Sauvetage et lutte incendie aéroportuaire
Sauvetage et lutte incendie aéroportuaire
Objectifs pédagogiques :
• Connaître :
• Savoir déterminer :
- Les moyens (matériels et humains) à mettre en place sur un aéroport, compte tenu
du niveau de protection à y assurer ;
• Être sensibilisés :
2
INTRODUCTION
Parmi les risques importants existant sur un aéroport, l’un des plus graves est celui qui
est constitué par le feu, générateur de perte en vies humaines et de biens matériels. Cela
signifie qu’il doit être possible et qu’il peut être nécessaire à tout moment sur un aéroport
d’éteindre un incendie qui
a) Existe au moment où l’avion atterrit, décolle, circule au sol où est stationné au parking ;
où
b) Se déclare immédiatement après un accident ou incident d’aviation ; où
c) Se déclare au cours des opérations de sauvetage
D’où la nécessité de disposer d’un service de sauvetage et lutte contre l’incendie sur
l’aéroport pour combattre l’incendie et assurer la protection des personnes et des
3
installations,
4
LES TEXTES REGLEMENTAIRES SLI
L’Annexe 14 à la Convention énonce dans son chapitre 9 que les États doivent mettre en
œuvre à leurs aéroports un matériel et des services de sauvetage et de lutte contre
l’incendie. Le DOC 9137 (Manuel des services d’aéroport) à sa 1ere partie intitulé
Sauvetage et lutte contre L’incendie a pour objet d’aider les États à appliquer les
dispositions de cette Annexe et, partant, d’assurer une mise en œuvre uniforme de celles-
ci.
Ces textes constituent les documents applicables au niveau international pour les pays qui
adhèrent à l’Organisation de l’Aviation Civile International (O.A.C.I.).
Au niveau de chaque pays, l’Etat par le billet de son autorité de l’aviation Civile décide
ensuite, en fonction des particularités de sa législation nationale, de son trafic aérien, de
ses aérodromes et de ses moyens propres, de la meilleure suite à donner à ces
recommandations.
5
Technologie du feu
Le feu constitue le risque le plus grave des risques existants sur un aéroport, car il est
générateur de perte en vies humaines et de destruction des biens matériels.
Pour combattre le feu et assurer la protection des personnes et des biens, il est important
de comprendre le phénomène de la combustion et des mécanismes de son extinction.
- État solide,
- État liquide,
- Et état gazeux.
1. L’état solide :
Il est caractérisé par le fait qu’un corps possède une forme et un volume propre et qu’il ne
peut être compressé.
2. L’état liquide :
3. L’état gazeux :
Il est caractérisé par le fait qu’un corps accepte toutes les formes et tous les volumes qu’on
lui donne.
La combustion est une réaction chimique qui se produit en phase gazeuse entre un corps
combustible et un comburant. Elle nécessite l’apport d’une énergie initiale appelée énergie
d’activation et donne généralement naissance à une émission de chaleur.
C’est un phénomène par lequel un combustible se décompose sous l’effet d’une source de
chaleur suffisante en libérant des éléments gazeux susceptibles de s’unir à l’oxygène. Les
éléments de la combustion sont :
- Le combustible,
- Le comburant,
- L’énergie d’activation.
1. Le combustible :
C’est l’élément qui entre en combustion. Un corps combustible est un corps qui a la
propriété de brûler. Tous les corps susceptibles de de s’unir avec l’oxygène (comburant)
sont appelés combustibles. Les combustibles peuvent se rencontrer à :
2. Le comburant :
C’est le second élément de la combustion. Un comburant est un corps qui, par
combinaison avec un combustible, permet la combustion de ce dernier sous certaines
conditions.
Dans la combustion vive qui nous intéresse, c’est l’oxygène qui est le comburant
(l’atmosphère est composée environ de 21% d’oxygène ; si cette teneur tombe à 10%, la
combustion n’est plus possible).
4. Le triangle de feu :
Pour qu’il y’ait combustion, il faut la réunion de trois éléments, à savoir le combustible, le
comburant et l’énergie d’activation. Lorsque ces trois (03) éléments sont réunis, la flamme
peut se développer. Cette situation correspond à ce que le personnel de sauvetage et de
lutte contre l’incendie appelle couramment le triangle de feu.
