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Conjoint non enregistré et succession en RDC

Ce document traite de la problématique du conjoint survivant dont le mariage n'est pas enregistré dans le cadre de la succession en droit congolais. Il met en lumière les injustices subies par ces conjoints, souvent exclus des droits successoraux malgré des années de vie commune, en raison d'un décalage entre les pratiques coutumières et le droit positif. L'étude vise à enrichir la doctrine juridique et à proposer des pistes de réforme pour protéger les droits des conjoints survivants non enregistrés.

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Conjoint non enregistré et succession en RDC

Ce document traite de la problématique du conjoint survivant dont le mariage n'est pas enregistré dans le cadre de la succession en droit congolais. Il met en lumière les injustices subies par ces conjoints, souvent exclus des droits successoraux malgré des années de vie commune, en raison d'un décalage entre les pratiques coutumières et le droit positif. L'étude vise à enrichir la doctrine juridique et à proposer des pistes de réforme pour protéger les droits des conjoints survivants non enregistrés.

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EPIGRAPHE

« Le droit ne protège que ceux qui prennent soin de se


placer sous son ombre.. »

RAYMOND SALELLlES
DEDICACE

A Vous, ma mère, Charlotte KUILUNGUDI HONNEUR merci pour votre


amour constant, vos sacrifices silencieux et votre soutient indéfectible. Vous
m’avez appris à croire, à persévérer et à ne jamais baisser les bras.
Que ce travail soit le reflet de votre éducation et de votre courage

Moise MANDEMBA SONY


REMERCIEMENTS
Au terme de nos trois années de formation à la faculté de droit, nous voulons
nous acquitter d’un agréable devoir, celui de remercier de tout cœur ceux qui
ont contribué à notre formation.
Nous tenons vivement à présenter nos remerciements au professeur
Constantin NKOLE NKOLE celui qui a assuré la direction de ce travail,
malgré ses lourdes charges et nombreuses occupations. Nous ne pouvons
passer sous silence l’intervention de notre codirecteur assistant Gaffnon
LULUENGA MATUMONA pour ses observations non moins pertinentes
aussi bien au niveau de sa conception et de la réalisation dans sa forme
actuelle.
A cette marque de reconnaissance, nous voudrions associer aussi tous les
professeurs de la faculté de droit pour nous avoir appris la bonne manière au
sein de cette grande famille et tenir haut l’étendard de notre alma mater.
Nous remercions également nos frères Christian MANDEMBA et Yann
MANDEMBA, qui nous ont témoigné leur bonne foi, leurs soutient et
encouragements au cours de nos années académiques.

Moise MANDEMBA SONY


PRINCIPAUX SIGLES ET ABREVIATIONS

- Al : alinéa
- Art : article
- CODHO : coalition pour le droit de l’homme au Congo
INTRODUCTION
Au premier abord, il importe de signaler que présent travail porte sur
«problématique du conjoint dont le mariage n'est pas enregistré dans la
succession de son conjoint décédé en droit positif congolais». Pour bien
l'analyser, il est impérieux préalablement de poser sa problématique (); de
donner ses hypothèses (II); de préciser sa méthodologie (III) ; de le délimiter
dans l'espace, dans le temps et dans la matière (IV); de démontrer son intérêt
(V); et enfin, d'établir son plan sommaire (VI) afin de le cerner.

I. PROBLEMATIQUE DU SUJET
Le présent travail de fin de cycle porte sur une question importante en droit
congolais : la problématique du conjoint survivant dont le mariage n'a pas été
enregistré à l'état civil, et qui, de ce fait, se voit exclu de la succession de son
conjoint décédé. Cette situation, malheureusement fréquente en République
Démocratique du Congo, découle du décalage entre les pratiques coutumières,
encore très ancrées dans la société, et le droit positif, qui exige un
enregistrement formel du mariage pour en faire découler des effets juridiques
opposables aux tiers1.
En effet, de nombreux couples vivent maritalement après une célébration
coutumière sans jamais procéder à l'enregistrement officiel de leur union.
Lorsque l'un des conjoints décède, le survivant - bien qu'ayant partagé la vie
du défunt pendant plusieurs années, souvent avec des enfants à charge - se
retrouve sans qualité juridique pour faire valoir des droits dans la succession.
Cela le rend particulièrement vulnérable, notamment face aux autres héritiers

1
[Link] IDIN’AMINYE, Droit civil les personnes, la famille, les incapacités, paris, 3e éd, l’harmattan,
2013-2014, p.91
légaux (comme les enfants, frères et sœurs du défunt) qui peuvent légalement
l'évincer.
Philosophiquement, l'enregistrement du mariage répond à une exigence de
sécurité juridique et de reconnaissance de l'individu dans ses liens familiaux.
Il incarne l'idéal de l'égalité devant la loi, la transparence sociale et la
protection des parties faibles au sein du foyer, en l'occurrence, l'épouse ou
l'époux survivant. L'État moderne, garant de l'ordre public et du droit à la
dignité humaine, se voit dans l'obligation de donner une force probante aux
unions matrimoniales, non seulement pour protéger la vie conjugale, mais
aussi pour réguler l'après-vie, notamment au travers de la succession.
Le Code de la famille congolais, dans sa version modifiée par la loi n° 16/008
du 15 juillet 2016, établit clairement que le mariage est un acte civil, public et
solennel (article 330)2. Ce mariage doit obligatoirement être enregistré à l'état
civil pour produire des effets légaux à l'égard des tiers. L'article 380 précise
que «le mariage célébré en famille n'est opposable qu'aux époux et à ceux qui
ont participé à cette célébration conformément à la coutume.».
Concernant la succession, l'article 758 du même code reconnaît que seul le
conjoint survivant légitime (donc civilement enregistré) peut prétendre à
l'héritage3. À défaut, ce conjoint n'a aucun droit successoral, car il n'a pas de
qualité légale. Cela se vérifie surtout lorsque la famille du défunt invoque
l'inexistence d'un acte de mariage et rejette toute prétention successorale du
conjoint survivant, peu importe la durée de leur vie commune.
En considération de ce qui précède nous nous sommes posés quelques
questions de préoccupation ci-dessous :
- Le mariage non enregistré peut-il produire des effets juridiques en matière
successorale en droit congolais ?
- Le conjoint survivant issu d'un mariage coutumier non transcrit à l'état
civil peut-il légalement hériter du défunt ?

II. HYPHOTHESES DU TRAVAIL

2
Art 330 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
3
Idem, art 758
Au regard de différentes questions ou préoccupations soulevées à la
problématique, plusieurs hypothèses ou réponses provisoires peuvent être
émises d'après nous.
Il est présumé, dans le cadre de cette étude que Le mariage non enregistré ne
produit aucun effet juridique en matière successorale, car il n’est pas
opposable aux tiers. En conséquence, le conjoint survivant n’est pas reconnu
comme héritier légal, sauf preuve exceptionnelle admise par le juge ainsi Le
conjoint survivant ne peut être reconnu comme héritier que si l’union a été
régulièrement enregistrée à l’état civil, conformément aux articles 330 et 380
du Code de la famille. L’absence de cet enregistrement constitue un obstacle
juridique majeur à toute revendication successorale.

