LA PSYCHOLOGIE : GENERALITES
INTRODUCTION
Etymologiquement, le terme psychologie est issu des termes grecs psyché signifiant l’âme et logos désignant
la science, le discours. Ainsi entendu, la psychologie se définit comme la science l’étude scientifique des
faits psychique. C’est la connaissance empirique ou intuitive des sentiments, des idées, des comportements
d’autrui et des sciences propres mais aussi de l’ensembles des manières de pensées, de sentir, d’agir qui
caractérisent une personne ou un groupe. Ainsi, la psychologie se définit comme l'étude scientifique des
comportements.
Il semble que le terme de psychologie date du XVIe siè[Link] conçue comme « science de la vie
mentale » (W. James, 1890), la psychologie se définit aujourd'hui d’un point de vue global comme la «
science de la conduite ». Par« conduite », on entendle comportement objectivement observable, l’action sur
l’entourage, l’interaction de l’organisme et de son milieu, l’action sur le corps propre.
Des approches plus précises la définissent comme « l’étude scientifique des faits psychiques, la
connaissance empirique ou intuitive des sentiments, des idées, des comportements d’autrui et des siens,
l’ensemble des manières de penser, de sentir, d’agir qui caractérisent une personne, un animal, un groupe, un
personnage ».
La psychologie vise à comprendre la structure et le fonctionnement de l’activité mentale et des
comportements qui lui sont associées. Pour atteindre ses objectifs, ellese réfère à d’autres autres sciences :
sciences de l’éducation (psychopédagogie), sciences humaine, sciences sociales, sciences médical
(neuropsychiatrie), sciences philosophiques. Elle fait également appel à différentes méthodes scientifiques :
observation, études des cas (mesure) et expérimentation (test, échelles, hypnose …).
LES GRANDS DOMAINES DE LA PSYCHOLOGIE
La psychologie, loin de constituer une discipline unique, se caractérise par une extrême diversité :
psychologie clinique, psychologie cognitive,psychologie du développement, psychologie sociale.
- La psychopathologie s’intéresse à l’étude des troubles psychologiques particuliers (troubles
schizophréniques par exemple) à un moment donné de la viede l’individu, notamment une situation de
grande souffrance exigeant une aide psychologique adaptée plus ou moins longue (décès brutal d’un
conjoint ou d’un enfant…).
- La psychologie cognitive s’attache à comprendre les phénomènes liés à la cognition. Le terme générique
de cognition désigne l’ensemble des processus cognitifs contribuant à la formation de la connaissance
humaine (la mémoire, le raisonnement, le langage…).Le traitement de l’information est la base de cette
approche de l’esprit humain. Le cerveau est assimilé à un ordinateur qui traite l’information.
- La psychologie du développement étudie, quant à elle, les changements développementaux observés dans
les différents aspects du fonctionnement psychologique (cognitif, affectif ou social) au cours de la viede
l’individu. Même si l’accent est souvent mis sur l’étude du développement de l’enfant, la discipline se
préoccupe également de connaître l’ensemble des changements qui se produisent jusqu’à la fin de la vie
(perspective dite « vie entière » ou life-span), c’est-à-dire qu’elle prend en compte non seulement les
changements importants qui se produisent durant l’enfance mais aussi l’évolution au cours de l’âge adulte
puis lors du vieillissement. Certains événements, certaines transformations, provoquent des modifications
dans l’organisation psychologique et psychique (la parentalité, la retraite, le chômage…).
- La psychologie sociale désigne la science qui étudie les conduites et les phénomènes sociaux sous l’angle
des relations qui, à l’intérieur de ces processus, se jouent entre l’individu et le collectif. Elle vise à
comprendre et à expliquer la manière dans laquelle les pensées, les sentiments et les comportements des
individus sont influencées de la présence des autres. La psychologie sociale s'intéresse à la façon dont autrui
(qu'il soit un individu, un groupe, une institution, etc.) influence les pensées, les façons de voir le monde et
les comportements des individus et comme ces derniers l'influencent en retour. Ses concepts fondamentaux
sont : la relation sociale, l’influence sociale, la représentation sociale et la communication sociale.
NOTIONS DE SANTE MENTALE
I- QUELQUES DEFINITIONS
I-1- Santé mentale
- L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS-2010) définit la santé mentale comme « un état de bien-être
dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail
productif et contribuer à la vie de sa communauté. »
- La santé mentale correspond à un état de bien-être mental qui nous permet d’affronter les sources de stress
de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à la vie de la
communauté.
I-2- Maladie mentale
- Il s’agit une affection cliniquement significative qui se caractérise par le changement des modes de pensée,
de l’humeur (affects), du comportement associé à une détresse psychique ou à l’altération des fonctions
mentales.
- La maladie mentale ou trouble mental est définie comme « un syndrome comportemental ou
psychologique cliniquement significatif, survenant chez un individu et associé à une détresse
concomitante ou à un handicap ou à un risque significativement élevé de décès, de souffrance, de
handicap ou de perte importante de liberté… ».
En général on distingue trois (3) états dans la santé mentale : l’état normal, l’état de détresse et l’état de
trouble.
II- LE CONCEPT DE NORMALITE
II-1- Définition de la normalité
- Etat, caractère de ce qui est conforme à la norme, à ce qui est considérée comme l’état normal.
- Selon l’Organisation mondiale de la Santé, une bonne santé mentale est « un état de bien-être qui
permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec
succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté.
Autrement dit, il s’agit de s’épanouir plutôt que de simplement survivre.
II-2- Critères de normalité
Les spécialistes, comme en témoigne la littérature, s’entendent généralement sur certains indices de santé
mentale, notamment sur les caractéristiques personnelles suivantes :
– Connaissance de soi et juste perception de soi (accepter soi même, avoir une connaissance de soi)
– Réalisation de soi (de son potentiel)
– Autonomie (indépendance d’esprit et d’action)
– Perception juste (adéquate) de la réalité
– Engagement (Avoir une capacité à prendre sa responsabilité)
– Maîtrise de certaines compétences (aptitudes sociales et professionnelles voulues pour s’intégrer à son
milieu et faire face à l’adversité et au stress)
– Ouverture et souplesse (Avoir une tolérance)
– Relations interpersonnelles durables et satisfaisantes
– Capacité d’exprimer et de gérer ses émotions
– Estime de soi
FACTEURS FAVORISANTS L’APPARITION DES TROUBLES PSYCHOPATHOLOGIQUES
III-1-Les facteurs précipitants
Les facteurs précipitants correspondent à une exposition du sujet à des facteurs externes .