Pour éteindre un feu, il faut supprimer un (1) des trois (3) éléments, en d’autres termes,
retirer un côté du triangle, pour arrêter le développement de la flamme.
1. La conductibilité est la propagation lente et par l’intermédiaire d’un corps dont les
particules s’échauffent successivement.
- Dans le cas des solides, les bons conducteurs sont les métaux, et, les mauvais
conducteurs sont le bois, le verre, le souffre ;
- Dans le cas des liquides, seul le mercure est bon conducteur de la chaleur ;
8
3. La convection est le mouvement d’un liquide ou d’un gaz, avec transport de
chaleur sous l’influence de différences de température. C’est le cas de l’air en
contact avec une source de chaleur.
Les corps combustibles brûlent de différentes façons. Qu’ils soient solides, liquides ou
gazeux, les caractéristiques flammes, volume de flammes, chaleur dégagée, ou combustion
vont être différentes. C’est pour cette raison qu’ils ont fait l’objet d’un classement en
tenant compte de toutes ces différences.
Ainsi, les feux peuvent être étudiés en quatre (04) classes suivant la nature du
combustible qui les alimente :
- Les feux de classe A ou feux de matériaux solides,
- Les feux de classe B ou feux de matériaux liquides ou de solde liquéfiable
- Les feux de classe C ou feux de gaz,
- Les feux de classe D ou feux de métaux.
- Les feux de classe F ou feux des auxiliaires de cuisson
Ce sont les feux impliquant la structure, les aménagements, et/ou les équipements d’un
aéronef, voire les bagages et le fret transporté. La combustion peut se faire :
• Soit entièrement sous forme de flammes pour les solides qui se transforment en gaz;
• Soit en ignition à l’état solide : c’est le cas des carbones (graphites, charbon de
bois, etc.) ;
• Soit simultanément dans les deux modes. La combustion est alors précédée d’une
réaction chimique sous l’action de la chaleur produite par une source de chaleur
extérieure ou dégagée par les parties des corps déjà en cours de combustion.
Ce sont les feux de carburants et lubrifiants utilisés dans les aéronefs. La combustion se
fait presque toujours sous forme de flamme, en phase gazeuse.
Ce sont les feux alimentés par des métaux tels que le fer, le cuivre, l’aluminium, le
magnésium, le titan, etc.
C’est les feux liés aux auxiliaires de cuisson (huiles et graisses végétales ou animales) dans
les appareils de cuisson.
Ce sont des feux localisés sur des parties précises de l’avion (trains d’atterrissage, cabine,
soute à bagages, réacteur, etc.).
Ce sont des feux mettant en cause l’intégralité du fuselage, d’où la nécessité absolue de
créer un couloir d’évacuation pour le sauvetage.
10
Un feu mineur s’il n’est pas rapidement circoncis, évolue inexorablement vers un feu
majeur. Les liquides inflammables que l’on trouve sur les avions sont l’essence, le
kérosène, l’huile, l’alcool ou le liquide hydraulique. C’est l’huile ou le liquide hydraulique
qui occasionne en général le début d’un incendie.
L’extinction est l’action entreprise pour éteindre un feu. Les différentes méthodes
d’extinction consistent à supprimer l’un des trois côtés du triangle de feu. Il existe trois
(03) grands procédés d’extinction de feu :
c. Méthode mécanique :
d. Méthode thermique :
e. Méthode chimique :
1. L’eau
C’est le plus vieil agent extincteur connu, mais son utilisation doit tenir compte de la
nature du feu pour être efficace.
Si l’on verse de l’eau sur une flamme d’hydrocarbure, l’eau se vaporise et par suite, il
y a diminution de température et du dosage du mélange d’air et de gaz d’hydrocarbure.
• Sur une essence légère : l’eau passe à la partie inférieure du liquide sans effet
12
pratique de refroidissement, et avec le risque d’étaler la flaque voire d’aggraver le
sinistre ;
• Sur un hydrocarbure lourd tel que l’huile ou le fuel, l’eau projetée en jet
pulvérisé crée une émulsion qui s’oppose partiellement à la vaporisation et entraîne
progressivement l’extinction (le jet massif n’est pas pratique) ;
• Sur un hydrocarbure solide tel que le goudron, l’eau est utilisable en jet plein pour
refroidir la masse de solide.
