Résumé sur Le Rôle des Archives dans la Construction et la Préservation de l'Identité
et du Patrimoine en Afrique : Enjeux et Perspectives
Le concept des archives est d'abord abordé comme un phénomène social et une expression
sociétale, essentielle pour les professionnels et les scientifiques africains. Il est question de la
valorisation des archives, malgré les réticences managériales, soulignée par les résolutions du
Conseil International des Archives en novembre 2018. Il est mis en évidence que le terme
"archives" est désormais féminin pluriel, désignant un service ou un dépôt d'archives, tandis
qu'au singulier, il fait référence aux documents eux-mêmes. Historiquement masculin
singulier, le mot est passé au féminin pluriel au XIXe siècle, en conséquence de la
revalorisation des archives.
Il est ensuite précisé que les archives sont bien plus que de simples documents. Elles
représentent une trace, un vestige, une relique, et incarnent l'expression d'une consignation et
d'une préservation. Les informations cristallisées qu'elles contiennent émanent d'activités
humaines variées, et leur traitement vise à la gestion, à l'identité et à la connaissance de soi.
La coopération internationale et le soutien des gouvernements africains et de l'Union
Africaine sont jugés essentiels pour financer les stratégies de revalorisation et reconstruire la
mémoire collective. Il est paradoxalement question de la place des Africains dans la gestion
des archives de l'Union Africaine, et de la pertinence de situer un tel service à Bruxelles,
soulevant des interrogations sur la réflexion de l'Afrique et des archivistes africains
concernant leur propre continent.
Le texte aborde ensuite le concept d'établissement dans le contexte des archives. Il est
question que cet établissement est fonction de l'espace social, de la religion, de la science, des
dogmes, des lois, de la moralité et de la politique. Les conduites sont considérées comme
normales si elles respectent la norme établie, et anormales si elles s'en écartent.
L'établissement apparaît comme une réalité complexe, difficile à cerner, et un état qui suppose
que les citoyens qui le composent partagent une idéologie forte. Il est précisé que cet
établissement est un système hyper complexe, englobant plusieurs sous-systèmes tels que le
politique, le théologique, l'armée, le renseignement, la police, le social, la culture, la science,
la pédagogie, le droit, les médias et le sport.
Il est ensuite fait état de la légistique, un cadre pour l'explication des fonds d'archives. Les
archives sont vues comme des dimensions épistémologiques, explorées afin de comprendre le
rôle de la légistique pour la recherche et la gestion archivistique. L'exploration des
phénomènes archivologiques est complexe, car elle ne s'intéresse pas seulement aux archives
elles-mêmes, mais à l'impact des textes légaux. Il est question de l'établissement d'une
approche empirique et de l'articulation des archives avec différentes législations nationales et
internationales. Il est aussi précisé que l'étude archivologique du Congo implique la
connaissance des différentes époques et des textes fondamentaux, en relation avec les
phénomènes des archives. Enfin, il est fait référence aux archives coloniales du Congo, par
exemple, nécessitant d'étudier les fonds d'archives de chaque époque de la colonie.
La bonne gouvernance est un pilier essentiel pour la gestion des archives, notamment dans le
contexte numérique et cybernétique. Il est question que le système d'information de
gouvernance, conforme aux normes anglaises IS Governance, est un cadre de système
d'information facilitant le maniement du patrimoine. Cette démarche permet de définir le
maniement du système d'information, en tenant compte des différents acteurs et de leurs
pouvoirs. Les pratiques de la gouvernance du système d'information concernent la conception,
le fonctionnement, le pilotage et l'évolution des systèmes.
Un système d'information est défini comme un ensemble de ressources organisées pour
collecter, regrouper, classer, traiter et diffuser l'information dans un environnement donné,
avec une corrélation entre les archives et la gouvernance. La Banque Mondiale a souligné que
la bonne gouvernance est essentielle pour la gestion des ressources économiques et sociales.
L'application de la bonne gestion aux entreprises est importante pour le public. Il est question
de transparence, d'accès à l'information, d'état de droit, de responsabilité et de gestion du
secteur public pour une bonne gouvernance. En Afrique, il est observé que la politisation de
l'administration publique est un phénomène social.
L'externalisation des archives est un point clé, désignant le processus de confier la gestion des
documents à une entité externe. Cette pratique est courante dans les pays occidentaux, et il est
souligné que de nombreux pays africains y ont recours pour la gestion de leur patrimoine. Il
est question que les archives de la deuxième moitié du XXe siècle sont devenues des données
numériques, nécessitant une gestion modernisée. L'externalisation des services d'archives est
plus qu’utile en Afrique pour la valorisation du patrimoine et le soutien des institutions. Un
élément indispensable est que l'absence d'expertise archivistique interne est un défi majeur.
