalement d’alcoolisme
Analyses de sang
Questionnaires de dépistage
L’intoxication aiguë à l’alcool est généralement apparente d’après ce que les personnes ou leurs amis
disent au médecin et d’après les résultats de l’examen clinique. Si la raison pour laquelle les
personnes n’agissent pas normalement n’est pas claire, les médecins peuvent effectuer des examens
pour écarter d’autres causes possibles, telles qu’une hypoglycémie ou un traumatisme crânien.
Les examens peuvent inclure des analyses de sang pour déterminer le taux d’alcool et de sucre dans
le sang, des analyses d’urine pour certaines substances toxiques et une tomodensitométrie (TDM) de
la tête. Les médecins n’écartent pas d’éventuels autres problèmes simplement du fait que les
personnes ont une haleine qui sent l’alcool.
Pour des raisons légales (par exemple, lorsque les personnes sont impliquées dans un accident de
voiture ou agissent anormalement au travail), les taux d’alcool peuvent être mesurés dans le sang ou
estimés en mesurant la quantité dans un examen d’air expiré.
Chez les personnes consommant de l’alcool depuis longtemps, des analyses de sang peuvent être
effectuées pour vérifier les anomalies de la fonction hépatique et des preuves de lésions d’autres
organes. Si les symptômes sont très graves, un examen d’imagerie tel qu’une TDM peut être réalisé
pour écarter une lésion cérébrale ou une infection.
Dépistage du trouble alcoolique
Certaines personnes peuvent ne pas savoir que leur consommation d’alcool pourrait être
problématique. D’autres le savent, mais ne veulent pas admettre qu’elles ont un problème avec
l’alcool. Par conséquent, les professionnels de la santé n’attendent pas que les personnes demandent
de l’aide. Les médecins peuvent suspecter un trouble alcoolique en cas de changement inexpliqué de
comportement ou en cas de comportement autodestructeur. La suspicion peut naître également de
certains états pathologiques, comme une hypertension artérielle ou une inflammation de l’estomac
(gastrite), qui ne répondent pas aux traitements habituels.
Certains médecins effectuent des contrôles périodiques chez les personnes qui présentent des
troubles liés à l’alcool, en les questionnant sur leur consommation. Les médecins peuvent poser les
questions suivantes :
En moyenne, combien de jours par semaine buvez-vous des boissons alcoolisées ?
Au cours d’une journée, lorsque vous buvez, combien de verres consommez-vous ?
Quel est le nombre maximal de verres que vous avez bu en une seule occasion le mois dernier ?
Les médecins peuvent poser des questions plus spécifiques concernant les conséquences de la
consommation d’alcool chez les personnes chez qui on suspecte un trouble alcoolique. Les questions
peuvent être les suivantes :
Avez-vous déjà eu la sensation que vous devriez diminuer votre consommation d’alcool ?
Les critiques concernant le fait que vous buvez vous perturbent-elles ?
Vous êtes-vous déjà senti fautif d’avoir bu ?
Avez-vous déjà pensé à boire dès votre réveil pour vous calmer ou vous défaire d’une gueule de
bois ?
Deux réponses affirmatives ou plus indiquent un trouble alcoolique probable.

Traitement
Le traitement peut intervenir dans les situations suivantes :
Les personnes y sont amenées parce qu’elles ont des symptômes liés à des niveaux d’alcool
élevés dans le sang.
Les personnes consultent pour des symptômes insupportables au cours d’un sevrage.
Cependant, les personnes qui développent des symptômes de sevrage alcoolique se traitent
généralement en buvant.
Certaines personnes consultent, car elles désirent arrêter de boire.