• Feux d’aluminium : l’eau peut être utilisée pour ramener une masse d’aluminium
partiellement enflammée en dessous de sa température de vaporisation ; En effet,
l’aluminium étant un bon conducteur de chaleur, l’eau a pour effet de refroidir la
partie en état de combustion par ignition.
2. La mousse
Dans la lutte contre les grands feux de liquides inflammables, la mousse est l’agent
extincteur privilégié permettant une intervention sûre et efficace.
La mousse est un assemblage de bulles constituées d’air emprisonné dans une paroi
formée par un film mince de solution moussant. Pour produire la mousse, il est nécessaire
de mélanger, grâce à un brassage énergétique les trois composants suivants :
- L’eau sous pression,
- Le liquide moussant concentré appelé émulseur,
- L’air ambiant.
13
On distingue deux (02) familles d’émulseur suivant la nature de la base moussante :
- les émulseurs à base protéinique dont l’agent moussant est constitué par un
hydrolysat de protéine. Ses protéines sont utilisées comme engrais naturel
biodégradable : poudre de corne ou de sabot de bovins, plumes broyées, sang,
protéine de pétrole ;
Ils permettent d’agir rapidement contre l’incendie, mais leur action est temporaire
puisqu’ils ne sont habituellement efficaces que pendant leur application.
Dans l’aviation, on utilise la poudre, les halons, le CO2 ou une combinaison de ces agents.
Leur utilisation doit tenir compte des risques de nuages denses pouvant gêner l’évacuation
de l’aéronef et les opérations de secours, notamment par la réduction de la visibilité et les
problèmes respiratoires pour les personnes qui y seraient exposées.
II – Les véhicules
Considérés comme le gros matériel, les véhicules SLI doivent permettre :
- D’atteindre rapidement le lieu de l’accident,
- De garder les voies d’évacuation,
- D’éteindre tout début d’incendie,
- De contribuer au sauvetage par tous ses moyens.
• Les véhicules d’intervention rapide qui doivent pouvoir accélérer jusqu’à une
14
vitesse de 80Km/h en 25 secondes avec une vitesse maximale d’au moins
105Km/h ; Ils transportent une charge inférieure ou égale à 4500 litres d’eau pour
la production de la mousse.
• Les véhicules d’intervention massive qui doivent pouvoir accélérer jusqu’à une
vitesse de 80Km/h en 40 secondes avec une vitesse maximale d’au moins 100KM/h
; ces véhicules transportent au moins 4500 litres d’eau pour la production de la
mousse.
Les véhicules SLI varient suivant le type et la quantité de leurs moyens d’intervention. Il
existe :
- Des véhicules à mousse,
- Des véhicules à poudre,
- Des véhicules mixtes (mousse et agent complémentaire)
NB : les véhicules mixtes sont les plus utilisés sur les aéroports ASECNA.
• Des véhicules d’intervention grande puissance (VIGP) qui peuvent transporter plus
de
9.100 litres d’eau pour la production de la mousse et 250 Kg de poudre.
15
o Les appareils hydrauliques : constitués par, les tuyaux, les lances à eau et
lances à mousse, les raccords etc….
o Les accessoires hydrauliques : bouchon obturateur, les sangles à fuite, les
flotteur la clé tricoises etc.….
o Les autres appareils extincteurs : tels que les extincteurs, les battes à feu .
IV – Les équipements
Ils sont constitués de coupe sangle, outillage mécanique, coupe boulon, grappin avec
chaîne, pince monseigneur, pied de biche, etc.
Chaque pompier doit être doté d’une tenue bleue de travail (veste + pantalon + casquette),
d’une ceinture en toile, d’une paire de bottes SP en cuir, d’une paire de rangers en cuir,
d’une paire de chaussettes coton, d’une veste d’intervention, d’une ceinture de force en
toile renforcée, d’un ceinturon, d’une paire de gants en cuir, d’un casque SP type F1, d’une
tricoises, d’une tenue complète de sortie, d’une tenue de commandement (gilet orange)
pour chef de secours, d’un drap de lit, d’une couverture, d’un pull-over (selon la zone),
d’un équipement complet de sport, etc.