Les facteurs environnementaux :
- Les facteurs environnementaux précoces : l'insuffisance de stimulation, l'insuffisance ou la
discontinuité d'étayage (de support physique et psychologique) et la maltraitance (physique, psychologique,
sexuelle et les négligences graves). D'une manière générale, il est nécessaire que les événements se répètent
ou que la situation se prolonge pour qu'il y ait impact et réactions pathologiques chez l'enfant.
- Les facteurs environnementaux de survenue tardive (la survenue d'événements de vie stressants,
l'exposition au stress de façon durable, la survenue d'événements traumatiques intenses : d’une agression
brutale, d'un viol, d'une guerre, d'un tremblement de terre, etc.)
Les facteurs psychosociaux (les besoins, les normes, les prescriptions de comportement, les désirs
même, imposés par la société)
L'isolement social (conséquence d'une longue période de chômage, solitude, prendre soin d’un
proche aux prises avec une maladie chronique)
L'exclusion professionnelle (le chômage et la perte d'un statut social)
Un bas niveau socio-économique (la pauvreté et la précarité,)
Le milieu de vie urbain
Les facteurs culturels (vivre dans une culture différente)
Les facteurs toxiques liés à l'absorption de substances psychoactives ( le cannabis , les
amphétamines ou la cocaïne) ;des stupéfiants ( héroïne ) ; d'ecstasy et à d'autres toxiques (l'arsenic , du
mercure , du phosphore ou du chlore ).
III-2- Les facteurs prédisposants
Les facteurs prédisposants, appelés également facteurs de vulnérabilité, augmentent la probabilité de
survenue d'un trouble.
Les facteurs génétiques (le risque de schizophrénie et le risque de psychose maniaco-dépressive
/trouble de l'humeur)
Les facteurs neurobiologiques (des anomalies précoces dans les processus neuro développementaux :
la schizophrénie, l'autisme et certaines psychoses infantiles)
Les facteurs dégénératifs (telles les démences)
Les facteurs infectieux (une corrélation entre l'exposition au virus de la rubéole ou de la grippe et
l'apparition de la schizophrénie chez l'enfant.)
Les facteurs obstétricaux (un lien entre des complications obstétricales et l'apparition de certains cas
de schizophrénie).
III- LISTE DES TROUBLES MENTAUX
En 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a finalisé la 11 ème révision de la classification
internationale des maladies (CIM-11) dans laquelle on retrouve les troubles mentaux, comportementaux ou
neurodéveloppementaux au chapitre VI.
Ce chapitre contient les groupes de niveau supérieur suivants :
• Troubles neurodéveloppementaux
• Schizophrénie ou autres troubles psychotiques primaires
• Catatonie
• Troubles de l'humeur
• Troubles anxieux ou liés à la peur
• Troubles obsessionnels compulsifs ou apparentés
• Troubles spécifiquement associés au stress
• Troubles dissociatifs
• Troubles de l'alimentation ou de la nutrition
• Troubles de l'élimination
• Troubles de détresse physique et de l’expérience corporelle
• Troubles dus à l'utilisation de substances ou à des conduites addictives
• Troubles du contrôle des impulsions
• Comportement perturbateur ou troubles dissociaux
• Troubles de la personnalité et caractéristiques apparentées
• Troubles paraphiliques
• Troubles factices
• Troubles neurocognitifs
• Troubles mentaux ou du comportement associés à la grossesse, à l'accouchement ou à la puerpéralité
• Syndromes mentaux ou comportementaux secondaires associés à des troubles ou à des maladies classées
ailleurs
TROUBLES NEURODEVELOPPEMENTAUX
Troubles neurodéveloppementaux correspondant à des troubles comportementaux et cognitifs qui se
produisent durant la période de développement et provoquent d’importantes difficultés d’acquisition et
d’exécution de fonctions spécifiques intellectuelles, motrices, de langage ou sociales. L'étiologie présumée
des troubles neurodéveloppementaux est complexe et, pour de nombreux sujets, elle est inconnue.
1- Troubles du développement intellectuel
Les troubles du développement intellectuel sont un groupe d’affections étiologiques diverses qui
apparaissent au cours de la période de développement et qui se caractérisent par un fonctionnement
intellectuel et un comportement adaptatif significativement inférieurs à la moyenne.
2- Troubles du développement de la parole ou du langage
Les troubles développementaux du langage ou de la parole se produisent au cours de la période du
développement et se caractérisent par des difficultés de compréhension ou de production de la parole et du
langage ou d'utilisation du langage dans un contexte à des fins de communication, qui se situent en dehors
des limites de la variation normale attendue pour l'âge et le niveau de fonctionnement intellectuel.
3- Troubles du spectre de l'autisme
Les troubles du spectre de l'autisme se caractérisent par des déficits persistants dans la capacité à initier et à
maintenir une interaction sociale réciproque et une communication sociale, et par un éventail de schémas
restreints, répétitifs et inflexibles du comportement, des centres d’intérêt ou des activités qui sont clairement
atypiques ou excessifs pour l’âge et le contexte socioculturel de l’individu. Ce trouble débute pendant la
période du développement, en général à la petite enfance, mais les symptômes peuvent ne se manifester que
plus tardivement, lorsque les exigences sociales dépassent les capacités limitées. Les déficits sont
suffisamment sévères pour provoquer une déficience dans les domaines personnels, familial, social, scolaire,
professionnel ou d’autres domaines importants du fonctionnement et sont généralement une caractéristique
persistante du fonctionnement de l’individu observable dans tous les cadres, même si cela peut varier selon
le contexte social, scolaire ou autre. Les personnes atteintes présentent un éventail complet de capacités en
termes de fonctions intellectuelles et du langage.
4- Trouble développemental de l'apprentissage
Le trouble développemental de l'apprentissage se caractérise par des difficultés significatives et persistantes
d’acquisition des compétences scolaires, qui peuvent inclure la lecture, l’écriture ou l’arithmétique. Les
performances de l’individu dans la(les) compétence(s) scolaire(s) concernée(s) sont bien en-dessous de ce
qui serait attendu pour l’âge chronologique et le niveau de fonctionnement intellectuel général et cela
entraîne une déficience importante dans le fonctionnement scolaire ou professionnel de l’individu. Le
trouble développemental de l’apprentissage se manifeste pour la première fois lors de l’enseignement des
compétences scolaires au cours des premières années d’école.
