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Introduction au Droit Pénal Général

Le cours de droit pénal général aborde les principes fondamentaux du droit pénal, ses relations avec d'autres disciplines, ainsi que les infractions et leurs sanctions. Il distingue le droit pénal général, qui traite des principes d'incrimination et de répression, du droit pénal spécial, qui analyse chaque type d'infraction. Le document souligne également l'importance de la procédure pénale, de la criminologie et de la politique criminelle dans la compréhension et l'application du droit pénal.

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Introduction au Droit Pénal Général

Le cours de droit pénal général aborde les principes fondamentaux du droit pénal, ses relations avec d'autres disciplines, ainsi que les infractions et leurs sanctions. Il distingue le droit pénal général, qui traite des principes d'incrimination et de répression, du droit pénal spécial, qui analyse chaque type d'infraction. Le document souligne également l'importance de la procédure pénale, de la criminologie et de la politique criminelle dans la compréhension et l'application du droit pénal.

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COURS DE DROIT PENAL GENERAL

LICENCE EN DROIT FRANÇAIS


SEMESTRE 2

PROFESSEUR : AÏDA LFERKLI


• Introduction
• La vie en société donne lieu à des relations diverses que le droit s’efforce

d’organiser de manière à permettre l’harmonisation de l’existence de la

collectivité et le développement de l’individu. Malheureusement, les

relations sociales engendrent des anomalies nuisibles à la fois à la

collectivité et à l’homme ; elles imposent une réglementation non moins

anormale dans une société parfaite. La criminalité implique la répression.


• Le droit criminel détermine :
• Les comportements humains les plus dangereux pour la vie en société

• Fixe les mesures susceptibles de les diminuer et comment les neutraliser.

• Il se traduit principalement par une complexité de conceptions et

d’applications car il touche l’homme dans sa personnalité et sa relation

organique avec la société, relation de pouvoir, de liberté ou de soumission.


• L’expression « droit criminel » s’est avéré trop limitée pour mettre en

lumière l’immensité de ce domaine juridique, humain et social.

• Celle du droit pénal semble plus appropriée parce qu’elle vise la peine, la

réaction sociale qui met en relief le rapport socio- individuel.

• Le mot peine : un sens plus large englobant le châtiment comme la

mesure qui corrige la conduite, qui améliore le comportement, qui

récupère ou resocialise l’homme.


• Le droit pénal ne peut se limiter aux mécanismes purement juridiques,

on retrouve:

• des données philosophiques, sociologiques et politiques

• des questions médicales, psychologiques, psychiatriques,

biologiques, physiques, chimiques…


• Le terme « droit » au sens objectif et les règles de droit qui nous intéressent

particulièrement sont les règles à caractère pénal, c'est-à-dire qui ont pour objet de

déterminer les faits incriminés et leurs sanctions:

• définir l’ensemble des sciences criminelles pour pouvoir distinguer le droit pénal général

avec les autres sciences annexes (I)

• et les autres disciplines et branches du droit (II),

• connaitre sa nature et ses fonctions (III) ,

• et d’envisager ensuite son évolution à travers le temps (IV).


• Droit pénal ou droit criminel ?
• un premier problème d’ordre terminologique se pose à l’étude de cette
branche de droit.
• Certains systèmes juridiques et certains auteurs utilisent le terme « droit
pénal » alors que d’autres optent pour « le droit criminel ».
• Les deux termes sont justes, le droit pénal met l’accent sur la peine qui
est l’une des réactions de la société face à un phénomène criminel ;
• et le droit criminel, désigne la catégorie la plus grave à savoir le crime.
• I – Le droit pénal et les sciences annexes :

• Le droit pénal général : matière de « synthèse » ou le droit criminel :la branche de droit

dont les règles déterminent les principes généraux de l’incrimination et la répression par

l’Etat des comportements de la personne créant un trouble social.

• Les règles du droit pénal général sont énoncées dans:

• le livre I du code pénal intitulé « Des peines et des mesures de sûreté) ( Art 13 à 109)

• Le livre II du même code intitulé « de l’application à l’auteur de l’infraction des peines et

des mesures de sûreté » (Art 110 à 162) .


• Il détermine certains faits ou abstentions (infractions),

• les sanctions applicables à chaque infraction (peines).

• Il permet de classifier les infractions selon leurs gravité ou leurs caractères.

• Il définit ensuite les éléments constitutifs de l’infraction (légal, matériel,

moral) sans lesquels il n’y a pas d’incrimination.

• Il prévoit ensuite les règles de responsabilité, que ce soit une responsabilité

personnelle ou une complicité.


• Il détermine les causes de l’irresponsabilité (légitime défense, état de nécessité, contrainte, démence …)

• Il étudie les règles générales de fixation des peines, leurs causes d’aggravation, d’atténuation ou

d’exonération.

• le droit pénal général détermine, d’abords, les éléments constitutifs de l’infraction pénale qu’il envisage

comme un fait anti-social légalement incriminé et sanctionné (élément légal), qui se manifeste par un

comportement externe (élément matériel) conformément à l’intention coupable de son auteur ou suite à

son imprudence ou à l’inobservation des lois et règlements (élément moral).


• Le droit pénal spécial : matière d’analyse

• Le DPS est l’étude spécifique du régime juridique de chaque infraction pénale, et de la

sanction qu’encoure son auteur.

• Il décrit les éléments constitutifs de chaque type d’infraction (meurtre, vol, diffamation,

escroquerie…),

• les conditions particulières et les causes d’aggravation ou d’atténuation,


• Le droit pénal spécial : matière d’analyse

• les spécificités procédurales.

• Il décrit la mise en œuvre de la responsabilité et précise la sanction

applicable (peine ou mesure de sûreté) .


• Il permet ainsi de cataloguer et d’analyser les diverses incriminations prévues par la

loi, suivant une démarche méthodique consistant à distinguer :

• les infractions contre les biens (vol, escroquerie, abus de confiance…)

• les infractions contre les personnes (meurtre, blessure, viol ; infractions terroristes,

• les atteintes corporelles volontaires et les atteintes corporelles involontaires.


• Le DPS puise sa substance pour une large part dans:

• le livre III du Code Pénal intitulé « Des diverses infractions et de leurs sanctions » (Art 163
à 612) .

• divers textes pénaux particuliers, :

• certains visant des catégories de personnes ( militaires, gendarmes ..)

• ceux incriminant des faits déterminés ( consommation et trafic des stupéfiants, fraudes
dans les examens et concours publics, terrorisme …),

• les dispositions à coloration pénale énoncées dans les lois dont la texture essentielle se
rapporte à d’autres domaines que le droit pénal ( lois relatives aux élections, aux sociétés
commerciales, à la presse….
• Il s’agit d’un droit vaste et diversifié, qui ne cesse de s’adapter aux nouvelles formes de

criminalité, à la faveur de lois particulières de plus en plus nombreuses grossissant le

volume de la matière par autant de chapitres particuliers, voire de droits pénaux spéciaux

(DPS des sociétés commerciales, DPS de la santé, DPS de l’environnement, DPS

militaire, DPS économique, DPS de la cyber criminalité…).


• La procédure pénale :
• Un ensemble de mesures, de garanties et de mécanismes de forme qui doivent
être minutieusement observés et respectés dans l’exercice de la justice
répressive: la mise en cause, la poursuite et le jugement de tout auteur présumé
d’infraction.
• Les règles relatives à la conduite de l’enquête policière, au déroulement du
procès pénal ( poursuite, instruction, jugement, voies de recours, droit de la
défense, preuve pénale), à l’organisation et à la compétence juridictionnelles,
aux statuts et attributions des divers organes de la justice ( officiers de police
judiciaire, magistrats du parquet, d’instruction et du jugement, les greffiers ) et
des collaborateurs indépendants de l’autorité judiciaire ( expert, avocats).
• La procédure pénale :

• Ces règles sont contenues dans le code de procédure pénale (loi N°22-01 entrée en vigueur le 1er octobre

2003) et dans divers textes particuliers :le code de justice militaire, le dahir portant loi formant statut de la

magistrature, le dahir relatif à l’organisation et l’exercice de la profession d’avocat….

• En outre, on trouve quelques règles d’ordre procédural aussi bien dans la constitution (Art10, 11,39,82 à 92)

que dans des textes internationaux ratifiés par le Maroc (tels que le pacte relatif aux droits civils et

politiques et la convention relative à l’interdiction de la torture) voire dans les conventions bilatérales

d’entraide judiciaire conclues avec de nombreux pays comme la France, l’Espagne et la Tunisie.


• La criminologie :

• une science qui envisage le crime en tant que déviance sociale,

• comme un acte humain résultant de facteurs prédisposant ou

criminogènes (individuels, familiaux, socio-économique …).


• Objet de la criminologie :

• rechercher les causes du crime,

• analyser la personnalité du criminel

• proposer les moyens et les mesures les plus appropriés de prévention

et de lutte contre le phénomène criminel. C’est une pure approche

scientifique du phénomène criminel.


• la criminologie : un éventail de branches scientifiques spécialisées:

• dans la recherche et l’analyse des causes du crime (Etiologie criminelle),

• dans l’étude du processus psychique du crime (psychologie criminelle),

• dans l’examen de la structure physique du criminel( Anthropologie criminelle),

• dans la description des diverses activités criminelles et des aspects particuliers de la


vie et du comportement des criminels vis-à-vis notamment des autorités policières
et judiciaires ( phénoménologie criminelle),

• dans l’étude de l’environnement du phénomène criminel et des conditions socio-


familiales des délinquants ( sociologie criminelle).
• La criminalistique :
• C’est la science du procès. Elle concourt à la recherche et la constatation
matérielle des infractions et des coupables.
• objet :
• éclairer les organes de la police et de la justice sur les circonstances
matérielles du crime,
• les moyens utilisés dans sa commission
• les pistes à suivre pour démasquer l’auteur.
• (procédés d’investigations scientifiques)
• Les procédés criminalistiques évoluent (progrès technologiques, la
prolifération et la complexification de la criminalité. Cela se fait à l’aide
de:
• l’anthropométrie (l’identification des suspects au moyen des
empreintes digitales et des fiches anthropométriques),
• la médecine légale (qui par l’examen du corps humain, permet de
renseigner le juge sur les causes d’un décès, l’heure de la mort, les
circonstances d’une blessure…
• La toxicologie, (qui permet de détecter ou de confirmer les décès par
empoisonnement et de préciser la substance toxique employée).
• La police scientifique et la police technique (s’occupent des
circonstances de l’infraction en étudiant les traces laissées par le
délinquant au moyen par exemple de rayons laser, de l’examen ADN, de
l’analyse de l’arme utilisée dans le crime…).
• D’autres procédés sont difficilement compatibles avec le respect de l’intimité et de

la vie privée et sont, prohibés par les normes internationales relatives aux droits de

l’homme et par de nombreuses législations nationales:

• Les écoutes téléphoniques pour les besoins de l’enquête policière ;

• la narco-analyse (injection d’un barbiturique appelé penthotal ou sérum de vérité

qui provoque un état de subnarcose :le sujet révèle malgré lui des faits et des

renseignements qu’il dissimulait en état normal.


• La science pénitentiaire ou pénologie :

• C’est l’étude des sanctions pénales (peines et mesures de sûreté),

• leurs natures,

• de leurs typologies,

• de leurs modes d’exécution,

• de leur efficacité sociale

• leur valeur au regard de la finalité d’amendement du condamné.

• l’étude du droit pénitentiaire, c'est-à-dire essentiellement le régime des prisons et le statut des

prisonniers.
• La politique criminelle :

• C’est l’étude de l’ensemble des procédés répressif et des moyens utilisés

par l’Etat en matière de lutte contre le crime (en liaison avec la

criminologie)
• II-Rapport des sciences criminelles avec les autres disciplines

• Avec les autres sciences humaines :

• La psychologie: intéresse le droit pénal, plus subjectif et moins abstrait que


le droit civil (problème de la responsabilité) ;

• La morale :distincte du droit pénal, doublement, quant à ses sanctions


(moins positives et immédiates) et quant à son domaine (des faits interdit en
morale ex : le mensonge, ne sont pas nécessairement atteints par le droit
pénal, de même en sens inverse ex : stationnement irrégulier)

• La sociologie a d’étroits contacts avec les sciences criminelles.


