Flambage d'une coque cylindrique
Flambage d'une coque cylindrique
à pression externe
The Nguyen Nguyen
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Le Grade de Docteur
Par
NGUYEN The Nguyen
Soutenue le 17 juillet 2017 devant la Commission d’examen
Membres du Jury :
*ScSo : Histoire, Géographie, Aménagement, Urbanisme, Archéologie, Science politique, Sociologie, Anthropologie
Ce travail a été réalisé au sein du Laboratoire de Génie Civil et d’Ingénierie Environnementale plus
précisément l’équipe « Sols - Matériaux - Structures - Intégrité – Durabilité » de l’INSA de Lyon.
Je tiens à remercier en premier lieu, et tout particulièrement, mon directeur de thèse, le professeur
Ali LIMAM qui m’a proposé ce sujet de thèse et m’a permis ainsi d’intégrer son équipe. Il a suivi de
près mon travail avec beaucoup de patience et de disponibilité, son soutien permanent et sa passion
pour la recherche m’ont encouragé et aider à surmonter les difficultés rencontrées durant la thèse.
Sans son aide précieuse, je n’aurai sans doute pas mené cette thèse jusqu’à son aboutissement.
Je tiens également à remercier tous les techniciens et l’ingénieur d’étude de la dalle d’essai, Romain
TRUNFIO, Mario MASAPPOLO et Emeric BRUYERE.
J’exprime ma sincère reconnaissance aux membres du jury, Monsieur le Président Mohammed HJIAJ
Messieurs les rapporteurs Hamid ZAHROUNI et Larbi EL BAKKALI, Mesdames les examinatrices
Laurence CURTIL et Tine TYSMANS, Messieurs les examinateurs Frédéric BUMBIELER et Tan Trung
BUI, qui ont sacrifié de leur temps précieux pour lire et évaluer mes travaux de thèse. Je souligne la
pleine et agréable collaboration avec Frédéric BUMBIELER de l’ANDRA, qui au-delà de son
investissement pour bien poser la problématique dans toute sa complexité, a aussi amené un regard
critique qui nous a permis d’approfondir les réponses amenées aux questions soulevées. Je remercie
aussi l’ANDRA pour le soutien financier, ce qui a permis entre autre de suffisamment investiguer
expérimentalement le sujet.
Enfin, je n’oublie pas mes amis et mes collègues de laboratoire pour leur aide surtout Ba-Linh, Ba-
Tam, Minh-Duc, Huu-Viet et Dinh-Cuong, leur cordialité et leur partage ont renforcé ma motivation
pour la thèse. Je remercie du fond du cœur ma femme et mon fils qui m’ont soutenu tout au long de
cette épreuve, sans leurs sacrifices et compréhension en particulier dans la dernière ligne droite, ce
travail n’aurait été aussi abouti. Enfin, ma profonde reconnaissance pour mes parents qui m’ont
toujours appuyé tout au long de mes études.
RESUME ........................................................................................................................................................................... 17
ABSTRACT ........................................................................................................................................................................ 18
Figure 17 : Théorie de Gerard [20]- Valeurs de en fonction de (pression latérale externe critique) .............................. 33
Figure 19 : Diagramme de Dow [48]- évolution de la pression critique ( ) en fonction du paramètre de Batdorf [41] ( )
comparaison avec les essais .................................................................................................................................................... 34
Figure 20 : Flambage sous vide d’un cylindre [49] ................................................................................................................... 36
Figure 21 : Résultats expérimentaux de Paor [49] ................................................................................................................... 37
Figure 22 : Flambage sous pression latérale uniforme pour un tube non-confiné [42] .......................................................... 37
Figure 23 : Influence du défaut initial sur la pression critique [53] .......................................................................................... 41
Figure 24 : Comparaison des théories de coque de FLUGGE et DONNELL [58] ........................................................................ 43
Figure 25 : Comparaison essais et théorie classique d’après YAMAKI [58] .............................................................................. 44
Figure 26 : Groupes de conditions aux limites ......................................................................................................................... 45
Figure 27 : Effet des conditions aux limites et des déformations précritiques [58] ................................................................. 46
Figure 42 : Charges de collapse fonction de l’excentricité Ξ 0 ou perte d’épaisseur pour un tube épais D/t=19.23. ............... 58
Figure 43 : Forme des défauts étudiés [66] .............................................................................................................................. 59
Figure 44 : Formule de défaut de corrosion locale [66] ........................................................................................................... 59
Figure 45 : Effet d’un défaut d’épaisseur axisymétrique : Etude de la longueur d’onde axiale du défaut pour différentes
amplitudes du défaut d’épaisseur [66]. ................................................................................................................................... 60
Figure 46 : Effet d’un défaut d’épaisseur non-axisymétrique : Effet de la longueur d’onde azimutale pour différentes
amplitudes du défaut [66]....................................................................................................................................................... 60
Figure 47 : Charges critiques et modes de flambage [66]. ....................................................................................................... 61
Figure 48 : Modes de flambage obtenus sur un tube avec imperfection d’épaisseur [66]. ..................................................... 61
Figure 49 : Flambage dit «single lobe », (a) Déformée de pipeline endommagé [36], (b) Test selon Omara et al [72]. ......... 62
Figure 50 : Modèle de Glock [36] ............................................................................................................................................ 63
Figure 51 : Flambage sous pression latérale uniforme pour un tube non-confiné [42] ........................................................... 63
Figure 123 : Mode de flambage du spécimen S.4 (coque avec confinement total, n=2, avec band d’adhésive double face)103
Figure 124 : Histoires de pression et de jauges de déformation pour spécimen S.5 (coque avec confinement total, n=4, sans
band d’adhésive double face) ................................................................................................................................................ 103
Figure 125 : Courbes de pression externe versus jauges de déformation pour le spécimen S.5 (coque avec confinement total,
n=4, sans band d’adhésive double face) ................................................................................................................................ 104
Figure 126. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque S.5 ........................................................................ 104
Figure 127 : Mode de flambage du spécimen S.5 (coque avec confinement total, n=4, sans band d’adhésive double face) 104
Figure 128 : Histoires de pression et de jauges de déformation pour spécimen S.6 (coque avec confinement total, n=4, avec
band d’adhésive double face) ................................................................................................................................................ 105
Figure 129 : Courbes de pression externe versus jauges de déformation pour le spécimen S.6 (coque avec confinement total,
n=4, avec band d’adhésive double face) ................................................................................................................................ 105
Figure 130. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque S.6 ........................................................................ 105
Figure 131 : Mode de flambage du spécimen S.6 (coque avec confinement total, n=4, avec band d’adhésive double face)106
Figure 132 : Pression hydrostatique (cas S3) ......................................................................................................................... 106
Figure 133 : Comparaison de la charge critique de flambage initial avec la valeur moyenne des prévisions théoriques
(références citées [102], [103] et [100])................................................................................................................................. 107
Figure 134 : Tube avec ligne de soudage et l’enveloppe gonflable ....................................................................................... 109
Figure 135 : Frettes (mors) assurant la condition aux limites du tube ................................................................................... 109
Figure 136 : (a) Enceinte extérieure ou tube externe, (b) Tube externe + coussin gonflable, (c) idem + tube à tester, (c) sable
fin ........................................................................................................................................................................................... 110
Figure 137 : Matériau assurant le confinement externe: sable fin sec .................................................................................. 110
Figure 138 : Eprouvette de traction (mm).............................................................................................................................. 111
Figure 139 : Eprouvette équipée de jauges et de l’extensomètre .......................................................................................... 112
Figure 140 : Courbe de traction du matériau de l’acier DC01 ................................................................................................ 112
Figure 141 : Banc de mesure des défauts géométriques ....................................................................................................... 114
Figure 142 : Géométrie réelle traité via le logiciel Matlab pour la coque CL01 ..................................................................... 115
Figure 143 : Mesure des profondeurs de fossettes initiales [105] .............................................................................. 115
Figure 144 : Evaluation de la qualité des coques selon l’Eurocode 3 ..................................................................................... 116
Figure 145 : Tube avec jauge, (a) éprouvette, (b) position de la jauge .................................................................................. 116
Figure 146 : Banc d’essai ....................................................................................................................................................... 117
Figure 147 : Banc + caméra et spot d’éclairage ..................................................................................................................... 118
Figure 148 : Schémas du banc d’essai.................................................................................................................................... 118
Figure 149 : Bans d’essais et dispositions des éléments constitutifs, a) Tube externe + coussin gonflable + enveloppe
métallique, (b) idem + tube à tester, (c) idem + sable sec ..................................................................................................... 120
Figure 150 : Mode de flambage observé à l’extérieur et intérieur du tube CL01................................................................... 121
Figure 151 : Mode de flambage observé depuis l’intérieur du tube CL02.............................................................................. 121
Figure 152 : Mode de flambage observé à l’extérieur du tube CL02 ..................................................................................... 121
Figure 153 : Coque cylindrique avec frettes aux extrémités .................................................................................................. 122
Figure 154 : Modèle sans enveloppe métallique, (a) tube externe + coussin gonflable, (b) idem + tube à tester, c) banc +
caméra et spot d’éclairage .................................................................................................................................................... 122
Figure 155 : Courbes pression eau-temps, déformation-temps, coque CL03 ......................................................................... 123
Figure 156 : Courbes pression versus déformation des jauges, coque CL03 .......................................................................... 123
Figure 157. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque CL03...................................................................... 123
Figure 158 : Observation de la déformée du tube CL03 juste après l’essai ............................................................................ 124
Figure 159 : Mode de flambage observé à l’intérieur du tube CL03 ...................................................................................... 124
Figure 160 : Mode de flambage observé à l’extérieur du tube CL03 ..................................................................................... 124
Figure 161 : Courbes pression versus temps, et déformation versus temps, coque CL04 ...................................................... 125
Figure 162 : Courbes pression versus déformation des jauges (coque CL04)......................................................................... 125
Figure 163. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque CL04...................................................................... 125
10
Figure 164 : Déformée du tube CL04 juste après l’essai ........................................................................................................ 126
Figure 165 : Mode de flambage observé de l’extérieur (tube CL04) ...................................................................................... 126
Figure 166 : Courbes pression versus temps, et déformation versus temps, coque CL05 ...................................................... 127
Figure 167 : Courbes pression versus déformation des jauges, coque CL05 .......................................................................... 127
Figure 168. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque CL05...................................................................... 127
Figure 169 : Déformée du tube CL05 juste après l’essai ........................................................................................................ 128
Figure 170 : Mode de flambage observé à l’extérieur du tube CL05 ..................................................................................... 128
Figure 171 : Courbes pression versus temps (CL03, CL04 et CL05)......................................................................................... 128
Figure 172 : Courbes pression versus déformation moyenne des jauges, CL03, CL04 et CL05 .............................................. 129
Figure 173. Superposition de la courbe pression eau dans coussin, pression calculée à partir de déformation moyenne
versus le temps, coque CL03, CL04, CL05 ............................................................................................................................... 129
Figure 174. Superposition de la courbe pression eau dans coussin, pression calculée à partir de déformation minimale
versus le temps, coque CL03, CL04, CL05 ............................................................................................................................... 130
Figure 175 : Mode de flambage observé à l’intérieur (CL03, CL04 et CL05) .......................................................................... 130
Figure 176 : Mode de flambage observé de l’extérieur (CL03, CL04 et CL05) ........................................................................ 130
Dans cette configuration, le matériau assurant le confinement est comme précédemment un sable fin sec (Figure 137a).
Afin de mieux comprendre le rôle de la rigidité (changement du matériau de l’interface) du contact entre le tube et le
confinement externe, deux tubes sont testés avec deux différentes configurations du renforcement. On a collé une plaque
courbe (pour la coque CL06) et le polystyrène (pour la coque CL07) à l’aide d’une bande d’adhésive double face sur la ligne
de soudage du tube. Dans cette étude, nous considérons tout d’abord 70mm de largeur circonférentielle, 0.8mm de
l’épaisseur de la plaque en acier standard laminé à froid DC01 et 160mm de largeur circonférentielle, 13.6mm de
l’épaisseur de polystyrène (Figure 177). Figure 177 : Renforcement sur ligne de soudage de la coque ................................ 131
Figure 178 : Courbes pression-temps, déformation-temps, coque CL06................................................................................ 132
Figure 179 : Courbes pression-déformation des jauges, coque CL06 ..................................................................................... 132
Figure 180. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque CL06...................................................................... 132
Figure 181 : Déformée du tube CL06 après essai ................................................................................................................... 133
Figure 182 : Mode de flambage du tube CL06 ....................................................................................................................... 133
Figure 183 : Courbes pression eau-déformation des jauges, coque CL07 .............................................................................. 133
Figure 184 : Courbes pression eau-temps, déformation-temps, coque CL07 ......................................................................... 134
Figure 185. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque CL07...................................................................... 134
Figure 186 : Déformée du tube CL07 après essai ................................................................................................................... 134
Figure 187 : Mode de flambage du tube CL07 ....................................................................................................................... 135
Figure 188 : Courbes pression eau-moyenne des déformations des jauges, CL06, CL07 ....................................................... 135
Figure 189 : Matériau de confinement sable mouillé (juste après essai) ............................................................................... 136
Figure 190 : Courbes pression eau-temps, déformation-temps, coque CL08 ......................................................................... 136
Figure 191 : Courbes pression eau-déformation des jauges, coque CL08 .............................................................................. 136
Figure 192. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque CL08...................................................................... 137
Figure 193 : Mode de flambage observé à l’extérieur et à l’intérieur du tube CL08 .............................................................. 137
Figure 194 : Courbes pression eau-temps, déformation-temps, coque CL09 ......................................................................... 137
Figure 195 : Courbes pression eau-déformation des jauges, coque CL09 .............................................................................. 138
Figure 196. Superposition de la courbe pression versus le temps, coque CL09...................................................................... 138
Figure 197 : Mode de flambage observé à l’extérieur et à l’intérieur du tube CL09 .............................................................. 138
Figure 198 : Courbes pression eau-temps, déformation-temps, coque CL10 ......................................................................... 139
Figure 199 : Courbes pression eau-déformation des jauges, coque CL10 .............................................................................. 139
Figure 199 : Courbes pression eau-temps, coque CL10 .......................................................................................................... 139
Figure 200 : Mode de flambage observé à l’extérieur et à l’intérieur du tube CL10 .............................................................. 140
Figure 201 : Courbes pression eau-temps des tubes CL08, CL09 et CL10 ............................................................................... 140
Figure 202 : Courbes pression eau-moyenne des déformations des jauges, CL08, CL09 et CL10 .......................................... 140
11
Figure 203. Superposition de la courbe pression eau dans coussin, pression calculée à partir de déformation moyenne
versus le temps, coque CL08, CL09, CL10 ............................................................................................................................... 141
Figure 204. Superposition de la courbe pression eau dans coussin, pression calculée à partir de déformation minimale
versus le temps, coque CL08, CL09, CL10 ............................................................................................................................... 141
Figure 205 : Mode de flambage observé à l’intérieur des tubes CL08, CL09 et CL10 ............................................................. 141
Figure 206 : Mode de flambage des tubes CL08, CL09 et CL10.............................................................................................. 142
Figure 207 : Bilan de la pression critique pour différentes configurations (C : configuration)............................................... 142
Figure 208 : Modèles étudiés: a) Coque cylindrique sans confinement, b) Coque cylindrique avec confinement local
(polystyrène expansé), c) Coque cylindrique avec confinement total .................................................................................... 145
Figure 209 : Type du chargement .......................................................................................................................................... 145
Figure 210 : Déformée des spécimens S.2 et S.4 en observant à la section Z=h/2 ................................................................. 146
Figure 211 : Déformée prédite en phase de flambage élastique sur la coque seule (spécimen S.1). (a) montre une vue en
plan et (b, c) montre une élévation. Les deux extrémités de la coque et le confinement externe sont enlevés pour la clarté
visuelle. Déplacements 40 × ................................................................................................................................................... 146
Figure 212 : Snap-through à six lobes de la coque seule (spécimen S.1). (a) montre une vue en plan et (b, c) montre une
élévation. Les extrémités du cylindre et le confinement externe sont enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 5 × ..... 146
Figure 213 : Déformée prédite en phase de flambage élastique sur la coque avec confinement local (spécimen S.2). (a)
montre une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les deux extrémités de la coque et le confinement externe sont
enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 40 × ................................................................................................................ 147
Figure 214 : Snap-through à six lobes de la coque avec confinement local (spécimen S.2). (a) montre une vue en plan et (b,
c) montre une élévation. Les extrémités du cylindre et le confinement externe sont enlevés pour la clarté visuelle.
Déplacements 5 × ................................................................................................................................................................... 147
Figure 215 : Déformée prédite en phase de flambage élastique sur la coque avec confinement total (spécimen S.3). (a)
montre une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les deux extrémités de la coque et le confinement externe sont
enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 40 × ................................................................................................................ 147
Figure 216 : Snap-through à six lobes de la coque avec confinement total (spécimen S.3). (a) montre une vue en plan et (b,
c) montre une élévation. Les extrémités du cylindre et le confinement externe sont enlevés pour la clarté visuelle.
Déplacements 5 × ................................................................................................................................................................... 148
Figure 217 : Déformée prédite en phase de flambage élastique sur la coque avec confinement total (spécimen S.4). (a)
montre une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les deux extrémités de la coque et le confinement externe sont
enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 40 × ................................................................................................................ 148
Figure 218 : Snap-through à six lobes de la coque avec confinement total (spécimen S.4). (a) montre une vue en plan et (b,
c) montre une élévation. Les extrémités du cylindre et le confinement externe sont enlevés pour la clarté visuelle.
