Indicateurs de tarification du carbone
Indicateurs de tarification du carbone
du carbone
Analyse des outils et des bases de données existants
des partenaires de la Plateforme de collaboration
sur les questions fiscales
2 Indicateurs de tarification du carbone
7. Conclusions�������������������������������������������������������������������������������������� 57
4 Indicateurs de tarification du carbone
Acronymes et abréviations
1. Introduction
La tarification du carbone est une stratégie de politique économique et
environnementale qui impose un coût monétaire aux émissions de dioxyde
de carbone et d’autres gaz à effet de serre. Elle est conçue pour internaliser
les coûts externes (sociaux) de ces émissions, tels que les dommages causés
par le changement climatique, la pollution de l’air et les effets sur la santé
qui y sont associés. En tant qu’outil de la politique climatique, la tarification
du carbone vise à inciter les entreprises, les industries et les particuliers à
réduire leurs émissions de carbone en rendant financièrement avantageux le
passage à des pratiques plus propres et plus durables. Cet instrument politique
peut prendre différentes formes, notamment des taxes sur le carbone, des
systèmes d’échange de droits d’émission ou une combinaison des deux.
Malgré son efficacité et sa rentabilité potentielles en matière de réduction des
émissions de gaz à effet de serre, la tarification du carbone n’a pas un impact
neutre sur l’ensemble de la société et se heurte à de nombreuses difficultés.
Il s’agit notamment de l’acceptabilité politique, des préoccupations liées à la
compétitivité internationale, des incidences potentielles sur les ménages à faible
revenu et de la complexité de la fixation d’un prix du carbone correspondant
à son véritable coût environnemental. La mise en œuvre de la tarification du
carbone nécessite également un examen minutieux du contexte économique,
social et environnemental spécifique de chaque région ou pays.
Cette diversité d’approches offre une riche perspective sur les différentes
formes de tarification du carbone : directe, indirecte, positive et négative.
6 Indicateurs de tarification du carbone
1 Cette utilisation du terme « implicite » ne doit pas être confondue avec les
applications du terme qui font référence au « prix fictif » des politiques non
tarifaires.
2 L’approche du taux effectif est un effort plus large qui tente de saisir la structure
incitative nette, ou le signal « équivalent au prix », découlant d’un ensemble plus
large de politiques, y compris les subventions.
Indicateurs de tarification du carbone 7
Le présent document est organisé comme suit. Après cette section, la section 2
décrit les indicateurs de tarification du carbone des partenaires de la PCT.
La section 3 propose un cadre pour comparer les différents indicateurs de
tarification du carbone. La section 4 propose une nouvelle typologie pour
comparer les indicateurs, puis analyse et compare les indicateurs de tarification
du carbone. La section 5 compare les indicateurs de tarification du carbone
sur la base de considérations techniques. La section 6 utilise des exemples
nationaux pour illustrer les messages communs aux partenaires de la PCT.
Cette section montre comment les pays peuvent utiliser cette typologie et des
informations complémentaires provenant de différents indicateurs pour mieux
évaluer leurs propres niveaux de tarification du carbone. La section 7 présente
les conclusions.
Indicateurs de tarification du carbone 9
2. Paysage international de
la tarification du carbone :
indicateurs, ensembles de
données et publications
Au cours de la dernière décennie, une grande variété de définitions et
d’indicateurs de la tarification du carbone ont été élaborés par les partenaires
de la PCT et d’autres institutions universitaires et de la société civile. Par
exemple, en 2013, l’OCDE a lancé une série de publications intitulée Taxing
Energy Use (TEU), qui présentait les prix du carbone basés sur la fiscalité. En
2016, l’OCDE a commencé à suivre les taux effectifs sur le carbone (ECR), qui
rendent comptent du prix total des émissions de carbone résultant des taxes
(sur le carbone et les carburants) et de leur conformité avec les marchés de
l’échange de quotas d’émission. Outre les prix positifs du carbone, l’OCDE suit
les subventions en utilisant une approche d’inventaire qui date de 2012. L’Agence
internationale de l’énergie (AIE) produit des estimations des subventions aux
combustibles fossiles en utilisant l’approche de l’écart de prix (en comparant
les prix pratiqués sur les marchés internationaux aux prix payés par les
consommateurs nationaux). En ce sens, l’OCDE et l’AIE produisent des bases
de données complémentaires sur les aides publiques aux combustibles fossiles —
l’OCDE se focalisant sur une approche d’inventaire des transferts budgétaires
et des allègements fiscaux et l’AIE sur les subventions aux combustibles fossiles
mesurées par l’approche de l’écart de prix. Un ensemble de données combinées
OCDE-AIE sur ces deux bases de données complémentaires couvre 51 grandes
économies (OECD-IAE, 2022). Le FMI suit également les subventions.
