Chapitre IV :
Méthodes
électromagnétiques
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
1. Généralités
2. Radar géologique
Historique
Présentation
Principe général
Mode de propagation des ondes géoradar
Différents modes d’acquisition
Domaines d’application
Composantes d’un géoradar
Étapes des études géoradar
Exemples de résultats
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
1. Généralités
Electromagnétisme
Il existe une grande variété de conducteurs électromagnétique tant naturels
qu‘artificiels :
Terrain marécageux, argileux,
Fonds de lacs et lits de cours d'eau,
Roche en place (Graphite, Sulfures massifs, failles),
Réservoirs métalliques,
Conduites et déchets métalliques,
Pipe-lines,
Voies ferrées,
Lignes a haute tension…
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
1. Généralités
Electromagnétisme
Champ électrique et champ magnétique sont étroitement lies et
indissociables :
• un champ magnétique variable engendre un champ électrique
(Faraday)
• dans un conducteur, un champ électrique crée un courant, lequel
crée un champ magnétique (Loi d’Ampère)
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
1. Généralités
Processus électromagnétiques
Les méthodes de prospection EM font intervenir simultanément trois
processus physiques distincts :
la production d'un champ magnétique
primaire qui varie avec le temps
la naissance de courants induits (courants de
Foucault) dans tous les conducteurs sur
lesquels agit ce champ primaire
la détection de ces conducteurs par la mesure
des champs magnétiques secondaires crées
par les courants de Foucault.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
1. Généralités
Illustration
Les courants de Foucault circulent dans le conducteur de telle sorte
que le champ magnétique ainsi crée (champ secondaire) s'oppose, sur
les surfaces du conducteur, au champ inducteur (champ primaire).
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
1. Généralités
Différentes méthodes EM
Les méthodes électromagnétiques permettent de déterminer la répartition des
matériaux du terrain à travers les variations de la permittivité. Les méthodes EM sont
extrêmement variées (une dizaines de variantes), elles peuvent être classées :
Suivant qu'on choisit tel ou tel type de source
Suivant que les sources sont fixes ou mobiles
Suivant l'orientation du champ résultant
Suivant la fréquence adoptée
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Historique
La première étude au radar géologique a été réalisée en Autriche en 1929 par le
géophysicien allemand Stern, dans le but de déterminer la profondeur d’un glacier. A
partir de 1960, Cook et d’autres scientifiques ont développé le radar géologique pour
détecter des réflexions en profondeur, permettant d’imager les sols et les aquifères.
C’est en 1972 avec la première commercialisation des radars géologiques par
l’entreprise GSSI (Geophysical Survey System Inc.) que l’utilisation du GPR a
explosé.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Historique
Depuis les années 80, le développement et l’utilisation du radar géologique comme
technique d’exploration de la subsurface est devenue un atout majeur. Son imagerie
haute résolution dans les milieux peu conducteurs (sols, roches, structures) en fait
une méthode bien adaptée aux problèmes de géotechnique et de géologie de
l’ingénieur, ou de l'environnement
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Présentation
Le radar géologique ou GPR (Ground Penetrating Radar) est une méthode de
prospection géophysique relativement comparable à celle de la sismique réflexion
verticale.
Le principe est basée sur la propagation d’ondes électromagnétiques (EM) hautes
fréquences (de 1 à 2000 MHz), et leur réflexion ou diffraction, pour la détection
d’objets géologiques ou les interfaces entre milieux (naturels ou artificiels).
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Présentation
En surface, la technique permet d’obtenir une image en fonction du
temps de propagation, avec une très bonne résolution pouvant
atteindre quelques centimètres, en fonction de la fréquence utilisé et
de la nature du sous-sol.