Déplacements 5 × ................................................................................................................................................................... 148
Figure 219 : Comparaison de la charge critique avec les prévisions théoriques (cite par [102], [103] et [100]) ................... 150
Figure 220 : Courbe de traction du matériau de l’acier DC01 ................................................................................................ 152
Figure 221 : Modèle du tube sans confinement, pression latérale ........................................................................................ 153
Figure 222 : Déformée du tube sans confinement, pression latérale, méthode Buckle ......................................................... 153
Figure 223 : Déformée du tube sans confinement, pression latérale, méthode « Riks modifié » .......................................... 154
Figure 224 : Forme de la coque et du confinement sur modèle étudié .................................................................................. 155
Figure 225 : Configuration du contact S-V-S entre coque-confinement externe, confinement externe-anneau rigide ......... 155
Figure 226 : Conditions aux limites et chargement................................................................................................................ 156
Figure 227 : Deux configurations du chargement .................................................................................................................. 156
Figure 228 : Solution du maillage de la coque, du confinement et de l’anneau rigide .......................................................... 157
Figure 229 : Superposition de la courbe pression versus déplacement radial du point A ...................................................... 158
Figure 230 : Déformée de la coque avec confinement (E’=1000MPa, épaisseur 20mm) ....................................................... 158
Figure 231 : Mode de flambage, le confinement (E’=1000MPa, épaisseur 20mm) est apuré pour clarté............................. 158
Figure 232 : Pression critique en fonction de la rigidité du confinement pour la configuration 1, tc=20mm......................... 159
Figure 233 : Pression critique en fonction de la rigidité du confinement pour la configuration 1, tc=40mm......................... 160
12
Figure 234. Courbe pression calculée à partir de la contrainte moyenne sur la paroi du tube versus rigidité du confinement
pour différentes épaisseurs du confinement, configuration 1 ............................................................................................... 160
Figure 235 : Comparaison de la pression critique de la coque pour deux configurations du chargement ............................ 161
Figure 236 : Modes de flambage vers l’intérieur de la coque, effet du mode de chargement et de la rigidité du confinement
(épaisseur 20mm). (Confinement et anneaux rigides sont apurés pour une meilleure lisibilité) ........................................... 161
Figure 237 : Pression critique en fonction du frottement du contact pour la configuration 1 ............................................... 162
Figure 238 : Modes de collapse pour différentes valeur du frottement. (Le confinement de module E’=10 Mpa, tc=20mm et
l’anneau rigide sont apurés pour un meilleur rendu visuel, configuration 1) ........................................................................ 162
Figure 239: Courbe de traction conventionnelle du matériau API 5L X65 ............................................................................. 164
Figure 240 : Forme du tube et du confinement sur modèle étudié ........................................................................................ 166
Figure 241 : Solution optimisée du contact entre le tube et le corps externe ........................................................................ 167
Figure 242 : Conditions aux limites et chargement................................................................................................................ 168
Figure 243 : Elément en contrainte plane CPE4R avec 1 point d’intégration......................................................................... 168
Figure 244 : Modèle étudié (Maillage du tube et du confinement) ....................................................................................... 169
Figure 245 : Mode critique du tube élastique sans confinement ........................................................................................... 170
Figure 246 : Comportement du tube élasto-plastique non-confiné ....................................................................................... 171
Figure 247 : Evolution de la déformée du tube élasto-plastique non-confiné ....................................................................... 171
Figure 248 : Comportement du tube élastique confiné par un matériau infiniment rigide ................................................... 173
Figure 249 : Evolution de la déformée du tube élastique confiné par un matériau infiniment rigide ................................... 174
Figure 250 : Comportement du tube élasto-plastique confiné par un matériau infiniment rigide ........................................ 174
Figure 251 : Evolution de la déformée du tube élasto-plastique confiné par un matériau infiniment rigide ........................ 175
Figure 252 : Mode de collapse du tube élastique et élasto-plastique confiné par un matériau infiniment rigide................. 175
Figure 253 : Différents épaisseurs du confinement externe................................................................................................... 177
Figure 254 : Effet de l’épaisseur du confinement externe sur le flambage mono-lobe du tube ............................................ 177
Figure 255 : Déformée du tube en fonction de l’épaissuer du confinement .......................................................................... 178
Figure 256 : Effet de la rigidité du confinement externe........................................................................................................ 179
Figure 257 : Charge collapse du tube en fonction de frottement du contact ........................................................................ 180
Figure 258. Modèle étudié des multi-lobes ............................................................................................................................ 180
Figure 259 : Réponse du tube en fonction du nombre de « lobes » ....................................................................................... 181
Figure 260 : Déformée du tube avec différents nombreuses de « lobe » ............................................................................... 181
Figure 261 : Défaut de corrosion localisée extérieure, implanté au sommet du tube ........................................................... 182
Figure 262 : Modèles étudiés dans le cas du tube corrodé mais sans confinement .............................................................. 183
Figure 263 : Pression de collapse en fonction de c/πD........................................................................................................... 183
Figure 264 : Différents modes de collapse du tube corrode et non confiné ........................................................................... 184
Figure 265 : Modes de collapse du tube non confiné avec défaut de corrosion localisée (d/t=0.2) ...................................... 184
Figure 266 : Modes de collapse du tube non confiné avec défaut de corrosion localisée (d/t=0.4) ...................................... 184
Figure 267 : Modes de collapse du tube non confiné avec défaut de corrosion localisée (d/t=0.6) ...................................... 185
Figure 268 : Modes de collapse du tube non confiné avec défaut de corrosion localisée (d/t=0.8) ...................................... 185
Figure 269 : Tube avec défaut de corrosion localisé : d/t=0.6, c/πD=0.1 Configurations « sans contact » et « avec contact »
entre la couche corrodée et le confinement externe ............................................................................................................. 186
Figure 270 : Effet du défaut de corrosion sur la charge de collapse du tube confiné ............................................................ 187
Figure 271 : Evolution de la charge de collapse du tube confiné en fonction du défaut de corrosion ................................... 187
Figure 272 : Modes de collapse du tube confiné avec défaut de corrosion localisée d/t=0.6 ................................................ 188
Figure 273 : Evolution des charges de collapse du tube non confine en fonction de l’épaisseur ........................................... 189
Figure 274 : Déformation des tubes élastiques non confinés pour différents épaisseur ....................................................... 190
Figure 275 : Modèles étudiés avec différents épaisseurs du tube ......................................................................................... 190
Figure 276 : Evaluation de la charge de collapse pour différents épaisseurs du tube ........................................................... 191
Figure 277 : Exemple de la déformée du tube avec ses différents épaisseurs ....................................................................... 191
Figure 278 : Comportement du tube élasto-plastique confiné avec effet de la thermique.................................................... 193
13
Figure 279 : Evolution de la pression de collapse du tube confiné en fonction de la thermique ........................................... 193
Figure 280 : Exemples de déformées du tube de 25mm d’épaisseur en fonction de la thermique ........................................ 193
Figure 281 : Modèles étudiés avec différentes épaisseurs du tube........................................................................................ 194
Figure 282 : Evolution de la charge de collapse en fonction de l’épaisseur du tube .............................................................. 194
Figure 283 : Evolution de la charge critique en fonction de la thermique et pour différentes épaisseurs ............................. 195
Figure 284 : D Déformées du tube pour différentes épaisseurs et ∆t=150°C ......................................................................... 195
Figure 285 : Description de l’imperfection géométrique de type d’ovalisation ..................................................................... 196
Figure 286 : Charge de collapse du tube avec défaut d’ovalisation et corrosion généralisée ............................................... 197
Figure 287 : Exemple de la déformée du tube avec la combinaison des défauts de l’ovalisation et corrosion généralisée .. 197
Figure 288 : Modèle étudié .................................................................................................................................................... 198
Figure 289 : Configuration du contact entre tube et confinement externe ........................................................................... 199
Figure 290 : Maillage du tube ................................................................................................................................................ 200
Figure 291 : Condition aux limites et chargement ................................................................................................................. 200
Figure 292 : Taille et forme du défaut de type « corrosion » localisée du tube sans confinement [1] ................................... 201
Figure 293 : Réponse du tube confiné avec défaut initial de type « corrosion » localisée ..................................................... 201
Figure 294 : Evolution de la déformée du tube confiné avec défaut initial de type « corrosion » localisée c/πD=0.1; d/t=0.3,
l/D=1 ...................................................................................................................................................................................... 202
Figure 295 : Flambage en mono-lobe du tube confiné avec défaut initial de type « corrosion » localisée c/πD=0.1; d/t=0.3,
l/D=1 ...................................................................................................................................................................................... 202
Figure 296 : Evolution de la charge de collapse du tube confiné avec défaut de corrosion localisée c/πD=0.05 fixe et d/t
variable .................................................................................................................................................................................. 203
Figure 297 : Déformation du tube confiné avec défaut de corrosion localisée c/πD=0.05, l=250mm ................................... 203
Figure 298 : Réponse du tube confiné .................................................................................................................................... 204
Figure 299 : Evaluation de la déformée du tube confiné ....................................................................................................... 204
Figure 300 : Flambage en mono-lobe du tube confiné .......................................................................................................... 204
Figure 301 : Evaluation de la charge de collapse avec différentes épaisseurs du tube confiné, pression externe ................ 205
Figure 302 : Déformées obtenues pour différentes épaisseurs .............................................................................................. 205
Figure 304 : Evaluation de la qualité des coques selon l’Eurocode 3 ..................................................................................... 215
Figure 307 : Géométrie réelle des coques .............................................................................................................................. 217
14
Tableau 1 : Comparaison des résultats analytiques, expérimentaux, et numériques selon Paor [49]..................................... 37
Tableau 2 : Définition et effet des conditions aux limites d’après SOBEL [61] ......................................................................... 45
Tableau 3 : Coefficients pour les différents types d’imperfection dans l’équation (1-76) [83] ; S.E est l’erreur standard ....... 66
Tableau 4. Coefficients à prendre en compte dans l’équation (1-77) [83] ............................................................................... 67
Tableau 5 : Coefficients pour les différents types d’imperfection dans l’équation (1-76) [83] ................................................ 79
Tableau 6 : Coefficients pour inclusion dans l’équation (1-77) [83] ......................................................................................... 82
Tableau 7 : Paramètres géométriques et matériaux de la coque cylindrique.......................................................................... 87
Tableau 8 : Paramètres géométriques et matériaux de la coque cylindrique.......................................................................... 93
Tableau 9 : Paramètres géométriques et matériaux des feuillards en polystyrène ................................................................. 93
Tableau 10 : Spécifications géométriques de coque cylindrique et de polystyrène expansé ................................................... 95
Tableau 11 : Bilan de la pression critique pour les six spécimens .......................................................................................... 106
Tableau 12 : Prédictions théoriques de codes de conception et des recommandations (cas S3-Tableau 2) ......................... 107
Tableau 13 : Caractéristiques géométriques des éprouvettes tubulaires .............................................................................. 110
Tableau 14 : Points définissant la courbe de traction, retenue pour le calcul numérique ..................................................... 113
Tableau 15 : Paramètres matériau acier standard laminé à froid DC01 ............................................................................... 113
16
Résumé
Motivé par des applications pratiques d'ingénierie, les coques cylindriques à parois minces sont très
largement utilisées comme éléments de structure. En raison de leur faible résistance à la flexion, ces
structures sont très sensibles au phénomène de flambage lorsqu'elles sont exposées à une charge de
pression externe. Une rigidification classique qui permet d’améliorer la capacité portante est
d’adjoindre des anneaux raidisseurs reliés par des longerons ou raidisseurs axiaux. Dans ces
configurations les éléments de raidissage sont partie intégrante de la structure avec une continuité de
matière. On peut se poser la question de l’effet de structures externes adjacentes contiguës mais non
continue assurant un contact externe surfacique total ou local. Il s’agit en l’occurrence de
configurations réelles, telle que celles des conduites enterrées, pipeline, ou encore le cas de
structures calorifugées. Cette étude vise à analyser ces cas de figures où la coque est en contact avec
un matériau qui la confine, et qu’elle subit une pression latérale externe. Les paramètres dont il faut
évaluer la sensibilité dans la problématique du flambage avec contact d’une coque sous pression
externe sont : Les conditions de contact entre les deux corps, avec la présence ou pas de frottement à
l’interface, la rigidité du matériau de confinement, les conditions de chargement, sachant que la
pression peut être directement appliquée à la coque comme elle peut être induite par le matériau de
confinement qui par retrait ou retreint ou convergence radiale induit des contraintes dans la coque,
et enfin l’effet des imperfections géométriques initiales qui dans les configurations plus classiques
(pas de contact) est drastique.
Pour répondre à ces questions, nous avons mené une campagne expérimentale où plusieurs
configurations de confinement sont considérées. La nature du milieu extérieur associé au
confinement et donc sa rigidité, le type de confinement, discret ou locale au bien total (surface
entière de la coque), sont évalués. La mise au point de bancs appropriés à ce type de problématique,
une instrumentation adéquate, couplant des mesures ponctuelles et de champ, nous ont permis de
correctement mettre en exergue la phénoménologie et de l’étudier finement.
La modélisation numérique est aussi menée en utilisant des outils de calcul par éléments finis à l’aide
du code de calcul Abaqus/Standard 6.12-3. Les simulations numériques intègrent les différentes non
linéarité en interaction dans ce problème, les grands déplacements et rotations du fait du flambage,
la non linéarité matériau, pour certains cas le flambage est plastique, mais aussi la non linéarité
induite par un contact évolutif. La modélisation est menée en 2D et 3D maillage, et dans ce dernier
cas soit à l’aide d’éléments de coque soit à l’aide d’éléments massifs, le but premier étant de
corroborer les observations expérimentales de façon plus ou moins fines.
Ces travaux montrent que même pour un confinement externe avec une très faible rigidité de
membrane, comme pour le sable ou le polystyrène expansé, un gain important de capacité portante
est observé, le flambage est retardé. L’augmentation est substantielle dans le cas d’un confinement
total, non négligeable et consistante dans le cas d’un confinement local. Nous avons aussi constaté
que la charge de flambage et le mode associé dépendent essentiellement de la configuration de
contact, en termes de rigidité, le frottement à l’interface n’a qu’une influence limitée.
Mots clés : Flambage avec contact, post-flambage, pression externe, renforcement, confinement local
ou total, flambage élastique, flambage plastique
Abstract
Motivated by practical engineering applications, thin-walled cylindrical shells are widely used as
structural elements. Because of their low flexural strength, these structures are very sensitive to
buckling when exposed to external pressur. Conventional stiffening which makes it possible to
improve the bearing capacity is to add stiffening rings connected by axial stiffeners or axial stiffeners.
In these configurations the stiffening elements are an integral part of the structure with a continuity
of material. One can ask the question of the effect of contiguous but non-continuous adjacent
external structures ensuring total or local surface external contact. These are real configurations, such
as those of buried pipelines, pipelines, or the case of insulated structures. This study aims to analyze
these cases where the shell is in contact with a material which confines it, and that it undergoes an
external lateral pressure. The contact conditions between the two bodies, whether rubbing or not,
the stiffness of the confinement as well as the loading conditions, the pressure which can be directly
applied to the shell as it may be induced by the confinement material which by withdrawal or
shrinkage or Radial convergence induces stresses, these are the parameters that we consider
essential for gauging the problem of buckling with contact of an external pressure shell. To answer
these questions, we conducted an experimental campaign where several configurations of
confinement are considered. The nature of the external environment associated with the
confinement and therefore its rigidity, the type of confinement, discrete local or the total property
(entire surface of the shell), are evaluated. Appropriate instrumentation, coupling point and field
measurements, has allowed us to correctly highlight the phenomenology. Numerical modeling is also
carried out using finite element method by Abaqus/Standard 6.12-3 code. Numerical simulations
integrate the different nonlinearities in this problem, large displacements and rotations due to
buckling, nonlinearity material, in some cases the buckling is plastic, but also the nonlinearity induced
by an evolutionary contact. The modeling is carried out in 2D and 3D mesh, and in the latter case
either by means of shell elements or by massive elements, the first aim being to corroborate the
experimental observations more or less precisely. This work shows that even for external confinement
with very low membrane rigidity, as for sand or expanded polystyrene, a significant gain in bearing
capacity is observed, the buckling is delayed. The increase is substantial in the case of a total
confinement which is not negligible and consistent in the case of local confinement. We have also
found that the buckling load and the associated mode depend on the contact configuration, in
particular the flexural rigidity of the confinement.
Key words: Buckling with contact, post-buckling, external pressure, strengthening, local or total
confinement, elastic buckling, plastic buckling
Introduction générale
Le Centre industriel de stockage géologique (CIGEO) permettra de stocker les déchets radioactifs de
Haute Activité (HA) dans des micro-tunnels borgnes appelés alvéoles qui seront chemisées à l’aide de
tubes épais en acier. La convergence de la roche induit forcément une contrainte circonférentielle de
compression au niveau de ce chemisage. Dès lors, la question de l’instabilité ou flambage de ces tubes
métalliques est légitime. Le chargement vu par le tube peut sans doute être approximé par une
pression latérale externe, l’éventuel flambage se ferait alors en la présence d’un contact surfacique.
L’ANDRA se pose la question d’un dimensionnement conservatif (sur une durée à minima de 100 ans
qui pourrait être étendue à 500 ans) de ces tubes vis-à-vis du flambage. Le temps intervient du fait
d’une définition temporelle du chargement, mais aussi du fait de la nécessité de tenir compte d’une
cinétique de perte d’épaisseur du tube liée à la corrosion (localisée ou généralisée) en fonction du
temps. Les problèmes de flambement de coques cylindriques (Figure 2) sont intensivement étudiés
dans la littérature depuis quelques décennies. Généralement, les cas de charge traités sont la pression
externe, la compression axiale, le cisaillement, la flexion, la thermique, ainsi que leurs interactions.
Mais la plupart des travaux publiés se focalisent sur le cas où la coque ne subit pas de contact sur sa
surface interne ou externe. En fait, très peu de travaux traitent du flambement de tubes avec contact
(coque confinée).
Figure 2 : Flambage sous pression externe de coque confinée : (a) tube ondulé [1], (b) liner de tunnel
(«single lobe») [2]
L’objet de cette recherche est de comprendre la problématique du flambage de coques ou tubes
confinés, d’abord sur le plan qualitatif en mettant en exergue la phénoménologie et les paramètres
sensibles, ensuite sur le plan quantitatif en s’appuyant sur des essais de qualités et sur la modélisation
numérique de ces essais et des résultats de la littérature. Préalablement, un état de l’art ou étude
bibliographique sur le flambage de coques avec contact, est mené. Puis l’approche expérimentale
avec des essais simplifiés, non parfaitement représentatif, va nous permettre d’une part de mettre en
exergue le phénomène, d’autre part d’étudier l’impact de divers paramètres pour en quantifier l’effet
de façon globale et de conclure quant à leur sensibilité. Enfin des essais de plus grande qualité, autant
sur les mesures que sur le protocole expérimental et sur la représentativité des essais, sont menés.
Puis, la simulation numérique, en non linéaire géométrique (flambage), en non linéaire matériau et
intégrant les non linéarité induites par les conditions aux limites de contact, est abordée en utilisant le
code de calcul Abaqus/Standard. Une fois les résultats des essais corroborés, la modélisation
numérique est intensivement utilisée pour peser la sensibilité de divers paramètres et élargir l’étude
au-delà des plages d’intérêt pour assurer le conservatisme des choix faits.
Le premier chapitre se focalise sur une étude bibliographique, nous déclinons de façon succincte les
concepts clés en relation avec notre travail de recherche. Les notions classiques de flambage sont
rappelées, essentiellement pour ce qui est des méthodes numériques dont on dispose pour
déterminer la charge critique de flambage. L’accent est plus particulièrement mis sur les approches et
les outils dont on dispose dans le code Abaqus/Standard. Puis nous discutons des caractéristiques des
configurations de contact, avec plus précisément les approches numériques pour le modéliser. La
comparaison des approches et modélisations proposées dans la littérature, nous permet les choix
pertinents pour traiter de notre problématique. Ce chapitre nous permet finalement de dresser un
état de l’art concernant le flambage sous contact selon la configuration du contact.
20
portée aux conditions aux limites, qui peuvent être sensibles selon les configurations, ainsi qu’au
système de mise en charge. Enfin le protocole d’essais rigoureusement respecté, et une
instrumentation pertinente permettent de vérifier les comportements précritique et critique. La
reproductibilité des essais est aussi démontrée, elle nous permettra alors d’envisager la simulation
numérique de façon robuste dans le chapitre suivant. Les résultats des essais menés sont exposés,
interprétés, et une étude paramétrique tente d’évaluer l’effet de la configuration du contact
(frottement du contact et rigidité du confinement).
Le troisième chapitre se focalise sur la modélisation numérique. Les calculs sont menés à l’aide du
code Abaqus/Standard avec le choix de l’approche par schéma implicite quasi-statique qui nous
semble incontournable pour l’étude du flambage. Par ailleurs, ce code permet la gestion des
problèmes de contact de façon optimale, ainsi que le calcul en non linéaire géométrique et matériau
tout en assurant la capture des comportements instables, ce qui permet la détection de l’instabilité et
donc l’évaluation de la charge de collapse et le mode de collapse associé. Nous détaillons d’abord la
configuration de calculs choisie et les paramètres matériau, le choix des éléments finis pour le
maillage du tube et du milieu confinant, le traitement du contact depuis son initiation jusqu’à sa
gestion lors de l’instabilité, la méthode de résolution. La comparaison entre les résultats
expérimentaux et numériques montre la pertinence du modèle utilisé. De nombreux calculs
paramétriques sont ensuite menés en 2D et en 3D pour étendre le domaine d’étude et bien quantifier
la sensibilité de divers paramètres afin de proposer in fine une méthode de design via le calcul qui soit
conservative. Nous finissons par rappeler les apports de cette étude mais aussi à en souligner les
manques, ce qui nous permet de proposer des perspectives, aussi bien sur le plan expérimental que
numérique.
21
1.2 Flambage
1.2.1 Introduction
Théoriquement, le flambage est un phénomène d’instabilité de la structure soumise à des contraintes
de compression agissant dans la surface moyenne. Autrement dit, c’est le phénomène
d’augmentation soudaine des déformations lorsque la charge dépasse une certaine valeur [3].
Pratiquement, le flambage est un processus au cours duquel une structure soumise à un chargement,
subit un changement important de forme lié aux effets géométriques non linéaires. La charge critique
de flambage est la valeur de la sollicitation à partir de laquelle un accroissement de charge infiniment
petit se traduit par d’important changement de forme de la structure, la configuration obtenue est
appelée mode de flambage.
Le deuxième cas (Figure 3b) correspond au cas d’une coque cylindrique sous compression axiale, en
l’absence d’imperfections géométriques initiales. Elle se déforme en gardant globalement la symétrie
de révolution dans la configuration initiale I, et elle prend une forme flambée en perdant la symétrie
de révolution (configuration II). Sur la Figure 3b, l’équilibre est assuré sur la branche OA ( ). Sur
la branche AB, la structure passe de sa forme fondamentale à une forme flambé qui est instable sur la
branche AA’ et qui est stable sur la branche A’B pour .
Le troisième cas est présenté sur la Figure 3c, il traduit le retournement soudain d’une calotte
sphérique sous pression externe. Ce type de flambage est dit par point limite (point A). La rigidité de
la structure s’annule au point A et la configuration d’équilibre devient instable.
Le calcul de pré-flambage, cette étape n’est pas spécifique, elle correspond en fait tout
simplement en un tir élastique.
Le calcul de la charge critique ou charge de flambage est mené en se basant sur l’une des
méthodes décrites ci-après :
23
• Résolution directe des équations différentielles de l’équilibre adjacent, avec comme résultat
les valeurs exactes des charges critiques. Elle ne peut être utilisée que pour des problèmes
de flambement simples, et donc pour un nombre de cas relativement restreint.
• Utilisation de méthodes qui sont basées sur les méthodes énergétiques et qui conduisent à des
solutions approchées des problèmes de flambement. Elle est utilisée pour les cas où il n’est
pas possible d’obtenir une forme générale des solutions aux équations différentielles de
l’équilibre [4].
Détermination du comportement post-flambage au voisinage du point critique et au-delà, en
particulier les comportements de type snap-through ou snap-back (Figure 4). Ils sont décrits par
le traitement des non-linéarité associées [5]. Sur le schéma implicite, on peut déterminer le point
critique par la méthode de Newton [4] et par l’étude de Jorabchi [6] via le pilotage en
déplacement [7][8], le contrôle de l’énergie [9][10], le contrôle de la longueur d’arc [11] [12], la
technique d’amortissement [13]. Parmi ces méthodes, les deux techniques longueurs d’arc et
amortissement, sont les plus utilisées dans les codes de calcul industriels basés sur la méthode
des éléments finis tels que les logiciels Abaqus, Ansys….
(1-1)
(1-2)
Où : Vecteur des forces résiduelles
Vecteur des forces internes
Vecteur des forces extérieures
24
25
Dans le code Abaqus, la méthode d’amortissement semble convenable à la fois aux instabilités
globales et locales. Au contraire, la technique de Riks modifiée est plutôt applicable aux cas de
flambages globaux et moins pratiques dans le cas de flambages locaux amenant des adoucissements
dans la courbe caractéristique force-flèche.
La résolution du problème de contact dans Abaqus repose sur la définition de deux surfaces
potentiellement en contact. L’une est maître et l’autre esclave, sachant qu’elles ne peuvent pas
s’interpénétrer. Le contact devra permettre de transmettre les efforts de l’une à l’autre. Le contact
peut mobiliser la contrainte normale seule, ou à la fois la contrainte normale et tangentielle s’il y a
présence de frottement.