Dans une série de publications sur les subventions aux combustibles fossiles,
il mesure et suit les prix efficaces des combustibles fossiles (voir section 2.1) et
les subventions qu’implique la tarification des combustibles fossiles en dessous
des prix efficaces. La Banque mondiale rend compte de l’évolution mondiale et
nationale des prix explicites du carbone (échanges de quotas d’émission et taxes
sur le carbone) dans sa publication annuelle phare, State and Trends of Carbon
Pricing. Les Nations Unies ont également contribué à améliorer la mesure et la
mise en œuvre de la tarification du carbone. En 2021, les Nations Unies ont
publié un manuel sur la taxe carbone à l’intention des pays en développement
(UN Handbook on Carbon Taxation for Developing Countries) qui fournit des
conseils pratiques sur les politiques et les questions administratives liées à la
10 Indicateurs de tarification du carbone
taxe carbone. En outre, le Rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en
matière de réduction des émissions (EGR) 2021, publié par le PNUE, souligne
le rôle des mécanismes de marché — y compris la taxe carbone et les systèmes
d’échange de quotas d’émission — en tant qu’élément important des stratégies
visant à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. L’ONU a également contribué
à mieux mesurer les subventions aux combustibles fossiles. Le rapport phare
des Nations Unies intitulé Measuring Fossil-Fuel Subsidies in the context of SDGs
fournit une méthodologie que les pays peuvent appliquer pour mesurer les
subventions. En outre, le rapport EGR souligne le rôle de la limitation des
subventions aux combustibles fossiles dans l’accélération de la reprise verte.
Les indicateurs qui ont été mis au point diffèrent en termes de couverture
politique (en ce qui concerne les taxes, l’échange de quotas d’émission,
les subventions, etc.) et de pays. La présente section décrit précisément
les indicateurs, les bases de données et les approches de chacun des quatre
partenaires de la PCT. Un résumé est fourni dans le tableau 1 ci-dessous.
2.1 FMI
L’approche du FMI comprend une série de rapports sur la fixation de
prix de l’énergie efficaces et la mesure des subventions implicites lorsque
les prix sont fixés en dessous de leur niveau efficient (Parry et al., 2014,
2021b ; Coady et al., 2015, 2019). Le FMI propose une méthodologie
pour comprendre les prix efficients de l’énergie, définir et estimer : 1) les prix
efficients des combustibles fossiles, c’est-à-dire ceux qui reflètent tous les
coûts environnementaux et d’approvisionnement et, le cas échéant, les
taxes générales appliquées aux biens de consommation ; 2) les subventions
implicites en cas de sous-facturation des coûts environnementaux ; et 3) les
subventions explicites lorsque les prix de détail sont inférieurs aux coûts
d’approvisionnement. Par exemple, lorsque le prix à la consommation
est inférieur au coût d’approvisionnement (après prise en compte de la
TVA), il y a une subvention explicite. C’est ce qu’illustre la figure 1, où
les prix à la consommation du diesel et du GPL sont inférieurs aux coûts
d’approvisionnement. Au contraire, une subvention implicite correspond à
la mesure dans laquelle le prix à la consommation n’intègre pas tous les coûts
environnementaux et d’approvisionnement (la différence entre le prix à la
consommation et les éléments d’externalité). Comme le montre la figure 1,
la subvention implicite est généralement plus importante que la subvention
explicite. En utilisant ces définitions, le FMI estime les subventions et les taxes
sur les carburants pour plus de 191 pays.
Les rapports du FMI sont publiés avec un ensemble de données qui couvre
191 pays et qui est ventilé par secteur et par combustible (voir tableau 2).
Selon Parry et al. (2021b), la sous-facturation des combustibles fossiles reste
répandue, les subventions mondiales aux combustibles fossiles s’élevant à
5 900 milliards de dollars en 2020, dont 92 % correspondent à des subventions
implicites (sous-facturation des coûts environnementaux et des taxes à la
consommation non perçues), le reste (8 %) reflétant des subventions explicites
(sous-facturation des coûts d’approvisionnement). Les écarts de prix les plus
importants (ou sous-facturation) concernent généralement le charbon, suivi
du gaz naturel, du diesel et de l’essence (voir figure 2).
1.0
0.8 TVA*
Dollars/litre
c. Essence d. Diesel
2.2 OCDE
L’OCDE publie deux rapports importants sur la tarification du carbone :
Taxing Energy Use (TEU) et Effective Carbon Rate (ECR), qui ont
été récemment combinés dans une nouvelle série de documents sur la
tarification du carbone et la taxation de l’énergie intitulée OECD Series
on Carbon Pricing and Energy Taxation. Traditionnellement, la série de
publications TEU se concentre sur les prix du carbone et les signaux-prix de
l’énergie basés sur la fiscalité, en fournissant une ventilation des taux d’imposition
(nets des exemptions, des réductions de taux et des remboursements), ainsi
que de l’assiette fiscale par pays, secteur, source d’énergie et type d’impôt. Elle
a été publiée pour la première fois en 2013 et porte sur les pays de l’OCDE
(OECD, 2013). En 2015, elle a étendu son champ d’application aux pays du
G20 (OECD, 2015). En 2019, elle a couvert 44 pays de l’OCDE et du G20.
Le rapport TEU 2019 a révélé que 70 % des émissions de CO2 liées à l’énergie
ne sont pas taxées, ce qui laisse entrevoir des possibilités considérables de faire
progresser la tarification du CO2. Ces possibilités de faire progresser la fiscalité
se situent principalement en dehors du secteur des transports, où 82 % des
émissions sont encore taxées à des taux nuls (OECD, 2019).