Traitement d’urgence
Le traitement d’urgence est nécessaire lorsque les personnes consultent après une consommation
très importante d’alcool ou pour des symptômes de sevrage modérés à sévères.
Il n’existe aucun antidote spécifique pour l’intoxication aiguë :
Le café et d’autres remèdes maison n’inversent pas les effets de l’alcool.
Si les personnes sont dans le coma ou si leur respiration est bloquée, elles peuvent nécessiter
l’insertion d’un tube dans leurs voies respiratoires pour les empêcher de s’étouffer à cause des
vomissements et des sécrétions, et les aider à respirer.
Si nécessaire, pour empêcher ou pour traiter une déshydratation ou une hypotension, on
réhydrate les personnes par voie intraveineuse.
En cas de suspicion d’alcoolisme chronique, de la thiamine est administrée pour empêcher
l’encéphalopathie de Wernicke. Souvent, les médecins ajoutent aussi du magnésium (qui aide
l’organisme à métaboliser la thiamine) et plusieurs vitamines (pour les carences éventuelles en
vitamines) aux liquides.
Les médecins prescrivent souvent une benzodiazépine (un sédatif léger) pendant quelques jours pour
les symptômes du sevrage alcoolique. Elle réduit l’agitation et aide à prévenir les symptômes du
sevrage, les convulsions et le delirium tremens. Les benzodiazépines peuvent créer une dépendance
et ces médicaments sont donc utilisés uniquement à court terme. Des médicaments antipsychotiques
sont parfois administrés aux personnes qui présentent une hallucinose alcoolique.
Le delirium tremens est potentiellement mortel et est traité de façon plus agressive pour contrôler
une forte fièvre et une grande agitation. Les personnes sont si possible traitées dans une unité de
soins intensifs. Le traitement inclut généralement ce qui suit :
Doses élevées de benzodiazépines et de barbituriques, administrées par voie intraveineuse
Doses élevées de vitamines (en particulier thiamine)
Administration de fluides par voie intraveineuse
Mesures de refroidissement externe, comme une couverture de refroidissement
Médicaments qui contrôlent la fréquence cardiaque et la tension artérielle
Traitement des complications (telles que pancréatite, pneumonie et convulsions)
En général, ce traitement permet de réduire le delirium tremens en 12 à 24 heures, mais les cas
graves peuvent durer de cinq à sept jours. La plupart des personnes ne se souviennent pas des
événements survenus pendant un sevrage grave lorsqu’elles vont mieux.
Après résolution des problèmes médicaux urgents, les traitements supplémentaires dépendent de la
gravité de la consommation d’alcool de la personne, ainsi que de ses autres pathologies médicales et
psychiatriques, le cas échéant. Si les personnes ne sont pas devenues dépendantes à l’alcool, les
médecins peuvent discuter avec elles des conséquences graves de la consommation d’alcool,
recommander des moyens de le réduire et programmer des visites de suivi pour vérifier leur état de
santé.
Chez les personnes présentant une consommation plus problématique, notamment en cas de
pathologies médicales ou psychiatriques concomitantes, un programme de désintoxication et de
rééducation peut être recommandé.
Désintoxication et rééducation
Dans la première phase, l’alcool est complètement retiré et tout symptôme de sevrage est traité. Les
personnes présentant un trouble alcoolique doivent ensuite apprendre à modifier leur
comportement. Sans aide, la plupart des buveurs problématiques rechutent dans les jours ou les
semaines qui suivent. Les programmes de rééducation, qui associent une psychothérapie et une
surveillance médicale, peuvent aider. Les personnes sont prévenues de la difficulté du sevrage. On
leur apprend ensuite des moyens d’améliorer leur motivation pour arrêter et éviter les situations
susceptibles de déclencher la prise de boisson. Le traitement doit être individualisé. Le soutien des
membres de la famille et des amis est également important. Les groupes d’entraide, comme les
Alcooliques Anonymes, peuvent également être utiles.
Parfois, certains médicaments (disulfirame, naltrexone, acamprosate et clonidine) peuvent aider les
personnes présentant un trouble alcoolique à ne pas boire d’alcool. Cependant, les médicaments sont
généralement utiles seulement si les personnes sont motivées et coopèrent, et si les médicaments
sont utilisés en association avec un schéma de conseil intensif. Les résultats sont variables.
Le disulfirame prévient l’alcoolisme parce qu’il perturbe le métabolisme de l’alcool, induisant une
élévation de la concentration de l’acétaldéhyde dans le sang, une substance provenant de la
dégradation chimique de l’alcool. L’acétaldéhyde rend les personnes malades. Si quelqu’un qui a pris
du disulfirame boit de l’alcool, les symptômes suivants apparaissent sous 5 à 15 minutes
Rougeurs au visage
Mal de tête lancinant
Accélération du rythme cardiaque
Respiration rapide
Sueurs
Les nausées et les vomissements peuvent se produire au bout de 30 à 60 minutes. Ces réactions
désagréables et potentiellement dangereuses durent 1 à 3 heures.
Le désagrément dû à la consommation d’alcool après la prise de disulfirame est si intense que peu de
personnes se risquent à consommer de l’alcool, même les petites quantités qui sont contenues dans
certains médicaments en vente libre, tels que les préparations pour la toux ou le rhume, ou dans
certains aliments.
Le disulfirame doit être pris tous les jours afin d’être efficace pour arrêter de boire.
Les personnes suivantes ne doivent pas prendre de disulfirame :
Les personnes suivantes ne doivent pas prendre de disulfirame :
Les femmes enceintes
Personnes souffrant de pathologies graves, telles qu’une insuffisance cardiaque
Personnes âgées
La naltrexone modifie les effets de l’alcool sur certaines substances chimiques produites par le
cerveau (les endorphines), qui sont associées au besoin compulsif et à la consommation d’alcool. Ce
médicament est efficace chez la plupart des personnes qui le prennent régulièrement. Une forme
longue action peut être administrée par injection une fois par mois. La naltrexone, contrairement au
disulfirame, ne rend pas les gens malades. Par conséquent, les personnes qui prennent de la
naltrexone peuvent continuer à boire. Elle ne doit pas être prescrite aux personnes qui ont une
hépatite ou un autre trouble hépatique.
La clonidine est un médicament qui affecte certaines parties du cerveau et qu’on prescrit
généralement dans le traitement de l’hypertension. Cependant, elle peut également soulager certains
symptômes du sevrage de l’alcool.

