ÉNS Lyon Algèbre 1
20202021 L3
TD2 : Formes linéaires, dualité et transposition
Dans toute cette feuille on xe un corps k . En l'absence de précision, les
espaces vectoriels considérés sont sur k .
Exercice 1 Soit n ∈ N . On note (e ) ∗
i 1≤i≤n la base canonique de k ,
n
(fi )1≤i≤n une base de k et
n
(e∗i )1≤i≤n , (fi )1≤i≤n leurs bases duales respectives.
∗
Soit A = (ai,j )1≤i,j≤n la matrice Pnde passage de e à f (c'est-à-dire que pour
tout j ∈ {1, . . . , n}, on a fj = i=1 ai,j ei ).
1. Pour j ∈ {1, . . . , n}, on écrit e∗j = ni=1 a0i,j fi∗ , où a0i,j ∈ k pour 1 ≤
P
i, j ≤ n. Déterminer A0 = (a0i,j )1≤i,j≤n en fonction de A.
2. Exprimer la matrice de passage de e∗ à f ∗ en fonction de A.
3. Retrouver ce résultat en utilisant la transposée d'un certain endomor-
phisme.
Exercice 2 Soit E = k [X] l'ensemble des polynômes de degré au plus
n
n sur k . On se donne n + 1 éléments distincts a0 , . . . , an de k et pour i ∈
{0, . . . , n}, on note fi : P 7→ P (ai ) la forme linéaire sur E d'évaluation en ai .
1. Montrer que (f0 , . . . , fn ) est une base de E ∗ .
2. Calculer la base de E dont elle est duale.
3. On suppose que k est de caractéristique 0. Mêmes questions en xant
a ∈ k et en considérant fi : P 7→ P (i) (a) pour 1 ≤ i ≤ n.
Exercice 3 Soit E un espace vectoriel de dimension n. Pour chaque
0 < p < n notons Gp (E) l'ensemble de tous les sous-espaces vectoriels de E
de dimension p.
1. Montrer que pour tout F, G ∈ Gp (E) il existe un automorphisme f :
E → E qui envoie F sur G.
2. Exhiber une bijection naturelle entre Gp (E) et Gn−p (E ∗ ).
Exercice 4 Soit E = k[X]. Pour tout n ∈ N, on note e l'application∗
n
linéaire vériant = 1 et
e∗n (X n ) = 0 pour tout i 6= n. Montrer que
e∗n (X i )
(e∗n )n∈N n'est pas une base de E , bien que (X n )n∈N soit une base de E .
∗
Montrer que E ∗ est isomorphe à k N .
Exercice 5 Soit V un espace vectoriel de dimension nie, et (λ ) i i∈I une
famille d'éléments de V . ∗
Montrer que Vect(λi )i∈I = {µ ∈ V ∗ | i ker λi ⊂ ker µ}T
. Donner une re-
T
lation entre la dimension de cet espace et la dimension de i ker λi .
1
Exercice 6 Pour tout A ∈ M (k), on dénit la forme linéaire λ ∈
n A
M (k) par λ (M ) = tr(AM ).
∗
1. Montrer que l'application λ : M (k) → M (k) dénie par A 7→ λ
n A
∗
n n A
est un isomorphisme.
2. Soit λ ∈ M (k) telle que λ(AB) = λ(BA) pour tous A, B ∈ M (k).
n
∗
n
Montrer que λ est proportionnelle à la trace.
3. Soient A, B ∈ M (k) deux matrices. On suppose que λ s'annule sur
n B
CA = {C ∈ Mn (k), AC = CA}. On se propose de montrer qu'il existe une
matrice C ∈ Mn (k) telle que B = AC − CA.
On dénit un endomorphisme f de Mn (k) par f (X) = AX − XA. On
introduit le sous-espace W = λ(ker f ) de Mn (k)∗ .
a.
Montrer que pour tout C ∈ ker f , on a λC (B) = 0.
b.
Montrer que W > = im f .
c.
Conclure.
4. Montrer que tout hyperplan de M (k) contient une matrice inversible.
n
Exercice 7 Soit V un espace vectoriel et W un sous-espace. On note
i : W ,→ V l'inclusion canonique et π : V V /W l'application quotient.