26
Elle réduit à la fois, la possible grande pénétration localisée associée à la N-V-S, la sensibilité du rôle
des surfaces esclaves et surfaces maîtres, et la sensibilité à la densité de maillage. Les efforts de
contact sont transmis de façon plus précise et les perturbations numériques liées à la gestion du
contact sont lissées. La vitesse de convergence augmente considérablement. Donc, la S-V-S est
recommandée pour tous les problèmes de contact sauf le cas spécifique du contact point-vers-
surface. En général, les deux surfaces de contact ont des propriétés mécaniques et des maillages
différents, la règle est que la surface « maître » est choisie comme la plus rigide et son maillage est
plus grossier que celui de la surface esclave, ceci pour assurer une meilleure qualité de la solution.
(a) (b)
Figure 8 : Type de contact (a) nœud-vers-surface (N-V-S), (b) surface-vers-surface (S-V-S) [21]
Dans l'approche de Wilkins [29], la condition aux limites de type pression est appliquée à chaque
élément de la surface maître sur la base de l'état de contrainte dans les éléments esclaves et à travers
le centre des éléments maîtres (Figure 9). La pression des éléments dans la surface maître est donnée
par :
(1.2-3)
27
Concernant le problème du contact, Moirot [30] a utilisé les éléments volumiques pour faire l’étude
des instabilités des disques de freinage subissant le frottement. Cosaque [31] a comparé la
performance entre des éléments coques conventionnels (S4R), des éléments coques volumiques
(SC8R) et des éléments solides (C3D8R), tous disponibles dans le code Abaqus, pour la modélisation
de la flexion des tubes et en tenant compte du contact. Il a montré que le choix d’élément a un
impact non négligeable sur la qualité du résultat simulé.
Vasilikis [32] [33] et Bai [34] ont mené une campagne de modélisations numériques à l’aide de la MEF
par la technique de Riks modifiée. Ils ont utilisé les éléments de coques conventionnels (S4R) et des
éléments solides (C3D8R) pour modéliser le milieu externe , pour déterminer la charge critique d’un
tube élastique confiné par un corps déformable (de module d’Young ) (étude de Jeyapalan [35]). Ses
résultats nous indiquent que la pression critique à l’aide la MEF par la technique de « Riks modifiée »
colle avec la solution analytique de Glock [36] et El-Sawy & Moore et Glock, [37]. . Mais l’élément S4R
est moins précis dans le traitement du contact, et l’élément C3D8R est plus rigide que les éléments de
coque pour le problème de flexion des tubes. Ce comparaison de la pression critique pour quatre
valeurs D/t est représentée Figure 10 et Figure 11. Il serait intéressant de confirmer cette tendance en
augmentant le nombre de cas de calculs, afin d’avoir une description plus fine du comportement
(chute de la charge critique) et ceci pour différents rapports géométriques D/t et pour différents
matériaux.
Figure 10 : Comparaison entre résultats numériques de Vasilikis et Karamanos [32] [33] et la formule
de El-Sawy & Moore et Glock, [37]
28
Figure 11 : Comparaison de la charge critique selon MEF de Bai [34] (méthode « Riks modifiée ») et
solution analytique de Glock [36]. ϕK = rapport de rigidité de flexion du confinement sur celle du tube
Zhaochao [38] a utilisé les éléments de déformation plane CPE8R pour modéliser le comportement
d’une coque confinée soumise à pression externe, il a utilisé la méthode Riks pour le suivi de branche.
Pour vérifier l'exactitude de la formule d’El-Sawy & Moore, il a développé une modélisation
numérique 2D par éléments finis, qu’il compare toutes deux à la formule analytique. La modélisation
éléments finis 2D et la formule d’El-Sawy & Moore sont en bonne concordance avec les résultats de la
formule analytique (Figure 12).
Figure 12 : Comparaison entre les résultats numériques (Elément CPE8R) de Zhaochao [38], la formule
de El-Sawy & Moore et la solution analytique [38] ; m=0 indique que l’épaisseur du tube est uniforme
29
1.3.1 Introduction
Cette étude dresse un état de l’art concernant le flambage de coques cylindriques sous pression
externe. Après avoir détaillé la formulation de la pression critique dans le cas du flambage élastique
de VON MISES [39], DONNELL[40], BATDORF [41], TIMOSHENKO [42], l’accent est mis sur les coques
épaisses en particulier les structures tubulaires qui flambent plastiquement. Puis la sensibilité à divers
paramètres est passée en revue, en particulier l’effet des conditions aux limites, celui des défauts
géométriques et plus spécifiquement l’effet d’une ovalisation initiale, enfin l’effet des défauts
d’épaisseur.
ny πx
u1 = A sin sin
R L
ny πx
v1 = B cos cos (1-4)
R L
ny πx
w1 = C sin cos
R L
Où :
Champ de déplacement
Système de coordonées
Longueur du cylindre [mm]
Rayon moyen du cylindre [mm]
Epaisseur de paroi du cylindre [mm]
−L L
Cette solution est compatible sur <x< avec une condition aux limites de type appui simple
2 2
L
( v1 = w1 = w1,xx = 0 pour x = ± ).
2
Le résolution non triviale des équations d’équilibre de coque conduit à un système d’équations
homogènes en A, B, C, dont la résolution conduit à une expression reliant la charge critique au mode
n considéré.
30
3
2
t n − 1 + 2n − 1 − ν + Et
2
E 1
PcrL =
(
12 1 − ν R
2
)
2
( )(
β − 1 R n − 1 1 + β2
2
)
2 (1-5)
3
1
2
E 1 t 4 E t 1
1 − 2n + n 1 + 2 +
PcrH =
(
12 1 − ν 2 ) n
2
n2 + 0,5 − 1
R
β n
2
n2 + 0,5 − 1
R β 2 + n2 ( )
2 (1-6)
β β
nL
Avec β =
πR
Nous rappelons ci-dessous à quoi correspondent les configurations pression latérale et pression
hydrostatique :
L’approche théorique classique développée par VON MISES [39] n’est cependant pas valable dans
tous les cas de figure. Elle suppose en effet un état précritique membranaire, et des conditions aux
limites d’appuis simples. Toutefois, dans la pratique, les formules précédentes sont souvent utilisées
pour des calculs de pré dimensionnement.
Selon les dimensions de la coque cylindrique R/t et L/R, diverses approximations et simplifications des
précédentes expressions sont établies. Un excellent résumé est rappelé dans les références [43] et
[44]. Les différentes approximations dépendent d’un paramètre géométrique dont l’expression est :
[( )]
1
L
ψ = 3 1 − ν2 4 ⋅ (1-7)
Rt
31
déplacement , cinématiquement admissible avec les conditions aux limites de type appui simple,
de la forme :
nπx ny
w1 = w 0 sin sin (1-8)
2 R
Il obtient une expression de la pression critique en fonction d’un paramètre géométrique Z appelé
facteur de forme mais aussi paramètre de BATDORF [41].
Pcr =
(
π2D 1 + β2 )
2
+
12 Z2
(1-9)
RL2 β2
( )
π4β2 1 + β2
2
L2 nL Et 3
Avec Z = 1 − ν2 , β= et D = représente la rigidité flexionnelle de la coque.
Rt πR 12(1 − ν 2 )
PcrRL2
kp = (1-10)
∏2 D
La comparaison de la formule de BATDORF à celle de VON MISES est présentée ci-dessous.
Pour les coques cylindriques dont le paramètre Z est supérieur à 100, les deux formules coïncidentes.
Pour rappel, les tubes à considérer ayant un paramètre de BATDORF très supérieur à 100, les deux
approches sont équivalentes.
32
(1-11)
Figure 15 : Théorie de Gerard [20]- Valeurs de en fonction de (pression latérale externe critique)
33
(1-12)
Avec
34
La valeur critique de la pression peut être obtenue en minimisant l’expression (1-12) par rapport au
mode critique circonférentiel.
Plusieurs solutions approchées de la pression critique et du mode critique circonférentiel, ont été
proposées en fonction des paramètres géométriques caractérisant la coque cylindrique comme le
rapport (L⁄R) et (R⁄t). A titre indicatif, nous citons la solution proposée par BATDORF [8] en raison du
paramètre Z qui est devenu universel pour identifier les coques cylindriques. Considérons l’équation
découplée de la stabilité de coques surbaissées, connue sous le nom d’équation de DONNELL :
(1-13)
(1-14)
En introduisant la solution dans l’équation (1-13), la pression externe s’écrit sous la forme :
(1-15)
Avec , et (1-16)
En minimisant par rapport à , considéré comme variable, la pression critique externe peut être
déduite en fonction de .
(1-17)
Si , on a (1-18)
Pression externe critique :
35
(1-19)
Si , on a (1-20)
Où :
Ces relations peuvent être utilisées pour un calcul de pré-dimensionnement et pour calculer la valeur
en considérant un coefficient multiplicateur selon les différentes conditions aux limites.
Paor [49] et [Link] [50] ont utilisé la formule (1-19) pour calculer la pression critique de flambage
de cylindres à paroi mince (230mm de longueur, 0.22mm d’épaisseur, et 88.2mm de rayon moyen)
(Figure 18) soumis au vide. Les résultats d’essais sont présentés Figure 19.
36
Tableau 1 : Comparaison des résultats analytiques, expérimentaux, et numériques selon Paor [49]
Figure 20 : Flambage sous pression latérale uniforme pour un tube non-confiné [42]
37
(1-21)
( )′ = ∂( ) = d
( ) (1-24)
∂θ dθ
La cinématique ici considérée est compatible aux équations de SANDERS.
[ ] ( )
2π 2π
1 1 2
V= ∫ 2 Nθθεθθ + Mθθχθθ Rdθ + PR ∫ w + 2R v + w − vw′ + v′w dθ (1-25)
0 2
0 0
t/2
Et 3
Mθθ = ∫ σθθzdz =
(
12 1 − ν 2 )χ θθ = Dχθθ (1-27)
−t / 2
38
v − w′
Avec β= qui représente la rotation de la normale à la surface moyenne.
R
w0
Nθθ = −PR et ε0θθ = (1-29)
R
Le problème de bifurcation d’équilibre est traité en considérant une perturbation de l’état
précritique. Le champ cinématique associé à l’équilibre est perturbé par un mode de flambage
caractérisé par la donnée de (~ ~ ).
v, w
RN'θθ + M'θθ = 0
~ ~''
v '− w (1-30)
M'θθ
'
− RNθθ + PR 2 − PR(~ ~)= 0
v '+ w
R
~ ~'
v '+ w ~ ~''
v '− w
avec ε 0θθ = et χ θθ =
R R2 (1-31)
(
n 1 + ρn2 )
n2 (1 + ρ) a
=0 (1-33)
( ) ( 2
1 + ρn − γ n − 1 n 1 + ρn b
4 2
) ( )
( )
2
D 1t
et γ = PR 1 − ν
2
avec ρ = 2
= (1-34)
CR 12 R Et
Pour obtenir une solution autre que la réponse fondamentale (solution triviale) nous annulons le
déterminant du système. Nous obtenons ainsi :
(n − 1) 2
t E
3
Pn =
12(1 + ρ) 1 − ν R
2
( ) n=2, 3, …
(1-35)
(n 2
−1 )
Et 3
(1-36)
Pn =
(
12 1 − ν 2 R3 )
39
La plus petite charge critique correspond au mode 2 (ovalisation). Elle est donnée par l’expression :
3 3
Et 2E t
D avec D0 = 2R
(1-37)
Pc =
( 2
)
=
4 1− ν R 1 − ν2 ( ) 0
C’est la formule donnée par LEVI [51] et TIMOSHENKO [52] qui traduit le flambage d’un anneau
élastique. Cette formule permet le calcul de la charge critique dans le cas d’un tube parfait. Il est
cependant largement reconnu que les structures tubulaires sont assez sensibles aux défauts
géométriques initiaux.
Considérons donc un tube dont la géométrie cylindrique est perturbée par un défaut de forme donné
par un champ (~ ~ ).
v, w
RNθθ' + M θθ' = 0
v~ '− w
~ ' ' v'− w' ' (1-38)
M θθ'' − RNθθ + PR 2 − − PR(v'+ w − v~ '− w
~) = 0
R R
v '+ w v '− w ' '
avec ε0θθ = et χθθ = (1-39)
R R2
Où v et w sont les déplacements par rapport à la configuration parfaite. Considérons alors une
imperfection colinéaire au premier mode de flambage (le mode 2 ou ovalisation uniforme) donnée
par :
~ a
v = sin 2θ et w
~ = −a cos 2θ (1-40)
2
a
On peut définir une variable qui traduit l’ovalisation ∆0 =
R
v = B sin 2θ et w = A cos 2θ
(1-41)
2(1 + 4ρ ) 4(1 + ρ ) A 0
d’où = (1-42)
(1 + 16ρ ) − 3 γ 2(1 + 4ρ ) B − 3aγ
La solution est :
v=
aP
sin 2θ et w = −aP cos 2θ (1-43)
2(Pc − P ) Pc − P
Où ρ est négligé, nous considérons que ρ << 1 .
40
Les courbes en pointillées (Figure 21), représentent la solution des équations (1-43) dans le cas
D/t=40 et pour un matériau métallique, l’acier X52. Ces résultats montrent que l’ovalisation s’accroit
avec la pression, en particulier lorsque la pression tend vers la pression théorique de la coque parfaite
Pc. Rappelons que ces calculs considèrent un comportement élastique du matériau, c’est pourquoi
l’adimensionalisation est faite à l’aide de Pc, qui représente la pression de collapse issue de la formule
de TIMOSHENKO [52] (équation (1-37)).
Dans la formulation décrite précédemment la plasticité n’est pas prise en compte, ce qui explique le
non effondrement de la structure. Les courbes en pointillés n’atteignent pas un point limite, mais
tendent asymptotiquement vers la droite P=Pc. TIMOSHENKO [52] suggère que pour le
dimensionnement, l’apparition de la plasticité soit considéré comme la borne supérieure du
dimensionnement. Le tube plastifie lorsque la somme des contraintes de membrane et de flexion est
égale à la limite de linéarité σ 0 (prise généralement comme étant la limite à 0.2%). L’expression des
flux de contraintes est :
3
−E t PRa
D
(v'−w' ') = (1-44)
Mθθ =
R 2
( 2
)
4 1 − ν R (Pc − P )
cos 2θ
et Nθθ ≅ −PR
(1-45)
La condition de plastification s’écrit :
41
(1-47)
Où P0 est la pression qui induit la plastification, est la pression critique d’élasticité, est la
pression de collapse.
t t
P0 = σ0 = 2σ0 (1-48)
R D
3 3
E t 2E t
D avec D0 = 2R
(1-49)
Pc =
( 2
)
=
4 1− ν
R 1 − ν2 ( ) 0
D
ψ = 1 + 3∆ 0 0 ; (1-50)
t
La solution de l’équation (1-17) est :
1
Pc 0 = (P0 + ψPc ) − (P0 + ψPc )2 − 4P0Pc (1-51)
2
Cette formule est identique à celle obtenue par TIMOSHENKO [54] dans le cas du collapse d’un
anneau moyennant l’hypothèse d’extensionalité au niveau de la cinématique considérée. Précisons
que ces résultats sont valables dans le cas d’un tube long, l’effet des conditions aux limites étant
exclu.
KYRIAKIDES [53] a comparé les résultats obtenus à l’aide de cette approche à ceux d’un calcul
numérique qui consiste en la résolution des équations d’équilibre de KOITER-SANDERS par une
méthode spectrale qui consiste à utiliser les séries de Fourier. Un défaut initial de type ovalisation est
pris en compte. La Figure 30 illustre les résultats, obtenus pour différentes valeurs de l’ovalisation
a
initiale ∆ 0 = . Le tube choisi ( D / t = 40 , acier X52), assure un flambage plastique. Le matériau
R
considéré est l’acier X52 dont la courbe de traction approchée par le modèle de RAMBERG-OSGOOD
est :
n −1
σ 3 σ
ε= 1+ (1-52)
E 7 σ y
Avec E = 207 GPa
σ y = 317 MPa
n = 13
Cette courbe donne une limite de linéarité σL ≅ 222 MPa .
Nous constatons pour cet exemple que l’approximation faite par TIMOSHENKO du collapse plastique
(initiation de la plasticité) est une très bonne approximation, de plus conservative, de la pression
limite ici calculée à l’aide du code BEPTICO qui prend en compte les grands déplacements et la
plasticité (5 points d’intégration dans l’épaisseur) (Figure 21). Cependant cette adéquation n’est sans
doute pas aussi parfaite dans le cas des bas D/t où le flambage est franchement plastique. Dans ce cas
la plastification s’opère très tôt et il existe un gap non négligeable entre le seuil de plastification et la
42
pression ultime de collapse. Il sera intéressant de jauger ces différentes formules dans le cas des
tubes de chemisage des alvéoles, en particulier pour des lois matériaux, qui présentent un fort
écrouissage. La loi proposée (équation (1-51)) pourra être ajustée via la définition de P0, on pourrait
prendre un seuil de plastification qui soit fonction de la forme de l’écrouissage de la loi matériau. La
contrainte L, limite de linéarité pourrait être adoptée dans le cas des aciers doux (comportement
élastique parfaitement plastique) alors que la limite à 0.1% ou 0.2% pourrait être considérée dans le
cas de faibles écrouissages. Pour des matériaux à très forte réserve d’écrouissage on pourrait
considérer la limite à 1% de déformation plastique. Ces approches seront proposées et testées une
fois que l’on disposera des résultats numériques des simulations.
Pour éviter les limites de la théorie des coques de DONNEL [40], il est préférable de considérer une
théorie de coque plus complète, telle que celle développée par FLUGGE [55] ou par KOITER-SANDERS
[53][56] [57]. Une comparaison des résultats issus de la modélisation retenant la cinématique de
FLUGGE [55] à ceux issus de la modélisation retenant la cinématique de DONNELL, montre que l’écart
est très faible pour n>3. Pour n=2, l’écart semble être non négligeable. Ci-après la comparaison des
deux théories pour différents élancements (L/R) de coques, le graphe représente le rapport de la
pression critique adimensionnée par le rapport R3 /D.
43
Sur la base de ces résultats, il apparait nécessaire de valider l’approche de DONNELL dans le cas de la
géométrie considérée et du flambage en mode 2. L’écart est à estimer précisément pour conclure à
l’applicabilité de l’approche via la théorie de coques de DONNEL, une erreur faible peut être
acceptable du moment que les temps de calculs restent négligeables. Rappelons que les analyses
décrites précédemment supposent que le matériau est élastique.
44
Encastrés ( ):
Articulés ( ):
S1 0 0 0 0 1.24
S2 0 0 0 0 1.16
Appui
S3 0 0 0 0 1.00
S4 0 0 0 0 0.96
C1 0 0 0 0 1.33
C2 0 0 0 0 1.31
Encastrement
C3 0 0 0 0 1.12
C4 0 0 0 0 1.12
Tableau 2 : Définition et effet des conditions aux limites d’après SOBEL [61]
Les déplacements u1, v1, w1 correspondent aux déplacements axial, circonférentiel et radial, 0 signifie
que le ddl est bloqué, sinon le ddl est libre, et u,x=du/dx [62].
Lorsque le déplacement axial aux extrémités est empêché (cas S1, S2, C1, C2), la résistance au flambage
est plus importante que lorsque la contrainte axiale N1x est imposée nul (cas S3, S4, C3, C4). Cette
conclusion a été confirmée et généralisée par YAMAKI [58] pour des coques cylindriques dont le
paramètre Z est compris entre 6 et 1000. L’analyse est faite à partir de la théorie de coque de
DONNELL [40] en prenant en considération les effets des déformations précritiques de flexion. La
Figure 25 illustre les résultats de calculs pour les huit conditions aux limites définies précédemment.
45
Figure 25 : Effet des conditions aux limites et des déformations précritiques [58]
- Pour les coques relativement courtes (Z<20), l’effet de l’encastrement au bord (w1,x =0) est
prédominant.
- Lorsque Z est supérieur à 200, c’est la condition imposée dans la direction axiale (u1=0) ou (N1x
=0) qui joue le rôle prépondérant dans la détermination de la pression critique.
- Les déformations précritiques de flexion n’ont une influence significative que pour des valeurs
de Z inférieures à 30.
Il apparait clairement que l’effet des conditions aux limites sera négligeable par rapport au flambage
des tubes étant donné que Z>>1000 dans notre cas. Il est ainsi mis en évidence dès à présent que
l’étude d’une coque infinie serait représentative. Il reste cependant à vérifier que la condition de
bridage ou d’encastrement dans une plaque n’induit pas des effets de couche limite
indépendamment du flambage (plastification au voisinage de l’encastrement).
(1-53)
(1-54)
Avec (1-55)
46
Pour les valeurs de suffisamment grandes ( ), les deux familles de conditions sont
nettement distinctes et les valeurs des paramètres et proposées sont :
Autant dans les approches expérimentales que dans la formulation théorique du problème de
flambage de tubes sous pression externe, il est souvent fait état de la présence de bifurcation
d’équilibre. On entend par là que le flambage ne se fait pas toujours de façon progressive dès
l’initiation du chargement. Il existe bien une pression seuil à partir de laquelle une géométrie modale
orthogonale à la configuration initiale, apparaît. Nous ne détaillons pas ici tout le cheminement
théorique qui permet d’aboutir à la définition de la contrainte de bifurcation plastique. Nous
47
rappelons simplement la formule qui permet l’estimation du seuil de bifurcation plastique. Pour ce
faire, nous différencions les cas où la pression ne s’applique que sur la paroi latérale du tube donc
sans effet de fond, du chargement hydrostatique (avec effet des fonds). Il existe un troisième cas,
celui où la déformation axiale du tube est empêchée en considérant donc un encastrement aux deux
extrémités, ce cas correspond à celui de la pression latérale seule à laquelle on rajoute la
condition ε xx = 0 .
