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Comprendre le marché interbancaire

Le marché interbancaire permet aux banques de se prêter des liquidités sans garantie, facilitant ainsi l'ajustement de leurs trésoreries. Les banques peuvent emprunter à court terme, avec des taux d'intérêt encadrés par la Banque Centrale, qui ne participe pas directement à ce marché. Il existe différents types de banques, chacune ayant des fonctions spécifiques et des statuts juridiques variés, influençant leur accès au marché interbancaire.

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Comprendre le marché interbancaire

Le marché interbancaire permet aux banques de se prêter des liquidités sans garantie, facilitant ainsi l'ajustement de leurs trésoreries. Les banques peuvent emprunter à court terme, avec des taux d'intérêt encadrés par la Banque Centrale, qui ne participe pas directement à ce marché. Il existe différents types de banques, chacune ayant des fonctions spécifiques et des statuts juridiques variés, influençant leur accès au marché interbancaire.

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2ème chapitre LE MARCHE INTERBANCAIRE

INTRODUCTION : définition du marché interbancaire

1ère remarque : Plutôt que de se refinancer auprès de la BC, les banques


en besoin de liquidités peuvent emprunter auprès de leurs consoeurs, sur ce que
l’on appelle le MIB. Par conséquent, le MIB est un compartiment du marché
monétaire, donc de court terme.

Si l’on reprend l’exemple du chapitre précédent, la banque va donc emprunter


300 000 euros à une autre banque, pour une certaine période. A la fin du crédit
(à l’échéance), la banque va rembourser les 300 000 euros et payer un taux
d’intérêt.

Attention : contrairement au refinancement auprès de la BC, sur le marché


interbancaire, les opérations se font en blanc, c’est-à-dire sans garantie. En
d’autres termes, la banque emprunteuse n’a pas besoin de donner des titres (bons
du Trésor) à la banque prêteuse pour obtenir les 300 000 euros demandés.

2ème remarque : l’avantage du marché interbancaire est qu’il permet


d’ajuster les trésoreries bancaires : les banques en excédent de liquidités
(d’argent) prêtent à celles en manque de liquidités. On l’a vu, le premier métier
d’une banque est le crédit. Bien entendu, les banques prêtent à leurs clients
(crédit-consommation, crédit immobilier…). Mais elles peuvent également
prêter à d’autres banques pour faire « fructifier » l’argent placé sur les comptes
de leurs clients. En effet, si elles ne le font pas, elles ne gagnent pas d’argent,
voire en perdent : si elles laissent la monnaie sur les comptes-courants, cela ne
leur rapporte rien ; et si elles laissent la monnaie sur les livrets bancaires (par
exemple un livret A), elles perdent 0,5%, puisqu’il s’agit du taux de
rémunération, donc qu’elles versent aux détenteurs de ces comptes.

Evidemment, la situation des banques évolue chaque jour, voire même plusieurs
fois par jour : une banque ayant beaucoup d’argent aujourd’hui (par exemple
parce que ses clients ont déposé des fonds sur leurs comptes) peut très bien se
trouver en déficit de liquidités demain (parce que ces mêmes clients retirent
beaucoup d’argent et font beaucoup de dépenses).
Ce chapitre comporte 2 points : dans un premier temps, nous verrons ce
que l’on entend exactement par banque. Dans un second temps, on reviendra sur
le refinancement en lui-même : quelles sont les durées de crédit entre banques,
comment s’appellent les taux d’intérêt pratiqués…

I. DEFINITION D’UNE BANQUE

1ère remarque : cela paraît logique, seules les banques ont accès au marché
interbancaire (donc également au refinancement auprès de la Banque centrale, cf
chapitre précédent).

Attention : la BC n’intervient pas sur ce marché interbancaire, parce qu’elle


n’en n’a pas besoin : on l’a vu dans le chapitre précédent, le taux de facilité de
dépôt est le taux plancher et le taux de prêt marginal est le taux plafond. Par
conséquent, les taux d’intérêt pratiqués sur ce marché interbancaire se situent
obligatoirement entre les 2 (cf, dans ce chapitre, II).