Les Alcooliques Anonymes : le chemin de la guérison

Aucune méthode n’a aussi efficacement aidé les personnes présentant un trouble alcoolique
que leur entraide mutuelle au sein des groupes « Alcooliques Anonymes » (AA). Les AA sont une
association internationale de personnes qui veulent arrêter de boire. Il n’y a aucune obligation
ni aucun coût. Le programme est organisé autour des « Douze étapes » qui proposent aux
buveurs problématiques une nouvelle façon de vivre sans alcool. Les membres de l’association
travaillent habituellement avec un « parrain », un compagnon qui s’abstient de toute prise
d’alcool et sert de guide et de soutien. Les AA agissent dans un contexte spirituel, mais
n’adhèrent à aucune idéologie ou doctrine religieuse. D’autres structures sanitaires s’occupent
de façon moins idéologique des troubles liés à l’alcool.
Les AA soutiennent leurs membres également par d’autres moyens. Ils mettent à leur
disposition un lieu où les personnes en voie de guérison peuvent avoir une vie sociale, loin de
l’alcool, recevoir la visite d’amis qui ne boivent pas, toujours disponibles en cas de besoin aigu
de boire de l’alcool. Lors des réunions, les personnes présentant un trouble alcoolique
écoutent les autres raconter, au groupe entier, comment elles luttent chaque jour pour éviter
de prendre un verre. Enfin, en donnant l’occasion d’aider les autres, les AA recréent une
confiance et une estime de soi qui n’étaient auparavant obtenues que par la prise d’alcool. La
plupart des régions offrent de nombreuses réunions d’AA disponibles jour et nuit, 7 jours sur 7.
Les personnes présentant un trouble alcoolique sont encouragées à essayer plusieurs groupes
et à fréquenter celui où elles se sentent le plus à l’aise.

Informations supplémentaires sur l’alcool


Alcooliques anonymes
Groupes familiaux Al-Anon
LifeRing
National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme)

© 2022 Merck Sharp & Dohme Corp., une filiale de Merck & Co., Inc., Kenilworth, NJ, États-Unis

Vous aimerez peut-être aussi