16
- D’un banc de rechargement CO2,
- D’un compresseur de rechargement des ARI,
- D’un compresseur d’air,
- D’un chargeur batteries,
- D’une pompe aspirant/refoulant,
V – 1 Le poste incendie
Tous les postes d'incendie devraient être branchés sur l'alimentation électrique de secours
pour que le matériel et les installations essentielles continuent de fonctionner en cas de
panne. Toutefois, l'emplacement d'un poste incendie doit être choisi de façon que :
Organisation : chaque poste incendie d’aéroport doit constituer une unité autonome de
sauvetage et de lutte contre les incendies, dotée des installations voulues pour abriter les
véhicules, le personnel et les services opérationnels qui sont nécessaires pour leur
permettre en permanence d'intervenir efficacement et immédiatement en cas d'urgence. La
dimension des structures peut varier d’un poste principal à un poste satellite, voire suivant
l’importance de l’aérodrome, mais il doit toujours y avoir :
• Une salle de garde : point central du poste incendie pour la réception des appels
d’urgence, la mobilisation des ressources, l’envoi des véhicules pour les
interventions de tout genre. Elle peut être surélevée pour permettre une vue la plus
étendue possible.
Par ailleurs, il devrait y être requis un minimum de confort pour soutenir la
vigilance de l’agent de garde (air conditionné convenable, sonorisation, vitres
teintées éventuellement ou pare-soleil, intensité lumineuse réglable de nuit pour
faciliter la vision vers l’extérieur).
17
• Un garage adéquat pour les véhicules et les opérations de petit entretien :
- La dimension des abris des véhicules doit envisager les modèles futurs de véhicules
;
- La surface au sol ne doit pas être attaquable par les graisses, les huiles et les
agents moussants ; sa configuration doit permettre de la nettoyer facilement ;
- L’équipement des abris doit permettre tous les services auxiliaires branchés sur
le véhicule (circuit électrique, circuit d’air comprimé) et le débranchement
immédiat dans les conditions de sécurité sans retarder l’intervention en cas
d’urgence.
V – 2 L’alimentation en eau
18
En plus du réseau urbain d’alimentation en eau, le poste incendie doit pouvoir compter sur
différentes sources d’alimentation en eau dont les principales sont :
La réserve d’eau qui peut être faite sous forme de château d’eau comportant deux
compartiments (eau/émulseur) et communément appelé dispositif de ravitaillement en eau
et émulseur (DREEM). Le château doit être suffisamment haut pour permettre aux
véhicules de passer dessous pour un ravitaillement par gravitation. La réserve d’eau doit
disposer d’un système d’alimentation de secours tel qu’un puits équipé d’un système de
pompage.
Les bouches d’incendie et les poteaux d’incendie sont vivement recommandés sur
l’ensemble de la plate-forme aéroportuaire. Des dispositions particulières doivent être
prises pour s’assurer périodiques qu’ils sont fonctionnels et dégagés et que le personnel les
connaît et sait s’en servir.
Les ressources naturelles (étangs, cours d’eau, lacs ou mer) sur l’aérodrome et dans son
voisinage immédiat doivent être identifiées et intégrées dans la stratégie d’intervention du
Service de Sauvetage et de Lutte contre les Incendies comme source de ravitaillement en
eau. A cet effet, elles doivent être visitées périodiquement pour s’assurer de leur
accessibilité et des conditions de leur utilisation.
Si les voies existantes ne permettent pas l’accès rapide aux différents points de l’emprise
aéroportuaire, il convient d’aménager des routes spécifiques pour la circulation des
services de sauvetage et de lutte contre les incendies. Un plan détaillé doit établir les
itinéraires pour rejoindre le plus rapidement possible les différents points de l’emprise
aéroportuaire et des ses voisinages immédiats. Si l’aéroport est clôturé, il faut prévoir les
portes et les clôtures frangibles et les passages doivent être connus du personnel.
19
Compte tenu des besoins propres à chaque aéroport, ces installations et services doivent
assurer :
- des communications directes entre le contrôle de la circulation aérienne (ou tout
autre service d'alarme mis en place par l'autorité aéroportuaire) et le poste
incendie de l'aéroport, afin d'assurer l'envoi rapide d'équipes de sauvetage et de
lutte contre l'incendie en cas de besoin ;
- des communications entre les différents véhicules y compris, s'il y a lieu, entre
les membres de l'équipe d'un même véhicule ;
• Au niveau du SLI :
21
VII– Les moyens humains du SLI
On distingue deux (02) catégories de personnels dans les unités de sauvetage et lutte
contre l’incendie :
• Le personnel d’encadrement ayant acquis la qualification nécessaire suivant la
filière définie par les États membres de l’ASECNA. Ils assurent l’encadrement du
service et la formation sur site des agents placés sous leurs ordres ;
• Le personnel d’exécution qui est recruté et affecté exclusivement au service SLI.