2ème remarque : il existe 3 types de banques :

+ Ce que l’on appelle les établissements de crédit ; dans le langage courant, ce


sont « nos » banques. La définition d’un établissement de crédit est la suivante :
il s’agit d’une personne morale qui effectue, à titre de profession habituelle, des
opérations de banque, au nombre de 3 : gestion de comptes (comptes-courants,
sur livrets..), octroi de crédits (à court, moyen et long termes) et mise à
disposition de moyens de paiement (carte bancaire, chéquier…).

Attention : ne pas confondre les établissements de crédit avec les sociétés de


crédit (par exemple Cetelem) : celles-ci n’ont pas accès au marché interbancaire
car elles ne font que du crédit et pas de réception de fonds ni de mise à
disposition de moyens de paiement. Les compagnies d’assurance n’y ont pas
accès non plus, sauf évidemment si elles ont le statut de banque.

En France, on distingue 2 catégories d’établissement de crédit. Attention :


elles font évidemment le même métier (celui de banque), ce qui ne change donc
rien pour nous, clients, mais leur statut juridique n’est pas le même, ce qui a une
conséquence majeure (cf plus loin).
+ les banques « traditionnelles » : exemples : BNPParibas, Société Générale,
LCL, Crédit du Nord ;

+ les banques mutualistes et coopératives : exemples : Crédit Mutuel, Banque


Postale, Caisses d’Epargne, Banques Populaires, Crédit Agricole…

Tous les établissements de crédit ne sont pas cités ici, seulement les plus connus.

Les banques traditionnelles ont le statut de Société Anonyme, ce qui signifie


plusieurs choses : leur capital social est composé d’actions (définition vue dans
l’introduction générale). Le capital social correspond à l’apport initial au
moment de la création de l’entreprise (banque ou autre) et aux éventuels apports
ultérieurs.

Exemple : une entreprise est créée par 5 personnes avec 100 000 euros. Le
capital social s’élève donc à 100 000 euros, qui doivent être divisés en actions
(par exemple 100 000 valant chacune 1 euro ; ce sont les propriétaires de
l’entreprise qui décident). Si, par la suite, 40 000 euros de plus sont apportés, le
capital social s’élèvera à 140 000 euros.

Les 5 personnes (propriétaires) sont, logiquement, appelées des actionnaires.

Ils ne sont responsables qu’à hauteur de leurs apports : si chacun amène


20 000 euros, au maximum, en cas de fermeture de l’entreprise, ils perdront
20 000.

En revanche, les banques mutualistes ne sont pas des Sociétés Anonymes. Par
conséquent, leur capital social est divisé en parts sociales et les propriétaires
sont appelés des sociétaires.

Cette différence de statut a une conséquence fondamentale : seules les banques


traditionnelles peuvent être cotées en bourse, car on ne cote que les sociétés
anonymes.

Ainsi, par exemple, le Crédit Agricole ne peut pas être coté, ce qui est très
problématique puisqu’il s’agit de l’une des plus grandes banques françaises
(voire européenne). Par conséquent, en 2001, a été créé ce qui s’appelle CA SA
(Crédit Agricole Société Anonyme). C’est cette entité-là (appelé organe central,
c’est-à-dire la tête de réseau qui gère les caisses régionales et les caisses locales,
qui sont les agences bancaires des clients) qui est cotée : vous pouvez donc
acheter des actions CA SA mais pas CA puisqu’il reste une banque mutualiste.
En plus, en 2002, le Crédit Lyonnais (LCL) est devenu une filière du CA
Attention : les 2 banques existent toujours, donc si vous êtes client CA, vous ne
l’êtes pas automatiquement au LCL ; et comme il est interdit de coter et la
maison mère et sa filière, les actions LCL ne sont plus négociables sur les
marchés.
+ Les banques publiques réservées à certains agents économiques : il ne
s’agit pas de banques pour les individus (les « nôtres » sont les établissements de
crédit, traités précédemment), mais pour les entreprises essentiellement.
Attention : les entreprises peuvent détenir un compte dans un établissement de
crédit et dans une de ces banques publiques. Il en existe beaucoup en France,
mais 2 principales :