Le taux effectif net sur le carbone (ECR net) est un nouvel indicateur qui
déduit les subventions aux combustibles fossiles du taux effectif net sur le
carbone (OECD, 2022). En d’autres termes, il s’agit de la somme des prix
explicites du carbone et des accises sur les carburants, moins les subventions
aux combustibles fossiles. Le tableau 2 résume les principales différences de
couverture entre les rapports ECR net, ECR et TEU.
Taxe carbone
Les charges fiscales figurant dans cet inventaire sont mesurées par le
montant de la réduction d’impôt accordée par rapport au traitement
fiscal de référence qui s’appliquerait autrement. Par exemple, un pays dont
les charges fiscales concernent le diesel peut fixer un taux de référence de
20 centimes par litre de diesel, mais un taux de 10 centimes par litre pour
le diesel utilisé dans le secteur agricole. Les charges fiscales représentent un
manque à gagner et, d’un point de vue environnemental, elles peuvent modifier
les prix relatifs des combustibles ou des consommations de combustibles
dans les différents secteurs. En d’autres termes, bien que la consommation
de carburant avec allègement d’impôt fasse l’objet d’un prix du carbone plus
faible qu’avec le taux de référence, elle continue d’être soumise à un prix du
carbone. Enfin, les charges fiscales ne sont pas comparables d’un pays à l’autre,
car le traitement fiscal de référence varie d’un pays à l’autre (TEU, 2013). En
revanche, les taux d’imposition peuvent être comparés à un tarif de référence
uniforme du carbone, par exemple 60 euros par tonne de CO2. Il s’agit d’une
approche que l’OCDE a utilisée dans l’ECR et le TEU pour calculer la part
des émissions dont le prix est fixé à différents niveaux de référence.
Les transferts budgétaires directs sont des paiements effectués par les
gouvernements, ou par des organismes agissant au nom des gouvernements,
à des bénéficiaires individuels. Cela comprend les dépenses directes, telles que
les programmes d’appui spécifiques, ainsi que la participation du gouvernement
(soit entièrement, soit par le biais d’actions ordinaires) dans les entreprises liées
à l’énergie. Par exemple, un pays qui subventionne les prix de l’électricité pour
les consommateurs par le biais de transferts budgétaires directs à un opérateur
national d’électricité.
16 Indicateurs de tarification du carbone
Chaque année, le rapport State and Trends of Carbon Pricing examine les
nouvelles tendances en matière de tarification, les faits marquants et les
principaux enseignements tirés de l’expérience croissante de la tarification
du carbone (World Bank, 2014). Par exemple, en 2015, il comportait un
chapitre sur les fuites de carbone (World Bank, 2015), tandis qu’en 2016,
il incluait un chapitre sur la création d’un marché international du carbone
après Paris (World Bank, 2016). En outre, le rapport couvre l’évolution des
mécanismes de crédit carbone, y compris ceux qui sont régis par les traités
internationaux sur le climat et ceux qui sont indépendants de ces derniers.
137
120
87
59-85
carbone, 2030*
80
Carburants de transport 64
Autres combustibles fossiles
60
37-45
Essence 53
Combustibles fossiles Tous les autres 49
Gaz à effet de serre fluoré combustibles fossiles 28-43 46
19-34
Combustibles fossiles 40 40 40 40 40 40 40 40 40
40
Gaz à effet de serre fluoré
22-27 32 33
31 31
26
24 24
20
20 Supérieur 17 17
19 19
Inférieur 14 15
13
0,4-3,7 9 9 10
7 7
5 5 5 6
4 4 4
1 1 1 1 2 2
<1
0
Pologne
Massachusetts
Shenzhen
Ukraine
Kazakhstan
Fujian
Japon
Singapour
Mexique
Tianjin
Tokyo
Chili
Colombie
Argentine
Chongqing
Beijing
Hubei
Shanghai
Afrique du Sud
Guangdong
RGGI
Tamaulipas
Espagne
Lettonie
Corée
Slovénie
Colombie-Britannique
Royaume-Uni
Île-du-Prince-Édouard
Portugal
Danemark
Californie
Québec
Territoires du Nord-Ouest
Allemagne
Islande
Canada
Alberta
Nouveau-Brunswick
Terre-Neuve-et-Labrador
Saskatchewan
Canada
British Columbia
Nouveau-Brunswick
Terre-Neuve-et-Labrador
Luxembourg
Irlande
Pays-Bas
France
Nouvelle-Zélande
Suisse
Finlande
Union européenne
Norvège
Royaume-Uni
Suisse
Liechtenstein
Suède
Uruguay
Chine
Les prix nominaux au 1er avril 2022 sont indiqués à titre d’illustration uniquement. Les prix ne sont pas forcément
comparables entre les indices des prix à la consommation en raison (par exemple) des différences dans les secteurs
couverts et les méthodes de répartition appliquées, des exemptions s pécifiques et des méthodes de compensation.
* La fourchette de prix du carbone pour 2030 est basée sur les recommandations du rapport de la Commission de
haut niveau sur les prix du carbone.
** Plusieurs juridictions appliquent des taux de taxe carbone différents en fonction du secteur ou du combustible.
Dans ces cas, nous avons indiqué la fourchette des taux d’imposition appliqués, le bleu foncé représentant le taux
le plus bas et le bleu foncé et le bleu clair combinés représentant le taux le plus élevé.