Le personnel recruté pour les services de sauvetage et de lutte contre les incendies doit :
• Être en parfaite santé ;
• Avoir du courage et de l’initiative ;
• Pouvoir évaluer la situation en cas d’incendie, et
• Surtout bien être entraîné et parfaitement qualifié pour pouvoir exécuter des
opérations rapides et efficaces et une mise en œuvre instantanée de tous les moyens
d’intervention mis à sa disposition.
Dans tous les cas, le personnel doit être agréé en qualité de pompier
22
d’aérodrome. Agrément des pompiers d’aérodrome :
Pour obtenir cet agrément provisoire, l’agent doit satisfaire aux conditions ci-après :
• avoir un permis de conduire poids lourd en cours de validité ;
• être diplômé de l’ERSI (diplôme de pompier d’aérodrome ou de chef de manœuvre) ;
• avoir un certificat d’aptitude médical datant de moins d’un an ;
• satisfaire à l’évaluation sur site dans le cadre de l’insertion des pompiers
nouvellement sortis de l’ERSI ou satisfaire à l’évaluation de l’aptitude physique et
technique organisée par le Chef Unité SLI.
23
Détermination des moyens de sauvetage et de la lutte contre
l’incendie sur les aérodromes
I – Niveau de protection
L’objectif principal d’un service de sauvetage et de lutte contre les incendies est
essentiellement de sauver des vies humaines en cas d’accident ou d’incident d’aéronef
survenant sur l’aérodrome ou dans son voisinage immédiat.
Lorsqu’il est certain qu’il n’y a aucun risque de manquement à l’objectif principal ci-
dessus énoncé, le service de sauvetage et de lutte contre les incendies sur l’aérodrome peut
:
Les facteurs les plus importants, pour le sauvetage effectif en cas d’accident ou d’incendie
d’aéronefs aux aéroports, lorsqu’il y a des survivants, sont l’entraînement du personnel
affecté à cette tâche, l’efficacité du matériel et la rapidité avec laquelle le personnel et le
matériel peuvent intervenir.
La mise en œuvre des services de sauvetage et de lutte contre les incendies sur les
aérodromes est essentiellement liée à la probabilité d’un accident d’avion pouvant se
produire lors de l’atterrissage, du décollage, du stationnement ou de la circulation au sol
ou dans le voisinage immédiat de l’aérodrome.
24
On considère que le risque encouru pour un mouvement d’aéronef pris isolément est
suffisamment faible pour qu’un service de sauvetage et de lutte contre les incendies ne soit
indispensable.
CATÉGORIES D’AÉROPORTS
Le niveau de protection à assurer sur un aérodrome devrait être fondé sur les dimensions
des aéronefs qui utilisent l’aéroport, compte tenu de leur fréquence d’utilisation.
La catégorie de l’aéroport aux fins de sauvetage et de lutte contre l’incendie devrait être
fondée sur la longueur hors tout et la largeur maximale du fuselage des aéronefs les plus
longs qui utilisent normalement l’aéroport.
Pour classer les aéronefs qui utilisent l’aéroport, il faut évaluer premièrement, leur l a
longueur hors tout et, deuxièmement, la largeur de leur fuselage. Si après avoir établi la
catégorie correspondant à la longueur hors tout de l’aéronef, il apparaît que la largeur de
leur fuselage est supérieure à la largeur maximale indiquée à la colonne 3 pour cette
catégorie, il faut classer cet aéronef dans la catégorie immédiatement supérieure.
