MPSI2 À RENDRE LE 13.09.
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DEVOIR MAISON 1
I La qualité d’une copie ne tient pas uniquement aux calculs et aux résultats qui s’y trouvent. Vous apporterez donc un
soin particulier à la présentation, à la lisibilité et à l’orthographe de vos copies.
La qualité de la rédaction, la clarté et la finesse des raisonnements sont des éléments susceptibles d’influencer la note
finale.
I Merci de numéroter entièrement les réponses (par exemple : 6.c. et pas seulement c.) et d’encadrer vos résultats.
Le but de ce problème est de prouver de deux manières différentes l’inégalité suivante :
u v w 3
Inégalité de Nesbitt : si u, v et w sont trois réels strictement positifs, alors + + > .
v +w u +w u +v 2
√
Si x > 0, 3 x désigne l’unique réel dont le cube vaut x, réel qui vaut e ln(x )/3 . On admet (provisoirement) qu’on a alors
√3 √3 √3 √3 1 1
r
√3
les mêmes propriétés que pour la racine carrée : a 6 b ⇔ a 6 b, ab = a b et 3 = √3 .
a a
Dans toute la suite, u, v et w sont trois réels strictement positifs.
1. Soient x et y deux réels. Montrer que 2xy 6 x 2 + y 2 .
2. Inégalité arithmético-harmonique
Étant donnés trois réels strictement positifs a, b, c, on appelle moyenne arithmétique de a, b et c le réel
a +b +c 3
M(a, b, c) = , et on appelle moyenne harmonique de a, b et c le réel H (a, b, c) = 1 1 1 .
3 a + b + c
3abc
a. Montrer que H (a, b, c) = .
ab + bc + ac
b. En utilisant la question 1, montrer que 2abc 6 a 2b + bc 2 .
c. Prouver que 9abc 6 (a + b + c)(ab + bc + ac).
d. Déduire des questions précédentes l’inégalité arithmético-harmonique : H (a, b, c) 6 M(a, b, c).
3. Une première preuve de l’inégalité de Nesbitt
En appliquant l’inégalité arithmético-harmonique aux trois réels u + v, u + w et v + w, montrer que
u +v +w u +v +w u +v +w
2 +2 +2 > 9.
u +v u +w v +w
En déduire l’inégalité de Nesbitt.
4. Inégalité arithmético-géométrique
a. On cherche dans cette question à prouver le résultat suivant : si x, y, z sont trois réels strictement
1
positifs tels que x + y + z = 1, alors xyz 6 (?).
27
4
i. À l’aide d’une étude de fonction, prouver que pour tout y ∈ [0, 1], y(1 − y)2 6 .
27
ii. Soit y ∈]0, 1] fixé. On pose fy (x) = −yx 2 +y(1−y)x. Déterminer le maximum de fy sur [0, 1−y].
iii. Prouver (?).
a b c
b. Soient a, b, c trois réels strictement positifs. En appliquant (?) à , et , prou-
a +b +c a +b +c a +b +c
√3 a +b +c
ver que abc 6 . Cette inégalité est appelée inégalité arithmético-géométrique.
3
5. Une seconde preuve de l’inégalité de Nesbitt
En appliquant deux fois l’inégalité arithmético-géométrique à des nombres bien choisis, prouver que
1 1 1
!
((u + v) + (v + w) + (u + w)) + + > 9.
u +v v +w u +w
En déduire l’inégalité de Nesbitt.
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6. Question subsidiaire (facultative) : déterminer à quelle condition sur u, v et w il y a l’inégalité de
Nesbitt est une égalité.
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CORRECTION 1
CORRECTION DU DEVOIR MAISON 1
1. C’est un grand classique, il suffit de remarquer que (x − y)2 est positif, comme tout carré
1 Rappelons qu’un carré de
de nombre réel1 . Et donc
nombre complexe peut être
2 2 2 2 2 négatif, par exemple i 2 = −1.
(x − y) > 0 ⇔ x − 2xy + y > 0 ⇔ 2xy 6 x + y .
2. Inégalité arithmético-harmonique
2.a. On a
H (a, b, c) = 1
3
1 1
= bc
3
ac ab
=
3
ab+bc+ac
=
3abc
ab + bc + ac
. Rédaction
a + b + c abc + abc + abc abc Le fait que b soit positif est
important, puisque c’est ce
qui justifie que le sens de
2.b. La question 1 nous dit que 2ac 6 a 2 + c 2 .
l’inégalité soit préservé.