Source : World Bank (2022)
40
Instrument
TCP
SEQE
Taxe carbone
Différentiel de TVA
0 Subvention
-20
1990
2000
2010
2020
7 Lors de sa 15e session, le Comité a créé le Sous-comité sur les questions de fiscalité
environnementale, qui a pour mandat « d’examiner les questions et les possibilités
en matière de fiscalité environnementale pour les pays en développement, de faire
rapport à ce sujet et de proposer des orientations » (UN, 2021).
20 Indicateurs de tarification du carbone
Le Manuel fournit une série de listes de contrôle à l’usage des décideurs. Par
exemple, pour déterminer la trajectoire du taux d’imposition, comme le montre
la figure 6.
Le manuel des Nations unies examine le rôle des taxes sur les carburants
dans le cadre d’un prix global du carbone. Selon le Manuel : « Il est également
important de noter qu’il existe plusieurs autres instruments qu’un pays peut
adopter, ou qui sont déjà en place, et qui fixent en pratique un prix du carbone,
par exemple les taxes sur l’énergie, les droits d’accise sur les combustibles fossiles,
les taxes sur les ressources naturelles, entre autres » (UN, 2021, p. 21). En ce
qui concerne le rôle d’un signal-prix agrégé sur les émissions de carbone, le
Manuel des Nations Unies indique : « La prise en compte d’autres instruments
de marché dans l’analyse peut contribuer au signal-prix agrégé sur les émissions
de carbone dans chaque juridiction et donc fournir un contexte plus large. À cet
égard, les taxes spécifiques sur les carburants (droits d’accise) peuvent également
être prises en compte dans une analyse comparative, de même que les prix
Indicateurs de tarification du carbone 21
observés dans les systèmes d’échange de quotas d’émission. Bien qu’elles ne fixent
pas explicitement le prix du carbone, les taxes d’accise sur les carburants reflètent
les taxes sur le carbone et peuvent étayer l’analyse comparative » (UN, 2021,
p. 70). D’autres rapports des Nations Unies notent systématiquement que
les taxes sur les carburants fixent effectivement un prix pour le carbone. Par
exemple, le rapport 2021 sur le financement du développement durable (FSDR)
indique que : « Les deux principaux mécanismes explicites de tarification du
carbone sont la taxe carbone et le système d’échange de quotas d’émission
(SEQE). La taxe carbone est sans doute la mesure la plus efficace pour atténuer
les effets du changement climatique. Les taxes sur les carburants aboutissent
également à un prix du carbone » (UN, 2021c, p. 45).
2.5 AIE
La méthode de l’AIE pour mesurer les subventions suit l’approche de
l’écart de prix. L’AIE publie un ensemble de données sur les subventions à la
consommation, ventilées par année, par pays et par combustible, pour 42 pays
non membres de l’OCDE. Les estimations de l’AIE ne tiennent pas compte
des subventions accordées à la recherche ou à la production de combustibles
fossiles. En ce sens, les estimations minimisent les subventions totales accordées
aux combustibles fossiles. L’objectif de ces données est d’entreprendre une
analyse comparative pour soutenir l’élaboration de politiques. Un ensemble
de données combinées de l’OCDE et de l’AIE révèle que le soutien global des
gouvernements aux combustibles fossiles dans 51 pays du monde a presque
doublé, passant de 362,4 milliards de dollars en 2020 à 697,2 milliards de
dollars en 2021 (OECD-IAE, 2022).
Parmi les efforts allant dans le même sens, on peut citer l’indicateur des
prix globaux du carbone (en anglais comprehensive carbon prices ou CCP)
proposé par Carhart et al., (2022). Le CCP consiste en une moyenne pondérée
des incitations marginales imposées aux pollueurs par les combinaisons de
politiques des pays. Sept types de politiques fondées sur le marché sont inclus :
les taxes carbone, les systèmes d’échange de quotas d’émission, les taxes sur
les combustibles fossiles, les subventions aux combustibles fossiles, les normes
24 Indicateurs de tarification du carbone
sur les portefeuilles d’énergies renouvelables, les tarifs de rachat et les normes
sur les combustibles à faible teneur en carbone. Le critère de base pour inclure
une politique est qu’elle fournisse : 1) une incitation marginale à réduire les
émissions de CO2, et 2) qu’elle comporte une composante de prix observable,
soit directement, soit en créant un instrument négociable basé sur le marché
qui révèle indirectement un prix. Le document fournit des CCP au niveau
des pays de 2008 à 2019 pour 25 pays très polluants représentant 82 % des
émissions mondiales de CO2.
