Tautologies et Ensembles Convexes en Mathématiques
Tautologies et Ensembles Convexes en Mathématiques
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DEVOIR MAISON 3
EXERCICE : QUELQUES TAUTOLOGIES
Une tautologie est une proposition logique qui est toujours vraie, indépendamment des valeurs de vérité des
propositions qui la composent. Par exemple P ∨ (¬P) est une tautologie.
Montrer que les propositions suivantes sont des tautologies :
1. (P ∧ (P ⇒ Q)) ⇒ Q
2. ((P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ R)) ⇒ (P ⇒ R)
3. (¬P ⇒ P) ⇒ P
Quelle interprétation donnez vous de ces résultats ?
3. Pourquoi l’ensemble vide ∅ est-il convexe ? Est-ce que P (le plan tout entier) est convexe ?
4. Montrer que si C et D sont deux convexes, alors C ∩ D est encore un convexe.
L’union de deux convexes est-elle convexe ?
a. Prouver que si une partie non vide C possède la propriété (S), alors elle est convexe.
7. Soit E une partie non vide du plan. Montrer que E est convexe si et seulement si E = C(E).
8. Soient E et F deux parties non vides du plan. Prouver que (F ⊂ E) ⇒ ( C(F ) ⊂ C(E)).
9. Soit E un ensemble non vide. On dit que A ∈ P est combinaison convexe des n éléments M 1 , . . . , Mn
de E si il existe des réels positifs ou nuls λ 1 , . . . , λn tels que
λ 1 + λ 2 + · · · + λn = 1 et A = λ 1 M 1 + · · · + λn Mn .
λ 1 + · · · + λn = 1
A ∈ P | ∃n ∈ N∗ , ∃(M 1 , . . . , Mn ) ∈ E n , ∃(λ 1 , . . . , λn ) ∈ (R+ )n
CC(E) = : .
A = λ 1 M 1 + · · · + λ n M n
a. Montrer que CC(E) est un ensemble convexe, et qu’il contient E. En déduire que C(E) ⊂ CC(E).
b. Prouver que CC(E) = C(E).
Nous disposons ainsi d’une caractérisation pratique de l’enveloppe convexe : c’est l’ensemble des points qui sont
combinaison convexe de points de E. Un théorème un peu plus difficile, le théorème de Carathéodory, affirme que
tout point de C(E) est combinaison convexe d’au maximum trois points de E.
EXERCICE
Le plus facile est de dresser des tables de vérité :
P Q P ⇒Q P ∧ (P ⇒ Q) (P ∧ (P ⇒ Q) ⇒ Q)
V V V V V
1. V F F F V
F V V F V
F F V F V
P Q R P ⇒Q Q ⇒R (P ⇒ Q) ∧ (P ⇒ R) P ⇒R ((P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ R)) ⇒ (P ⇒ R)
V V V V V V V V
V V F V F F F V
V F V V V V V V
2. V F F F V F F V
F V V V V V V V
F V F V F F V V
F F V V V V V V
F F F V V V V V
P ¬P ¬P ⇒ P (¬P ⇒ P) ⇒ P
3. V F V V
F V F V
1 Nommée modus ponens.
La première1 , consiste à dire que si on sait que P ⇒ Q et que P est vraie, alors Q est vraie.
Par exemple, on sait que x > 2 ⇒ x > 4, et donc si on trouve un nombre x dont on sait
qu’il est plus grand que 2, alors automatiquement son carré sera plus grand que 4.
La seconde est la transitivité de l’implication : si P implique Q et que Q implique R, alors P
implique Q.
Par exemple, si f est somme de fonctions dérivables , alors f est dérivable .
P Q
Et nous savons également que si f est dérivable , alors f est continue .
Q R
On en déduit que si f est somme de fonctions dérivables , alors f est continue .
P R
Enfin, la dernière est une forme de raisonnement par l’absurde : si en supposant que P
n’est pas vérifiée, on prouve qu’alors P est vérifiée (ce qui implique une contradiction),
alors P est vraie.
(1 − λ)x A + λx B
!
(1 − λ)A + λB, dont les coordonnées sont .
(1 − λ)yA + λy B
−−−→ λ(x B − x A ) −→
!
Alors AM λ = = λAB.
λ(y B − yA )
−→ −−−→
Donc les points A, B et M λ sont alignés. Les vecteurs AB et AM λ étant de même sens, M λ
est du même côté de A que B.