II. La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) : c’est, entre autres, la


banque des études de notaires, d’entreprises et des organismes HLM,
selon le principe suivant : lorsque vous détenez un livret A ouvert
auprès d’une Caisse d’Epargne ou de la Banque Postale, les fonds sont
centralisés et gérés par la CDC. Et plus l’encours (l’argent) collecté est
important, plus la CDC accorde des crédits aux organismes HLM
(pour financer le logement social) à des taux d’intérêt faibles ;
III. La Banque Publique d’Investissement (BPI France): c’est
également la banque de certaines entreprises. NB : on en parle
beaucoup actuellement puisque c’est elle, entre autres, qui a la charge
de garantir les prêts bancaires des entreprises (pas pour les individus).
Cela permet aux sociétés en difficulté en raison de la crise sanitaire de
ne pas faire faillite : elles peuvent obtenir des avances de trésorerie
(d’argent) pour continuer à fonctionner et ne pas payer leurs
mensualités dues pendant un certain temps.

+ Les banques d’affaires, également appelées banques d’investissement. Ce


sont des établissements qui font de la gestion de portefeuille, c’est-à-dire qui
gèrent, pour leur propre compte mais surtout pour le compte de leurs clients, des
ensembles de titres (bons du Trésor, actions, obligations…)

Attention : elles portent le nom de banque mais elles n’en sont pas au sens
d’établissements de crédit. En effet, elles n’accordent pas de crédit, n’ouvrent
pas de comptes-courants ou sur livrets pour leurs clients et ne mettent pas de
moyens de paiement à disposition de leurs clients. Elles font exclusivement de
la gestion d’actifs.

En France, il n’existe que très peu de banques d’affaires « pures », c’est-à-dire


qui ne font que de la gestion de portefeuille. En effet, c’est le principe de
banque universelle qui domine, c’est-à-dire que nos banques sont à la fois des
établissements de crédit et des banques d’affaires, le tout sous le même nom. On
peut néanmoins citer NATIXIS (banque d’investissement de la Caisse
d’Epargne).

On constate donc que la Banque Centrale n’intervient pas sur le marché


interbancaire parce qu’elle n’en n’a pas besoin. Avec son taux plancher et son
taux plafond (cf chapitre précédent), elle encadre tous les taux d’intérêt
pratiqués entre les 3 catégories de prêteurs et d’emprunteurs qui viennent d’être
détaillés. C’est ce qui va être développé…

II. LES TAUX D’INTERET PRATIQUES SUR LE MARCHE


INTERBANCAIRE

Sur le marché interbancaire, la durée minimale du crédit est de 24 heures :


cela est logique, les banques ne peuvent pas prêter pour une durée plus courte.

Et la durée maximale du crédit est de 1 an : cela s’explique par le fait qu’il


s’agit d’un compartiment du marché monétaire (cf introduction du marché),
donc d’un marché de court terme.

Attention : la définition du court terme dans ce cadre n’est donc pas la même
que celle qui concerne les agrégats monétaires (pour rappel, 2 ans, cf chap.
précédent)

Par conséquent, il existe, a priori, 365 (ou 366 pour les années bissextiles) de
taux pratiqués, puisqu’il y en a autant que de durées de crédits possibles entre
24hs et 1an. Cela est normal : une banque qui emprunte pour 5 jours ne paiera
pas le même taux d’intérêt que si elle emprunte pour 4 mois (le même principe
s’applique à nous).

Ces 365 (366) taux d’intérêt sont alors classés en 2 grandes catégories : d’une
part, ce que l’on appelle les taux au jour le jour ; d’autre part, ce que l’on appelle
les taux à terme.

I. Les taux au jour le jour (TJJ)


Comme leur nom l’indique, il s’agit des taux d’intérêt pratiqués pour des prêts
d’une durée de 24 hs.

Mais attention : ils varient d’une transaction à l’autre, donc il y en a autant par
jour qu’il y a de montants différents empruntés par les banques. De nouveau,
cela est normal : une banque qui emprunte 100 000 euros à une autre pour 24hs
paiera un taux d’intérêt plus faible qu’une autre empruntant 1 million d’euros
pour 24hs (durée identique) : plus la somme est élevée, plus le prêteur prend un
risque important en cas de non remboursement.

Par conséquent, tous les soirs, la BCE calcule et publie la moyenne des taux
pratiqués au cours de la journée. On parle donc du TJJ et non des TJJ.