Base de
Données Niveau de
Partenaire données/ Indicateurs Instruments couverts
disponibles ventilation
publication
Système d’échange
de quotas d’émission
(SEQE), taxes
Combustible
carbone, taxes 2012, 2015,
ECR ECR et secteur, par
sur les carburants, 2018, 2021
pays
subventions ex post
aux combustibles
fossiles
SEQE, taxes
OCDE
Tarification des carbone, taxes
Combustible
émissions de sur les carburants,
ECR net 2018, 2021 et secteur, par
gaz à effet de subventions
pays
serre (OCDE) avant impôt aux
combustibles fossiles
Subventions
Subventions
Subventions explicites et Combustible
aux
FMI explicites et implicites, taxes 1990-2021 et secteur, par
combustibles
implicites carbone, taxes sur pays
fossiles
l’énergie et SEQE
Niveaux et
Tableau de bord
Banque couverture Niveau de
de la tarification SEQE, taxes carbone 1990-2021
mondiale des taux de compétence
du carbone
carbone
Le Manuel ne
contient pas
Manuel des
d’indicateur,
Nations Unies
mais des
sur la taxe
conseils Niveau de
ONU carbone à Taxes carbone —
pratiques sur compétence
l’intention
la manière
des pays en
de mettre
développement
en œuvre les
taxes carbone.
Source : Auteurs.
26 Indicateurs de tarification du carbone
Indicateurs de tarification du carbone 27
3. Cadre permettant de
comprendre et d’analyser
les indicateurs de
tarification du carbone
Les indicateurs de tarification du carbone et les rapports décrits ci-dessus
utilisent des terminologies différentes et des méthodes complémentaires,
et couvrent différents types de politiques. Pourtant, les caractéristiques qui
semblent a priori diverger possèdent des concepts unificateurs. La présente
section propose un cadre pour l’analyse systématique des indicateurs de
tarification du carbone.
8 Les taxes sur le carbone fondées sur les carburants ne sont pas toujours prélevées
de manière à correspondre aux émissions de CO2 provenant de la combustion des
carburants ou à la teneur en carbone des carburants. En ce sens, même les taxes
explicites sur le carbone peuvent varier considérablement d’un carburant à l’autre
en raison des réductions de taux ou parce qu’elles s’appliquent à certains carburants
(par exemple, la taxe carbone de l’Uruguay s’applique exclusivement à l’essence).
9 Notez que, dans la pratique, de nombreux prix explicites du carbone varient
également entre les utilisateurs et les secteurs, bien que dans une moindre mesure
que les prix indirects du carbone. C’est le cas, par exemple, lorsqu’un secteur ne fait
pas partie des secteurs réglementés du SEQE ou lorsqu’un combustible est détaxé
en vertu d’une réglementation relative à la taxe carbone.
10 Notez que les taxes sur le carbone fondées sur les carburants (également appelées
taxes en amont) peuvent être administrées en appliquant des taux en unités
physiques (par exemple, la taxe carbone de la France).
Indicateurs de tarification du carbone 29
Couverture
Coverage Taux/forme Objet Usage
Source : Auteurs.
30 Indicateurs de tarification du carbone
Indicateurs de tarification du carbone 31
4. Typologie permettant de
comprendre les indicateurs
de tarification du carbone
selon trois dimensions
Ensemble, ces trois dimensions forment quatre quadrants dans une typologie
présentée ci-dessous. Cette typologie permet de comprendre comment les
approches peuvent être liées, différentes et complémentaires. Enfin, il est utile
d’identifier les domaines de recherche future.
Positif Négatif/subventions
Taux effectif net sur le carbone Taux effectif net sur le carbone
(ECR net) de l’OCDE (ECR net) de l’OCDE 3. Objet de
l’indicateur
States and Trends de la Subventions à l’énergie
Shapiro (2020)
Banque mondiale (2014-2018) de l’AIE
Descriptif
ESRAF de la Banque
States and Trends de la Banque mondiale
Instruments mondiale (à partir de 2019) Normatif
1. Politiques couvertes
basés sur
les prix Agnolucci et al., (2023)
(budgétaires, Orientation
commerciaux Manuel des Nations Unies Agnolucci et al., (2023)
et autres)
Rapport des Nations Unies sur l’écart
entre les besoins et les perspectives
en matière de réduction des émissions (EGR)
Forum inclusif de l’OCDE sur les approches Forum inclusif de l’OCDE sur les approches
d’atténuation des émissions de carbone (IFCMA) d’atténuation des émissions de carbone (IFCMA)
5. Comparaison des
indicateurs basée sur des
considérations techniques
Une analyse comparative des indicateurs de tarification du carbone existants
peut également s’appuyer sur les différents éléments techniques, stratégies
et hypothèses des méthodologies adoptées par les partenaires. Sans viser à
l’exhaustivité, cette section met en évidence quelques éléments techniques
importants pour mieux comprendre les raisons qui sous-tendent les différentes
estimations au niveau des pays, à savoir : 1) le calcul des niveaux de prix, 2) les
méthodes d’estimation de la couverture lorsque les politiques se chevauchent,
3) les valeurs de référence utilisées et 4) la couverture des remboursements, des
exonérations et des réductions de taux.
Le rapport State and Trends of Carbon Pricing est publié chaque année au
mois de mai. Les prix publiés par la Banque mondiale indiquent le niveau
de prix de la taxe carbone ou des systèmes d’échange de quotas d’émission
au 1er avril. Dans le cas de la taxe carbone, c’est le taux de la taxe carbone en
vigueur à ce moment-là qui est utilisé. Pour le SEQE, les prix sont basés sur
les résultats des enchères ou sur les prix secondaires. La Banque mondiale suit
cette approche, d’abord dans le but de promouvoir la cohérence temporelle, et
ensuite parce que la déclaration au 1er avril permet de saisir les changements de
taux de la taxe carbone qui prennent effet à partir du début de l’année civile. La
saisie des changements de taux basés sur les années civiles est moins importante
dans le cas du SEQE.
