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Questions d'Entretien en Comptabilité

Ce rapport fournit des réponses à 40 questions clés pour les entretiens d'embauche en comptabilité au Cameroun, en se basant sur le référentiel comptable OHADA révisé et le Code Général des Impôts de 2025. Il aborde des sujets tels que la formation, les états financiers, et la gestion des opérations de clôture comptable, afin de préparer les candidats à démontrer leur maîtrise des normes comptables locales. Le document est destiné aux professionnels de la comptabilité cherchant à renforcer leurs compétences pour réussir leurs entretiens d'embauche.

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Blaise SEKVOU
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Questions d'Entretien en Comptabilité

Ce rapport fournit des réponses à 40 questions clés pour les entretiens d'embauche en comptabilité au Cameroun, en se basant sur le référentiel comptable OHADA révisé et le Code Général des Impôts de 2025. Il aborde des sujets tels que la formation, les états financiers, et la gestion des opérations de clôture comptable, afin de préparer les candidats à démontrer leur maîtrise des normes comptables locales. Le document est destiné aux professionnels de la comptabilité cherchant à renforcer leurs compétences pour réussir leurs entretiens d'embauche.

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Préparation à l'Entretien d'Embauche en

Comptabilité au Cameroun : Réponses


aux 40 Questions Clés (SYSCOHADA
Révisé & CGI 2025)
Introduction
Ce rapport a pour objectif de fournir des réponses expertes, concrètes et précises à 40
questions fréquemment posées lors d'entretiens d'embauche pour des postes comptables au
Cameroun. L'objectif est d'outiller les professionnels de la comptabilité avec les connaissances
nécessaires pour aborder sereinement ces entretiens.
Les réponses formulées s'appuient rigoureusement sur le référentiel comptable OHADA révisé
(Système Comptable OHADA), entré en vigueur en 2018 pour les comptes personnels et 2019
pour les comptes consolidés , ainsi que sur les dispositions pertinentes du Code Général des
Impôts (CGI) du Cameroun pour l'année 2025. Une attention particulière est portée aux aspects
liés à la gestion de la trésorerie, conformément à la demande. Ce document s'adresse aux
comptables et financiers visant des opportunités professionnelles au Cameroun et souhaitant
démontrer une maîtrise solide des normes et pratiques locales.

Section 1: Réponses aux Questions 1-10 (Formation,


États Financiers de Base, Opérations Courantes)
1. Parlez-nous de votre formation en comptabilité.
Guidance pour le candidat : Cette question vise à évaluer votre parcours académique et
professionnel initial. Structurez votre réponse de manière chronologique :
●​ Diplômes et Certifications : Mentionnez vos diplômes (Licence, Master, BTS, etc. en
comptabilité, finance, gestion) et certifications professionnelles pertinentes (par exemple,
si vous êtes Expert-Comptable stagiaire ou diplômé, ou si vous détenez des certifications
spécifiques).
●​ Contenu Pertinent : Mettez en avant les cours ou modules spécifiques qui sont
directement liés au poste visé, en insistant sur votre connaissance du référentiel OHADA
SYSCOHADA si cela a été couvert durant votre formation. Mentionnez également toute
formation complémentaire en fiscalité camerounaise.
●​ Expériences Pratiques : Incluez les stages, apprentissages ou premières expériences
professionnelles où vous avez pu appliquer vos connaissances théoriques.
●​ Adéquation au Poste : Concluez en reliant votre formation et vos compétences acquises
aux exigences spécifiques du poste pour lequel vous postulez.
2. Quels sont les principaux éléments d'un bilan comptable?
Le Bilan comptable, selon l'Acte Uniforme OHADA relatif au Droit Comptable et à l'Information
Financière (AUDCIF), est un état financier de synthèse qui décrit séparément les éléments
d'actif et les éléments de passif constituant le patrimoine de l'entité à une date donnée
(généralement la date de clôture de l'exercice). Il fait apparaître de façon distincte les capitaux
propres.
Sa structure, définie par le Plan Comptable Général OHADA (PCGO), est organisée en grandes
masses :
●​ ACTIF (Emplois) : Ce que l'entité possède ou contrôle.
○​ Actif Immobilisé (Classe 2) : Biens et valeurs destinés à servir de façon durable à
l'activité de l'entité (plus d'un an). Il comprend :
■​ Immobilisations Incorporelles (Compte 21) : Frais de développement,
brevets, licences, fonds commercial, logiciels, etc..
■​ Immobilisations Corporelles (Comptes 22, 23, 24) : Terrains, bâtiments,
matériels, mobilier, etc..
■​ Immobilisations Financières (Comptes 26, 27) : Titres de participation, prêts,
dépôts et cautionnements à long terme.
○​ Actif Circulant (Classes 3 et 4 - partie Actif) : Éléments destinés à être
consommés, vendus ou réalisés dans le cadre du cycle d'exploitation normal
(généralement moins d'un an). Il comprend :
■​ Stocks et Encours (Classe 3) : Marchandises, matières premières, produits
finis, en-cours de production.
■​ Créances (Classe 4 - partie Actif) : Créances clients, autres créances
d'exploitation, fiscales ou sociales.
○​ Trésorerie - Actif (Classe 5 - partie Actif) : Actifs liquides immédiatement
disponibles. Il comprend :
■​ Titres de Placement (Compte 50), Valeurs à encaisser (Compte 51), Banques
(Compte 52), Caisse (Compte 57).
●​ PASSIF (Ressources) : D'où proviennent les fonds de l'entité.
○​ Capitaux Propres et Ressources Assimilées (Classe 1) : Ressources stables
appartenant aux propriétaires ou mises durablement à la disposition de l'entité. Il
comprend :
■​ Capital (Compte 10) : Capital social, personnel ou par dotation.
■​ Réserves (Compte 11) : Réserve légale, statutaires, facultatives.
■​ Report à Nouveau (Compte 12) : Résultat non affecté des exercices
précédents.
■​ Résultat Net de l'Exercice (Compte 13) : Bénéfice ou perte de l'année.
■​ Subventions d'Investissement (Compte 14).
■​ Provisions Réglementées (Compte 15).
○​ Passif Circulant (Classes 4 et 1 - partie Passif) : Dettes dont l'échéance est à
court terme (généralement moins d'un an). Il comprend :
■​ Dettes Financières à court terme (partie du Compte 16).
■​ Dettes d'Exploitation (Classe 4 - partie Passif) : Dettes fournisseurs (Compte
40), dettes fiscales (Compte 44), dettes sociales (Compte 43), autres dettes.
○​ Trésorerie - Passif (Classe 5 - partie Passif) : Dettes financières à très court
terme. Il comprend :
■​ Concours bancaires courants, crédits d'escompte (Compte 56).
La structuration du bilan OHADA, qui oppose distinctement les ressources durables (Capitaux
propres + Dettes financières LT) à l'actif immobilisé, et le passif circulant à l'actif circulant , n'est
pas anodine. Elle facilite l'analyse de la structure financière de l'entreprise, notamment le calcul
du Fonds de Roulement Net Global (FRNG = Ressources stables - Actif immobilisé), du Besoin
en Fonds de Roulement (BFR = Actif circulant hors trésorerie - Passif circulant hors trésorerie)
et de la Trésorerie Nette (TN = Trésorerie Active - Trésorerie Passive, ou FRNG - BFR). Ces
indicateurs sont essentiels pour évaluer la solvabilité et la liquidité de l'entreprise.
Il est important de noter que l'AUDCIF prévoit différents systèmes de présentation des états
financiers selon la taille de l'entité (chiffre d'affaires) : le Système Normal (le plus complet), le
Système Allégé (simplifié) et le Système Minimal de Trésorerie (basé sur les flux de trésorerie
pour les très petites entités).
3. Comment établissez-vous un compte de résultat?
Le Compte de Résultat (CR) est l'état financier qui récapitule les produits (enrichissements) et
les charges (appauvrissements) de l'entité au cours d'un exercice comptable, afin de déterminer
le résultat net (bénéfice ou perte) de cette période.
Le SYSCOHADA révisé impose une présentation du Compte de Résultat en liste, qui met en
évidence, par cascade, les Soldes Intermédiaires de Gestion (SIG). Cette structure permet une
analyse progressive de la formation du résultat :
1.​ Marge Commerciale (MC) : Indicateur clé pour les activités de négoce.
○​ MC = Ventes\ de\ marchandises\ (Cpt\ 70) - Coût\ d'achat\ des\ marchandises\
vendues
○​ (Coût d'achat = Achats de mses (Cpt 601) +/- Variation de stocks de mses (Cpt
6031)).
2.​ Valeur Ajoutée (VA) : Mesure la richesse créée par l'entreprise.
○​ VA = MC + Production\ de\ l'exercice\ (Cpt\ 72,\ 73) - Consommations\ de\
l'exercice\ en\ provenance\ des\ tiers
○​ (Consommations = Achats consommés (Cpt 60 sauf 601/6031) +/- Variation stocks
(Cpt 603 sauf 6031) + Transports (Cpt 61) + Services extérieurs (Cpt 62, 63)).
3.​ Excédent Brut d'Exploitation (EBE) : Mesure la performance industrielle et
commerciale indépendamment de la politique de financement et d'amortissement. C'est
un indicateur proche du cash-flow opérationnel.
○​ EBE = VA + Subventions\ d'exploitation\ (Cpt\ 71) - Impôts,\ taxes\ et\ versements\
assimilés\ (Cpt\ 64) - Charges\ de\ personnel\ (Cpt\ 66).
4.​ Résultat d'Exploitation (RE) : Mesure la performance de l'activité principale et
récurrente.
○​ RE = EBE + Autres\ produits\ opérationnels\ (Cpt\ 75) + Reprises\ d'amort.,\
dépréc.\ et\ provisions\ (Expl.)\ (Cpt\ 79\ sauf\ fin/HAO) - Autres\ charges\
opérationnelles\ (Cpt\ 65) - Dotations\ aux\ amort.,\ dépréc.\ et\ provisions\ (Expl.)\
(Cpt\ 68,\ 69\ sauf\ fin/HAO).
5.​ Résultat Financier (RF) : Résulte de la politique de financement et de placement de
l'entreprise.
○​ RF = Produits\ financiers\ (Cpt\ 77) + Reprises\ de\ dépréc.\ et\ provisions\ (Fin.)\
(Cpt\ 797) - Charges\ financières\ (Cpt\ 67) - Dotations\ aux\ dépréc.\ et\ provisions\
(Fin.)\ (Cpt\ 697).
6.​ Résultat des Activités Ordinaires (RAO) : Résultat courant avant prise en compte des
éléments exceptionnels et de l'impôt.
○​ RAO = RE +/- RF.
7.​ Résultat Hors Activités Ordinaires (RHAO) : Concerne les opérations non récurrentes,
non liées à l'activité normale (ex: cessions d'immobilisations majeures, sinistres).
○​ RHAO = Produits\ HAO\ (Cpt\ 82,\ 84,\ 86,\ 88) - Charges\ HAO\ (Cpt\ 81,\ 83,\ 85,\
87).
8.​ Résultat Net de l'Exercice : Résultat final après impôt.
○​ Résultat\ Net = RAO +/- RHAO - Impôts\ sur\ le\ résultat\ (Cpt\ 89) - Participation\
des\ travailleurs\ (si\ applicable).
L'établissement du Compte de Résultat se base sur les soldes des comptes de gestion
(Classes 6, 7 et 8) issus de la balance générale après inventaire et après passation des
écritures de régularisation. La présentation en cascade des SIG est un atout majeur du système
OHADA, car elle offre une vision structurée de la performance, facilitant l'analyse tant pour la
gestion interne que pour les partenaires externes (banquiers, investisseurs). Chaque SIG isole
une étape clé de la formation du résultat, permettant d'identifier rapidement les forces et
faiblesses de l'entreprise à différents niveaux.
4. Comment gérez-vous les opérations de clôture comptable en fin d'exercice?
La clôture comptable de fin d'exercice est un processus structuré visant à arrêter les comptes
annuels et à préparer les états financiers conformément aux exigences légales et
réglementaires de l'OHADA. Les étapes clés sont les suivantes :
1.​ Travaux Préliminaires :
○​ S'assurer que toutes les opérations de l'exercice sont correctement enregistrées
(respect du cut-off).
○​ Effectuer les rapprochements bancaires et les pointages des comptes de tiers
(clients, fournisseurs), de caisse.
○​ Vérifier la cohérence entre les journaux auxiliaires et le grand livre.
2.​ Inventaire Physique :
○​ Procéder au recensement physique et à l'évaluation de tous les éléments d'actif et
de passif conformément à l'article 16 de l'AUDCIF. Cela inclut l'inventaire des
stocks, des immobilisations, le recensement des créances et des dettes,
l'évaluation du portefeuille titres, etc.
○​ Comparer les données de l'inventaire physique avec les soldes comptables pour
identifier les écarts.
3.​ Écritures d'Inventaire et de Régularisation : C'est l'étape cruciale pour respecter les
principes comptables, notamment celui de la spécialisation des exercices et de la
prudence.
○​ Ajustement des Stocks : Annuler le stock initial et constater le stock final via les
comptes de variation de stocks (603 pour les achats, 73 pour la production).
○​ Amortissements : Calculer et comptabiliser les dotations aux amortissements des
immobilisations corporelles et incorporelles (Compte 68 -> Compte 28).
