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Fonction Logarithme Népérien

Le document présente la fonction logarithme népérien, introduite par John Napier en 1614, qui permet de simplifier les calculs en transformant des multiplications en additions. Il décrit également les propriétés de cette fonction, ses relations avec la fonction exponentielle, et fournit des méthodes pour résoudre des équations et inéquations impliquant des logarithmes. Enfin, il aborde l'étude de la fonction logarithme népérien, y compris sa dérivabilité et ses variations.

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Fonction Logarithme Népérien

Le document présente la fonction logarithme népérien, introduite par John Napier en 1614, qui permet de simplifier les calculs en transformant des multiplications en additions. Il décrit également les propriétés de cette fonction, ses relations avec la fonction exponentielle, et fournit des méthodes pour résoudre des équations et inéquations impliquant des logarithmes. Enfin, il aborde l'étude de la fonction logarithme népérien, y compris sa dérivabilité et ses variations.

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1

FONCTION LOGARITHME NÉPÉRIEN


En 1614, un mathématicien écossais, John Napier (1550 ; 1617) ci-contre, plus connu
sous le nom francisé de Neper publie « Mirifici logarithmorum canonis descriptio ».
Dans cet ouvrage, qui est la finalité d’un travail de 20 ans, Neper présente un outil
permettant de simplifier les calculs opératoires : le logarithme.
Neper construit le mot à partir des mots grecs « logos » (logique) et arithmos
(nombre).
Toutefois cet outil ne trouvera son essor qu’après la mort de Neper. Les
mathématiciens anglais Henri Briggs (1561 ; 1630) et William Oughtred (1574 ;
1660) reprennent et prolongent les travaux de Neper.
Les mathématiciens de l’époque établissent alors des tables de logarithmes de plus
en plus précises.
L’intérêt d’établir ces tables logarithmiques est de permettre de substituer une multiplication par une addition
(Partie 2). Ceci peut paraître dérisoire aujourd’hui, mais il faut comprendre qu’à cette époque, les calculatrices
n’existent évidemment pas, les nombres décimaux ne sont pas d’usage courant et les opérations posées telles
que nous les utilisons ne sont pas encore connues. Et pourtant l'astronomie, la navigation ou le commerce
demandent d’effectuer des opérations de plus en plus complexes.

Partie 1 : Fonction exponentielle et fonction logarithme


1) Rappels concernant la fonction exponentielle

Propriétés : La fonction exponentielle est définie,


continue, dérivable, strictement croissante et
convexe sur ℝ.
On a : (𝑒 ! )" = 𝑒 !

Propriétés :
● 𝑒# = 1 𝑒$ = 𝑒
● 𝑒! > 0
!%& ! & !'&
!! "
●𝑒 =𝑒 𝑒 𝑒 = 𝑒 '! = (𝑒 ! )( = 𝑒 (! , avec 𝑛 ∈ ℕ
!" !!
● 𝑒) = 𝑒* ⟺ 𝑎 = 𝑏 ) *
𝑒 <𝑒 ⟺𝑎<𝑏

Yvan Monka – Académie de Strasbourg – [Link]


2

2) Définition de la fonction logarithme népérien

Pour tout réel 𝑎 de ]0 ; +∞[ l'équation 𝑒 ! = 𝑎 admet une unique solution dans ℝ.

Définitions : ● On appelle logarithme népérien d'un réel strictement positif 𝑎, l'unique


solution de l'équation 𝑒 ! = 𝑎. On la note ln 𝑎.

● La fonction logarithme népérien, notée 𝐥𝐧, est la fonction définie sur ]0 ; +∞[, par
𝑥 ⟼ ln(𝑥)

Remarques :
- Les fonctions 𝑒𝑥𝑝 et 𝑙𝑛 sont réciproques l'une de l'autre.
1 2 0 𝑙𝑛(2)
exp ln
𝑒 𝑒+ 1 2

- Les courbes représentatives des fonctions 𝑒𝑥𝑝 et


𝑙𝑛 sont symétriques par rapport à la droite
d'équation 𝑦 = 𝑥.

