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Physiologie des globules rouges

Le chapitre 3 aborde la physiologie des globules rouges (GR), en décrivant leur structure, leurs constituants, et leur rôle dans les échanges gazeux grâce à l'hémoglobine. Il détaille également les anomalies pouvant affecter les GR, telles que les hémoglobinopathies, et les mécanismes enzymatiques essentiels à leur survie. Enfin, le chapitre évoque l'importance du fer dans l'organisme et les pathologies associées aux GR, notamment les ictères liés à l'hémolyse.

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Physiologie des globules rouges

Le chapitre 3 aborde la physiologie des globules rouges (GR), en décrivant leur structure, leurs constituants, et leur rôle dans les échanges gazeux grâce à l'hémoglobine. Il détaille également les anomalies pouvant affecter les GR, telles que les hémoglobinopathies, et les mécanismes enzymatiques essentiels à leur survie. Enfin, le chapitre évoque l'importance du fer dans l'organisme et les pathologies associées aux GR, notamment les ictères liés à l'hémolyse.

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Chapitre 3 : Physiologie du GR :

I/ Introduction :
Le GR est un sac déformable contenant un pigment particulier :
l’hémoglobine, nécessaire aux échanges gazeux (O2 et CO2). Il
correspond à un disque biconcave anucléé (= ne possédant pas de noyau),
d’un diamètre de 7,5 μm possédant un cytosquelette (permettant de
maintenir le forme normale (biconcave) du GR).
Le volume globulaire moyen VGM est compris entre 80 et 100 femtolitres.
Après coloration au MGG, le GR apparaît rose saumon (dû à la présence
d’hémoglobine).

II/ Constituants :
Le GR est constitué :
- d’une membrane érythrocytaire
- d’un équipement enzymatique
- de l’hémoglobine (= pigment)
S’il y a un manque de l’un de ses trois éléments ou une modification de la structure de l’un d’entre
eux, on parlera d’anomalies du GR.

A/ Membrane érythrocytaire :
Elle est constituée d’une double couche de phospholipides contenant des protéines (intracellulaires,
extracellulaires et transmembranaires) en lien avec le cytosquelette. Celui-ci permet de maintenir la
forme biconcave du GR mais aussi de lui permettre d’avoir une déformabilité nécessaire à sa
circulation dans l’ensemble de l’organisme et à son passage dans les capillaires.
-> Cette forme biconcave va lui permettre une déformabilité et une intégrité structurale pendant au
moins 120 jours (= demi-vie du GR).

1/ Bicouche phospholipidique répartie de manière asymétrique :


- Feuillet externe : P-Choline + Sphingomyéline
- Feuillet interne : P-Inositol + P-Sérine + P-Éthanolamine

2/ Protéines transmembranaires :
Sur cette membrane vont être ancrées des protéines transmembranaires particulières, les protéines
de bande 3.
La mutation de celle-ci entraîne l’apparition d’une sphérocytose héréditaire : le globule rouge n’a plus
la forme d’un disque biconcave mais est sphérique. Ainsi, la demi-vie du GR est altérée (elle est
inférieure à 120 jours) Car il devient très sensible à la pression osmotique : on peut voir apparaître une
hémolyse du GR, voire même une hyperhémolyse.

3/ Cytosquelette protéique :
Ce cytosquelette se présente sous la forme d’un « grillage » au niveau du cytoplasme et sur la face
interne de la membrane.
Ces mailles correspondent à des interactions protéines-protéines et ce cytosquelette est constitué
de deux complexes :
- d’un complexe vertical (dont la protéine de bande 3 fait partie)
- d’un complexe horizontal
B/ Équipement enzymatique et métabolisme énergétique du GR :
Le GR est une cellule « simplifiée » (sans noyau), avec des besoins énergétiques faibles.
Cependant, la fonction des enzymes est vitale car elles permettent au GR de persister dans le sang en
lui apportant l’énergie nécessaire au maintien de la forme du GR et aux échanges transmembranaires.
Ces enzymes participent également à la lutte contre les agents oxydants en utilisant deux systèmes
protecteurs : le glutathion réduit et la méthémoglobine-réductase.