En multipliant par b > 0, il vient donc 2abc 6 a 2b + bc 2 . Donc non seulement il est
important de vérifier la po-
2.c. Commençons par développer le membre de droite : sitivité de b, mais en plus il
faut l’écrire afin que le cor-
(a + b + c)(ab + bc + ac) = 3abc + a 2b + ab 2 + a 2c + ac 2 + b 2c + bc 2 . recteur sache que vous vous
en êtes bien préoccupé.
Nous savons déjà par la question précédente que 2abc 6 a 2b + bc 2 .
2 En échangeant les rôles de
On prouve de manière similaire2 que 2abc 6 ab 2 + ac 2 et 2abc 6 a 2c + b 2c.
Et donc en sommant ces trois inégalités, il vient a, b et c.
2abc +2abc +2abc 6 a 2b +bc 2 +a 2c +b 2c +ab 2 +ac 2 ⇔ 6abc 6 (a +b +c)(ab +bc +ac)−3abc.
Et donc 9abc 6 (a + b + c)(ab + bc + ac).
2.d. Raisonnons par équivalences :
3abc a +b +c On a repris l’expression de la
H (a, b, c) 6 M(a, b, c) ⇔ 6
ab + bc + ac 3 question 2.a.
⇔ 9abc 6 (a + b + c)(ab + bc + ac).
Puisque nous venons de prouver que cette dernière inégalité est vraie, l’inégalité de départ
Équivalences
l’est également : H (a, b, c) 6 M(a, b, c).
Notons qu’il est vraiment
3. Une première preuve de l’inégalité de Nesbitt important d’avoir raisonné
Comme indiqué, appliquons l’inégalité arithmético-harmonique aux trois réels u + v, u + w par équivalences, celles-ci
signifiant que l’inégalité de
et v + w, qui sont bien strictement positifs. Il vient alors départ est vraie si et seule-
ment si l’inégalité d’arrivée
3 1 1 1
!
u +v +u +w +v +w est vraie.
6 ⇔ 9 6 (2u + 2v + 2w) + +
1
u+v + 1
u+w + 1
v+w
3 u +v u +w v +w La même rédaction avec
des implications ⇒ serait
u +v +w u +v +w u +v +w fausse, car alors rien ne nous
⇔ 2 +2 +2 > 9. permettrait de «remonter» de
u +v u +w v +w
l’inégalité finale à l’inégalité
initiale.
Il vient alors immédiatement :
u +v w u +w v v +w u 9 w v u 9
+ + + + + > ⇔ + + > − 3.
u +
|{z}v u + v u + w
| {z } u + w v + w
| {z } v + w 2 u + v u + w v + w 2
=1 =1 =1
9 3 u v w 3
Et puisque −3 = , nous avons donc bien prouvé l’inégalité de Nesbitt : + + > .
2 2 v +w u +w u +v 2
4. Inégalité arithmético-géométrique
4.a.i. Étudions la fonction f définie sur [0, 1] par f (y) 7→ y(1 − y)2 .
Elle est dérivable sur [0, 1] car c’est une fonction polynomiale, et sa dérivée est
f 0 : y 7→ (1 − y)2 − 2y(1 − y) = (1 − y) (1 − y − 2y) = (1 − y)(1 − 3y).
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2 DEVOIR MAISON 1
1
Pour y ∈ [0, 1], 1 − y > 0 et 1 − 3y > 0 ⇔ y 6 .
3
Le tableau de variations de f est donc donné par :
4
1 27
x 0 3 1
0 (x)
f + 0 −
4
f (x) 27
0 0
1 1 4
!
Ainsi, sur [0, 1], f atteint son maximum en y = , et ce maximum vaut f = .
3 3 27
1 4
!
Ainsi, pour tout y ∈ [0, 1], f (y) 6 f soit encore y(1 − y)2 6 . Maximum
3 27 Bien entendu, il serait pos-
[Link]. La fonction fy est un polynôme de degré 2 en x, donc dérivable sur R, et donc sur [0, 1 −y]. sible de trouver le maximum
à l’aide d’un tableau de va-
−y(1 − y)
Son coefficient de degré 2 est négatif, et donc fy atteint son maximum en = riations, mais pour les poly-
−2y nômes de degré 2, vous avez
1 −y vu en première une formule
, qui est bien dans [0, 1 − y].