III. INTERET DU SUJET

A. Intérêt théorique
L'intérêt scientifique de cette étude réside dans sa contribution à
l'enrichissement de la doctrine juridique en droit congolais, notamment dans
le domaine du droit de la famille et du droit des successions. En effet, la
question du statut du conjoint non enregistré à l'ouverture de la succession
soulève une difficulté d'interprétation et d'application des normes juridiques
existantes, notamment en ce qui concerne la preuve du mariage, la protection
des droits patrimoniaux du conjoint survivant, et l'articulation entre les droits
coutumiers et les règles du droit écrit. Cette étude permet ainsi de combler une
lacune dans la littérature juridique congolaise en proposant une analyse
approfondie de la question, en croisant les sources du droit (loi, jurisprudence,
doctrine et coutume), et en suggérant des pistes de réforme. Elle participe donc
à la construction d'un droit plus équitable, plus rigoureux et mieux adapté à la
réalité sociale congolaise.
B. Intérêt pratique
Ce travail revêt un intérêt pratique majeur en ce qu’il soulève une
problématique réelle et douloureuse vécue par de nombreux conjoints
survivants en République Démocratique du Congo, victimes d’un système
juridique rigide qui les prive de toute reconnaissance successorale simplement
parce que leur mariage n’a pas été enregistré. Il attire l’attention sur une
injustice silencieuse mais fréquente, où des femmes et des hommes, après
avoir partagé toute une vie avec leur partenaire, se retrouvent subitement sans
droits, sans recours, et parfois même expulsés du foyer conjugal après le décès
de leur conjoint. En mettant à nu cette faille du système, ce travail interpelle
les praticiens du droit sur leur rôle dans la protection des plus vulnérables et
sur la nécessité d’une approche plus humaine et équitable de la justice
successorale.

IV. METHODOLOGIES ET TECHNIQUES

A. Méthodes
Nul doute qu’il n’existe pas de cheminement scientifique sans recourir à
l’utilisation des méthodes scientifiques. De manière simpliste, il a été même
affirmé que la science, c’est la méthode.
D’après Roger PINTO et Madeleine GRAWTTZ, la méthode est définie
comme étant l’ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une
discipline cherche à atteindre les vérités qu’elle poursuit, les démontre et les
vérifie. En d’autres termes, c’est l’idée que l’on se fait du sujet et comment
l’étudier4.
Dans cette optique, nous avons opté pour l'utilisation de la méthode
juridique, qui s'avère particulièrement adaptée à l'analyse des règles
encadrant cette problématique du conjoint survivant dont le mariage ne
serait pas enregistré et qui viendrait dans la succession de son conjoint
décédé. Cette méthode nous permettra d'examiner en profondeur les
mécanismes prévus par la législation nationale, tout en mettant en lumière
les éventuelles limites ou incohérences du système en vigueur.
B. Techniques
Les techniques de recherche sont des outils mis à la disposition du chercheur
pour la collecte des données. Elles peuvent être également définies comme
étant des procédés opératoires, rigoureux bien définis, transmissibles et
4
[Link]. et [Link]., Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1971, p.282.
susceptibles d'être appliquées à nouveau dans les mêmes conditions adaptées
au genre de problème et phénomène en cause5.

V. DELIMITATION DU TRAVAIL
La conséquence certaine d'une démarche scientifique est d'imposer à son
auteur certaines conditions dont notamment l'obligation pour lui de fixer des
limites à son action. Ainsi il sera question de délimiter ce travail dans le temps
(A) et dans l’espace (B).
A. Délimitation spéciale
Sur le plan spatial, notre étude se limite exclusivement au territoire de la
République Démocratique du Congo, dans la mesure où nous constatons avec
amertume le problème dont question.
B. Délimitation temporelle
Sur le plan temporel, la présente étude prend pour point de départ l’entrée en
vigueur de la loi portant Code de la famille de 1987, qui constitue le
fondement de notre analyse, et couvre la période allant de cette date jusqu’à
nos jours

5
[Link], Méthode de recherche en sciences sociales, troisième graduat, faculté de science
politique et administrative, UNIKIN, 2003-2004, p.18
VI. PLAN SOMMAIRE
Outre l’introduction et la conclusion, le présent travail comprend deux
chapitres; dont Le premier concerne l’approche générale du sujet (chapitre 1)
et le deuxième se basera sur les conséquences du mariage non enregistrés sur
la succession à l’égard du conjoint survivant.(chapitre 2)
CHAPITRE I : APPROCHE GENERALE DU SUJET
Ce chapitre comporte deux sections, dont la première porte sur les définitions
des concepts liés à notre sujet (section 1), et la seconde portera sur l’aperçu
général sur le mariage non enregistré et la succession en droit congolais
(section 2).

Section 1: Définitions des concepts


Dans cette section, il sera question de clarifier les principaux concepts liés à
notre sujet, notamment ceux de la problématique et du conjoint survivant (§1),
ainsi que celui du mariage non enregistré et de la succession (§2).

§1 Problématique et conjoint survivant

A. Problématique
Étymologiquement, la problématique est l’Ensemble de questions qu'une
science ou une philosophie se pose relativement à un domaine particulier.
Elle est considérée comme «l'angle théorique adopté pour traiter le
problème issu de la question de départ, la manière dont les phénomènes
seront étudiés ». Elle inclut la formulation de la question centrale et les
hypothèses à tester6.
En contexte d’un titre ou au début de sujet, « problématique » signifie Un
ensemble de difficultés, de contradictions ou d'incertitudes juridiques,

6
[Link]. Et L .VAN CAMPENHOUDT, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Dunod, 1988, p.101
sociales ou pratiques qui entourent une question donnée et justifient l'intérêt
d'une recherche.

B. conjoint survivant
Le conjoint survivant, l'époux ou l'épouse régulièrement uni(e) dans le
mariage, non divorcé ni même séparé unilatéralement qui survit après le décès
de son conjoint7.
Malgré que le code de la famille ne définit pas le conjoint survivant, en droit
congolais le conjoint survivant occupe une place important. C’est ainsi que le
législateur la loi de 2016 portant code de la famille en son article 758 8, a
manifestement entendu assurer une protection patrimoniale significative au
conjoint survivant. Ce dernier se voit reconnaître une vocation successorale
en tant qu’héritier de la deuxième catégorie, il est ainsi un héritier réservataire,
ce qui lui garantit une part incompressible dans la succession légale.