5- Trouble développemental de la coordination
Le trouble développemental de la coordination se caractérise par un retard significatif dans l’acquisition des
facultés de motricité fine et globale et par une déficience dans l’exécution des tâches motrices coordonnées
qui se manifestent sous la forme d’une maladresse, d’une lenteur ou d’une imprécision des performances
motrices. Les tâches motrices coordonnées sont bien en-dessous de ce qui est attendu au vu de l’âge
chronologique et du niveau intellectuel de l’individu. Les difficultés dans les tâches motrices coordonnées
débutent pendant la période de développement et sont généralement visibles dès la petite enfance. Les
difficultés dans les tâches motrices coordonnées provoquent des limitations importantes et persistantes du
fonctionnement (p. ex. dans les activités de la vie quotidienne, le travail scolaire ainsi que les activités
professionnelles et de loisirs).
6- Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité
Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité se caractérise par un schéma persistant (au
moins 6 mois) d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité qui a un impact négatif direct sur le
fonctionnement scolaire, professionnel ou social. Il y a des preuves de symptômes d’inattention et/ou
d’hyperactivité-impulsivité significatifs avant l’âge de 12 ans, entre le début et le milieu de l’enfance, bien
que certains individus ne présentent des symptômes cliniques que plus tardivement. Le degré d’inattention et
d’hyperactivité-impulsivité est en-dehors des limites de la variation normale attendue pour l’âge et le niveau
de fonctionnement intellectuel. L’inattention désigne une difficulté importante à maintenir l’attention sur des
tâches qui n’apportent pas un niveau élevé de stimulation ou des récompenses fréquentes, une distractibilité
et des problèmes d’organisation. L’hyperactivité fait référence à une activité motrice excessive et des
difficultés à demeurer immobile, surtout visibles dans des situations structurées exigeant une maîtrise du
comportement. L’impulsivité est une tendance à agir en réponse à des stimuli immédiats, sans réflexion ni
prise en compte des risques et des conséquences. L’équilibre relatif et les manifestations spécifiques des
caractéristiques d’inattention et d’hyperactivité-impulsivité varient d’un individu à l’autre, et peuvent
changer au cours du développement.
7- Trouble des mouvements stéréotypés
Le trouble des mouvements stéréotypés se caractérise par la présence persistante (p. ex. durant plusieurs
mois) de mouvements volontaires, répétitifs, stéréotypés, apparemment inutiles (et souvent rythmés) qui
surviennent pendant la période de développemental précoce et ne sont pas causés par les effets
physiologiques directs d’une substance ou d’un médicament (y compris le sevrage) et interfèrent de façon
manifeste avec les activités normales ou entraînent des préjudices corporels auto-infligés. Les mouvements
stéréotypés non préjudiciables peuvent inclure le balancement du corps, le balancement de la tête, le
battement des doigts et le battement des mains. Les mouvements stéréotypés avec préjudice auto-infligé
peuvent inclure le fait de se frapper la tête, de se gifler le visage, de se mettre quelque chose dans l’œil et de
se mordre les mains, les lèvres ou d’autres parties du corps de façon répétitive.
TROUBLES DE L'HUMEUR
Les troubles de l’humeur font référence à un groupe supérieur de Troubles bipolaires et dépressifs.
Les troubles de l’humeur sont définis selon les types particuliers d’épisodes d’humeur et leur tendance dans
la durée. Les types primaires d’épisodes d’humeur sont l’Épisode dépressif, l’Épisode maniaque, l’Épisode
mixte, et l’Épisode hypomaniaque. Les épisodes d'humeur sont plutôt les principales composantes de la
plupart des troubles dépressifs et bipolaires.
1- Trouble bipolaire de type I
Le trouble bipolaire de type I est un trouble de l'humeur isolé, caractérisé par la survenue d'un ou de
plusieurs épisodes maniaques ou mixtes.
Un épisode maniaque est un état d'humeur extrême persistant au moins une semaine, caractérisé par une
euphorie, une irritabilité ou une expansivité et par une activité intense ou une expérience subjective
d'augmentation d'énergie, accompagnée d'autres signes caractéristiques tels un trouble de la parole rapide ou
sous pression, une fuite des idées, une augmentation de l'estime de soi ou une grandiosité, une diminution du
besoin de sommeil, une distractibilité, un comportement impulsif ou indolore, et des changements rapides
entre différents états de l'humeur (i.e., labilité de l'humeur).
Un épisode mixte est caractérisé par la présence de plusieurs symptômes maniaques importants et de
plusieurs symptômes dépressifs importants cohérents avec ceux observés dans les épisodes maniaques et les
épisodes dépressifs, qui se produisent simultanément ou alternent très rapidement (d'un jour à l'autre ou au
cours d'une même journée).
2- Trouble bipolaire de type II
Le trouble bipolaire de type II est un trouble de l'humeur épisodique défini par la survenue d'un ou plusieurs
épisodes hypomaniaques et d'au moins un épisode dépressif.
Un épisode hypomaniaque est un état d'humeur persistant pendant au moins plusieurs jours caractérisé par
une élévation persistante de l'humeur ou une irritabilité accrue ainsi qu'une activité accrue ou une expérience
subjective d'une augmentation de l'énergie, accompagnée d'autres symptômes caractéristiques tels qu'une
augmentation du bavardage, des pensées rapides ou accélérées, une augmentation de l'estime de soi, une
diminution du besoin de sommeil, une distraction et un comportement impulsif ou imprudent.
Un épisode dépressif se caractérise par une période d'humeur dépressive ou une diminution de l'intérêt pour
les activités se produisant presque tous les jours pendant une période d'au moins deux semaines
accompagnée d'autres symptômes tels que des modifications de l'appétit ou du sommeil, une agitation ou un
retard psychomoteur, fatigue, sentiments de culpabilité inutile ou excessive ou inappropriée, sentiments ou
désespoir, difficulté à se concentrer et suicidabilité.
3- Trouble cyclothymique
Le trouble cyclothymique se caractérise par une instabilité persistante de l’humeur pendant une période d’au
moins 2 ans, impliquant de nombreuses périodes de symptômes hypomaniaques (p. ex. euphorie, irritabilité
ou expansivité, activation psychomotrice) et dépressifs (p. ex. déprime, intérêt réduit pour les activités,
fatigue) qui sont présents la plupart du temps.
TROUBLES ANXIEUX OU LIES A LA PEUR
Les troubles anxieux et liés à la peur se caractérisent par une peur et une anxiété excessive et des troubles du
comportement apparentés, avec des symptômes qui sont suffisamment sévères pour entraîner une détresse
importante ou une déficience significative dans les domaines personnel, familial, social, scolaire,
professionnel ou d’autres domaines de fonctionnement importants. La peur et l’anxiété sont des phénomènes
étroitement liés ; la peur représente une réaction à une menace imminente perçue dans le présent, tandis que
l’anxiété est davantage axée sur l’avenir, faisant référence à une menace anticipée perçue.
