Contes malgaches : Force et tradition
Contes malgaches : Force et tradition
Noël L. GUEUNIER
Le conte-chaine De plus en plus fort est l'un des plus connus à travers le monde,
et il a été souvent étudié. Dejä en 1887 René Basset faisait a propos du zonte de la
Vieille et la Mouche, dans ses Contes populaires berberes des observations très
pertinentes sur la structure de la randonnée. La chaîne peut se refermer sur elle-
même, le dernier terme se trouvant être le même que le premier, ou bien elle
peut conduire, par une progression continue, à un sommet où là quête s'arrête
parce qu'il n'y a rien de plus fort chaque être nommé en a recomu on autre qui
est plus fort que lui, jusqu'à ce qu'on aboutisse à celui qui est sans conteste le plus
fort de tous.
Basset considère les randonnées de la première forme, celles qui se bouclent sur
elles-mêmes, comune complètes, sans doute parce que le type on est la célèbre
Cable de la Souris métamorphosée en fille, diffusée par des traditions littéraires
depuis des siècles, puisqu'on la trouve déji dans l'Inde antique dans le livre IV du
Pañcatantra (trad. Porte, pp. 306-313): Le sage a sauvé une souris et l'a
métamorphosée en fille. Quand elle est grande, il faut la marier à ce qu'il y a de
plus fort: Ce n'est pas au soleil qui se laisse cacher par le naage, ni au nuage
poussé par le vent, ni au vent arrêté par la montagne. C'est au rat, qui est le plus
fort, puisqu'il peut #miettur de tous côtés le corps de la montagne. Et la fille
demande au sage de la transformer à nouveau en souris et de la murier au
ratufin, dit-elle, que je suive la vie prévue pour mon espèce. De l'inde, la fable est
passée dans un classique arahe du moyen-âge, le Kalila et Dimna, et dans de
nombreuses traditions littéraires ou populaires. A cette première forme
appartient aussi, dans la tradition européenne, le conte napolitain de Saint
Janvier et le tailleur de pierres: l'ouvrier augmente son pouvoir en devenant
successivement seigneur, cavalier, soleil, nuage, roc, etretrouve finalement sa
première condition, puisque le tailleur de pierre est plus fort que le roc...
(Monnier 1880, cité par Basset).
Une autre version indienne récemment publiée montre aussi une chaîne
circulaire, mais cette fois avec un arrière-plan mystique et cosmologique, dans le
conte de la Mort da ver de terre la veuve du ver de terre pleure, alors le malheur
touche successivement le héron qui se casse la patte, puis le roseau, l'étang,
Téléphant, le banian, les enfants. Finalement la déesse Shakti pleure à son tour:
mais ses larmes sont la pluie bienfaisante qui de proche en proche ramènent la
paix et la joie dans le monde (Madanacalliany 2002, pp. 84-90).
Parmi les versions européennes, l'une a connu une fortune littéraire parce qu'elle
a été incluse sans doute à la fin du moyen-âge, les plus anciens manuscrits datant
du XVIe siècle dans le rituel juif de la veillée de la Pâque, au cours de laquelle les
pères doivent rappeler à leurs fils t'histoire de la sortie d'Egypte du peuple
d'Israël. Le livre qui consigne le rituel de cette célébration familiale, la Haggadah
de Pâque. Haggadah shel Pesah on Seper Haggadah, se termine par deus petites
pièces chantées en langue profane, destinées spécialement aux enfants. La
seconde, qui clôt le rituel, n'est autre qu'ime version de la randonnée De plus en
plur fort, culminant dans l'exaltation du Saint (c'est-à-dire de Dieu), sans perdre
pour autant son attache avec le monde de l'enfance
Un chevreau, un chevreau, que mon père a acheté pour deux zuz
Un chevreau, un chevrean!
Et est venu le chatt, et a mange le chevreau que mon père a acheté pou
deux zuz
Un chevream, an chevreau
Et est venu le chien, et a morda le chat qui a mangé le chevreau que mon père, etc.
Ez est venu le bâton, et a battu le chien qui a mordu, etc. Et est venu le feu, et a
brûlé le bâton qui a battu, etc. Et est venu l'eau, et a éteint le feu qui a brûlé, etc.
Et est vena le bauf, et a bu l'eau qui a éteint, etc. Et est venu le boucher, et a tué le
bœuf qui a bu, etc. Et est venu l'Ange de la Mort, et a tué le boucher qui a tué, etc.