§ 2. Mariage non enregistré et la succession

A. Mariage non enregistré


Le mariage est perçu comme l'union d'un homme et une femme afin d'avoir
une vie commune. Le mariage rencontre l'aspiration de la plupart des
individus à développer une vie sentimentale et sexuelle, à rompre leur
solitude et s'unir à d'autres qui ont choisi le même mode de vie couple9.
Le législateur congolais définit à l’article 330 du code de le mariage comme
« Le mariage est l'acte civil, public et solennel par lequel un homme et une
femme, qui ne sont engagés ni l'un ni l'autre dans les liens d'un précédent
mariage enregistré, établissent entre eux une union légale et durable dont les
conditions de formation, les effets et la dissolution sont déterminés par la
présente loi. »10.
Lorsque le mariage ne se limite qu’à être célébré devant la famille et sans
pour autant obtenir l’enregistrement devant l’officier de l’état civil il est
considéré comme un mariage non enregistré. Ainsi le mariage non enregistré,
appelé aussi mariage coutumier ou célébré en famille, peut être défini comme
l'union d'un homme et d'une femme célébrée selon les rites coutumiers.
7
MUPILA NJIKE, les successions en droit congolais, Kinshasa, Pax Congo, 2000, p.23
8
Art 758 de la loi n° 16/008 du 15 juillet 2016 modifie et complète la loi n° 87-010 du 1er août 1987
portant code de la famille
9
[Link] IDIN'AMINYE , [Link] p.75
10
Art 330 de la loi n° 16/008 du 15 juillet 2016 modifie et complète la loi n° 87-010 du 1er août 1987
portant code de la famille
B. Succession

En droit congolais, la succession n'est pas explicitement définie par le


législateur. Celui-ci se limite à établir que les droits et les obligations du
défunt (de cujus) passent à ses héritiers et légataires, conformément à l'article
756 du Code de la famille11. En ce qui concerne la doctrine, plusieurs auteurs
ont défini la succession comme la transmission des biens et des dettes d’une
personne décédée à une ou plusieurs personnes vivantes12. Cette définition est
en accord avec celle de Dekkers et Depage, qui affirment que succéder, c’est
remplacer une personne à la tête de ses biens et assumer le paiement de ses
dettes13
Ce terme « succession » désigne, dans un premier sens, la transmission des
biens d’une personne décédée. Dans un second sens, il se réfère au Patrimoine
transmis14. Selon Serge Guinchard et Thierry Debard, « la succession est la
transmission des biens et des dettes d’une personne décédée à une ou plusieurs
personnes encore vivantes »15
La succession peut désigner l'ensemble du patrimoine d'une personne
décédée. Dans ce sens, elle est constituée de l'actif et du passif de ce
patrimoine, c'est-à-dire de tous les biens et de toutes les dettes du défunt, Elle
peut aussi désigner l'ensemble des personnes appelées à succéder à une
personne décédée16.

11
Art 758 de la loi n° 16/008 du 15 juillet 2016 modifie et complète la loi n° 87-010 du 1er août 1987
portant code de la famille
12
[Link] NKOLE. Notes de cours de droit patrimoniale, année académique, , Kinshasa , faculté de droit ,
UPC , 2024-2025, p.22
2024-2025
13
DEPAGE (P), traité du droit civil belge, Bruxelles, Brylant, 1960, p.4,
14
C. NKOLE NKOLE, [Link]., p.23
15
[Link] Et [Link], Lexique des termes juridiques, Paris, Dalloz 2014 p.893
16
[Link], Question et réponses sur r la succession, Kinshasa, CEDI, 2003, p.6,
Section II. Aperçu générale sur le mariage non enregistré et la succession

Dans cette deuxième section, il sera question de comprendre de façon


lapidaire en droit congolais le mariage non enregistré (§1) et nous clôturerons
cette section en évoquant la notion de la succession en droit congolais (§2).

§ 1. Mariage non enregistré


Comme nous l’avons défini ci haut, le mariage non enregistré a des
caractéristiques (A), des conditions de fond propres et les modes de
dissolution (B) qu’il sera question d’examiner dans ce paragraphe.

A. Caractéristiques
Le législateur du Code de la famille admet ce type de mariage, mais cette
tolérance est une tolérance conditionnelle.17 Pour qu'il soit opposable, un
enregistrement auprès de l’état civil est requis ; autrement, il ne sera opposable
qu’aux parties ayant pris part à cette union.
Ce mariage a été préservé par le législateur parce qu’il constitue le type de
mariage que nos ancêtres traditionnellement célébré18.
Étant donné que le mariage coutumier est célébré en famille, en dehors de
l’intervention de l’officier de l’état civil, le législateur a veillé à exiger que,
une fois célébré selon les rites coutumiers et en cas de contestation la coutume
de la femme prévaut, ce mariage soit enregistré afin d’être opposable à tous.
Cet enregistrement attribue au mariage célébré en famille la qualification de
« mariage constaté »19.

17
[Link] IDIN'AMINYE, [Link]. p.95
18
Exposé du motif code de la famille
19
[Link], droit civil : les personnes, incapacités, la famille, Kinshasa, EDUPC, 2014, p.517,
L’enregistrement du mariage célébré en famille ne vise pas à conférer validité
ou légitimité au mariage, car tant que les conditions de fond ont été respectées,
le mariage coutumier est valide et produit tous ses effets dès la date de la
célébration, même en l'absence d'enregistrement. Cela n’implique toutefois
pas que l'enregistrement soit superflu ou inopérant.
En effet, l'enregistrement d'un mariage célébré en famille a pour effet de
conférer l'opposabilité erga omnes à l'égard de tous concernant ce mariage.
La loi stipule : « Avant l'enregistrement, le mariage célébré en famille n'est
opposable qu'aux époux et à ceux qui ont participé à cette célébration
conformément à la coutume. Tant que le mariage célébré en famille n'est pas
enregistré et qu'un des époux en invoque les effets en justice, le tribunal
suspend la procédure jusqu'à l'enregistrement »

B. Conditions et Dissolution

1. Conditions
Le mariage non enregistré étant un mariage reconnu par la loi obéit à certaines
conditions, ces conditions sont à respecter par les parties pour la validité du
mariage, en cas de non-respect il peut y avoir l’annulation ou le e mariage
peut être frappé de nullité.

a. Consentement

Les deux personnes qui ont ambition de contracter un mariage doivent donner
leur consentement, selon Serge Guinchard et Tierry Debard le consentement
est « l’adhésion d’une partie à la proposition faite par l’autre »20. L’existence
du Consentement en lui-même ne suffit pour contracter un mariage en droit
congolais. Ce consentement qui est donné doit être libre et exempt des vices.
Ainsi il sera question de vérifier si ce consentement est un consentement
réel.21

20
[Link] Et [Link],[Link], p.236
21
[Link] IDIN'AMINYE, [Link]., p.84
Le décret du 30 juillet 1888 expose la théorie des vices de consentement en
son art 922, 1123, 1824 et 131bis25, il envisage quatre vices de consentement que
sont : l’erreur, le dole, la violence et exceptionnellement la lésion.

En droit congolais seul le l’erreur et la violence sont considérés comme


capable de vicier le consentement, le dol et la lésion ont été ainsi écarté
comme vice de consentement en matière de mariage

a. Capacité
La capacité à contracter un mariage, selon le droit congolais, est régie par des
critères d’âge, juridiques et psychologiques.
Le Code de la famille, en son article 35226, stipule qu'aucun mariage ne peut
être célébré entre des personnes n’ayant pas atteint l’âge de 18 ans révolus, en
conformité avec la loi du 10 janvier 2009 qui interdit le mariage des enfants
article 4927, définis comme toute personne de moins de 18 ans (art. 2)28.
Sur le plan juridique, il est prohibé de contracter un nouveau mariage tant que
le précédent n'est pas dissous ou annulé (art. 354)29.
Enfin, sur le plan psychologique, le Code interdit les mariages entre proches,
tels que ceux entre ascendants et descendants ou entre frères et sœurs,
conformément à l'article 35630, afin de préserver l'intégrité des liens familiaux.
b. Dot
Le législateur congolais a institué le payement de la dote comme condition de
validité du mariage, cette dote doit être effectivement versée ou au moins en
partie. Elle est règlementée par la coutume il peut être des biens ou de l'argent
art 361 et 363 code de la famille31, l’art 361 fait de la dote une condition de

22
Art 9 du décret du 30 juillet 1888 relatif aux contrat et obligations conventionnelles
23
Idem, art 11
24
Idem, art 18
25
Idem, art 131
26
Art 352 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
27
Art 49 Loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant
28
Idem, art 2
29
Art 354 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
30
Idem, art 356
31
Idem, art 361
fond pour le mariage et ce, en référence aux pratiques coutumières
congolaise32.

c. Différence de sexe
La distinction de sexe : à savoir, un homme et une femme. L'union
matrimoniale entre personnes de même sexe est frappée de nullité absolue et
contraire à l'ordre public national congolais. Même si elle est régulièrement
contractée à l'étranger dans les États qui l'autorisent (tel que les Pays-Bas, la
Belgique, l'Espagne, le Canada, le Portugal, le Royaume-Uni), elle demeure
inopérante en RDC. Toute partie intéressée est en droit de solliciter sa nullité
à tout moment.