• La métaphysique elle-même intéresse le droit pénal lorsque, par

exemple, elle envisage le problème de la liberté de l’homme.

• La médecine apporte une importante contribution à l’œuvre des

criminalistes et des criminologues (psychiatrie, pathologie mentale)


• Avec les autres branches du droit :

• Avec le droit civil :les sanctions pénales viennent renforcer des sanctions civiles insuffisantes, ex :

abandon de famille, détournement d’objets donnés en gage.

• Avec le droit commercial : le débiteur soumis à une procédure de redressement judiciaire et qui

commet certains faits se rend coupable de banqueroute, infraction pénale. Il existe un droit pénal des

sociétés et on parle aujourd’hui d’un droit pénal des affaires ex : abus des biens sociaux ;

• Avec le droit du travail : des sanctions destinées à renforcer les obligations de l’employeur ex :

sécurité du travail.
• La procédure civile fait parfois appel aux sanctions pénales ex : délits de
bris de scellés, de détournement d’objet saisis ;
• Le droit administratif :les délits qui font appel à la notion de
fonctionnaire ex : corruption d’un fonctionnaire, outrage à
fonctionnaire.

• La nature et la fonction du droit pénal général :
• Droit privé ou droit public ?
• droit public : l’intervention de la puissance publique notamment
dans l’exécution des peines. Il permet de défendre également la
société contre la délinquance et protège l’intérêt général.
• droit privé: l’intervention des tribunaux judiciaires, et le rôle des
particuliers dans la poursuite des infractions.
• cette poursuite sera réalisées devant les tribunaux judiciaires et
non administratifs.
• le droit pénal est une branche distincte du droit public et du droit
privé.
• Caractères du droit pénal :
• Les règles de droit pénal impliquent l’existence d’une sanction d’un
caractère spécial : la peine.
• A la différence de la sanction civile, qui est essentiellement
réparatrice (dommages- intérêts, restitutions) , la sanction pénale
est répressive ( châtiment infligé au coupable, l’amende va à l’état et
no à la victime) ;
• La sanction pénale et la sanction civile peuvent coexister:
• en cas d’atteinte à l’intégrité de la personne par imprudence, il y a
répression et réparation ;
• il peut y avoir répression pénale sans réparation ex : la tentative sans
dommage,
• il peut y avoir réparation sans répression tous les cas où il y a
réparation civile en l’absence d’infraction pénale)
• Le droit pénal ne devrait intervenir que si les sanctions civiles sont

insuffisantes (caractère subsidiaire). Les lois modernes multiplient les

sanctions pénales ; on a même abouti à faire du droit pénal une

discipline autonome.


• Les fonctions du droit pénal :
• La fonction répressive : a pour objet de sanctionner les comportements qui troublent

l’ordre social, en vue de garantir la protection des valeurs de la société.

• Ses peines font souffrir les auteurs des infractions. Elles touchent l’individu dans sa sureté

et ses libertés individuelles.

• La répression constitue un monopole pou l’Etat.

• Sa mise en œuvre doit concilier néanmoins deux objectifs différents : d’une part la lutte

contre l’insécurité et la préservation des libertés d’autre part.


• Les fonctions du droit pénal :

• La fonction préventive et protectrice : Il tend à empêcher les actes

criminels en intimidant ceux qui songent les commettre. Il protège

ainsi la société contre les atteintes pouvant nuire à l’ordre social.


• Il protège aussi les sujets du droit pénal (suspect, prévenu, condamné) , en

prenant en compte leurs personnalités pour les réadapter et les réintégrer

dans la société , en leurs offrant la possibilité de se soigner afin de prévenir

la récidive


• IV- Evolution du droit pénal

• Le droit pénal connait une histoire aussi longue que celle de l’humanité.

• Ce qui a été relevé dans le sens évolutif: la réaction contre les violations de

cet ordre et particulièrement des ressemblances observées

quasi-universellement dans les sociétés humaines quelles fussent leurs

civilisations.

• Sur quel fondement repose ce droit de punir ?


• Plusieurs doctrines ont essayé de répondre à cette question :
• Doctrine fondée sur l’idée de justice : la peine se rattache à l’acte coupable. On
trouve cette doctrine dans:
• les civilisations primitives (sacrifice du coupable pour apaiser les dieux) ,
• la loi de talion ( œil pour œil, dent pour dent.
• Dans le code d’Hammourabi,
• chez les philosophes grecs anciens (Platon),
• dans la doctrine chrétienne et dans la philosophie de la justice absolue de
Kant, pour qui le mal causé par le criminel ne peut être réparé que par le
châtiment infligé.
• Doctrine fondée sur l’utilité sociale : l’objet essentiel de la sanction est d’éviter les

crimes futurs:

• La prévention qui fonde le droit de punir. « La peine doit se faire craindre plus que le

plaisir de désirer » Bentham.

• La société a le droit de punir car la répression est utile et nécessaire à la défense de

l’ordre social. Mais cette doctrine risque de conduire à une répression rigoureuse.
• Ecole néo-classique : Rossi : doctrine de synthèse, entre l’utile et le juste.

• Le droit de punir est fondé à la fois sur la justice dans son principe et sur l’utilité sociale dans son application.

• une courte peine peut être efficace pour satisfaire à sa fonction d’intimidation collective et individuelle.

• La peine doit être également adaptée au délinquant. On éliminera ainsi les peines trop sévères et les peines

superflues.

• Or, il sera souvent difficile de concilier le juste et l’utile (ex : répression de la récidive, socialement

dangereuse, mais moralement moins coupable).


• Ecole positiviste italienne : en contradiction avec la doctrine
classique.
• Elle abandonne les notions de justice: considérée dépassées
• Elle nie le libre arbitre du délinquant, et déclare que l’infraction
résulte de facteurs naturels, anatomiques, biologiques et
psychologiques selon Lombroso
• par des facteurs familiaux, sociaux et économiques selon Ferri.
• ce n’est pas la faute et la responsabilité morale du délinquant qui
fonde le droit de punir mais la protection de la société contre l’état
dangereux que présente l’individu.
• Epoque actuelle : on remarque parfois, que c’est une synthèse de
tous les courants précédents, avec de nouvelles orientations.
• La doctrine de la défense sociale de Marc Ancel, elle constitue une
réaction humaine aux excès des doctrines positivistes.
• Sous l’influence de la dignité de la personne humaine et le respect
de la personne, elle est préoccupée d’étudier, en même temps que le
crime, la personnalité du criminel.
• Cette doctrine entend protéger la société et défendre les droits
individuels. Elle rattache la défense de la société à celle de l’individu,
en se basant sur la réadaptation, la réinsertion et la prévention .
• L’accroissement général de la criminalité, : produit un regain de faveur

pour la notion de châtiment, d’intimidation et de neutralisation des

personnes dangereuses.

• D’autres souhaitent tenir compte des données sociologique, ou médicales

et biologiques.
• Le droit positif :

• le droit pénal est passé par plusieurs étapes distinctes :

• une période de vengeance privée,

• une période de justice privée

• une période de justice publique.

• Le droit musulman
• La vengeance privée : certains comportements appelaient à une
sanction à cause des troubles engendrés à l’individu ou au groupe.
• Une vengeance privée à cause de l’absence totale de l’Etat.
• Un genre de réflexe d’auto défense pour protéger le groupe.
• La réaction de la victime et de son groupe ou tribu ne prenait pas
en compte l’intention de l’auteur de l’acte ni l’absence de son
discernement.
• La sanction résidait dans le devoir de la victime ou de sa famille de
réclamer la sanction car elle est considérée comme la mieux placée
pour faire respecter les règles adoptées par le groupe.
• La justice publique : après une période de la justice privée, la
justice publique fit son apparition à partir de la période féodale,
mais elle ne devient correctement instituée qu’avec l’apparition de
l’Etat moderne (16ème siècle).
• La poursuite et la sanction relèvent ainsi de l’autorité publique.
• le juge pour prononcer la sanction, ne prend pas seulement l’intérêt
de la victime mais l’intérêt supérieur de la société.
• il ne s’agit plus de juger objectivement l’acte commis mais de juger
le délinquant.
• l’idée d’une responsabilité morale a fait son émergence.
• Puis, le nombre d’infractions a augmenté puisqu’on a créé des infractions (trahison,

incendie...).

• Lors de cette période ; seules les atteintes aux intérêts privés ont été sanctionnées.

• varier les sanctions en ajoutant les sanctions pécuniaires (amendes,

dommages-intérêts…).

• A partir de la révolution française, le principe de la légalité des peines et délit et le

principe de proportionnalité entre l’acte et la sanction se sont imposés.


• Le droit pénal musulman :

• Le droit musulman prévoit plusieurs incriminations : homicide

volontaire et involontaire, fornication, l’apostasie, brigandage…

• Il prévoit trois sortes de peines : Al Hudud, Al Qasas et le Taâzir.


• AL Hudud : peines fixées par le coran

• Elles constituent les limites à ne pas dépasser. Ex :

• le vol, c’est l’ablation de la main

• la fornication est réprimée par la lapidation jusqu’à la mort et 100 coups de fouet pour

les non mariés,

• l’apostasie entraine la peine de mort…

• Toutes ces peines sont corporelles et invariables.


• AL Qasas ou la loi du talion : cette peine concerne le crime

d’homicide volontaire et les blessures intentionnelles.

• L’auteur d’un homicide volontaire est puni de la peine de mort.

• Le Taâzir : toutes les peines qui ne sont pas prévues par le Coran ou

la Sunnah et qui sont laissées à l’appréciation de l’imam ou du juge.


• La responsabilité dans la religion musulmane suppose un esprit saint.

• Des traditions prophétiques consacrent clairement la non responsabilité du

dément, de l’enfant et de celui qui ensommeillé.

• La responsabilité est personnelle et ne peut être étendue aux tiers quel que soit le

lien de parenté avec l’infracteur.


• Les sources du droit pénal :
• La constitution : elle contient des dispositions ayant un lien avec le droit
pénal, on peut citer l’article 71 qui dispose : « sont du domaine de la loi,
outre les matières qui lui sont expressément dévolues par d’autres
articles de la constitution :
• Les libertés et droits fondamentaux prévus dans le préambule et dans
d’autres articles de la présente Constitution,
• La détermination des infractions et des peines qui leur sont applicables,
• L’organisation judiciaire et la création de nouvelles catégories de
juridictions,
• La procédure civile et la procédure pénale »

• Elle dispose dans son article 23 :
• « Nul ne peut être arrêté, détenu, poursuivi ou condamné en dehors des
cas et des formes prévus par la loi. La détention arbitraire ou secrète et la
disparition forcée sont des crimes de la plus grande gravité et exposent
leurs auteurs aux punitions les plus sévères. Toute personne détenue doit
être informée immédiatement, d’une façon qui lui soit compréhensible,
des motifs de sa détention et de ses droits, dont celui de garder le silence.
Elle doit bénéficier, au plus tôt, d’une assistance juridique et de la
possibilité de communication avec ses proches, conformément à la loi.
• La présomption d’innocence et le droit à un procès équitable sont
garantis. Toute personne détenue jouit de droits fondamentaux et de
conditions de détention humaines. Elle peut bénéficier de programmes de
formation et de réinsertion. Est proscrite toute incitation au racisme, à la
haine et à la violence. Le génocide, les cimes contre l’humanité, les crimes
de guerre et toutes les violations graves et systématiques des droits de
l’homme sont punis par la loi »
• Elle dispose également dans son article 24 :

• « Toute personne a droit à la protection de sa vie privée. Le domicile est inviolable. Les

perquisitions ne peuvent intervenir que dans les conditions et les formes prévues par la loi.

Les communications privées, sous quelque forme que ce soit, sont secrètes. Seule la justice

peut autoriser, dans les conditions et selon les formes prévues par la loi, l’accès à leur

contenu, leur divulgation totale ou partielle ou leur invocation à la charge de quiconque.