Et puisque λ 6 1, la distance de M λ à A est plus petite que AB, et donc M λ est entre A
et B. Cela correspond bien à l’intuition géométrique qu’on se fait d’un segment : c’est
l’ensemble des points sur la droite (AB), situés entre A et B.
2.a. Puisque l’ensemble des points vérifiant y = 2x − 3 est une droite, C1 est l’ensemble des
3 Car leur ordonnée doit être
points situés au dessus3 de cette droite (donc un demi-plan).
supérieure à 2x − 3.
Soient A1 = (x 1 , y1 ) et A2 = (x 2 , y2 ) deux points de C1 , et soit λ ∈ [0, 1].
Alors (1 − λ)A1 + λA2 = ((1 − λ)x 1 + λx 2 , (1 − λ)y1 + λy2 ).
Et alors on a bien
6 4(λ2 − λ + 1).
C∩D
Prenons par exemple C = [0, 1] × [0, 1] et D = [2, 3] × [0, 1]. Ce sont deux convexes d’après
la question 2.d.
3
! C D
Ainsi, (0, 0) ∈ C, (3, 0) ∈ D, mais le milieu de [AB], qui est , 0 n’est ni dans C ni dans FIGURE 0.4– L’intersection de
2
deux convexes est convexe.
D, donc n’est pas dans C ∪ D.
Donc C ∪ D n’est pas convexe. Alternative
Un exemple plus simple, mais
peut-être moins parlant : si
on considère deux ensembles
Partie II. Enveloppe convexe d’une partie du plan
distincts formés chacun d’un
5.a. Si C possède la propriété S, alors en particulier, en prenant n = 2, il vient point, alors ils sont convexes,
mais leur union ne l’est pas.
∀(A, B) ∈ C2 , ∀(λ 1 , λ 2 ) ∈ (R+ )2 , λ 1 + λ 2 = 0 ⇒ λ 1A + λ 2 B ∈ C.
5.b. Inversement supposons que C est convexe, et prouvons qu’il possède la propriété S.
Plus précisément, prouvons par récurrence sur n qu’il possède la propriété S(n) :
Autrement dit
n n
La propriété S n’est autre que
∀(M 1 , . . . , Mn ) ∈ Cn , ∀(λ 1 , . . . , λn ) ∈ (R+ )n ,
X X
λi = 1 ⇒ λi Mi ∈ C.
i=1 i=1 ∀n ∈ N∗, S (n).
Pour n = 1, c’est évident puisqu’une famille d’un seul nombre dont la somme vaut 1 est
formée du seul nombre 1.
Autrement dit, S(1) s’écrit encore ∀M ∈ C, M ∈ C, ce qui est trivial...
4 Distincts ou non !
Supposons que C possède la propriété S(n), et considérons M 1 , . . . , Mn+1 n + 1 points4 de
C et λ 1 , . . . , λn+1 des réels positifs de somme 1.
n+1
X
Si λn+1 = 1, alors λ 1 = · · · = λn = 0, et donc λi Mi = Mn+1 ∈ C.
i=1
Si λn+1 , 0, alors λ 1 + · · · + λn = 1 − λn+1 et donc
!
λ1 λn
λ 1 M 1 + · · · + λn Mn + λn+1 Mn+1 = (1 − λn+1 ) M1 + · · · + Mn + λn+1 Mn+1 .
1 − λn+1 1 − λn+1
λ1 λn λ 1 + · · · + λn
Puisque +···+ = = 1, alors par hypothèse de récurrence,
1 − λn+1 1 − λn+1 1 − λn+1
λ1 λn
M1 + · · · + Mn ∈ C.
1 − λn+1 1 − λn+1
Et C étant convexe,
!
λ1 λn
(1 − λn+1 ) M1 + · · · + Mn +λn+1 Mn+1 ∈ C.
1 − λn+1 1 − λn+1 |{z}
| {z } ∈C
∈C
Donc C possède la propriété S(n), et donc par le principe de récurrence, pour tout n ∈ N∗ ,
C possède la propriété S(n), et donc C possède la propriété (S).
Nous venons donc de prouver l’équivalence suivante, valable pour toute partie non vide C
du plan :
C est convexe ⇐⇒ C a la propriété (S).
Inversement, supposons que C(E) = E. Puisque C(E) est un convexe (c’est la question
précédente), E est convexe.
Ainsi, E est convexe si et seulement si E = C(E).
8. Supposons que F ⊂ E. Alors un convexe C qui contient E contient nécessairement F .
Autrement dit C ∈\
W (E) ⇒ C ∈ W (F ) et donc W (E) ⊂ W (F ).