Le Géoradar "voit" les contrastes de permittivité diélectrique
(constante diélectrique) et de conductivité électrique, qui dépendent
essentiellement de la teneur en eau.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Principe général
Une impulsion EM de haute fréquence est émise par une antenne
Cette impulsion induit une onde EM qui se propage dans le sol
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Principe général
L‘énergie réfléchie, réfractée et diffractée est enregistrée par une
antenne réceptrice
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Principe général
La durée du trajet permet, en estimant la vitesse, de construire une
image du sous-sol.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Modes de propagation des ondes Géoradar
Réflexion : L'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence. Dans la
plupart des cas de mises en œuvre de Géoradar, l’incidence est
normale et l’amplitude du champ électrique réfléchi est égale à celle du
champs incident multipliée par le coefficient de réflexion r.
Ce coefficient est fonction de la constante diélectrique.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Modes de propagation des ondes Géoradar
Réfraction : L’onde EM subie une déviation lorsqu‘elle pénètre dans
une couche sous sol, guidée par l'interface entre couches.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Modes de propagation des ondes Géoradar
Diffraction : Lorsqu'un objet réfléchissant isolé (une discontinuité) est
présent dans le sous-sol, l'énergie réfléchie est dispersée dans toutes
les directions quelque soit l'angle d'incidence.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Différents modes d’acquisition
En fonction de l’orientation et de la position relative des antennes, il
est possible de définir plusieurs modes d’acquisition. On présente ici
uniquement le mode réflexion et le mode CMP.
La mesure par le mode réflexion (constant offset) est la plus utilisée en
prospection radar. Elle consiste à déplacer, à intervalle régulier, les
antennes émettrices et réceptrice à distance fixe, le long d’un profil.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Différents modes d’acquisition
Chaque mesure correspond à une trace. Le
profil obtenu (radargramme) a donc en
abscisse la position « x » sur le profil en mètre
et en ordonnée, le temps « t » en nanoseconde.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Différents modes d’acquisition
Dans le cas où la distance entre les antennes émettrice et réceptrice
varie, on parle d’un mode d’acquisition en point milieu commun ou
CMP (Common Mid-Point)
Le mode d’acquisition en CMP (Common Mid-Point). Le CMP consiste à
écarter le transmetteur et le récepteur à un pas régulier autour d’un
point fixe.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Différents modes d’acquisition
Les antennes émettrice et réceptrice sont écartées à pas constant
autour d'un point milieu fixe. Si les réflecteurs sont parallèles à la
surface et que les variations latérales de vitesse sont faibles, alors, les
hyperboles formées par les amplitudes du signal mesurées en fonction
du temps permettent d'estimer la vitesse de propagation des ondes
dans les milieux traversés.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Différents modes d’acquisition
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Domaines d’application
Les applications du radar géologique dans le monde du génie civil et de la
géotechnique sont nombreuses :
Le Géoradar est largement utilisé pour caractériser la teneur en eau d’un
sol ou la qualité d’une roche
C’est un outil de contrôle non destructif des ouvrages (détection de cavités
le long des voies ferrées, étude de la stabilité d’un tunnel, auscultation de
barrages, et caractérisation de problèmes de génie civil complexes)
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Domaines d’application
En milieu urbain, le Géoradar est couramment utilisé pour la
caractérisation des structures en bétons, pour déterminer l’épaisseur du
bitume sur les routes et pour toute détection des réseaux enterrés (câbles,
canalisations)
Détection d’objets enfouis en milieu naturels comme par exemple les site
archéologiques et les mines anti-personnelles recherchées par l’armée.
En géologie, le Géoradar est employée pour la caractérisation des
aquifères et permafrost (nature, fracturation, cavités) et pour les
problèmes de contamination par des polluants.
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2. Radar Géologique
Composantes d’un géoradar
1) L’unité centrale d’enregistrement
Elle contrôle l'émission et la réception des ondes radar, ainsi que les
amplitudes du signal reçu avant l'enregistrement, selon les paramètres fixés
par l'opérateur. Un écran et un enregistreur graphique peuvent être ajoutés à
cette unité pour le contrôle de la qualité de l'enregistrement.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Composantes d’un géoradar
2) Un système de positionnement
Généralement le système de positionnement le plus utilisé est la « roue
codeuse » qui produit un certain nombre d’impulsions par tour et qui a un
dispositif compte ces impulsions. Dans tous les cas, cette roue transfère la
position des antennes le long du profil à l'axe des distances de la section
radar et surtout, démarre l'enregistrement par l'envoi des premières
impulsions.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Composantes d’un géoradar
3) Le système d’antennes
Il est composé par deux antennes, l’antenne émettrice qui envoie les
impulsions radar et l’antenne réceptrice qui reçoit le signal réfléchi.