○​ Dépréciations : Constater ou ajuster les dépréciations sur les immobilisations
(Compte 69/659/85 -> Compte 29), les stocks (Compte 659/839 -> Compte 39) et
les créances (Compte 659/695 -> Compte 49) si leur valeur actuelle est inférieure à
leur valeur nette comptable.
○​ Provisions pour Risques et Charges : Constater ou ajuster les provisions pour
couvrir des risques ou des charges probables mais incertains quant à leur montant
ou leur échéance (Compte 69/85 -> Compte 19, 499).
○​ Régularisation des Charges et Produits :
■​ Charges à Payer / Factures Non Parvenues (FNP) : Rattacher les charges de
l'exercice dont la facture n'est pas encore reçue (Débit Cpt 6, Crédit Cpt 408,
428, 438, 448).
■​ Produits à Recevoir / Factures à Établir (FAE) : Rattacher les produits de
l'exercice dont la facture n'est pas encore émise (Débit Cpt 418, 468, 478,
Crédit Cpt 7).
■​ Charges Constatées d'Avance (CCA) : Neutraliser la part des charges
enregistrées dans l'exercice mais qui concernent l'exercice suivant (Débit Cpt
476, Crédit Cpt 6).
■​ Produits Constatés d'Avance (PCA) : Neutraliser la part des produits
enregistrés dans l'exercice mais qui concernent l'exercice suivant (Débit Cpt
7, Crédit Cpt 477).
○​ Traitement des Écarts de Conversion : Ajuster les créances et dettes en devises
à la clôture et constater les pertes latentes et provisions associées.
4.​ Établissement de la Balance Générale Après Inventaire : Vérifier l'égalité Débit =
Crédit après toutes les écritures de régularisation.
5.​ Clôture des Comptes de Gestion : Solder tous les comptes de charges (Classe 6) et de
produits (Classe 7 et 8) par le biais du compte 13 "Résultat net de l'exercice".
6.​ Calcul de l'Impôt sur les Sociétés (IS) : Déterminer le résultat fiscal à partir du résultat
comptable (après réintégrations et déductions fiscales) et calculer l'IS dû (Compte 89).
7.​ Détermination du Résultat Net : Le solde final du compte 13 représente le bénéfice ou
la perte nette de l'exercice.
8.​ Établissement des États Financiers Annuels : Préparer le Bilan, le Compte de
Résultat, le Tableau des Flux de Trésorerie (TFT) et les Notes Annexes, conformément
aux modèles OHADA.
9.​ Clôture des Comptes de Bilan : Solder les comptes de bilan (Classes 1 à 5) pour
préparer l'ouverture de l'exercice suivant (via le journal des à-nouveaux).
10.​Édition des Livres Obligatoires : Finaliser et archiver le Livre-Journal, le Grand-Livre et
le Livre d'Inventaire (qui contient le Bilan et le CR). Ces documents doivent être
conservés pendant 10 ans.
5. Pouvez-vous expliquer le principe de la comptabilité analytique?
La Comptabilité Analytique de Gestion (CAGE), par opposition à la comptabilité générale qui est
obligatoire et tournée vers l'extérieur, est un système d'information interne, facultatif (bien que
souvent indispensable), conçu pour les besoins de gestion de l'entreprise.
Ses objectifs principaux sont multiples :
●​ Calculer les coûts : Déterminer avec précision le coût complet, le coût partiel (variable,
direct) ou le coût de revient des différents biens produits, services rendus, projets,
activités, fonctions ou centres de responsabilité de l'entreprise.
●​ Analyser la rentabilité : Évaluer la performance et la rentabilité de chaque segment de
l'entreprise (par produit, par client, par région, par projet) pour identifier les activités les
plus et les moins profitables.
●​ Aider à la décision : Fournir des informations détaillées et pertinentes aux gestionnaires
pour éclairer leurs décisions stratégiques et opérationnelles : fixation des prix de vente,
choix d'investir ou de désinvestir, décisions de "faire ou faire faire" (make or buy),
allocation optimale des ressources, amélioration des processus.
●​ Contrôler les coûts et l'efficience : Suivre l'évolution des coûts, les comparer à des
standards ou des budgets, analyser les écarts et identifier les sources d'inefficience pour
mettre en place des actions correctives.
●​ Établir les budgets : Servir de base à l'élaboration des budgets prévisionnels et
permettre le suivi budgétaire.
La CAGE s'appuie sur les données de la comptabilité générale, notamment les charges
enregistrées en classe 6, mais elle les retraite, les reclasse et les répartit différemment pour
répondre à ses objectifs spécifiques. Le plan comptable OHADA réserve d'ailleurs la Classe 9 à
la CAGE et aux engagements hors bilan, mais son utilisation n'est pas obligatoire.
Parmi les concepts clés de la comptabilité analytique, on trouve :
●​ Charges directes vs. indirectes : Les charges directes sont directement affectables à
un coût spécifique (ex: matières premières pour un produit). Les charges indirectes
concernent plusieurs coûts et nécessitent une répartition (ex: loyer de l'usine).
●​ Centres d'analyse : Regroupements logiques de charges indirectes (par fonction, par
service, par machine). On distingue souvent les centres auxiliaires (support) et principaux
(opérationnels).
●​ Unités d'œuvre (UO) ou Taux de frais : Clés de répartition utilisées pour imputer les
coûts des centres d'analyse aux produits ou services (ex: heure machine, heure de main
d'œuvre, m² occupé, chiffre d'affaires).
Bien que le SYSCOHADA fournisse un cadre avec la Classe 9 , la mise en œuvre effective de
la comptabilité analytique reste flexible. Les entreprises choisissent et adaptent les méthodes
(coûts complets, coûts variables, coûts directs, ABC, target costing ) en fonction de leur secteur
d'activité, de leur taille, de leur complexité et de leurs objectifs de gestion spécifiques. Ce n'est
pas un système rigide comme la comptabilité générale, mais plutôt une boîte à outils au service
du pilotage de la performance.
6. Comment procédez-vous pour enregistrer une facture fournisseur?
L'enregistrement d'une facture fournisseur est une opération courante qui suit un processus
précis pour garantir l'exactitude et la fiabilité des comptes :
1.​ Réception et Contrôle Rigoureux : Dès réception, la facture est vérifiée. On contrôle la
présence de toutes les mentions obligatoires (identité du fournisseur et du client, numéro
d'identification unique (NIU) du fournisseur, date, numéro de facture séquentiel,
désignation précise des biens/services, quantités, prix unitaires HT, montants HT, taux et
montant de TVA, montant TTC). Il est crucial de vérifier la conformité avec le bon de
commande et le bon de livraison/réception (processus de rapprochement ou "three-way
match" abordé en Q18). Les calculs arithmétiques sont également vérifiés. La loi de
finances 2025 pour le Cameroun précise d'ailleurs que les charges justifiées par des
factures non conformes (mentions obligatoires manquantes) sont exclues de la déduction
fiscale, sauf pour les fournisseurs étrangers.
2.​ Imputation Comptable : Il s'agit de déterminer les comptes à mouvementer :
○​ Débit : Un compte de charge (Classe 6) correspondant à la nature de la dépense :
601 pour les marchandises, 602 pour les matières premières, 604/605 pour les
achats d'études et prestations de services, 61 pour les transports, 62/63 pour les
autres services extérieurs, etc.. Si l'achat concerne un bien destiné à être utilisé
durablement, on débite un compte d'immobilisation (Classe 2).
○​ Débit : Le compte 445 "État, TVA récupérable" (et ses subdivisions) pour le
montant de la TVA, si celle-ci est déductible pour l'entreprise (en fonction du régime
du fournisseur et de la nature de la dépense).
○​ Crédit : Le compte 401 "Fournisseurs" ou un sous-compte spécifique si une
gestion individuelle est en place. Pour les achats d'immobilisations, le compte 481
"Fournisseurs d'investissements" est utilisé. Si une avance avait été versée, le
compte 4091 "Fournisseurs, avances et acomptes versés" sera crédité lors de
l'enregistrement de la facture finale pour solder l'avance.
3.​ Saisie dans le Journal des Achats : L'écriture est enregistrée dans le journal approprié
(généralement le journal des achats), en respectant le principe de la partie double (Total
Débits = Total Crédits). La saisie inclut la date de l'opération, le code journal, les numéros
de compte, un libellé clair (souvent le nom du fournisseur et le numéro de facture), et les
montants au débit et au crédit.
4.​ Classement de la Pièce Justificative : La facture originale est classée et conservée
comme pièce justificative de l'écriture comptable.
7. Quelles sont les différentes méthodes d'évaluation des stocks?
L'évaluation des sorties de stocks est une étape importante car elle impacte directement le coût
des ventes (et donc le résultat) et la valeur des stocks restants au bilan. Le SYSCOHADA
révisé (conformément à l'Art. 44 de l'AUDCIF ) autorise principalement deux méthodes pour
valoriser les sorties de stocks de biens fongibles (interchangeables) :
1.​ Coût Moyen Pondéré (CMP) ou Weighted Average Cost (WAC) : Cette méthode
calcule un coût unitaire moyen. Ce coût peut être calculé :
○​ Soit après chaque nouvelle entrée en stock (CMP continu).
○​ Soit à la fin d'une période (mois, trimestre, année) en divisant la valeur totale des
stocks (stock initial + entrées de la période) par la quantité totale (quantité initiale +
quantités entrées). Les sorties de la période sont alors valorisées à ce coût moyen
unique.
2.​ Premier Entré, Premier Sorti (PEPS) ou First-In, First-Out (FIFO) : Cette méthode
repose sur l'hypothèse que les premiers articles entrés en stock sont les premiers à sortir.
Par conséquent, les sorties sont valorisées au coût des articles les plus anciens en stock.
Le stock final est ainsi valorisé aux coûts les plus récents.
Il est important de noter que la méthode Dernier Entré, Premier Sorti (DEPS) ou Last-In,
First-Out (LIFO), qui valorise les sorties aux coûts les plus récents, n'est pas autorisée par le
référentiel OHADA, tout comme par les normes IFRS.
Le coût d'entrée des stocks, qui sert de base à ces méthodes, comprend :
●​ Pour les biens achetés (marchandises, matières premières) : le prix d'achat net de
remises et rabais, les droits de douane et autres taxes non récupérables, les frais de
transport, de manutention et autres frais directement attribuables à l'acquisition.
●​ Pour les biens produits (produits finis, en-cours) : le coût des matières premières
consommées, la main d'œuvre directe, les frais généraux de production directs et la
quote-part des frais généraux de production indirects (fixes et variables) basée sur une
capacité normale de production.
Enfin, un principe fondamental s'applique à l'évaluation des stocks à la clôture de l'exercice : le
principe de prudence. Les stocks doivent être évalués au plus faible du coût (calculé selon
CMP ou PEPS) et de la Valeur Nette de Réalisation (VNR). La VNR est le prix de vente
estimé dans le cours normal de l'activité, diminué des coûts estimés pour l'achèvement et des
coûts nécessaires pour réaliser la vente. Si la VNR est inférieure au coût, une dépréciation doit
être constatée en charge (via les comptes 659 ou 839) et au bilan (compte 39).
8. Comment calculez-vous la TVA dans une facture client?
Le calcul de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur une facture client au Cameroun suit les
règles définies par le Code Général des Impôts (CGI). Le processus est le suivant :
1.​ Détermination de la Base Imposable : La TVA est calculée sur le montant Hors Taxes
(HT) de la vente de biens ou de la prestation de services facturée au client. Ce montant
correspond au prix convenu avant l'ajout de la taxe.
2.​ Identification du Taux Applicable : Le taux de TVA dépend de la nature du bien ou du
service vendu, conformément au CGI camerounais.
○​ Taux Normal : C'est le taux standard appliqué à la majorité des opérations.
Historiquement, ce taux était de 17,5%, auquel s'ajoutaient 10% de Centimes
Additionnels Communaux (CAC) calculés sur le montant de la TVA, portant le taux
effectif à 19,25%. Les documents les plus récents fournis pour 2025 ne précisent
pas explicitement le taux standard pour 2025. Il est donc essentiel de vérifier le
taux normal en vigueur pour 2025 dans le CGI officiel ou via une
communication de la Direction Générale des Impôts (DGI). En l'absence
d'information contraire, on pourrait se baser sur le taux historiquement appliqué
(19,25% CAC inclus), mais cette précaution est nécessaire car les taux peuvent
être modifiés par les lois de finances annuelles.
○​ Taux Réduit : Le CGI peut prévoir des taux réduits pour certains biens ou services
spécifiques (par exemple, des produits de première nécessité). Il faut consulter le
CGI 2025 pour identifier les opérations concernées au Cameroun..
○​ Taux Zéro : Ce taux (0%) s'applique principalement aux exportations de biens et
aux transports internationaux, permettant aux exportateurs de récupérer la TVA
payée sur leurs intrants sans facturer de TVA à leurs clients étrangers.
○​ Exonérations : Certaines opérations sont explicitement exonérées de TVA par le
CGI (ex: certains services éducatifs, médicaux, financiers). Aucune TVA n'est
facturée dans ce cas.