1- Trouble d'anxiété généralisée
Le trouble d’anxiété généralisée se caractérise par des symptômes d’anxiété marqués qui persistent pendant
au moins plusieurs mois, la plupart du temps, se manifestant sous la forme soit d’une appréhension générale
(c.-à-d. ‘anxiété flottante’) soit d’une crainte excessive focalisée sur plusieurs événements du quotidien,
concernant le plus souvent la famille, la santé, les finances et l’école ou le travail, accompagnés de
symptômes supplémentaires tels qu’une tension musculaire ou une agitation motrice, une suractivité du
système autonome sympathique, une expérience subjective de nervosité, des difficultés de concentration,
une irritabilité ou des troubles du sommeil.
2- Trouble panique
Le trouble panique se caractérise par des attaques de paniques inattendues récurrentes qui ne se limitent pas
à des stimuli ou situations spécifiques. Les attaques de panique sont des épisodes distincts de peur ou
d’appréhension intense accompagnés de l’apparition rapide et concomitante de plusieurs symptômes
caractéristiques (p. ex. palpitations ou rythme cardiaque augmenté, transpiration, tremblements,
essoufflement, douleur thoracique, étourdissements ou vertiges, frissons, bouffées de chaleur, peut d’une
mort imminente).
3- Agoraphobie
L’agoraphobie se caractérise par une peur ou une anxiété marquée et excessive qui survient en réaction à de
multiples situations où une fuite pourrait être difficile ou une aide pourrait ne pas être disponible, comme
prendre les transports publics, être au milieu de la foule, être hors de chez soi seul (p. ex. dans des magasins,
théâtres, files d’attente). L’individu est systématiquement anxieux face à ces situations en raison d’une peur
d’événements négatifs spécifiques (p. ex. attaques de panique, autres symptômes physiques invalidants ou
embarrassants). Ces situations sont activement évitées, affrontées uniquement dans des circonstances
spécifiques, par exemple en présence d’un accompagnant de confiance, ou endurées avec une peur ou une
anxiété intense.
4- Phobie spécifique
La phobie spécifique se caractérise par une peur ou une anxiété marquée et excessive qui survient
systématiquement lors de l’exposition ou de l’anticipation à l’exposition à un ou plusieurs objets ou
situations spécifiques (p. ex. proximité de certains animaux, prendre l’avion, hauteurs, espaces clos, vue de
sang ou d’une blessure) qui est disproportionnée par rapport au danger réel. Les objets ou situations
phobiques sont évitées ou alors endurées avec une peur ou une anxiété intense.
5- Trouble d'anxiété sociale
Le trouble d’anxiété sociale se caractérise par une peur ou une anxiété marquée et excessive qui survient
régulièrement dans une ou plusieurs situations sociales telles que les interactions sociales (p. ex. avoir une
conversation), faire quelque chose en se sentant observé (p. ex. manger ou boire en présence d’autrui) ou se
produire devant les autres (p. ex. faire un discours). L’individu craint de se comporter d’une façon, ou de
montrer des symptômes d’anxiété, qui seront mal interprétés par les autres. Les situations sociales
concernées sont systématiquement évitées ou alors endurées avec une peur ou une anxiété intense.
6-Trouble d'anxiété de séparation
Le trouble anxieux de la séparation se caractérise par une peur ou une anxiété marquée et excessive de la
séparation d’avec des figures d’attachement spécifiques. Chez les enfants et les adolescents, l’anxiété liée à
la séparation est généralement ciblée sur les aidants, les parents ou autres membres de la famille et la peur
ou l’anxiété est au-delà de ce qui serait considéré comme normatif sur le plan développemental. Chez les
adultes, elle se focalise habituellement sur le/la conjoint(e) ou les enfants.
7- Mutisme sélectif
Le mutisme sélectif se caractérise par une sélectivité constante de la parole, de sorte que l'enfant fait preuve
d'une compétence de langage adéquate dans des situations sociales spécifiques, généralement à la maison,
mais ne parle pas dans d'autres situations, généralement à l'école. Le trouble dure depuis au moins un mois,
ne se limite pas au premier mois d'école, et est suffisamment grave pour interférer avec la réussite scolaire
ou la communication sociale.
TROUBLES OBSESSIONNELS COMPULSIFS OU APPARENTES
Le trouble obsessionnel-compulsif et trouble apparentés est un groupe de troubles caractérisé par
des pensées et des comportements répétitifs qui sont supposés partager des similarités en termes
d’étiologie et de critères de diagnostic clés. Les symptômes entraînent une détresse importante ou une
déficience significative dans les domaines personnels, familial, social, scolaire, professionnel ou d’autres
domaines de fonctionnement importants.
I- Trouble obsessionnel compulsif
Le trouble obsessionnel-compulsif se caractérise par la présence d’obsessions ou de troubles compulsifs
persistants, ou le plus souvent des deux. Les obsessions sont des pensées, images ou impulsions/envies
impérieuses répétitives et persistantes qui sont intrusives, indésirables et couramment associées à une
anxiété. L’individu tente d’ignorer ou de supprimer ces obsessions ou de les neutraliser en réalisant ses
désirs compulsifs. Les troubles compulsifs sont des comportements répétitifs incluant des actes mentaux
répétitifs auxquels l’individu se sent obligé de se livrer en réponse à une obsession, selon des règles rigides,
ou pour atteindre une sensation de "plénitude".
I-1- Trouble obsessionnel-compulsif avec insight bon ou acceptable
Tous les critères de définition du trouble obsessionnel-compulsif sont satisfaits. La plupart du temps,
l’individu est capable d’envisager la possibilité que les croyances spécifiques à son trouble puissent ne pas
être vraies et est prêt à accepter une autre explication pour son expérience. À des moments circonscrits (p.
ex. lorsqu’il est très anxieux), l’individu peut ne faire preuve d’aucune perspicacité.
I-2- Trouble obsessionnel compulsif avec insight faible à absente
Tous les critères de définition du trouble obsessionnel-compulsif sont satisfaits. La plupart du temps ou
toujours, l’individu est convaincu que les croyances spécifiques à son trouble sont vraies et ne peut pas
accepter d’autre explication à son expérience. Le manque de perspicacité dont fait preuve l’individu ne varie
pas de façon marquée selon le niveau d’anxiété.