Participation à la survie du GR :
Les voies de réduction de la méthémoglobine sont enzymatiques et sont couplées aux mécanismes
de la glycolyse érythrocytaire :
- Voie principale anaérobie d’Embden-Meyerhoff (90%) : production de 2 ATP et 1 NADH
- Voie auxiliaire Shunt pentoses / voie oxydative des hexoses monophosphates (10%) : production de
NADPH
- Voie majoritaire en condition d’hypoxie / shunt de Rappoport-Luebering : production 2,3-
diphosphoglycérate qui s’insère en condition d’hypoxie, au niveau de la cavité centrale de l’Hb pour
permettre de facilement libérer de l’oxygène en diminuant l’affinité des tissus pour l’oxygène.

-> Le NADH participe à la protection des GR en permettant la synthèse de méthémoglobine


réductase ce qui permet de maintenir l’hémoglobine à l’état Fe2+.

C/ Hémoglobine :
Pour rappel, GR est constitué d’un pigment particulier : l’hémoglobine. Celle-ci permet au GR de
réaliser sa fonction de transport de l’oxygène au sein de l’ensemble de l’organisme.
L’hémoglobine représente 95% des protéines du GR.

Valeurs normales adultes :


- Hommes adultes : 130 à 170 g/L
- Femmes adultes : 120 à 160 g/L

➔ Les valeurs de l’Hb permettent de définir une anémie (qui correspond à une diminution du taux
d’hémoglobine circulante et non à une diminution de la quantité de GR (= érythropénie).

L’hémoglobine est donc le constituant principal du GR.


Il s’agit d’un tétramère constitué de 4 sous-unités,
chacune constituée d’une molécule d’hème
(= pigment ferroporphrinique) et d’une molécule de
globine. Au total, on aura donc 4 hèmes et 4 globines
identiques 2 à 2 (deux chaînes alpha et deux chaînes
non alpha).
L’Hb majoritaire et la plus fréquente chez l’adulte est
l’hémoglobine α2 et β2.

Évolution de la synthèse des chaînes de globine en fonction du temps :


- La synthèse de la chaîne α commence pendant la grossesse et se poursuit après la naissance de
manière constante.
- La synthèse de la chaîne β ne se réalise pas pendant la grossesse mais débute après la naissance.
- La synthèse de la chaîne γ se réalise pendant la grossesse mais se stoppe après la naissance de
l’enfant.
- La synthèse de la chaîne ɛ se réalise pendant une courte durée pendant la grossesse, avant de se
stopper directement.
-> C’est pour cette raison que les chaînes de globine les plus présentes chez l’Homme sont les
chaînes α2 et β2.

-> La structure de cette hémoglobine est très importante car lorsque celle-ci est modifiée, il y a un
risque d’avoir des hémoglobinopathies.

III/ Hémoglobinopathies :
Les hémoglobinopathies peuvent être de deux ordres :
-> quantitatives : Une anomalie quantitative se caractérise par la production insuffisante d’une chaîne
alpha ou d’une chaîne bêta : ainsi, les chaînes de globine sont formées correctement mais en
quantité insuffisante. On parlera de :
- alpha-thalassémie : quand la production de la chaîne alpha est insuffisante.
- béta-thalassémie : quand la production de la chaîne bêta est insuffisante.

-> qualitatives : Une anomalie qualitative se caractérise par une mutation qui a pour conséquence la
production d’une globine anormale. C’est ce que l’on retrouve dans les hémoglobinoses, comme la
drépanocytose. La drépanocytose est une maladie génétique qui se caractérise par la mutation
d’une chaîne bêta de la globine. Elle conduit à la formation d’une hémoglobine anormale (Hbs) et
donc, par conséquent, de globules anormaux : en effet, ils n’ont pas une forme de disque biconcave
mais une forme de faucilles (caractéristique de la drépanocytose).