38 Indicateurs de tarification du carbone
L’OCDE utilise les prix moyens des permis du SEQE pour calculer les
taux effectifs du carbone. Les prix des permis du SEQE sont calculés en
prenant le prix moyen des permis observé lors des ventes aux enchères au cours
d’une année d’activité. L’objectif de cette approche est d’atténuer les effets des
fluctuations à court terme des prix des permis. Dans le cas de l’OCDE, un prix
d’enchère moyen du SEQE est attribué à toutes les émissions de CO2 provenant
de l’utilisation d’énergie soumise au SEQE, que les permis aient été reçus par
attribution gratuite ou qu’ils aient été achetés11. Lorsqu’il n’y a pas d’enchères,
une autre approche est utilisée. Par exemple, aucune vente aux enchères n’a eu
lieu en Corée pendant la rédaction de l’ECR 2016. Les auteurs ont donc utilisé
le prix moyen des permis échangés à la bourse de Corée au cours du premier
semestre de 2015. Pour les taxes, l’OCDE utilise les taux au 1er avril, car ils ne
sont pas aussi volatils que les prix des permis du SEQE12.
11 Outre l’ECR examiné dans le présent document, l’OCDE publie un taux effectif
moyen sur le carbone (EACR), qui corrige l’allocation gratuite. (OECD, 2021)
12 Dans le cas exceptionnel où l’écart fiscal est élevé, l’OCDE utilise une moyenne
annuelle des taux d’imposition.
Indicateurs de tarification du carbone 39
systèmes ou plus, les chevauchements entre les politiques doivent être pris en
compte afin d’éviter un double comptage des signaux-prix. Il existe différentes
approches pour tenir compte des chevauchements, dont certaines sont décrites
ci-dessous.
La troisième étape consiste à ajuster le taux de la taxe carbone en fonction des règles
applicables dans une juridiction donnée. Dans certains pays, comme la Finlande et le
Royaume-Uni, la taxe carbone s’applique aux émissions qui sont également couvertes par
un SEQE, ce qui augmente le prix du carbone appliqué. Dans d’autres pays, comme la
France et l’Allemagne, les instruments nationaux de tarification du carbone ne s’appliquent
généralement qu’aux émissions qui ne sont pas déjà couvertes par le SEQE de l’UE.
Indicateurs de tarification du carbone 41
Le FMI propose de comparer les prix actuels à leur niveau efficient, c’est-
à-dire le niveau qui intègre le coût d’approvisionnement plus tous les
coûts environnementaux (dégradation des routes, accidents, congestion,
pollution locale et contribution au réchauffement climatique), comme le
montre la figure 9. Le FMI estime un niveau de prix efficient pour chaque
combustible fossile par pays. Le FMI a également proposé un prix plancher
international du carbone (ICPF). La proposition d’ICPF vise à intensifier les
mesures d’atténuation au niveau mondial en surmontant les obstacles à l’action
unilatérale. Notant que, même si les engagements actuels pour 2030 étaient
tenus, les réductions d’émissions seraient inférieures à celles nécessaires pour
limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C, plaidant ainsi pour la
nécessité d’un mécanisme supplémentaire pour renforcer l’Accord de Paris.
Le FMI analyse les effets des prix planchers différenciés en fonction du niveau
de développement. Des prix planchers de 25 dollars, 50 dollars et 75 dollars
par tonne de CO2 pour les économies de marché émergentes (EME) à faible
revenu, les EME à revenu élevé et les pays avancés permettraient de réduire
les émissions de CO2 liées à l’énergie de 23 à 24 % par rapport au statu quo
(Parry et al., 2021b).
42 Indicateurs de tarification du carbone
Argentine Argentine
Australie Australie
Brésil Brésil
Canada Canada
Chine Chine
Allemagne Allemagne
France France
Inde Inde
Indonésie Indonésie
Italie Italie
Japon Japon
Mexique Mexique
Russie Russie
Arabie saoudite Arabie saoudite
Afrique du Sud Afrique du Sud
Corée Corée
Türkiye Türkiye
Royaume-Uni Royaume-Uni
États-Unis États-Unis
Jamaïque Jamaïque
Costa Rica Costa Rica
Viet Nam Viet Nam
Éthiopie Éthiopie
Iran Iran
Maroc Maroc
Taxe carbone
60 euros
Pollu�on RP Prix de détail
locale
ECR ECR Taux effectif sur le carbone
Prix efficient
Source : Auteurs.
6. Exemples de pays :
Comment comprendre
et utiliser la typologie
La typologie présentée dans ce document souligne qu’aucun indicateur ne
peut à lui seul résumer toutes les dimensions de la tarification du carbone.
Il est donc utile pour les décideurs des pays qui souhaitent introduire, évaluer
et/ou améliorer leur tarification du carbone de comprendre les principales
différences entre ces indicateurs. Cette section présente des exemples de la
manière dont les pays peuvent utiliser les indicateurs, comment comprendre
certaines des principales différences et quels sont les principaux messages
communs qui ressortent des indicateurs.
l’énergie regroupent les droits d’accises, les taxes carbone et les prix des
permis d’émission. La Banque mondiale fournit des informations sur les
taxes carbone et les prix des permis du SEQE au niveau des juridictions,
mais actuellement, ces données ne sont pas ventilées par secteur ou par
combustible.