3.​ Calcul du Montant de la TVA : Une fois la base HT et le taux applicable déterminés :
○​ Montant\ TVA = Base\ Imposable\ HT \times Taux\ de\ TVA\ applicable
4.​ Calcul du Montant TTC : Le montant total que le client doit payer est le Toutes Taxes
Comprises (TTC) :
○​ Montant\ TTC = Montant\ HT + Montant\ TVA
5.​ Mention sur la Facture : La base HT, le taux de TVA appliqué, le montant de la TVA
collectée et le montant TTC doivent être clairement indiqués sur la facture remise au
client. L'entreprise qui facture agit en tant que collecteur de la TVA pour le compte de
l'État.
9. Comment traitez-vous les immobilisations dans les comptes de l'entreprise?
Le traitement comptable des immobilisations (actifs destinés à être utilisés durablement) suit
leur cycle de vie au sein de l'entreprise, conformément aux règles du SYSCOHADA révisé :
1.​ Définition et Classification : Ce sont des actifs détenus pour être utilisés dans la
production ou la fourniture de biens ou services, pour être loués à des tiers, ou à des fins
administratives, et dont on attend qu'ils soient utilisés sur plus d'un exercice. Elles sont
classées en :
○​ Immobilisations Incorporelles (Classe 21) : Actifs sans substance physique (frais
de développement activables, brevets, licences, logiciels, fonds commercial, droit
au bail).
○​ Immobilisations Corporelles (Classes 22, 23, 24) : Actifs physiques (terrains,
bâtiments, installations, matériel industriel, matériel de transport, mobilier).
○​ Immobilisations Financières (Classes 26, 27) : Actifs financiers détenus
durablement (titres de participation, autres titres immobilisés, prêts à long terme,
dépôts et cautionnements).
2.​ Comptabilisation Initiale (Entrée au Bilan) :
○​ Les immobilisations sont initialement enregistrées à leur coût.
○​ Coût d'acquisition (pour les biens achetés) : Prix d'achat (net de taxes
récupérables) + tous les frais directement attribuables pour mettre l'actif en état de
fonctionner (transport, droits de douane non récupérables, frais d'installation,
honoraires techniques, etc.). Le SYSCOHADA révisé intègre ces frais accessoires
directement dans le coût de l'immobilisation, contrairement à certaines pratiques
antérieures.
○​ Coût de production (pour les biens produits par l'entreprise) : Coût des
matières consommées + main d'œuvre directe + quote-part des frais indirects de
production.
○​ Capitalisation des Coûts d'Emprunt : Les intérêts et autres coûts liés à un
emprunt contracté spécifiquement pour financer l'acquisition ou la production d'un
actif qualifié (qui demande une longue période de préparation) peuvent être inclus
dans le coût de l'actif pendant sa période de préparation.
○​ Autres cas : Biens acquis gratuitement (valeur vénale), apports en nature (valeur
d'apport).
○​ Approche par Composants : Pour les immobilisations corporelles complexes, si
des éléments significatifs ont des durées d'utilité différentes, ils doivent être
comptabilisés et amortis séparément (ex: structure d'un avion et ses moteurs).
3.​ Évaluation Postérieure :
○​ Amortissement : Pour les immobilisations corporelles et incorporelles ayant une
durée d'utilité limitée (sauf exceptions comme certains terrains ou le fonds
commercial), leur coût (moins la valeur résiduelle éventuelle) est réparti
systématiquement sur leur durée d'utilité estimée. C'est la constatation comptable
de l'usure ou de l'obsolescence. Les méthodes admises sont principalement
linéaire, dégressif (si fiscalement pertinent et économiquement justifié) ou basé sur
les unités de production. L'amortissement est enregistré en charge (Compte 68 -
Dotations) et en diminution de la valeur brute de l'actif (Compte 28 -
Amortissements cumulés). L'amortissement financier est interdit.
○​ Dépréciation : À chaque clôture, l'entreprise doit comparer la Valeur Nette
Comptable (VNC = Coût - Amortissements cumulés) de l'immobilisation avec sa
valeur actuelle (valeur d'inventaire, recouvrable). Si la valeur actuelle est inférieure
à la VNC et que cette perte de valeur est jugée non définitive (ou pour des actifs
non amortissables), une dépréciation est constatée. Elle est enregistrée en charge
(Compte 69, 659 ou 85 - Dotations) et au bilan (Compte 29 - Dépréciations
cumulées).
○​ Réévaluation : L'OHADA permet la réévaluation des immobilisations (sauf
financières généralement) dans des conditions spécifiques (réévaluation légale ou
libre). L'écart positif est porté en capitaux propres (Compte 106 - Écart de
réévaluation) et non en résultat.
4.​ Sortie du Bilan (Cession, Mise au rebut, Disparition) :
○​ L'immobilisation est retirée de l'actif : le compte d'immobilisation (Cl 2) est crédité
pour sa valeur brute, et les comptes d'amortissements (Cpt 28) et de dépréciations
(Cpt 29) correspondants sont débités.
○​ Le prix de cession est enregistré en produit (Compte 75x ou 82).
○​ La Valeur Nette Comptable (VNC) au moment de la sortie est enregistrée en charge
(Compte 65x ou 81).
○​ La différence entre le prix de cession et la VNC constitue la plus-value ou la
moins-value de cession, apparaissant dans le résultat.
10. Qu'est-ce que la balance des comptes et comment l'utilisez-vous?
La Balance Générale des Comptes est un état comptable fondamental, établi périodiquement
(souvent mensuellement pour le suivi interne, et obligatoirement à la clôture de l'exercice). Elle
liste l'ensemble des comptes du Grand Livre de l'entreprise (comptes de bilan - classes 1 à 5, et
comptes de gestion - classes 6 à 8).
Pour chaque compte, la balance générale présente typiquement les informations suivantes :
●​ Le numéro du compte.
●​ L'intitulé (le nom) du compte.
●​ Le total des mouvements au débit sur la période.
●​ Le total des mouvements au crédit sur la période.
●​ Le solde final du compte (débiteur ou créditeur) à la date d'arrêté de la balance.
●​ Parfois, le solde initial (solde à l'ouverture de la période) est également inclus.
La balance des comptes est un outil de contrôle et de synthèse essentiel, utilisée pour plusieurs
raisons :
●​ Vérification de la Partie Double : Son utilité première est de contrôler l'exactitude
arithmétique des enregistrements comptables. En vertu du principe de la partie double, le
total des soldes débiteurs de tous les comptes doit impérativement être égal au total des
soldes créditeurs. Toute différence signale une erreur de saisie, d'imputation ou de report.
●​ Contrôle de Cohérence : Elle permet d'effectuer une première revue des comptes, en
identifiant d'éventuelles anomalies comme des soldes de comptes incohérents avec leur
nature (par exemple, un compte de charges normalement débiteur qui présenterait un
solde créditeur significatif). C'est un document clé lors des travaux de révision des
comptes et des audits.
●​ Préparation des États Financiers : La balance générale après inventaire sert de base
directe à l'élaboration des états financiers annuels. Les soldes des comptes de classes 1
à 5 alimentent le Bilan, tandis que les soldes des comptes de classes 6 à 8 (après
écritures de clôture) permettent de construire le Compte de Résultat.
●​ Suivi et Analyse Périodique : En comparant les balances de différentes périodes, on
peut suivre l'évolution des postes du bilan et du compte de résultat, identifier des
tendances et effectuer des analyses préliminaires.
Outre la balance générale, il existe des balances plus spécifiques :
●​ Balance Auxiliaire : Ne détaille que les comptes d'une catégorie de tiers, typiquement
les clients (comptes rattachés au 411) ou les fournisseurs (comptes rattachés au 401),
permettant un suivi individuel.
●​ Balance Âgée : Est une balance auxiliaire (clients ou fournisseurs) qui ventile les soldes
par échéance (non échu, échu depuis 0-30 jours, 31-60 jours, etc.), très utile pour le suivi
des recouvrements et des paiements.
Aujourd'hui, la plupart des logiciels de comptabilité génèrent ces balances automatiquement,
simplifiant leur production et leur utilisation.

Section 2: Réponses aux Questions 11-20 (Budget,


Analyse, Paie, Tiers, Coûts, Reporting)
11. Comment établissez-vous un budget prévisionnel?
L'établissement d'un budget prévisionnel est un processus clé de la gestion d'entreprise,
permettant de planifier l'activité future, d'allouer les ressources et de fixer des objectifs pour
contrôler la performance. La démarche typique comprend les étapes suivantes :
1.​ Définition des Objectifs Stratégiques : Le processus commence par la définition des
objectifs généraux de l'entreprise pour la période budgétaire (généralement l'année à
venir) : objectifs de chiffre d'affaires, de parts de marché, de rentabilité, de
développement de nouveaux produits, etc.
2.​ Prévision des Ventes (Budget des Ventes) : C'est le point de départ et l'élément le plus
critique. Il s'agit d'estimer les quantités de biens ou services qui seront vendus et les prix
de vente correspondants. Cette prévision s'appuie sur l'analyse des données historiques,
les tendances du marché, les actions commerciales prévues, les capacités de production,
et les informations remontées par la force de vente.
3.​ Budget de Production ou d'Achats : En fonction des prévisions de ventes et de la
politique de gestion des stocks (stock initial souhaité, stock final visé), on détermine les
quantités à produire (pour une entreprise industrielle) ou à acheter (pour une entreprise
commerciale). On valorise ensuite ce budget en estimant les coûts unitaires de
production ou d'achat.
4.​ Budget des Charges d'Exploitation : Il s'agit de prévoir l'ensemble des coûts
nécessaires pour réaliser le niveau d'activité prévu :
○​ Charges Variables : Coûts qui fluctuent avec le volume d'activité (coût des
matières premières consommées, commissions sur ventes, frais de transport sur
ventes, etc.). Ils sont estimés en fonction des budgets de ventes et de
production/achats.
○​ Charges Fixes (ou de Structure) : Coûts qui restent relativement stables quel que
soit le volume d'activité (loyers, assurances, salaires administratifs, honoraires,
abonnements, amortissements prévus, etc.). Ils sont estimés sur la base des coûts
de l'année précédente, ajustés des évolutions prévues (inflation, embauches,
nouveaux contrats). Le budget des charges de personnel (salaires bruts,
cotisations sociales) est un élément important de cette catégorie.
5.​ Budget d'Investissement (CAPEX) : Planification des acquisitions (achats) et des
cessions (ventes) d'immobilisations prévues au cours de la période budgétaire.
6.​ Budget de Trésorerie (Plan de Trésorerie Prévisionnel) : C'est la traduction de tous les
budgets précédents en termes de flux monétaires. Il anticipe les encaissements
(règlements clients basés sur le budget des ventes et les délais de paiement moyens,
autres encaissements) et les décaissements (paiements fournisseurs basés sur le budget
des achats et les délais de paiement, salaires nets, charges sociales, impôts et taxes,
remboursements d'emprunts, achats d'immobilisations, dividendes, etc.) mois par mois
(ou selon une autre périodicité). Ceci est crucial pour anticiper les besoins ou excédents
de trésorerie (voir Q34).
7.​ États Financiers Prévisionnels : La consolidation de tous ces budgets permet d'établir
un Compte de Résultat prévisionnel, un Bilan prévisionnel et un Tableau des Flux de
Trésorerie prévisionnel.
8.​ Validation et Suivi : Le budget final est validé par la direction. Ensuite, tout au long de
l'année, les réalisations sont comparées au budget, les écarts sont analysés (voir Q13,
Q21), et des actions correctives peuvent être décidées. Le budget peut éventuellement
être révisé en cours d'année (forecast).
Ce processus est souvent itératif et implique la collaboration de différents départements
(ventes, production, achats, RH, finance). Des outils comme les tableurs (Excel) ou des logiciels
spécialisés de budgétisation et de reporting sont couramment utilisés.
12. Pouvez-vous expliquer la différence entre une charge et un produit en comptabilité?
En comptabilité, les charges et les produits sont les deux composantes qui déterminent le
résultat d'un exercice. Leur distinction est fondamentale :
●​ Charge (Comptes de Classe 6 et 8 - partie Charges) :
○​ Définition : Une charge représente une consommation de ressources ou un
appauvrissement pour l'entreprise au cours de l'exercice, résultant de ses activités
ordinaires ou non. Elle correspond soit à la contrepartie de biens ou services
consommés (achats, services extérieurs, salaires), soit à une obligation légale
(impôts), soit à la constatation d'une dépréciation ou d'un risque (amortissements,
provisions), soit exceptionnellement à une dépense sans contrepartie directe.
○​ Impact : Les charges diminuent le résultat de l'entreprise (augmentent la perte ou
réduisent le bénéfice). Elles sont enregistrées au débit des comptes de gestion
concernés.
○​ Nature (selon OHADA) : On distingue principalement les charges d'exploitation
(Classe 6 : achats, transports, services extérieurs, impôts et taxes, charges de
personnel, autres charges, dotations aux amortissements et provisions
d'exploitation), les charges financières (Classe 67 : intérêts des emprunts, pertes
de change, escomptes accordés, dotations financières) et les charges Hors
Activités Ordinaires (HAO) (Classe 8 : valeur comptable des cessions
d'immobilisations, charges exceptionnelles, dotations HAO).
○​ Exemples : Achat de marchandises , loyer , salaires , intérêts d'emprunt , dotation
aux amortissements d'une machine , constatation d'une créance douteuse.
●​ Produit (Comptes de Classe 7 et 8 - partie Produits) :
○​ Définition : Un produit représente un enrichissement pour l'entreprise au cours de
l'exercice, résultant de ses activités ordinaires ou non. Il correspond généralement
à la contrepartie de biens livrés ou de services rendus (ventes), à une obligation
légale d'un tiers envers l'entreprise (subventions), à la constatation d'une reprise de
dépréciation ou de provision, ou exceptionnellement à un gain sans contrepartie.
