Support pédagogique du module
Culture
Entrepreneuriale
Édité et réécrit par :
KAMIL Abdelali
INTRODUCTION
Ce document explique les concepts mobilisés sur lesquelles la culture entrepreneuriale se
base ainsi que les piliers essentiels de cette culture dont la connaissance importe plus: une
connaissance du phénomène d'entrepreneuriat et de ses formes; une connaissance et
conscience de la personne et de son potentiel entrepreneurial; une connaissance de
l'environnement socio-économique de l'individu qui veut entreprendre et enfin, le projet
entrepreneurial par lequel l'individu exerce un pouvoir d'action.
Il s'agit de favoriser chez l'apprenant une organisation évolutive et constructive de sa vision
du monde (environnement socio-économique), de son identité (personne et potentiel) et de
son pouvoir d'action (projet entrepreneurial). Cela correspond globalement, dans l'ordre, à
trois fonctions : connaître, choisir et agir.
Figure 1 : Schéma central du module « culture entrepreneuriale »
La diffusion de la culture entrepreneuriale permettra de "déplacer" les apprenants (jeunes
générations) de la logique de demandeurs d'emploi à celle de pourvoyeurs d'emploi. Elle les
incitera à devenir entrepreneurs de leur vie et à leur donner l'envie de prendre leur avenir en
main. Etre entrepreneur de soi constitue l'objectif ultime de ce document.
CHAPITRE 1 : SENSIBILISATION À L'ENTREPRENEURIAT ET À
LA CULTURE ENTREPRENEURIALE
Augmenter les niveaux et les taux d'activités entrepreneuriales nécessite des entrepreneurs,
hommes ou femmes preneur(se)s de décisions pour créer et développer leurs entreprises.
I - Les 3E : Entreprise, Entrepreneur et Entrepreneuriat
Les termes en E viennent du verbe entreprendre. Si on se réfère au dictionnaire Larousse,
étymologiquement, entreprendre signifie :
Se mettre à faire une chose ;
Commencer la réalisation ou l'exécution (de quelque chose) Synonyme : engager ;
"prendre entre” : notion d'intermédiation.
Entreprendre ne correspond ni à une position ni à un statut social (être chef d'entreprise,
CEO, PDG, ne suffit pas pour être entrepreneur), mais une fonction que l'on oppose souvent
à celle de management. Entreprendre peut s'envisager à un niveau individuel ou collectif
(groupe, organisation, etc.). Il correspond à une diversité de situations et de pratiques :
entreprendre pour son propre compte ; entreprendre pour le compte d'une entreprise
(intra-prendre) ; entreprendre pour le compte de la société en général (actions humanitaires
et de bénévolat, associatives, ...).
Bref, entreprendre ne s'applique pas uniquement qu'aux activités d'affaires, mais aussi à
toute activité humaine.
1 - L'Entreprise
L'entreprise peut être définie de différentes façons :
Entité autonome qui produit des biens et des services marchands : Synonyme : firme.
Créer une entreprise ; entreprise publique, petites et moyennes entreprises.
Projet, action ou réalisation plus ou moins complexes. Synonyme : Tentative,
aventure, manœuvre, essai. Le succès est une entreprise de longue haleine.
Travail : opération, œuvre.
La notion d'entreprise est liée à celle du risque, de l'initiative et celle de l'utilisation
nouvelles de ressources et de capital (recombinaisons de ressources).
2 - L'Entrepreneur
Selon le Grand Dictionnaire, l'entrepreneur est défini comme étant une « personne ou
groupe de personnes qui crée, développe et implante une entreprise dont il assume les
risques, et qui met en œuvre des moyens financiers, humains et matériels pour assurer le
succès et pour réaliser un profit ».
L'entrepreneur, c'est quelqu'un qui sait percevoir (identifier, sélectionner et exploiter) une
opportunité et créer une organisation pour l'exploiter. Il contribue à la création de valeur
nouvelle.