Et est venu le Saint (béni soit-il/), et a tué l'Ange de la mort qui a tue le boucher
qui a tué le beuf qui a bu l'eau qui a éteint le feu qui a brûlé le haton qui a battu
le chien qui a morda le chat qui a mangé le chevreau que mon père a acheté pour
deux zuz
Un chevreau, un chevreau!
il y a là une petite histoire qui semble avoir été créée pour réjouir les enfants,
mais c'est aussi une mamere de leur faire réciter par caur les lois qui gouvernent
la création...» (1984, p.
Dans la première version c'est une mère-oiseau, une oiselle, qui veut pondre,
mais qui ne trouve pas d'endroit sûr pour poser ses onufs. Le texte, très heel, est
présenté par Dahle non pas comme un conte mais comme un texte poétique,
entrant dans la classe des Hain-teny. De fait il n'y a pas de récit, et le texte tout
entier se résume à l'énoncé de la chaîne. Comme il n'a pas été traduit en français
(Ja traduction Dorian-Molet ne concerne que les contes proprement dits, laissant
de côté les textes poétiques et les proverbes), il est bon de le donner ici
intégralement:
rafoatra nisakanam-bodivona
vodivona fandoakam-boalavo
« J'ai pondu, dit l'oiselle, cher Stre-élevé Sire-élevé a été soufflé par Dame-
bourrasque Dame-bourrasque a été arrêtée par le mont: le mont est percé par le
rat; le rat est mangé par le chien; le chien est rossé par Thomme Thomme est
vaincu par la sagate; la sagale est vaincue par le rocher: le rocher est recouvert
par l'eau: l'eau est franchie par Petirs-Yeux-Rouges »,
La seconde version des Specimens part d'un incident tout différent. Le point de
départ est un petit d'homme qui s'est cassé la jambe en montant à un arbre. Ce
point de départ implique sans doute quelque faute de la victime imprudence ou
désobéissance, et en cela il est différent du malheur de l'Oiselle, qui vient
seulement de sa faiblesse, tragique puisqu'elle est impuissante à protéger ce
qu'elle a de plus précieus, ses reufs. Le personnage s'appelle Ibotiry un nom qui
sera conservé parfois avec l'article honorifique Ra par toutes les autres versions
de ce type. On doit évidemment comprendre ce nom comme une variante de
l'expressif botitila bolitikatrës petit, tout petit, et nous devrons donc le traduire
par un terme expressif équivalent comme Petit-Petiot. (Dans la version betsileo
des manuscrits Valen le nom est d'ailleurs écrit tantôt Botity tantôt Boritika.
Petit-Petiot, donc, trouve que l'arbre est fort puisqu'il lui a cassé sa jombe. Et ta
chaîne de reprendre: Ce n'est pas moi qui suis fort, c'est le vent! Mais ici la chaine
ne se boucle pas sur elle-même, au contraire elle est orientée, elle sinterrompra
quand la quête du plus fort sera arrivée à son véritable terme. On aboutit à
l'homme, qui est vaincu par le sorcier maléfique mpamosavy, qui est tué par le
poison d'épreuve tangena, qui est vaincu par Dieu Andriamanitra Alors Petit-
Petiot et tous les êtres reconnurent que Dieu seul est le plus fort, qui commande à
tous les êtres en ce monde, que ce soit dans le ciel en haut, ou sur la terre ici-bas,
ou aux extrémités de l'horizon, et que c'est Lui seul qui gouverne pour toute
éternité
Parmi les nombreuses versions qui font intervenir Petit-Petiot, on compte celle du
recueil Folk-Lore and Folk Tales of Madagascar, paru en 1887, mais qui est en fait
aussi ancienne que celle de Dahle, puisqu'elle faisait partie d'une collection
imprimée d'abord en fascicules en 1877 par les membres de la Malagasy Folk-
Lore Society, et que sa traduction en anglais avait été donnée par J. Richardson
dans un article de la revue Antananarivo Annual de la même année, La chaîne y
est presque la même que dans la version des Specimens, sauf que les étapes du
sorcier maléfique et du poison d'épreuve sont sautées.
Hy a dans ce conte des pensées réellement juutete jages, mais il y en a aussi qui
ne sont justes qu'en apparence, qui ont été ajoutées plus tard por les collecteurs:
c'est ce qui se rapporte au sorcier et au poison d'épreuve Il n'y avait pas de
sorciers ni de poison d'épreuve chez les vrais Anciens sages, ce sont des idées
funestes qui ont été introduites plus tard aus tempe de la décadence», (1984, р. 9).