14 Notez que les données du rapport State and Trends of Carbon Pricing de la Banque
mondiale ne sont disponibles qu’au niveau national ; par conséquent, aucune
donnée désagrégée par secteur ou par combustible n’est présentée ici pour la
Banque mondiale. De même, les Nations Unies ne publient pas de données sur la
tarification du carbone.
Indicateurs de tarification du carbone 49
Les taxes carbone représentent une part importante, bien que faible, de la
tarification dans les secteurs des transports et du logement. Toutefois, le
niveau de tarification du carbone provenant des taxes sur le carbone dans les
secteurs résidentiel et des transports est presque deux fois plus élevé que celui
observé dans les secteurs industriel ou électrique.
15 Notez que ce n’est pas le cas pour tous les pays, par exemple la Suède.
50 Indicateurs de tarification du carbone
0
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Banque mondiale
B. Membres de l’OCDE : Prix du carbone dans différents secteurs (2021)
Dans l’ensemble
Industrie Énergie Hébergement Transport
de l’économie
0
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Indicateurs de tarification du carbone 51
–25
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6.2 Indicateurs des partenaires de la PCT
pour l’ensemble des combustibles et
des secteurs dans une sélection de
pays : Les pays en développement ont
l’habitude de fixer le prix du carbone
de manière indirecte (implicite), en
utilisant les accises sur les carburants
Les pays en développement ont plusieurs décennies d’expérience en
matière de taxation indirecte (implicite) du carbone par le biais d’accises
et de subventions sur les carburants. Cinq exemples de pays (Équateur,
Ghana, Kenya, Mexique et Norvège) et la moyenne des pays membres de
l’OCDE sont présentés ci-dessous pour illustrer les différences de tarification
du carbone selon les combustibles et les secteurs, tant au sein qu’en dehors
des membres de l’OCDE. La figure 12A présente la tarification du carbone
au niveau national (et la moyenne des pays de l’OCDE). Actuellement, la
Banque mondiale ne rend compte que de la tarification du carbone à partir
d’instruments directs, c’est-à-dire les taxes sur le carbone et l’échange de quotas
d’émission. Si le Mexique, la Norvège et la moyenne des membres de l’OCDE
ont mis en place des instruments de tarification directe du carbone, ce n’est pas
le cas de l’Équateur, du Ghana et du Kenya. Les différences entre les indicateurs
52 Indicateurs de tarification du carbone
(par exemple, les moyennes des prix des permis du SEQE) présentées dans la
figure 11A reflètent les calculs effectués ici à des fins d’illustration (hypothèses
sur les agrégations sectorielles et la comparabilité des secteurs, voir l’annexe 1),
plutôt que des différences substantielles entre les indicateurs des partenaires.
100
Taxe carbone (OCDE)
Prix en dollars/tCO2
FMI net
ECR (OCDE)
50
Taxe sur les carburants (OCDE)
Prix des permis SEQE (OCDE)
Subvention explicite (FMI)
Taxes sur l’énergie (FMI)
0
Subvention (OCDE)
Taxe carbone (Banque mondiale)
Prix SEQE (Banque mondiale)
–50
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ECR
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ECR
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Banque mondiale
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Banque mondiale
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Banque mondiale
FMI
FMI net
Banque mondiale
B. Tarification du carbone dans le secteur industriel : Comparaison entre pays (2021)
Équateur Ghana Kenya Mexique Norvège Membres de l’OCDE
100 Taxe carbone (OCDE)
FMI net
ECR (OCDE)
Taxe sur les carburants (OCDE)
Prix en dollars/tCO2
–50
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ECR
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ECR
ECR net
ECR
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Var
54 Indicateurs de tarification du carbone
ECR (OCDE)
Taxe sur les carburants (OCDE)
25
Prix des permis SEQE (OCDE)
Subvention explicite (FMI)
Taxes sur l’énergie (FMI)
Subvention (OCDE)
0
–25
ECR
ECR net
ECR
ECR net
ECR
ECR net
ECR
ECR net
ECR
ECR net
ECR
ECR net
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Var
–50
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ECR net
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Var
Indicateurs de tarification du carbone 55
300
Prix en dollars/tCO2
–100
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ECR
ECR net
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ECR
ECR net
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ECR
ECR net
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FMI net
ECR
ECR net
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ECR net
FMI
FMI net
Var
Notes : Les colonnes vides peuvent être dues au fait que 1) le combustible en question n’est pas utilisé dans ce secteur
et dans ce pays, ou 2) la combinaison combustible-secteur ne fait pas l’objet d’une taxe ou d’une subvention dans le
pays. Dans le panneau A, les colonnes vides pour la Banque mondiale signifient qu’il n’y a pas d’instrument de tarifi-
cation directe du carbone en place dans ces pays. Dans les panneaux C, D et E, les pays dont les colonnes sont vides
signifient qu’il n’y a pas de taxe ou de subvention pour ce combustible ou cette combinaison combustible-secteur.