Yvan Monka – Académie de Strasbourg – [Link]


3

A noter :
Dans le domaine scientifique, on utilise la fonction logarithme décimale, notée log, et
#$(&)
définie par : log(𝑥) = ➝ Voir chapitre « Logarithme » enseignement commun.
#$ "(

Propriétés de ln liées à la fontion exp :


a) Pour 𝑥 > 0 : 𝑥 = 𝑒 & ⇔ 𝑦 = ln(𝑥)
1
b) ln(1) = 0 ; ln(𝑒) = 1 ; ln D𝑒E = −1
c) ln(𝑒 ! ) = 𝑥
d) Pour 𝑥 > 0 : 𝑒 ,-(!) = 𝑥

Partie 2 : Propriétés de la fonction logarithme népérien


1) Relation fonctionnelle

Théorème : Pour tous réels 𝑥 et 𝑦 strictement positifs, on a : ln(𝑥 × 𝑦) = ln(𝑥) + ln(𝑦)

Démonstration :
𝑒 ,-(!×&) = 𝑥 × 𝑦 = 𝑒 ,-(!) × 𝑒 ,-(&) = 𝑒 ,-(!)%,-(&)
Donc : ln(𝑥 × 𝑦) = ln(𝑥) + ln(𝑦)

Remarque : Voici comment Neper transformait un produit en somme :

Celui qui aurait, par exemple, à effectuer 36 × 62, appliquerait la


formule précédente, soit :
log(36 × 62) = log(36) + log(62)
≈ 1,5563 + 1,7924 (à, l’aide de la table ci-contre)

L’addition étant beaucoup plus simple à effectuer que la multiplication,


on trouve facilement :
𝑙𝑜𝑔(36 × 62) ≈ 3,3487

En cherchant à nouveau dans la table le logarithme égal à 3,3487, on


trouve 2232, soit : 36 × 62 = 2232.

2) Conséquences

Corollaires : Pour tous réels 𝑥 et 𝑦 strictement positifs, on a :


1
a) ln D𝑥E = − ln(𝑥)
𝑥
b) ln D𝑦E = ln(𝑥) − ln(𝑦)
1
c) lnS√𝑥U = 2 ln(𝑥)
d) ln(𝑥 ( ) = 𝑛 ln(𝑥), avec 𝑛 entier relatif
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4

Méthode : Simplifier une expression contenant des logarithmes


Vidéo [Link]
Simplifier les expressions suivantes :
2
𝐴 = lnS3 − √5U + lnS3 + √5U 𝐵 = 3 ln(2) + ln(5) − 2 ln(3) 𝐶 = ln(𝑒 + ) − ln Y Z
𝑒

Correction
𝐴 = lnS3 − √5U + lnS3 + √5U 𝐵 = 3 ln(2) + ln(5) − 2 ln(3)
= lnS3 − √5US3 + √5U = ln(21 ) + ln(5) − ln(3+ )
3
2 ×5 40
= ln(9 − 5) = ln(4) = ln [ 2 \ = ln D 9 E
3

2
𝐶 = ln(𝑒 + ) − ln Y Z
𝑒
= 2 ln(𝑒) − ln(2) + ln(𝑒)
= 2 − ln(2) + 1 = 3 − ln(2)

3) Équations et inéquations

Propriétés : Pour tous réels 𝑥 et 𝑦 strictement positifs, on a :


a) ln(𝑥) = ln(𝑦) ⟺ 𝑥 = 𝑦 b) ln(𝑥) < ln(𝑦) ⟺ 𝑥 < 𝑦

Méthode : Résoudre une équation ou une inéquation avec des logarithmes


Vidéo [Link]
Vidéo [Link]
Résoudre dans l’intervalle 𝐼 les équations et inéquations suivantes :
a) ln(𝑥) = 2, 𝐼 = ]0 ; +∞[ b) 𝑒 !%$ = 5, 𝐼 = ℝ
1
c) 3 ln(𝑥) − 4 = 8, 𝐼 = ]0 ; +∞[ d) ln(6𝑥 − 1) ≥ 2, 𝐼 = _6 ; +∞`
e) 𝑒 ! + 5 > 4 𝑒 ! , 𝐼 = ℝ

Correction
a) On résout l’équation dans l’intervalle 𝐼 = ]0 ; +∞[, car la fonction ln est définie pour
𝑥 > 0.
ln(𝑥) = 2
ln(𝑥) = ln(𝑒 + )
𝑥 = 𝑒+

b) 𝑒 !%$ = 5
𝑒 !%$ = 𝑒 ,-(2)
𝑥 + 1 = ln(5)

