Introduction
Le soja est aujourd’hui une culture stratégique au Bénin, tant sur le plan économique qu’agronomique. Il
contribue significativement à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et à l’augmentation des
revenus agricoles. Le développement de la filière soja au Bénin, en particulier sa commercialisation,
suscite un intérêt croissant en raison de la forte demande locale et internationale. Toutefois, malgré ce
potentiel, plusieurs contraintes entravent encore son efficacité. Cet exposé propose une analyse
complète du système de commercialisation du soja au Bénin, en mettant l’accent sur les pays
producteurs, les acteurs de la chaîne, les infrastructures, les contraintes, ainsi que les politiques mises
en œuvre.
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I. Les grands pays producteurs de soja
1.1. À l’échelle mondiale
D’après les dernières données de la FAO (2024) et du Département de l’Agriculture des États-Unis
(USDA) :
Brésil : 156 millions de tonnes — premier producteur mondial, avec des surfaces immenses dans le Mato
Grosso.
États-Unis : 113 millions de tonnes — notamment dans les États de l’Iowa, l’Illinois et le Minnesota.
Argentine : 42 millions de tonnes — principalement dans la Pampa.
Chine : 20 millions de tonnes — la production ne couvre qu’en partie la demande nationale.
Inde : 13 millions de tonnes — dans le Madhya Pradesh et le Maharashtra.
1.2. En Afrique
Bien que l’Afrique ne soit pas un grand continent producteur à l’échelle mondiale, certains pays
s’illustrent :
Afrique du Sud : Environ 1,5 million de tonnes (1er producteur africain)
Nigeria : Environ 750 000 tonnes
Zambie : 400 000 tonnes
Bénin : Environ 220 000 tonnes (en progression constante)
Togo et Ghana : Moins de 200 000 tonnes, mais avec un fort potentiel
Le Bénin, bien que modeste en tonnage, est l’un des pays les plus dynamiques en Afrique de l’Ouest sur
le plan de l’organisation des acteurs et des exportations certifiées.
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II. Acteurs de la chaîne de commercialisation du soja au Bénin
La commercialisation du soja au Bénin implique une diversité d’acteurs, intervenant depuis la
production jusqu'à l'exportation ou la consommation locale.
2.1. Producteurs
Ce sont essentiellement :
De petits exploitants familiaux
Des coopératives agricoles organisées (ex. : URP-B, URPA, plateformes SOJAGNIA)
Des producteurs certifiés pour l’export (soja biologique et soja conventionnel)
2.2. Collecteurs et commerçants
Ils jouent le rôle d’intermédiaires en achetant aux producteurs et en revendant aux transformateurs ou
aux exportateurs.
Certains disposent de magasins de stockage ou de camions.
2.3. Transformateurs locaux
Ils transforment le soja en :
Huile brute de soja (utilisée pour la cuisson)
Tourteaux de soja (utilisés en alimentation animale)
Autres produits dérivés : lait de soja, farine, tofu, etc.
Exemples : COCAFE, APRETEC, URPA Collines.
2.4. Exportateurs
Le Bénin exporte du soja vers le Nigeria, l’Inde, le Vietnam, l’Europe.
Les exportateurs agréés travaillent souvent avec des coopératives certifiées.
2.5. Institutions et structures d'appui
Étatiques : MAEP, ATDA, FSA, CNMA, ONASA
ONG et Projets : GIZ/ProCIVA, TechnoServe, Enabel, DEDRAS
Banques agricoles : FECECAM, Crédit Mutuel Bénin, etc.
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III. Infrastructures et équipements impliqués dans la chaîne de commercialisation
3.1. Infrastructures de stockage
Entrepôts villageois
Magasins communautaires de stockage
Silos métalliques ou traditionnels
3.2. Équipements de transformation
Presse à huile mécanique (manuelle ou motorisée)
Décortiqueuses et torréfacteurs
Unités de production semi-industrielles
3.3. Moyens de transport
Camions de collecte
Tricycles et motos pour les zones rurales
Routes souvent en mauvais état, surtout en saison des pluies
3.4. Infrastructures de mise en marché
Marchés ruraux et urbains (Parakou, Bohicon, Cotonou)
Plateformes digitales émergentes (ex : e-Soya, Agrihub)
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IV. Contraintes majeures du système de commercialisation
4.1. Contraintes liées à la production
Accès limité aux intrants de qualité (semences, engrais)
Insuffisance de formation technique
4.2. Contraintes de commercialisation
Instabilité et fluctuation des prix
Manque d’accès à des marchés structurés
Dépendance excessive du marché nigérian
4.3. Contraintes de transformation
Faible capacité technique des transformateurs
Coût élevé des machines et de l’énergie
Absence de normes de qualité certifiées
4.4. Contraintes logistiques
Mauvais état des routes rurales
Insuffisance de magasins de stockage
Manque de chaînes de transport frigorifiques pour les dérivés sensibles
4.5. Contraintes institutionnelles
Faible coordination des acteurs
Manque de politiques claires et durables
Accès difficile au crédit agricole
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V. Politique nationale de commercialisation : Avantages et limites
5.1. Avantages
Promotion des coopératives certifiées pour l’exportation
Accompagnement technique et financier par certains projets (e.g., ProCIVA)
Création de plateformes de dialogue entre producteurs, transformateurs et exportateurs
Appui au soja biologique (en forte croissance à l’international)
5.2. Inconvénients
Faible contrôle sur les prix à la production
Insuffisance de mesures incitatives fiscales pour les PME du secteur
Manque de suivi post-récolte et de contrôle qualité
Absence d’un guichet unique pour l’exportation du soja
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Conclusion
Le système de commercialisation du soja au Bénin présente un potentiel économique réel pour les
agriculteurs et les opérateurs privés. Toutefois, il est encore confronté à de nombreux défis structurels,
institutionnels et logistiques. Pour améliorer sa performance, il est impératif de :
Renforcer l’organisation des producteurs
Développer les infrastructures rurales
Structurer le marché national avec des normes de qualité
Mettre en œuvre une politique commerciale claire, équitable et inclusive
La consolidation de cette filière pourrait faire du Bénin un acteur majeur de l’agrobusiness en Afrique de
l’Ouest.