2. Dissolution
Par principe les causes de dissolution de tous les mariages sont les mêmes
selon le prescrit de l’article 538 (CF)33, peu importe que le mariage ait été
célébré en famille ou directement enregistré devant l'officier de l'état civil.
Autrement dit, la forme du mariage choisie par les époux n'a aucune incidence
sur les causes de dissolution et sur les effets de dissolution du mariage34.
L'article 539 poursuit en énumérant les causes de dissolution du mariage qui
sont : la mort de l'un des époux, le divorce et le nouveau mariage du conjoint
de l'absent35.
Mais le problème qui se pose au niveau du mariage célébré en famille non
enregistré se retrouve lié à l’article 380 .2 al (CF) qui soutient que « Tant que
le mariage célébré en famille n'a pas été enregistré et que l'un des époux en
invoque les effets en justice, le tribunal suspend la procédure jusqu'à
l'enregistrement. »36 Par cet alinéa l’enregistrement du mariage apparait
comme un mode de preuve devant toute contestation judiciaire lié à la matière.
Ainsi pour ce qui est du divorce en droit congolais, selon l’article 549 du code
de la famille qui conféré au divorce un caractère exclusivement judiciaire

32
[Link] IDIN'AMINYE, Que dit le code de la famille : commentaire article par article, Paris,
l’harmattan, 2019, p.249
33
Art 538 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
34
[Link] IDIN'AMINYE, Que dit le code de la famille : commentaire article par article, [Link]., p.263
35
Art 539 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
36
Idem, art 380
c’est-à-dire qu’il ne peut y avoir divorce que lorsqu’un juge l’a prononcé 37.
De ce fait il est impossible pour un époux dont le mariage serait célébré en
famille et qui ne serait pas enregistré d’introduire une action en divorce
devant le juge.
Celui-ci le renverrait à l’hypothèse de l’article 380.2 du code de la famille .Il
en va de même pour l’absence pour déclarer une personne absente il faut un
jugement déclaratif d’absence du tribunal. Celui-ci qui est saisie par une
requête de toute personne intéressée ou du ministère public.
En droit congolais il n y a que la mort de l’un des époux qui peut être vu
comme cause concrète de la dissolution du mariage célèbre en famille.

§ 2 Succession
Dans ce paragraphe il sera question de connaitre à quand s’ouvre la succession
en droit congolais (A), les règles encadrant la dévolution successorale ainsi
que les conditions requises pour succéder (B)

A. Ouverture de la succession et dévolution successorale


Il sied de signaler que dans ce point, il sera question d’examiner les conditions
d’ouverture de la succession (1) ainsi les règles encadrant la dévolution des
biens du défunt aux héritiers en droit congolais (2).

1. Ouverture de la succession
On appelle ouverture de la succession, le fait qui entraine la dévolution des
biens d'une personne à ses héritiers38. Il n y a pas de succession sans la mort
d'une personne. C'est donc à ce moment qu'il faut se placer pour savoir qui est
héritier plus précisément pour déterminer la vocation et la capacité des
héritiers à recueillir la succession39.
Le domicile défunt ou sa principale résidence permet la détermination du
tribunal compétent pour connaitre les contestations relatives à la succession.40
La détermination du moment précis du décès est d'une importance capitale
puisque comme dit ci-haut, c'est au moment de la mort que fonctionne le
37
Idem, art 549
38
[Link], Précis de droit civil belge, Tome 3, Les régimes matrimoniaux, les successions, les donations
et les testaments, Bruxelles, Bruylant, 1955, p. 255
39
[Link] TEKIZILA, Droit congolais régimes matrimoniaux, successions et libéralités, Lubumbashi,
les analystes juridiques, 2013, p.100
40
[Link], synthèse du cours de régimes matrimoniale, successions et libéralités, Kinshasa,
Juristespace-rdc, 2011, p.13
mécanisme de transfert de biens que constitue la succession. A titre
exemplatif, notons que : C'est au moment du décès qu'il faut se placer pour
déterminer ceux qui viennent à la succession, c'est-à-dire qui ont la dévolution
successorale; C'est au moment du décès que les successeurs doivent réunir les
qualités requises pour succéder; C'est le moment du décès qui permet au juge
d'apprécier sa compétence territoriale. Car le juge compétent est celui du
domicile du de cujus au moment du décès41.
Les héritiers qui auront accepté la succession seront censés l'avoir recueillie
au moment du décès. C'est à partir du décès que s'établira l'indivision entre les
héritiers et qu'ils pourront demander le partage de la masse successorale.

2. Dévolution successorale
La dévolution successorale est l’ensemble des règles qui déterminent
l’ensemble des personnes appelées à venir recueillir les biens du défunt42
La succession peut être selon l’article 75643
 Légale (a)
 Testamentaire (b)
 Contractuelle (c)

a. Succession légale
La succession légale est celle dans laquelle la loi désigne elle-même les
personnes appelées à recueillir les biens du défunt. Les règles de la succession
légale s'appliquent lorsque le défunt n'a pas fait de testament, ou n'a prévu que
partiellement la dévolution de ses biens. C'est pourquoi la succession légale
est le plus souvent désignée sous le nom de succession ab intestat. Les
successeurs sont appelés héritiers ou héritiers ab intestat. Les héritiers ab
intestat ont vocation à recueilli tantôt 'universalité du patrimoine du de cujus;

41
[Link] TEKIZILA, [Link]. 101
42
[Link]. Cité par BOMPAKA NKEYI, notes de cours des régimes matrimoniaux successions et
libéralités, Kinshasa, faculté de droit, UPC, 2019-2020, p.44
43
Art 757 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
ils sont alors ayants-cause universels; tantôt une fraction seulement de ce
patrimoine; ce sont alors des ayants-cause à titre universel44.

a. Succession testamentaire
La succession testamentaire est celle qui est réglée par la volonté du défunt
exprimée dans un testament valable. Les personnes désignées par le testateur
pour recevoir ses biens s’appellent légataires. Le légataire universel est celui
qui a vocation à recueillir l'ensemble du patrimoine. Le légataire à titre
universel est celui qui n'a vocation qu'à une quote-part du patrimoine. Comme
pour les héritiers ab intestat, on considère que les légataires universels ou à
titre universel sont les continuateurs de la personne du défunt; à ce titre, ils
recueillent tout l'actif et tout le passif et sont tenus au paiement des dettes.
Enfin, le légataire particulier ne reçoit qu'un ou plusieurs biens déterminés;
aussi n'est-il pas tenu au passif45.