25
1 0 à 9m non inclus 2
2 9m à 12m non m2
inclus m
3
12m à 18m non 3
4
inclus m
5
18m à 24m non 4
6 m
inclus24m à 28m
7 non inclus 4
8 28m à 39m non m
9 inclus 5
10 39m à 49m non m
inclus 5
49m à 61m non m
inclus61m à 76m 7
non inclus m7
76m à 90m non inclus m
8m
a/ Lorsque le nombre de mouvements des aéronefs de la catégorie la plus élevée est égal
ou supérieur à 700 pendant les trois mois consécutifs les plus actifs, il est recommandé
d’adopter cette catégorie comme catégorie d’aéroport ;
c/ Lorsqu’il y a une grande différence entre les longueurs des aéronefs qui sont compris
dans le chiffre de 700 mouvements, l’aéroport peut être classé dans une catégorie plus
basse mais il ne doit pas être inférieur à la deuxième catégorie au-dessous de la catégorie
d’aéronefs la plus élevée.
Exemples :
Il importe de noter que l’on a prévu d’éliminer en deux étapes la tolérance qui permet
d’ajuster le niveau de protection en fonction de la fréquence d’utilisation de l’aérodrome.
Ainsi, à partir du 1er janvier 2000, le niveau de protection à assurer sera au minimum celui
qui correspond à la catégorie déterminée, moins une, et à partir du 1er janvier 2005, il sera
celui de la catégorie déterminée.
27
II – Définition des moyens SLI en fonction de la catégorie de l’aéroport
II – 1 Agents extincteurs
L’OACI a défini la quantité minimale d’agents extincteurs qui doit être disponible sur un
aérodrome donné compte tenu :
28
Stock dans les véhicules, pleine capacité de citerne correspondant au moins à la quantité
minimale requise par l’OACI ;
Stock d’entraînement = 1,5 fois la capacité des véhicules pour l’émulseur et 1 fois la
capacité des véhicules pour l’agent complémentaire (poudre).
II – 2 Véhicules SLI
Le parc des véhicules SSLI doit offrir une capacité de transport suffisante pour amener les
quantités requises d’eau, d’agent moussant et d’agent complémentaire pour le niveau de
protection à assurer. Le nombre de véhicules va dépendre du type de véhicules choisis,
toutefois, l’OACI a prescrit un nombre minimum de véhicules.
Catégorie d’aéroport
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
OACI
nombre de véhicules 1 1 1 1 1 2 2 3 3 3
ASECNA
Nombre de véhicules 2 2 2 2 2 3 3 4 4 4
L’OACI recommande aux Etats d’avoir du personnel en nombre suffisant mais exige
d’eux que le personnel soit formé pour exécuter ses tâches avec efficacité.
A l'ASECNA, il est préconisé la mise en place du personnel SSLI suivant le modèle ci-après :
L’objectif opérationnel du SLI est de respecter le délai d’intervention, c’est le temps qui
s’écoule entre l’instant où le SSLI est alerté d’un sinistre et le moment où le premier ou les
véhicules d’intervention sont en mesure de projeter de la mousse à un débit égal à 50% au
moins au débit prévu pour la catégorie d’aérodrome concerné ce délai est de deux (02)
30
minutes voir (maximum 03 minutes) pour atteindre quelque point que ce soit de chaque
piste en service ainsi que toutes les autres parties de l’aire de trafic, dans les conditions
optimales de visibilité et d’état de la surface de roulement.
Les fonctions imparties au SLI s’exercent dans la zone d’aérodrome (ZA) et la zone
voisine d’aérodrome (ZVA). Toutefois, dans le cadre des dispositions législatives et
réglementaires relatives à la protection des personnes et des biens, le SLI participe dans les
zones prévues ci- dessus, aux opérations de secours n’impliquant pas d’aéronefs.
La ZA comprend les éléments de l’emprise aéroportuaire ainsi que les aires d’approche
finale jusqu’à une distance du seuil de piste.
La ZVA comprend les éléments situés hors de la ZA, mais à une distance telle que
l’action des moyens d’intervention aéroportuaires peut utilement être envisagée compte
tenu des voies d’accès et des performances de ces moyens.
Pour spécifier la tactique à utiliser pour les opérations de sauvetage, il faut d’abord
identifier les tâches à exécuter. Le mot sauvetage doit être considéré comme comprenant la
protection du chemin suivi par les occupants qui réussissent à évacuer l’aéronef. Dans ce
cas, le sauvetage à la suite d’un accident d’avion va essentiellement consister à :
• protéger le chemin suivi par les survivants qui cherchent ou réussissent à évacuer
l’aéronef (issues de secours, toboggans, etc.) ;
• créer des conditions dans lesquelles les occupants de l’aéronef peuvent
31
survivre et les opérations de sauvetage peuvent être exécutées.