Rappel : tous les taux d’intérêt possèdent 2 noms (cf chapitre précédent).

La BCE en évalue donc un autre, appelé taux EONIA (Euro OverNight Index
Average). Il s’agit du taux au jour le jour moyen pondéré par le volume des
transactions dont le montant dépasse 1 million d’euros.

Voilà comment il se situe par rapport aux taux pratiqués par la BCE :

Taux de facilité de dépôt < EONIA < Taux directeur < Taux de prêt
marginal

Les explications sont les suivantes (cf chapitre précédent) :

+ l’EONIA est nécessairement supérieur au taux de facilité de dépôt, puisqu’il


s’agit du taux plancher : il n’existe donc pas de taux plus faible ;

+ l’EONIA est nécessairement inférieur au taux de prêt marginal, puisqu’il


s’agit du taux plafond : il n’existe donc pas de taux plus élevé ;

+ l’EONIA est nécessairement inférieur au taux directeur puisque la durée du


crédit est plus courte (24hs contre 1 semaine), donc le risque de non
remboursement plus faible.

On parle de structure normale de taux d’intérêt : plus la durée de crédit est


courte, plus le taux d’intérêt est faible.
Attention : le taux de prêt marginal a également une durée de 24hs. Mais, pour
rappel, il n’est pas normal, au regard de la durée de crédit, qu’il soit supérieur au
taux directeur.

On constate donc que pour une même durée (24hs), le taux EONIA est
beaucoup plus faible que le taux de prêt marginal. Par conséquent, les facilités
permanentes (refinancement à l’initiative de la banque) ne sont jamais utilisées :
la banque préfèrera toujours emprunter à une autre banque plutôt qu’à la Banque
centrale. Mais attention : cela ne signifie pas que les facilités permanentes ne
sont pas utiles. Elles le sont, car elles permettent à la Banque centrale de fixer le
taux plafond, au-dessus duquel les banques ne peuvent pas prêter aux autres.

Pour conclure, depuis plusieurs années, le taux EONIA est négatif, puisqu’il est
nécessairement inférieur au taux directeur, lui-même à 0. Cela signifie donc que
c’est la banque prêteuse qui perd de l’argent !!! A priori, aucune banque ne va
donc accepter d’accorder un crédit pour 24 heures à l’une de ses consoeurs.
Mais il est possible de l’interpréter autrement : certes, la banque prêteuse perd
de l’argent, mais moins que si elle laisse l’argent sur son compte-courant à la
BC, « rémunéré » au taux plancher de – 0,5%.

Bien entendu, cet état de fait est voulu par la BCE : qu’elle laisse de la monnaie
sur son compte, ou qu’elle le prête au taux EONIA, la banque est perdante.
L’objectif de la Banque centrale est donc de l’inciter à prêter à ses clients, à taux
positif (donc en gagnant de l’argent), pour faire augmenter la quantité de
monnaie et, plus tard, l’inflation (cf chapitre précédent).

II. Les taux à terme

Comme vu précédemment, il s’agit des taux pratiqués pour des durées


théoriquement comprises entre 48hs et 1 an, soit 364 taux.

Dans les faits, les échéances sont mensuelles. Il n’existe donc que 12 taux à
terme, également appelés les taux EURIBOR (Euro Interbank Offered Rate). Et
seuls 4 sont utilisés : l’Euribor 1 mois (E1M), l’E3M, l’E6M et l’E12M.

Ainsi, l’Euribor 6 mois est le taux d’intérêt auquel une banque prête à une autre
pour une durée de 6 mois.
Le taux le plus utilisé est l’Euribor 3 mois (E3M), parce que les entreprises
amortissent généralement leurs emprunts sur une base trimestrielle.

Théoriquement, la hiérarchie de taux est la suivante :

Taux de facilité de dépôt < EONIA < Taux directeur < E1M < E3M< E6M<
E12M <Taux de prêt marginal

Pour les mêmes raisons que précédemment, les taux Euribor sont
nécessairement compris entre les taux plancher et plafond. De la même manière,
ils sont supérieurs au taux directeur puisque la durée de crédit est plus longue.
L’ « anomalie » reste le fait que le taux de prêt marginal, d’une durée de 24 hs,
soit supérieur au taux d’emprunt sur 12 mois.

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