II- Les apparentés
Trouble de la perception du corps
Le trouble de la perception du corps se caractérise par la préoccupation persistante à l’égard d’un ou
plusieurs défauts ou imperfections perçus de l’apparence qui sont soit imperceptibles soit à peine visibles
par les autres. Les individus ressentent une gêne excessive, souvent avec des idées de référence (c.-à-d. la
conviction que les gens remarquent, jugent ou commentent le défaut ou l’imperfection perçu).
Trouble de perception olfactive
Le trouble de perception olfactive se caractérise par une préoccupation persistante concernant la conviction
de dégager une odeur corporelle ou une haleine nauséabonde ou dérangeante qui est soit imperceptible soit à
peine perceptible par les autres.
Hypocondrie
Le trouble d’hypocondrie se caractérise par une préoccupation ou une peur persistante concernant la
possibilité de souffrir d'une ou plusieurs maladies graves, évolutives ou potentiellement mortelles.
Trouble d'accumulation compulsive
Le trouble d’accumulation compulsive se caractérise par l’accumulation de possessions qui finissent par
encombrer les espaces de vie à tel point que leur utilisation ou leur sécurité est compromise. L’accumulation
est due à la fois à des désirs ou comportements répétitifs visant à amasser des objets et à la difficulté à s’en
séparer due à un besoin perçu de les conserver et à l’angoisse associée au fait de les jeter.
Troubles du comportement répétitif centré sur le corps
Troubles du comportement répétitif centré sur le corps, caractérisés par des actions récurrentes et habituelles
dirigées sur le système tégumentaire (par exemple, arrachage des cheveux, grattage de la peau, morsure des
lèvres), généralement accompagnées de tentatives infructueuses visant à réduire ce comportement ou à y
mettre fin, et qui entrainent des séquelles dermatologiques (par exemple, perte de cheveux, lésions cutanées,
abrasions des lèvres).
TROUBLES SPECIFIQUEMENT ASSOCIES AU STRESS
Les troubles spécifiquement associés au stress sont directement associés à l’exposition à un
événement stressant ou traumatique, ou à une série de tels événements ou d’expériences négatives.
Les événements stressants à l’origine de certains troubles de ce groupe s’inscrivent dans le cadre normal des
expériences de la vie (p. ex. divorce, problèmes socio-économiques, deuil). Les autres troubles exigent la
présence d’un facteur de stress d’une nature extrêmement menaçante ou terrifiante (c.-à-d. événements
potentiellement traumatiques).
I- Les différents troubles de stress
1- Trouble de stress post-traumatique
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) peut se développer après une exposition à un événement ou à
une série d’événements extrêmement menaçants ou terrifiants. Il se caractérise par tous les éléments
suivants:
1) revivre l’événement ou les événements traumatiques dans le présent sous la forme de souvenirs,
flashbacks ou cauchemars intrusifs saisissants.
2) l’évitement de pensées et souvenirs de l’événement ou des événements, ou l’évitement d’activités, de
situations ou de personnes rappelant l’événement ou les événements
3) des perceptions persistantes d’une menace actuelle accrue, visible par exemple sous la forme d’une
hypervigilance ou d’une réaction de sursaut accrue à des stimuli tels que des bruits inattendus. Les
symptômes persistent pendant au moins plusieurs semaines et entraînent une déficience significative
dans les domaines personnel, familial, social, scolaire, professionnel ou d’autres domaines de
fonctionnement importants.
2- Trouble de stress posttraumatique complexe
Le trouble de stress posttraumatique complexe (TSPT complexe) est un trouble qui peut apparaître après une
exposition à un événement ou à une série d’événements de nature extrêmement menaçante ou terrifiante, le
plus souvent prolongés ou à des événements répétitifs dont il est difficile ou impossible de s’échapper (p. ex.
torture, esclavage, campagnes de génocide, violence domestique prolongée, abus sexuel ou maltraitance
physique sur des enfants). Tous les critères de diagnostic du TSPT sont satisfaits. En outre, le TSPT
complexe se caractérise de façon sévère et persistante par 1) des problèmes de régulation de l’affect ; 2)
l’impression d’être diminué, vaincu ou inutile, accompagnée de sentiments de honte, de culpabilité ou
d’échec en lien avec l’événement traumatique ; et 3) des difficultés à entretenir les relations et à se sentir
proche des autres. Ces symptômes entraînent une déficience significative dans les domaines personnels,
familial, social, scolaire, professionnel ou d’autres domaines de fonctionnement importants.
3- Trouble du deuil prolongé
Le trouble du deuil prolongé est un trouble dans lequel, suite au décès d’un(e) conjoint(e), parent, enfant ou
autre personne proche de l’endeuillé(e), il y a une réaction de deuil persistante et omniprésente caractérisée
par le fait de se languir du/de la défunt(e) ou par une préoccupation persistante pour le/la défunt(e)
accompagnée d’une douleur émotionnelle intense (p. ex. tristesse, culpabilité, colère, déni, accusation,
difficulté à accepter la mort, sentiment d’avoir perdu une
partie de soi, incapacité à avoir une humeur positive, engourdissement émotionnel, difficulté à participer à
des activités sociales ou autres). La réaction de deuil a persisté pendant une période atypiquement longue
après la perte (plus de 6 mois au minimum) et dépasse clairement les normes sociales, culturelles ou
religieuses attendues pour la culture et le milieu de l’individu. Le
trouble provoque une détresse importante dans les domaines personnels, familial, social, scolaire,
professionnel ou d’autres domaines de fonctionnement importants.
4- Trouble d'adaptation
Le trouble de l’adaptation est une réaction inadaptée à un ou plusieurs facteurs de stress psychosociaux
identifiables (p. ex. divorce, maladie ou invalidité, problèmes socio-économiques, conflits à la maison ou au
travail) qui émerge généralement dans le mois suivant le facteur de stress. Ce trouble se caractérise par une
préoccupation à l’égard du facteur de stress ou de ses conséquences, notamment une inquiétude excessive,
des pensées récurrentes et pénibles à propos du facteur de stress, ou une rumination constante de ses
implications, ainsi que par une incapacité à s’adapter au facteur de stress qui entraîne une déficience
significative dans les domaines personnel, familial, social, scolaire, professionnel ou d’autres domaines de
fonctionnement importants. Les symptômes ne s’expliquent pas mieux par un autre trouble mental (p. ex.
trouble de l’humeur, un autre trouble spécifiquement associé au stress) et disparaissent généralement en 6
mois, sauf si le facteur de stress persiste plus longtemps.