Pour y parvenir, il peut être indispensable de circonscrire d’abord l’incendie de
l’aéronef et/ou du carburant répandu avant d’envisager le sauvetage des
survivants.
• fournir l’assistance pour une utilisation efficace du matériel d’évacuation
d’urgence de bord ;
• fournir l’éclairage pour permettre l’accélération de l’évacuation de l’aéronef sinistré
;
• contribuer au regroupement des survivants en zone sûre.
Dans une intervention suite à un sinistre inopiné, il peut être dégagé trois (03) phases
déterminantes dans la conduite des opérations :
Les équipes d’intervention prennent position à bord des véhicules qui sont mis en
route au poste incendie et/ou éventuellement positionnés aux emplacements
spécifiés d’avance.
2. Etat d’alerte ou cas d’urgence : il y a « cas d’urgence » s’il a été signalé ou si l’on
soupçonne qu’un aéronef a subi ou risque de subir une défaillance de nature à
32
entraîner un risque d’accident. Il s’agit par exemple d’un voyant allumé indiquant
une fuite d’huile, d’une baisse de pression hydraulique frein, des trains
d’atterrissage, de la fumée ou des odeurs anormales à l’intérieur de l’aéronef.
Le SLI est déployé aux positions prévues dans le plan d’alerte suivant le cas. Les
services publics (ambulances, police, secours publics, etc.) sont mis en alerte.
3. Etat ou cas d’accident : il s’agit des accidents d’aviation qui se sont produits ou qui
vont inévitablement se produire sur l’aérodrome ou à ses abords.
Dès que l’alerte est donnée, le SLI doit se mobiliser et les moyens déployés le plus
rapidement possible. Par ailleurs, les services publics et privés (ambulances, police,
secours publics, etc.) doivent être appelés à intervenir. La réussite de l’intervention
et la survie des occupants peuvent en dépendre fortement.
Il se pose alors un problème majeur de coordination des actions et des moyens qu’il faut
avoirréfléchi, voire résolu d’avance dans le cadre du plan d’urgence de l’aérodrome.
III – 6 Planification des mesures d’urgence
Le DOC 9137 (7ème partie), manuel de l’OACI a pour objet d’aider les Etats à mettre en
œuvre les spécifications en question et il contribue ainsi à garantir l’application de ces
dispositions.
Le plan d’urgence d’aérodrome peut être présenté comme étant un manuel de procédures
pour permettre en cas d’urgence sur l’aérodrome ou dans son voisinage immédiat, de :
• faire appel le plus rapidement possible et de manière exhaustive, à tous les
services, sur l’aérodrome et dans les agglomérations voisines, qui sont
susceptibles de contribuer à limiter les effets de cette situation ;
• préciser les missions des différents intervenants ;
• assurer la coordination des mesures à prendre à chaque étape de la conduite des
opérations de secours.
Les éléments figurant dans le dit manuel ont trait principalement des questions concernant
la planification préliminaire des mesures d’urgence aux aéroports, ainsi que la
33
coordination à assurer entre les différents organes (ou services) d’aéroport et ceux des
agglomérations voisines qui sont susceptibles d’aider à faire face aux situations d’urgence.
Le présent manuel contient, entre autres, des éléments concernant les types de situations à
prévoir, la description des organes appelés à intervenir dans le plan, ainsi que, pour
chaque type d’urgence, les responsabilités et le rôle de chacun de ces organes, notamment
en ce qui concerne le centre directeur des opérations d’urgence et le poste de
commandement.
Il contient également un spécimen de plan d’urgence d’aérodrome avec le détail des divers
aspects qui devraient être traités dans ce document.
Pour être valable du point de vue opérationnel, un plan complet d’urgence doit prévoir :
➢ Une planification préliminaire AVANT l’urgence
➢ Les opérations à effectuer PENDANT l’urgence
➢ L’assistance et la documentation APRES l’urgence.
L’administration aéroportuaire devrait s’assurer que tous les organes participant qui ont
des obligations et des responsabilités en vertu du plan d’urgence sont bien au courant de
leurs tâches. Ces organes devraient aussi être au courant des fonctions des autres organes
qui sont stipulés dans le plan d’urgence.