Est garantie pour tous, la liberté de circuler et de s’établir sur le territoire national ; d’en

sortir et d’y retourner, conformément à la loi »


• Également l’article 6 de la Constitution dispose :
• « La loi ne peut avoir d’effet rétroactif »

• le code pénal
• Il constitue la loi fondamentale en matière pénale. Il se divise en
deux parties, l’une traitant de la théorie générale de l’infraction, du
délinquant et de la sanction, la seconde offrant une liste des
infractions les plus classiques.
• -Les textes spéciaux
Le législateur y règlemente :
• les violations des dispositions relatives à des activités économiques
ou sociales
• les violations de certaines obligations capitales pour la conservation
de la sécurité et la paix générales.
• Ex : le dahir sur les débits de boissons, sur les fraudes, sur les
armes….
• -La jurisprudence

• Certes le juge ne peut pas créer de nouvelles infractions en

application du principe de légalité. Mais il joue un rôle essentiel dans

l’interprétation des textes.


CHAPITRE I : L’INFRACTION PENALE

On peut analyser l’infraction pénale suivant deux approches :

• Une approche juridique ou normative:

• Définitions et délimitations sont issues de la législation pénale

• Permet de saisir la notion d’infraction dans ses éléments constitutifs et dans ses traits
distinctifs par rapport à d’autres types de délit notamment civil et disciplinaire.

• L’ approche criminologique:

• Elle renvoie à des données scientifiques : recherche des causes du crime

• Elle étudie ses manifestations et ses conséquences pour mieux concevoir et appliquer les
mesures de prévention et de réaction.
SECTION I – L’infraction pénale : approche juridique et criminologique

• L’infraction, ou délit pénal (Art 110 du C.P): un acte ou une abstention,

un comportement matériel, contraire à la loi pénale et réprimé par elle.

C’est toute atteinte à l’ordre social et aux droits individuels ou collectifs

expressément interdite et sanctionnée par la loi.


• Comparer le délit pénal avec les délits voisins

• Présenter les principales classifications des infractions

• Souligner la dimension criminologique du délit qui imprègne à des

degrés différents de nombreuses législations modernes


Comparaison du délit pénal avec des délits voisins :
• Le terme ‘’infraction’’: trop chargé du contenu pénal.

• Le mot ‘’ délit ‘’: plus général signifie un comportement irrégulier,

adapté à plusieurs utilisations: en matière pénale, civile et disciplinaire.


Délit pénal et délit civil : Principaux traits distinctifs

• -Le délit pénal: un fait incriminé et sanctionné d’une manière claire et


précise par un texte spécial (ex : vol art 505 C.P, meurtre art 392,
complot contre la sûreté intérieure de l’Etat art 201…) ;
• Le délit civil : prévu et sanctionné par un texte de portée générale
susceptible d’application large à savoir l’article 77 du Dahir des
obligations et des contrats (D.O.C) aux termes duquel « tout fait
quelconque de l’homme, qui sans l’autorité de la loi cause sciemment et
volontairement à autrui un dommage matériel ou moral oblige son
auteur à réparer ledit dommage… »
• -Le délit pénal: peut être sanctionné même en l’absence de tout

préjudice (port d’arme, tentative d’infraction, empoisonnement

n’ayant pas réalisé de conséquence dommageable…) ;

• Le délit civil ne peut donner lieu à réparation que si la victime a subi un

dommage quelconque.
• -En matière de responsabilité civile: la faute peut être présumée ;

• La responsabilité pénale: pas de présomption de faute, c’est le

principe de « la présomption d’innocence » qui prévaut.


• -L’infraction pénale : donne lieu à une sanction : une peine (amende,

emprisonnement, peine de mort…) ou une mesure de sûreté (interdiction de

séjour, placement d’un mineur délinquant dans un centre de rééducation…) ;

• Le délit civil : une réparation civile : condamnation de l’auteur à verser des

dommages intérêts à la victime (ou à ses ayants droit).


• - Délit civil: une transaction (ou un arrangement) reste possible entre

l’auteur du délit et sa victime ;

• Délit pénal, les parties ne peuvent pas transiger sur l’action publique

ou action pénale (donc sur la responsabilité pénale de l’auteur) exercée

par le ministère public pour protéger l’ordre social.


Liens entre les deux catégories de délit

Généralement le même fait constitue en même temps une infraction pénale et un délit

civil (ex : meurtre, coups et blessures, viol, diffamation…).

Deux types d’actions judiciaires sont possibles :

Une action publique exercée par le ministère public : sanctionner le délit pénal,

Une action civile exercée par la victime ou ses ayants droit : obtenir une

indemnisation (Dommage-intérêts).
Au choix de la victime, on peut :

• -Soit elle se constitue partie civile (pour réclamer une réparation) devant la juridiction

pénale accessoirement à l’action publique exercée par le ministère public, auquel cas la

même juridiction (répressive) statuera en principe sur les deux actions (publique et civile).

• - Soit elle porte son action en dommage-intérêts devant une juridiction civile alors que

l’action publique est exercée par le ministère public, bien entendu, devant la juridiction

répressive ;
Pour éviter une contradiction entre les jugements rendus par les deux juridictions :

• « Le criminel tient le civil en état » : le tribunal civil doit surseoir à statuer sur l’action civile

jusqu’à ce que la juridiction pénale se prononce sur l’action publique.

• « L’autorité sur le civil de la chose jugée au pénal » : la juridiction civile doit, tenir compte

de la décision rendue par la juridiction pénale sur l’action publique: le prévenu acquitté

pénalement, ne sera pas, en principe, condamné par la juridiction civile à des dommages

intérêts.
Délit pénal et délit disciplinaire

• Précisions

• Les délits disciplinaires: toutes les violations des règles régissant certains

groupements, associations ou corps constitués (ordre des avocats, des médecins,

corps des enseignants, des magistrats …)

• Un même fait peut constituer à la fois une faute disciplinaire et une infraction

pénale, ex : refus d’un médecin de porter assistance à une personne en danger

(code de déontologie médicale et art 431 du CP)…


Principaux traits distinctifs

• La faute disciplinaire: la violation des règles propres à un corps social ou professionnel déterminé.

-L’infraction ou la faute pénale: une violation de la loi pénale, une atteinte à l’ordre public, peut être
commise par tout individu indépendamment de sa situation sociale ou professionnelle.

• Le délit disciplinaire :expose son auteur à des mesures disciplinaires particulières à l’exercice de la
profession ou à l’activité du groupe (blâme, suspension temporaire, révocation…). Mesures décidées
par des institutions spéciales (ex : conseil de l’ordre des avocats, conseil de l’université)

-L’infraction pénale : une sanction à l’encontre de l’auteur sous forme d’une peine ou d’une mesure de
sûreté (ou les deux ) prononcée par une juridiction pénale .
Principales classifications des infractions :
• Une infraction pénale : toute action ou omission portant atteinte à l’ordre social et faisant l’objet

d’une sanction répressive.

Il existe plusieurs classifications:

• Selon la gravité de l’infraction ( C.P)

• Selon la nature de l’infraction

• Selon le mode matériel d’exécution


Classification fondée sur la gravité de l’infraction

• L’infraction la plus grave : Le crime : l’infraction la plus grave.

Recouvre les actes portant une atteinte grave à l’ordre social

On ne peut réparer que par une peine de mort, ou une très longue privation de liberté. (

réclusion perpétuelle ou temporaire de 5 à 30 ans, d’une résidence forcée, ou de la

dégradation civique écartant ainsi l’agent de la société).


• L’infraction de gravité moyenne : le délit : catégorie intermédiaire

Quantitativement plus importante que la catégorie des crimes.

Le délit : une atteinte de gravité non exceptionnelle, mais suffisante pour

que la privation de liberté soit encore de mise

Les peines encourues sont hybrides: les peines dont le minimum se rattache

à une peine de police et le maximum à une peine correctionnelle.


• Pour le délit correctionnel :une peine d’emprisonnement de plus de 2 ans et

de moins de 5 ans avec ou sans amende supérieure à 1200 Dirhams.

• Pour le délit de police: l’emprisonnement d’une durée égale ou inférieure à 2

ans et supérieure ou égale à 1 mois, ou d’une amende supérieure à 1200

Dirhams.
• L’infraction de gravité minime : la contravention : regroupe les

infractions les moins graves.

• Elles sont punies de la détention d’une durée inférieure à 1 mois avec

ou sans amende, ou d’une simple amende de 30 à 1200 Dirhams.


L’intérêt de cette classification tripartite des infractions:
• Définir une infraction, suivant la catégorie (crime- délits-
contraventions) et l’échelle de peine qui lui ont été attribuées.
• Ses conséquences au niveau de la forme et au niveau du fond:
Au niveau de la forme: des intérêts quant à la compétence du tribunal,
à sa composition et à la procédure d’une manière générale.
Sur le plan du fond: des intérêts quant à l’application de la notion de
tentative, de la théorie de la complicité, des mécanismes du sursis à
l’exécution des peines et de la libération conditionnelle.
Classification fondée sur la nature de l’infraction:

• Les infractions de droit commun

• Les infractions spéciales soumises à un régime dérogatoire: infractions

militaires, (code de justice militaire), des infractions politiques, infraction

terroriste.
• Infractions de droit commun :

• Portent atteinte à l’ordre général non politique et non militaire d’un Etat.

• Ne répondent ni à la qualification politique ni à la qualification militaire.

• Prévues et sanctionnées par le Code pénal

• Relèvent des juridictions de droit commun.


Infraction politique :Par sa nature ou son mobile, porte atteinte aux :

• Intérêts fondamentaux de la nation,

• Son organisation politique,

• Ses institutions, ses organes ,

• Les droits politiques des citoyens. (Trahison, espionnage, sabotage, atteintes aux

institutions de l’Etat ou l’intégrité du territoire national, fraude électorale …).

• prévue et sanctionnée par le C.P ou textes spéciaux et relèvent des juridictions de droit

commun.
Infraction militaire : tout crime, délit ou contravention relevant de la compétence du

tribunal militaire conformément à la loi relative à la justice militaire.

• Les infractions contre le devoir et la discipline militaire commises par des militaires

ou personnes assimilées en activité de service (gendarmes et les membres des forces

auxiliaires).

• Infractions diverses : la nature et sévérité des peines en fonction la gravité de

l’infraction et si commise en temps de paix ou de guerre.


Relèvent également de la compétence du tribunal militaire les infractions:
• Commises par les prisonniers de guerre quelle que soit leur qualité ,
• Commises en temps de guerre contre les institutions de l’Etat
• Commises contre la sécurité des personnes ou des biens si elles sont perpétrées au
profit de l’ennemi
• Affectent les forces armées
• Visant, par les armes, à changer le régime ou à occuper une partie du territoire national
• Contre les systèmes d’information et de communication, les applications électroniques
et les sites cybernétiques relevant de la défense nationale ( art 3 de la loi ) .
• En temps de guerre les affaires relevant de la justice militaire sont renvoyées devant le
tribunal militaire qui tient ses audiences dans le site des opérations militaires.

• La victime d’une infraction militaire relevant de la justice militaire : admise à se constituer


partie civile devant le tribunal militaire en vue d’obtenir l’indemnisation du dommage
causé par cette infraction

• Le militaire qui commet une infraction ne ressemble pas au délinquant ordinaire.

• La motivation de son acte, sa matérialisation et ses buts ne reviennent presque jamais à la


haine, la cupidité, le profit, l’égoïsme et la bassesse crapuleuse en général.

• L’action délictueuse militaire s’explique en grande partie par des raisons engendrées par son
genre de vie spécial et par la doctrine sociopolitique dont il est convaincu.
• -Infraction terroriste : A la lecture du Dahir relatif à la lutte contre le
terrorisme au Maroc, on peut dégager deux idées maitresses :
• Le souci de se protéger contre toute forme de terrorisme ;
• Faire de cette loi un acte un acte déclaratif de la volonté de combattre le
terrorisme international dans ses formes nouvelles.
• Selon la loi 03-03 une infraction de terrorisme est « intentionnellement en
relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de
troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».
L’infraction :

• Peut représenter un seul individu ou un groupe organisé,

• Peut regrouper l’acte en lui-même, ou les moyens destinés à le mettre

en place. Elle relève d’atteintes volontaires à la vie, d’enlèvements, de

séquestrations, de détournement de moyens de transport, de

détentions d’armes et munitions, comme les armes biologiques etc…


Classification des infractions fondée sur leur mode matériel d’exécution

• on se réfère aux modalités d’exécution de l’infraction , à la durée de


temps utilisée, au nombre des répétions matérielles, à l’importance des
réalisations matérielles par rapport au résultat obtenu.