L'hypothèse suppose qu'on admette l'idée d'un âge d'or ancestral dans lequel les
institutions barbares, comme la sorcellerie et le poison d'épreuve, n'existaient pas
encore; elles n'ont pu être introduites qu'aux temps de la corruption ou de la
décadence (Texpression malgache dit littéralement ny androm-pihemorana les
jours du recul, le temps de la régression). Sans prendre parti dans une querelle
nue Pauthenticité de telle on telle version, j'aurais tendance au contraire à voir
dans la version des Specimens un texte plus complet, réduit dans la version de
Feik-Lore and Folk-Tales par la suppression d'un épisode qui était devenu genant,
ou qui simplement n'était plus au goût du jour.
Le sorcier a en effet bien sa place dans la chaîne pour la société malgache du XIXe
siècle, il est l'acteur de la mort des hommes, le criminel le plus effrayant, que seul
le poison d'épreuve peut vaincre à son tour. Il nous fait penser aux personnages
mortifères qu'on rencontre à la fin de plusieurs versions européennes relevées
par Cosquin le juge dans une chanson parisienne et dans un conte hongrois, le
bourreau dans un conte alsacien, le soldat dans une version vénitienne, le diable
dans des versions souabe et vosgienne, etc. On rencontre même dans un conta
allemand une sorcière, mais c'est un personnage tout différent du mpamosavy
des contes malgaches, plutôt une sorte de guérisseuse-exorciste, puisqu'elle
chasse le diable, mais qu'elle est brûlée à son tour par le bourreau, lequel est
finalçment tud par le docteur! (Cosquin, 1886, pp. 35-36).
Il est aussi des versions dans lesquelles la chaîne se termine sans aboutir à Dieu.
Une version betsimisaraka, publiée par Renel, professeur d'inspiration
rationaliste et directeur des services de l'enseignement de la Colonie, plaçait
Homme au sommet de la chaîne. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il n'y a
sans doute pas là un hasard: cette version est bien adaptée au laïque convaincu
qua été Renel, comme les versions se concluant sur la puissance de Dieu étaient
bien adaptées aux ecclésiastiques qui les avaient collectées et publiées. Je ne crois
certes pas que Renel ait falsifié volontairement le conte malgache pour y
introduire un argument de propagande: d'ailleurs pourquoi aurait-il effacé Dien
spécialement dans ce conte, et non dans les autres de son recueil où il apparait
aussi? Mais le conte s'adapte à son public, et dans la situation de collecte il n'y a
aucune raison pour que le récit ne soit pas parfois infléchi plus ou moins
subtilement en fonction de cette variété particulière de public que sont les
collecteurs, sans doute d'ailleurs, plutôt que Renel lui-même, les instituteurs qu'il
avait chargés de la mission de réunir des contes en vue de la publication qu'il se
proposait de faire. En tout cas c'est cette version, qui place l'homme au sommet
de la création et qui fait l'économie du personnage de Dieu, qu'on retrouve
comme texte proposé aux élèves des écoles officielles de la colonie dans S. Pénot,
L'Enseignement de Français par le texte de lecture (1934) et dans le Livre de
Lecture des Ecoles primaires indigènes (1948)...
Plus étonnante encore pour moi a été cette version masikoro entendue en 1976
(texte ci-après) dans laquelle la chaîne s'arrête brusquement sur la barre-à-mine
(baramino) qui brise la pierre. Quand Petit-Petiot lui demande si c'est elle la plus
forte, elle acquiesce sans hésiter: Oui, je suis forte! Et le conte s'arrête là Pour
l'ethnographe, la tentation serait de rejeter cette version récente comme
déformée, inauthentique. Ce serait une erreur, je crois. Sans doute le conteur
trouve plaisir à surprendre son auditoire tout le monde à Madagascar a plus ou
moins entendu ane autre version de Petit-Petiot, et en faisant cette chute
inattendue, le conteur s'amuse et nous amuse. Mais il y a sans doute plus: il peut
être significatif que soit choisi comme le plus fort cet outil, qui justement porte en
malgache un nom emprunté au français comme par hasard le seul de la liste, tous
les autres étant, comme c'est Thabitude dans les randonnées, des mots du
vocabulaire le base le plus élémentaire.
La force, la domination sont associées au monde des Blancs, des Vazaha, c'est-à-
dire à la fois au parler blanc qu'est le français... et à l'outil étranger, étranger
jusque dans son nom, choisi pour représenter la force. On sait que ce thème de la
force de l'étranger est souvent manipulé dans les contes, aussi bien dans ceux
qu'on entend maintenant que dans ceux que recueillaient les ethnographes de
Tépoque coloniale (Gueunier 1992, 1994).
Tableau 1: Dieu ou l'Homme?