Pour chaque type d’urgence, la responsabilité de chaque organe, ainsi que le rôle qu’il est
appelé à jouer, sont décrits dans le plan d’urgence d’aéroport.
34
Sur l’aéroport :
- le SSLI
- Les services médicaux
- L’administration de l’aéroport
- Les services de la circulation aérienne
- Les exploitants
- Tout autre organe à intervenir.
Hors de l’aéroport :
- La police
- Les services d’incendie locaux
- Les services médicaux
- Les hôpitaux
- Les services officiels
- Les organes militaires
- Les services de surveillance des ports ou des côtes
- Tout autre organe à intervenir.
Les différents types d’évènements à prévoir sont les évènements qui impliquent des
aéronefs, ceux qui n’impliquent pas d’aéronefs, les évènements d’ordre médical ou des
combinaisons des trois types précités.
35
➢ Evènements n’impliquant pas d’aéronefs :
-Incendie de bâtiment ;
- Acte de sabotage, y compris les menaces à la bombe ;
- Catastrophe naturelle ;
- Incident impliquant des marchandises dangereuses ;
Evènement d’ordre médical.
➢ Evènements complexes :
- Aéronef/structures ;
- Aéronef/matériel de ravitaillement en carburant ;
- Aéronef/aéronef.
2. Le plan de secours
Il est apparu que l’organisation des secours en cas d’accident d’aéronef sur un aérodrome
ou à son voisinage doit faire appel à tous les moyens de sauvetage disponibles. Pour être
rapide et efficace, cette organisation doit donc associer étroitement aux services et
moyens spécialisés de l’aérodrome, tous ceux qui peuvent concourir aux opérations de
secours.
Ce résultat ne peut être obtenu que par une collaboration étroite, au niveau de la
préparation et de la conduite des secours, entre les autorités de l’aérodrome et les autorités
préfectorales responsables. A cette fin, et dans le cadre du plan ORSEC, il est institué le
plan de secours d’aérodrome établi d’un commun accord entre ces autorités.
Les autorités aéronautiques compétentes ont pour mission de prévoir et de faire réaliser
l’équipement de ces terrains en moyens de lutte contre les feux d’aéronefs et de premiers
secours pour l’utilisation desquels il est fait appel à des personnels spécialisés et
auxiliaires leur appartenant en propre ou mis à leur disposition par d’autres organes publics
ou privés.
L’importance de ces moyens, leurs caractéristiques, tiennent compte d’un certain nombre
de critères définis à l’échelle internationale (OACI) et faisant intervenir essentiellement,
pour un aérodrome donné, la densité du trafic aérien et le type des avions de transport
public. Toutefois, ces dispositions, orientées exclusivement vers la lutte contre les
incendies d’aéronefs et le dégagement des victimes de l’épave, ne suffisent pas à permettre
d’assurer les diverses missions que requiert la conduite générale des secours.
Les éléments du plan de secours ne doivent pas être figés. Les responsables
concernés doivent être vigilants à leur mise à jour en fonction de l’évolution de la situation
sur le terrain et des aptitudes démontrées à l’entraînement par le personnel, afin qu’ils
traduisent en permanence les possibilités réelles du SSLI.
III – 3 Le plan quadrillé de repérage (ou plan carroyé) : est établi à partir du plan de
masse de l’aéroport avec toutes les informations sur la présentation physique du site.
Il doit répertorier les cheminements, les installations classées « points sensibles au feu »
(dépôts de carburant), points de ravitaillement en eau, les établissements médicaux
appropriés, les points de rendez-vous, les zones de regroupements.
Mais il doit aussi faire apparaître les modifications saisonnières de l’état des routes, points
37
d’eau, ravins, marécages, etc., et leurs conséquences sur les itinéraires et les possibilités
d’intervention des moyens SSLI.
38
BIBLIOGRAPHIE
Documents OACI :
- Convention de Chicago ;
- Annexe 14 : Aérodromes ;
- Manuel des services d’aéroport (DOC 9137) :
• 1ère partie : sauvetage et lutte contre l’incendie,
• 7ème partie : planification des mesures d’urgence aux aéroports.
Documents nationaux :
Documents ASECNA :
Cours ERSI :
39
40