Analyse fonctionnelle
TD no 1
Autour du théorème de Baire
Séance du 12 février 2018
Exercice 1. Échauffement : formes linéaires continues
Soit E un espace vectoriel topologique sur K, et ` une forme linéaire non nulle sur E.
On suppose que ker ` est un sous-espace fermé de E.
1. Montrer qu’il existe x ∈ E et V un voisinage équilibré de 0 tels que
(x + V ) ∩ ker ` = ∅.
2. Montrer que `(V ) est un ensemble borné de K, et en déduire que ` est continue.
Exercice 2. Espaces quotient
Soit E un espace vectoriel topologique séparé, et F un sous-espace vectoriel de E. On
rappelle que la topologie quotient sur E/F est la topologie la plus fine parmi celles qui
rendent continue la projection canonique π : E → E/F .
1. Montrer que si U est un ouvert de E, alors π(U ) est un ouvert de E/F .
2. En déduire que E/F possède une structure d’espace vectoriel topologique.
3. Montrer que E/F est séparé si et seulement si F est fermé.
Exercice 3. Sur certains sous-espaces de L1
Soit (Ω, µ) un espace mesuré. Soit V un sous-espace fermé de L1 (Ω, C) possédant la
propriété suivante : pour tout f ∈ V , il existe p = p(f ) > 1 tel que f ∈ Lp (Ω, C).
1. Rappeler pourquoi, si g ∈ L1 ∩ Lp pour un p > 1, alors g ∈ Lq pour tout q ∈ [1, p].
1
2. Pour n ∈ N∗ , on définit Fn := {f ∈ V ∩ L1+ n , kf k 1+ n1 ≤ n}. Montrer que
S L
— n≥1 Fn = V ,
— pour tout n ≥ 1, Fn est un fermé de V . (On pourra utiliser le lemme de Fatou.)
3. En déduire qu’il existe p0 > 1 tel que V ⊂ Lp0 , avec injection continue.
Exercice 4. Sur les hypothèses du théorème de l’application ouverte
1. Trouver une application linéaire continue f : R → R qui n’est pas ouverte.
2. Trouver une application continue surjective f : R → R qui n’est pas ouverte.
3. On note E l’ensemble des suites {xn }n≥0 presque nulles, muni de la norme k · k∞ .
Trouver T ∈ L(E) bijectif, dont l’inverse n’est pas continu.
Joseph Thirouin 1 DMA 2017/2018
Exercice 5. La transformée de Fourier sur L1 ([0, 2π])
Pour f ∈ L1 ([0, 2π]), on définit la suite de ses coefficients de Fourier par
Z 2π
1
cn (f ) := f (x)e−inx dx, ∀n ∈ Z.
2π 0
On considère l’application F : f 7→ {cn (f )}n∈Z sur L1 ([0, 2π]).
1. Montrer que F prend ses valeurs dans c0 (Z), l’ensemble des suites tendant vers 0 à
l’infini.
2. Montrer que F est injective.
3. Montrer par l’absurde que F n’est pas surjective.
Bonus : Quel serait un meilleur espace sur lequel considérer F ?
Exercice 6. Un théorème de Grothendieck
Le but de cet exercice est de démontrer le résultat suivant :
Théorème. Soit (Ω, µ) un espace mesuré de mesure totale finie et p ∈ [1, +∞[. On consi-
dère S un sous-espace fermé de Lp (Ω, C), inclus dans L∞ (Ω). Alors S est de dimension
finie.
1. On commence par se ramener au cas où p = 2. Montrer qu’il existe une constante
C > 0 telle que pour tout f ∈ S, kf kL∞ ≤ Ckf kLp . En déduire (en distinguant les cas
p ≤ 2 et p > 2) que, pour une certaine constante M > 0, on a, ∀f ∈ S,
kf kL∞ ≤ M kf kL2 .
2. Soit n ≥ 1. On suppose qu’il existe une famille libre de n fonctions de S. Montrer
qu’il existe alors une famille de fonctions φ1 , . . . , φn de S, orthonormale pour le produit
scalaire (hermitien) de L2 (Ω, C).
Pn
3. On note B := {λ = P (λ1 , . . . , λn ) ∈ Cn , 2 n
i=1 |λi | ≤ 1} la boule unité de C . Pour
n
λ ∈ B, on introduit fλ = i=1 λi φi . Montrer qu’il existe un ensemble N ⊂ Ω de mesure
nulle tel que
∀λ ∈ B, ∀x ∈ Ω\N , |fλ (x)| ≤ M.
4. En déduire que ∀x ∈ Ω\N , on a ni=1 |φi (x)|2 ≤ M 2 , et conclure.
P
5. Montrer qu’en revanche, il existe des sous-espaces fermés de L2 ([0, 2π]), inclus dans
L4 ([0, 2π]) et de dimension infinie. On pourra considérer par exemple
( )
n
X
E := f : x 7→ an ei2 x , {an }n∈N ∈ `2 (N) .
n∈N
Généraliser.
Exercice 7. Théorème de Sunyer i Balaguer
Soit f ∈ C ∞ (R, R) une fonction lisse telle que pour tout x ∈ R, il existe n = n(x) ∈ N
tel que f (n(x)) (x) = 0. Montrer que f est polynomiale.
Indication : On peut poser X = {x ∈ R | ∀a < x < b, f |]a,b[ n’est pas polynomiale}, et
montrer par l’absurde que X = ∅ en utilisant Baire.
Joseph Thirouin 2 DMA 2017/2018