D’où les distinctions :

Infractions instantanées et infractions continues ;

Infractions simples, infractions d’habitude et infractions complexes ;

Infractions matérielles et infractions formelles.


Infractions instantanées et infractions continues :

infraction instantanée:

Exécutée dans un laps de temps court et bref: l’élément matériel s’effectue en un

instant, et se consomme en un trait de temps: le cas de la plupart des infractions

ex: le vol est instantané quelle que soit la durée réelle des opérations de

soustraction frauduleuse.
infraction continue :

▪ L’exécution s’étend sur une certaine durée, exprimant le maintien de la volonté

infractionnelle.

▪ Est dite successive : s’exprime par des actes de commission successifs , ex: le recel .

▪ La prescription de l’infraction continue ne court que si l’auteur de l’infraction continue

arrête ses agissements.

▪ L’infraction risque d’influencer sur la peine dans le sens d’une aggravation, exemple :

séquestration plus d’un mois.


Infractions simples, infractions d’habitudes et infractions complexes :

• La distinction réside au niveau de l’acte matériel qui a permis de commettre

l’infraction.

Selon les infractions:

• Sont commises à l’aide d’un seul acte matériel,

• tandis que d’autres sont commises à l’aide d’une pluralité d’actes.


• L’infraction complexe : la consommation suppose l’accomplissement
de deux actes de nature différente. Très rare, ex : le délit d’escroquerie
Le délit suppose:
▪ Une manœuvre frauduleuse, accomplie par l’escroc,
▪ La remise d’une chose à l’escroc par la victime.
▪ Le délai de prescription d’une infraction complexe commence à courir
à partir de la réalisation du dernier fait.
L’infraction d’habitude :la consommation exige l’accomplissement de

deux actes de même nature par une même personne.

• Ne sera consommée qu’au moment où le deuxième acte sera accompli.

• Ne pas confondre avec la récidive.

• La jurisprudence fixe l’habitude au nombre de deux actes successifs,

mais reste muette sur le délai qui doit séparer les actes.
• Le délai de la prescription de l’action publique doit normalement
commencer à courir à partir du jour où l’acte constitutif d’habitude
voit sa création.
• Seulement et comme il n’y a pas de détermination précise de la
durée de l’intervalle nécessaire entre les deux actes successifs, la
répression de l’infraction d’habitude devient plus sévère car elle
risque de ne jamais se prescrire.
• La compétence: la législation marocaine condamne les auteurs d’une
infraction d’habitude, et d’une infraction complexe, même si elles se
produisent dans un pays étranger. La mise en œuvre de cette
possibilité se révèle difficile: conventions relatives à la collaboration
internationale en matière de lutte contre la criminalité.
Infractions formelles et infractions matérielle :
• Elles supposent toutes les deux l’accomplissement d’un acte matériel.
• La différence : se base sur le critère du résultat de l’acte incriminé.
Une infraction matérielle : infraction dont la réalisation suppose un
dommage. On l’appelle aussi « infraction de résultat ».
Elle concrétise le délit au sens objectif classique ; c'est-à-dire, le
phénomène criminel qui ne se compose que d’un élément légal et d’un
comportement extérieur, sans avoir besoin d’un élément moral, d’une
intention coupable.
• L’infraction formelle: est consommée par le seul accomplissement de
l’acte incriminé, même s’il n’a commis aucun dommage. On parle aussi
« d’infraction de moyen »
• ex :
• L’empoisonnement est défini comme : un attentat à la vie par l’effet de
substances qui peuvent donner la mort et quelles qu’en aient été la
suite.
• Le délit de fabrication de fausses monnaies est constitué par le seul fait
de fabriquer de la fausse monnaie, sans qu’elle soit mise en circulation.
• La mise en danger d’autrui suppose pour être consommée le fait
d’exposer autrui à un risque immédiat de blessure ou de mort.
• Et contrairement à l’infraction matérielle qui concrétise le délit au
sens objectif classique, c'est-à-dire, le phénomène criminel qui ne se
compose que d’un élément légal et d’un comportement extérieur,
sans avoir besoin d’un élément moral, d’une intention coupable,
l’infraction formelle dégage plutôt la notion du délit subjectif au sens
étroit, où l’intention joue le rôle prédominant et où les premières
manifestations matérielles ne servent que pour la preuve de cette
intention et de la culpabilité.
L’infraction dans sa dimension criminologique :

Les criminologues envisagent le délit comme :

• un comportement antisocial lié à certains facteurs criminogènes ou

prédisposant

• ils proposent les moyens qu’ils jugent les plus appropriés pour lutter

contre le crime
• Les causes du crime ou facteurs prédisposants
• Les causes individuelles
• Les criminologues estiment que tant certains facteurs innés (hérédité, accidents
génétiques…) que certaines anomalies organiques ou physiques acquises
(démence, toxicomanie, syphilis, sida…) exercent une influence plus ou moins
importante sur la constitution de la personnalité et peuvent ébranler l’équilibre
psychique de l’individu et le prédisposer ainsi à des forfaits.
• Ex : D’après une étude du criminologue Allemand EXNER : sur 709 descendants et
descendantes d’une même famille, 202 étaient des prostituées, 192 des vagabonds
et 77 des délinquants condamnés pour différentes infractions.
• Les causes sociales

• Les criminologues soulignent que la personnalité de l’individu subit plus ou moins


considérablement l’influence de divers facteurs physiques (milieu naturel, conditions
climatiques et démographiques), familiaux, économiques, culturels…

• Ex : déjà au début du 19ème siècle, le belge QUETELET et le français GUERRY ont dégagé
leur fameuse « loi thermique de la criminalité » après avoir constaté que les crimes contre
les personnes sont plus nombreux en période d’été et dans les régions de forte chaleur
alors que les infractions contre les biens sont plus fréquentes en hiver ; que les suicides,
les avortements et les infanticides augmentent pendant le printemps et que les viols et
adultères se multiplient en été et en automne.
Les moyens de lutte contre le crime préconisés par les criminologues

• Politique de prévention appropriée : on retrouve les mesures générales de


prophylaxie sociale (ex : éclairage suffisant des rues pendant la nuit, lutte
contre la pauvreté et le chômage, éducation adéquate au sein des écoles…).
Les mesures de prévention individualisée (ex : internement psychiatrique des
malades mentaux ; cure de désintoxication pour toxicomanes…)

• Mesures de réaction diversifiées : A côté des peines, le législateur a prévu


des mesures de rééducation, de traitement, de réinsertion sociale et de
réparation… d’où le système d’individualisation de la sanction.
• Section II- Les éléments constitutifs de l’infraction pénale
• Garraud, définit l’infraction comme « un fait matériel prévu et puni par la
loi pénale, ne se justifiant ni par l’exercice d’un droit, ni par
l’accomplissement d’un devoir, et pouvant être imputé à son auteur ».
Selon cette conception :
• La nécessité d’une loi préalable ou l’élément légal,
• L’’exigence d’un fait concret ou l’élément matériel,
• L’impératif d’une imputabilité ou lien avec la psychologie de l’auteur, ou
l’élément moral,
• et l’absence d’une justification ou le caractère injuste de l’acte.
Tout fait quelconque suppose pour être juridiquement considéré comme

infraction pénale, trois conditions éléments communs à toutes les

infractions:

• Un élément légal (ou préalable légal)

• Un élément matériel

• Un élément moral
Elément légal ou préalable légal :

• Pour qu’une action ou une abstention soit punissable, il faut qu’elle soit

prévue et réprimée par un texte de loi. Il faut qu’il y ait une sanction

spécifique à une infraction déterminée. Nullum crimen, nulla poena

sine lege (pas d’infraction, pas de sanction pénale sans loi).


• C’est le principe de « la légalité des délits et des peines » introduit au
Maroc par le code pénal français de 1913.
• Consacré par l’article 10 du dahir du 2 juin de 1961, portant loi
fondamentale du Royaume
• Réaffirmé par les constitutions de 1962, 1970 et 1972, l’article 23 de la
constitution de 2011 et par l’article 3 du code pénal de 1962, aux termes
duquel : « Nul ne peut être condamné pour un fait qui n’est pas
expressément prévu comme infraction par la loi ni puni de peines que la loi
n’a pas édictées ». L’article 8 de ce code étend le principe même aux
mesures de sûreté.
• Garantie fondamentale contre l’injustice, l’arbitraire et l’inégalité,
cette règle figure en bonne place dans la Déclaration universelle des
droits de l’Homme de 1948 (art 11) et dans le pacte international
relatif aux droits civils et politiques de 1966 (art15). (Pacte signé et
ratifié par le Maroc).
• Ce principe s’impose d’une part au juge, en lui interdisant d’assimiler à
une infraction un fait qui ne correspond pas à ceux définis par les
textes. Et d’autre part, il s’impose au législateur, en l’obligeant à
édicter des lois claires et précises et lui interdit de conférer un effet
rétroactif à une loi pénale plus sévère que l’ancienne.
• Analyser la portée à trois niveaux : l’élaboration, la connaissance et

l’application) de la loi pénale.

• Portée de la règle de la légalité en ce qui concerne l’élaboration de


la loi pénale
• Pour qu’une infraction existe, il faut qu’un texte prévoie
:l’incrimination et la sanction.
• Il doit être écrit et facile d’accès pour permettre aux citoyens de savoir
ce qui est interdit et aux juges de disposer d’une base de référence
sûre et stable,
• Il doit être aussi clair et précis que possible afin d’être appliqué de
manière correcte. L’imprécision est source d’arbitraire.
• La légalité de l’incrimination : l’incrimination est le fait par le législateur de

dire que tel comportement est un comportement criminel, c’est la description

de l’acte incriminé.

• Seule la loi peut le faire. Cela veut dire que les éléments constitutifs de

l’infraction doivent être définis par la loi.

• Un acte qui n’est pas prévu par la loi comme criminel, ne peut pas constituer

une infraction.
• La légalité de la sanction : le législateur a le monopole dans la détermination de la

sanction, que celle-ci soit une peine ou une mesure de sureté.

• Il doit choisir une sanction adaptée au comportement qu’il entend interdire.

• la sanction doit être proportionnelle à la gravité du comportement. A défaut, on

échappera à l’arbitraire du juge mais on tombera dans l’arbitraire du législateur.


La règle de la légalité implique aussi:

• la nécessité d’édicter des règles de procédure,

• de mettre en place des tribunaux

• de nommer des organes judiciaires afin de permettre la poursuite et le

jugement des auteurs d’infractions pénales.


• Portée de la règle de la légalité en ce qui concerne la connaissance de la loi pénale

• Les citoyens ont intérêt à savoir ce qui est formellement défendu par la loi : Article 2

du C.P : « nul ne peut invoquer pour son excuse l’ignorance de la loi pénale ».

• La personne poursuivie pénalement ne peut dégager sa responsabilité et échapper à

la répression du fait qu’elle ignorait que l’acte dont elle est l’auteur est incriminé par la

loi.
• Portée de la règle de la légalité en ce qui concerne l’application de la
loi pénale
Le rôle du juge pénal
La règle de la légalité impose au juge pénal, en tant qu’organe
d’application de la loi, deux obligations essentielles :
• La qualification
• L’interprétation
• La qualification: le juge est amené à procéder pour toute affaire qui lui est

soumise à une double opération :

- Vérifier que le fait constitue bien une infraction pénale et qu’il correspond à l’une

des qualifications légales: qualification du fait (vol, meurtre, viol, escroquerie)

- Ranger l’infraction en fonction de sa gravité: crime, délit, contravention ; il doit

renvoyer à la compétence de la juridiction militaire s’il relève que l’infraction a

une nature militaire: qualification de l’infraction constituée par le fait


Ministère public: organe chargé de poursuite et de donner une

qualification aux fait de l’espèce.