○​ Impact : Les produits augmentent le résultat de l'entreprise (augmentent le
bénéfice ou réduisent la perte). Ils sont enregistrés au crédit des comptes de
gestion concernés.
○​ Nature (selon OHADA) : On distingue principalement les produits d'exploitation
(Classe 7 : ventes, subventions d'exploitation, production stockée ou immobilisée,
autres produits, reprises sur amortissements et provisions d'exploitation), les
produits financiers (Classe 77 : intérêts des prêts, gains de change, escomptes
obtenus, revenus de titres, reprises financières) et les produits Hors Activités
Ordinaires (HAO) (Classe 8 : produits des cessions d'immobilisations, produits
exceptionnels, reprises HAO, subventions d'équilibre).
○​ Exemples : Vente de marchandises , prestation de services facturée , intérêts
perçus sur un placement , subvention d'exploitation reçue , reprise d'une provision
devenue sans objet.
La différence fondamentale réside dans leur effet sur le patrimoine net de l'entreprise : les
charges le diminuent, les produits l'augmentent. Le principe de rattachement des charges
aux produits (ou principe de spécialisation des exercices) impose de comptabiliser dans un
même exercice les produits réalisés et les charges qui ont contribué à leur obtention, afin que le
résultat mesure fidèlement la performance de la période.
13. Comment contrôlez-vous les écarts entre le budget prévisionnel et les résultats
réels?
Le contrôle des écarts entre le budget et les résultats réels est une composante essentielle du
contrôle de gestion. Il permet d'évaluer la performance, de comprendre les raisons des
déviations et de prendre des mesures correctives. Le processus se déroule comme suit :
1.​ Collecte des Données Réelles : À la fin de chaque période de contrôle (mois, trimestre),
les données réelles de charges et de produits sont extraites de la comptabilité générale
(et analytique si disponible).
2.​ Comparaison Périodique : Les chiffres réels sont comparés, poste par poste (ventes par
produit/région, chaque type de charge), aux chiffres qui avaient été budgétés pour la
même période.
3.​ Calcul des Écarts : Pour chaque poste, on calcule l'écart : Écart = Réel - Budget. L'écart
peut être exprimé en valeur absolue (FCFA) et en pourcentage par rapport au budget
(Écart\% = Écart / Budget \times 100). Un écart est généralement considéré comme
favorable s'il augmente le résultat (produits réels > produits budgétés, charges réelles <
charges budgétés) et défavorable dans le cas contraire.
4.​ Identification des Écarts Significatifs : L'analyse se concentre sur les écarts qui
dépassent un seuil de signification prédéfini (en valeur absolue ou en pourcentage) ou qui
concernent des postes jugés stratégiques pour l'entreprise. Il n'est pas toujours pertinent
d'analyser tous les petits écarts.
5.​ Analyse des Causes : C'est l'étape la plus importante. Il s'agit de rechercher les raisons
expliquant les écarts significatifs. Cela nécessite souvent des investigations et des
discussions avec les responsables opérationnels (commerciaux, production, achats, etc.).
Par exemple :
○​ Un écart sur chiffre d'affaires peut provenir d'un écart sur volume (quantités
vendues différentes du budget), d'un écart sur prix (prix de vente différent du
budget) ou d'un écart de mix (composition des ventes différente).
○​ Un écart sur coût des matières peut venir d'un écart sur prix d'achat ou d'un écart
sur quantité consommée (efficacité).
○​ Un écart sur charges de personnel peut être dû à des variations d'effectifs, de taux
horaires, d'heures supplémentaires, etc.
6.​ Reporting : Les résultats de l'analyse sont synthétisés dans des tableaux de bord ou des
rapports de contrôle budgétaire destinés à la direction. Ces rapports mettent en évidence
les principaux écarts, leurs causes et leurs impacts sur le résultat global.
7.​ Actions Correctives et Préventives : Sur la base de l'analyse, des décisions sont prises
: ajustement des stratégies commerciales, renégociation avec les fournisseurs,
amélioration de l'efficacité opérationnelle, révision des prévisions futures (forecast), etc.
8.​ Amélioration du Processus Budgétaire : L'analyse des écarts fournit un retour
d'information précieux pour affiner les hypothèses et améliorer la fiabilité des prochains
budgets.
Des outils comme les tableurs ou les modules de reporting des logiciels ERP sont utilisés pour
faciliter ce processus d'analyse des écarts.
14. Quelles sont les principales normes comptables que vous connaissez?
En tant que professionnel comptable visant un poste au Cameroun, les normes comptables
essentielles à maîtriser sont :
1.​ Le Référentiel OHADA SYSCOHADA Révisé : C'est le cadre comptable principal et
obligatoire pour la grande majorité des entreprises opérant au Cameroun et dans les 16
autres États membres de l'OHADA. Il est composé de :
○​ L'Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et à l'Information Financière
(AUDCIF) : Il fixe les règles juridiques, les principes comptables fondamentaux, les
obligations en matière de tenue des comptes et de présentation des états
financiers.
○​ Le Plan Comptable Général OHADA (PCGO) : Il fournit la liste structurée des
comptes, leur contenu et leurs règles de fonctionnement.
○​ Le Dispositif comptable pour les comptes consolidés et combinés.
2.​ Les Principes Comptables Fondamentaux de l'OHADA : L'AUDCIF repose sur des
postulats et conventions clés :
○​ Continuité de l'exploitation : Présomption que l'entreprise poursuivra ses
activités.
○​ Coût historique : Enregistrement initial des biens à leur coût d'acquisition ou de
production, non remis en cause ultérieurement (sauf dépréciation).
○​ Spécialisation des exercices : Rattachement des charges et produits à l'exercice
qui les concerne.
○​ Prudence : Prise en compte des pertes probables dès qu'elles sont connues, et
des produits seulement lorsqu'ils sont certains. Anticipation des risques.
○​ Permanence des méthodes : Utilisation des mêmes méthodes comptables d'un
exercice à l'autre pour assurer la comparabilité (sauf changement justifié).
○​ Importance significative (ou relative) : Seuls les éléments susceptibles
d'influencer le jugement des lecteurs des états financiers doivent être
obligatoirement présentés de manière détaillée.
○​ Transparence (ou Bonne Information) : Les informations fournies doivent être
claires, loyales, suffisantes et pertinentes.
○​ Intangibilité du bilan d'ouverture : Le bilan d'ouverture d'un exercice doit
correspondre au bilan de clôture de l'exercice précédent.
○​ Prééminence de la réalité économique sur l'apparence juridique : Application
limitée dans le SYSCOHADA à des cas spécifiques (crédit-bail sous conditions,
effets escomptés non échus, etc.).
3.​ Les Normes Internationales d'Information Financière (IFRS) : Il est important d'avoir
une connaissance des IFRS, car :
○​ L'OHADA vise une convergence progressive vers les normes internationales.
○​ Certaines entités spécifiques au Cameroun (sociétés cotées, entités faisant appel
public à l'épargne) peuvent être tenues d'appliquer les IFRS.
○​ Comprendre les IFRS permet de mieux saisir les spécificités et les choix du
référentiel OHADA. La différence la plus notable réside dans l'évaluation : l'OHADA
privilégie le coût historique pour sa fiabilité et sa prudence, tandis que les IFRS
favorisent la juste valeur (Fair Value) pour de nombreux actifs et passifs, la
jugeant plus pertinente pour refléter la réalité économique actuelle, bien que
potentiellement plus volatile. Cette divergence fondamentale influence la
présentation du bilan et l'analyse de la performance.
Tableau 1: Synthèse Comparative des Principes Comptables OHADA vs. IFRS
(Différences Clés)
Principe Comptable OHADA SYSCOHADA Révisé IFRS (Cadre Conceptuel)
Continuité d'exploitation Postulat fondamental. Postulat fondamental.
Base d'évaluation Coût historique comme base Plusieurs bases possibles, forte
principale. Nominalisme prévalence de la Juste Valeur
monétaire. Réévaluation (Fair Value) pour de nombreux
possible mais encadrée. actifs/passifs. Coût historique
utilisé mais moins central.
Spécialisation des exercices Principe fondamental Principe fondamental (Accrual
(rattachement basis).
charges/produits).
Prudence Principe fondamental Caractéristique qualitative de la
(asymétrie pertes/gains). fiabilité (neutralité), prudence
exercée avec précaution pour
ne pas créer de réserves
occultes.
Permanence des méthodes Principe fondamental, Caractéristique qualitative de la
changements possibles si comparabilité.
justifiés et mentionnés.
Principe Comptable OHADA SYSCOHADA Révisé IFRS (Cadre Conceptuel)
Importance significative Principe fondamental. Caractéristique qualitative de la
(Matérialité) pertinence.
Prééminence réalité sur Application limitée à des cas Principe fondamental
apparence spécifiques (crédit-bail >5% (Substance over form).
immo brutes, réserve propriété,
etc.).
Intangibilité du bilan Principe fondamental. Non retenu comme principe
d'ouverture Corrections d'erreurs / distinct. Corrections d'erreurs /
changements de méthodes changements de méthodes
impactent le résultat de peuvent nécessiter un
l'exercice courant. retraitement rétrospectif des
capitaux propres.
Image fidèle Objectif final résultant de Objectif fondamental des états
l'application correcte des financiers.
principes et règles.
1.​ (Optionnel) Le Plan Comptable Général (PCG) Français : Bien que remplacé par le
SYSCOHADA, il a historiquement influencé la comptabilité dans la région. Une
connaissance de base peut être utile pour comprendre certaines logiques ou pour
interagir avec des groupes français, mais l'accent doit être mis sur la maîtrise de
l'OHADA.
15. Comment gérez-vous les écritures de paie et les éléments variables de salaire?
La gestion de la paie au Cameroun implique le calcul précis des salaires et des retenues
conformément au Code du Travail, aux conventions collectives, et aux réglementations fiscales
(CGI) et sociales (CNPS, Crédit Foncier, FNE). Le processus comptable est le suivant :
1.​ Collecte des Éléments Variables : Chaque mois, il faut rassembler les informations
nécessaires au calcul : heures travaillées (normales, supplémentaires), jours d'absence
(congés payés, maladie), primes diverses (rendement, ancienneté, panier), commissions,
avantages en nature (logement, véhicule), indemnités (transport, salissure), ainsi que les
informations sur les entrées/sorties de personnel.
2.​ Calcul du Salaire Brut : Somme du salaire de base et de tous les éléments variables
(heures sup, primes, indemnités imposables, avantages en nature évalués).
3.​ Calcul des Retenues Salariales : Plusieurs retenues sont opérées sur le salaire brut :
○​ Cotisations Sociales (part salariale) :
■​ CNPS - Assurance Pension (PVID) : 4,2% du salaire brut, plafonné à 750
000 FCFA par mois.
■​ Crédit Foncier du Cameroun (CFC) : 1% du salaire brut total.
○​ Impôts et Taxes (retenus à la source) :
■​ Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP) : Calculé sur le salaire
net imposable (après abattement de 30% pour frais professionnels et
déduction PVID) selon un barème progressif annuel. Le barème 2025 doit
être vérifié dans le CGI.
■​ Centimes Additionnels Communaux (CAC) : 10% du montant de l'IRPP
calculé.
■​ Redevance Audiovisuelle (RAV) : Montant forfaitaire mensuel dépendant de
la tranche de salaire brut.
■​ Taxe de Développement Local (TDL) : Montant forfaitaire annuel (prélevé
mensuellement) dépendant de la tranche de salaire de base.
4.​ Calcul du Salaire Net à Payer : Salaire\ Net = Salaire\ Brut - Total\ Retenues\ Salariales.
5.​ Calcul des Charges Patronales : L'employeur supporte également des cotisations
sociales :
○​ CNPS - Prestations Familiales (PF) : 7% (taux général) du salaire brut, plafonné à
750 000 FCFA par mois. D'autres taux existent pour régimes spécifiques (agricole,
enseignement privé).
○​ CNPS - Risques Professionnels (RP / ATMP) : Taux variable (1,75%, 2,5% ou 5%)
selon le groupe de risque de l'entreprise, appliqué sur le salaire brut total (non
plafonné).
○​ CNPS - Assurance Pension (PVID) : 4,2% du salaire brut, plafonné à 750 000
FCFA par mois.
○​ Fonds National de l'Emploi (FNE) : 1% du salaire brut total.
○​ Crédit Foncier du Cameroun (CFC) : 1,5% du salaire brut total.
6.​ Comptabilisation (Journal de Paie ou Journal des OD) : L'écriture centralisée de la
paie se présente généralement ainsi :
○​ Débit Compte 661 (Rémunération du personnel) pour le salaire brut.
○​ Débit Compte 664 (Charges sociales patronales) pour le total des charges
patronales (CNPS, FNE, CFC).
○​ Crédit Compte 421 (Personnel - Rémunérations dues) pour le salaire net à payer.
○​ Crédit Compte 431 (CNPS) pour le total des cotisations CNPS (part salariale + part
patronale).
○​ Crédit Compte 438 (Autres organismes sociaux) pour le total des cotisations FNE
et CFC (parts salariale + patronale).