Et 4ν 2t
avec C22 = et Ω = 1−
Ω 3E t
1 +
(1-59)
Es
Où : : Module d’élasticité tangent ; : Module d’élasticité sécant
Si l’on considère un matériau élastique, on retrouve l’expression de la charge critique donnée dans
(1-37). Dans le cas d’un non linéarité matériau (plasticité) la solution ou l’expression de la pression
critique est obtenue de façon itérative. On incrémente P progressivement, on déduit les constantes
matériaux E s et E t , on en déduit une estimation de Pc que l’on compare à P. On a la solution lorsque
P = Pc .
48
4ν 2s
et Ω = 1 −
E
1 + 3 s
(1-62)
Et
Et ε xx = 0
49
2
1 1 1 1
= ⋅ < 1⋅ 10 −3 . Dans le cas du flambage plastique une approche conservative conduirait à
12 10 12 100
remplacer E (le module d’Young) par Et le module tangent.
Figure 30 : Evolution des charges de bifurcation plastiques en fonction de D/t pour les cas pression
latérale et pression hydrostatique (acier X52) [53]
Soulignons que ce résultat est obtenu pour une loi de comportement particulière, celle de l’acier X52.
Il est probable que la loi d’écrouissage change les écarts observés entre les différentes configurations.
Le cas d’un chargement de pression hydrostatique conduit à des charges critiques plus élevées que le
cas de la pression latérale qui reste la configuration donnant les charges critiques les plus basses.
L’écart, qui est cependant fortement dépendant de la forme de la loi matériau, est de l’ordre de 10%
pour les faibles D/t. Pour D/t ≥ 35 le flambage est élastique. Dans ce cas toutes les expressions de Pc
(hydrostatique, tube bridé, pression latérale) reviennent à la formule de LEVI et TIMOSHENKO donnée
en (1-37).
50
Afin d’estimer le domaine de validité de cette analyse, YAMAKI [58] utilise la théorie non linéaire
exacte de DONNELL [40], pour laquelle les déformations finies sont considérées, avec une condition
aux limites de type encastrement (C1). Les courbes présentées à la Figure 31 précisent la comparaison
des deux approches dans le cas de la pression latérale, et dans le cas d’un chargement hydrostatique.
Ces courbes traduisent l’évolution du paramètre a2 qui caractérise le comportement postcritique et la
sensibilité aux imperfections de forme. Si a2 est positif la coque est insensible aux défauts
géométriques ce qui se traduit par un comportement postcritique stable ascendant.
Avec ces hypothèses, le facteur de charge λL est alors relié au paramètre de sensibilité aux
imperfections a2 par la relation :
3
(1 − λL )2 = 3 3
− a2 λL µ1 (1-64)
2
Où a2 <0 et µ1 représente l’amplitude de l’imperfection géométrique modale considérée rapportée à
l’épaisseur. La représentation de cette équation est illustrée pour des valeurs particulières et
arbitraires du paramètre a2 à la Figure 32.
51
L’allure des courbes est similaire, comme on le verra un peu plus loin, à celle obtenue plus
particulièrement dans le cas des tubes comportant un défaut initial de type ovalisation (mode 2).
Afin d’établir la validité des approches théoriques présentées plus haut, mais aussi indépendamment
des approches analytiques et plutôt dans l’objectif d’établir des courbes et règles de design, de
nombreux essais ont été mené sur des structures tubulaires. Ci-dessous les essais, plus de 2700 à
échelle 1, recensés par l’API pour différents rapports D/t, mais aussi différents matériaux métalliques
et différents procédés de fabrication (Figure 33). Pco représente, comme défini plus haut, la pression
de collapse et P0 la pression de plastification. La dispersion des résultats montre clairement qu’il est
nécessaire d’identifier les paramètres qui influencent le collapse des tubes sous pression externe. Il a
été démontré suite à des analyses numériques et expérimentales que les défauts de forme sont l’un
des facteurs prépondérants quant à la capacité portante. D’autres facteurs tels que la variation
d’épaisseur, les contraintes résiduelles et les propriétés matériau sont aussi sensibles. KYRIAKIDES
[53] a montré, que lorsque le matériau est connu précisément (la donnée de E et σy ne suffisent pas)
par la donnée d’une courbe de traction, que lorsque les paramètres géométriques sont finement
mesurés, à savoir la mesure de l’ovalisation maximale et de la variation d’épaisseur moyenne ou
excentricité, l’estimation numérique de la charge de collapse est assez précise. L’écart moyen entre
simulation et expérimentation est alors de 5.5 %.
52
Figure 33: API casing collapse data (courtesy C.G. Langner, Shell development Co.)
Dmax − Dmin
∆0 =
Dmax + Dmin
(1-65)
Où Dmax (resp. Dmin) représente le diamètre maximum (resp. minimum).
w
= −∆ 0 cos 2θ (1-66)
R
Les calculs numériques montrent que l’ovalisation est un paramètre très sensible, et les mesures sur
les tubes montrent que ce défaut initial est très souvent présent, et son amplitude dépend du
procédé de fabrication. En général ∆0 oscille entre 0.1% et 3%.
53
Pour cet exemple, D/t=40, le tube parfait flambe élastiquement en mode 2, pour une pression de 76,6
bars, mais le collapse est plastique. Après bifurcation, la pression ne change pas mais le mode 2
s’amplifie ce qui conduit à l’épuisement plastique du matériau du fait de l’accroissement des
contraintes de flexion. La pression maximale atteinte représente la pression de collapse Pco.
L’effondrement de Pco en fonction de l’ovalisation, montre que ce paramètre est très sensible et donc
largement dimensionnant. Le dimensionnement des tubes flambant élastiquement mais ruinant
plastiquement peut être obtenu à l’aide de l’équation (1-51) (voir Figure 21).
D0 E
t =
cr (1 − ν )σ
2
0
(1-67)
Dans le cas où le tube flambe plastiquement, la sensibilité à l’ovalisation demeure, comme le montre
l’exemple ci-dessous (D/t=20) traité numériquement toujours avec le code BEPTICO [53].
54
Dans le cas du flambage plastique la pression est normalisée par la pression d’écoulement plastique
P0 définie plus haut (équation (1-37). La charge de bifurcation plastique vaut Pc=275.9 bars, alors que
le collapse Pco est atteint pour une pression légèrement plus élevée (1.84% plus haute que Pc).
Ces derniers résultats ont été obtenus à l’aide du code BEPTICO, le calcul incrémental tient compte de
la plasticité avec 12 points d’intégrations sur la demi circonférence et 7 points d’intégration dans
l’épaisseur du tube. Pour ces types de simulations (prise en compte de l’ovalisation) le défaut est
généré sur toute la longueur du tube ce qui conduit lorsque les conditions aux limites sont non
rigides, à un mode global. Cependant les essais montrent que le collapse est toujours induit par un
mode localisé (à condition que le banc d’essai soit suffisamment rigide) (Figure 37).
Figure 37 : Mode de collapse localisé d’un pipe (Courteys C - FER Technologies) et collapse d’un modèle
réduit [56]
La prise en compte de l’ovalisation initiale sur toute la longueur du tube, et de l’expression précise de
la loi de comportement, permet généralement une bonne estimation de la charge de ruine [53], il
semble cependant à la vue des résultats obtenus par KYRIAKIDES que la corrélation essais-calculs est
plus difficile à obtenir pour les D/t bas (D/t<14).
55
Figure 38 : Charges de collapse en fonction de l’ovalisation initiale pour différents D/t : Comparaison
essais calculs.
Il se dégage de l’ensemble de ces résultats que l’ovalisation est un paramètre clé pour ce qui est des
tubes minces ou épais. Les résultats démontrent clairement la grande sensibilité de la pression de
collapse à l’ovalisation initiale. Une ovalisation de 1% entraîne une réduction de 30 à 40% de la
pression de collapse. Pour 5% d’ovalisation, la réduction de la capacité portante est supérieure à 50%.
Généralement le défaut initial est plus complexe que la simple ovalisation, mais pour les D/t bas
(D/t< 25) il est clairement démontré par les essais et les calculs que le mode privilégié correspond au
mode 2. Lorsque le défaut est complexe (quelconque) autrement dit lorsqu’il combine plusieurs
harmoniques, il est plus judicieux pour la modélisation d’estimer l’amplitude maximale du défaut local
et de l’associer au mode 2 pour la simulation.
LOHMEIER et ALL [51] ont étudié analytiquement et expérimentalement l’effet de l’ovalisation sur le
collapse de tubes épais soumis à pression externe. Leur étude concerne les tubes de générateurs de
vapeur de centrales nucléaires. Deux configurations géométriques ont été étudiées (D/t=17.44 et
D/t=17.5, D étant le diamètre extérieur du tube). Le modèle analytique proposé se base sur l’analyse
limite, la charge ultime est approchée en considérant une forme d’effondrement qui privilégie le
mode 2. La loi matériau, de l’inconel, est considérée élastique parfaitement plastique ; la position des
rotules plastiques est inusitée de façon à favoriser l’ovalisation. L’étude menée considère l’effet de
l’ovalisation sur un tube droit (analytiquement et expérimentalement) mais aussi l’étude des tubes en
U (uniquement expérimentale). Cette étude confirme l’effet néfaste de l’ovalisation, ainsi une
ovalisation initiale de e=10% (e=Dmax-Dmin/Dnom) entraîne une perte de capacité portante de l’ordre de
58%.
56
Les études menées confirment que l’ovalisation accentue la perte de capacité portante d’un tube
soumis à pression externe. Il serait intéressant de valider par une approche numérique la courbe
obtenue expérimentalement quant à l’effet de l’ovalisation sur un tube.
57
tmax − tmin
Ξ0 =
tmax + tmin
(1-68)
Ξ0 est généralement très faible (inférieure à 2%), mais certains procédés de fabrication peuvent
engendrer des variations de l’ordre de 5%. Plus le tube est épais plus la variation est faible. La plupart
des études s’accordent sur le fait que de telles variations n’entraînent pas de chute importante de la
capacité portante. La variation d’épaisseur inhérente au procédé de fabrication, à ne pas confondre
avec la perte d’épaisseur due aux conditions de service (corrosion, usure par frottement…), est
beaucoup moins néfaste que l’ovalisation. Ainsi pour un tube en acier X52 de rapport D/t=20, une
variation d’épaisseur de l’ordre de 5% induit une chute de la pression de collapse de 1%. Si Ξ0 = 10%
alors la chute de capacité portante est de 3.7% ; et elle atteint 11.5% pour Ξ0 = 20%. Les mêmes
tendances sont obtenues pour un tube tel que D/t=35. Les divers résultats de la littérature quant à
l’effet de la variation d’épaisseur montrent que celui-ci est faible tant que l’on considère que Ξ 0 <10%
ce qui est généralement largement vérifié. Ci-dessous les résultats obtenus par KYRIAKIDES [53] via la
simulation numérique.
Figure 40 : Charges de collapse fonction de l’excentricité Ξ 0 ou perte d’épaisseur pour un tube épais
D/t=19.23.
Pour ces résultats obtenus par la simulation numérique, l’ovalisation n’est pas considérée. Pourtant
l’ovalisation et la variation d’épaisseur coexistent et interagissent lors du chargement. YEH and
KYRIAKIDES [64] ont étudié expérimentalement et numériquement l’effet de l’orientation (ce qui
consiste à initier ou inhiber l’interaction) de ces imperfections sur le comportement ultime. Leur
étude démontre que cet effet est négligeable et qu’il n’est pas nécessaire de complexifier les modèles
numériques en tenant compte de l’orientation de la variation d’épaisseur vis-à-vis de l’orientation de
l’ovalisation.
58
De récents travaux menés par NETTO [66] concernent l’effet de pertes d’épaisseurs, localisées
circonférentiellement et axialement. La figure ci-dessous définit l’allure des défauts considérés,
sachant que la taille, dimension axiale et azimutale, variée jusqu’à couvrir une certaine longueur et
l'intégralité de la section. Ce défaut d’épaisseur est censé représenter différentes tailles et épaisseurs
de corrosion.
59
Figure 43 : Effet d’un défaut d’épaisseur axisymétrique : Etude de la longueur d’onde axiale du défaut
pour différentes amplitudes du défaut d’épaisseur [66].
Figure 44 : Effet d’un défaut d’épaisseur non-axisymétrique : Effet de la longueur d’onde azimutale
pour différentes amplitudes du défaut [66].
Les études expérimentale et numérique menées, permettent aussi d’évaluer l’effet d’une perte
d’épaisseur non axisymétrique. La corrosion n’est donc envisagée que sur une fraction angulaire de la
section du tube, le paramétrage de la longueur circonférentielle de cette imperfection est fait à l’aide
de la longueur curviligne c. La longueur du défaut ou perte de section est donc varié de 0 (tube
parfait) jusqu’à c=πD, la section est dans ce dernier cas entièrement corrodée.
60
Figure 46 : Modes de flambage obtenus sur un tube avec imperfection d’épaisseur [66].
Les principaux résultats liés à ces différents cas montrent :
- Que le défaut d’épaisseur interagit avec le défaut d’ovalisation. Il est donc nécessaire de bien
considérer les deux défauts et leur orientation (position l’un vis-à-vis de l’autre) si l’on veut
retrouver les résultats d’essais via la simulation.
- Une simulation 2D permet de retrouver les résultats dans certains cas.
- La modélisation 3D est nécessaire pour la plupart des cas étudiés et permet de corréler
proprement les résultats d’essais.
1.4.1 Introduction
Dans de nombreuses applications d'ingénierie, il arrive que des cylindres en acier soumis à la pression
externe, soient confinés par un corps externe. La surface latérale de la coque en contact avec un
milieu extérieure plus ou moins rigide, peut l’être de façon continue ou discontinue. Les tubes
61
(a) (b)
Figure 47 : Flambage dit «single lobe », (a) Déformée de pipeline endommagé [36], (b) Test selon
Omara et al [72].
Dans cette partie, nous faisons le point des concepts clés intéressants de prime abord notre travail de
recherche, nous présentons les différentes formulations analytiques de pression critique de
flambement qui sont proposées pour la configuration de chargement de la coque confinée par
rapport aux solutions de Cheney [73], Glock [36], El-Sawy & Moore [74], Thépot [75] et Montel [76].
Puis, nous présentons les résultats relatifs à l’influence du défaut initial, du ratio , du contact
(rigidité de confinement, frottement à l’interface du contact) et les influences de divers autres
paramètres (plasticité, conditions aux limites…) qui ont été étudiées dans la littérature.
1.4.2 Formulations théoriques
62
a proposée est plus précise que celle proposée par Cheney [73] en 1971. La pression critique de Glock
(1977) est fonction du rapport épaisseur sur diamètre du tube ( ), des caractéristiques
élastiques du matériau , comme précisé à l’équation (1-69). Les comparaisons avec les données
expérimentales [77] [78] [79], de même que les résultats de simulations numériques à l’aide de code
aux éléments finis [80] ont confirmé la pertinence de cette formule.
(1-69)
Avec :
Module d’Young
Coefficient de Poisson
Diamètre moyen du tube
Epaisseur du tube
Nous déduisons de cette formule analytique, que lorsque le rapport (t/D) est entre 30 et 250, un gain
de 7.6 à 41.4 fois sur la pression critique de flambement est obtenu par rapport au cas d’un tube dont
la surface latérale est libre de tout contact (formule de Timoshenko [42] en 1961 donnée en (1-70) ) -
Figure 49.
Figure 49 : Flambage sous pression latérale uniforme pour un tube non-confiné [42]
63
(1-70)
(1-71)
La validité de l'équation de Glock [36] pour prédire la pression de flambement des cylindres élastiques
confinés a été également vérifiée par les résultats d’El-Sawy et Moore [74] (1998). Ils ont proposé une
formule analytique-empirique de la pression externe critique pour un tube confiné élastique parfait
(équation (1-72). Ils prennent en compte l’impact de la présence d’un défaut de contact initial (écart
ou gap avec le « corps » ou milieu hôte) comme décrit Figure 50:
(1-72)
Lorsque , le tube est en contact partout avec le confinement. L’équation (1-72) se transforme
en l’équation (1-73).
(1-73)
Le dernier terme dans la partie droite de l'équation (1-72) exprime l'augmentation de la contrainte
critique élastique classique des tubes non confinées (voir équation (1-70) lorsque les conditions de
confinement externe infiniment rigide sont imposées sur le cylindre. En supposant une valeur nulle de
l'écart initial , la comparaison entre l'équation (1-73) et la formule de Glock (1-71) montre que
l'ancienne formule empirique peut prédire assez précisément la pression critique des cylindres
confinés. La formule de Glock a également été testée sur le montagne expérimental [79] [78]. Dans
une publication ultérieure, Boot [81] a amélioré la solution de Glock [36], il propose une expression
64
analytique de la pression critique tenant compte de la présence d’un gap entre le tube et le corps
rigide externe ou corps support. L’effet de la rigidité du confinement élastique ont été étudiés par
Bottega [19], qui a examiné analytiquement la charge critique du tube. Li et Kyriakides [20] ont étudié
le problème de deux tubes concentriques, la mise en contact des anneaux élastiques, soumis à la
pression extérieure, et étendus pour étudier ces résultats flambage propagation dans un cylindre
élastique en contact avec une enveloppe externe cylindrique élastique [21]. Ces publications ont
indiqué que la rigidité du confinement, ou anneau élastique externe, a un effet significatif sur le
comportement du tube interne et de sa capacité de déformation.
Thépot [75] (2000) suivant la même procédure proposée plus tôt par Boot [81] (1998), a développé
une solution analytique pour la coque élastique confinée soumise à pression externe, et prenant en
compte l’impact d’un gap ou jeu initial (Figure 51) qui est défini par un paramètre . La
charge critique est donnée par l’équation (1-74), elle est égale à la valeur critique de Glock ((1-69)
quand on ne prend plus en compte l’impact du gap.
Figure 51 : Configuration du contact, et gap initial pour la solution de Boot et Thépot [82]
(1-74
)
Avec
Plus récemment, en 2003, les travaux de Madryas et Szot [83] ont permis d’étudier l’impact des
défauts géométriques sur le flambage sous pression externe de tubes confinés. Les défauts sont ceux
communément étudiés pour les tubes confinés, tels que le gap au contact, l’ovalisation initiale, ou un
défaut local de type ondulation ou « cloque vers l’intérieur ». Dans une première étape, chaque type
de défaut est étudié de façon isolée, puis l’interaction de défauts est considérée. Sur la base d’un
65
large éventail de calculs MEF et d’une interprétation statistique, une formule décrivant l’influence
pondérée des défauts individuels est proposée. Ils ont utilisé la formule de Glock (1977) pour décrire
l’imperfection de « gap », d’ovalisation et d’ondulation initiale (l’équation (1-75), et l’imperfection
locale est exprimée par un rapport de ( Figure 52).
(1-75)
Dans l’équation (1-76) ci-dessous, le terme de réduction ( )de la pression externe critique est
exprimé en fonction de et ( Figure 52), où se réfère à l’imperfection.
Madryas et Szot ont proposé trois facteurs de réduction ( ) (1-76) de la pression externe critique
sont exprimés en termes de et (Figure 52), où se réfère à l’imperfection.
(1-76)
Tableau 3 : Coefficients pour les différents types d’imperfection dans l’équation (1-76) [83] ; S.E est
l’erreur standard
Madryas et Szot [83] ont proposé des expressions approximatives de l’effet du défaut local qui sont
en assez bonne adéquation avec les résultats de la MEF (Tableau 3) comme les courbes l’attestent.
Les descriptions mentionnées ci-dessus s'appliquent au modèle combinant les irrégularités ou
imperfections décrites à la ( Figure 52). Une telle forme de tube est d’ailleurs conforme à celle
66
observée dans des cas pratiques. Il existe deux formes de flambage d’un tube confiné, à savoir un ou
deux lobes. Boot [81] en 1998 et Gumbel [84] en 2001, ont étudié la possibilité de flambage en deux
lobes. Mais Madryas et Szot [83] ont indiqué que la condition réelle d’application de la pression (la
pression externe est non uniforme) laisse entendre l’apparition d’un flambage mono-lobe. De plus, ils
indiquent que le mode mono-lobe conduit à une pression critique inférieure que le mode bi-lobes ou
multi-lobes. Il y a certains cas où le corps externe montre deux lobes comme l’ovalisation ( )
sous pression externe uniforme. Cependant, comme cela a été constaté dans la plupart des essais
menés, le cas d'un flambage mono lobe est majoritaire, il semble donc justifiée de retenir cette
déformée de flambage pour l’analyse analytique ou numérique.
Cezary [83] a étudié 126 cas d’imperfections combinées via la MEF, en confinant les amplitudes des
différentes imperfections dans les plages suivantes : pour le gap, pour
(1-77)
(1-78)
L'expression de donnée par l’équation (1-78), conduit à une erreur moyenne de 6,4% et une
variance moyenne de 0,002 par rapport aux résultats de simulations MEF. Cette expression peut donc
être considérée comme très fiable pour la description de l’effet de l’interaction des imperfections
précitées, sur la charge critique d’un tube confiné soumis à pression externe.
Une étude plus rigoureuse de flambage et le comportement post-flambage de cylindres confinés sous
la pression externe, a été menée par Kyriakides et Youn [85] en utilisant une formulation semi-
67
analytique, basée sur la théorie des anneaux non linéaire. Une bague a été supposé in-extensionnels,
et le comportement élasto-plastique a été modélisée par un matériau bilinéaire. Les résultats de
Kyriakides et Youn [85] ont été utilisés pour étudier la propagation d’une onde de flambage dans des
tuyaux métalliques longs confinés [86] - Figure 53.