- Sa qualification n’est pas obligatoirement celle anticipée par la police

judiciaire ou partie civile

- Il doit vérifier et soit la maintenir soit la modifier par une autre


• Importance de la qualification:
- Compétence juridictionnelle :
Délit et contravention: TPI;
Crimes : chambre criminelle de la C.A
- Prescription de l’action publique:
Contravention: 2 ans
Délit : 5 ans
Crime :20 ans
- L’instruction préparatoire:
Les crimes et certains délits visés par disposition spéciale: obligatoire
Certains crimes et délits déterminés: facultative
Ex: tentative: toujours punissable pour le crime, sur disposition expresse pour
le délit et jamais pour les contraventions
La complicité: punissable pour les crimes et délits
L’interprétation:
- Dégager le sens exact d’un texte peu clair
- Délimiter le champs d’application :
❑ juridique,
❑ temporel,
❑ spatial
• Texte clair: le juge doit s’en tenir à son sens, veiller à l’appliquer correctement , tout en

déterminant la portée au regard du cas concret qui lui est soumis

• Texte obscur : le juge ne peut raisonner par analogie ( appliquer un autre texte prévu pour

une hypothèse similaire: contraire règle de la légalité)

-S’en tenir strictement à la lettre du texte: conduire à des abus

-rechercher le sens voulu par le législateur: se référer aux travaux préparatoires, déceler

l’esprit général du texte en conformité avec le bon sens, voir le contexte de son adoption
• Le domaine d’application de la loi pénale:

- Dans le temps : principe de la non rétroactivité de la loi pénale

- Dans l’espace: principe de la territorialité des lois pénales


Dans le temps:

-Conflit entre nouvelle loi et celle en vigueur au moment de la commission de


l’infraction: principe de la non rétroactivité de la loi pénale ( art 6 Constitution, art 4
C.P)

Exceptions:

- Nouvelle loi moins rigoureuse que l’ancienne: peine moins sévère

- Nouvelle loi supprime l’incrimination d’un fait incriminé et puni par la loi antérieure

- Nouvelle loi traite une mesure de sûreté: qd ils visent le traitement, la rééducation, la
resocialisation des délinquants: favorables à l’inculpés
Dans l’espace :

Art 10 du C.P: « sont soumis à la loi pénale marocaine, tous ceux qui nationaux, étrangers ou
apatrides, se trouvent sur le territoire du Royaume, sauf les exceptions établies par le droit
public interne ou le droit internationale » : principe de la territorialité des lois pénales .

Exceptions:

- Agents diplomatiques accrédités au Maroc: immunité diplomatique, relèvent juridictions


pénales de leurs pays

- Infractions commises hors du Maroc par un étranger : crimes ou délits contre la sûreté de
l’Etat marocain, contrefaçons de monnaie ou de billets de banque , crime puni par la loi
marocaine et la victime est marocaine : on peut appliquer loi pénale marocaine si l’inculpé n’a
pas été jugé à l’étranger pour la même infraction, ou condamné, ou subi ou prescrit sa peine.
• Elément matériel: comportement externe par lequel se manifeste l’infraction

: un fait extérieur , un geste, une attitude dans un but contraire à la loi

• L’intention criminelle ou le projet délictuel ne sont pas des éléments

constitutifs de l’infraction

• L’activité matérielle constitutive d’infraction:

❑ Infraction consommée: résultat dommageable escompté ait été réalisé

❑ Infraction inachevée: agissements accomplis mais n’ait pu être réalisé


Infraction consommée: résultat dommageable
❑ Infraction de commission ou délit d’action: commettre un acte positif
interdit par la loi : tuer , voler, violer
❑ Infraction d’omission , délit d’inaction ou abstention: ne pas faire ce que la loi
commande: refus de témoigner, non révélation ou dénonciation d’un crime
aux autorités de police ou de justice , non déclaration d’une naissance
❑ Infraction instantanée : se réalise d’un seul trait , meurtre, vol
❑ Infraction continue ou successive: action ou omission se prolonge dans le
temps: séquestration, recel de choses volées
❑ Infraction d’occasion: constituée par un acte isolé, décliquant primaire ,
d’occasion
❑ Infraction d’habitude: suppose la répétition de plusieurs actes semblables:
mendicité, vagabondage; ne pas confondre avec récidive: commettre encore
une infraction pas obligatoirement semblable a celle sanctionnée ;
• Infraction inachevée:
- Infraction tentée mais non parvenue à exécution
- Infraction exécutée mais qui a manqué le résultat
escompté
• L’infraction tentée: tentative interrompue

Art 114 du C.P: « toute tentative de crime qui a été manifestée par un

commencement d’exécution ou par des actes non équivoques tendant

directement à la commettre, si elle n’a été suspendue ou si elle n’a manqué son

effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur, est

assimilée au crime consommé et réprimée comme tel »


Conditions tentatives punissable:
❑ Le commencement d’exécution: tout acte délibéré et non équivoque qui
conduit à l’infraction: casser le coffre fort d’autrui est considéré comme le
commencement d’exécution d’un vol
❑ Le désistement de l’agent : Quand le désistement est involontaire ( sirène de
police, s’est trompé de cible) , la tentative est punissable
- Quand le désistement après avoir commencé l’exécution est volontaire , la
tentative n’est pas punissable s’il intervient avant la consommation de
l’infraction;
- on peut distinguer :
- Remords tardif : regretter et réprouver sa conduit criminelle
- Repentir actif: dispenser des soins à la victime après l’avoir blessée
❑ L’intention coupable : la recherche de l’intention coupable permet de
déterminer la nature de l’infraction : passer la main dans les vêtement d’une
femme, tentative de vol, ou attentat à la pudeur, des attouchements ?
La répression de la tentative:

Tentative de crime : toujours punissable Art 114 C.P


Tentative de contravention: jamais punissable Art 116 C.P
Tentative de délit : punissable en vertu d’une disposition spéciale de la loi
ART 115 :
- Tentative vol Art 539
- Tentative d’escroquerie Art 546
- Tentative d’avortement Art 449
- Tentative d’enlèvement d’une femme mariée Art 494
En l’absence de disposition spéciale, la tentative d’abus de confiance, ou de
prostitution n’est pas punissable
L’infraction exécutée mais manquée :

• L’agent exécute tous les actes de l’infraction mais le résultat recherché ne se produit

pas . Ex: tiré le coup de feu mais a raté la cible par maladresse ; tiré un coup de feu sur

une personne déjà morte : infraction impossible ,

• L’infraction, manquée est assimilée à la tentative , obéit au même régime de

répression Art 117 C.P


L’élément moral :

Tout acte interdit par la loi n’est punissable que s’il est l’œuvre de la volonté de celui qui le

commet.

Il se présente différemment:

❑ Dans les infractions intentionnelles

❑ Dans les infractions non intentionnelles


Dans les infractions intentionnelles :

-La conception classique: l’intention est la volonté consciente d’accomplir un acte interdit par
la loi pénale;

-La conception positiviste: l’acte n’est punissable que s’il a été voulu dans un but anti- social ,
le juge doit tenir compte des motifs qui ont poussé le délinquant à commettre l’infraction .

-Maroc: adopte conception classique: le mobile qui a conduit à vouloir l’infraction n’a aucune
influence sur son existence ni sur sa répression ; ex: en cas de meurtre c’est la même peine
qu’on applique , la réclusion perpétuelle ou la peine de mort.

Dans la pratique, le juge peut tenir compte du mobile dans la mesure de la peine : use de son
pouvoir d’atténuation ou d’aggravation de la peine
Dans les infractions non intentionnelles :

- Faute pénale :L’élément moral : simple faute d’imprudence,

d’inattention, de négligence : ex: homicide ou blessures in volontaires ;

- Faute contraventionnelle : violation d’une prescription légale et

réglementaire. Peu importe si la violation ait été commise

volontairement ou par imprudence ou de bonne foi juste par ignorance.


Chapitre 2: La responsabilité pénale
• Toute personne qui commet une infraction pénale engage sa
responsabilité pénale ce qui engendre une sanction.

• Quelles sont les conditions de cette responsabilité au regard de l’auteur


( personne physique ou morale ) de l’infraction envisagé par la loi
pénale? Responsabilité du complice ?

• Quelles sont les causes particulières qui peuvent dégager ou atténuer la


responsabilité pénale ?
Section 1: La personne responsable
La personne responsable:

▪ L’auteur de l’infraction, celui qui a commis personnellement l’infraction

▪ Celui qui a tenté de la commettre sans parvenir au résultat voulu

▪ Celui qui a participé indirectement à l’infraction: le complice


I- L’auteur de l’infraction :
• Une personne physique, auteur de l’infraction

• Personne morale, un groupement d’individus qui peuvent

commettre des infractions et engager pénalement leur

responsabilité pénale: une société commerciale, une association ou

un syndicat
Les personnes physiques
Article 132 du C.P: « toute personne saine d’esprit et capable de discernement est
personnellement responsable :

• Des infractions qu’elle commet

• Des crimes ou délits dont elle se rend complice

• Des tentatives de crimes

• Des tentatives de certains délits qu’elle réalise dans les conditions prévues par la loi.

Il n’est dérogé à ce principe que lorsque la loi en dispose autrement »


Toutes personne qui commet un acte anti- social réprimé par la loi pénale engage sa
responsabilité pénale :
▪ Qu’elle est ait matériellement exécuté seule l’acte délictueux
▪ Ait agi avec d’autre individus : auteur principal ou coauteur
▪ Contribuant indirectement à sa commission: complice
▪ Auteur intellectuel ou moral: l’instigation ou la planification
Que l’infraction:
• Soit consommée et le résultat escompté soit réalisé
• Soit seulement tentée sans pouvoir achever son forfait
Les personnes morales:
• Toute personne physique , en tant qu' organe ou représentant d’une
personne morale, qui commet une infraction pénale dans l’exercice de
ses fonctions engage sa responsabilité pénale et peut être poursuivie et
condamnée personnellement.

Peut- on retenir , parallèlement à cette responsabilité individuelle, celle de


la personne morale lorsqu’elle est impliquée?

Peut- on la considérer comme auteur, coauteur ou complice?


Au niveau doctrinal:
• Responsabilité longtemps rejetée: seule une personne physique dotée de

volonté et d’intelligence peut envisager et commettre une infraction par

conséquent subir une sanction pénale

• Admettre : personne morale est une entité douée de volonté collective

propre, distincte de celle de ses membres , s’exprime : délibérations ,

décisions des assemblées générales d’associés ,et conseils d’administration


La personne morale peut:
▪ Enfreindre la loi pénale par certains actes : engager sa
responsabilité

▪ Être condamnée à des sanctions de différentes gravités :


❖ L’amende
❖ La confiscation
❖ La fermeture temporaire de l’établissement ( peine
d’emprisonnement)
❖ La dissolution ( peine de mort )
Au niveau du droit positif : art 127 C.P
• Les personnes morales peuvent commettre des infractions et engager leur responsabilité pénale

• Ne peuvent être condamnées qu’à des peines pécuniaires et aux peines accessoires: la

confiscation partielle des biens appartenant à la personne morale, sa dissolution, publication de

la décision de condamnation

• Peuvent être soumises à des mesures de sûreté réelle: confiscation des objets ayant un rapport

avec l’infraction, les objets nuisibles ou dangereux ou dont la possession est illicite, fermeture de

l’établissement lieu de l’infraction


II- Le complice :
• Il ne s’associe à la préparation ou à l’exécution de l’infraction que
d’une façon indirecte ou accessoire: donnant des instructions,
dispensant une assistance, fournissant des moyens …

• A ne pas confondre avec coauteur qui participe d’une façon directe


à l’exécution matérielle de l’infraction
• Art 129 du C.P: « sont considérés comme complice d’une infraction qualifiée crime
ou délit ceux qui, sans participation directe à cette infraction, ont:
1. - Par dons, promesses, menaces, abus d’autorité ou de savoir, machinations ou
artifices coupables, provoqué à cette action ou donné des instructions pour la
commettre;
2. Procuré des armes, des instruments ou tout autre moyen qui aura servi à
l’action sachant qu’ils devaient y servir;
3. Avec connaissance, aidé ou assisté l’auteur ou les auteurs de l’action dans les
faits qui l’ont préparée ou facilitée;
4. En connaissance de leur conduite criminelle, habituellement fourni logement,
lieu de retraite ou de réunion à un ou plusieurs malfaiteurs exerçant des
brigandages ou des violences contre la sûreté de l’Etat, la paix publique, les
personnes ou les propriétés… »
Cas spécifiques de complicité:

▪ Art 19: pour les crimes et délits contre la sûreté extérieure de l’Etat

▪ Art 295: pour la complicité au moyen de l’aide ou l’assistance à une

association ou entente de malfaiteurs


Au niveau doctrinal :
Deux conceptions de la complicité s’opposent :

▪ positivistes et auteurs contemporains: le complice est puni en fonction de sa


propre criminalité , sans référence à l’auteur principal de l’infraction

▪ Autres pénalistes: le complice doit être puni par référence à la criminalité de


l’auteur principal , sa peine doit donc être semblable à celle de l’auteur:
thèse de la criminalité d’emprunt ( adoptée par le législateur marocain)
Les conditions de la complicité punissable: l’
élément légal : incrimination du fait principal
• Art 129 du C.P: pour qu’il y ait complicité punissable, il faut que le fait
principal doit prévu et puni comme infraction qualifiée crime ou délit.
• Le complice ne peut être déclaré responsable et puni:
• Si le fait commis par l’auteur principal n’est pas incriminé par la loi pénale
• Si l’auteur matériel ne peut pas être puni en raison d’une cause objective de
non responsabilité ou de suppression de l’infraction
• Lorsque l’auteur principal bénéficie d’une amnistie ( effacement de
l’infraction et suppression de tous ses effets)
Précisions :
• Pas nécessaire que l’auteur principal soit poursuivi et condamné pour que le complice

soit puni. Il suffit que le fait soit punissable: auteur décède, prend la fuite, inconnu.