5- Trouble réactionnel de l'attachement
Le trouble de l’attachement réactionnel se caractérise par des comportements d’attachement particulièrement
anormaux dans la petite enfance, survenant dans un contexte d’antécédents de soins à l’enfant nettement
inadéquats (p. ex. négligence sévère, mauvais traitement, privation en institution). Le trouble de
l’attachement réactif ne peut être diagnostiqué que chez les enfants, et les caractéristiques du trouble se
développent au cours des 5 premières années de vie. Toutefois, le trouble ne peut pas être diagnostiqué avant
l’âge de 1 an (ou un âge de développement inférieur à 9 mois), lorsque la capacité d’attachement sélectif
peut ne pas être entièrement développée
ou dans le contexte d’un trouble du spectre autistique.
6- Trouble de l’engagement social désinhibé
Trouble de l'engagement social désinhibé caractérisé par un comportement social particulièrement anormal,
se produisant dans un contexte d'antécédents de soins à
l'enfant nettement inadéquats (par exemple, négligence grave, privation
institutionnelle). Le trouble de l'engagement social désinhibé peut être diagnostiqué uniquement chez les
enfants, et les caractéristiques du trouble se développent au cours des 5 premières
années de vie. Toutefois, le trouble ne peut pas être diagnostiqué avant l'âge de 1 an (ou un âge de
développement inférieur à 9 mois), car la capacité d'attachement sélectif peut ne pas être entièrement
développée, ou dans le contexte d'un trouble du spectre autistique.
II- COMPLICATIONS
– Incapacité d’accomplir les activités de la vie courante
– Phobies sociales
– Abus de substances
– Dépression
– Suicide particulièrement dans les cas de trouble panique
III- Comment bien gérer son stress?
• Créez un équilibre entre le travail et les loisirs. ...
• Prenez le temps de rire.
• Apprenez à déléguer; vous n'avez pas à tout faire vous-mêmes.
• Utilisez des techniques de relaxation comme le yoga ou la méditation. ...
• Faites beaucoup d'exercice. ...
• Apprenez à gérer votre temps. ...
• Mangez sainement.
TROUBLES DE L'ALIMENTATION OU DE LA NUTRITION
Troubles de l’alimentation et de la nutrition caractérisés par des comportements alimentaires
anormaux qui ne s'expliquent pas par une autre affection médicale et qui ne sont pas adaptés au
développement ou culturellement sanctionnés.
I- Anorexie mentale
L’anorexie mentale se caractérise par un poids corporel considérablement bas pour l’âge, la taille et le stade
de développement de l’individu, qui n’est pas dû à une autre affection médicale ou à l’indisponibilité de
nourriture. Le poids corporel bas s’accompagne d’un schéma persistant de comportements destinés à
empêcher la restauration d’un poids normal, lesquels peuvent inclure des comportements visant à réduire
l’apport d’énergie (alimentation restreinte), des comportements de purge (p. ex. se faire vomir, abuser des
laxatifs) et des comportements visant à augmenter la dépense d’énergie (p. ex. activité physique excessive),
habituellement associé à une peur de prendre du poids. Le faible poids corporel ou la silhouette mince est
essentiel(le) pour l’auto-évaluation de la personne ou est perçu(e) à tort comme étant normal(e) voire trop
gros (se).
II- Boulimie nerveuse
La boulimie nerveuse se caractérise par des épisodes fréquents récurrents de frénésie alimentaire (p. ex. une
fois par semaine ou plus sur une période d’au moins un mois). Un épisode de frénésie alimentaire est une
période distincte pendant laquelle l’individu ressent une perte subjective de contrôle sur la nourriture,
mangeant notablement plus ou différemment que d’habitude, et se sent incapable d’arrêter de manger ou de
limiter le type ou la quantité de nourriture consommée.
La frénésie alimentaire s’accompagne de comportements compensatoires inappropriés répétés visant à
prévenir la prise de poids (p. ex. vomissements provoqués, abus de laxatifs ou de lavements, activité
physique intense). L’individu se préoccupe de sa silhouette ou de son poids, qui influence fortement l’auto-
évaluation.
III- Frénésie alimentaire
Le trouble de frénésie alimentaire se caractérise par des épisodes fréquents récurrents de frénésie alimentaire
(p. ex. une fois par semaine ou plus sur une période de plusieurs mois). La frénésie alimentaire est ressentie
comme très perturbante, et s’accompagne souvent d’émotions négatives telles que la culpabilité ou le
dégoût.
Toutefois, contrairement à la boulimie nerveuse, les épisodes de frénésie alimentaire ne sont pas
régulièrement suivis par des comportements compensatoires inappropriés visant à prévenir la prise de poids
(p. ex. vomissements provoqués, abus de laxatifs ou de lavements, activité physique intense).
IV- Trouble de l’apport alimentaire évitant-restrictif
Le trouble de l’apport alimentaire évitant-restrictif (ARFID) se caractérise par un évitement ou une
restriction de l’apport alimentaire qui entraîne: 1) l’apport d’une quantité ou d’une variété insuffisante
d’aliments pour satisfaire les besoins énergétiques ou nutritionnels adéquats qui a provoqué une perte de
poids importante, des carences nutritionnelles cliniquement significatives, une dépendance envers des
compléments nutritionnels oraux une alimentation par sonde, ou a affecté négativement d’une autre façon la
santé physique de l’individu ; ou 2) une déficience significative dans les domaines personnel, familial,
social, scolaire, professionnel ou d’autres domaines de fonctionnement importants (p. ex. en raison de
l’évitement ou de l’angoisse à l’idée de participer à des activités sociales impliquant de manger). La
tendance comportementale alimentaire n’est pas motivée par une préoccupation à l’égard du poids corporel
ou de la silhouette.
V- Pica
Le Pica est un trouble caractérisé par la consommation régulière de substances non nutritives, comme des
objets et des matériaux non-alimentaires (par exemple de l’argile, de la terre, de la craie, du plâtre, du
plastique, du métal et du papier) ou des ingrédients alimentaire bruts (par exemple, de grandes quantités de
sel ou de farine de maïs) et suffisamment persistante ou grave pour nécessiter une surveillance clinique chez
un sujet ayant atteint un âge de développement suffisant pour normalement faire la distinction entre les
substances comestibles et non
comestibles (environ 2 ans).
VI- Trouble de rumination-régurgitation
Le trouble de rumination-régurgitation se caractérise par le fait de faire remonter de façon intentionnelle et
répétée des aliments précédemment avalés dans la bouche (c.à-d. régurgitation), qui peuvent être remâchés
et ré-avalés (c.-à-d. rumination), ou peuvent être délibérément recrachés (mais pas comme dans les
vomissements).