IV/ Conformation du tétramère d’hémoglobine :


L’hémoglobine existe sous 2 conformations :
- Relâchée (R) : elle est présente sous la forme d’OxyHb, ayant une forte d’affinité pour l’O2
-> au niveau pulmonaire
- Tendue (T) : elle est présente sous la forme de DeoxyHb, ayant une faible affinité pour l’O2
-> au niveau tissulaire
V/ Méthodes d’étude :
L’hémoglobine étant une protéine, on utilise des techniques essentiellement électrophorétiques afin
d’identifier des hémoglobinopathies. On peut utiliser des gels d’acétate de cellulose (à pH alcalin) ou
d’agarose (à pH acide), faire des isoélectrofocalisation ou encore une chromatographie liquide à
haute pression.

Exemples :

1/ le test a été fait chez un nouveau-né sain car on trouve de l’HbF


2/ le test correspond à celle d’un patient atteint de drépanocytose (car possède de l’HbS)
Le fer joue un rôle important dans l’organisme, indispensable à toute forme de vie : transport d’O, d’e,
synthèse d’ADN, d’ARN, de protéines… Il est trouvable sous forme de Fe2+ (ferreux) ou Fe3+
(ferrique) :
- fer de réserve : lié à la ferritine. Ce pool est réduit lorsque les besoins sont importantes
(croissance, grossesse)
- fer de transport : lié à la transferrine.
- le fer fonctionnel : lié à l’hémoglobine et à la myoglobine ou dans d’autres protéines.

Le cycle du fer est fermé et son site d’utilisation est la moelle osseuse, mais aussi dans le foie
(réserve), du duodénum (absorption), de macrophages (récupération). Le stock martial est de 3 à 4g.
Il y a des pertes naturelles du fer : renouvellement de la muqueuse digestive, urinaire, sudorales.

L’absorption digestive du fer se fait au niveau du duodénum : Fe2+ est réduit en Fe3+ à pH acide.
A l’état normal, la transferrine est incomplètement saturée. Le transport du fer vers les cellules qui
présentent des récepteurs à la transferrine (RTf). Elle joue un rôle important dans le diagnostic : on
sait que le taux de synthèse est inversement proportionnel à la quantié de fer présente dans la cellule.
Dans des situations normales, seuls 1/3 du fer est fixé. Si on une carence en fer, on a donc une
diminution de la quantité de fer : augmentation de la capacité totale de fixation de la transferrine.

Ferritine :
À l’origine des ferritinémie et reflète les réserves en fer : diminue lors des carences en fer.
Quand on a une carence en fer, on a une réduction de la ferritine (le fer dispo est moins important) ->
augmentation des capacités totales de fixation de la transferrine -> réduction du VGM -> diminution
de la synthèse d’Hb. L’une des stratégies thérapeutiques est d’augmenter les stocks en fer en utilisant
un ttt martial pour augmenter les stocks en fer et permettent une E normale.

Coefficient de saturation de la transferrine : entre 20 et 30% (= 33%).

Pathologies constitutionnelles du GR : quand l’un des 3 éléments est absent ou limité, on a ça :


- pathologies de la membrane : exemple de sphérocytose héréditaire (production de GR ronds et des
pathologies de types hémolytique)
- anomalies quantitatives de l’Hb = thalassémies
- anomalies qualitatives de l’Hb = drépanocytose

Erythroenzymopathies :
- pyruvate-kinase. = hémolyse chronique
- glucose-6-phosphate désydrogénase = hémolyse chronique.

Hémolyse physiologique :
- sénescence du GR :
- progressive : stress oxydant
- perte du contenu enzymatique (non renouvelable : cellule anucléée)
Elle est extravasculaire (+++) : moelle osseuse ++, rate, foie

Hyperbilirubinémies (excès de bilirubine)-> ictères (« jaunisse = coloration de la peau, des téguments,


des muqueuses »)
2 grandes classes d’ictères :
- ictères à bilirubine non conjuguée (ou libre)
- Hyperhémolyse : anémies hémolytiques : mécanisme corpusculaire (touche un des
constituants du GR (membrane, enzyme…)), mécanisme extracorpusculaire (un élément extérieur au
GR (bactérie, parasite).
- Défaut de glucurono-conjugaison : ictère physiologique du nouveau-né (immaturité hépatique) :
bénin (l’hyperbilirubinémie et une indication de la photothérapei, déficit génétique en
glucuronyltransférase).

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