La même malice innocente inspirait peut-être le très jeune garçon qui me contait
en 1992 une version bara de Rabotity dans laquelle l'Homune se récuse: laho
mahery, hoy i Raolo, nao vonoin'ny Vazaha? Suis-je fort, dit l'Homme, alors que le
Blanc me tue? Mais ici le Blanc lui-même doit se reconnaître vaincu: Jaho
mahery, hay Vazaha, nao mbo namboarin-Jañahary? Suis-je fort, dit le Blanc,
alors que moi aussi je suis créé par Dieu ? Ce Blanc-là n'était pas directeur des
écoles officielles...
Deux versions betsileo, celle de Dubois et une version inédite qui figure dans les
Manuscrits Valen, écrits entre 1885 et 1894, ont cette particularité d'aboutir elles
aussi à la divinité, mais sous la forme de ce qui apparaît comme une liste de
divinités, chacune plus forte que la précédente:
Revenons aux versions de l'Oiselle. La forme circulaire qui était bien neue dans la
version des Specimens de 1877, puisque TOiselle à la fin de sa quête était
ramenée à un oiseau, se trouble quelque peu dans les versions plus récentes.
Trois versions betsimisaraka ont été recueillies par F. Fanony, dont deux publiées
dans son recueil L'Oiseau Grand-Tison et autres contes... (2001) et l'autre confiée
par lui à M. N. Razafindramiandra (1994).
L'arbre, à ce qu'on dit, a été abattu par Fouragan, L'ouragan a été arrêté par la
montagne,
La Montagne a été traversée par le Rat, Le Rat a été tué par le Baton, Le Bâton a
été coupé par le Coupe-coupe, Le Coupe-coupe a été brisé par le Rocher, Le
Rocher a été recouvert par l'Eau, L'Eau a été franchie par la Passerelle, La
Passerelle, tu la traverses, toi Sire-Rale,
Et nous apprenons encore que le tåle a un rapport mystérieux avec la foutie mais
dans ce rapport, c'est ici clairement le råle qui a le dessus: tay azony fil il n'est pas
atteint par la "boue", ou: la "boue' ne peut rien contre lui, la bo étuant ici comme
chacun sait à Madagascar l'euphémisme prudent qui permet de désigner la
foudre sans prononcer son nom.
La dernière version que nous examinerons est due au conteur Paul Cong (2003),
qui s'est acquis une belle célébrité dans le Nord de Madagascar en donnan
régulièrement des contes à la radio, Elle conserve l'incident initial de l'Oiselle qui
a cherché le bon endroit pour mettre ses œufs à l'abri, mais en même temps elle
lui donne le nom de Rabotity, nom visiblement emprunté aux versions de la jami
cassée de Petit-Petiot. Dans ce conte Rabotity n'est donc plus un Petit-Petiot, mas
une oiselle dont il faudra traduire le nom par Dame-Petiote.
Elle est petite sans doute, mais on ne doit pas la sous-estimer, puisque le conteur
nous prévient que c'était le plus fort des oiseaux sur cette terre Lafah conte voit
l'oiselle, désemparée par l'insuccès de sa quête, aller en demander raison à Dieu.
Un des gardiens de la demeure de Dieu lui lance de la terre blanche sut le frontet
hien sûr l'anditeur doit comprendre que c'est la raison pour laquelle cette espèce
(toujours le råle, appelé ici tsikiza ou droviky) est marquée d'une tache blanche.
Comme dans les deux dernières versions nous avons une conclusion qa donne
l'explication du comportement du rûle: chaque soir cet oiseau monte vers le ciel
comme s'il voulait encore y monter, mais il n'a pas de force, alors il redescend La
chaîne quant à elle ne se boucle donc pas sur la victoire de l'oiseau. Elle concha
plutôt par une réflexion sur la condition humaine: il y a bien un être qui est plus
fort que tous les autres, mais cette fois ce n'est pas Dieu, encore moins l'Homme
C'est moi Dame-Petiote, C'est moi Dame-Petiote qui ai pondu en haut de l'Arbre,
Le Bâton a été coupé par le Coupe-coupe, Le Coupe-coupe a été brûlé par le Feu,
Le Rocher a été percé par le Crabe, qui y a fait son gite, Le Crabe a été mangë par
Toison-au-Sommet, Torson-au-Sommet a été bousculé par le Sommeil,
La fin de la chaîne révèle une orientation abstraite de la pensée ce qui est plus
fort que Thomine (désigné par son nom mythologique de Toison-an-Sommet)
clest le sommeil, la mort, et finalement les Jours et les Nuits, c'est-à-dire le temps.
qui use la vie.