Le trouble de rumination-régurgitation ne doit être diagnostiqué que chez les individus qui ont atteint un âge
de développement d’au moins 2 ans
TROUBLES DUS A L'UTILISATION DE SUBSTANCES
Les troubles liés à une substance, avec ou sans dépendance physique, sont caractérisés par un ensemble de
symptômes cognitifs, comportementaux et physiologiques associés à un mode d’utilisation répétée d’une
substance. Ils sont divisés en deux groupes : les troubles liés à l’utilisation d’une substance (dépendance,
abus) et les troubles induits par une substance (intoxication, sevrage et autres troubles mentaux divers
induits).
Quelques définitions
- L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), définit la toxicomanie comme étant une envie irrépressible
de consommer une substance (alcool ou drogues) ainsi qu'une tendance à augmenter les doses, ce qui
entraîne une dépendance psychologique et parfois physique.
- L’intoxication à une ou plusieurs substances se caractérise par le développement d’un syndrome réversible
spécifique dû à l’exposition ou l’ingestion récente d’une substance.
- Utilisation nocive pour la santé : Mode de consommation d’une substance psychoactive qui est
préjudiciable à la santé.
- La dépendance à une ou plusieurs substances est caractérisée par un ensemble de symptômes cognitifs,
comportementaux et physiologiques indiquant que la personne continue à prendre une substance malgré les
problèmes reliés à celle-ci.
- Le sevrage à une substance se caractérise par le développement d’une modification comportementale
inadaptée avec des concomitants physiologiques et cognitifs, suite à l’arrêt ou à la réduction de l’utilisation
massive et prolongée de la substance.
II- Troubles dus à l'utilisation de substances psychoactives
Les troubles dus à la consommation de substances comprennent les troubles qui résultent d'une
utilisation unique ou répétée de substances ayant des propriétés psychoactives, y compris certains
médicaments. En règle générale, l'utilisation initiale de ces substances produit des effets psychoactifs
agréables qui sont gratifiants et renforcés par une utilisation répétée. Avec une utilisation continue, bon
nombre de ces substances ont le pouvoir de produire une dépendance. Ils ont également le potentiel de
causer de nombreuses formes de dommages, à la fois pour la santé mentale (Delirium, Trouble psychotique,
Trouble de l'humeur, Trouble anxieux, TOC, Trouble du contrôle des impulsions et troubles neurocognitifs).
et physique (lésions affectant la plupart des organes et systèmes du corps) du toxicomane mais aussi
d’atteinte à la santé d’autrui (toute forme de préjudice physique, y compris un traumatisme, ou un trouble
mental.
Classification des substances psychoactives selon leur effet
DEPRESSEURS - L'alcool (alcool éthylique ou éthanol)
- Le cannabis
- Les opioïdes ou les dérivés du pavot à opium Papaver
somniferum : la morphine, la diacétylmorphine (héroïne), le
fentanyl, la péthidine, l'oxycodone, l'hydromorphone, la
méthadone, la buprénorphine, la codéine et le d-propoxyphène
SEDATIFS, hypnotiques - les benzodiazépines et les modulateurs allostériques positifs
ou anxiolytiques non benzodiazépines des récepteurs GABA
- les barbituriques
STIMULANTS Stimulants majeurs :
- La cocaïne (composé présent dans les feuilles de la plante de
coca, Erythroxylum coca)
- les amphétamines, la méthamphétamine ou la
méthcathinone,
- ectasie ou de drogues apparentées, y compris le MDA
( méthylènedioxyméthamphétamine )
- cathinones synthétiques (également connues sous le nom de «
sels de bain ») trouvée dans la plante de khat, Catha edulis.
Stimulants legers :
- caféine présente dans les graines de caféier (espèces coffea)
- nicotine constituant actif de la plante de tabac, Nicotiana
tabacum.
HALLUCINOGENES - la mescaline dans les plantes
(principalement - la psilocybine dans les champignons
hallucinogènes, mais - l'acide lysergique diéthylamide [LSD] synthétisé
certains peuvent chimiquement
aussi être des stimulants)
Produits volatils inhalés - divers solvants organiques, des colles, de l'essence, des nitrites
(principalement des - des gaz tels que l'oxyde nitreux, le trichloréthane, le butane, le
dépresseurs et beaucoup toluène, les hydrocarbures fluorés, l'éther et l'halothane.
ont également des effets
vasoactifs)
Médicaments dissociatifs kétamine et la phencyclidine (PCP) et leurs analogues chimiques
(effets euphorisants et
dissociatifs)
Autres substances médicaments aux propriétés anticholinergiques (par exemple, la
psychoactives benztropine) et certains antihistaminiques.
III- Troubles dus à l'utilisation de substances non-psychoactives
- Les troubles dus à la consommation de substances non psychoactives sont caractérisés par le schéma et les
conséquences de la consommation non médicale de substances non psychoactives
- Les substances non psychoactives comprennent les laxatifs, les stéroïdes anabolisants, l'hormone de
croissance, l'érythropoïétine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ils peuvent également inclure des
médicaments brevetés ou en vente libre et des remèdes traditionnels.
- L'utilisation non médicale de ces substances peut être associée à des effets nocifs pour l'individu en raison
des effets toxiques directs ou secondaires de la substance non psychoactive sur les organes et les systèmes
du corps, ou une voie d'administration nocive (par exemple, des infections dues à l'auto-administration par
injection intraveineuse). Ils ne sont pas associés à une intoxication ou à un syndrome de dépendance ou de
sevrage et ne sont pas des causes reconnues de troubles mentaux induits par une substance.
TROUBLES DU CONTROLE DES IMPULSIONS
Troubles du contrôle des impulsions, caractérisés par l'incapacité répétée de résister à une impulsion, une
pulsion ou à une forte envie d’exécuter une action offrant une récompense à la personne, du moins à court
terme ( un sentiment croissant de tension ou d'excitation affective avant et un sentiment de plaisir,
d'excitation, de soulagement ou de gratification pendant et immédiatement après l'acte ) , malgré des
conséquences telles que des dommages à plus long terme pour la personne ou pour autrui, une profonde
détresse relative à la tendance comportementale, ou une altération significative du fonctionnement
personnel, familial, social, scolaire, professionnel ou d'autres domaines importants. Les troubles du contrôle
des impulsions entrainent une série de comportements spécifiques, notamment la pyromanie, le vol, le
comportement sexuel et des emportements explosifs.