Soit A ∈ C(F ) = C.
C∈W (F )
Par définition, cela signifie que A appartient à tous les éléments de W (F ), et donc en
particulier à tous
\les éléments de W (E) (qui sont dans W (F )).
Et donc A ∈ C = C(E).
C∈W (E)
9.b. Puisque nous venons de prouver une inclusion, pour prouver l’égalité il nous faut l’inclusion
réciproque.
Soit donc A ∈ CC(E) : il existe alors n ∈ N∗ , n points M 1 , . . . , Mn de E et n réels positifs
n
Pour la culture
X
λ 1 , . . . , λn de somme 1 tels que A = λi Mi .
i=1 La propriété que nous avons
Si C est un convexe contenant E (= un élément de W (E)), alors il contient M 1 , . . . , Mn . nommée (S ) s’appelle en
réalité «stabilité par combi-
Mais d’après la question 8, il vérifie alors la propriété (S), et donc
\ A ∈ C. naisons convexes», et signi-
Ceci étant vrai pour tout C ∈ W (E), on en déduit que A ∈ C = C(E). fie que toute combinaison
C∈W (E) convexe de points de E est
encore dans E.
Et donc CC(E) ⊂ C(E), de sorte que par double inclusion, CC(E) = C(E).
Négation
Partie III. Point extrémaux d’un convexe La négation de «P et Q
10. Supposons que A soit un point extrémal de C, et soient P, Q deux points de C dont A est valent tous deux A» n’est
pas «P et Q sont tous deux
le milieu.
différents de A, mais bien «P
Supposons par l’absurde que (P, Q) , (A, A). et Q ne valent pas tous les
P +Q A+Q deux A», qui se reformule
Notons que si P = A, alors A = = ⇔ Q = A, ce qui n’est pas possible. De
2 2 encore en «l’un (au moins)
même, si Q = A, alors P = A. des deux points P et Q n’est
Donc en fait, ni P ni Q ne sont égaux à A. pas égal à A».
1 1
Et donc A = P + Q est combinaison convexe de deux points de C \ {A}, qui est convexe
2 2 7 Par définition d’un point
par hypothèse7 .
Donc A ∈ C \ {A}, ce qui est absurde. On en déduit que P = Q = A. extrémal.
Pour prouver l’implication réciproque, prouvons sa contraposée, qui est «si C \ {A} n’est
8 A priori, il faudrait qu’au
pas convexe, alors il existe deux points de C, distincts8 de A, dont le milieu vaut A».
Si C \{A} n’est pas convexe, alors il existe B, C ∈ C \{A} et λ ∈ [0, 1] tels que (1−λ)B +λC < moins un de ces points soit
distinct de A, mais comme
C \ {A}.
expliqué précédemment, si
Or, C est convexe, donc (1 − λ)B + λC est dans C, mais pas dans C \ {A} : il est donc égal l’un des deux est distinct de
à A. A, l’autre l’est aussi.
Ainsi, A est sur le segment [BC]. Ne pourrait-on pas trouver un point D ∈ [BC] tel que
A soit le milieu de [BD] ? En effet, un tel D serait alors automatiquement dans C par
convexité de C. Cherchons donc D sous la forme (1 − µ)B + µC, avec µ ∈ [0, 1].
• Remarque
• C Vous aurez sûrement re-
• D? connu sur le dessin qu’un
• A tel D existe, et que c’est le
B
symétrique de B par rapport
à A, mais il va tout de même
falloir prouver qu’il s’agit
B + D B + (1 − µ)B + µC bien d’un point de [BC].
On souhaite avoir A = = .
2 2
En se rappelant que A = (1 − λ)B + λC, il vient donc
B Attention !
(2 − µ)B + µC = (2 − 2λ)B + 2λC. λ est fixé, c’est sur µ qu’on
peut jouer !
On "constate
# alors qu’on peut prendre µ = 2λ, qui est bien dans [0, 1] si et seulement si
1
λ ∈ 0, (ce qui, sur le dessins ci-dessus, correspond au cas où A est «plus proche de B
2
que de C, condition # pour que le symétrique de B par rapport à A reste dans [CD]).
1
#
Si jamais λ ∈ , 1 , alors, en inversant les rôles de B et C, on peut chercher D ∈ [BC] de
2
D +C
telle sorte que A = , ce qui se passe exactement de la même manière.
2
Dans tous les cas, nous avons prouvé que A est le milieu de deux points de C \ {A}.
Donc par contraposée, si A ne peut être le milieu de deux points de C distincts de A, alors
C \ {A} est convexe : A est un point extrémal de C.