En droit congolais selon le prescrit de l’article 767 le testament peut être établi
sous trois formes :
 Authentique
 Olographe
 Oral

b. la succession contractuelle
La succession contractuelle est celle qui naît d'une convention passée entre
une personne et celles qu'elle y désigne comme ses successeurs. Ce mode de
transmission est en principe interdit car il va à l'encontre du principe de la
prohibition des pactes sur succession future46.
Cependant, la prohibition de la succession contractuelle connaît trois
dérogations, que sont :
• L'institution contractuelle47 .

44
[Link] NKOLE, note du cours de droit patrimoniale de la famille, Kinshasa, faculté de droit, UPC, 2024-
2025
45
Idem, p.20
46
Ibidem
47
Art 904 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
• La donation-partage48.
• La substitution fidéicommissaire49

b. Conditions requises pour succéder


Le fait de posséder la vocation héréditaire ne suffit pas pour venir à une
succession ; il faut, en plus, avoir l' « aptitude à succéder», c'est-à-dire remplir
des conditions supplémentaires sans lesquelles on ne peut succéder.50
Ces conditions sont les suivantes: il faut exister au moment où la succession
est ouverte (1), appartenir à la famille du défunt (2) et ne pas être indigne (3)
1. Existence
Pour succéder, il faut nécessairement exister à l'instant de l'ouverture de la
succession c'est-à- dire au décès du cujus. Deux catégories de personnes se
trouvent par-là exclues : celles qui n'existeront que plus tard, (sauf application
du principe selon lequel l’enfant simplement conçu est considéré comme née
chaque fois qu’il en va de ses intérêts à condition qu’il naisse vivant et viable)
et celles qui sont déjà mortes (sous réserve du mécanisme de représentation.
En effet, si les enfants ou l’un des enfants du de cujus sont morts avant lui et
qu’ils ont laissé des descendants, ils sont représentés par ces derniers dans la
succession)51.
2. Appartenance à la famille du de cujus
Pour avoir la dévolution successorale, il faut être de la famille du de cujus. En
droit congolais, les enfants à pères juridiques ne peuvent être héritiers de ces
derniers.
3. Ne pas être indigne
L'indignité est une déchéance du droit héréditaire prononcée contre le
successeur qui s'est rendu coupable envers le défunt ou sa mémoire de certains
faits limitativement déterminées par la loi. C’est ce qu’on appelle encore

48
Art 899 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
49
Idem, art 911
50
[Link], [Link]., p.8
51
[Link] NKOLE, note du cours de droit patrimoniale de la famille ,Kinsahasa, faculté de droit, UPC,
2024-2025
l’exclusion d’un héritier à l’hérédité52. L'article 765 du code de la famille
donne les causes d'indignité53 :
L’article précise est indigne de succéder et comme tel exclu de l'hérédité,
l'héritier légal ou le légataire:
a) qui a été condamné pour avoir causé intentionnellement la mort ou voulu
attenter à la vie du de cujus;
b) qui a été condamné pour dénonciation calomnieuse ou faux témoignage,
lorsque cette dénonciation calomnieuse ou ce faux témoignage aurait pu
entraîner à l'encontre du de cujus, une condamnation à une peine de cinq ans
de servitude pénale au moins;
c) qui, du vivant du de cujus, a volontairement rompu les relations parentales
avec ce dernier, Cette situation devant être prouvée devant le tribunal de paix,
le conseil de famille entendu;
d) qui, au cours des soins à devoir apporter au de cujus lors de sa dernière
maladie, a délibérément négligé de les donner, alors qu'il y était tenu
conformément à la loi ou à la coutume;
e) qui, abusant de l'incapacité physique ou mentale du de cujus, a capté dans
les trois mois qui ont précédé son décès, tout ou partie de l'héritage;
f) qui a intentionnellement détruit, fait disparaître ou altéré le dernier
testament du de cujus sans l'assentiment de celui-ci ou qui s'est prévalu, en
connaissance de cause, d'un faux testament ou d'un testament devenu sans
valeur.
CHAPITRE II: CONSEQUENCES DU MARIAGE NON
ENREGISTRÉ SUR LA SUCCESSION A L’EGART DU CONJOINT
SURVIVANT

Ce deuxième chapitre comporte deux sections, dont la première porte sur


les dangers du mariage non enregistré dans une succession et les cas de
jurisprudence (section1) et la seconde portera sur les mécanismes de
protection en droit coutumier et les reformes (section 2).

52
Ibidem
53
Art 765 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
Section 1. Dangers du mariage non enregistré et cas de jurisprudence

Dans cette section il sera question d’exposé de nombreux dangers auxquels


s’exposent un conjoint survivant qui n’aurait pas enregistré son mariage dans
une succession (§1) et les jurisprudences ayant trait à cette matière (§2).

§ 1. Dangers du mariage non enregistré dans la succession

Selon le prescrit de l’article 756 du code de la famille qui veut que après la
mort du de cujus ses biens puissent passer à ses héritiers et légataires54, le
conjoint survivant d’un mariage non enregistré peut être appelé à succéder
que lorsque cette succession émane de la volonté du de cujus ou si cette
succession est faite conventionnellement.

Ainsi le conjoint survivant ne pourra hériter que premièrement par la volonté


du de cujus qui se démontre dans un testament, qui est un acte juridique par
lequel une personne un personne appelée testateur, dispose de tout ou partie
de ses biens pour le temps où elle ne sera [Link] d’autres termes le
testament est un acte unilatéral ou une personne organise la transmission de
son patrimoine56. Deuxièment encore le conjoint survivant d’un mariage non
enregistré peut se voir appeler à la succession lorsque cela a été décidé
conventionnellement. En droit congolais, il n'est en principe pas permis
d'organiser la transmission d'une succession par le biais d'une convention
conclue entre le de cujus et un héritier conventionnellement choisi. C'est ce
que nous avions appelé le principe de la prohibition des pactes sur succession
future.
Mais exceptionnellement le code de la famille contrevient à ce principe en
admettant dans trois cas que la volonté du de cujus pouvait agir sur la
dévolution successorale des biens. C’est dans les dispositions relatives aux
libéralités que le législateur congolais légifère sur ces trois institutions. Il
s'agit de: l'institution contractuelle, le partage d'ascendant et la substitution
fidéicommissaire57.

54
Art 756 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
55
[Link], Droit civil. Tome 4: Les successions. Les libéralités, Paris, PUF, 21e éd., 1997, p. 167.
56
[Link], L. MAZEAUD et [Link], Leçons de droit civil - Les successions, les libéralités, Paris, 10e
éd, Montchrestien, 2000, p. 321.
57
JP. KIFWABALA TEKEZILA, [Link]. , p.148
Mais il se pose un problème lorsque le de cujus n’a pas exprimé sa volonté
dans un testament ou il ne l’a pas fait conventionnellement, on fait recourt à
la volonté du législateur qui est l’art 758 du code la famille58 . Cet article pose
le principe de la succession Ab intestat qui est une succession qui s'applique
lorsqu'il n'existe pas de testament valable ou quand celui-ci ne règle pas la
totalité de la succession; elle obéit à des règles légales strictes fondées sur la
parenté et le mariage59.