• Auteur principal bénéficie d’une cause personnelle d’absolution ou de non

punissabilité: démence, minorité ( causes subjectives de suppression ou d’atténuation

de la responsabilité) , le complice demeure punissable même si son rôle était que la

détermination de l’auteur à commettre l’infraction


Précisions :
• Quand la tentative d’infraction ( fait principal ) est punissable, le complice est

passible de poursuite et de sanction

• La simple tentative de complicité n’est pas punissable: la loi pénale est

d’interprétation restrictive ,réprime la complicité et non la tentative de

complicité.
• Cas particuliers:

• Art 534: Complicité dans un vol entre époux ou vol commis par un
ascendant au préjudice d’un descendant : conjoint ou ascendant ne
sont pas punissables, le complice peut être poursuivi et puni

• Art 407: « quiconque sciemment aide une personne dans les faits qui
préparent ou facilitent son suicide, ou fournit les armes, poison ou
instruments destinés au suicide sachant qu’ils doivent y servir, est puni,
si le suicide est réalisé, de l’emprisonnement d’un à cinq ans »
• Cas particuliers:

• Art 406: « les chefs, auteurs, instigateurs, provocateurs de la rixe,


rébellion ou réunion séditieuse sont punis comme s’ils avaient
personnellement commis lesdites violences » : les participants à une
même infraction sont poursuivis et jugés comme coauteurs et non
complices ( insurrection ou révolte concertée contre l’autorité
publique)

• Art 294: participants à la constitution d’une association ou entente de


malfaiteurs
• Cas particuliers:

• Art 301 et 302: rébellion commise en réunion de deux ou plusieurs


personnes

• Art 171 et 205: bandes armées…

• Art 297 et 571 : Recel d’ objets volés, détournés ou obtenus à l’aide


d’un crime ou d’un délit, est considéré comme une infraction distincte
et non comme acte de complicité
L’élément matériel de l’acte de complicité
• La complicité doit se manifester par un acte positif , non pas par un acte de

participation quelconque pour qu’elle soit punissable: pas de complicité par omission

• Celui qui assiste passivement à une infraction ne peut être condamné pour complicité

• Il peut être poursuivi comme auteur sur la base d’autres incriminations : non

assistance à personne en danger, non révélation d’attentat contre la sûreté de l’Etat


L’élément matériel de la complicité peut être constitué par:

▪ Des actes antérieurs à l’infraction: donner des instructions , fournir le plan


ou la logistique

▪ Des actes concomitants: faire le guet

• Actes postérieurs: effacement des traces de l’infraction, organisation de la


fuite des auteurs, l’auteur n’est pas poursuivi comme complice (Art 129)
mais peut être jugé et puni comme auteur d’infraction sur la base
d’incrimination spécifique : aide à la fuite (art 297) , non révélation de crime
consommé ou tenté ( art 299)
L’élément moral: l’intention coupable
• Pour déclarer une personne complice, et qu’elle encoure les peines prévues

à cet égard par la loi, elle doit avoir contribué à la commission de l’acte

délictueux en connaissance de cause : personne qui a prêté un fusil de

chasse utilisé pour un meurtre

• L’exigence de l’intention criminelle: la complicité par imprudence ou par

négligence n’existe pas .


• Complice qui pensait que l’infraction devait être moins grave: vol qui a dégénéré

en meurtre d’une personne

• On applique la règle régissant le cumul d’infraction

• Conformément au système de la criminalité d’emprunt, le complice reste passible

de la même peine que celle de l’auteur principal pour l’infraction la plus grave : le

meurtre

• Le complice doit évaluer tous les risques et les imprévus auxquels l’expose sa

participation délictueuse et devrait, dons en supporter toutes les conséquences.


La sanction de la complicité :
• La complicité n’est punissable quand le fait principal est qualifié de
crime ou de délit
• La complicité n’est jamais punissable en matière de contravention
• Sanction applicable au complice : art 130 DU C.P : système de la
criminalité d’emprunt « le complice d’un crime ou d’un délit est
punissable de la peine réprimant ce crime ou ce délit »
Deux précisions dans le même texte :
• « les circonstances personnelles d’où résulte aggravation, atténuation, ou

exemption de peine, n’ont d’effet qu’à l’égard du seul participant auquel

elles se rapportent ».

Ex: cas de viol d’une parente par l’auteur principal, le complice qui a prêté

en connaissance de cause l’appartement où s’est produit le crime, ne verra

pas sa peine aggravée comme ce sera le cas pour l’auteur principal.


« les circonstances objectives inhérentes à l’infraction qui aggravent ou diminuent la

peine, même si elles ne sont pas connues de tous ceux qui ont participé à cette

infraction, ont effet à leur charge ou en leur faveur ».

Ex: -cas de vol commis de nuit, le complice, tout comme l’auteur principal, verra sa

peine aggravée.

- Cas de meurtre commis avec préméditation ou guet-apens, le complice est

punissable, tout comme l’auteur principal, du chef d’assassinat ( passible de la peine

de mort) et non du meurtre simple ( passible de la réclusion perpétuelle).


Art 397 al 2 du CP :
• La mère auteur principal ou complice du meurtre ou de l’assassinat de

son enfant nouveau-né ( infanticide ) subit toujours une peine moins

grave que celle de son coparticipant: si la mère est complice, elle est

moins sévèrement punie que le complice.


• La règle selon laquelle le complice d’ un crime ou d’un délit encourt la peine prévue pour ce

crime ou ce délit ( Art 130) ne signifie pas que le complice se voit appliquer strictement et

systématiquement la même peine prononcée contre l’auteur principal. Dans la réalité, par

le jeu , des circonstances atténuantes ou aggravantes et des causes personnelles

d’exemption , compte tenu de la marge de manœuvre du minimum et du maximum de la

peine prévue par la loi, les tribunaux condamnent souvent l’auteur principal et le complice

à des peines de gravités différentes dans un souci d’ individualisation .


Section II: Les clauses d’exclusion ou d’atténuation
de la responsabilité
• L’auteur de l’infraction, l’auteur qui a tenté l’infraction et le complice :
pas systématiquement condamnés à la peine prévue par la loi du seul
fait que l’infraction a été consommée ou tentée: jugés responsables par
la juridiction pénale compétente.
• Des cas où la responsabilité:
Écartée
Atténuée
• Causes prévues par le code pénal d’exclusion ou d’atténuation de la
responsabilité :
Objectives
Subjectives
I- Les clauses objectives de non
responsabilité
• Clauses prévues par C.P , chapitre IV du livre 1er : « des faits justificatifs

qui suppriment l’infraction »

• Qu’en est-il des cas de consentement de la victime de l’infraction?


I- Les faits justificatifs
• Des faits qui suppriment l’infraction;
• Art 124: « il n’y a ni crime ni délit ni contravention :
1. Lorsque le fait était ordonné par la loi et commandé par l’autorité
légitime;
2. Lorsque l’auteur a été matériellement forcé d’accomplir ou a été
matériellement placé dans l’impossibilité d’éviter l’infraction par un
événement provenant d’une cause étrangère auquel il n’a pu résister;
3. Lorsque l’infraction était commandée par la nécessité actuelle de la
légitime défense de soi-même ou d’autrui ou d’un bien appartenant à
soi-même ou à autrui, pourvu que la défense soit proportionnée à la
gravité de l’agression »
A- l’ordre de la loi et le commandement de
l’autorité légitime
• Certaines hypothèses particulières et sous conditions déterminées, la loi
ordonne ou autorise la commission de certains faits normalement interdit et
punis par elle;

• Ex: la violation du secret professionnel par les médecins constitue en principe


une infraction punissable. Selon l’art 446 du CP, leur responsabilité pénale
n’est pas retenue lorsque c’est la loi elle-même qui les oblige ou autorise à
divulguer des secrets : appelés à témoigner en justice.
• Ex: la séquestration d’une personne ou la violation de son domicile,
normalement des faits illicites punis par la loi;

• L’officier de police judiciaire est autorisé, pour les besoins de son enquête à
garder à vue un suspect pour une durée déterminée ( détenir dans les locaux
de la police ou de la gendarmerie) art 66 du CPP;

• Il est également autorisé, sous conditions déterminées, à s’introduire dans


le domicile d’un suspect pour y procéder à une perquisition ( art 59 CPP)
• Ex: il n’est pas responsable l’autorité qui obtempère au commandement reçu
d’exécuter une condamnation à mort suite à la sentence rendue par la
juridiction compétente.
• Le soldat en état de guerre, tue ou blesse un militaire ennemi dans le respect
des règles du droit international humanitaire.
Précision: art 124 -1° :
Le commandement ou l’ordre exécuté ne peut être considéré comme un fait
justificatif supprimant l’infraction, qu’à la double condition qu’il émane d’une
autorité légitime et conformément à la loi ( théorie de l’obeissance raisonnée :
baïonnettes intelligentes )
B- l’état de nécessité ou de contrainte
• Art 124-2° : l’auteur d’une infraction commise sous la nécessité ou la
contrainte d’une cause étrangère et irrésistible, n’est pas pénalement
responsable. Ex:

• L’agent se trouve réellement obligé de commettre l’infraction pour éviter un


mal au moins de valeur égale qui le menaçait ou menaçait autrui: obligé de
sacrifier un bien pour sauvegarder un autre : médecin qui sacrifie l’enfant à
naitre pour sauver la mère enceinte en procèdant à un avortement. Art 453
avortement thérapeutique
• La contrainte: la situation dans laquelle l’agent n’a pas d’alternative et
se trouve matériellement forcé de commettre l’infraction. Il est
dépourvu de sa liberté d’action et donc dans l’impossibilité d’éviter
l’infraction ex: art 480 CP

• Père de famille incarcéré en prison , se trouve dans l’impossibilité


physique et matérielle de verser à l’échéance à son conjoint, ses
ascendants ou ses descendants la pension alimentaire fixée
judiciairement
• Art 124-2°: pour constituer un fait justificatif supprimant la

responsabilité pénale de l’agent, la contrainte ( comme l’état de

nécessité) doit être consécutive à un événement provenant d’une cause

étrangère et irrésistible .

• Ce qui exclut du bénéfice de l’irresponsabilité la contrainte psychologique

ex: état passionnel ou émotif ( art 137 CP )


C- La légitime défense
• Art 124-3° : lorsqu’une personne commet une infraction ( tue, blesse ,
assène des coups) pour se défendre, défendre autrui, défendre ses
biens, ou ceux d’autrui contre une agression injuste et imminente, elle
est en droit de se prévaloir d’un état de légitime défense pour justifier
l’infraction et bénéficier de l’irresponsabilité .