11. Essayons encore une fois de nous faire une intuition géométrique : C2 est le disque de
centre (0, 0) et de rayon 2.
Un point A situé à l’intérieur du disque (donc pas sur le cercle C2 ) est le milieu de deux
En revanche si A est un point du cercle C3 , on ne voit pas bien comment l’écrire comme
milieu de deux points du disque...
Montrons donc qu’il s’agit d’un point extrémal.
10 Êtes-vous bien convaincu
I Première méthode : quitte à tourner notre repère10 , on peut supposer que A = (2, 0).
P +Q que cela ne change rien à la
Supposons alors que A = , avec P, Q deux points de C2 . notion de point extrémal ?
2
x P + xQ
Alors 2 = x A = , et donc x P et x Q ne peuvent pas être tous deux strictement plus
2
petits que 2. Or, le seul point de C2 d’abscisse supérieure ou égale à 2 est A lui-même.
Donc l’un des deux points P ou Q est A, et donc l’autre est aussi A.
P +Q
Ainsi, A = ⇒ P = Q = A, donc A n’est pas extrémal.
2
I Deuxième méthode : par le calcul
Soit A = (x, y) un point du cercle C3 , c’est-à-dire avec x 2 + y 2 = 4, et supposons que
P +Q
A= , avec P = (x P , y P ) et Q = (x Q , yQ ) deux points de C2 . Alors
2
x + x 2 y + y 2
P Q P Q
x 2 + y2 = 4 ⇔ + =4
2 2
⇔ (x P + x Q )2 + (y P + yQ )2 = 16
⇔ (x P2 + y P2 ) + (x Q2 + yQ2 ) + 2(x P x Q + y P yQ ) = 16.
12. Encore une fois, un dessin est un précieux support pour l’intuition : C4 est un rectangle.
11 C’est-à-dire dans
Un point à l’intérieur du rectangle11 est milieu de deux autres points du rectangle, de
même qu’un point situé sur un bord du rectangle, mais qui n’est pas un sommet. ]a, b[×]c, d[
Donc les seuls point susceptibles d’être extrémaux sont les quatre sommets du rectangle, et
on se convainc aisément qu’ils sont extrémaux.
M S
• • • • •
• • • t
y
•
• •z
•x •
•
• •
F C
C est étoilé par rapport à chacun de ses points ⇔ ∀A ∈ C, C est étoilé par rapport à A
⇔ ∀A ∈ C, ∀B ∈ C, [AB] ∈ C
⇔ ∀(A, B) ∈ C2 , [AB] ⊂ C
⇔ C est convexe.
14. L’exemple le plus classique, et qui explique la terminologie est celui d’une étoile régulière,
qui est étoilée par rapport à son centre. Toutefois, il n’est pas très agréable de prouver qu’il
est bien étoilé, tout simplement car il n’est pas agréable de définir rigoureusement ce qu’est
une étoile.
Nous allons dans la suite considérer un exemple plus simple : le complémentaire d’une
demi-droite. A
Soient D = {(x, 0), x ∈ R+ }, et A = (−1, 0). Prouvons que P \ D est étoilé par rapport à A.
Soit alors B = (x, y) ∈ P \ D, de sorte que y , 0 ou (y = 0 et x < 0).
Il s’agit de prouver que le segment [AB] est dans P\ D, c’est-à-dire que pour tout λ ∈ [0, 1],
(1 − λ)A + λB < D.
I Si y , 0, alors pour tout λ ∈ [0, 1], (1 − λ)A + λB = ((λ − 1) + λx, λy). FIGURE 0.7– Un ensemble
Pour λ , 0, la seconde coordonnée de (1 − λ)A + λB est non nulle, donc il s’agit d’un point étoilé par rapport à A, mais
pas convexe.
de P \ D. Et pour λ = 0, (1 − λ) + λB = A ∈ P \ D.
I Si y = 0 et x < 0 : alors pour tout λ ∈ [0, 1], on a (1 − λ)A + λB = (λ − 1 + λx, 0), où
λ − 1 + λx < 0. Et donc (1 − λ)A + λB ∈ P \ D. Ainsi, P \ D est étoilé.
B1
B3 D
A
B2
FIGURE 0.8 – Pour tout point B hors de D, le segment [AB] ne rencontre pas D.
En revanche, il n’est pas convexe, car les points (1, 1) et (1, −1) sont tous deux dans P \ D,
mais pourtant leur milieu, qui est le point de coordonnées (1, 0), est dans D.