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Contrôle des taux d'intérêt et refinancement

Le document traite du contrôle des taux d'intérêt par les banques centrales, en expliquant les fuites de capitaux et les réserves obligatoires. Il décrit également le processus de refinancement, les opérations d'open-market et les facilités permanentes, ainsi que les différents taux d'intérêt associés. Enfin, il souligne l'importance de ces mécanismes pour encourager le crédit et influencer l'inflation.

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Contrôle des taux d'intérêt et refinancement

Le document traite du contrôle des taux d'intérêt par les banques centrales, en expliquant les fuites de capitaux et les réserves obligatoires. Il décrit également le processus de refinancement, les opérations d'open-market et les facilités permanentes, ainsi que les différents taux d'intérêt associés. Enfin, il souligne l'importance de ces mécanismes pour encourager le crédit et influencer l'inflation.

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I.

Le contrôle des taux d’intérêt

Exemple : soit une agence ouvrant avec 3 millions d’euros, constitués


par l’ensemble des dépôts de ses clients. A priori, théoriquement, elle
peut prêter la totalité de cette somme.
Une heure après l’ouverture, la banque pourra disposer de moins ou
plus de dépôts.
Les 2 réponses sont valables mais on ne travaillera que sur l’hypothèse
qu’elle dispose de moins de capitaux, parce qu’elle subit des fuites.
Il en existe 2 types.
A. Les fuites naturelles
On en distingue 2 catégories :
- Les fuites en billets : retraits aux Distributeurs Automatiques de
Billets ou directement aux guichets ;
- Les fuites liées aux règlements interbancaires : CB, chèques
(notamment) entre 2 clients de 2 banques différentes.

B. Les fuites artificielles


Elles sont qualifiées d’artificielles parce qu’elles ont été inventées par
les Banques Centrales (BC).
On les appelle également les Réserves Obligatoires.
Le principe est le suivant : chaque mois, chaque banque doit bloquer
sur son compte-courant à sa Banque Centrale Nationale un certain
montant des dépôts de ses clients qu’elle détient, en fonction d’un taux
de réserves obligatoires fixé par la BC.
Rappel : nos banques ont toutes un compte auprès de leur BC (les
banques françaises à la Banque de France…)
Au bout d’un mois, les banques récupèrent les fonds, puis bloquent de
nouveau pour un mois et ainsi de suite.
L’idée est la suivante : l’argent bloqué ne pourra pas être prêté par les
banques, ce qui évitera trop de consommation donc trop d’inflation.
A l’heure actuelle, le taux de réserves obligatoires est de 1%, donc
très faible. Cela s’explique par le fait que le taux d’inflation actuel
dans la zone euro est loin des 2% visés. Par conséquent, l’idée est
d’encourager les banques à prêter et non à les en empêcher.

Si l’on reprend l’exemple de base, et si la banque subit 300 000 euros


de fuites (naturelles et artificielles), il lui reste 2,7 millions d’euros.
Si on suppose qu’en même temps, ses clients lui demandent 3
millions, la question qui se pose est de savoir combien elle va
finalement prêter, c’est-à-dire ce qu’elle a ou ce qu’on lui demande.
La réponse est : ce qu’on lui demande et puisqu’il lui manque
300 000, elle va les emprunter, soit à la BC, soit à une autre banque.
Dans un premier temps, on va travailler sur la première hypothèse (la
seconde sera traitée dans le chapitre 2).

C. Le refinancement
Le refinancement est le terme utilisé en politique monétaire pour
désigner le crédit ; en d’autres termes, cela fonctionne exactement de
la même manière qu’un crédit accordé par une banque à l’un de ses
clients.
Si on reprend l’exemple précédent, la banque centrale va prêter
300000 euros à la banque pour une certaine période.
Attention : c’est la Banque Centrale Nationale qui prête à ses banques
de même nationalité et non pas la BCE, mais aux conditions fixées par
la BCE.
A la fin du crédit (à l’échéance), la banque va rembourser les 300 000
euros et payer un taux d’intérêt.
Pour pouvoir emprunter, la banque doit donner (comme nous) des
garanties à la BC. Ces garanties sont appelées des collatéraux et
prennent une forme spéciale, à savoir des bons du Trésor.
Rappel : les bons du Trésor sont des titres de court terme émis (créés)
par l’Etat pour emprunter. Mais ce ne sont pas les individus qui
achètent ces titres mais les banques. Conséquence : si la banque
emprunte 300 000 euros, elle doit, en échange, donner 300 000 euros
sous forme de bons du Trésor à la BC (la garantie est donc totale).
Evidemment, une fois que la banque a remboursé les 300 000 euros, la
BC lui rend ses bons du Trésor.
Ce refinancement peut prendre 2 formes :
- Il peut se faire à l’initiative de la BC : dans ce cas, c’est la BC
qui appelle les banques pour leur demander si elles ont besoin
d’argent (dans l’exemple, notre banque va lui dire qu’elle a
besoin de 300 000). C’est ce que l’on appelle des opérations
d’open-market ;
- Ou il peut se faire à l’initiative des banques : dans ce cas, c’est
la banque qui appelle la BC pour lui demander un crédit. C’est
ce que l’on appelle des facilités permanentes.