○​ Crédit Compte 442 (État, impôts et taxes recouvrables sur des tiers) ou
subdivisions (4421 pour IRPP, 442x pour autres) pour le total IRPP, CAC, RAV, TDL
retenus.
7.​ Paiement et Déclarations :
○​ Enregistrer le paiement des salaires nets (Débit 421 / Crédit 512 Banque ou 57
Caisse).
○​ Enregistrer les paiements des cotisations sociales et impôts retenus (Débit 431,
438, 442 / Crédit 512).
○​ Effectuer les déclarations mensuelles ou trimestrielles requises auprès de la CNPS
et de la DGI, souvent via télédéclaration. Le paiement des cotisations CNPS se fait
via les banques agréées, puis une quittance est obtenue au Centre des Impôts.
La gestion de la paie au Cameroun est complexe en raison de la multiplicité des retenues, des
bases de calcul, des taux et des plafonds spécifiques à chaque cotisation ou impôt. Une grande
rigueur et une veille réglementaire constante sont nécessaires pour assurer la conformité
vis-à-vis de la CNPS et de la DGI et éviter les pénalités ou les litiges avec les employés.
Tableau 2: Récapitulatif Indicatif des Cotisations Sociales et Fiscales sur Salaires
(Cameroun 2025 - Basé sur les Snippets) .
Déduction/C Organisme Base de Taux Salarié Taux Plafond Snippets
harge Calcul Employeur Mensuel
(FCFA)
Pension CNPS Salaire Brut 4,2% 4,2% 750 000
Vieillesse (PVID)
Prestations CNPS (PF) Salaire Brut 0% 7% 750 000
Déduction/C Organisme Base de Taux Salarié Taux Plafond Snippets
harge Calcul Employeur Mensuel
(FCFA)
Familiales (général)*
Risques CNPS Salaire Brut 0% 1,75% à Non
Professionne (RP/ATMP) 5%** Plafonné
ls
Fonds Nat. FNE Salaire Brut 0% 1% Non
Emploi Plafonné (?)
Crédit CFC Salaire Brut 1% 1,5% Non
Foncier Plafonné (?)
IRPP DGI Salaire Net Barème*** N/A N/A
Imposable
(après
abattements)
CAC DGI Montant 10% de N/A N/A
(Communes) IRPP l'IRPP
Redevance DGI (CRTV) Salaire Brut Forfait*** N/A N/A
Audiovisuelle
Taxe Dév. DGI Salaire de Forfait*** N/A N/A
Local (Communes) Base
* Taux PF : 5,65% (agricole), 3,70% (ens. privé), 7% (domestique). ** Taux RP : Groupe
A=1,75%, B=2,50%, C=5%. *** Barèmes IRPP, RAV, TDL : voir échelles détaillées dans (à
vérifier pour 2025).
16. Avez-vous déjà travaillé avec un logiciel comptable spécifique? Lequel?
Guidance pour le candidat : Soyez honnête et précis sur votre expérience logicielle.
●​ Nommez les Logiciels : Citez les logiciels que vous avez utilisés de manière significative
(ex: Sage S100 Comptabilité, Sage X3, QuickBooks, SAP FICO, Oracle Financials, EBP
Compta, Odoo, ou des logiciels locaux comme ECOHADA, TurboCompta, Optisales,
CloudFacile, 5Nkap mentionnés dans les sources ). Préciser si le logiciel était conforme
OHADA est un atout.
●​ Contexte d'Utilisation : Indiquez dans quel cadre vous les avez utilisés (poste
précédent, stage, formation).
●​ Modules Maîtrisés : Décrivez les fonctionnalités que vous maîtrisez : saisie des écritures
(achats, ventes, banque, OD), lettrage des comptes tiers, rapprochement bancaire,
gestion des immobilisations, suivi des stocks, génération des états comptables (balances,
grands livres, journaux), préparation de la TVA, clôture des comptes, reporting,
éventuellement paramétrage de base.
●​ Points Forts : Mettez en avant ce que vous avez particulièrement bien maîtrisé ou
apprécié (ex: automatisation de tâches, capacité d'analyse via les rapports, facilité
d'utilisation).
●​ Adaptabilité : Si l'entreprise utilise un logiciel que vous ne connaissez pas, soulignez
votre capacité d'apprentissage rapide et votre volonté de vous former sur de nouveaux
outils. L'expérience sur plusieurs systèmes peut démontrer cette adaptabilité.
17. Comment effectuez-vous la gestion des créances clients et des dettes fournisseurs?
La gestion efficace des créances clients (Comptes Clients / Accounts Receivable - AR) et des
dettes fournisseurs (Comptes Fournisseurs / Accounts Payable - AP) est vitale pour la santé
financière et la trésorerie de l'entreprise. Mon approche comprend les processus suivants :
●​ Gestion des Créances Clients (AR) : L'objectif est d'encaisser les paiements dus par les
clients le plus rapidement possible tout en maintenant de bonnes relations commerciales.
○​ Facturation Rapide et Claire : Émettre les factures dès la livraison du bien ou la
réalisation de la prestation, en s'assurant qu'elles sont exactes et contiennent
toutes les informations nécessaires, y compris des conditions de paiement claires.
○​ Suivi Régulier : Tenir à jour la balance auxiliaire clients et analyser fréquemment la
balance âgée pour identifier les retards de paiement dès leur apparition.
○​ Processus de Recouvrement Structuré : Mettre en place une procédure de
relance graduée :
■​ Relance amiable (téléphone, email) peu après l'échéance.
■​ Relances écrites de plus en plus fermes si le paiement n'intervient pas.
■​ Envoi d'une Mise en Demeure formelle par courrier recommandé, étape
préalable à une action en justice.
■​ Négociation éventuelle d'échéanciers de paiement pour les clients en
difficulté mais de bonne foi.
■​ Recours à des agences de recouvrement ou à des procédures judiciaires
(comme l'injonction de payer prévue par l'OHADA ) en dernier recours, après
évaluation des chances de succès et des coûts.
○​ Gestion des Litiges : Traiter rapidement toute contestation de facture soulevée
par un client.
○​ Provisionnement des Créances Douteuses : À la clôture, évaluer le risque de
non-recouvrement pour chaque créance échue et constituer une provision pour
dépréciation (Compte 491 via 659/695) pour les montants jugés incertains. Passer
en perte les créances définitivement irrécouvrables.
○​ Lettrage : Rapprocher les encaissements reçus des factures correspondantes
dans les comptes clients.
●​ Gestion des Dettes Fournisseurs (AP) : L'objectif est de payer les fournisseurs dans
les délais convenus pour maintenir de bonnes relations et éviter les pénalités, tout en
optimisant la trésorerie de l'entreprise.
○​ Contrôle et Enregistrement : Vérifier rigoureusement les factures reçues (voir
Q18) et les enregistrer rapidement et correctement dans le compte fournisseur
approprié (Compte 401 ou 481).
○​ Planification des Paiements : Établir un échéancier des paiements basé sur les
dates de règlement contractuelles. Intégrer ces prévisions dans le plan de
trésorerie (voir Q34).
○​ Optimisation des Paiements : Profiter des escomptes pour paiement anticipé si la
trésorerie le permet et si c'est financièrement avantageux. Négocier des délais de
paiement optimaux avec les fournisseurs lorsque c'est possible.
○​ Exécution et Suivi des Paiements : Effectuer les paiements (virement, chèque,
etc.) à l'échéance et s'assurer qu'ils sont correctement enregistrés.
○​ Lettrage : Rapprocher les paiements effectués des factures correspondantes dans
les comptes fournisseurs.
○​ Gestion des Litiges : Communiquer avec les fournisseurs en cas de désaccord
sur une facture et chercher une résolution rapide.
○​ Compensation : Noter que la compensation directe entre une créance client et une
dette fournisseur envers la même entité est interdite en principe par l'OHADA
(principe de non-compensation), sauf si les conditions strictes de la compensation
légale, conventionnelle ou judiciaire sont réunies.
Une gestion rigoureuse des comptes clients et fournisseurs a un impact direct sur le Besoin en
Fonds de Roulement (BFR) et la trésorerie nette. Réduire le délai moyen de paiement des
clients (DSO) et optimiser le délai moyen de paiement des fournisseurs (DPO) sans nuire aux
relations commerciales sont des leviers importants d'amélioration de la performance financière.
18. Pouvez-vous décrire votre processus de vérification des factures fournisseurs avant
paiement?
La vérification des factures fournisseurs avant leur mise en paiement est une étape cruciale du
contrôle interne pour éviter les erreurs, les fraudes et les paiements indus. Mon processus
repose sur une approche systématique, souvent appelée "rapprochement à trois voies"
(three-way match), complétée par d'autres contrôles essentiels :
1.​ Rapprochement Facture / Bon de Commande (PO) :
○​ Je compare les informations clés de la facture (description des articles/services,
quantités, prix unitaires, conditions de paiement) avec celles figurant sur le bon de
commande interne préalablement approuvé qui a initié l'achat.
○​ Je vérifie que ce qui est facturé correspond bien à ce qui a été commandé. Toute
différence (quantité, prix, article non commandé) est identifiée et investiguée.
2.​ Rapprochement Facture / Bon de Réception ou de Livraison (GRN) :
○​ Je m'assure que les quantités facturées correspondent aux quantités réellement
reçues, telles qu'attestées par le bon de réception (pour les biens) ou un rapport
d'avancement/validation (pour les services).
○​ Cela confirme que l'entreprise ne paie que pour ce qu'elle a effectivement reçu et
accepté.
3.​ Vérification Arithmétique de la Facture :
○​ Je recalcule les multiplications (quantité x prix unitaire), les additions pour obtenir le
total HT, l'application du taux de TVA et le calcul du montant TTC pour détecter
d'éventuelles erreurs de calcul sur la facture elle-même.
4.​ Contrôles Complémentaires :
○​ Validité de la Facture : Je vérifie la présence de toutes les mentions légales
obligatoires (identité complète du fournisseur, son NIU, date, numéro unique de
facture, etc.). Au Cameroun, l'absence de ces mentions peut rendre la charge non
déductible fiscalement. Je m'assure aussi de la cohérence et de la vraisemblance
de la facture.
○​ Absence de Doublon : Je contrôle que cette facture n'a pas déjà été enregistrée
ou payée, en utilisant les fonctionnalités du logiciel comptable ou en vérifiant les
archives.
○​ Approbation Interne : Je vérifie que la facture a été visée ou approuvée par la
personne habilitée au sein de l'entreprise (le responsable du budget, le demandeur)
conformément à la procédure interne de délégation de pouvoir.
○​ Imputation Correcte : Je confirme que les bons comptes de charges ou
d'immobilisations, ainsi que les éventuels codes analytiques, ont été utilisés lors de
l'enregistrement initial ou sont correctement indiqués pour la saisie.
5.​ Gestion des Écarts et Litiges :
○​ Si une anomalie est détectée lors de ces vérifications (différence de prix, de
quantité, erreur de calcul, facture non conforme, etc.), la facture est mise en attente
de paiement.
○​ Je prends contact avec le fournisseur pour clarifier la situation et obtenir les
corrections nécessaires (avoir, nouvelle facture).
○​ Le paiement n'est autorisé qu'une fois tous les points de contrôle validés et les
éventuels litiges résolus.
Ce processus rigoureux permet de garantir que seuls les montants corrects, pour des biens et
services effectivement commandés et reçus, et correctement facturés, sont mis en paiement.
19. Comment procédez-vous pour calculer le coût de revient d'un produit ou d'un
service?
Le calcul du coût de revient est essentiel pour déterminer la rentabilité d'un produit ou service et
pour fixer son prix de vente de manière éclairée. Il représente la somme de toutes les charges
directes et indirectes supportées par l'entreprise pour amener ce produit ou service à son stade
final de vente. La méthode la plus courante est celle des coûts complets, qui se décompose
comme suit :
1.​ Identifier et Calculer les Charges Directes : Ce sont les coûts qui peuvent être affectés
sans ambiguïté et sans calcul intermédiaire au produit ou service concerné. Ils
comprennent typiquement :
○​ Coût d'achat des matières premières et fournitures consommées : Incluant le
prix d'achat et les frais accessoires (transport, douane, etc.).
○​ Main d'œuvre directe : Salaires et charges sociales du personnel directement
impliqué dans la fabrication du produit ou la réalisation du service.
○​ Autres charges directes : Sous-traitance spécifique à ce produit, amortissement
d'une machine exclusivement dédiée, etc.
2.​ Identifier les Charges Indirectes : Ce sont les coûts communs à plusieurs produits,
services ou activités, qui nécessitent une répartition. Ils proviennent de différentes
fonctions de l'entreprise :
○​ Production : Loyer de l'usine, énergie, maintenance, amortissement des
équipements partagés, supervision.
○​ Approvisionnement : Frais du service achats, gestion des stocks.
○​ Administration : Salaires du personnel administratif, frais de siège, honoraires
(expert-comptable, avocat).
○​ Distribution/Commercialisation : Publicité, frais de transport sur ventes,
commissions des vendeurs, salaires du personnel commercial.
3.​ Répartir les Charges Indirectes : C'est l'étape la plus délicate. Elle se fait généralement
via la méthode des centres d'analyse :
○​ Regroupement en Centres d'Analyse : Les charges indirectes sont regroupées
dans des centres (ex: Centre Achat, Centre Atelier 1, Centre Administration, Centre
Distribution). On distingue centres auxiliaires (support) et principaux
(opérationnels).