(a)
(c) (b)
Figure 53 : (a) Spécimen testé et confinement, (b) Représentation schématique d'un essai quasi-
statique, (c) Déformée du spécimen après testé [86]
, .
L’équation est donnée en (1-79), la charge critique est une fonction décroissante de l’écart (Figure
50), du défaut initial (Figure 54), et du ratio D/t, et est une fonction croissante de la contrainte
d’écoulement .
68
Figure 54 : Coque confinée sous pression externe uniforme : configuration de charge et de contact avec
prise en compte d’une imperfection initiale [32]
(1-79)
Selon la théorie de coque mince, en considérant la contrainte de Von Mises, la pression induisant la
plastification peut être calculée par l’expression suivant :
(1-80)
(1-81)
Les phénomènes de flambement des structures minces sont souvent précédés par l’apparition de
déformations plastiques. Dans ce genre de situation on est en présence de deux états limites pouvant
entraîner la ruine de la structure, séparément ou en interaction : d’une part, par épuisement
plastique du matériau, lieu d’importantes déformations, et d’autre part, par instabilité entraînant la
structure dans de grands déplacements. Le terme « flambage plastique » désigne donc l’étude de
l’interaction entre ces deux phénomènes, plastification et instabilité géométrique.
Comparé au flambage élastique, le flambage plastique est un problème plus complexe et moins
maîtrisé car la présence des déformations plastiques conduit à des non linéarités augmentant la
difficulté de résolution.
Dans cette partie, nous traitons du cas du flambage plastique pour des tubes confinés. Vasilikis [32] a
étudié numériquement le comportement du tube parfait ( ) pour quatre cas de loi de
comportement du matériau : le cas d’un comportement purement élastique et trois cas de matériaux
plastiques avec trois valeurs de limite d’élasticité (235, 313, 566 MPa). L’expression de la valeur Py de
69
la pression critique plastique est donnée via le paramètre . Ceci permet de montrer la variation de la
valeur (1-80).
(1-82)
Ici, est la pression critique en élastique, définie par la formule de Glock (équation (1-69) et est
la pression d’entrée en plasticité, définie par l’équation ((1-80). La Figure 55 nous permet de conclure
que si , le flambage se produit dans le domaine élastique ( ). Par conséquent, en
combinant les équations ((1-69) et ((1-80), on peut écrire comme dans (1-83).
(1-83)
Pour , le flambage se produit dans le domaine non-élastique, dans ce cas, la valeur de pression
maximale s’écarte de la solution élastique. Quand la valeur est très faible, elle s’approche de la
pression plastique . Cette approche est compatible avec la méthodologie décrite dans les normes
de l’European Design Recommendations [89].
Valdeolivas [90] a étudié à l’aide de simulations numériques 3D, le phénomène de flambage de liner
de tunnels sous la pression latérale, la déformée du tube est illustrée Figure 56. Il a considéré le
rapport D/t pour différencier le flambage élastique du flambage plastique (Figure 57 et Figure 58).
70
71
[Link] Introduction
Figure 59 : Tube confiné sous pression externe : Effet de la rigidité du corps externe [33]
La Figure 60 montre la sensibilité à la rigidité du corps externe, paramètre qui influence fortement la
pression critique. Ceci pour les petites tailles du défaut initial , cette influence diminue
lorsqu’on augmente la taille du défaut initial. Pour les petits ratios , la pression critique est moins
sensible à la taille du défaut initial .
72
Figure 60 : Effet de la rigidité du corps externe sur la pression critique d’un tube confiné [32]
Vasilikis [33] a considéré l’influence de la rigidité du corps externe via le ratio f de la pression critique
du tube confiné par un corps externe ( ) sur la pression critique du tube confiné par un corps
externe infiniment rigide ( ):
(1-84)
La valeur est déterminée sur la base des résultats numériques :
(1-85)
Où :
(1-86)
La comparaison entre les prévisions analytiques et les résultats numériques est illustré Figure 61, ce
qui prouve la validité de l’équation (1-85). Cette équation peut donc être utilisée pour une description
des effets de la rigidité du corps externe.
73
Vasilikis [33] a également indiqué que la rigidité du confinement influence fortement la valeur de
pression critique pour différentes propriétés du matériau acier (effet de la limite d’élasticité du tube)
(Figure 62). Le confinement rigide est considéré (Figure 62a), la pression critique est fonction
croissante de la limite d'élasticité du tube. D'autre part, dans le cas d'un milieu de confinement peu
raide, la pression critique semble être peu sensible à la valeur de la contrainte d'écoulement du tube.
Dans ces cas, la valeur de la pression critique est assez faible, en raison de la rigidité faible du
confinement. Dans les trois cas de la Figure 62b, le flambement se produit dans le domaine élastique.
Figure 62 : Tubes cylindriques confiné : Courbes de réponse sous pression externe en fonction de la
limite d’élasticité et de la rigidité du confinement [32]
74
Figure 63 : Effet du frottement du contact sur la pression critique d’un tube confiné [32]
Les cas étudiés traitent du flambage de tubes métalliques confinés sous pression externe avec
différentes tailles et différentes formes de défaut initial, incluant un gap initial de contact et/ou un
défaut du tube (Figure 64, Figure 65).
Figure 64 : Etapes pour l’étude au flambage d’une coque confinée sous pression externe [84]
75
76
Figure 68 : Forme « ovale » d’un pipeline en contact avec un corps fissuré [83]
En réalité, la rigidité globale de la structure s’assouplit du fait des fissures et on a une redistribution
des charges (un peu plus de charge verticale). Pour le tube confiné, ces fissures jouent le rôle de
charnière (Figure 68). L’amplitude de l’ovalisation peut être décrite par le rapport entre le rayon du
tube incluant l’imperfection et le rayon du tube parfait. Elle peut être exprimée par un pourcentage
du rapport (Figure 69).
77
(1-87)
78
Figure 72 : Fonction approchée du facteur de réduction lié à une imperfection ondulée [83]
Les trois facteurs de réduction ( ) (1-76) de la pression externe critique sont exprimés en termes de
et (Figure 67, Figure 70 et Figure 72), où se réfère à l’imperfection.
(1-88)
Tableau 5 : Coefficients pour les différents types d’imperfection dans l’équation (1-76) [83]
Comme les courbes l’attestent, Madryas et Szot [83] ont proposé des expressions approximatives de
l’effet du défaut local qui sont en assez bonne adéquation avec les résultats de la MEF (Tableau 3).
Khaled [97] a étudié la stabilité sous pression externe d’un tube confiné avec les défauts locaux. Il a
monté l’influence de l’imperfection (∆/R ; a/b ; a/R ; θ) sur la pression critique du tube, Figure 74,
Figure 75, Figure 76.
79
Figure 74. Effet de l’imperfection normalisée (∆/R) et (a/b) sur la pression critique, Khaled [97]
Figure 76. Effet de l’imperfection normalisée (a/R) sur la pression critique, Khaled [97]
80
(1-89)
81
(1-90)
L'expression de donnée par l’équation (1-78), conduit à une erreur moyenne de 6,4% et une
variance moyenne de 0,002 par rapport aux résultats de simulations MEF. Cette expression peut donc
être considérée comme très fiable pour la description des effets des imperfections combinées sur la
charge critique d’un tube confiné soumis à pression externe.
(a) (b)
Figure 78 : Travaux de Vasilikis [32], a)Influence du ratio R⁄t sur la charge critique du tube élastique, b)
Charges critiques en fonction d’une imperfection pour différents rapports D/t du tube élasto-plastique
82
1.5 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons tout d’abord rappelé les concepts clé associés au phénomène de
flambage ainsi que sa modélisation via l’approche numérique, plus précisément la MEF. Nous avons
mis l’accent essentiellement sur les méthodes particulières au flambage, tel que le suivi de « branche
d’équilibre » en post-flambage, avec la méthode Riks modifiée et celle de l’amortissement, qui sont
les plus utilisées dans les codes de calcul commerciaux. La technique d’amortissement semble mieux
modéliser le flambage local que la méthode de Riks modifié. Le choix des éléments est aussi très
important pour la modélisation du flambage, ce choix dépend aussi de la nécessité de modéliser
d’autres phénomènes (contact, déformation plane, contrainte plane, grande déformation en
postcritique lointain). Nous avons ensuite dressé un état de l’art pour ce qui est du flambage des
tubes non confinés, soumis à la pression externe uniforme, dans le cas du flambage élastique ou
plastique. Puis nous nous sommes penchés sur les travaux de la littérature concernant le flambage de
tubes confinés et la configuration du contact.
Bien que les études soient nettement moins exhaustives, du fait que cette problématique a été très
récemment investie, un certain nombre de paramètres ont cependant été étudiés. Ainsi l’effet du
contact induit par le corps externe, l’influence d’un défaut initial, l’influence du frottement de
contact, la rigidité du milieu externe, ainsi que l’effet du seuil de plasticité du matériau constitutif du
tube sont abordés. Cependant, comparativement aux études disponibles sur le flambage sous
pression externe de coques non confinées, les résultats semblent très limités et éparses. Ils
mériteraient donc d’être investis en profondeur en couplant modélisations numériques et
expérimentations. Soulignons que pour cette dernière, il existe très peu d’essais, c’est un manque que
l’on vise à combler en proposant une plus large étude expérimentale où l’on se confronterait à
diverses géométries, divers cas de charges, divers matériaux confinant, afin de disposer de très
nombreux résultats et de vérifier la robustesse des constats et analyses qui en découlent. Cette large
panoplie d’essais nous permettrait aussi leur modélisation, ce qui indubitablement en cas d’une
bonne corrélation essais/calculs nous permettrait d’utiliser la simulation avec plus de confiance.
Précisons enfin qu’à ce stade de bilan, aucune étude traitant du flambement sous contact dans le cas
d’un chargement appliqué directement par le corps externe, n’a été trouvée ni au niveau
expérimental, ni au niveau numérique.
L’état de l’art nous permet de mettre en exergue les nombreux paramètres qu’il faudra peser, de
souligner les résultats acquis et qui en partie peuvent nous servir pour conforter la modélisation
numérique que nous allons développer, ainsi que les manques. En particulier, nous concluons que
nous disposons de très peu de résultats expérimentaux relatifs à l’étude de l’effet de la rigidité du
milieu confinant.
In fine la modélisation nous permettra, une fois les résultats d’essais corroborés de façon robuste,
d’expliquer l’ensemble des constats expérimentaux les nôtres et au-delà.
83
Chapitre 2. Expérimentation
2.1 Introduction
Ce chapitre est dédié à l’étude expérimentale. Afin de maitriser la problématique que l’on veut ici
étudier. Il nous parait important avant d’engager une campagne d’essais parfaitement représentative
du flambage sous contact induit par la convergence de la roche ou du sol, de peser les effets de
différentes configurations de chargement sous pression externe d’une coque cylindrique mince, avec
par exemple le cas d’un confinement, de rigidité plus ou moins importante, assurant uniquement une
condition de contact unilatéral. Nous proposons donc dans ce rapport des essais qui vont nous
permettre de qualifier la nature du flambage et de quantifier la pression critique en fonction des
conditions de contact. Par conditions de contact, on entend, la rigidité du milieu extérieur assurant le
confinement de la surface latérale de la coque susceptible de flamber, mais aussi la faculté de ce
milieu de suivre la coque dans son flambage ou pas. La réelle distribution de chargement est une
question délicate, sachant qu’in situ (tube servant de chemisage), c’est la « convergence » du
matériau de la roche qui induit une déformation du tube. Cependant nous n’avons aucune garanti,
qu’une pression externe appliquée sur la paroi du tube soit équivalente au chargement réel in situ qui
consiste en une expansion de matériau de façon radiale et vers l’intérieure de la coque.
Dans une première partie nous présentons le test de flambage dans le cas d’une coque cylindrique en
fer blanc sous pression externe générée par un milieu confinant qui s’expand radialement, ce qui est
assez proche du cas d’un chargement de type « convergence » du milieu de confinement, nous avons
opté pour la « glace ». Puis nous présentons l’étude du flambement avec une condition de contact
surfacique localisée ou sur toute la surface externe de la coque, on parlera alors de contact généralisé
ou total au sens ou la coque est totalement confinée. Pour le corps ou milieu garantissant le
confinement, nous avons opté pour le polystyrène. Enfin, nous considérons le flambage d’un tube
mince en acier standard laminé à froid DC01 sous contact dans le cas d’une pression appliquée
directement par un matériau de confinement externe (sable fin). Une enveloppe gonflable nous
permet d’appliquer sur le sable de confinement un chargement de type pression externe qui induit
une « convergence » radiale du matériau de confinement. L’ensemble, coussin gonflable plus sable fin
plus coque dont nous voulons étudier l’instabilité, est positionné dans un tube épais en acier qui sert
d’enceinte extérieure et qui est considéré infiniment rigide.
Pour chaque test, nous présentons les détails concernant les éprouvettes, leur préparation en vue des
essais (insert, avec jauge), ainsi que l’identification des caractéristiques mécaniques du matériau. Puis,
le dispositif d’essai avec le système de mise en charge et les conditions aux limites, le système
d’acquisition et de traitement des mesures (capteur pression eau, jauges) sont décrits. Nous
détaillons aussi la procédure d’essai ainsi que les résultats essentiels qui en sont issus comme la
courbe pression-déformation caractérisant le procédé de la déformée du tube. Plusieurs essais sont
menés afin de garantir la reproductibilité des résultats, puis in fine des études paramétriques nous
permettent de peser l’effet de la rigidité du confinement quant à la réponse du tube.
Pour cette étude dite qualitative, nous avons opté pour des coques minces en fer blanc qui
correspondent à des boîtes de conserve, ceci permet de disposer de suffisamment de spécimens pour
permettre une étude conséquente en termes d’essais. Il est en effet nécessaire de garantir la
robustesse des résultats et donc une bonne reproductibilité. Pour le corps ou milieu garantissant le
confinement, nous avons opté pour le matériau glace. L’expansion de celle-ci nous permet en effet de
garantir un chargement de type « convergence » du milieu externe (la glace). On détaille ici les
différentes données relatives à ce type d’essais ainsi que les résultats qualitatifs et quantitatifs.
85
86
Le diamètre moyen de la coque est de 99mm, la longueur de 122mm. Huit millimètres servent à
chaque extrémité à encastrer la coque. La longueur utile est de 106mm et l’épaisseur moyenne est de
0.175mm (Figure 82).
2.2.3 Instrumentation
Afin de mesurer les déformations induites sur la coque dans la direction circonférentielle mais aussi
axiale, nous disposons huit jauges sur la surface du spécimen. Ces jauges sont placés à (45°) l’une de
l’autre. Une jauge est collée au voisinage de la soudure (Figure 83) et trois à l’extérieur, quatre
thermocouples à l’intérieur sur la cuve (Figure 84). (Pour éviter leur décollement du fait de
l’interaction avec la glace les jauges sont collées plutôt sur la surface interne).
87
Le dispositif expérimental conçu pour cette étude qualitative est donc très simple. Nous disposons
une coque mince (ouverte à ces deux extrémités) dans un tube épais de plus grand diamètre qui lui
est muni d’un seul fond (sur lequel la coque est positionnée). L’espace entre la coque mince et le tube
très épais est rempli d’eau à l’ambiante. L’ensemble est positionnée dans une enceinte frigorifique
dans laquelle la température est baissée à -40°C (Figure 86). Une fois le changement de phase atteint
(gel), la glace s’expand radialement mais aussi axialement. Dans cette seconde direction, l’expansion
est libre, alors que la coque mince l’empêche de se dilater radialement, cela induit donc une
contrainte de compression circonférentielle de la coque, ce qui devrait induire le flambage. Le
chargement ici appliqué, correspond donc bien à l’expansion de la glace. Une instrumentation nous
permet d’avoir les mesures essentielles à la vérification de la reproductibilité de l’essai, à savoir des
thermocouples positionnés dans l’eau, dans l’étuve et sur la coque, des jauges de déformation collées
à l’intrados de la coque.
88
89
90
91
Shell CL06
Etape 1 Etape 2
2.2.6 Discussions
Nous avons rappelé le flambage sous contact d’une coque cylindrique en fer blanc dans le cas d’un
chargement appliqué directement par le corps externe (chargement de type « convergence » du
confinement externe par le matériau « glace »). Nos essais sont menés en quasi-statique, ils nous
montrent juste la possibilité d’un flambement sous une sollicitation de type solide/solide, plus
précisément le type de mode, sa reproductibilité, mais aussi la nature du mode de flambement et un
cas échéant (coque CL06) à caractériser la déformation de la surface latérale de la coque.
92
Cette partie est dédiée à l’étude expérimentale du flambage avec contact. Il s’agit tout d’abord de
mettre en exergue le phénomène de flambage dans le cas d’une coque seule (non-confinée) sous
pression externe. Puis des coques confinées latéralement par 2 couches (locale et globale) ou 4
couches de polystyrène. L’étude devra permettre de qualifier le flambement, plus précisément le type
de mode, sa reproductibilité, mais aussi la nature du mode de flambement.
(a) (b)
Figure 96 : a) Caractérisation du matériau, b) Courbe de traction du matériau fer blanc électrolytique
Nous avons testé tout d’abord des coques vierges de tout renfort externe, par renfort externe on
entend le milieu de confinement. Puis des coques confinées latéralement par 2 couches (locale et
globale (Figure 97d-e)) ou 4 couches de polystyrène (Figure 97f).
Epaisseur d’une
Feuillard Largeur (mm) Module d’Young (MPa)
couche (mm)
Polystyrène 3.3 100 5
Tableau 9 : Paramètres géométriques et matériaux des feuillards en polystyrène
93
Nous considérons deux configuration, celle ou ces couches sont juste en contact avec la coque et celle
où elles sont liées à la coque à l’aide d’une bande d’adhésif double face. Les paramètres des feuilles
de polystyrène utilisé sont représentés sur le Tableau 9. L’épaisseur du polystyrène dans le cas de 2
couches est donc de 6.6mm, et de 13.2mm pour la coque avec 4 couches. Ci-dessous quelques photos
de certains des spécimens testés.
a b c d e f
Figure 97 : a) Coque avec des jauges de déformation, b) ligne de soudage de la coque, c) coque +
bande d’adhésif double face, d) coque avec confinement local, n=2, e) coque avec confinement total,
n=2, f) coque avec confinement total, n=4. n est nombre de couche de polystyrène
Pour l'étude expérimentale, une coque seule et cinq différentes coques confinées ont été fabriquées
et testées. Toutes les propriétés géométriques de la coque cylindrique et du confinement externe
sont indiquées dans le Tableau 10. Pour la coque, six jauges de déformation ont été fixées avec SG1,
SG2, SG3, SG4, SG5, SG6, connectées dans la direction circonférentielle, sur la surface extérieure, à la
section Z = H/2 de la coque. Ces jauges sont placées à (60 °) l'une de l'autre. Le band d’adhésive
double face a été utilisé pour relier le confinement à la paroi externe de la coque (Figure 97c). Les
couches de polystyrène sont toujours reliées par le band d’adhésive double face.
94
S. 1 (coque
- - - - -
seule)
95
(a) (b)
Figure 99 : Application d’une pression externe sur la coque seule, a) Caractéristiques principales du
banc d'essai, b) Vanne de régulation
2.3.3 Résultats
A partir des informations acquises par le capteur pression et les jauges de déformation, une
conversion des unités électriques vers les grandeurs physiques est effectuée. Les Figure 101, Figure
107, Figure 112, Figure 116, Figure 120 et Figure 124 visualisent respectivement l’histoire de pression
et des jauges de déformation de six spécimens. En général, pour les coque seule et les coques collées
avec confinement externe, le flambage a deux reprises sur deux types de mode collapse, à savoir, (1)
un seul ou plusieurs lobe de flambage (flambage initial) et (2) multi-lobe (post-flambage). Le flambage
initial se produit, accompagné la sinusoïde formée d'une déformation vers l’intérieure au voisinage de
l'articulation; tandis que la seconde s’est produite à une pression supérieure, accompagné de
plusieurs « lobe » sinusoïdales formés (mode circonférentiel). Les Figure 103, Figure 109, Figure 113,
Figure 117, Figure 121 et Figure 125 illustrent les courbes de pression externe versus la déformation
des jauges de six spécimens. Le mode de flambement de tous les spécimens sont représentent dans
les Figure 105, Figure 111, Figure 115, Figure 119, Figure 123 et Figure 127. De l'expérience, il peut
constater que les comportements de flambement des spécimens varient avec différents type de
l’interaction du contact (avec ou sans bande d’adhésive double face) et le confinement externe (local,
global).