1. Les opérations d’open-market


Le principe est le suivant (c’est très précis et sans aucune exception) :
une fois par semaine, le mardi, la BC demande aux banques la
quantité de monnaie dont elles ont besoin.
Les fonds leur sont alors prêtés pour 1 semaine (remboursement le
mardi suivant).
Le taux d’intérêt payé par la banque s’appelle le taux « refi »
(abréviation du terme de refinancement).
Attention : tous les taux d’intérêt pratiqués par la BC ont deux noms :
on l’appelle donc également le taux directeur. Pourquoi directeur,
parce que s’il augmente, tous les autres taux d’intérêt de court terme
augmentent également, et inversement.
Le principe est le suivant : si l’inflation est, par exemple, de 2,5% (soit
plus que l’objectif visé), parce que M3 (quantité de monnaie globale)
augmente trop, la BC va augmenter son taux directeur.
Conséquences : les banques vont emprunter plus cher ; elles vont
alors répercuter ces frais supplémentaires sur les taux d’intérêt des
crédits de court terme accordés à leurs clients ; les individus vont alors
moins emprunter, la quantité de monnaie va moins augmenter et
l’inflation va ralentir.
A l’heure actuelle, l’inflation est à moins de 2%. L’objectif de la BCE
est donc, au contraire, d’inciter les banques à nous prêter. Par
conséquent, le taux directeur est à 0% (depuis 2015 !!!). En d’autres
termes, les banques empruntent gratuitement à la BC, ce qui explique
que les taux d’intérêt auxquels on emprunte sont faibles.
Deux rmqs supplémentaires :
- On l’a vu, ces appels d’offre n’ont lieu qu’une fois par semaine.
Or, les banques peuvent avoir besoin de monnaie n’importe
quand, et pas seulement le mardi !!
- Lors de l’open-market, en temps normal (on verra dans le
chapitre suivant que ça n’est pas le cas aujourd’hui), la BCE ne
prête, en moyenne, que 10% des sommes demandées (donc
30 000 dans notre exemple). Par conséquent, même le mardi,
pour obtenir le reste de liquidités, les banques peuvent accéder
aux facilités permanentes.

2. Les facilités permanentes


Même remarque que précédemment : c’est très précis et sans aucune
exception.
Le crédit est accordé pour 24 heures : la durée est donc très courte
mais cela ne pose pas de souci aux banques, puisque, sans arrêt, elles
récupèrent de l’argent, subissent de nouveau des fuites et ainsi de
suite. Par conséquent, ça n’est pas parce qu’elles ont besoin d’argent
une journée qu’elles n’en n’auront pas « trop » le lendemain.
Ce crédit est accessible n’importe quel jour (d’où leur appellation de
facilités permanentes), sauf bien sûr le dimanche.
Les banques obtiennent la totalité du montant demandé (et non plus
10%) : on parle de refinancement « à robinet ouvert ».
Le taux d’intérêt pratiqué s’appelle le taux de prêt marginal.
On l’appelle également le « taux plafond » : en d’autres termes, c’est
le plus élevé que les banques payent lorsqu’elles empruntent.
Attention : du point de vue de la durée du crédit, il n’est pas normal
que ce taux soit plus élevé que le taux directeur parce que la durée est
plus courte (24 heures contre 1 semaine) ; il devrait donc être plus
élevé puisque le risque que la banque ne rembourse pas la BC est plus
élevé sur 1 semaine que sur 24 heures. C’est la même chose pour
nous : emprunter pour 3 ans nous coûte plus cher que sur 2 ans.
Mais, dans les faits, le taux plafond est supérieur au taux directeur
parce que les banques sont pénalisées pour le fait que ce soit elles qui
demandent un refinancement (et non pas la BC qui leur proposent) et
qu’elles obtiennent tout ce qu’elles demandent, et n’importe quel jour.
Actuellement, le taux est à 0,25%, soit évidemment supérieur à 0,
mais très faible quand même, pour la même raison que
précédemment : il faut encourager le crédit pour faire augmenter le
taux d’inflation.
Attention : il s’agit d’un taux annuel ; par conséquent, il faut le
diviser par 365 (jours) pour obtenir le taux payé par la banque sur 24
heures. Idem pour le taux directeur (à diviser par 52 (semaines)) s’il
était supérieur à 0.

Conclusion du chapitre
Si l’on parle de taux plafond, c’est qu’il existe évidemment un « taux
plancher ».
Il est également appelé « taux de facilité de dépôt » : on l’a vu, les
banques ont un compte-courant ouvert dans leur BC. Le taux plancher
est donc le taux auquel est rémunéré ce compte-courant (comme pour
nous si nous avons un compte-courant rémunéré).
Attention : contrairement aux deux taux précédents (directeur et
plafond), qui sont des taux emprunteurs, le taux de facilité de dépôt
est donc un taux de placement. C’est la même chose pour les
individus : le taux d’intérêt de nos crédits est un taux emprunteur et
celui de notre livret A (par exemple) est un taux de placement (qui
nous rapporte quelque chose).
Il n’y a donc bien que deux techniques de refinancement mais 3 taux
d’intérêt pratiqués par la BC.
Mais attention : puisqu’il s’agit d’un taux plancher, il est forcément
inférieur au taux directeur, donc négatif !! Preuve, il est à l’heure
actuelle à – 0,5% !!! Cela signifie donc que les banques payent
lorsqu’elles laissent des fonds sur leur compte à la BC.
L’idée est toujours la même : il s’agit d’inciter les banques à nous
prêter (donc à gagner de l’argent via les taux d’intérêt qu’elles
touchent) plutôt qu’à en perdre en laisser « dormir » l’argent sur leur
compte. Encore une fois pour faire augmenter la consommation donc
l’inflation.
Le taux plancher et le taux plafond déterminent alors un tunnel, à
l’intérieur duquel évoluent tous les autres taux de court terme. C’est ce
que l’on verra dans le prochain chapitre.

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