2 qui donne le maximum (si
Et donc le maximum de fy vaut a < 0)/minimum (si a > 0)
d’une fonction polynomiale
x 7→ ax 2 + bx + c : cet
1 −y 1 −y 2 1 −y 1 1 1
! !
fy = −y + y(1 − y) = − y(1 − y)2 + y(1 − y)2 = y(1 − y)2 . extremum est toujours atteint
2 2 2 4 2 4 −b
en x = .
2a
[Link]. Soient x, y et z trois réels strictement positifs tels que x + y + z = 1.
Remarque
Alors z = 1 − x − y, de telle sorte que xyz = xy(1 − x − y) = −yx 2 + y(1 − y)x = fy (x).
Notons que x < 1 − y, faute
1
Or, nous venons de prouver que fy (x) 6 y(1 − y)2 . de quoi on aurait x +y +z > 1.
4 Et donc x est bien dans l’en-
1 1 4 1
Et par la question 4.a.i, on a y(1 − y)2 6 6 . semble de définition de fy .
4 4 27 27
1
Ceci prouve donc bien que xyz 6 .
27
4.b. Notons que a, b, c étant strictement positifs, a + b + c est bien non nul.
a b c
Alors , et sont trois réels strictement positifs dont la somme
a +b +c a +b +c a +b +c
vaut 1.
1
Par conséquent, ils vérifient (?) : leur produit est inférieur à
27
a b c 1 abc 1
6 ⇔ 6 .
a +b +c a +b +c a +b +c 27 (a + b + c) 3 27
!3
a +b +c
En multipliant par (a +b +c)3 , et en remarquant que 27 = 33 , on a alors abc 6 .
3
√3 a +b +c
Et donc en passant à la racine cubique, abc 6 .
3
5. Une seconde preuve de l’inégalité de Nesbitt
5.a. En appliquant l’inégalité arithmético-géométrique aux réels a = u + v, b = v + w, c = u + w,
il vient
(u + v) + (v + w) + (u + w) > 3 3 (u + v)(u + w)(v + w).
p
1 1 1
Et de même, en l’appliquant aux trois réels , et , il vient
u +v u +w v +w
s
1 1 1 1 3
+ + >33 = p3 .
u +v u +w v +w (u + v)(v + w)(u + w) (u + v)(u + w)(v + w)
3 Ce qui est possible car il
Et donc en multipliant3 les deux inégalités ainsi obtenues, il vient
s’agit d’inégalités formées de
nombres positifs.
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CORRECTION 3
1 1 1
!
((u + v) + (u + w) + (v + w)) + +
u +v u +w v +w
1
> 3 3 (u + v)(u + w)(v + w)3 p3 > 9.
p
(u + v)(u + w)(v + w)
Nous retrouvons donc l’inégalité de la question 3, dont nous avions déduit l’inégalité de
Nesbitt.
6. Reprenons la question 3, en remplaçant les inégalités par des égalités : il y a égalité dans
l’inégalité de Nesbitt si et seulement si il y a égalité dans l’inégalité arithmético-harmonique
(appliquée à u + v, u + w et v + w).
Il s’agit donc de reprendre la question 2 en se demandant à quelle condition l’inégalité
arithmético-harmonique est une égalité.
Il vient alors (en «remontant» les calculs de la question 2, mais avec des égalités au lieu des
inégalités) :
H (a, b, c) = M(a, b, c) ⇔ 9abc = (a + b + c)(ab + bc + ac)
⇔ a 2b + bc 2 − 2abc + ab 2 + ac 2 − 2abc + b 2c + a 2c − 2abc = 0
Rappel
2 2 2
⇔ b(a − c) + a(b − c) + c(a − b) = 0 Une somme de nombres posi-
tifs est nulle si et seulement si
⇔ b(a − c)2 = a(b − c)2 = c(a − b)2 = 0 tous ces nombres sont nuls.
⇔ (a − c)2 = (b − c)2 = (a − b)2 = 0 a, b et c sont non nuls.
⇔ a −c = a −b = b −c = 0
⇔ a = b = c.
L’inégalité arithmético-harmonique est donc une égalité si et seulement si a, b et c sont
égaux.
Ainsi, l’inégalité de Nesbitt est une égalité si et seulement si u + v = u + w = v + w.
Mais u + v = u + w ⇔ v = w et u + v = v + w ⇔ u = w, et donc au final
u v w 3
+ + = ⇔ u = v = w.
v +w u +w u +v 2
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