56 Indicateurs de tarification du carbone
Indicateurs de tarification du carbone 57
7. Conclusions
Depuis la mise en œuvre de la première taxe carbone en 1990, le nombre
d’instruments de tarification du carbone n’a cessé d’augmenter. En 2022,
68 instruments de tarification du carbone sont en vigueur (World Bank, 2022).
Les taxes sur les carburants (accises) sont plus anciennes, plus répandues et,
dans certaines régions, plus importantes que les instruments de tarification
explicite du carbone. Les taxes sur les carburants ont dominé les taux effectifs
sur le carbone (ECR) dans les pays de l’OCDE en 2018, représentant 67 %
des taux marginaux d’ECR (OECD, 2022).
L’importance des droits d’accise (et des subventions) pour contribuer à une
tarification équivalente du carbone se reflète dans tous les indicateurs et/
ou méthodes de tarification du carbone des partenaires de la PCT. Dans la
diversité, il y a également une convergence sur les indicateurs des partenaires
de la PCT qui envisagent une tarification positive du carbone sous ses formes
explicite (ou directe) et implicite (ou indirecte). Par exemple, l’ECR de l’OCDE
regroupe les signaux-prix provenant d’instruments explicites de tarification du
carbone tels que les taxes carbone, les SEQE et les taxes sur les combustibles
fossiles. De même, la Banque mondiale a commencé à étudier l’importance
des signaux-prix indirects du carbone provenant des taxes sur les carburants
(World Bank, 2022).
Les signaux-prix actuels ne sont pas cohérents avec la teneur en carbone, puisque
les combustibles les plus polluants sont soumis aux taux de prix du carbone
les plus bas. Ce constat émerge de la plupart des approches des partenaires de
la PCT, sachant qu’à l’heure actuelle tous ces partenaires ne ventilent pas les
données relatives à la tarification au niveau des carburants et des secteurs.
Indicateurs de tarification du carbone 59
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the Sustainable Development Goals. UN Environment, Nairobi, Kenya.
64 Indicateurs de tarification du carbone
Les données du FMI sur les prix des carburants sont tirées de l’ensemble de
données de l’outil d’évaluation des politiques climatiques (CPAT) commun au
FMI et à la Banque mondiale. Les autres informations nécessaires au calcul,
telles que les données de consommation et les facteurs d’émission de CO2,
proviennent respectivement des bilans énergétiques de l’AIE et du modèle
GAINS de l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués
(IIASA). Les données sont ventilées en fonction des différentes combinaisons
combustible-secteur. Les taxes totales sur l’énergie sont calculées comme la
différence entre le prix de détail et le coût d’approvisionnement (s’il est positif )
du combustible pour ce secteur. Les paiements de TVA ont été exclus du
total des taxes sur l’énergie car le FMI suit une méthodologie similaire. Si la
différence entre le prix de détail et le coût d’approvisionnement est négative, elle
est calculée comme une subvention explicite. Les valeurs sont ensuite agrégées
pour obtenir des données pour différents combustibles et secteurs. Toutes les
valeurs sont ensuite converties en prix en dollars constants de 2021.
Les données du rapport State and Trends of Carbon Pricing 2021 de la Banque
mondiale ont été utilisées pour calculer les composantes des prix de la taxe
carbone et du SEQE de la Banque mondiale pour la figure 12-A. Les prix
unitaires des différentes taxes carbone et des instruments du SEQE de
l’ensemble des données ont été multipliés par leur couverture d’émissions
correspondante*, puis additionnés pour obtenir les agrégats nationaux. Ces
agrégats (en dollars constants de 2021) sont ensuite divisés par le total des
émissions nationales pour obtenir la composante SEQE et taxe carbone des prix
du carbone. La moyenne pour les pays de l’OCDE est calculée en prenant une
moyenne simple pour tous les membres de l’OCDE (en 2021) pour lesquels
des données étaient disponibles.
Les données des deux étapes ci-dessus sont fusionnées pour créer un ensemble
de données combiné, qui est ensuite utilisé à des fins d’illustration. L’OCDE
et le FMI utilisent des agrégations sectorielles différentes ; par exemple, pour le
transport, le FMI a un seul secteur appelé transport, tandis que l’OCDE a deux
secteurs — routier et non-routier. De même, le FMI utilise un secteur appelé
résidentiel et un autre appelé services, tandis que l’OCDE utilise les secteurs
résidentiel et commercial comme un seul secteur. Même lorsque les secteurs
sont identiques, par exemple le secteur industriel, la composition interne des
secteurs peut être différente, ce qui rend difficile une comparaison univoque.
Pour les graphiques, les données sectorielles sont traitées en supposant que
les secteurs choisis correspondent parfaitement les uns aux autres. Pour les
graphiques par combustible, on suppose que l’agrégat de tous les secteurs
pour un seul combustible sera le même pour l’OCDE et le FMI. Les valeurs
pour la moyenne de l’OCDE sont directement disponibles dans l’ensemble
de données TEU. Dans le cas des données du FMI, ces valeurs sont calculées
en prenant la moyenne (c’est-à-dire la moyenne arithmétique et non pondérée
par les émissions) de tous les pays qui faisaient partie de l’OCDE en 2021.
Indicateurs de tarification
du carbone
Analyse des outils et des bases de données existants
des partenaires de la Plateforme de collaboration sur les
questions fiscales