• Quelles sont les conditions nécessaires pour le bénéfice de la légitime


défense ? Qu’en est-il de la preuve ?
Les conditions de la légitime défense
• Peu importe , que l’agression contre laquelle on se défend, vise la personne
du défenseur ou ses biens ou la personne d’autrui ou ses bien: elle doit être
imminente et injuste

• Imminente: présente un danger immédiat. La riposte à une attaque


passée et qui a cessé est une vengeance privée;

• Injuste: l’agression n’est pas fondée en droit et n’est ni ordonnée ni


autorisée par la loi: cas de riposte par la commission d’une infraction lors
d’une arrestation ou une perquisition effectuée par la police judiciaire
Les conditions de la légitimité de la défense :

Nécessaire: constituer la seule possibilité pour faire face à l’agression .


( pas de possibilité d’alerter la police ou de prendre la fuite )

Proportionnée à la gravité de l’attaque: il ne faut pas que la riposte


soit démesurée par rapport à la gravité de l’agression; l’appréciation de
la proportionnalité étant une question de fait relevant du pouvoir du
tribunal ( pas de légitime défense lorsque l’agent a tué celui qui l’a giflé
ou l’a menacé oralement)
La preuve de la légitime défense :
• La règle: c’est au ministère public qu’incombe la charge de la preuve
de la culpabilité de tout auteur d’infraction;

• La pratique judiciaire: celui qui se prévaut d’un cas de légitime


défense d’en rapporter la preuve en démontrant la réunion de toutes
les conditions requises par la loi .
• Deux cas particuliers dérogent à cette solution ; la légitime défense est

présumée et l’agent déchargé du fardeau de la preuve . Il est considéré

comme ayant agi en état de légitime défense jusqu’à preuve du

contraire : le ministère public parvienne à démontrer que les conditions

de la légitime défense ne sont pas réunies.


• Art 125 : « sont présumés accomplis dans un cas de nécessité actuelle
de légitime défense:

1°- L’homicide commis, les blessures faites ou les coups portés, en


repoussant pendant la nuit, l’escalade ou l’effraction des clôtures,
murs ou entrée d’une maison ou d’un appartement habité ou de leurs
dépendances

2°- L’infraction commise en défendant soi-même ou autrui contre


l’auteur de vols ou de pillages exécutés avec violence »
II- La question du consentement de la victime
Est-ce que le consentement de la victime constitue un fait justificatif
supprimant l’infraction commise et excluant la responsabilité pénale
de l’auteur ?
• Responsabilité civile: le souci est de protéger les intérêts privés, le
consentement de la victime a un effet exonératoire

• Responsabilité pénale: préoccupation de réprimer les atteintes à


l’ordre public , le consentement ne constitue pas une cause de
justification ex: celui qui tue une personne sur sa demande ou par
pitié pour elle en vue d’abréger ses souffrances ( euthanasie) n’en
demeure pas moins coupable d’assassinat ( meurtre avec
préméditation ) et passible de la peine de mort;
Exceptions où le consentement de la victime dégage l’auteur de
l’infraction de sa responsabilité pénale:
▪ Les infractions dont les éléments constitutifs : l’emploi de la fraude
ou de la violence. Le consentement libre et conscient de la victime
supprime l’infraction: pas de séquestration arbitraire si la personne a
acquiescé à sa détention, pas de viol si la femme est consentante;
▪ Sports collectifs : morts ou blessures suite à un jeu par un des
participants sur un autre ne donnent pas lieu à responsabilité pénale de
l’agent lorsque les règles du jeu ont été respectées et qu’il n’y a pas
d’imprudence.
• Pratique médicale: pas d’homicide punissable , suite au
consentement du malade ou de sa famille, le chirurgien a effectué
en bon praticien (pas d’imprudence, pas de négligence) une
opération au cours de laquelle le malade est décédé. Cas aussi du
chirurgien esthétique pour les blessures occasionnés lors d’une
opération esthétique effectuée dans les règles de l’art et avec
l’accord du patient
Les causes subjectives d’exclusion ou d’atténuation
de la responsabilité
• Causes inhérentes à la personne de l’auteur de l’infraction.

• Elles supprime, atténue sa responsabilité sans légitimer l’acte commis ni en


supprimer l’élément délictueux .

• Telles que prévues par le code pénal :

La minorité

Altération des facultés mentales

La contrainte et l’erreur
La contrainte :
• Envisagée comme fait justificatif supprimant l’infraction par le C.P

• Elle doit provenir d’une cause étrangère et irrésistible, l’agent est

matériellement placé dans l’impossibilité d’éviter l’infraction

• Est exclut la contrainte d’ordre moral ou psychologique : ne peut ni

supprimer , ni diminuer la responsabilité de l’agent .


L’erreur:
• Erreur de droit: porte sur l’existence ou l’interprétation d’une
disposition pénale, n’exerce aucune influence sur la responsabilité
pénale . Art 2 du C.P: « nul ne peut invoquer pour son excuse
l’ignorance de la loi pénale » . L’agent est punissable même s’il
ignorait que son fait est incriminé .
L’erreur:
• Erreur de fait: porte sur une circonstance matérielle de l’infraction . Elle ne peut
avoir effet sur responsabilité pénale que dans des circonstances particulières ;

- L’effet ne porte pas sur l’imputabilité ou la punissabilité de l’auteur , mais sur la


qualification de l’infraction ex: chasseur qui visant un sanglier tue par erreur un
autre chasseur , est coupable d’homicide par imprudence te non d’assassinat

- Pas d’influence sur la qualification lorsque l’agent s’est trompé de victime. Il reste
coupable de meurtre ou d’assassinat vu que l’intention coupable existe .
La minorité :
• Vu les considérations juridiques et criminologiques liées au problème de le

délinquance des adolescents

• Vu que les personnes n’acquièrent pas la constitution physique et le

discernement de l’adulte au même âge

• La détermination de l’âge à partir duquel l’individu est responsable

pénalement de ses actes est très important


• Pas de ligne étanche de démarcation entre l'âge de l’irresponsabilité et celui de la

responsabilité en droit positif

• Art 138 à 140 du C.P et Art 458 et suivants du C.P.P: même si la majorité pénale est fixée à l’

âge de 18 ans révolus, ce n’est qu’un principe qui comporte des tailles : trois situations à

distinguer:

✔ Jusqu’à l’âge de 12 ans

✔ Mineur de + 12 ans et – de 18 ans

✔ Majorité pénale 18 ans révolus


Jusqu’à l’âge de 12 ans :
• Enfant auteur d’infraction est totalement irresponsable pour absence de
discernement : absolution ou responsabilité absolutoire
• Contravention: Art 468 al 3 du C.P.P : l’enfant fait objet de la mesure de
protection: le remettre à ses parents , cas échéant , son tuteur, son kafil ou
personne ou institution chargé de son entretien .
• Délit: art 480 al 2 et 3 du C.P.P : l’enfant est averti par le tribunal et remis aux
personnes ou institutions concernés,
- Peut être placé sous régime de liberté surveillée pour une durée déterminée qui
ne peut dépasser la date à laquelle le mineur atteint l’âge de 18 ans
• Crimes: article 481 du C.P.P : l’enfant peut faire l’objet d’une ou de plusieurs mesures

de protection ou d’éducation :

- Remise aux personnes ou institutions susvisées

- Mise sous le régime de liberté surveillée

- Placement dans un centre ou institution d’éducation , de formation , d’assistance ou

de cure….

- La durée de ces mesures ne peut dépasser la date à laquelle le mineur atteint ses 18

ans .
Mineur : + de 12 ans – de 18 ans
• Mineur partiellement irresponsable pour insuffisance de discernement .
• Contravention : art 468 al 2 du CPP: admonestation, blâme ou réprimande
sévère , soit condamné à la peine d’amende ;
• Délit ou crime : selon l’appréciation du tribunal :
- Soit exempté de la peine et faire l’objet de mesures de protection ou d’
éducation
- Soit être condamné à une peine privative de liberté ou amende , plus possibilité
d’adjoindre une ou plusieurs mesures de protection, de traitement ou d’
éducation
- La peine d’un mineur est atténuée d’office par rapport à la peine prévue pour
l’infraction considérée : excuse atténuante de minorité . Ex: infraction passible
de peine de mort , réclusion perpétuelle ou de 30 ans , pour le mineur c’est 10 à
15 ans . Le maximum et le minimum prévus par la loi sont réduit de moitié.
Délinquant + de 18 ans : majorité pénale
• Il est pleinement responsable

• On applique régime de responsabilité pénale des adultes

• Tribunal prend en considération l’âge de l’agent au jour de la commission

de l’infraction et non celui de sa comparution en justice


L’altération des facultés mentales
• Selon sa gravité au moment de la commission de l’infraction , constitue:

- Une cause d’irresponsabilité ou d’absolution

- Une cause d’atténuation légale de la responsabilité


L’irresponsabilité absolutoire :
• Art 134 du C.P: « n’est pas responsable et dois être absous, celui qui au moment

des faits qui lui sont imputés, se trouvait, par suite de troubles de ses facultés

mentales dans l’impossibilité de comprendre et de vouloir… ».

• L’agent est déclaré irresponsable pour trouble mental grave ( démence)

• Il est reconnu auteur de l’infraction mais bénéficie d’une exemption totale de la

peine.
L’irresponsabilité absolutoire :
• Art 76 Du C.P: deux mesures adossée à cette disposition:

- Médico-légal: le juge va recourir préalablement à une expertise psychiatrique pour

s’assurer de l’existence du trouble mental et de son degré de gravité au moment de

l’infraction

- Médico- criminologique: le juge ordonne l’hospitalisation psychiatrique si les troubles

mentaux subsistent chez l’auteur d’un crime ou d’un délit . Mesure pour préserver les

proches et la société contre le danger virtuel présenté par le malade et son traitement.
• Simple contravention: l’auteur dangereux pour l’ordre public , reconnus absous, remis

à l’autorité administrative locale : décidera de son sort dans les conditions relatifs à la

prévention et au traitement des maladies mentales et à la protection des malades

mentaux ( dahir 30 Avril 1959)

• Le bénéfice de l’irresponsabilité subordonné à une double condition:

- L’agent devait être en proie à des troubles mentaux au moment des faits qui lui sont

imputés

- Troubles profonds , impossibilité de comprendre et de vouloir


• Art 137 du C.P: « l’ivresse , les états passionnels ou émotifs ou ceux

résultant de l’emploi de substances stupéfiantes ne peuvent, en aucun

cas, exclure ou diminuer la responsabilité »

• Les troubles mentaux ne doivent pas être la conséquence d’une faute

de l’agent: consommation drogue, alcool….


L’irresponsabilité partielle :
• Art 135: « est partiellement irresponsable celui qui, au moment où il a commis l’infraction, se
trouvait atteint d’un affaiblissement de se facultés mentales de nature à réduire sa
compréhension ou sa volonté et entraînant une diminution partielle de sa responsabilité… ».

• Lorsque le tribunal estime, suite à une expertise psychiatrique ordonnée par ses soins , que
l’auteur était au moment de l’infraction atteint de déficience mentale de nature à réduire son
discernement il doit:

- Le déclarer partiellement irresponsable

- Prononcer la peine atténuée et ordonner s’il y a lieu son hospitalisation dans un établissement
psychiatrique préalablement à l’exécution de la peine privative de liberté
• L’hospitalisation s’impute sur la durée de la peine

• Système d’irresponsabilité partielle remis en cause par la doctrine: « le guérir

d’abord pour le châtier ensuite » , lui faire subir la peine privative de liberté

après l’avoir soigné c’est le prédisposer pour une chute inéluctable doublée

d’une aggravation de son agressivité anti sociale.