Entrepreneur, est une fonction, et non pas un statut social. L'entrepreneur ne peut l'être, ne
semble-t-il, qu'à travers ce qu'il fait (et aussi, où et comment il le fait). Est entrepreneur, par
conséquent, celui qui entreprend.
L'entrepreneur est souvent étroitement associé aux termes de prise de risque, d'innovation,
et de proactivité (anticipations des événements), et chasseur d'opportunités d'affaires. Il est
un agent de changement.
3 - L'Entrepreneuriat
Selon l'office québécois de la langue française, l'entrepreneuriat est défini comme la «
fonction d'une personne qui mobilise et gère des ressources humaines et matérielles pour
créer, développer et implanter des entreprises ».
En tant que phénomène économique et social, les apports de l'entrepreneuriat à l'économie
et à la société sont considérables et ils concernent :
La création d'entreprises et le renouvellement du parc dans les différents domaines
d'activités,
La création d'emploi comme une réponse aux problèmes,
L’innovation et les opportunités innovantes,
Le développement de l'esprit d'entreprendre dans les entreprises et les organisations
(prise d'initiative, prise de risque, orientation vers les opportunités, réactivité ou
flexibilité...)
L’accompagnement des changements structurels au niveau de l'environnement
politique, technique, social ou organisationnel (exemple du secteur tertiaire,
l'internet, les TIC...).
II - La culture entrepreneuriale
La culture entrepreneuriale serait en effet constituée de qualités et d'attitudes exprimant la
volonté d'entreprendre et de s'engager pleinement dans ce que l'on veut faire et mener à
terme. Elle se veut être comme une culture du projet, une culture toute particulière
puisqu'elle vise à produire de la nouveauté et du changement. Elle se veut aussi être une
culture de création et de construction.
La culture entrepreneuriale ne doit plus être considérée uniquement comme un moyen de
créer de nouvelles entreprises, mais plutôt comme une attitude générale qui constitue un
atout précieux dans la vie quotidienne et professionnelle de tout citoyen, compte tenu de la
portée des caractéristiques qui la définissent.
L'esprit d'entreprise concerne la connaissance de l'entreprise et de l'entrepreneur, alors que
l'esprit entrepreneurial consiste essentiellement en une volonté d'agir pour créer du
changement, de la nouveauté, pour fixer des buts et réaliser des projets.
III - La promotion de la culture entrepreneuriale et de ses
valeurs
Le développement de la culture entrepreneuriale passe par un effort de sensibilisation et de
promotion.
1 - Les raisons
Parmi les raisons de promouvoir la culture entrepreneuriale dans un pays :
Stimuler la compétitivé, l'innovation, la productivité et la croissance économique.
Faire de l'entrepreneuriat un choix de carrière désirable.
Améliorer la capacité des individus à vivre avec l'incertitude et à répondre
positivement au changement.
Rattraper un retard par rapport à d'autres pays au chapitre de la création
d'entreprises.
Contrebalancer l'information déjà abondante en matière d'employabilité.
Valoriser la richesse et son dans le développement économique et social.
Prendre en charge des initiatives de promotion à moyen et long terme, car le secteur
privé est peu enclin à le faire.
2 - Les fondements
Pour pouvoir engager un processus de changement, il faut mobiliser différents de ressources
personnelles, à savoir : les ressources émotives ; les ressources cognitives et les ressources
interactionnelles.
Les ressources émotives sont le moteur de l'action. L'esprit d'entreprise trouve en elles sa
motivation première et son déclenchement. Les ressources cognitives servent à penser
l'action, à donner forme à l'avenir par l'élaboration et la mise en œuvre d'un projet. Elles
donnent sens au projet entrepreneurial. Le passage à l'acte nécessite une action concrète et
la mobilisation des ressources des différents milieux (Ressources interactionnelles). En effet,
on ne peut pas entreprendre seul, avec uniquement l'énergie tirée de la motivation, avec
uniquement l'intelligence de sa vision et de projet. Ce dernier fait appel à la capacité de
l'entrepreneur de tisser des liens avec son environnement.