Comme déjà dit ci haut lorsque la succession se partage d’une manière


conventionnelle ou amiable, il ne se pose aucun problème pour un conjoint
survivant d’un mariage non enregistré qui se retrouverait dans cette situation
.mais en cas de contestation avec d’autres héritiers ou la famille du de cujus il
se posera un problème majeure pour le conjoint survivant parce que celui-ci
sera obligé d’aller faire recourir à la justice et se retrouvera confronté face à
un blocage qui est l’article 380 du code de la famille60 qui soutient que « Tant
que le mariage célébré en famille n'a pas été enregistré et que l'un des époux
en invoque les effets en justice, le tribunal suspend la procédure jusqu'à
l'enregistrement. ».

Étant privé de son action en justice le conjoint survivant qui n’avait pas
enregistré son mariage peut se voir privé de ses droits successoraux
automatiquement prévus par le code de la famille dans les articles 758 et
78561 étant donné que Le conjoint survivant ne figure pas sur les registres
des héritiers légaux, celui-ci rend son rang successoral inexistant en cas de
décès soudain. Et peut perdre tous l’usufruit des biens du défunt et même
être écarté par la belle-famille au profit des enfants ou collatéraux.

A la survenance d’un conflit avec une autre personne ayant un acte


authentique la veuve se voir retiré tous les biens de son conjoints décédé
n’ayant pas d’acte authentique qui prouverait cette union et en cas de

58
Art 758 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
59
[Link]. Droit civil : Les successions et les libéralités, Paris, 3eéd ,LexisNexis, 2012, p. 51.
60
Art 380 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
61
Art 785 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
mauvaise foi de membres de la famille du défunt Le conjoint survivant se
verra donc dépouiller même de son patrimoine qu’il ou elle aurait acquis
pendant le mariage avec le défunt. N’ayant pas opté pour un régime
matrimoniale il ou elle peut se voir confisqué ses biens par la famille de son
conjoint décédé ceci étant un cas pratique dans le cas de mariage coutumiers
ou célébré en famille.

Ces dangers peuvent se voir donc en résumé dans 3 cas :

 Le non reconnaissance du lien conjugale étant donné que le moyen de


preuve du mariage est l’acte de mariage article 433 du code de la
famille62, le conjoint survivant n’ayant pas enregistré son mariage verra
son mariage n’avoir aucune force probatoire
 Risque d’éviction par la famille du défunt sans preuve du mariage, la
famille du défunt peut contester le statut de conjoint survivant ou même
expulser le survivant.
 Perte tous les recours en justice en vertu de l’article 380 du code de la
famille63, ainsi que les droits attachés à l’article 75864 qui fait d’un
conjoint survivant héritier réservataire
Ainsi se démontre la fragilité du conjoint dont le mariage n’est pas enregistré
en droit congolais. Rendant ainsi le mariage célébré en famille mais non
enregistré semblable à du concubinage et exposant le conjoint survivant à la
botte de la famille du de cujus dans une insécurité et en espérant en la bonne
foi de ceux-ci ou de la coutume qui règlementerait une succession.

§ 2. Cas de jurisprudences

A. TGI Kinshasa - Matété (affaire Lisa vs seconde épouse)

Contexte : un homme polygame marié selon la coutume sans transcription


officielle décède. La première épouse (Lisa) avait célébré le mariage
coutumier mais n’avait pas d’acte officiel ni transcription. La seconde
épouse, elle, disposait d’un acte de mariage civil.

62
Idem, art 433
63
Idem, art 380
64
Idem, art 758
Faits : Deux épouses coutumières, le premier non enregistré
antérieurement, la seconde avec acte.
Décision : Le tribunal reconnait la seconde épouse, malgré l'antériorité de la
première, car seule cette dernière a produit un acte coutumier certifié,
rejetant la première dont les témoignages seuls n'étaient pas suffisants
Les témoignages des parents du défunt mari ainsi que de ses associés et amis
en faveur de LISA n'ont pu suffire pour convaincre le juge à annuler le
mariage de la seconde épouse, qui poussa son arrogance jusqu' à solliciter
«que LISA soit jetée en prison pour tentative d'escroquerie ».

B. CAA de NANTES, 2ème chambre, 20/09/2019, 19NT00511,

Affaire Mme E. G. c. État congolais - Conjoncture de l'asile et succession


& Contexte factuel
Mme E. G. évoque un mariage coutumier à Kinshasa avec M. H. K., célébré «
en famille » mais sans que celui-ci ait été enregistré à l'état civil.
Elle demande, dans le cadre d'une procédure d'asile, que ce mariage soit
reconnu pour lui valoir le statut de conjoint survivant aux fins de droits
successoraux et de regroupement familial
Décision judiciaire
La cour suspend la procédure (liée à l'asile) tant que le mariage ne sera pas
dûment enregistré.
Il conclut que l'attestation de mariage coutumier, sans numéro ni référence
de transcription, ne suffit pas pour caractériser un lien matrimonial au sens
du droit congolais (art. 330 Code de la famille)

Conséquences juridiques
Mme E. G. est qualifiée de concubine, et non de conjointe survivante, en
dépit du rôle qu'elle joue auprès des enfants du défunt ().
Le simple fait d'avoir vécu maritalement et d'avoir assumé l'entretien des
enfants n'est pas juridiquement suffisant.
Le tribunal précise qu'un mariage coutumier non transcrit reste inopposable
aux tiers et ne confère pas les droits légaux au conjoint survivant.
Section 2 Mécanismes de protection en droit coutumier et les reformes
Dans cette section il sera question, dans les lignes qui suivent, de mettre en
lumière les formes de protection offertes par le droit coutumier (§1) avant de
donner quelques idées des réformes visant à moderniser ou harmoniser ces
pratiques avec le droit écrit (§2).

§ 1. Mécanicismes de protection en droit coutumier


Comme nous l’avons déjà dit Si le mariage n’est pas reconnu par l’état civil
(pas d’acte de mariage), le conjoint survivant n’est pas légalement un héritier
civil selon l’article 75865: il n’appartient à aucune des catégories successorales
prévues par la loi. Par conséquent, il ne peut prétendre aux allocations légales
en tant que tel. En pareil cas, le droit civil ne fait aucune distinction entre «
conjoint coutumier » et « conjoint reconnu » : le mariage non enregistré est
inopposable et ne crée aucun droit successoral dans la succession du défunt.
.
Et Aussi comme nous l’avons dit sans acte, le survivant ne peut invoquer ni
possession d’état (qui nécessite un mariage formel antérieur), ni revendication
d’héritier selon le code (qui exige qualité civilement acquise). Ses recours en
tribunaux civils sont par conséquent voués à l’échec boqué par l’article 38066.
Ainsi par la complexité de cette affaire il a fallu une étude approfondie sur
différentes coutumes que comprends la RDC afin de tirer une, qui serait une
meilleur protection pour un conjoint survivant qui n’aurait pas enregistré son
mariage au décès de son conjoint.
Après une étude dans les coutumes luba, Swahilis, kongo et ngala qui sont les
principales ethnies de la RDC, une solution nous parvenue par ces coutumes.
C’est la solution des douaires coutumiers qui est pratiqué chez les Luba au
Kasaï, chez les yakas et sukus au grand Bandundu, chez les Nande au Nord-
Kivu et les mongo à l’équateur.