○​ Répartition Primaire : Affectation des charges indirectes initiales aux différents
centres.
○​ Répartition Secondaire : Réallocation des coûts des centres auxiliaires vers les
centres principaux qu'ils servent.
○​ Choix d'Unités d'Œuvre (UO) ou d'Assiettes : Pour chaque centre principal, on
choisit une unité mesurant son activité (ex: heures-machines, heures de main
d'œuvre, kg de matière traitée) ou une base monétaire (ex: coût des achats, chiffre
d'affaires).
○​ Calcul du Coût de l'UO ou du Taux de Frais : Coût\ UO = Total\ charges\ du\
centre\ (après\ répartition\ secondaire) / Nombre\ total\ d'UO\ du\ centre. Taux\ de\
Frais = Total\ charges\ du\ centre / Montant\ total\ de\ l'assiette.
○​ Imputation aux Produits/Services : Les coûts indirects de chaque centre principal
sont imputés aux produits/services en fonction du nombre d'UO qu'ils ont
consommées ou de la base d'assiette qui leur correspond. Coût\ indirect\ imputé =
Nombre\ d'UO\ consommées \times Coût\ UO.
4.​ Calculer le Coût de Revient Complet :
○​ Coût\ de\ Revient = Total\ Charges\ Directes + Total\ Charges\ Indirectes\ Imputées
5.​ Calculer le Coût de Revient Unitaire :
○​ Coût\ de\ Revient\ Unitaire = Coût\ de\ Revient\ Complet / Quantités\ Produites\ ou\
Vendues.
La hiérarchie des coûts est souvent suivie : on calcule d'abord le coût d'achat des matières,
puis le coût de production (coût d'achat + frais de production directs et indirects), et enfin le
coût de revient (coût de production + frais de distribution et administratifs indirects).
Il existe d'autres méthodes comme les coûts variables (ne retenant que les charges variables
pour calculer une marge sur coût variable ) ou l'Activity Based Costing (ABC) (qui répartit les
coûts en fonction des activités consommées par les produits ), qui peuvent être plus pertinentes
dans certaines situations. Le choix de la méthode dépend des objectifs de l'analyse et de la
structure de l'entreprise.
20. Quelles sont les étapes que vous suivez pour établir un rapport financier mensuel ou
trimestriel?
L'établissement de rapports financiers intermédiaires (mensuels ou trimestriels) est crucial pour
fournir à la direction une information à jour sur la performance et la situation financière,
permettant une prise de décision réactive entre les clôtures annuelles. Les étapes typiques sont
:
1.​ Clôture Périodique ("Soft Close") : Il s'agit d'effectuer les opérations essentielles pour
fiabiliser les chiffres de la période, sans nécessairement la même profondeur que la
clôture annuelle :
○​ Arrêt des enregistrements (Cut-off) : S'assurer que toutes les transactions de la
période (achats, ventes, paiements, encaissements) sont enregistrées dans la
bonne période.
○​ Rapprochements Clés : Effectuer les rapprochements bancaires, et vérifier la
cohérence des soldes auxiliaires (clients, fournisseurs) avec le grand livre.
○​ Écritures Récurrentes : Passer les écritures habituelles (ex: charges
d'abonnement mensuelles, salaires).
○​ Ajustements Estimés : Comptabiliser les ajustements majeurs et estimables :
■​ Variation de stocks (si inventaire permanent, c'est automatique ; sinon, une
estimation peut être faite).
■​ Dotations aux amortissements (généralement 1/12ème de la dotation
annuelle prévue).
■​ Provisions et dépréciations significatives et connues (ex: provision pour un
client spécifique en difficulté).
■​ Régularisations de charges et produits (CCA, PCA, FNP, FAE) pour les
éléments importants et identifiables. Les calculs peuvent être simplifiés par
rapport à l'annuel.
2.​ Extraction de la Balance Périodique : Générer une balance générale des comptes
arrêtée à la fin du mois ou du trimestre.
3.​ Préparation des États Financiers Intermédiaires :
○​ Compte de Résultat Périodique : Établir le CR du mois/trimestre et souvent un
cumul depuis le début de l'année, en utilisant les soldes de la balance. La
présentation suit généralement le format OHADA (SIG).
○​ Bilan Périodique : Préparer un Bilan à la date de fin de période.
○​ (Optionnel) Tableau des Flux de Trésorerie : Un TFT simplifié peut être préparé
si nécessaire.
○​ Comparaisons : Présenter les chiffres réels en comparaison avec le budget de la
période et/ou les chiffres de la même période de l'année précédente (N-1) pour
contextualiser la performance.
4.​ Calcul et Suivi des Indicateurs Clés (KPIs) : Calculer les ratios financiers pertinents
(marges, ratios de liquidité, BFR, DSO, DPO, etc.) et suivre leur évolution.
5.​ Analyse des Écarts et Tendances : Analyser les performances réelles par rapport au
budget et/ou à N-1. Identifier les écarts significatifs (voir Q13, Q21) et les tendances
émergentes.
6.​ Rédaction du Rapport : Synthétiser les informations financières clés, les analyses et les
commentaires dans un rapport clair et concis destiné à la direction. Mettre en évidence
les points d'attention et les recommandations éventuelles.
7.​ Diffusion et Présentation : Communiquer le rapport aux parties prenantes concernées
(Direction Générale, Directeurs de départements).
La fréquence (mensuelle ou trimestrielle) et le niveau de détail de ces rapports dépendent de la
taille de l'entreprise, des exigences de la direction et des ressources disponibles. L'utilisation de
logiciels comptables et d'outils de Business Intelligence (BI) facilite grandement ce processus.

Section 3: Réponses aux Questions 21-30 (Analyse,


Clôture Annuelle, Fiscalité Spécifique, Audit)
21. Comment analysez-vous les écarts entre le budget et les résultats réels?
L'analyse des écarts entre le budget et les résultats réels va au-delà du simple calcul de la
différence. Il s'agit de comprendre pourquoi ces écarts se sont produits et quel est leur impact
sur la performance globale. Mon approche d'analyse approfondie comprend :
1.​ Identification et Priorisation : Après avoir calculé les écarts (Réel - Budget) pour
chaque poste significatif du Compte de Résultat et éventuellement du Bilan, je priorise
l'analyse sur les écarts les plus importants (en valeur absolue ou relative) ou ceux qui
concernent des indicateurs clés (Chiffre d'Affaires, Marge Brute, EBE, Résultat
d'Exploitation).
2.​ Décomposition des Écarts : Pour mieux cerner les causes, je décompose les écarts
globaux en sous-écarts plus spécifiques. Par exemple :
○​ Écart sur Chiffre d'Affaires : Peut être décomposé en :
■​ Écart sur Volume : (Volume réel - Volume budgété) x Prix budgété.
■​ Écart sur Prix : (Prix réel - Prix budgété) x Volume réel.
■​ Écart sur Mix Produits : Impact de la vente d'une proportion différente de
produits par rapport au budget.
○​ Écart sur Coûts des Matières Premières : Peut être décomposé en :
■​ Écart sur Prix : (Prix réel - Prix budgété) x Quantité réelle
achetée/consommée.
■​ Écart sur Quantité (ou Rendement) : (Quantité réelle consommée - Quantité
standard/budgétée pour la production réelle) x Prix budgété.
○​ Écart sur Main d'Œuvre Directe : Peut être décomposé en :
■​ Écart sur Taux Horaire : (Taux réel - Taux budgété) x Heures réelles
travaillées.
■​ Écart sur Temps (ou Efficacité) : (Heures réelles travaillées - Heures
standard/budgétées pour la production réelle) x Taux budgété.
○​ Écarts sur Frais Généraux (Variables et Fixes) : Peuvent être analysés en écart
sur budget (dépenses réelles vs. dépenses budgétées), écart sur activité (impact
du volume d'activité réel vs. budgété) et écart sur rendement (efficacité d'utilisation
des ressources).
3.​ Analyse Qualitative : Les chiffres ne disent pas tout. Il est essentiel de rechercher les
causes profondes des écarts en discutant avec les responsables opérationnels. Un
écart défavorable sur les ventes est-il dû à une concurrence accrue, un problème de
qualité, une campagne marketing inefficace, ou un budget initial trop optimiste? Un
dépassement des coûts de production est-il lié à une hausse imprévue du prix des
matières, une inefficacité des machines, une mauvaise gestion des stocks?
4.​ Analyse de Tendance : Comparer les écarts de la période actuelle avec ceux des
périodes précédentes permet d'identifier si un problème est ponctuel ou récurrent, ou si
une amélioration se confirme.
5.​ Impact Global : Évaluer comment les différents écarts se combinent pour affecter les
Soldes Intermédiaires de Gestion (EBE, RE) et le résultat net final. Un écart favorable sur
un poste peut être compensé par un écart défavorable sur un autre.
6.​ Rapport d'Analyse et Recommandations : Synthétiser les conclusions de l'analyse
dans un rapport clair, expliquant les principaux écarts, leurs causes sous-jacentes, et
proposant des actions correctives concrètes (ex: ajuster les prix, lancer une promotion,
optimiser un processus, renégocier un contrat, réviser le budget).
Cette analyse approfondie transforme le contrôle budgétaire d'un simple exercice de
comparaison de chiffres en un véritable outil de pilotage et d'amélioration continue.
22. Comment gérez-vous les opérations de clôture annuelle des comptes?
La clôture annuelle des comptes est une opération plus formelle et rigoureuse que les clôtures
intermédiaires. Elle aboutit à la production des états financiers définitifs qui seront audités (le
cas échéant) et publiés. Tout en reprenant les étapes de la clôture périodique (Q4), la clôture
annuelle met l'accent sur certains aspects :
1.​ Exhaustivité et Rigueur des Ajustements : L'objectif est d'obtenir une image fidèle du
patrimoine et du résultat à la date de clôture. Tous les travaux d'inventaire (physique et
évaluation) doivent être menés avec la plus grande précision. Toutes les écritures de
régularisation nécessaires (amortissements, dépréciations, provisions, rattachement des
charges et produits, CCA, PCA, variations de stocks, écarts de conversion) doivent être
passées et justifiées. Une attention particulière est portée à l'évaluation des provisions et
dépréciations pour refléter au mieux les risques et pertes probables à la date de clôture.
2.​ Documentation Complète (Piste d'Audit) : Chaque écriture de clôture doit être appuyée
par une documentation probante (feuilles de calcul détaillées, rapports d'inventaire,
estimations justifiées, avis d'experts si nécessaire). Cette documentation est essentielle
pour la revue des comptes et pour l'audit externe.
3.​ Calcul Définitif de l'Impôt sur les Sociétés (IS) : Le résultat fiscal est déterminé de
manière définitive après intégration de tous les ajustements comptables et fiscaux
(réintégrations, déductions). L'IS définitif est calculé et comptabilisé (Compte 89). Le
solde éventuel d'IS doit être déclaré et payé dans les délais légaux (généralement le 15
mars N+1 au Cameroun pour l'exercice clos le 31/12/N).
4.​ Détermination et Affectation du Résultat Net : Une fois l'IS calculé, le résultat net de
l'exercice est finalisé (solde du Compte 13). Après la clôture, l'Assemblée Générale des
actionnaires (ou l'organe compétent) décidera de l'affectation de ce résultat : mise en
réserves (légale, statutaire, facultative - Cpt 11), distribution de dividendes (Cpt 465), ou
report à nouveau (Cpt 12).
5.​ Établissement de la Liasse Fiscale et des États Financiers Annuels : Préparation du
jeu complet des états financiers (Bilan, Compte de Résultat, Tableau des Flux de
Trésorerie, Notes Annexes) conformément aux modèles OHADA. Au Cameroun, ces
états font partie de la Déclaration Statistique et Fiscale (DSF) qui doit être déposée
auprès de la DGI. Les Notes Annexes sont particulièrement importantes lors de la clôture
annuelle car elles fournissent les explications détaillées sur les méthodes comptables
utilisées et les chiffres présentés.
6.​ Audit des Comptes : Si l'entreprise est soumise à un audit légal (commissariat aux
comptes), il faut préparer le dossier d'audit, répondre aux demandes des auditeurs et
discuter des points d'audit.
7.​ Approbation et Dépôt des Comptes : Les comptes annuels doivent être formellement
approuvés par l'Assemblée Générale (ou l'organe compétent). Ils doivent ensuite être
déposés auprès des instances requises (greffe du tribunal, administration fiscale).
La clôture annuelle est donc un processus plus long et plus formel, impliquant une validation
finale des chiffres de l'exercice et le respect d'obligations légales et fiscales précises.
23. Avez-vous déjà été confronté(e) à une situation de fraude en comptabilité? Comment
l'avez-vous gérée?
Guidance pour le candidat : Abordez cette question avec professionnalisme et prudence.
Mettez l'accent sur le processus et les contrôles.
●​ Option 1 : Si vous avez une expérience directe (à adapter) : "Oui, dans une
expérience précédente, j'ai été amené(e) à identifier une anomalie lors du processus de
contrôle des notes de frais. Des justificatifs semblaient suspects. Conformément à la
procédure interne de l'entreprise, j'ai immédiatement documenté mes constatations de
manière factuelle et j'en ai référé à mon supérieur hiérarchique [et/ou au service d'audit
interne/conformité, selon la structure]. Je n'ai pas mené d'enquête personnelle pour éviter
tout biais ou erreur de procédure. J'ai ensuite collaboré avec l'équipe chargée de
l'investigation en fournissant les informations et documents nécessaires. Suite à cette
situation, nous avons renforcé les contrôles sur la validation des notes de frais,
notamment par une vérification systématique de certains types de dépenses et une
sensibilisation accrue des managers valideurs. L'important dans ce type de situation est
de suivre le protocole établi, de rester objectif et de contribuer à améliorer les contrôles
pour prévenir de futures occurrences."