• Préjudiciable à sa santé, à sa réadaptation sociale et dangereux pour l’ordre

public
• Appel à une approche nouvelle pour protéger le malade mental délinquant tout en
préservant l’ordre social et la sécurité publique

• Reforme préconisée par la doctrine de la défense sociale :

- Placer l’inculpé (reconnu atteint d’altération mentale au moment du fait délictueux )


dans un établissement de défense sociale

- Le soumettre à un traitement médico-répressif pour son amélioration mentale, sa


rééducation morale et sa réadaptation sociale.

- Mesure s’exécute dans un établissement spécial non pas pénitentiaire

- La durée n’est pas proportionnée à la gravité de l’infraction ,

- peut être remplacée par une autre mesure de mise à l’épreuve surveillée spéciale si les
objectifs susvisés seront mieux assurés par le maintiende l’auteur en liberté .
Chapitre 3 : La réaction pénale
La réaction pénale: réaction sociale ou sanction pénale:
• Peine à triple fonction: rétribution, intimidation et réadaptation
• Mesure de sûreté à triple finalité: prévention , traitement et resocialisation
• Corollaire naturel de la responsabilité pénale: s’applique à l’inculpé reconnu
coupable et condamné par un jugement
• Mesure de sureté: liée à la commission de l’infraction et la dangerosité de
l’auteur même déclaré irresponsable: mineur, dément restent passibles de
mesures de sûreté.
Les peines et mesures de sûreté:

• Diverses , selon degré de sévérité et buts recherché

• A l’appréciation du juge selon la marge de manœuvres accordée par la loi

• Il doit préciser dans chaque cas individuel la mesure de la sa,ction applicable:

individualisation de la peine

• Cas ou la sanction peut être suspendue ou éteinte par des causes déterminées

dont certaines entraînent même l’effacement totale de la condamnation


Section 1: Formes et mesure de la sanction
Les formes de la sanction :

• Les peines

• Les mesures de sûreté

Caractères communs:

• Légales

• Egales pour tous les délinquants : sans distinction de classe , sexe, conditions (sous réserve
respect règle d’individualisation de la sanction )

• Personnelles: s’applique au seul coupable, ne pas atteindre personne étrangères à l’infraction

Distinction:

Nature et finalités
I- Les peines:
Châtiment infligé au coupable pour:

• Le punir de la faute commise: rétribution

• L’intimider pour ne plus commettre d’infractions

• Dissuader d’autres éventuels délinquants

• Réadaptation et sa resocialisation après avoir purgé sa peine


• Diversité des peines : plusieurs classifications

Code pénal distingue:

• Les peines principales:

✔ Les peines criminelles principales

✔ Les peines délictuelles principales

✔ Les peines contraventionnelles principales

• Les peines accessoires


Les peines principales:
• Art 14 du C.P: les peines « sont principales lorsqu’elles peuvent être

prononcées sans être adjointes à une aucune autres peine »

• Art 15 : « les peines principales sont criminelles, délictuelles ou

contraventionnelles »
Les peines criminelles principales :
• La mort ou peine capitale: unique peine corporelle, abolie par plusieurs législations

étrangères

• Les réclusions perpétuelles ou temporaires de 5 à 30 ans

• La résidence forcée ou assignation à domicile : peine restrictive de libérté

• La dégradation civique: peine privative de droits liés ordinairement à la citoyenneté:

droit d’exercer des fonctions, emplois publics, d’être électeur ou éligible, de servir dans

l’armée, de témoigner…
Les peines délictuelles principales:

• L’emprisonnement: 1 mois au moins et 5 ans au plus

• Amende de plus de 1200 DH

Les peines contraventionnelles principales:

• La détention de moins d’un mois

• L’amende de 30 à 1200 DH
Les peines accessoires:
• Art 14 al 2: les peines qui ne peuvent être infligées séparément d’une peine
principale ou qui en sont la conséquence
• Art 36 à 48 du C.P:
- l’interdiction légale: interdiction d’exercer les droits patrimoniaux durant
l’exécution de la peine principale
- Dégradation civique
- Suspension de l’exercice de certains droits civiques, civils ou de famille
- La perte ou la suspension du droit aux pensions servies par l’Etat
- La confiscation partielle de biens appartenant au condamné
- La dissolution de la personne juridique
- La publication de la décision de condamnation
II- Les mesures de sûreté
• Imposées à des individus dans un souci de prévention et non pas répressif

• Sont prononcées: isolément ou accessoirement à une peine

• Mises en application soit préalablement à la peine soit immédiatement après

son exécution

• Le Code Pénal prévoit :

• Des mesures de sûreté personnelles et des mesures de sûreté réelles


Les mesures de sûreté personnelles:
Elles visent la personne:

• La relégation: internement de certains récidivistes dans un établissement de

travail sous un régime approprié de réadaptation sociale

• La résidence forcée

• L’interdiction de séjour

• L’internement judiciaire dans un établissement psychiatrique


Les mesures de sûreté personnelles:
• Le placement judiciaire dans un établissement thérapeutique ( alcool ou

stupéfiants)

• Le placement judiciaire dans une colonie agricole

• L’incapacité d’exercer toute profession, activité ou art

• La déchéance des droits de puissance paternelle

En plus des mesures prévues par le C.P.P pour la protection et la rééducation

spécifique des délinquants mineurs


Les mesures de sûreté réelles
• Art 62 , précisées art 89 et 90 du C.P: Deux mesures :

• Confiscation

• Fermeture de l’établissement ayant servi à commettre l’infraction


La mesure de la sanction :
• La sanction obéit à une marge de variation entre un minimum et un maximum

• Cas très rares : la peine ou la mesure de sûreté sont fixes: peine de mort, réclusion

perpétuelle, fermeture définitive de l’établissement…

• Le juge en plus de certaines mesures accessoires laissées à son appréciation:

- Habilité par la loi ( sous certaines condition ) à franchir la limite légale du maximum ou à

descendre en dessous du minimum ( accorder une dispense ou exemption de peine

- Ce pouvoir discrétionnaire permet au juge d’individualiser la sanction ( art 141 – 142 du C.P
• Art 141: « dans la limite du maximum et du minimum édictés par la loi réprimant l’infraction, le juge

dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour fixer et individualiser la peine en tenant compte, d’une

part, de la gravité de l’infraction commise et, d’autre part, de la personnalité du délinquant ».

• Art 142: « le juge est tenu d’appliquer au coupable une peine atténué ou aggravée chaque fois que

sont prouvés, soit un ou plusieurs faits d’excuses atténuantes, soit une ou plusieurs des

circonstances aggravantes prévues par la loi. Il est tenu de prononcer l’absolution lorsque la preuve

est rapportée de l’existence en faveur du coupable d’une excuse absolutoire prévue par la loi. Sauf

disposition spéciale contraire de la loi, il a la faculté d’accorder au coupable le bénéfice des

circonstances atténuantes dans les conditions prévues aux articles 146 à 151 »
-Les causes justifiants l’aggravation?

-Les causes d’atténuation de la peine ?


• Les causes justifiants l’aggravation de la sanction:

-Les circonstances aggravantes: limitées par la loi : usage d’une arme dans la commission du

vol le transformant en crime; la préméditation dans le meurtre le muant en assassinat

passible de la peine de mort

-La récidive: celui qui après avoir été condamné irrévocablement pour une infraction

antérieure en commet une autre

-Le cumul d’infraction: celui qui accomplit simultanément ou successivement plusieurs

infractions non séparées par une condamnation irrévocable


• Les causes d’atténuation de la peine :

-Les circonstances atténuantes: réduction de peine laissée à l’appréciation du juge, dans les

conditions prévues par la loi , dont peut bénéficier tout délinquant pour n’importe quelle infraction (

même qualifiée crime) et même en cas de récidive délictuelle ou contraventionnelle ( art 147 à 151)

-les excuses légales atténuantes : ils obligent le juge à modérer la peine conformément aux

prescriptions légales : excuse de minorité, excuses atténuantes de provocation ex: celle prévue au

profit du conjoint qui commet un meurtre ou des violences sur la personne de son conjoint ou sur le

complice en cas de flagrant délit d’adultère ( art 416 et s du C.P)


• Les causes d’exemption de la peine :

-Le sursis: mesure facultative: le juge accorde au délinquant primaire condamné à une peine

d’emprisonnement ou d’amende non contraventionnelle ( exclut le condamné à une peine de réclusion)

une dispense conditionnelle d’exécution de la dite peine;

Dispense devient définitive au terme d’un délai d’épreuve de 5 ans

L’intéressé sera déchu de la dispense en cas de commission dans le délai susvisé d’une autre infraction

passible d’emprisonnement ou d’une peine plus grave : dans ce cas il devra exécuter la peine objet du

sursis, cumulée avec celle encourue à raison de la nouvelle infraction ( art 49, 55 et s )
-Les excuses légales absolutoires : cas d’exemption de peines prévus limitativement par la

loi : le coupable qui avant l’exécution d’un crime ou d’un délit contre la sûreté de l’Etat, a pris

l’initiative de le dénoncer aux autorités judiciaires , administratives ou militaires ( art 211 CP) ;

- Celui qui dénonce en temps utile l’association de malfaiteurs (art 296) , le fau monnayage (

art 336)

- L’excuse absolutoire laisse subsister l’infraction et la responsabilité de sorte que le juge a la

faculté de faire application à l’absous de certaines mesures de sûreté ( art 143, 145 C.P)
Section II: Modifications affectant l’exécution et les
effets de la sanction
• Toute personne condamnée doit exécuter intégralement la sanction
prononcée contre elle;

• Certaines circonstances ou par l’intervention de certaines institutions,


l’exécution ne peut pas suivre son cours pendant le temps fixé par la
décision de condamnation ;

• La loi prévoit des hypothèses où la sanction pourrait être soit suspendue,


soit éteinte avec parfois effacement de tous les effets de condamnation
• La suspension de la peine art 59 du C.P : s’opère par la libération conditionnelle du condamné , procédé théorique :
il n a jamais fais l’objet d’application pratique

• L’extinction de la peine: s’opère soit :

-Par le bénéfice de la grâce dite ordinaire ( prérogative royale qui a pour effet, soit mettre obstacle à l’exercice de
l’action publique, soit d’en arrêter le cours, soit de soustraire le condamné, en tout ou en partie, à l’exécution de la
peine ,

- Par le décès du condamné

- Par l’abrogation de la loi : a pour effet de faire obstacle à l’exécution de la peine si elle n’est pas exécutée ou de
mettre fin à son exécution en cours

- Par la prescription :soustrait le condamné à l’exécution de la peine à l’issue d’un délai déterminé ( 15 ans / crimes,
4 ans /délit, 1 an / contraventions à compter de la date où la décision de condamnation

- La transaction : lorsque la loi en dispose expressément


• L’extinction de la peine avec effacement total de la condamnation : s’opère par

deux mécanismes soit :

• Art 51 du C.P: « L’amnistie ne peut résulter que d’une disposition expresse de la

loi…qui en détermine les effets sous réserve toutefois des droits des tiers »

• C’est une prérogative du parlement auquel il appartient donc de déterminer les

infractions ou les agents bénéficiaires et de fixer dans le texte même de la loi

d’amnistie les effets qui s’y attachent;

• Effets très larges: lorsqu’elle intervient au stade des poursuites, elle met obstacle à

l’exercice de l’action publique ou met fin définitivement à celle déjà engagée


• Lorsqu’elle intervient après la condamnation , elle met obstacle à

l’exécution de la peine ou met fin à celle en cours d’exécution

• Elle abolit aussi la condamnation avec ses effets : entraine la

suppression des incapacités qui en résultaient et l’effacement de la

mention de condamnation du casier judiciaire

• Elle ne peut retentir sur le droits des tiers


• La grâce amnistiante:

• Offre l’originalité d’être accordée par dahir au bénéfice

essentiellement d’auteurs déterminés de délit non crapuleux : délit

d’opinion ou de presse…

• Emporte les mêmes effets susmentionnés pour l’amnistie sauf si le

dahir qui l’accorde en rajoute d’autres


La réhabilitation:
• De plein droit ou par décision de justice

• Art 60 du C.P: « n’est pas une cause d’extinction, d’exemption, ou de

suspension de la peine , la peine étant efface seulement pour l’avenir

et dans les conditions prévues aux articles 687 à 703 du code de

procédure pénale, les effets de la condamnation et les incapacités qui

en résultent «

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