Le choix des antennes dépend de la nature du sous-sol ausculté et de la
profondeur de l'anomalie recherchée. On peut se baser sur le tableau ci-
dessous pour le choix de l'antenne à utiliser.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Quelques appareils utilisés
Ce type de dispositif, élaboré par Malå, est composé
principalement d’une antenne blindée et d’un
odomètre. Il permet d’effectuer des mesures dans
un environnement urbain et/ou non urbain où il y
aurait présence d’objets tels des câbles électriques,
des clôtures,…Ce système offre une large gamme
d’antennes : 100, 250, 500, 800, 1200 et 1600 MHz.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Quelques appareils utilisés
Géoradar équipé d’un système adapté au voies ferrées
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Ordres de grandeur de la permittivité diélectrique
Le Géoradar permet de mesurer la permittivité diélectrique notée « e » et
exprimée en farads par mètre (F/m) des ondes électromagnétiques émises
dans le sol.
La permittivité relative r = ( / 0 ) , 0 = 8,85.10-12 F/m est la permittivité
diélectrique du vide
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Conditions d’application
Le radar géologique ne peut être efficace que si :
Les ondes ne sont pas absorbées trop vite par les matériaux. Ceux-ci doivent donc
être aussi peu conducteurs de l’électricité que possible. Plus le matériau est
électriquement résistant, plus les ondes se propagent facilement et plus la
profondeur d’investigation est importante
En pratique on considère que si la résistivité est inférieure à 100 Ω·m, l’utilisation
du radar géologique devient aléatoire. Elle est impossible dans les matériaux de
résistivité inférieure à 50 Ω·m. Ceci exclut l’emploi du radar géologique dans les
sous-sols argileux (effet écran)
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Conditions d’application
Le radar géologique ne peut être efficace que si :
La profondeur d’investigation est de quelques mètres. Elle dépend des fréquences
(plus la fréquence est basse, plus grande est la profondeur d’investigation) et des
propriétés d’absorption du matériau. L’augmentation de la profondeur
d’investigation se fait aux dépens de la résolution. À titre d’exemple la profondeur
d’investigation peut être nulle dans un sol argileux, de plusieurs dizaines de
mètres dans la glace ou des sables très secs
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Etapes des études géoradar
1) Définir clairement l'objectif de l'étude
L'efficacité de l'étude dépend de quelques paramètres fondamentaux de la
cible et des matériaux environnants. La profondeur de la cible doit être
estimée approximativement, pour choisir la fréquence des ondes
électromagnétiques qui seront envoyées sous la surface. L'estimation de la
géométrie de la cible est nécessaire pour déterminer l'orientation des profils
d'enregistrement.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Etapes des études géoradar
2) L’enregistrement
Pendant l’enregistrement de l’information donnée par le Géoradar, on doit
fixer de nombreux paramètres, dans le but d'obtenir le signal le plus
nettement interprétable.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Etapes des études géoradar
3) Le traitement informatique et la présentation des résultats
Le traitement consiste à améliorer le signal des données par différents
algorithmes, pour obtenir une image réelle (en profondeur) de la coupe de la
sub-surface à l'aplomb des profils d'enregistrement. Les images traitées sont
alors exploitées pour fournir une présentation claire des résultats, selon la
nature de l'étude.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Exemples de résultats
Exemple de résultats Géoradar obtenus à partir des essais réalisés sur
terrain.
Chapitre IV : Méthodes électromagnétiques
2. Radar Géologique
Exemples de résultats
Exemple de résultats géoradar obtenus à partir des essais réalisés sur une
Plateforme ferroviaire. Erreur inférieure à 10 % dans le cas d'estimation
d'épaisseur de couche de ballast.