Sans doute est-ce cela le conte: sans perdre la légèreté d'un jeu d'enfants, unc
trame si simple, justement parce qu'elle est si simple, peut toujours nous donner
à penser, comme elle a donné à penser aux Anciens.
Angano anihy zainy angano analy
Si ce n'est pas mon conte, non pas mon conte, Alors tu peux pleuvoir, ô toi le
temps de demain !
IBOTITY
I eo ie laha telotela, akapako any raha ty- wo zato selotelu. Nianatry. Ka i ev ie,
laha fa nianatsy rozy, mandeha, vianatay
-Nako kuahy iha Haze toy, hay i, mahery va koaky, hoy i, tha eo? Zabe ole be vata
toy laha nañaniky aminar la nilatsaky io?
"Nas koahy, Vohitzy, hay i, mahery va koahy, hay i, iha eo -Tsy mahery kouhy,
hoy i, aho, laha tratsiny ñy Valavo, la... la loadoaky. -Valavo nañiri-Bohitty, hoy i,
Vohitsy nanampy Tsioky, Trioky namola-Kazo Hazo namolaky an-dRabotity."
Tsy mahery koaky, hoy ñy Valavo, aho, laha tratsiny ñy Retsaka, la mifereñay.
Tsaka nañia Valave, hoy t Valavo nañiri-Bohitsy,..."
Mahery va koahy, hoyi, tha co, Tady? Tsy mahery, hoy i, aho, laha tratziny ñy
Meso, la miferiñay, Meso nanampa-Tady, hoy Tady nandrohy Tanku,
Mahery va koohy, hoy i, iha co, Meso 2 Tsy mahery, hoy i, aho, laha tratsiny Ry
Bolò, la mena, -Bolo nahamena Mese, hoy L Meso nonampa-Tady,
Mahery va koahy iha eo, hoy i, Rerano Tsy mahery, hoy i, aho, laha tratziny ny
Laka, la miferiñay. Laka nanory Rano, hoy i Rano namono Bolo,
Il y avait des enfants, trois enfants. Et ces trois enfants (ah, je vais l'avaler, ce
machin 1), ces enfants étaient trois. Ils allaient à l'école. Et comme ils allaient à
fécole, les voilà partis. Ils sont partis pour l'école.
Et en revenant, ils sont grimpés sur un manguier, et comme ils étaient grimpés
sur un manguier, parce qu'ils avaient faim, oui, c'étaient trois garçons, et il y en a
un qui est tombé. Un de ceux qui étaient montés, il est tombé, et il s'est cassé une
jambe. Et on l'a porté, on l'a porté, on la porté, on la porté sur les épaules, jusqu'à
ce qu'on arrive à l'amener au village.
Et alors (les gens d'autrefois, vous savez, ils étaient bien bêtes), il a demandé, il a
demandé au manguier, à l'arbre qui l'avait fait tomber, il a demandé à l'arbre:
"He toi, FArbre, es-tu fort, toi 7 Puisque moi qui suis bien grand", quand je suis
monté sur toi, je suis tombe.
L'arbre répondit:
"Je ne suis pas fort, puisque le Vent me brise". Il a demandé, il a demandé à Sire-
Vent:
-Je ne suis pas forte, moi, dit-elle, si le Rat m'attrape, il me perce de partout
-Je ne suis pas fort, dit le Rat, si Sire-Chat m'attrape, je suis tout misérable!
-Je ne suis pas fort, dit-il, si la Corde m'attrape, je suis tout misérable.
-Je ne suis pas forte, dit-elle, si le Couteau m'attrape, je suis toute misérable
"Es-tu fort, toi, Couteau? -Je ne suis pas fort, dit-il, si le Feu m'attrape, je rougis.
-Je ne suis pas fort, dit-il, si l'Eau m'attrape, je suis tout misérable.
-Je ne suis pas forte, dit-elle, si la Souche m'attrape, je suis toute misérable.
Souche a percé Pirogue, Pirogue a traversé Eatu...."
-Je ne suis pas forte, dit-elle, si la Hache m'attrape, je suis toute misérable.
-Je ne suis pas forte, dit la hache, si la Pierre m'attrape, je suis ébréchée. - Pierre a
ébréché Hache,
Eau a tué Feu, Feu a fait rougir Couteau, Couteau a coupé Corde, Corde a attaché
Chat, Chat a poursuivi Rat, Rat a troue Montagne, Montagne a arrêté Vent. Vent a
brisé Arbre, Arbre a cassé la jambe de Petit-Petiot -Es-tu forte, toi, Barre-a-Mine"
Oui Je suis forte, dit-elle!"