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5

𝑥 = ln(5) − 1

c) 3 ln(𝑥) − 4 = 8
3 ln(𝑥) = 12
ln(𝑥) = 4
ln(𝑥) = ln(𝑒 3 )
𝑥 = 𝑒3

1 1
d) On résout l’inéquation dans l’intervalle 𝐼 = _6 ; +∞`, car 6𝑥 − 1 > 0. Soit 𝑥 > 6 .
ln(6𝑥 − 1) ≥ 2
ln(6𝑥 − 1) ≥ ln(𝑒 + )
6𝑥 − 1 ≥ 𝑒 +
6𝑥 ≥ 𝑒 + + 1
! % 5"
𝑥≥
6
𝑒2+1
L'ensemble solution est donc a 6 ; +∞a.

e) 𝑒 ! + 5 > 4 𝑒 !
𝑒 ! − 4 𝑒 ! > −5
−3 𝑒 ! > −5
5
𝑒! <
3
!
𝑒 < 𝑒 ,-4"5
!

5
𝑥 < ln Y Z
3
5
L'ensemble solution est donc _−∞ ; ln D3E`.

Partie 3 : Étude de la fonction logarithme népérien


1) Dérivabilité

"
Propriété : La fonction logarithme népérien est dérivable sur ]0 ; +∞[ et (ln(𝑥))" = .
&

Exemple :
ln(𝑥)
Dériver la fonction suivante sur l'intervalle ]0 ; +∞[ : 𝑓(𝑥) = 𝑥
$
!
× 𝑥 − ln(𝑥) × 1 1 − ln(𝑥)
𝑓′(𝑥) = =
𝑥+ 𝑥+

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6

2) Variations

Propriété : La fonction logarithme népérien est strictement croissante sur ]0 ; +∞[.

Démonstration :
"
Pour tout réel 𝑥 > 0, (ln(𝑥))" = >0
&

3) Limites aux bornes

Propriétés : lim ln(𝑥) = −∞ et lim ln(𝑥) = +∞


!→# !→%7

On dresse le tableau de variations de la fonction logarithme népérien :

𝑥 0 +∞
(ln(𝑥))" +
+∞
ln(𝑥)
−∞

4) Courbe représentative

Valeurs particulières :
ln(1) = 0
ln(𝑒) = 1

Partie 4 : Études de fonctions contenant des logarithmes


Méthode : Étudier les variations d'une fonction
Déterminer les variations de la fonction 𝑓 définie sur ]0 ; +∞[ par
𝑓(𝑥) = 3 − 𝑥 + 2 ln(𝑥)

Correction
Sur ]0 ; +∞[, on a :
2 2−𝑥
𝑓 " (𝑥) = −1 + =
𝑥 𝑥

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7

Comme 𝑥 > 0, 𝑓 " (𝑥) est du signe de 2 − 𝑥.


La fonction 𝑓 est donc strictement croissante sur ]0 ; 2] et strictement décroissante sur
[2 ; +∞[.

On dresse le tableau de variations :


𝑥 0 2 +∞
" (𝑥) + 0 –
𝑓
1 + 2 ln(2)
𝑓(𝑥)

𝑓(2) = 3 − 2 + 2 ln(2) = 1 + 2 ln(2)

Méthode : Étudier la position relative de la courbe de la fonction logarithme et de la droite


d’équation 𝑦 = 𝑥
Vidéo [Link]

Étudier la position relative de la courbe de la fonction logarithme et de la droite d’équation


𝑦 = 𝑥.

Correction
On considère la fonction 𝑔 définie sur ]0 ; +∞[ par 𝑔(𝑥) = 𝑥 − ln(𝑥).
1 𝑥−1
𝑔" (𝑥) = 1 − =
𝑥 𝑥

Comme 𝑥 > 0, 𝑔" (𝑥) est du signe de 𝑥 − 1.


On a également : 𝑔(1) = 1 − ln(1) = 1

On dresse ainsi le tableau de variations :


𝑥 0 1 +∞
𝑔" (𝑥) – 0 +

𝑔(𝑥)
1
On en déduit que pour tout 𝑥 de ]0 ; +∞[, on a 𝑔(𝑥) = 𝑥 − ln(𝑥) ≥ 1 > 0 soit 𝑥 > ln(𝑥).
La droite d’équation 𝑦 = 𝑥 est située au-dessus de la courbe de la fonction logarithme.

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