1. Vérier que pour tout λ ∈ V , i(λ) est la restriction de λ à W .
∗ t
2. Montrer que π dénit un isomorphisme naturel entre (V /W ) et W .
t ∗ ⊥
3. En déduire que si V est de dimension nie, alors dim W + dim W = ⊥
dim V , et qu'on a l'égalité analogue pour les sous-espaces de V . ∗
4. Soit f ∈ End(V ). Montrer que W est stable par f si et seulement si
W est stable par f ∈ End(V ).
⊥ t ∗
Exercice 8 Soit V et W des espaces vectoriels de dimension nie et soit
f : V → W une application linéaire.
1. Montrer qu'il existe une famille nie (w ) d'éléments de W et une
i i∈I
famille nie de formes linéaires λ ∈ V , telles que f =
∗
λw.
P
2. Montrer que le rang de f est le nombre minimal d'éléments w néces-
i i∈I i i
i
saires pour une telle écriture.
3. Soit (w ) une base de W . Montrer
i i∈I qu'il existe une unique famille
(λ ) d'éléments de V telle que f = ∗
λw.
P
4. Montrer qu'avec ces notations, l'image de f est le sous-espace de V
i i∈I i i i
t ∗
engendré par les λ . i
Exercice 9 Soit f : E → F une application linéaire entre deux espaces
vectoriels. Montrer que le dual du conoyau de f (c'est-à-dire de F/im(f )) est
naturellement isomorphe au noyau de t f .
2
Exercice 10 Dans cet exercice, on choisit k = R. Soit C ∞
c (R)l'ensemble
des fonctions lisses à support compact et à valeurs réelles sur R. C'est un
espace vectoriel de dimension innie. Notons D(R) son dual. PourR toute
fonction f ∈ Cc∞ (R), on dénit l'application Df ∈ D(R) par (g 7→ R f.g).
Pour toute forme linéaire φ ∈ D(R), on dénit la dérivation φ0 de φ par la
formule φ0 (g) = −φ(g 0 ) pour tout g ∈ Cc∞ (R).
1. Montrer que l'application Df et sa dérivation sont bien dénies et sont
des formes linéaires. Trouver une relation entre (Df )0 et Df 0 .
2. Montrer que l'application Π : Cc∞ (R) → D(R) donnée par f 7→ Df est
linéaire et injective.
3. Trouver un exemple d'une forme linéaire φ ∈ D(R) qui n'est pas de la
forme Df pour une certaine f ∈ Cc∞ (R) et déterminer sa dérivation.
Si V et W sont des espaces vectoriels, on appelle accouplement entre V
et W une application bilinéaire ϕ : V × W → k . On dit que ϕ est parfait si
l'application linéaire V → W ∗ dénie par x 7→ ϕ(x, ·) = (y 7→ ϕ(x, y)) est un
isomorphisme.
Exercice 11 Soit E un espace vectoriel de dimension nie et E son ∗
dual.
1. Montrer que l'application h·, ·i : E × E → k dénie par hx, f i 7→ f (x)
∗
est un accouplement parfait entre E et E . ∗
2. Montrer que si f : E → E est une application linéaire alors la transpo-
sée tf : E ∗ → E ∗ est l'unique application linéaire telle que, pour tout x ∈ E
et y ∈ E ∗ , on a hf (x), yi = hx, tf (y)i.
Exercice 12 On reprend les notations de l'exercice précédent. Soit B une
base de E et φ : E → E ∗ l'isomorphisme qui envoie B sur la base duale B ∗
de E ∗ .
1. Vérier que l'application (·, ·) : E ×E → k dénie par (x, y) = hx, φ(y)i
est un accouplement parfait.
On dit qu'une application f : E → E est symétrique (resp. anti-symétrique)
si (f (x), y) = (x, f (y)) (resp. (f (x), y) = −(x, f (y))) pour tout x, y ∈ E .
2. Soit f : E → E une application linéaire et A la matrice f dans la base
B de E . Montrer que :
a. si f est symétrique, alors A = tA ;
b. si f est anti-symétrique, alors A = −tA.
3. On suppose désormais que k = R. Montrer que si f est anti-symétrique,
alors IdE +f : E → E est un automorphisme.