●​ Option 2 : Si vous n'avez pas d'expérience directe : "Je n'ai pas été personnellement
confronté(e) à une situation de fraude avérée dans mes fonctions précédentes.
Cependant, je suis conscient(e) que le risque de fraude existe dans toute organisation. Si
je suspectais ou découvrais une irrégularité pouvant s'apparenter à une fraude, mon
approche serait la suivante :
1.​ Documentation : Je rassemblerais et documenterais de manière précise et
objective tous les éléments factuels concernant l'anomalie constatée (dates,
montants, documents concernés, nature de l'irrégularité).
2.​ Signalement : Je signalerais immédiatement mes soupçons à mon supérieur
hiérarchique direct, ou à la fonction désignée par la politique interne de l'entreprise
(audit interne, service conformité, direction financière), en respectant la chaîne
hiérarchique et les canaux de communication prévus. Il est crucial de ne pas mener
d'enquête soi-même ni de confronter directement la personne suspectée, afin de
préserver l'intégrité d'une éventuelle investigation formelle et d'éviter les
accusations infondées.
3.​ Confidentialité et Coopération : Je maintiendrais la plus stricte confidentialité sur
l'affaire et je coopérerais pleinement avec les personnes chargées de l'investigation
(auditeurs internes ou externes, direction) en fournissant toutes les informations
requises.
4.​ Prévention : Je crois fermement que la meilleure façon de gérer la fraude est de la
prévenir. C'est pourquoi j'accorde une grande importance à la mise en place et au
respect de contrôles internes robustes, tels que la séparation des tâches, les
procédures d'approbation claires, les rapprochements réguliers et les audits
inopinés. Mon rôle en tant que comptable inclut une vigilance constante pour
identifier les failles potentielles dans ces contrôles."
L'élément central de la réponse, qu'elle soit basée sur une expérience vécue ou non, est de
démontrer une compréhension des procédures appropriées, un sens de l'éthique
professionnelle, et une focalisation sur l'importance des contrôles internes pour la prévention et
la détection de la fraude.
24. Pouvez-vous expliquer la différence entre une provision et une charge constatée
d'avance?
Bien que les provisions et les charges constatées d'avance soient toutes deux des écritures de
régularisation passées en fin d'exercice pour respecter les principes comptables, elles sont de
nature et d'objectif très différents :
●​ Provision (Comptes 15, 19, 29, 39, 49, 59) :
○​ Nature : Constate une obligation actuelle (probable ou certaine) résultant
d'événements passés, dont l'échéance ou le montant est incertain, et qui
entraînera probablement une sortie de ressources pour l'entreprise ; OU constate
une perte de valeur probable d'un élément d'actif. Elle découle directement du
principe de prudence.
○​ Objectif : Anticiper et comptabiliser un risque ou une charge probable lié à
l'exercice en cours ou passé, même si son montant exact n'est pas connu à la
clôture. Exemples : provision pour litige prud'homal en cours, provision pour
garantie sur produits vendus, provision pour dépréciation de créances clients
douteuses, provision pour dépréciation de stocks obsolètes, provision pour grosses
réparations futures si obligation existe.
○​ Impact Comptable :
■​ Augmente les charges de l'exercice via un compte de Dotation (Classe 6 :
68, 69, 659 ou Classe 8 : 85).
■​ Crée ou augmente une dette potentielle au passif (Comptes 15, 19, 499) ou
constate une diminution de valeur d'un actif (via les comptes
d'amortissement/dépréciation 28, 29, 39, 49, 59 crédités).
○​ Caractéristique Clé : Incertitude quant au montant et/ou à l'échéance de la sortie
de ressources ou de la perte de valeur.
●​ Charge Constatée d'Avance (CCA - Compte 476) :
○​ Nature : Constate un actif représentant un coût déjà payé ou enregistré dans
l'exercice en cours, mais qui correspond économiquement à une prestation ou un
avantage qui bénéficiera à l'exercice (ou aux exercices) suivant(s). Elle
découle du principe de spécialisation des exercices.
○​ Objectif : Reporter à l'exercice suivant la part d'une charge qui ne concerne pas
l'exercice en cours de clôture, afin de ne pas fausser le résultat de ce dernier.
Exemples : prime d'assurance payée en N pour la période N/N+1, loyer payé
d'avance pour le premier trimestre N+1, abonnement annuel souscrit en cours
d'année N.
○​ Impact Comptable :
■​ Diminue les charges de l'exercice en cours (par le crédit du compte de
charge initialement débité en Classe 6).
■​ Crée un actif au bilan (Compte 476 "Charges constatées d'avance").
○​ Caractéristique Clé : Certitude quant au montant et à la nature de la
prestation/avantage ; seul le rattachement temporel est ajusté. La charge sera
reconnue dans l'exercice suivant lors de l'extourne de l'écriture de CCA.
En résumé :
●​ Une provision anticipe une charge ou une perte probable future liée au passé/présent
(Prudence).
●​ Une CCA reporte une charge certaine déjà enregistrée mais liée au futur (Spécialisation
des exercices).
25. Comment procédez-vous pour calculer la rentabilité d'un projet ou d'une activité?
Le calcul de la rentabilité d'un projet ou d'une activité est essentiel pour évaluer sa performance
et guider les décisions d'investissement ou de continuation. Plusieurs méthodes peuvent être
utilisées, souvent en combinaison :
●​ Approches basées sur la Comptabilité Analytique (pour activités récurrentes ou
projets internes) :
○​ Analyse de la Marge sur Coût Variable : On calcule la marge dégagée après
couverture des coûts variables directs (Marge\ sur\ Coût\ Variable = Chiffre\
d'Affaires - Coûts\ Variables). Cette marge doit couvrir les coûts fixes et générer un
bénéfice. Le Taux de Marge sur Coût Variable (MCV / CA) permet de calculer le
Seuil de Rentabilité (point mort) : SR = Coûts\ Fixes\ Totaux / Taux\ de\ MCV. Cette
approche est utile pour les décisions à court terme et l'analyse de la contribution de
chaque activité à la couverture des frais fixes.
○​ Calcul du Résultat Analytique par Coûts Complets : On affecte l'ensemble des
coûts (directs et indirects) à l'activité ou au projet pour déterminer son résultat net
analytique (Résultat\ Analytique = Chiffre\ d'Affaires - Coût\ de\ Revient\ Complet).
Cela donne une vision de la rentabilité globale après absorption de toutes les
charges, mais dépend fortement de la pertinence des clés de répartition des coûts
indirects.
○​ Méthode ABC (Activity Based Costing) : Si mise en place, elle permet une
affectation plus précise des coûts indirects basée sur les activités réellement
consommées par le projet ou l'activité, offrant potentiellement une mesure de
rentabilité plus fiable.
●​ Approches basées sur les Flux de Trésorerie Actualisés (principalement pour les
projets d'investissement) : Ces méthodes tiennent compte de la valeur temporelle de
l'argent.
○​ Valeur Actuelle Nette (VAN) ou Net Present Value (NPV) : On estime les flux de
trésorerie nets (encaissements - décaissements) générés par le projet sur toute sa
durée de vie. Ces flux futurs sont actualisés à un taux donné (coût du capital ou
taux de rentabilité exigé) pour obtenir leur valeur aujourd'hui. On soustrait ensuite
l'investissement initial. VAN = \sum_{t=1}^{n} \frac{Flux\ Trésorerie\ Net_t}{(1+k)^t} -
Investissement\ Initial. Si VAN > 0, le projet est considéré comme rentable car il
crée de la valeur.
○​ Taux de Rentabilité Interne (TRI) ou Internal Rate of Return (IRR) : C'est le taux
d'actualisation pour lequel la VAN du projet est égale à zéro. Il représente le taux
de rendement effectif du projet. Le projet est jugé rentable si le TRI est supérieur au
coût du capital ou au taux de rentabilité minimum exigé par l'entreprise.
○​ Délai de Récupération du Capital Investi (Payback Period) : Calcule le temps
nécessaire pour que les flux de trésorerie nets cumulés générés par le projet
remboursent l'investissement initial. C'est un indicateur de risque (plus le délai est
court, moins le risque est perçu comme élevé), mais il ignore les flux postérieurs au
délai de récupération et la valeur temporelle de l'argent.
Le choix de la méthode dépend du contexte : l'analyse de la marge sur coût variable est
pertinente pour des décisions opérationnelles courantes, tandis que la VAN et le TRI sont
privilégiés pour évaluer la rentabilité économique des investissements à long terme. Souvent,
plusieurs indicateurs sont calculés pour obtenir une vision complète.
26. Comment gérez-vous les remises et rabais accordés aux clients dans les comptes de
l'entreprise?
La gestion comptable des réductions de prix accordées aux clients dépend de la nature de la
réduction et du moment où elle est accordée :
●​ Distinction des Réductions :
○​ Rabais : Réduction exceptionnelle accordée pour un défaut de qualité, un retard de
livraison ou une non-conformité.
○​ Remise : Réduction habituelle accordée en fonction des quantités achetées, de la
qualité du client (ex: grossiste) ou dans le cadre d'opérations promotionnelles.
○​ Ristourne : Réduction calculée sur le volume total des affaires traitées avec un
client sur une période donnée (ex: fin d'année) et accordée après coup.
○​ Escompte de règlement : Réduction de nature financière accordée au client pour
paiement anticipé (avant l'échéance normale).
●​ Traitement Comptable selon le SYSCOHADA :
○​ Réductions Commerciales (Rabais, Remises) figurant sur la facture initiale :
Ces réductions viennent diminuer directement le montant brut de la vente sur la
facture. Elles ne sont pas comptabilisées dans des comptes séparés. La vente
(Compte 70) est enregistrée pour son montant net commercial HT (Montant Brut
HT - Rabais HT - Remises HT). La TVA est calculée sur ce net commercial.
■​ Exemple : Vente brute 1000 HT, Remise 10% (100 HT). La vente est
enregistrée pour 900 HT au crédit du compte 70.
○​ Réductions Commerciales (Rabais, Remises, Ristournes) accordées APRES
l'établissement de la facture initiale : Ces réductions font l'objet d'une facture
d'avoir (note de crédit) adressée au client. L'écriture comptable de l'avoir est la
suivante :
■​ Débit Compte 709 - Rabais, Remises et Ristournes accordés par
l'entreprise.
■​ Débit Compte 445 - État, TVA collectée (pour annuler la TVA correspondant
à la réduction).
■​ Crédit Compte 411 - Clients (pour diminuer la créance sur le client).
○​ Escompte de règlement accordé : Considéré comme une charge financière pour
l'entreprise qui l'accorde. Il est comptabilisé au moment de l'encaissement du
paiement anticipé du client :
■​ Débit Compte 512 - Banque (ou 57 Caisse) pour le montant net encaissé.
■​ Débit Compte 673 - Escomptes accordés.
■​ Crédit Compte 411 - Clients pour le montant total initial de la créance (avant
escompte).
Il est donc crucial de bien identifier la nature de la réduction et de savoir si elle figure sur la
facture d'origine ou si elle est accordée postérieurement via un avoir pour appliquer le
traitement comptable correct.
27. Pouvez-vous décrire votre expérience en matière d'établissement des déclarations
fiscales (TVA, impôts sur les sociétés, etc.)?
Guidance pour le candidat : Mettez en avant votre expérience pratique avec les déclarations
fiscales spécifiques au Cameroun.
"Au cours de mes expériences précédentes, j'ai été activement impliqué(e) dans le processus
de préparation et/ou de revue des déclarations fiscales périodiques et annuelles, en conformité
avec le Code Général des Impôts (CGI) camerounais. Mon expérience couvre notamment :
●​ La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) :
○​ Je suis capable de calculer la TVA collectée sur les ventes et prestations de
services, en appliquant les taux appropriés (normal, réduit, zéro) selon la nature
des opérations.
○​ Je maîtrise le calcul de la TVA déductible sur les achats de biens et services, en
vérifiant les conditions de déductibilité et en appliquant le prorata de déduction le
cas échéant pour les assujettis partiels.
○​ Je sais déterminer le montant de la TVA nette due ou le crédit de TVA reportable
pour la période (généralement mensuelle).
○​ J'ai l'expérience de la préparation de la déclaration mensuelle de TVA (souvent via
le formulaire I/TVA-IR ) et de sa soumission via la plateforme de télédéclaration de
la DGI , en respectant l'échéance du 15 du mois suivant. J'assure également le
suivi du paiement correspondant.
●​ L'Impôt sur les Sociétés (IS) :
○​ Acomptes Mensuels : Je sais calculer les acomptes d'IS dus mensuellement,
basés sur un pourcentage du chiffre d'affaires (2,2% ou 5,5% selon le régime fiscal
de l'entreprise ), les déclarer et veiller à leur paiement avant le 15 du mois suivant.