1- Pyromanie
La pyromanie se caractérise par un manque récurrent de contrôler de fortes impulsions de déclencher des
incendies, ce qui conduit à des actes ou à des tentatives multiples visant à mettre le feu aux objets ou aux
biens, en l'absence d'un motif apparent (par exemple, gain monétaire, revanche, sabotage, déclaration
politique, attirance ou reconnaissance).
2- Kleptomanie
La kleptomanie se caractérise par un échec récurrent à contrôler de fortes impulsions de vol d'objets en
l'absence d'un motif apparent (par exemple, les objets ne sont pas acquis pour un usage personnel ou un gain
monétaire).
3- Trouble compulsif du comportement sexuel
Le trouble compulsif du comportement sexuel se caractérise par un schéma persistant d’incapacité à
contrôler des impulsions ou des envies impérieuses répétitives intenses entraînant un comportement sexuel
répétitif continu malgré les conséquences négatives ou le fait d’en tirer peu ou pas de satisfaction.
4-Trouble explosif intermittent
Le trouble explosif intermittent se caractérise par de brefs épisodes répétés d’agression verbale ou physique ou de
destruction de biens qui traduisent une incapacité à contrôler les pulsions d’agressivité, l’intensité de l’explosion ou
le degré d’agressivité étant largement disproportionné par rapport à la provocation ou aux facteurs de stress
psychosociaux l’ayant déclenché(e).
TROUBLES DE LA PERSONNALITE ET CARACTERISTIQUES
APPARENTEES
1- Trouble de la personnalité
Le trouble de la personnalité se caractérise par des problèmes de fonctionnement des aspects du soi (p. ex.
identité, estime de soi, exactitude de l’image de soi, auto direction), et/ou un dysfonctionnement
interpersonnel (p. ex. capacité à nouer et à entretenir des relations étroites et mutuellement satisfaisants,
capacité à comprendre le point de vue des autres et à gérer les conflits dans les relations) qui ont persisté sur
une longue période (p. ex. 2 ans ou plus). Ce trouble est manifeste dans des schémas de cognition,
d’expérience émotionnelle, d’expression émotionnelle et de comportement qui sont inadaptés (p. ex.
inflexibles ou mal régulés) ainsi que dans tout un éventail de situations personnelles et sociales (c. -à- d. pas
limité à des relations ou rôles sociaux spécifiques).
2- Les différents traits de personnalité
Des qualificatifs de domaines de traits peuvent être appliqués aux troubles de la personnalité ou aux
difficultés de la personnalité pour décrire les caractéristiques de la personnalité de l’individu qui sont
prédominantes et qui contribuent à la perturbation de la personnalité.
2-1- Affectivité négative dans un trouble de la personnalité ou une difficulté de la personnalité
Affectivité négative ayant pour principale caractéristique une tendance à ressentir un large éventail
d'émotions négatives. Les manifestations courantes de l'Affectivité négative comprennent: la sensation de
vivre un large éventail d'émotions négatives d’une fréquence et d’une intensité disproportionnées par rapport
à la situation; la labilité émotionnelle et des difficultés à réguler ses émotions; des attitudes négativistes; une
faible estime de soi et une faible confiance en soi; et la méfiance.
2-2- Détachement dans un trouble de la personnalité ou une difficulté de la personnalité
La caractéristique principale du domaine du Détachement est la tendance à maintenir une distance
interpersonnelle (détachement social) et une distance émotionnelle (détachement émotionnel).
Les manifestations courantes du Détachement comprennent: le détachement social (évitement des
interactions sociales, absence d'amitiés et évitement de l'intimité); et le détachement émotionnel (réserve,
attitude distante, et expression et expérience limitées des émotions).
2-3- Dissocialité dans un trouble de la personnalité ou une difficulté de la personnalité
La principale caractéristique du domaine de la dissocialité est le mépris des droits et des sentiments d’autrui,
englobant à la fois l’égocentrisme et l’absence d’empathie. Les manifestations habituelles de la dissocialité
comprennent: l'égocentrisme (par exemple, le sentiment de posséder des droits, une attente d’admiration de
la part des autres, des comportements positifs ou négatifs de recherche d'attention, la préoccupation pour ses
propres besoins et désirs et son confort mais pas pour ceux des autres); et l’absence d'empathie (c’est-à-dire,
une indifférence concernant les difficultés que ses actions peuvent entrainer pour les autres, pouvant se
traduire par de la tromperie, de la manipulation et une exploitation des autres, de la méchanceté et de
l'agressivité physique, de l'insensibilité à la souffrance d'autrui, et être sans pitié pour atteindre ses objectifs).
2-4- Désinhibition dans un trouble de la personnalité ou une difficulté de la personnalité
La principale caractéristique du domaine de la Désinhibition est la tendance à agir de manière irréfléchie en
fonction de stimuli externes ou internes immédiats (c'est- à-dire des sensations, des émotions, des pensées),
sans tenir compte des conséquences négatives potentielles. Les manifestations courantes de la désinhibition
comprennent: l'impulsivité, la distractibilité, l'irresponsabilité, l'imprudence et l’absence de planification.
2-5- Anankastie dans un trouble de la personnalité ou une difficulté de la personnalité
La caractéristique essentielle du trouble de la personnalité anankastique est une concentration étroite sur sa
propre norme rigide de la perfection et du bien et du mal, et sur le fait de contrôler son propre comportement
et celui d’autrui, ainsi que de contrôler les situations pour assurer le respect de ces normes. Les
manifestations courantes de l’anankastie incluent: le perfectionnisme (p. ex. préoccupation pour les règles
sociales, les obligations et les normes du bien et du mal, un sens scrupuleux du détail, des habitudes
quotidiennes rigides et systématiques, un excès de programmation et de planification, un accent mis sur
l’organisation, l’ordre et la netteté) ; ainsi qu’une contrainte émotionnelle et comportementale (p. ex.
contrôle strict sur l’expression des émotions, entêtement et inflexibilité, évitement des risques, persévérance
et détermination).
2-6- État limite
Le descripteur de l’état limite peut être appliqué aux individus dont le schéma de troubles de la personnalité
se caractérise par un schéma persistant d’instabilité dans les relations interpersonnelles, l’image de soi et
l’affect, et d’impulsivité marquée, visible à bon nombre des signes suivants: un schéma de relations
interpersonnelles instables et intenses ; un trouble de l’identité ; une tendance à agir trop rapidement dans
des états d’affect très négatif entraînant des comportement potentiellement autodestructeurs ; des épisodes
récurrents de préjudice auto-infligé ; une instabilité émotionnelle due à une réactivité marquée de l’humeur ;
une colère intense inappropriée ou une difficulté à contrôler sa colère ; ….