96
Figure 101 : Histoires de pression et de jauges de déformation pour spécimen S.1 (coque seule)
(1) (2)
Figure 102 : Progression du flambement pour le spécimen S.1 (coque seule)
97
Figure 103 : Courbes de pression externe versus jauges de déformation pour le le spécimen S.1 (coque
seule)
98
Figure 107 : Histoires de pression et de jauges de déformation pour spécimen S.2 (coque avec
confinement local, n=2, avec band d’adhésive double face)
(1) (2)
Figure 108 : Progression du flambement pour le spécimen S.2 (coque avec confinement local, n=2, avec
band d’adhésive double face)
99
Figure 109 : Courbes de pression externe versus jauges de déformation pour le spécimen S.2 (coque
avec confinement local, n=2, avec band d’adhésive double face)
Figure 111 : Mode de flambage du spécimen S.2 (coque avec confinement local, n=2, avec band
d’adhésive double face)
100
Figure 112 : Histoires de pression et de jauges de déformation pour spécimen S.3 (coque avec
confinement total, n=2, sans band d’adhésive double face)
Figure 113 : Courbes de pression externe versus jauges de déformation pour le spécimen S.3 (coque
avec confinement total, n=2, sans band d’adhésive double face)
101
Figure 115 : Mode de flambage du spécimen S.3 (coque avec confinement total, n=2, sans band
d’adhésive double face)
Figure 116 : Histoires de pression et de jauges de déformation pour spécimen S.4 (coque avec
confinement total, n=2, avec band d’adhésive double face)
Figure 117 : Courbes de pression externe versus jauges de déformation pour le spécimen S.4 (coque
avec confinement total, n=2, avec band d’adhésive double face)
102
Figure 119 : Mode de flambage du spécimen S.4 (coque avec confinement total, n=2, avec band
d’adhésive double face)
Figure 120 : Histoires de pression et de jauges de déformation pour spécimen S.5 (coque avec
confinement total, n=4, sans band d’adhésive double face)
103
Figure 121 : Courbes de pression externe versus jauges de déformation pour le spécimen S.5 (coque
avec confinement total, n=4, sans band d’adhésive double face)
Figure 123 : Mode de flambage du spécimen S.5 (coque avec confinement total, n=4, sans band
d’adhésive double face)
104
Figure 124 : Histoires de pression et de jauges de déformation pour spécimen S.6 (coque avec
confinement total, n=4, avec band d’adhésive double face)
Figure 125 : Courbes de pression externe versus jauges de déformation pour le spécimen S.6 (coque
avec confinement total, n=4, avec band d’adhésive double face)
105
Figure 127 : Mode de flambage du spécimen S.6 (coque avec confinement total, n=4, avec band
d’adhésive double face)
Le Tableau 11 montre les charges critiques de flambage initial et post-flambage de six spécimens
testés. Ils nous montrent l’écart de chargement critique de quatre types de renforcement.
Flambage initial
Post-flambage
Spécimen P0 P0contact/ P0plain Différence (%)
P1 (bar)
(bar)
S. 1 (coque seule) 1.14 1.14 1.00 0.0
2.3.4 Conclusion
Pour nos essai, nous étudions deux types de conditions aux limites (appui S3 et encastrement C1-).
106
Pression
Code de
Equation critique
conception/référence
(bar)
ECCS, 1988 [98] [99] 1.35
Figure 129 : Comparaison de la charge critique de flambage initial avec la valeur moyenne des
prévisions théoriques (références citées [102], [103] et [100])
Les essais menés nous permettent de mettre en exergue l’effet d’un confinement sur le flambage
d’une coque mince soumise à pression externe, de type latérale. La pression critique de la coque
seule (sans renforcement) est inférieure par rapport à la solution analytique de Ross, Donnell et
Rawad (Tableau 12). La théorie classique est basée sur l'hypothèse d'une géométrie parfaite.
L'imperfection géométrique réduit clairement la capacité de flambage de coques cylindriques
soumises à une pression latérale. Des écarts pouvant atteindre environ 17.5% existent entre la
prédiction selon la théorie classique de la charge de flambement et nos résultats expérimentaux. Pour
107
la coque avec polystyrène, la pression critique est une fonction croissante de l’épaisseur totale du
confinement externe. Pour les spécimens « avec adhérence » (S.4 et S.6), la charge critique de
flambage a augmenté de 14.6% et 22.2% respectivement par rapport à la coque seule S.1. Pour S.3 et
S.5 « sans adhérence », la charge de critique a augmenté de 20.3% et 24.1% respectivement. Le
nombre de « cloque » circonférentiel sur la surface latérale de la coque est diminué avec
l’augmentation de l’épaisseur du polystyrène.
La condition de contact avec interaction unilatérale ou bilatérale entre la coque et son confinement
externe, est très sensible. Pour les coques sans bande d’adhésive double face (coller avec polystyrène
externe), la charge critique diminue mais le nombre de « cloque » ne change pas. Les coques avec
confinement local, donnent la charge critique dans l’intervalle des coques seule et coque avec
confinement global (même épaisseur). Sa charge critique a augmentée 2.6% par rapport le cas de la
coque seule.
Sur nos courbes de pression versus le temps, la coque atteint un point d'instabilité et le flambage se
produit par bifurcation. Il est typique que la charge diminue immédiatement ( après
flambage mais elle augmente à nouveau ensuite en post-flambage.
108
109
a b c
Figure 132 : (a) Enceinte extérieure ou tube externe, (b) Tube externe + coussin gonflable, (c) idem +
tube à tester, (c) sable fin
110
111
Eprouvette
Jauge
Extensomètre
112
0.0000 0.0 0.0159 269.3 0.0367 312.8 0.0994 361.1 0.2033 372.0
0.0011 225.1 0.0172 273.9 0.0387 316.0 0.1086 364.2 0.2151 372.0
0.0062 228.8 0.0198 280.2 0.0407 319.1 0.1184 365.8 0.2275 370.4
0.0068 235.0 0.0218 284.8 0.0459 325.3 0.1282 367.3 0.2386 368.9
0.0081 241.2 0.0237 289.5 0.0524 331.5 0.1380 368.9 0.2504 367.3
[Link] Introduction
Les imperfections géométriques sont inévitables et sont généralement induites par le procédé de
fabrication. Les défauts peuvent être locaux ou globaux. La charge critique de la coque est fortement
diminuée à cause de la présence des défauts. La mesure des imperfections géométriques est donc
nécessaire pour connaître l’influence des défauts sur la charge critique mais aussi sur le
comportement de la coque. Nous disposons d’un banc de mesures des défauts géométriques Figure
11. Le spécimen à scanner est placé sur une plaque tournante. Ce système permet d’effectuer une
rotation de la coque (mesure de parallèles) et une translation axiale du capteur sans contact pour
effectuer un déplacement de la section auscultée (mais aussi mesures de génératrices). La géométrie
113
est relevée à l’aide d’un capteur sans contact (capacitif). Un moteur permet de monter ou descendre
le capteur capacitif à l’aide d’un système de vis/écrou, un capteur permet de déterminer la position
axiale. La rotation de la plaque tournante s’effectue à l’aide d’un moteur. Chaque point de la coque
est défini par ses coordonnées (θ, Z, W). Nous avons décomposé la surface du tube en 252 parallèles
et 360 points angulaires de mesures pour chaque parallèle, ce qui permet de connaitre assez
finement les défauts initiaux.
Les données des mesures sont enregistrées sous forme de tensions électriques sur un PC muni d’une
carte d’acquisition. Les signaux sont enregistrés avec une fréquence d’échantillonnage de 0.2s. Le
défaut est déterminé par la différence entre le rayon réel et le rayon moyen selon la norme ISO-4291-
1985 [104]. Ci-dessous nous analysons les résultats des mesures de géométrie à l’aide du logiciel
Matlab R2012a. On exploite ici la géométrie réelle du tube (Figure 138). La qualité du tube est évaluée
selon l’Eurocode 3 [105].
114
Figure 138 : Géométrie réelle traité via le logiciel Matlab pour la coque CL01
Selon l’Eurocode 3, il convient d'utiliser un calibre de mesure des fossettes en chaque emplacement
(voir la Figure 139) tant dans le sens méridien et dans le sens circonférentiel. Il convient que le calibre
méridien soit rectiligne, mais que le calibre utilisé pour les mesures dans le sens circonférentiel
présente une courbure égale au rayon de courbure prévu de la surface médiane du tube.
[105]
(2.1)
[105]
(2.2)
115
(Amax-
Tube Amax Amin Amax - Amin Amax/t Amin/t Qualité
Amin)/t
CL01 1.5151 -2.1058 3.6209 1.8934 -2.6323 4.5261 0.01578 Normal
Figure 140 : Evaluation de la qualité des coques selon l’Eurocode 3
Amax Amplitude maximale du défaut (mm)
Amin Amplitude minimale du défaut (mm)
t Epaisseur du tube (mm)
wmax Profondeur des fossettes initiales dans la paroi du tube (mm)
2.4.4 Instrumentation
Afin de mesurer les déformations induites sur la coque dans la direction circonférentielle, nous
disposons cinq jauges de déformation (KFG-5-120-C1-11) à mi-hauteur, sur la paroi interne de la
coque pour éviter leur décollement du fait de l’interaction avec le sable. Ces jauges sont placés à (72°)
l’une de l’autre. Une jauge est collée au voisinage de la soudure (Figure 141).
(a) (b)
Figure 141 : Tube avec jauge, (a) éprouvette, (b) position de la jauge
116
forme de tensions électriques sur un PC muni d’une carte d’acquisition. Le choix des capteurs est fait
en fonction de l’étendue de mesure attendue, la sensibilité, et la précision requises.
Le tube est simplement positionné dans l’enceinte rigide, les conditions aux limites sont donc libre
axialement, il n’y a donc à priori pas d’effort induit axialement car l’effet de poisson est libre.
IMC Accumulateur
Ordinateur
Coussin gonflable
Tube à tester
Enceinte externe
117
Le signal est enregistré avec une fréquence d’échantillonnage de 0.2s, deux caméras sont utilisées afin
d’observer la déformée de la coque durant le test.
118
2.4.7 Résultats
Concernant la condition aux limites, pour les deux premiers tests, nous utilisons les frettes (Figure
131) mais ces dernières ne sont pas liées à la coque (pas de métal à bas point de fusion). Ces deux
premiers essais nous ont permis de démontrer de la faisabilité de l’essai de flambage dans les
configurations de contact choisies. À partir de la coque CL03, les frettes assurant les conditions aux
limites sont fixées à la coque à l’aide du métal à bas point de fusion.
Ci-dessous, nous rappelons l’expression donnant la pression externe critique selon l’approche de
Yamaki [58] (avec la condition ) pour la coque sans confinement sous la pression latérale, a
calculé la pression critique et le mode critique circonférentiel correspondant :
(2-3)
(2-4)
Où :
Avec
Où et sont des paramètres fonction de , du type de conditions aux limites et du type de
pression externe. Dans notre cas : ap=1.56 et nous avons Pcr=2.42 bar et ncr=6
Après vérification du banc d’essais à l’aide des deux premiers tests (CL01 et CL02), nous effectuons
trois essais sur la même configuration géométrique, de chargement et de confinement, afin de
vérifier la reproductibilité de nos essais. Pour les essais suivants, d’abord nous changeons le matériau
119
de confinement, avec le même sable mais mouillé afin de lui donner un peu plus de cohésion, puis
nous considérons des essais où le tube est renforcé au niveau de la zone de soudure. Les détails des
trois différentes configurations d’essai sont illustrés Tableau 17.
Renforcement sur la
Configuration Type de confinement
zone de soudure
1
non Sable sec
(tube CL03-CL04-CL05)
2
oui Sable sec
(tube CL06-CL07)
3
non Sable mouillé
(tube CL08-CL09-CL10)
Tableau 17 : Les différentes configurations étudiées
120
Le flambage correspond à une ondulation locale observée au voisinage du cordon de soudure. Il s’agit
d’un mode mono lobe (tout du long du tube). La longueur d’onde semble relativement courte par
rapport à celle caractéristique de la pression externe (26.97mm). Précisons que le flambage est
soudain et correspond à une instabilité, le cloquage est dynamique.
121
[Link] Configuration 1
Pour le premier cas d’étude, dit « configuration 1 », un sable fin sec nous sert de matériau assurant le
confinement de la coque (Figure 133a). Aux deux extrémités du tube, nous positionnons des frettes
en acier qui sont solidaires du tube, elles assurent des conditions aux limites maitrisées et
reproductibles (Figure 149). En l’occurrence ici, il s’agit d’un encastrement. Pour cette configuration,
nous n’utilisons pas d’enveloppe métallique (Figure 150) servant d’interface entre l’enveloppe
gonflable et le matériau granulaire. Les Figure 151, Figure 157 et Figure 162 donnent l’évolution de la
pression mesurée dans l’enveloppe gonflable versus le temps ainsi que les réponses des jauges
circonférentielles pour les tubes CL03, CL04 et CL05. Le temps caractéristique de l’essai est de l’ordre
de la minute. Les courbes de la pression mesurée dans l’enveloppe gonflable versus les déformations
mesurées sur la coque sont illustrées Figure 152, Figure 158 et Figure 163. Les modes de flambage des
tubes sont donnés Figure 155, Figure 156, Figure 161, Figure 166.
a b c
Figure 150 : Modèle sans enveloppe métallique, (a) tube externe + coussin gonflable, (b) idem + tube à
tester, c) banc + caméra et spot d’éclairage
122
Figure 152 : Courbes pression versus déformation des jauges, coque CL03
123
124
Figure 157 : Courbes pression versus temps, et déformation versus temps, coque CL04
Figure 158 : Courbes pression versus déformation des jauges (coque CL04)
125
126
Figure 162 : Courbes pression versus temps, et déformation versus temps, coque CL05
Figure 163 : Courbes pression versus déformation des jauges, coque CL05
127
128
Figure 168 : Courbes pression versus déformation moyenne des jauges, CL03, CL04 et CL05
Figure 169. Superposition de la courbe pression eau dans coussin, pression calculée à partir de
déformation moyenne versus le temps, coque CL03, CL04, CL05
129
Figure 170. Superposition de la courbe pression eau dans coussin, pression calculée à partir de
déformation minimale versus le temps, coque CL03, CL04, CL05
130
Le Tableau 18 récapitule les pressions critiques obtenues pour chaque essai, rappelons qu’il s’agit ici
de la pression dans l’enveloppe gonflable et non de la pression vue par la coque.
[Link] Configuration 2
Dans cette configuration, le matériau assurant le confinement est comme précédemment un sable fin
sec (Figure 133a). Afin de mieux comprendre le rôle de la rigidité (changement du matériau de
l’interface) du contact entre le tube et le confinement externe, deux tubes sont testés avec deux
différentes configurations du renforcement. On a collé une plaque courbe (pour la coque CL06) et le
polystyrène (pour la coque CL07) à l’aide d’une bande d’adhésive double face sur la ligne de soudage
du tube. Dans cette étude, nous considérons tout d’abord 70mm de largeur circonférentielle, 0.8mm
de l’épaisseur de la plaque en acier standard laminé à froid DC01 et 160mm de largeur
circonférentielle, 13.6mm de l’épaisseur de polystyrène ( Figure 173). Figure 173 : Renforcement sur
ligne de soudage de la coque
La Figure 175 et la Figure 179 donnent l’évolution de la pression mesurée dans l’enveloppe gonflable
versus le temps ainsi que les réponses des jauges circonférentielles pour les tubes CL06 et CL07. Le
temps caractéristique de l’essai est toujours de l’ordre de la minute. Les courbes de la pression
mesurée dans l’enveloppe gonflable versus les déformations sont illustrées Figure 174 et Figure 180.
Les modes de flambage des tubes sont donnés Figure 178 et Figure 183. On peut constater que la
charge critique du tube CL06 est plus haute que celle du tube CL07. Il nous semble clair que la
longueur d’onde circonférentielle du mode critique du tube CL06 (26.99mm) est plus petite que celle
du tube CL07 (107.91mm) et que celle du tube seule sous pression externe (130.83mm).
131
132
133
134
Figure 184 : Courbes pression eau-moyenne des déformations des jauges, CL06, CL07
Le Tableau 18 récapitule les charges critiques obtenues dans enveloppe gonflable pour chaque tube
[Link] Configuration 3
Dans cette partie nous étudions l’influence de la rigidité du matériau de confinement. Le matériau ici
considéré est le sable mouillé (Figure 185). Le reste est inchangé, et une série de trois essais est
effectuée. Les Figure 186, Figure 190 et Figure 194 donnent l’évolution de la pression mesurée dans
l’enveloppe gonflable versus le temps ainsi que les réponses des jauges circonférentielles pour les
trois tubes testés, CL08, CL09 et CL10. Le temps caractéristique de l’essai est de l’ordre de la minute.
Les courbes de la pression mesurée dans l’enveloppe gonflable versus les déformations sont illustrées
Figure 187, Figure 191 et Figure 195. Les modes de flambage des tubes sont illustrés Figure 189,
Figure 193 et Figure 197.
135
136
137
138
139
Figure 198 : Courbes pression eau-temps des tubes CL08, CL09 et CL10
Figure 199 : Courbes pression eau-moyenne des déformations des jauges, CL08, CL09 et CL10
140
Figure 200. Superposition de la courbe pression eau dans coussin, pression calculée à partir de
déformation moyenne versus le temps, coque CL08, CL09, CL10
Figure 201. Superposition de la courbe pression eau dans coussin, pression calculée à partir de
déformation minimale versus le temps, coque CL08, CL09, CL10
141
142
2.4.8 Conclusion
L’objet de ce travail expérimental était tout d’abord de montrer la possibilité d’obtenir du flambage
pour une coque soumise non seulement au confinement par un matériau d’une certaine rigidité mais
pour un chargement de pression externe dit solide en ce sens que c’est le rétreint du matériau de
confinement qui engendre une contrainte circonférentielle compressive dans la coque. L’exemple
d’une coque subissant le flambage du fait de l’expansion de la glace qui confine son extrados en est la
parfaite illustration. Nous avons aussi pu montrer que dans ce cas le mode est très différent de celui
obtenu sous pression externe de type fluide (air). On ne constate qu’une seule cloque ou ondulation
vers l’intérieur, de plus la longueur d’onde de ce mode est très courte comparativement à la longueur
d’onde critique obtenue sous pression externe. Ceci explique l’atteinte d’une pression critique
nettement plus importante, un gain de l’ordre de X % est constaté. Cependant, on sait que la glace est
assez hétérogène, et en dehors des jauges qui instrumentent la coque nous n’avons aucune indication
sur la pression exercée par l’expansion radiale de la glace. En ce sens, ces premiers essais sont plutôt
qualitatifs.
Un banc a donc été mis en place pour précisément étudier le flambage de tubes confinés. Une
enveloppe gonflable, positionnée à l’intrados d’un tube jugé infiniment rigide, permet d’expandre
vers l’intérieur du tube un matériau granulaire, lui-même en contact avec le tube à tester au
flambage. La pression appliquée au matériau de confinement est cette fois-ci mesurée précisément.
Par contre la pression, induite sur la coque à tester par le matériau sable de confinement, n’est pas
accessible par mesure, nous disposons cependant d’une série de jauges de déformation sur l’extrados
de la coque, ce qui permet d’accéder à une valeur moyenne de la pression subie par la coque.
Les divers essais menés, nous permettent de conclure quant à la pertinence de nos essais au vue de la
reproductibilité des résultats et sachant aussi qu’ils corroborent les quelques essais de la littérature.
Nos essais démontrent un gain conséquent induit par le confinement, pour notre cas il est de l’ordre
de 358%. Par ailleurs, ce gain est lié à la rigidité du confinement, ainsi il est de 358% pour le sable sec
et 398% pour le sable mouillé.
Dans tous les cas de figures étudiés, le mode de flambage est confiné (mono-lobe), de longueur
d’onde plus courte que le mode associé à la pression externe, et évidemment systématiquement
orienté vers l’intérieur de la coque. Il est aussi clairement établi que plus le matériau de confinement
est rigide plus la longueur d’onde circonférentielle du mode est courte, ainsi le « sable mouillé » nous
donne une charge critique plus haute et une taille de « cloque » plus petite que celle obtenue pour le
« sable sec ». Pour tous les tests ici étudiés, la forme ou allure de la courbe caractéristique pression-
déformation est inchangée, et la déformée du tube est quasi-identique.
143
a b c
Figure 205 : Modèles étudiés: a) Coque cylindrique sans confinement, b) Coque cylindrique avec
confinement local (polystyrène expansé), c) Coque cylindrique avec confinement total
[Link] Résultats
L'analyse numérique prédit initialement sept lobes dans le stade élastique de l'analyse non linéaire
sur la coque S.1 (voir Figure 208), et au point de bifurcation où le phénomène de flambage se produit,
ce nombre de « cloque » se réduit à six (voir Figure 215).
145
S.2 S.4
Figure 207 : Déformée des spécimens S.2 et S.4 en observant à la section Z=h/2
a b c
Figure 208 : Déformée prédite en phase de flambage élastique sur la coque seule (spécimen S.1). (a)
montre une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les deux extrémités de la coque et le
confinement externe sont enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 40 ×
a b c
Figure 209 : Snap-through à six lobes de la coque seule (spécimen S.1). (a) montre une vue en plan et
(b, c) montre une élévation. Les extrémités du cylindre et le confinement externe sont enlevés pour la
clarté visuelle. Déplacements 5 ×
146
a b c
Figure 210 : Déformée prédite en phase de flambage élastique sur la coque avec confinement local
(spécimen S.2). (a) montre une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les deux extrémités de la
coque et le confinement externe sont enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 40 ×
a b c
Figure 211 : Snap-through à six lobes de la coque avec confinement local (spécimen S.2). (a) montre
une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les extrémités du cylindre et le confinement externe
sont enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 5 ×
a b c
Figure 212 : Déformée prédite en phase de flambage élastique sur la coque avec confinement total
(spécimen S.3). (a) montre une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les deux extrémités de la
coque et le confinement externe sont enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 40 ×
147
a b c
Figure 213 : Snap-through à six lobes de la coque avec confinement total (spécimen S.3). (a) montre
une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les extrémités du cylindre et le confinement externe
sont enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 5 ×
a b c
Figure 214 : Déformée prédite en phase de flambage élastique sur la coque avec confinement total
(spécimen S.4). (a) montre une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les deux extrémités de la
coque et le confinement externe sont enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 40 ×
a b c
Figure 215 : Snap-through à six lobes de la coque avec confinement total (spécimen S.4). (a) montre
une vue en plan et (b, c) montre une élévation. Les extrémités du cylindre et le confinement externe
sont enlevés pour la clarté visuelle. Déplacements 5 ×
Le Tableau 21 montre les charges critiques de flambage initial et de post-flambage des spécimens. Le
Tableau 22 donne les comparaisons des charges de flambage initiales et du nombre d « cloque » de
flambement, obtenues par l’étude numérique et de l'étude expérimentale.