Cette notion fera l’objet de notre étude dans les lignes qui suivent

A. Douaires coutumiers en RDC

65
Art 758 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
66
Idem, art 380
Le douaire coutumier est une compensation matérielle ou symbolique que la
famille du défunt (époux) remet à la veuve, ou qu’elle garde en échange de
certains droits ou obligations traditionnels, après le décès du mari67.

Le douaire coutumier désigne donc un ensemble de biens (souvent une


maison, une portion de terre ou du bétail) attribués à la veuve à la mort de son
mari, afin d'assurer sa subsistance et reconnaître sa contribution à la famille.
Il n'émane pas d'une disposition écrite, mais découle des usages traditionnels
pratiqués au sein des différentes ethnies congolaises68.

Exemple de coutume: Chez les Baluba, on remet parfois à la veuve une maison
ou un champ comme douaire après les funérailles, même si le mari n'a pas
laissé de testament.

Le douaire sert à Protéger la veuve contre la marginalisation, Éviter qu'elle


soit expulsée de la maison conjugale, Faciliter son éventuelle réintégration
dans sa famille d'origine si elle ne veut pas rester dans celle de son mari,
Parfois, compenser l'interdiction de se remarier sans restitution de la dote.
Ce droit est souvent viager, c’est-à-dire que la veuve peut continuer à jouir
du bien jusqu’à son décès ou, dans certaines coutumes, jusqu’à son remariage.
Le douaire ne transfère pas la propriété du bien à la veuve : celle-ci ne peut
pas le vendre ni l’hériter à ses enfants, sauf si la coutume locale le permet à la
différence de la succession qui transfert la propriété du bien aux héritiers qui
peuvent en disposer comme bon leurs semble.
Le douaire coutumier est donc un droit personnel accordé à la veuve, à titre
symbolique et protecteur, et ne la consacre pas comme héritière au sens
coutumier. Bien qu'absent du Code de la famille congolais, reste reconnu dans
certaines juridictions comme un droit dérivé des us et coutumes. Cependant,
des études montrent que dans la pratique, cette institution peut se retourner
contre la veuve. Ainsi, certaines familles utilisent la coutume pour limiter la
part successorale de la veuve à un “douaire” dérisoire, parfois pour justifier
son éviction du patrimoine familial. Cette instrumentalisation du douaire est

67
MUKADI NGANDU, Le droit congolais de la famille, Kinshasa, PUC, 2014, p. 279
68
Idem p.283
critiquée par Kashala, qui évoque une « ambiguïté entre protection
symbolique et exclusion réelle »69

Il sied de signaler qu’il existe plusieurs sortes des douaires dont notamment :

1. Douaire en nature (biens matériels)

• Description : Remis à la famille du défunt ou à la veuve après le décès.


• Exemples : Une chèvre, un mouton, une vache (dans les milieux ruraux),
Tissus traditionnels, marmites, houes, pagnes.
Ethnies concernées : Luba, Mongo, Nande, Kongo, Tetela.
• But : Signe de respect, ou indemnité post-mortem.

Coût estimatif : 20 à 200 USD selon la région, parfois plus si l’animal est rare
(ex. vache = 400+ USD).

2. Douaire monétaire (en argent)

Description : Somme d’argent versée pour honorer la mémoire du défunt et


maintenir les liens familiaux.
• Destination : À la belle-famille (souvent les frères du défunt), Parfois exigé
à la veuve pour « rester dans la maison » ou pour ne pas être expulsée.
• Conséquence : Peut-être un levier d’exclusion ou de marchandage sur les
biens du défunt.
Coût estimatif : Entre 100 USD et 500 USD ou plus, selon le statut du mari
défunt ou la pression sociale.70

3. Douaire rituel ou symbolique

Description : Composé d’éléments liés à la coutume (ex : calebasse d’eau,


noix de cola, bière locale).
• Fonction :
• Rituelle : purification de la veuve.

69
[Link]. La veuve et la coutume en droit congolais : entre protection et exclusion, in Revue
Congolaise de Droit et des Affaires, n° 22, 201
70
UNFPA RDC, Évaluation des pratiques traditionnelles discriminatoires envers les femmes, Rapport 2019,
p. 23-26.
• Symbolique : rupture du lien avec l’esprit du défunt.
• Pas toujours monnayable, mais la cérémonie elle-même peut être coûteuse.

Coût estimatif : faible (30–100 USD) mais dépend du nombre d’invités ou de


rites pratiqués71.

4. Douaire de restitution ou de remboursement

Description : Parfois exigé lorsque la veuve souhaite se remarier ou récupérer


ses effets personnels.
• Souvent abusif, surtout dans les cas de non-reconnaissance du mariage civil
Coût estimatif : arbitraire la belle-famille fixe parfois des montants excessifs
pour décourager la veuve72

§ 2. Les reformes applicables au code la famille


Ayant examiné les difficultés auxquelles feraient face un conjoint survivant
dont le mariage ne serait pas enregistré et du silence du code de la famille par
rapport à ce cas rendant incapable ou en incapacité face à la loi. Il nous
semblait bon d’apporter quelques idées de reformes du code de la famille afin
de permettre aux personnes n’ayant pas les moyens d’enregistré leurs
mariages de se sentir protéger par la loi ou le code de la famille.

Nos idées de réforme portent principalement sur trois points essentiels tirés
de l’examen de cette problématique :

A. Vers un assouplissement de l’article 380 ou abrogation


B. Implantations des douaires coutumiers dans le code de la famille
encadré en faveur de la personne du conjoint survivant
C. la création d’une catégorie d’héritier coutumier

A. Abrogation ou assouplissement de l’article 380

71
[Link] MUSENGI, Droit canonique et droit coutumier africain en matière de consentement,
thèse, PUL, 2000, p. 153-
72
CODHO (Coalition pour les Droits de l'Homme au
Congo), Les droits des veuves et les coutumes en RDC, Rapport 2021.
L’article 380 73du code de la famille a été institué par le législateur du code
de la famille dans une pensée de sanction envers tout mariage qui ne serait pas
enregistré. Mais comme nous l’avons démontré dans la partie liée aux dangers
du mariage non enregistré dans la succession, cela constitue un blocage et est
souvent causes d’abus de certaines familles envers la veuve d’un de cujus dans
les régions rurales ou encore reculés du pays . Ainsi il serait mieux d’ouvrir
une brèche pour reconnaitre le conjoint survivant de pouvoir ester en justice
B. Implantations des douaires coutumiers dans le code de la famille
Comme nous l’avions dit les douaires peuvent constituer une garantie pour le
conjoint Survivant après la mort de son conjoint, il est donc important que si
il n y a pas abrogation ou assouplissement de l’article 380 d’intégrer certains
droit au conjoint survivant à fin de lui permettre d’assurer la continuité de sa
vie après la mort de son conjoint et évité les abus des personnes. Mais ces
droits doivent être encadré par loi et maintenir leur caractères viager.