○​ Liquidation Annuelle : J'ai participé à la détermination du résultat fiscal annuel, ce
qui implique le passage du résultat comptable au résultat fiscal par l'identification et
le traitement des réintégrations (charges non déductibles selon le CGI, ex:
certaines provisions, amendes, charges non justifiées ou dépassant les plafonds
comme les commissions sur achats étrangers limitées à 1% en 2025 ) et des
déductions (produits non imposables, amortissements dérogatoires).
○​ Je sais calculer l'IS annuel définitif en appliquant le taux en vigueur (standard 33%
CAC inclus, ou taux réduit de 30,8% pour les PME éligibles ) au résultat fiscal.
○​ Je suis familier(ère) avec la préparation de la Déclaration Statistique et Fiscale
(DSF) annuelle, qui inclut les états financiers et les tableaux fiscaux, et avec le
paiement du solde de l'IS au plus tard le 15 mars de l'année suivante.
●​ Autres Impôts et Taxes :
○​ Retenues à la source : J'ai géré le calcul et la déclaration des retenues à la source
sur les salaires (IRPP, CAC, RAV, TDL ), ainsi que sur les paiements effectués à
des prestataires non-résidents ou pour certaines prestations locales (TSR - Taxe
Spéciale sur le Revenu ).
○​ Taxes sur Salaires (part patronale) : J'ai assuré le calcul et la déclaration des
cotisations patronales (CNPS, FNE, CFC).
○​ J'ai également une connaissance des principes des Droits d'Enregistrement et
des Droits d'Accises applicables à certaines opérations.
●​ Outils et Veille : J'utilise couramment les formulaires administratifs, les tableurs pour les
calculs et rapprochements, ainsi que les fonctionnalités fiscales des logiciels comptables.
Je comprends l'importance de la veille fiscale pour rester informé(e) des modifications
apportées chaque année par la Loi de Finances et les instructions de la DGI."
28. Comment traitez-vous les opérations de change dans les comptes de l'entreprise?
Le traitement des opérations libellées en monnaie étrangère (devises) est régi par les articles
51 à 58 de l'AUDCIF OHADA. La méthodologie est la suivante :
1.​ Enregistrement Initial de la Transaction :
○​ Toute transaction en devise (achat, vente, prêt, emprunt) est initialement
comptabilisée dans la monnaie fonctionnelle de l'entité (le Franc CFA - FCFA au
Cameroun) en appliquant le taux de change comptant en vigueur à la date de la
transaction.
2.​ Enregistrement du Règlement :
○​ Lorsqu'une créance en devise est encaissée ou qu'une dette en devise est payée,
le montant en FCFA effectivement reçu ou décaissé est enregistré.
○​ La différence entre ce montant en FCFA au règlement et le montant en FCFA
initialement comptabilisé (ou réévalué à la clôture précédente) constitue un gain ou
une perte de change réalisé. Ce gain ou cette perte est comptabilisé(e) dans le
Compte de Résultat, généralement dans les comptes financiers : Compte 776
"Gains de change" ou Compte 676 "Pertes de change".
3.​ Traitement à la Clôture de l'Exercice :
○​ Les éléments monétaires (disponibilités, créances, dettes, prêts, emprunts)
libellés en devises et non encore réglés à la date de clôture doivent être réévalués
en utilisant le taux de change de clôture.
○​ Les différences résultant de cette réévaluation sont appelées écarts de
conversion :
■​ Pertes Latentes : Si la réévaluation entraîne une augmentation de la valeur
en FCFA d'une dette ou une diminution de la valeur en FCFA d'une créance.
Ces pertes latentes sont inscrites à l'actif du bilan dans le compte 478 "Écarts
de conversion - Actif" (pour la contrepartie de la créance/dette réévaluée).
■​ Gains Latents : Si la réévaluation entraîne une diminution de la valeur en
FCFA d'une dette ou une augmentation de la valeur en FCFA d'une créance.
Ces gains latents sont inscrits au passif du bilan dans le compte 479 "Écarts
de conversion - Passif" (pour la contrepartie de la créance/dette réévaluée).
○​ Constatation d'une Provision pour Pertes de Change : En application du
principe de prudence, une provision doit être constituée pour couvrir les pertes
latentes globales. On débite le compte 694 "Dotations aux provisions financières
pour risques et charges" (ou 697 selon la nature) et on crédite le compte 194
"Provisions pour pertes de change".
○​ Non-Constatation des Gains Latents : Les gains latents ne sont pas
comptabilisés en résultat avant leur réalisation (c'est-à-dire avant le règlement de
la créance ou de la dette). Ils restent "latents" au passif du bilan.
○​ Gestion de la Position Globale de Change : Si l'entreprise gère activement son
risque de change globalement, la provision pour perte de change peut être limitée à
l'excédent net des pertes probables sur les gains latents, calculé devise par devise
pour l'ensemble des opérations engagées.
○​ Dérogation pour Étalement (Art. 56 AUDCIF) : Pour les emprunts et prêts à long
terme (plus d'un an) en devises, l'OHADA autorise, à titre exceptionnel, l'étalement
de la perte ou du gain de change constaté à la clôture sur la durée résiduelle du
prêt/emprunt, au lieu de le comptabiliser immédiatement (via écarts et provision).
Cette option doit être mentionnée en annexe.
4.​ Opérations de Couverture : Si l'entreprise utilise des instruments financiers pour couvrir
son risque de change (contrats à terme, options), des règles comptables spécifiques de
comptabilité de couverture s'appliquent (Art. 58 AUDCIF), visant à faire coïncider la
comptabilisation de l'instrument de couverture avec celle de l'élément couvert.
Ce traitement vise à refléter l'impact des fluctuations de change sur le patrimoine et le résultat
de l'entreprise, tout en respectant le principe de prudence pour les gains non réalisés.
29. Avez-vous déjà réalisé des audits internes en comptabilité? Comment avez-vous
procédé?
Guidance pour le candidat : Adaptez la réponse en fonction de votre expérience réelle.
●​ Option 1 : Si vous avez une expérience directe : "Oui, j'ai eu l'opportunité de participer
à [ou de mener] des missions d'audit interne axées sur les processus comptables et
financiers. Par exemple, j'ai travaillé sur l'audit du cycle [Achats-Fournisseurs /
Ventes-Clients / Paie / Gestion des immobilisations / Clôture des comptes]. Ma démarche
suivait généralement les phases suivantes :
1.​ Planification : Nous commencions par définir clairement les objectifs et le
périmètre de l'audit en collaboration avec la direction ou le comité d'audit. Cela
impliquait de comprendre le processus audité, d'identifier les risques inhérents
(fraude, erreur, inefficacité, non-conformité) et les contrôles clés mis en place par
l'entreprise pour maîtriser ces risques. Nous élaborions ensuite un programme de
travail détaillé.
2.​ Travaux sur le Terrain (Fieldwork) : Cette phase consistait à collecter des
preuves pour évaluer l'efficacité des contrôles et la fiabilité des informations. Les
techniques utilisées comprenaient :
■​ Des entretiens avec les employés impliqués dans le processus pour
comprendre leurs tâches et les contrôles qu'ils appliquent.
■​ L'examen de la documentation pertinente (manuels de procédures,
organigrammes, factures, contrats, rapprochements, etc.).
■​ Des tests de cheminement ("walkthroughs") pour suivre une transaction de
bout en bout à travers le système.
■​ Des tests de contrôle pour vérifier si les contrôles clés fonctionnaient comme
prévu (ex: vérifier l'existence des approbations requises sur un échantillon de
factures, refaire un rapprochement bancaire).
■​ Des tests substantifs (si nécessaire) pour vérifier directement l'exactitude des
soldes ou des transactions (ex: confirmation de soldes clients, analyse de
comptes de charges).
3.​ Analyse et Évaluation : Sur la base des éléments collectés, nous analysions les
forces et les faiblesses du système de contrôle interne. Nous évaluions si les
contrôles étaient bien conçus et fonctionnaient efficacement pour atteindre les
objectifs et maîtriser les risques.
4.​ Reporting : Nous synthétisions nos constats, les risques associés aux faiblesses
identifiées, et nos recommandations d'amélioration dans un rapport d'audit interne.
Ce rapport était ensuite discuté avec les responsables du processus audité pour
valider les constats et convenir d'un plan d'action.
5.​ Suivi : Nous assurions un suivi ultérieur pour vérifier que les recommandations
acceptées avaient bien été mises en œuvre par le management."
●​ Option 2 : Si vous n'avez pas d'expérience directe : "Bien que je n'aie pas occupé un
poste spécifiquement dédié à l'audit interne, ma formation et mes expériences en
comptabilité m'ont familiarisé avec ses principes et objectifs. L'audit interne est une
fonction indépendante et objective qui vise à évaluer et améliorer l'efficacité des
processus de gouvernance, de gestion des risques et de contrôle interne d'une
organisation. Si je devais mener un audit interne en comptabilité, je suivrais une
méthodologie structurée :
1.​ Planification : Définir le champ et les objectifs de l'audit (ex: vérifier la conformité
des procédures de dépenses, évaluer les contrôles sur les encaissements).
Comprendre le processus, identifier les risques majeurs et les contrôles existants.
Élaborer un programme de travail.
2.​ Réalisation (Travaux) : Collecter des informations probantes par des entretiens,
l'examen de documents, l'observation des pratiques et la réalisation de tests sur les
contrôles et les transactions.
3.​ Évaluation : Analyser les informations collectées pour évaluer si les contrôles sont
adéquats et fonctionnent efficacement pour prévenir ou détecter les erreurs, les
fraudes ou les inefficiences.
4.​ Communication (Reporting) : Rédiger un rapport présentant les constats, les
conclusions sur l'efficacité des contrôles, les risques identifiés et des
recommandations pragmatiques pour améliorer le processus.
5.​ Suivi : Prévoir un mécanisme pour suivre la mise en œuvre des recommandations
par le management. Je comprends que l'audit interne joue un rôle essentiel pour
donner à la direction une assurance raisonnable sur la maîtrise de ses opérations
et la fiabilité de son information financière."
30. Comment gérez-vous les écritures de retraitements comptables en fin d'exercice?
Le terme "écritures de retraitements comptables" en fin d'exercice peut recouvrir plusieurs
réalités. Il est important de distinguer :
1.​ Les Écritures de Régularisation Standard : C'est l'interprétation la plus courante. Il
s'agit des ajustements systématiques effectués à la clôture pour respecter les principes
comptables fondamentaux, notamment la spécialisation des exercices et la prudence.
Comme détaillé dans les réponses aux questions 4 et 22, ces écritures incluent :
○​ La constatation des amortissements des immobilisations.
○​ La constatation ou l'ajustement des dépréciations (sur immobilisations, stocks,
créances).
○​ La constatation ou l'ajustement des provisions pour risques et charges.
○​ Le rattachement des charges et produits à l'exercice :
■​ Charges à Payer (Factures Non Parvenues - FNP).
■​ Produits à Recevoir (Factures à Établir - FAE).
○​ L'étalement des charges et produits sur plusieurs exercices :
■​ Charges Constatées d'Avance (CCA).
■​ Produits Constatés d'Avance (PCA).
○​ L'ajustement des stocks (annulation du stock initial, constatation du stock final).
○​ La réévaluation des éléments monétaires en devises et la constatation des écarts
de conversion et provisions pour pertes de change. La gestion de ces écritures
implique leur identification (basée sur l'analyse des comptes, les inventaires, les
contrats), leur calcul correct (souvent au prorata temporis pour les CCA/PCA), leur
enregistrement dans le journal des Opérations Diverses (OD) à la date de clôture,
et leur documentation rigoureuse. Une étape importante est également l'extourne
(contre-passation) de certaines de ces écritures (CCA, PCA, FNP, FAE) au premier
jour de l'exercice suivant, pour neutraliser leur effet et permettre l'enregistrement
normal des factures correspondantes dans le nouvel exercice.
2.​ Les Corrections d'Erreurs d'Exercices Antérieurs : Si une erreur significative commise
dans un exercice antérieur est découverte après la clôture de cet exercice, elle ne peut
pas être corrigée en modifiant les comptes déjà clôturés, en vertu du principe
d'intangibilité du bilan d'ouverture. La correction doit être enregistrée dans les comptes de
l'exercice en cours (celui où l'erreur est découverte). L'impact de cette correction est
généralement imputé au résultat de l'exercice courant (dans des comptes de charges ou
produits spécifiques si nécessaire), et une information détaillée doit être fournie dans les
Notes Annexes pour expliquer la nature de l'erreur et son impact.
3.​ Les Changements de Méthodes Comptables : Si l'entreprise décide de changer une
méthode comptable (par exemple, méthode d'amortissement, méthode d'évaluation des
stocks), ce changement doit être justifié par la recherche d'une meilleure information
financière. L'impact de ce changement doit être mesuré et comptabilisé. Selon la nature
du changement et les prescriptions de l'OHADA, l'application peut être prospective
(affectant seulement les exercices futurs) ou rétrospective (comme si la nouvelle méthode
avait toujours été appliquée). L'application rétrospective peut nécessiter des ajustements
sur les capitaux propres d'ouverture (via le Report à Nouveau) ou via des comptes
spécifiques lors de la première application d'une norme révisée (comme le compte 13

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Congo, au Senegal,en cote d'ivoire, au benin, a Madagascar, au Gabon, au Tchad, en
Centrafrique, au Niger, au Mali, au Burkina Faso, en France, en Belgique, en Suisse, au
Canada, au Maroc, en Tunisie, en Algerie, en Guinee Conakry, en Guinee Equatoriale, en
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