Les services d'archives en Afrique sont confrontés à des difficultés dues à l'incompétence et
au manque d'infrastructure. La numérisation est envisagée comme une solution, mais elle
nécessite une planification rigoureuse. L'externalisation peut être une forme de sous-traitance,
permettant de confier la fonction d'archivage à un prestataire extérieur.
Le document met en lumière la dimension culturelle des archives. Il est question de
l'importance des documents d'archives dans le maintien de l'identité et de l'héritage culturel.
L'École des Chartes de la Sorbonne est citée comme une référence en histoire de
l'archivistique. La question de l'archivage en Afrique est complexe, car il est nécessaire de
valoriser le patrimoine tout en tenant compte des défis de la modernité.
Il est souligné que le soutien électronique est un vecteur important pour la gestion des
archives, permettant une meilleure organisation des informations. Cependant, il est noté que la
technologie ne résout pas tous les problèmes et que le papier demeure essentiel pour la
mémoire pérenne de l'humanité. Malgré les avancées technologiques, il est question que les
technologies de l'information et de la communication (TIC) ne sont pas une panacée. Il est
ensuite précisé que le support papier et le support électronique sont deux compléments pour la
gestion des archives et leur conservation.
Le document aborde la question de la restitution des œuvres muséales et de la gestion du
patrimoine archivistique colonial. Il est question de la nécessité d'une politique de coopération
internationale et de la collaboration entre les disciplines scientifiques. L'archivistique,
l'ethnologie, le droit international et la diplomatie sont des domaines concernés. La Belgique
et le Congo ont mené des études qui ont montré l'importance de la mémoire collective. Il est
précisé que les Congolais ne sont pas des cimetières, et que les archives sont essentielles pour
comprendre leur histoire. Léopold II et la colonisation belge ont géré les archives en accord
avec les archivistes congolais.
Il est question de la coopération entre le Congo et la Belgique, qui est essentielle pour la
gestion du patrimoine. Des études ont montré que les Congolais ne sont pas des cimetières, et
les archives sont essentielles pour comprendre leur histoire. La restitution est un défi
complexe, nécessitant un dialogue entre les deux pays. Il est précisé que les œuvres muséales
doivent être gérées en toute transparence, sans oublier l'honnêteté.
Le document discute également des œuvres muséales et des archives produites pendant la
colonisation. L'étude des archives congolaises est un défi, car les documents sont dispersés et
il est difficile de les rassembler. L'UNESCO et le Conseil International des Archives ont déjà
plaidé pour le rapatriement des documents. Il est question que les Africains sont des
propriétaires légitimes de ces documents, et les copies des documents devraient être faites
pour l'Europe, tandis que les originaux devraient rester en Afrique.
Il est également question de l'importance de la mémoire coloniale partagée entre la Belgique
et l'ancienne colonie belge du Congo. La situation actuelle des archives en Afrique est un défi,
nécessitant une gestion appropriée. La restitution des œuvres africaines est vue comme une
priorité pour les pays africains. La collaboration entre les Archives d'État de la Belgique et le
Musée de Tervuren est essentielle pour la gestion du patrimoine.
Il est souligné que le patrimoine archivistique de l'Afrique se trouve en Europe, et que la
question de la restitution est une priorité. Le document aborde aussi la question de la gestion
du patrimoine africain en Europe, soulignant le manque de visibilité des archives africaines. Il
est précisé que le passé colonial a influencé la production des archives, et que l'Afrique doit
faire face à ce passé pour comprendre son histoire. Le document mentionne la Conférence de
Brazzaville en 2010 et les efforts pour la gestion du patrimoine.
Le panafricanisme est un mouvement important pour la gestion des archives en Afrique. Il est
question que les politiques africaines ont été négligées par les archivistes. Les lacunes dans la
gestion des archives ont conduit à un laisser-aller. La dimension panafricaine est essentielle
pour la mise en place de stratégies de valorisation des archives.
Le document explore le concept du panafricanisme, qui est la jonction du concept de pan
africanisme avec la notion de panafricanisme. C'est un mouvement qui promeut l'unité et la
solidarité entre les peuples africains. Il est question que ce mouvement soit une philosophie
politique. Il est souligné que la rencontre entre le Noir africain et le Blanc européen a été
marquée par une domination du Noir africain. La destruction de la mémoire et l'esclavage ont
été des conséquences de cette domination. La première approche du panafricanisme vise à
revaloriser l'homme noir opprimé et humilié.
En conclusion, la gestion des archives en Afrique est un enjeu complexe qui touche à
l'histoire, la culture, l'identité et la souveraineté. La collaboration internationale, la
modernisation des infrastructures et la reconnaissance du rôle essentiel des archives sont des
piliers pour la construction d'un avenir où la mémoire collective africaine est préservée et
valorisée. Les fonds d'archives, éclairés par la légistique, deviendront des outils essentiels
pour la connaissance des textes en vigueur et pour la logistique de leur gestion.