C. Création d’une catégorie d’héritier coutumier


Après avoir fait une étude comparée en matière de son succession en droit
sénégalais, droit gabonais, droit rwandais et droit ougandais, la reforme à
apporter au code de la famille congolais nous est parvenu à travers la
Succession Act of Uganda qui est le droit ougandais qui règle tout ce qui
concerne la dévolution successorale.
La Succession Act, en son deuxième point du préliminaire, définit l’héritier
coutumier comme une personne reconnue, selon les rites et coutumes d’une
tribu ou d’une communauté particulière, comme étant le successeur coutumier
d’une personne décédée74. Les droits de l’héritier sont contenus dans l’article
23.1.a 75: celui-ci recevra, selon la loi, 1 % des biens du de cujus.
Cette notion d’héritier coutumier ou coutumière ouvrira ainsi une porte quant
à la protection du conjoint survivant d’un mariage non enregistré, non pas en
le laissant à 1 %, mais en réajustant, par exemple, pour le conjoint survivant
qui viendrait comme héritier ou héritière coutumière, qu’un même régime que
le conjoint formel, par rapport à l’usufruit, lui soit accordé afin que celui-ci
soit en mesure d’aller en justice, et que, pour qu’un mariage non enregistré

73
Art 380 de la loi n° 87-010 du 1er août 1987 tel que modifié et complété par loi n° 16/008 du 15 juillet
2016 portant code de la famille
74
Préliminaire de la succession Act of Uganda
75
Art 23 de la succession act of Uganda
acquière une force devant le juge, il cesse d’être perçu comme un simple
concubinage ou un mariage de fait.
Cela permettra d’éviter plusieurs conflits familiaux qui laissent souvent le
conjoint survivant, qui n’aurait pas enregistré son mariage. Et la consécration
de cette catégorie d’héritier pourrait permettre à la possession d’état d’époux
de s’appliquer en matière coutumière.

CONCLUSION
Au terme de ce travail, il ressort que la question du conjoint survivant dont le
mariage n’a pas été enregistré à l’état civil soulève de nombreuses difficultés
en droit congolais, en particulier en matière successorale. En effet, malgré une
vie commune souvent légitime, stable et socialement reconnue, ce conjoint se
retrouve, à la mort de son partenaire, dans une situation de vide juridique,
privé de toute reconnaissance légale et exclu de la succession du défunt. Ce
constat met en évidence un profond décalage entre le vécu social de
nombreuses familles congolaises et l’exigence formelle du droit écrit, qui
conditionne l’ouverture des droits successoraux à la preuve d’un mariage
civilement enregistré.
Cette situation entraîne des drames humains inacceptables, où le conjoint
survivant, parfois après plusieurs années de vie conjugale et avec des enfants,
est chassé de son foyer ou spolié de l’héritage par les membres de la famille
du défunt, au motif qu’il n’existe aucune preuve légale de son union. Il s’agit
là d’une véritable injustice sociale, alimentée par le silence du droit face aux
réalités coutumières encore profondément enracinées dans les pratiques
matrimoniales congolaises.
Dès lors, il devient impératif d’interpeller non seulement les autorités
publiques, mais aussi les praticiens du droit sur la nécessité d’une réforme de
fond. Le droit congolais ne peut continuer à ignorer la réalité sociale et
affective de milliers de conjoints non enregistrés, alors même que ces derniers
assument pleinement les obligations du mariage dans la vie quotidienne. Il ne
s’agit pas de fragiliser la rigueur juridique, mais de la rendre plus humaine,
plus adaptée et plus équitable.
En définitive, ce travail plaide pour une évolution du droit de la famille en
République Démocratique du Congo, vers une législation plus inclusive, qui
tienne compte de la réalité du terrain et des besoins de justice. Le mariage ne
doit pas être seulement un acte administratif, mais aussi une reconnaissance
du lien humain, affectif et social. Le droit, en tant qu’instrument de justice,
doit protéger les plus vulnérables, et garantir, même après la mort, la dignité
de celui ou celle qui a partagé une vie conjugale réelle. Voilà le sens et la
portée de cette réflexion.

BIBLIOGRAPHIE

I. TEXTES OFFICIELS
A. Textes étrangers

 succession Act of Uganda de 1906

B. Textes nationaux

 décret du 30 juillet 1888 relatif aux contrats ou des obligations


conventionnelles
 loi a loi n° 87-010 du 1er août 1987, modifiée par la loi n° 17/008 du
15 juillet 2016 portant code la famille
 loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant
.
II. Jurisprudences

 TGI Kinshasa/Matété, affaire Lisa c. seconde épouse.


 CAA de NANTES, 2ème chambre, 20/09/2019, 19NT00511,
 Affaire Mme E. G. c. État congolais - Conjoncture de l'asile et
succession

III. Doctrine

A. Ouvrages

 AMISI.H, Droit civil : les personnes, incapacités, la famille,


Kinshasa, EDUPC, 2014
 CARBONNIER.J, Droit civil. Tome 4: Les successions. Les
libéralités, Paris, PUF, 21e éd., 1997
 DEKKERS.R, Précis de droit civil belge, Tome 3, Les régimes
matrimoniaux, les successions, les donations et les testaments,
Bruxelles, brylant, 1955
 DE PAGE.H, Traité du droit civil belge, Bruxelles, Brylant, 1960
 GUINCHARD.S, Droit civil : Les successions et les libéralités, Paris,
3°éd, LexisNexis, 2012
 GUINCHARD.S et DEBARD.T, Lexique des termes juridiques,
Paris, Dalloz, 2014
 KIFWABALA TEKEZILA.J, Droit congolais des régimes
matrimoniaux, successions et libéralités, Lubumbashi, les analystes
juridiques, 2013
 MAZEAUD.H, MAZEAUD.L et MAZEAUD.J, Leçons de droit civil
- Les successions, les libéralités, Paris, 10e éd, Montchrestien, 2000
 MBUNSU.H, Question et réponses sur r la succession, Kinshasa,
CEDI, 2003
 MUKADI NGANDU, Le droit congolais de la famille, Kinshasa,
PUC, 2014
 MUPILA NJIKE .J.P, les successions en droit congolais, Kinshasa,
Pax Congo, 2000
 MWANZO IDIN’AMINYE.E, Que dit le code de la famille :
commentaire article par article, Paris, l'harmattan, 2019
 MWANZO IDIN’AMINYE E., Droit civil les personnes, la famille,
les incapacités, paris, 3e éd, l’harmattan, 2013-2014
 [Link], synthèse du cours de régimes matrimoniale, successions
et libéralités, Kinshasa, Juristespace-rdc, 2011
 PINTO R. et GRAWTTZ M.. Méthodes des sciences sociales, Paris,
Dalloz, 1971
 QUIVY.R. et VAN CAMPENHOUDT.L, Manuel de recherche en
sciences sociales, Paris, Dunod, 1988

B. Notes polycopiés

 BOMPAKA NKEYI .M, Notes de cours de régimes matrimoniaux,


successions et libéralités, Kinshasa, faculté de droit UPC, année
académique 2019-2020
 NKOLE NLOLE .C, Note de cours de droit patrimoniale de la
famille, Kinshasa, Faculté de droit UPC, année académique 2024-
2025

C. Thèses
 MATAFWADI MUSENGI.J, Droit canonique et droit coutumier
africain en matière de consentement, thèse , PUL, 2000

D. Autres documents

 UNFPA RDC, Évaluation des pratiques traditionnelles


discriminatoires envers les femmes, Rapport 2019

 CODHO, Les droits des veuves et les coutumes en RDC, Rapport


2021

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