148
Flambage initial
Post-flambage
Spécimen P0 P0contact/ P0plain Différence (%)
P1 (bar)
(bar)
S. 1 1.14 1.14 1.00 0.0
Tableau 21 : Pression critique du flambage initial et du post-flambage pour tous les spécimens
Tableau 22 : Charge critique et nombre du mode de flambage obtenu par l’étude expérimental et
l’étude numérique
149
Figure 216 : Comparaison de la charge critique avec les prévisions théoriques (cite par [102], [103] et
[100])
[Link] Conclusion
Nous avons proposé une méthode numérique fiable pour modéliser le flambage sous pression
bilatérale des coques cylindriques à mince paroi avec confinement externe, soumises à deux types de
pression externe, celle appliqué sur la paroi externe du tube, et celle appliquée sur la paroi externe du
confinement. La modélisation numérique de ce procédé (modèle 3D), via la méthode des éléments
finis à l’aide du code de calcul Abaqus/Standard 6.12-3 (par la méthode de « Riks modifiée »), a été
élaborée. Les choix de modélisation retenus nous ont permis de corroborer les observations
expérimentales afin d’étudier la pression critique et le mode de flambage de la coque, il nous montre
l’effet d’imperfection initial. La comparaison de la solution numérique avec la solution analytique a
montré une très bonne corrélation, elle permet donc de valider l’élément implanté. La pression
critique est inférieure par rapport à la solution analytique de Ross, Donnell et Rawad. La théorie
classique est basée sur l'hypothèse d'une géométrie parfaite. L'imperfection géométrique réduit
clairement la capacité de flambage de coques cylindriques soumises à une pression latérale. Pour la
configuration confinée, la pression critique est la fonction croissante de l’épaisseur totale du
confinement externe. La condition de contact entre la coque et le confinement total est très sensible
sur la charge de collapse. Les coques avec confinement local, donnent la charge critique dans
l’intervalle des coques seule et coque avec confinement total (même épaisseur). Sa charge critique a
augmentée de 1.8% par rapport le cas de la coque seule. Les résultats nous montrent une sensibilité
de l’épaisseur du confinement avec la même rigidité et la condition de contact sur la charge de
collapse.
150
modélisation via une pression externe soit équivalente au chargement réel in situ. Cette question est
d’importance.
L’objectif général de cette modélisation numérique est d’étudier le phénomène de flambage sous
contact dans le cas d’une coque confinée sous pression externe qui est appliquée directement par le
corps externe. Au vue de la complexité du problème, liée à l’interaction de plusieurs non-linéarité, les
grands déplacements associés au flambage, la plasticité, le contact, la MEF semble l’approche la plus
appropriée. Le choix d’un code industriel nous semble de plus incontournable afin de pouvoir disposer
de plusieurs éléments finis (éléments volumiques - modèle 3D), et d’algorithmes suffisamment
robustes pour traiter les non-linéarités précités. Nous avons opté pour le code Abaqus selon le
schéma implicite, le calcul sera effectué en quasi-statique, en adéquation avec les essais. Le
comportement du matériau est supposé homogène, régit par l’élasto-plasticité avec écrouissage
isotrope. Il s’agit des coques cylindriques à mince paroi de diamètre externe 250mm, de hauteur
480mm et d’épaisseur moyenne 0.8mm avec confinement externe. La pression est appliquée sur la
surface latérale externe du confinement qui est en contact avec un anneau infiniment rigide pour
assurer la condition aux limites de l’expérimentation. La méthode de « Riks modifiée » a été utilisée,
qui est la méthode la plus efficace à cet effet et elle est maintenant principalement utilisée dans les
programmes d'analyse structurelle non linéaire. Le chemin d'équilibre non linéaire pression-flèche (p-
δ) est tracé à l'aide d'un algorithme de poursuite de Riks. Les choix de modélisation retenus nous ont
permis de corroborer les observations expérimentales afin d’étudier la pression critique et le mode de
flambage de la coque. La configuration non-confinée est préalablement menée, ce qui permet d’avoir
une charge de référence. Ensuite, nous considérons le cas du tube élasto-plastique diverses influences
des paramètres, comme l’épaisseur et la rigidité du confinement, frottement du contact. Ces modèles
nous permettent bien entendu de gérer le contact entre le tube et le matériau servant au
confinement, l’effet de l’épaisseur et de rigidité du confinement sur le taux entre la pression
appliquée sur la surface latérale externe du confinement et celle de la coque. Enfin, nous comparons
deux configurations du chargement sur le comportement de la coque confinée.
151
Le modèle EF utilisé est représenté sur la Figure 218. La coque cylindrique est modélisée par des
éléments solides à intégration réduite à huit nœuds (C3D8R), Figure 218b. La paroi de cylindre a été
modélisée avec une épaisseur uniforme, 0.8mm. Les deux extrémités de la coque sont modélisées
comme un corps rigide par rapport le point référence RP1 pour l’extrémité en haut, RP2 pour
l’extrémité en bas. Dans notre modèle, RP1 est encastré, RP2 est libre, Figure 218a. La coque est
soumise à une pression latérale uniforme, Figure 218c.
152
La méthode « Riks modifié » est utilisée pour avoir la courbe du comportement de la coque élasto-
plastique « non confiné ». Nous considérons un petit défaut géométrique (déplacement axial) au
point A à la section Z=h/2 avec l’amplitude ∆0 =0.01mm ce qui nous fait dire qu’il s’agit d’un défaut
infinitésimal pour pouvoir initier le flambage. Cette approche nous permet de trouver la charge de
collapse et le mode de collapse de la coque élastique (Figure 219- méthode Buckle) et de la coque
élasto-plastique (Figure 220- méthode « Riks modifié »). La charge critique est illustrée dans le
Tableau 24. Les valeurs critiques par deux méthodes numériques sont illustrées dans le Tableau 24. Ils
nous donnent la même valeur, donc le flambage est élastique.
Figure 219 : Déformée du tube sans confinement, pression latérale, méthode Buckle
153
Figure 220 : Déformée du tube sans confinement, pression latérale, méthode « Riks modifié »
Le modèle 3D simplifié est réalisé. Vue la symétrie du problème, seule moitiée de la structure est
modélisée. Le modèle numérique simplifié a été utilisé avec l’hypothèse : la pression est uniforme,
matériau du confinement est homogène et isotrope, l’épaisseur de la coque est uniforme. Le
confinement externe est modélisé par matériau élastique. La forme de la coque, du confinement
externe et de l’anneau rigide du modèle étudié est illustrée dans la Figure 221.
154
Point A
Figure 222 : Configuration du contact S-V-S entre coque-confinement externe, confinement externe-
anneau rigide
Les conditions aux limites sont représentées Figure 223. Dans Abaqus, il est possible de créer
plusieurs étapes dans lesquels on peut définir le chargement et la méthode de résolution. Il sera
possible de créer plusieurs étapes sachant que la fin d’une étape constitue les conditions initiales
pour l’étape suivante. Il est donc facile de modifier les conditions aux limites, les chargements et les
méthodes de résolution. Le chargement est la pression externe uniforme.
155
La modélisation du chargement est une question délicate, sachant qu’in situ c’est la convergence du
matériau sol qui induit une déformation du tube, et donc de façon équivalente une pression externe.
Cependant nous n’avons aucune garanti, que la modélisation via une pression externe soit
équivalente au chargement réel in situ. Cette question est d’importance, et notre étude numérique
devra y apporter une réponse claire et sans équivoque.
Configuration 1 Configuration 2
Pression appliquée sur la paroi Pression appliquée sur la paroi
externe du confinement externe du tube
Figure 224 : Deux configurations du chargement
156
[Link] Résultats
Nous traitons ici, le cas de la coque, de 250mm de diamètre externe, de 0.80mm d’épaisseur, traitée
expérimentalement. Le confinement fait 20mm d’épaisseur, et l’effet de sa rigidité est pesé via son
module élastique qui peut varier dans la plage [10 MPa ; 4000 MPa]. Les données fixes et celles
variables sont précisées au Tableau 34. Pour garantir l’apparition du flambage, de même que pour nos
précédents calculs nous considérons l’effet d’un petit défaut initial (∆0/t=0.1/0.8=0.125). Les Figure
227 et Figure 228 représentent la déformée de la coque, il s’agit d’un flambage mono-loble vers
l’intérieur. Nous avons quantifié l’effet de la rigidité du confinement, et constaté qu’il permet
d’améliorer la charge de collapse. L'influence de la rigidité du confinement externe sur la réponse de
flambement de la coque est montrée Figure 229. Sur la première configuration de chargement, la
pression de collapse est fonction de la rigidité du confinement et elle est presque inchangée.
L’empâtement circonférentielle de la « cloque » ou mode de flambage est plus petit pour le cas du
modèle avec grande rigidité du confinement.
157
Point A
Figure 228 : Mode de flambage, le confinement (E’=1000MPa, épaisseur 20mm) est apuré pour clarté
158
Nous considérons l’effet de la rigidité du confinement (épaisseur fixe mais module variable), pour
rappel, les paramètres analysés sont donnés au Tableau 25. Nous avons donc considéré différentes
rigidités du confinement, ce qui permet d’améliorer la charge de collapse. L'influence de la rigidité du
milieu confinant sur la réponse au flambement du tube est montrée Figure 229. Les valeurs de la
pression de collapse, appliquée sur la paroi du tube, augmentent lorsque la rigidité du confinement
augmente.
159
Les résultats nous montrent que la rigidité du confinement externe est très sensible aux faibles
rigidités. Une réduction substantielle de la charge de collapse en raison de la déformation élastique
du support est constatée. La comparaison de la charge collapse sur la paroi externe du tube
Figure 231. Courbe pression calculée à partir de la contrainte moyenne sur la paroi du tube versus
rigidité du confinement pour différentes épaisseurs du confinement, configuration 1
160
Figure 232 : Comparaison de la pression critique de la coque pour deux configurations du chargement
Configuration
1 : Pression
appliquée sur
la paroi
externe du
confinement
Configuration
2 : Pression
appliquée sur
la paroi
externe du
tube
Rigidité du
10 MPa 50 MPa 1000 MPa 4000 MPa
confinement
Figure 233 : Modes de flambage vers l’intérieur de la coque, effet du mode de chargement et de la
rigidité du confinement (épaisseur 20mm). (Confinement et anneaux rigides sont apurés pour une
meilleure lisibilité)
161
Pour les calculs précédents nous avons négligé le frottement à l’interface tube/matériau de
confinement. Dans cette partie nous étudions l’effet du frottement µ au niveau du contact, les autres
paramètres sont maintenus. Nous considérons une large variation du coefficient de frottement µ
(dans l’intervalle [0,5]) pour bien en estimer l’effet sur la charge de collapse. Les résultats montrent
que le frottement n’influence que très légèrement la pression de collapse et les modes de collapse
sont inchangées (Figure 234 et Figure 235).
[Link] Conclusion
Nous avons proposé une méthode numérique fiable pour modéliser le flambage des coques
cylindriques à mince paroi avec confinement externe. La pression est engendrée par la convergence
du matériau du confinement qui induit une déformation du tube. La modélisation numérique de ce
procédé (modèle 3D), via la méthode des éléments finis à l’aide du code de calcul Abaqus/Standard
6.12-3 (par la méthode de « Riks modifiée »), a été élaborée. Les choix de modélisation retenus nous
ont permis de corroborer les observations expérimentales afin d’étudier la pression critique et le
162
mode de flambage de la coque, il nous montre l’effet d’imperfection initial. La pression critique est la
fonction croissante de la rigidité du confinement externe. Le frottement du contact entre la coque et
le confinement influence très légèrement sur la charge de collapse. La comparaison de deux
configurations du chargement est effectuée, les résultats nous montrent une sensibilité de deux types
de chargement appliquée sur la pression de collapse et mode de collapse de la coque.
Dans une première partie, l’état de l’art de la simulation de l’instabilité des coques confinée sous
pression externe est rappelé. Le choix des éléments les plus adaptés pour l’étude du contact et du
flambage, est ensuite abordé et étudié. Nous précisons la configuration de charge et les conditions
aux limites appliquées au modèle. Ensuite la sensibilité des différents paramètres, comme l'épaisseur
et la rigidité du confinement, le frottement à l’interface entre tube et confinement externe, sont
jaugés. Nous rappelons qu’il s’agit d’analyser finement ce qui se passe (cinématiques et contraintes)
dans les différentes zones du tube, en particulier le comportement précritique, puis au moment du
flambage sous pression, puis lors du cloquage vers l’intérieur (observé expérimentalement), en vue
d’expliquer l’effet du confinement. Les effets d’une corrosion localisée et généralisée seront aussi
analysés. Le comportement du matériau est supposé homogène, régit par l’élasto-plasticité avec
écrouissage isotrope, les effets différés tels que les dégradations par corrosion seront pris en compte
en tant que défauts initiaux.
163
Tableau 27: Points définissant la courbe de traction retenue pour le calcul numérique
164
3.2.2 Modèle 2D
Nous étudions le flambage d’un tube en acier API 5L X65, de diamètre externe 762mm et d’épaisseur
initiale 25mm, qui est en contact avec un corps externe élastique. Après estimation de la capacité
portante dans le cas d’une structure quasi-parfaite, et pour des conditions de charge idéales
(axisymétrique), nous étudierons l’influence de divers paramètres, tels que l’effet de défauts initiaux
(ovalisation, corrosion localisée et corrosion généralisée), la configuration du contact avec ou sans
frottement. Dans cette partie, nous recourons à la modélisation 2D, d’abord pour le cas d’un tube
considéré élastique, puis dans le cas plus réaliste du tube élasto-plastique, confiné par un corps
externe, et soumis à la pression externe. L’étude de la configuration non-confinée est préalablement
menée, ce qui permet d’avoir une charge de référence, ensuite nous considérons le cas du tube
confiné. Dans le premier cas, on considèrera un tube élastique avec un confinement infiniment rigide,
la charge critique numérique sera alors comparée à la prédiction analytique de Glock [106]. Puis
l’étude du collapse avec contact sera menée sur le tube considéré élasto-plastique, et enfin l’influence
de divers paramètres sera jaugée, comme l’épaisseur ou la rigidité du confinement, le frottement sur
l’interface de contact, l’effet du nombre de « cloques » associées au flambage, l’effet de l’amplitude
du défaut initial ou plus largement la sensibilité aux défauts géométriques, ou encore l’effet d’un
défaut de type perte d’épaisseur induit par corrosion.
165
a) tube b) confinement
externe
Figure 237 : Forme du tube et du confinement sur modèle étudié
Le diamètre interne du milieu assurant le confinement ou milieu porteur du tube, est égal au
diamètre externe du tube, il n’y a donc pas de gap. Le diamètre externe du milieu porteur est un
paramètre d’étude (rigidité). Il doit cependant être assez petit pour économiser le temps de calcul et
doit être assez grand pour assurer la condition de confinement externe. Une étude paramétrique sur
l’épaisseur du milieu assurant le confinement sera faite afin d’évaluer l’effet de la rigidité du milieu
enveloppe, et aussi afin d’envisager l’épaisseur optimale pour les calculs, c’est-à-dire assurant la
convergence des résultats. Le milieu assurant le confinement externe est divisé en trois zones comme
illustré à la (Figure 237b).
166
optons donc pour la méthode de pénalisation qui sera utilisée à la fois pour la gestion du contact
normal et tangentiel.
Dans notre modèle, le contact, entre la surface de confinement et celle du tube, peut mobiliser une
contrainte normale et une contrainte tangentielle. Dans un premier temps nous considérons que
l’effet tangentiel n’est pas déterminant dans le comportement au flambage, en tous cas pas sur le
comportement précritique et critique. On ne prendra donc pas en compte le frottement dans les
premières modélisations, mais nous étudierons par la suite son éventuel effet. Du point de vue
numérique, le contact peut être considéré comme une discontinuité des conditions aux limites.
Malgré une pénétration possible mais limitée des surfaces de contact, elle donne des solutions
raisonnables avec une bonne vitesse de convergence. On fait le choix d’un contact entre la surface
interne de confinement et celle externe du tube de type surface vers surface (S-V-S). D’un point de
vue pratique, il est conseillé de créer des contacts de type *TIE entre les surfaces
supérieures/inférieures des trois zones du confinement externe (Figure 238). Cette technique permet
de coller deux maillages totalement différents, elle est très souvent employée pour réduire les temps
de calcul, par exemple en maillant finement une zone de la géométrie pour obtenir des résultats
précis. Le *TIE nécessite de définir deux surfaces : la surface dite maître est maillée grossièrement et
correspond aux éléments de la zone interne, la surface dite esclave est maillée finement et
correspond aux éléments de la zone externe du confinement. Pour ce test, l’option *TIE est utilisée.
167
168
[Link] Résultats
Nous considérons le tube élastique et élasto-plastique dans deux cas, d’abord la configuration non-
confinée, puis confinée (confinement infiniment rigide). Pour ces deux cas, la coque est soumise à une
pression latérale uniforme sur son extrados, cela entend pour la modélisation 2D, sur tout le
périmètre externe du tube.
(6)
Où :
169
La comparaison de la charge critique numérique et celle de Timoshenko est illustrée dans le Tableau
29. Le mode critique est montré dans la Figure 242.
170
Les données géométriques relatives au tube restent inchangées, elles sont à nouveau précisées ci-
dessous, nous rajoutons uniquement la donnée de l’amplitude de l’imperfection géométrique initiale.
171
(8)
(10)
Où :
172
Dans les paragraphes précédents, l'excellent comparaison de l'équation de Glock [106] avec nos
résultats numériques. Nous ne disposons que de relativement peu de résultats expérimentaux publiés
pour les corroborer aux solutions théoriques et numériques obtenues pour le cas de la coque
confinée sous pression externe. Une brève description des trois ensembles de données est offerte par
Omara [107]. Les essais correspondants ont été effectués par Aggarwal et Cooper [108], Lo et al. [79]
et Guice et al. [109]. Un bref aperçu en est présenté ci-dessous (Tableau 31).
Nous précisons ci-après les résultats en termes de courbes charge-flèche, de déformées de flambage,
de façon dimensionnelle et adimensionnelle.
Figure 245 : Comportement du tube élastique confiné par un matériau infiniment rigide
173
Figure 246 : Evolution de la déformée du tube élastique confiné par un matériau infiniment rigide
En raison du confinement externe, le tube n’est pas libre de se déformer vers l’extérieur et son
flambement se produit donc sous la forme d’un «lobe vers l’intérieur ».
Figure 247 : Comportement du tube élasto-plastique confiné par un matériau infiniment rigide
174
Figure 248 : Evolution de la déformée du tube élasto-plastique confiné par un matériau infiniment
rigide
Figure 249 : Mode de collapse du tube élastique et élasto-plastique confiné par un matériau infiniment
rigide
Ces études nous permettent de valider notre modélisation 2D, en déformation plane et à l’aide de
l’élément CPE4R, du comportement du flambage élastique d’un tube confiné. Au bilan, nous
constatons tout d’abord un effet négligeable de la plasticité sur le cas non confiné, en effet les
charges critiques sont quasi égales, 16.19 MPa pour le matériau élasto-plastique, et 17.99 MPa pour
le matériau élastique soit un écart de 11.1%. Enfin, pour le tube élastique sans confinement, la valeur
de collapse donnée par notre modélisation est égale à 99.50% de la solution de Timoshenko.
Dans le cas avec confinement, la pression de collapse du tube élastique parfait (sans défaut autre que
celui permettant d’initier le flambage), est égale à 99.08% de la valeur d’El-Sawy & Moor. Précisons
que dans notre cas, la valeur de la pression critique donnée par Glock est égale à 94.89% de la valeur
d’El-Sawy & Moore.
Ceci nous permet de conclure à la pertinence de nos modélisations numériques. Enfin, le résultat qui
nous semble d’importance : si l’on se réfère à la MEF, pour le cas élastique, la charge de collapse avec
175
confinement, est multipliée par 7.86 comparativement à la charge sans confinement. Ce facteur est
réduit à 2.30 pour le cas élasto-plastique. Pour ce qui est du mode de collapse, le tube élastique
donne une amplitude plus grande que celle obtenue dans le cas élasto-plastique (Figure 249).
176
Rm-tube 368.5 mm
ttube 25 mm
tconf (mm) 19, 200, 300, 400, 600, 1000
Rigidité du confinement 4000 MPa
Frottement (μ) 0
Flambage en mono lobe, bi lobes
∆0/t 0.004
Tableau 33 : Paramètres analysés sur l’effet de l’épaisseur du confinement
Figure 251 : Effet de l’épaisseur du confinement externe sur le flambage mono-lobe du tube
177
L'influence de la rigidité du confinement externe sur la réponse au flambage du tube est donnée
Figure 253. On constate un accroissement de la pression de collapse en fonction de l’accroissement
de la rigidité du milieu confinant, puis à partir d’un certain seuil on observe l’atteinte d’un plateau, la
pression critique se stabilise malgré l’accroissement de la rigidité du « milieu solide » assurant le
confinement.
178
Rm-tube 368.5 mm
ttube 25 mm
tconf 400 mm
Rigidité du confinement (MPa) 100 ; 500 ; 1000 ; 2000 ; 3000 ; 4000 ; 5000 ; 6000 et
infiniment rigide
Frottement (μ) 0
Flambage en mono lobe, bi lobe
∆0/t 0.004
Tableau 34 : Paramètres analysés sur l’effet de la rigidité du confinement
179
Rm-tube 368.5 mm
ttube 25 mm
tconf 400 mm
Rigidité du confinement 4000 MPa ; infiniment rigide
Frottement (μ) 0 ; 0.1 ; 0.2 ; 0.3 ; 0.4 ; 0.5
Flambage en mono lobe
∆0/t 0.004
Tableau 35 : Données fixes et plage du paramètre variable pour évaluer l’effet du frottement
180
tm-tube 368.5 mm
ttube 25 mm
Confinement infiniment rigide
Frottement (μ) 0
Nombreuse de « lobe » 1, 2, 3, 4, 5
∆0/t 0.004
Tableau 36 : Paramètres retenus pour analyser l’effet du nombre de « lobes »
181
On constate que le flambage mono-lobe conduit toujours à une pression de collapse inférieure à celle
associée au mode multi-lobes (bi-lobes, trois, quatre et cinq lobes) et son amplitude au collapse est
plus grande que dans les autres cas. Ce résultat nous semble physique, la formation d’un lobe
nécessitant une énergie moindre comparativement à deux ou plusieurs lobes. Nous ne considérerons
dorénavant qu’un seul défaut géométrique, celui permettant de déclencher un flambage mono-lobe.
En réalité, le modèle simplifié a été utilisé parce que des défauts réels de corrosion peuvent prendre
n’importe quelle forme dans les deux sens, en fonction du mécanisme de corrosion. Ainsi, l'approche
la plus prudente consiste à adopter une réduction d'épaisseur uniforme sur toute la zone touchée. La
forme du défaut dit de corrosion localisée est illustrée à la Figure 258, il sera défini par deux
paramètres : longueur d’onde azimutale (c/πD) et la profondeur (d/t). Nous considérons que la
couche corrodée n’a plus de résistance mécanique.
182
183
184
185
Rmoyen-tube 368.5 mm
ttube (mm) 25 mm
tconf 400 mm
Rigidité du confinement 4000 MPa
Frottement (μ) 0
Flambage en mono lobe, bi lobes
∆0/t 0.004
d/t 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7
0.00156 0.00312 0.00625 0.0125 0.025 0.05
c/πD
0.1 0.125 0.15 0.2 0.3 1
Tableau 39 : Données fixes et variables pour l’étude du défaut de corrosion localisée
Dans cette partie nous illustrons l’effet de la géométrie du défaut sur la pression de collapse et sur le
mode associé. Les Figure 267 et Figure 268 montrent l'influence de la longueur d’onde azimutale
(c/πD) et de la profondeur (d/t).
186
Figure 267 : Effet du défaut de corrosion sur la charge de collapse du tube confiné
Figure 268 : Evolution de la charge de collapse du tube confiné en fonction du défaut de corrosion
187
Figure 269 : Modes de collapse du tube confiné avec défaut de corrosion localisée d/t=0.6
A nouveau, nous utilisons la méthode « Riks modifié » pour avoir la courbe de comportement du tube
élasto-plastique « non confiné ». Comme précédemment nous considérons un petit défaut
géométrique au sommet du tube (amplitude ∆0 =0.1mm) pour pouvoir initier le flambage. Cette
approche nous permet de trouver la pression de collapse et le mode de collapse.
(11)
Où :
188
Figure 270 : Evolution des charges de collapse du tube non confine en fonction de l’épaisseur
189
Rmoyen-tube 368.5 mm
ttube (mm) 2.5 ; 3 ; 4; 5 ; 6 ; 7 ; 7.5 ; 8 ; 9 ; 10 ; 11 ; 12 ; 12.5 ; 15 ; 17.5 ;
20 ; 22.5 ; 25
tconf 400 mm
Rigidité du confinement 4000 MPa
Frottement (μ) 0
Flambage en mono lobe
∆0/t 0.004
Tableau 41 : Paramètres analysés sur changement de l’épaisseur du tube
190
191
Nous considérons tout d’abord le tube élasto-plastique (Dm=737mm, t=25mm, module d’Young
E=210700 MPa) dans le cas de la configuration confinée. Le tube est soumis à une pression latérale
uniforme sur l’effet de thermique. Ensuite, nous considérons supplémentaire l’effet du défaut de
corrosion généralisée du tube. Les paramètres analysés sont illustrés sur le Tableau 42.
Tube élasto-plastique
Confinement externe élastique, E=4000 Mpa
Rmoyen-tube (mm) 368.5
ttube (mm) 5 ; 7.5 ; 10 ; 12.5 ; 15 ; 17.5 ; 20 ; 22.5 ; 25
Température ∆t (°C) 0 ; 50 ; 100 ; 150 ; 200
Coefficient de la thermique 12E-6
Frottement (μ) 0
Flambage en mono-lobe
∆0/t 0.004
Tableau 42 : Paramètres analysés
Dans cette partie, nous considérons le flambage sous pression externe uniforme du tube avec
confinement infiniment rigide. Nous utilisons la méthode « Riks modifié » (voir rapport
bibliographique [1]) pour avoir la courbe du comportement du tube élastique et élasto-plastique.
Nous considérons un petit défaut ou perturbation initiale géométrique au sommet du tube
(amplitude ∆0/t=0.1/25=0.004 ce qui nous fait dire qu’il s’agit d’un défaut infinitésimal) pour pouvoir
initier le flambage, le confinement externe est encastré au point référence. En raison du confinement
externe, le tube n’est pas libre de se déformer vers l’extérieur et son flambement se produit donc
sous la forme d’un «lobe vers l’intérieur ».
L’effet de la thermique sur le comportement du tube est donné sur la Figure 275. La chute de pression
de collapse est illustrée sur la Figure 276. Le tube se déforme en mono-loble (Figure 277).
192
193
La corrosion généralisée ou perte d’épaisseur du tube est prise en compte avec l’hypothèse que la
couche corrodée n’a plus de résistance mécanique et que la corrosion apparait sur les deux faces du
chemisage (vitesse de 10µm/an).
Nous considérons ici l’effet du changement d’épaisseur du tube sachant que l’épaisseur initiale est de
25mm et le diamètre moyen est toujours de 737mm. Nous utilisons la méthode « Riks modifié » pour
avoir la courbe de charge. Nous considérons un petit défaut géométrique au sommet du tube
(amplitude ∆0 =0.1mm) pour pouvoir initier le flambage. La Figure 273 montre la sensibilité de la
pression de collapse à l’effet de la thermique pour différentes épaisseurs du tube ce qui revient à dire
pour différents étapes de la corrosion généralisée.
194
Figure 280 : Evolution de la charge critique en fonction de la thermique et pour différentes épaisseurs
195
Epaisseur du tube
Fonction, Pco (MPa); ∆t (°C)
(mm)
25 Pco = -0.0166∆t + 36.53
22.5 Pco = -0.0217∆t + 30.79
20 Pco = -0.0219∆t + 25.99
17.5 Pco = -0.0232∆t + 21.43
15 Pco = -0.0253∆t + 16.94
12.5 Pco = -0.0237∆t + 12.57
10 Pco = -0.0202∆t + 8.57
7.5 Pco = -0.0226∆t + 5.68
5 Pco = -0.0123∆t + 2.28
Tableau 43 : Equations de la pression de collapse fonction de ∆T pour différentes épaisseurs du tube
196
Rmoyen-tube 368.5 mm
tconf 400 mm
Rigidité du confinement 4000 MPa
Frottement (μ) 0
Flambage en mono lobe
Corrosion généralisée ttube (mm) 2.5 ; 3 ; 4; 5 ; 6 ; 7 ; 7.5 ; 8 ; 9 ; 10 ; 11 ; 12 ;
12.5 ; 15 ; 17.5 ; 20 ; 22.5 ; 25
Imperfection ovale ∆0max=0.05D=3.69mm
Tableau 44 : Données fixes et paramètres variables pour l’étude d’influence du défaut
Figure 283 : Charge de collapse du tube avec défaut d’ovalisation et corrosion généralisée
197
3.2.3 Modèle 3D
Le modèle 3D simplifié est réalisé. L'objectif était de déterminer la charge de collapse et le mode de
flambage du tube confiné avec l’effet des géométries de défauts de « corrosion ». Le modèle simplifié
a été utilisé parce que des défauts réels de corrosion peuvent prendre toute forme dans les trois sens,
en fonction du mécanisme de corrosion. Ainsi, l'approche la plus prudente consiste à adopter une
réduction d'épaisseur uniforme sur toute la zone touchée.
198
199
[Link] Résultats
Nous étudions tout d’abord le flambage sous pression externe uniforme d’un tube élasto-plastique
confiné, de diamètre moyen 737 mm, d’épaisseur initiale 25mm et de longueur initiale 2000mm avec
un défaut de corrosion localisée. Le confinement externe est modélisé par un matériau élastique. Les
données définissant le cas étudié sont illustrées Figure 289 et précisés Tableau 45.
200
Figure 289 : Taille et forme du défaut de type « corrosion » localisée du tube sans confinement [1]
Rmoyen-tube 368.5 mm
ttube 25 mm
L 2m
l/D 1
tconf 400 mm
Rigidité du confinement 4000 MPa
Frottement (μ) 0
Flambage en mono lobe
∆0/t 0.004
d/t 0.3
c/πD 0.1
Tableau 45 : Données caractérisant le tube étudié
Figure 290 : Réponse du tube confiné avec défaut initial de type « corrosion » localisée
201
Rmoyen-tube 368.5 mm
ttube (mm) 25 mm
L (mm) 2000
L (mm) 250, 1000
tconf 400 mm
Rigidité du confinement 4000 MPa
Frottement (μ) 0
Flambage en mono lobe
∆0/t 0.004
d/t 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8
c/πD 0.05
Tableau 46 : Paramètres analyses
202
Figure 293 : Evolution de la charge de collapse du tube confiné avec défaut de corrosion localisée
c/πD=0.05 fixe et d/t variable
203
204
Figure 298 : Evaluation de la charge de collapse avec différentes épaisseurs du tube confiné, pression
externe
Ces résultats numériques nous montrent une chute de la pression de collapse du tube avec le défaut
de corrosion. Le défaut de type corrosion localisée est très sensible, la pression de collapse est très
fortement diminuée par rapport à celle du tube parfait. Par ailleurs, elle diminue fortement lorsqu’on
augmente le paramètre (d/t).
3.2.4 Conclusion
Nous avons proposé une méthode numérique fiable pour modéliser le flambage sous pression
externe du chemisage tubulaire en acier des alvéoles HA du site de Cigéo. Cette approche, nous
permet le dimensionnement conservatif (sur une durée minimale de 100 ans qui pourrait être
étendue à 500 ans) de ces chemisages vis-à-vis du flambage.
205
La modélisation numérique (modèle 2D et 3D), via la méthode des éléments finis et à l’aide du code
de calcul Abaqus/Standard 6.12-3, a été intensivement investie. Nous avons utilisé la méthode Buckle
(perturbation linéaire ou flambage d’Euler) et la méthode « Riks modifié » pour quantifier la charge de
collapse et qualifier le mode de collapse en mono lobe du tube sur deux configurations « confinée » et
« non-confinée », sous pression externe uniforme. La comparaison de la solution numérique avec la
solution issue des calculs analytiques a montré une très bonne corrélation, elle permet donc de
valider les simulations numériques proposées.
L’étude menée indique que la rigidité du matériau de confinement est un paramètre sensible. Nous
avons montré, que pour l’étude numérique, il faut considérer une épaisseur du matériau de
confinement de 400mm, sachant que cette étude concerne un matériau de confinement dont le
module varierait dans la plage 2000<E’<4000 MPa. Nous avons aussi montré que le frottement à
l’interface tube-milieu confinant, n’influence que très légèrement la pression de collapse et le mode
de collapse est inchangé. Donc, ce paramètre peut être considéré comme négligeable.
Les cas étudiés traitent du flambage de tubes métalliques confinés sous pression externe avec
différents défauts initiaux : Il existe deux formes de flambage du tube confiné, avec un ou deux lobes.
Nos modélisations indiquent que le mode mono-lobe conduit à une pression de collapse inférieure à
celles associées au mode bi-lobes ou au mode multi-lobes. Donc, il est judicieux, par conservatisme,
de considérer un flambage mono-lobe, qui est par ailleurs le mode retenu dans les travaux de la
littérature. Pour les études paramétriques nous retenons donc essentiellement le flambage mono-
lobe.
Les différentes tailles et différentes formes du défaut initial de type ovalisation, corrosion (localisée et
généralisée) provoquent la chute de la pression de collapse. Le défaut corrosion localisée est très
sensible, la charge de collapse est très fortement diminuée par rapport à celle du tube parfait. Par
ailleurs, la pression de collapse diminue fortement lorsqu’on augmente le paramètre (d/t). La
longueur d’onde azimutale influence de façon importante la pression de collapse pour les faibles
valeurs de l’angle corrodé, puis au-delà d’une valeur seuil, ce paramètre n’a que très peu d’effet, on
rejoint asymptotiquement la valeur correspondant à la corrosion généralisée. Nous disposons des
courbes de toutes ces configurations, et avons donc les moyens d’assurer un dimensionnement
conservatif. Quand la taille du défaut initial est assez grande, le flambage du tube se produit dans le
domaine élastique.
206
Pour la partie expérimentale, nous avons procédé à des essais où plusieurs configurations de
confinement sont considérées mais uniquement pour tube avec la soudure. Nos essais sont menés en
quasi-statique, ils nous montrent le type de mode, sa reproductibilité, mais aussi la nature du mode
de flambement et la charge critique. La nature du milieu extérieur associé au confinement, le
matériau de confinement (par « glace », polystyrène et sable), discrète ou locale au lieu du total
(surface entière de la coque), sont jaugé. Une instrumentation adéquate, couplant des mesures
ponctuelles, à l’aide de jauges de déformation, et un capteur de pression, nous a permis de
correctement mettre en exergue la phénoménologie. Nos tests nous montrent le gain important
induit par confinement sur la charge critique et le mode de flambage, ce gain est lié à la rigidité et à
l’épaisseur du confinement.
La modélisation numérique menée en en utilisant des outils de calcul par éléments finis à l’aide du
code de calcul Abaqus/Standard 6.12-3. Les coques cylindriques à l'étude et les confinements
externes sont simulés avec des éléments finis en non-linéaire géométrique (flambage), non linéaire
matériel, et conditions aux limites (contact). Nous utilisons la méthode Buckle (perturbation linéaire
ou flambage d’Euler) et la méthode « Riks modifié » pour quantifier la charge de collapse et qualifier
le mode de collapse. La modélisation via des éléments massifs et des éléments coques volumiques
permettent de corroborer les observations expérimentales.
La modélisation numérique de ce procédé (modèle 2D et 3D), via la méthode des éléments finis du
flambage sous pression externe des chemisages en acier des alvéoles HA de l’Andra (Dm=737mm,
t=25mm, module d’Young E=210700 MPa, v=0.3) est effectuée pour donner le dimensionnement
conservatif (sur une durée à minimal de 100 ans qui pourrait être étendue à 500 ans) de ces
chemisages vis-à-vis du flambage. Deux configurations « confinée » et « non-confinée » sont
considérées. La comparaison de la solution numérique avec la solution analytique a montré une très
bonne corrélation, elle permet donc de valider l’élément implanté. Cette étude nous indique que la
rigidité du matériau de confinement est un paramètre sensible. Nous avons montré, que pour l’étude
numérique, il faut considérer une épaisseur du matériau de confinement de 400mm, sachant que
cette étude concerne un matériau de confinement dont le module varierait dans la plage
2000<E’<4000 MPa. Nous avons aussi montré que le frottement du contact n’influence que très
légèrement la pression de collapse et sa mode de collapse est inchangé. Donc, ce paramètre sera dons
abandonné par la suite. Nos modélisations indiquent que le mode mono-lobe conduit à une pression
de collapse inférieure que le mode bi-lobes ou multi-lobes. Donc, la forme d’un flambage mono-lobe
semble justifiée, elle est par ailleurs utilisée dans les travaux de la littérature, autant l’analyse
analytique que numérique sauf pour le cas du défaut de type ovalisation. Pour les études
paramétriques nous retenons donc essentiellement le flambage mono-lobe. Les différentes tailles et
différentes formes du défaut initial de type de corrosion (localisée et généralisée) provoquent la
chute de la pression de collapse. Le défaut corrosion localisée est très sensible, la charge de collapse
est très fortement diminuée par rapport à celle du tube parfait. Par ailleurs, la pression de collapse
diminue fortement lorsqu’on augmente le paramètre (d/t). La longueur d’onde azimutale influence de
façon importante la pression de collapse pour les faibles valeurs de l’angle corrodé, puis au-delà d’une
valeur seuil, ce paramètre n’a que très peu d’effet, on rejoint asymptotiquement la valeur
correspondant à la corrosion généralisé. Nous disposons des courbes de toutes ces configurations, et
avons donc les moyens d’assurer un dimensionnement conservatif.
La modélisation numérique du flambage sous pression bilatérale des coques cylindriques à mince
paroi (Dm=99.20mm, t=0.237mm, module d’Young E=198000MPa, v=0.3) avec confinement externe,
soumises à deux types de pression externe, celle appliqué sur la paroi externe du tube, et celle
appliquée sur la paroi externe du confinement. Les choix de modélisation retenus nous ont permis de
corroborer les observations expérimentales afin d’étudier la pression critique et le mode de flambage
de la coque, il nous montre l’effet d’imperfection initial. La comparaison de la solution numérique
avec la solution analytique a montré une très bonne corrélation, elle permet donc de valider
l’élément implanté. La pression critique est inférieure par rapport à la solution analytique de Ross,
Donnell et Rawad. La théorie classique est basée sur l'hypothèse d'une géométrie parfaite.
L'imperfection géométrique réduit clairement la capacité de flambage de coques cylindriques
soumises à une pression latérale. Pour la configuration confinée, la pression critique est la fonction
croissante de l’épaisseur totale du confinement externe. La condition de contact entre la coque et le
confinement total est très sensible sur la charge de collapse. Les coques avec confinement local,
donnent la charge critique dans l’intervalle des coques seule et coque avec confinement total (même
épaisseur). Sa charge critique a augmenté 1.8% par rapport le cas de la coque seule. Les résultats nous
montrent une sensibilité de l’épaisseur du confinement avec la même rigidité et la condition de
contact sur la charge de collapse.
La modélisation numérique de ce procédé (modèle 3D) du flambage des coques cylindriques
confinées à mince paroi (Dm=249.2mm, t=0.8mm, module d’Young E=209750 MPa, v=0.3) sous la
pression externe qui est engendrée par la convergence du matériau du confinement qui induit une
déformation du tube, est effectuée. Les choix de modélisation retenus nous ont permis de corroborer
les observations expérimentales afin d’étudier la pression critique et le mode de flambage de la
coque, il nous montre l’effet d’imperfection initial. La pression critique est la fonction croissante de la
rigidité du confinement externe. Le frottement du contact entre la coque et le confinement influence
très légèrement sur la charge de collapse. La comparaison de deux configurations du chargement est
effectuée, les résultats nous montrent une sensibilité de deux types de chargement appliquée sur la
pression de collapse et mode de collapse de la coque.
Nous finissons par rappeler les apports de cette étude mais aussi à en souligner les manques, ce qui
nous permet de proposer des perspectives, aussi bien sur le plan expérimental que numérique.
Partie expérimentale
Tester des tubes avec soudure continue et sans soudure, avec plusieurs de la rigidité du
confinement
Tester l’effet d’une compression axiale régulée qui permettrait d’améliorer le confinement
Mesurer la pression directement appliquée sur la paroi du tube par le capteur spécial
Partie numérique
L’effet compression axiale régulée sur le confinement
Pression appliquée est non-uniforme
208
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214
Annexe
L’amplitude maximale et minimale du défaut et la qualité des tubes sont résumées dans le tableau
suivant :
(Amax-
Tube Amax Amin Amax - Amin Amax/t Amin/t Qualité
Amin)/t
216
Coque CL10
Figure 301 : Géométrie réelle des coques
217
RESUME : Cette étude vise à analyser la coque qui est en contact avec un matériau qui la confine, et
qu’elle subite une pression latérale externe. Les conditions de contact entre les deux corps, frottant
ou pas, la rigidité du confinement ainsi que les conditions de chargement, la pression qui peut être
directement appliquée à la coque comme elle peut être induite par le matériau de confinement qui
par retrait ou retreint ou convergence radiale induit des contraintes, ceux sont là les paramètres qui
nous paraissent essentiels à jauger pour la problématique du flambage avec contact d’une coque sous
pression externe.
Une campagne expérimentale où plusieurs configurations de confinement sont considérées. La nature
du milieu extérieur associé au confinement et donc sa rigidité, le type de confinement, discret ou
locale au bien total (surface entière de la coque), sont évalués. Une instrumentation adéquate,
couplant des mesures ponctuelles et de champ nous a permis de correctement mettre en exergue la
phénoménologie. Les simulations numériques par éléments finis à l’aide du code de calcul
Abaqus/Standard 6.12-3 intègrent les différentes non linéarité mise en musique dans ce problème, les
grands déplacements et rotations du fait du flambage, la non linéarité matériau. Ces travaux
montrent que même pour un confinement externe avec une très faible rigidité de membrane, comme
pour le sable ou le polystyrène expansé, un gain important de capacité portante est observé, le
flambage est retardé. L’augmentation est substantielle dans le cas d’un confinement total, non
négligeable et consistante dans le cas d’un confinement local. Nous avons aussi constaté que la
charge de flambage et le mode associé dépendent de la configuration de contact, notamment de la
rigidité à la flexion du confinement.