3 - Les moyens
Les moyens sont multiples allant de l'éducation; à l'apprentissage par projet, à la
sensibilisation et à l'information.
Repères
• Identification des opportunités d'affaires;
• Définition des visions;
• Expression de différenciations;
• Evaluation des risques;
• Gestion de relations.
4 - Les valeurs entrepreneuriales
La culture entrepreneuriale se compose de caractéristiques qui ont le pouvoir de favoriser
une action efficace et qui contribuent à l'actualisation du potentiel. Ces caractéristiques sont
la confiance en soi, le leadership, l'esprit d'équipe, la motivation, le sens des responsabilités,
la solidarité, la débrouillardise, l'effort, l'initiative, le sens de l'organisation, la créativité, la
détermination et la persévérance.
Ces valeurs sont définissables par les attitudes et les comportements qui les expriment.
La confiance en soi ;
• Se tenir capable de faire quelque chose, d'entreprendre et de mener à terme un
projet, grâce à ses connaissances et à ses compétences.
Le leadership ;
• Proposer des actions, des idées.
• Influencer "positivement" les autres dans la réalisation de la tâche.
• Prendre les décisions nécessaires et passer à l'action.
L’esprit d’équipe ;
• Travailler et coopérer avec les autres tout en étant respectueux. C'est créer avec
d'autres en synergie d'action.
La motivation ;
• Avoir des raisons d'apprendre et de relever un défi.
Le sens de la responsabilité ;
• Respecter ses engagements en faisant ce qui doit être fait et ce qui a été convenu
par le groupe.
La solidarité ;
• Se tenir responsable des choix et des décisions du groupe dans l'atteinte d'un but
commun.
La débrouillardise ;
• Mettre en action ses ressources internes (compétences, connaissances et
habiletés) et ses ressources externes (outils, personnes-ressources, organismes,
entreprises, etc.) lorsque surgissent des difficultés et des embûches. C'est recourir
à ses connaissances et à ses habiletés pour faire face à l'imprévu.
L’effort ;
• Avoir la volonté de travailler fort.
L’initiative ;
• Faire des choix, devenir autonome et prendre des décisions sans avoir besoin de
supervision. C'est passer à l'action.
Le sens de l’organisation ;
• Choisir de bonnes méthodes pour être efficace dans la réalisation du travail.
La créativité ;
• Exprimer des idées, proposer des solutions novatrices, des pistes de recherche,
etc.
La détermination ;
• Se concentrer sur qu'il y a à faire, sur l'atteinte d'un objectif.
La persévérance ;
• Confirmer/terminer ce qui a été commencé jusqu'à l'obtention d'un résultat
satisfaisant.
• Faire preuve de constance et de ténacité afin de mener à terme un projet et
d'atteindre l'objectif fixé.
La culture entrepreneuriale se décline en trois éléments :
Des connaissances partagées par des individus d'une même société qui veulent
relever des défis ;
Des attitudes et des valeurs (créativité, sens de la responsabilité, autonomie,
confiance en soi, solidarité, leadership, tolérance à l'échec, etc.)
Des compétences de savoir-faire, savoir être et savoir agir.
La culture entrepreneuriale a comme but l'accomplissement d'une société alerte,
responsable et en mesure de s'assumer pleinement. Dans un tel projet, les entrepreneurs
jouent un rôle capital. En effet, l'expérience des entrepreneurs peut être exposée et faire
l'objet de témoignage, d'exemples à suivre par les jeunes générations.
En conclusion, Il est important de dire que l'entrepreneuriat peut être « le fruit », alors que
la culture entrepreneuriale peut être comparée à « l'arbre » ; l'analogie du « champs » et de
la « moisson » illustre aussi très bien ces réalités distinctes, mais interdépendantes.
CHAPITRE 2 : CONNAISSANCES DE L'ENTREPRENEURIAT ET
DE SES FORMES
I - La nécessité de l'entrepreneuriat dans un monde en
mutation
Le phénomène entrepreneurial se caractérise par sa complexité, sa multi-dimensionnalité
ainsi que par son caractère dynamique. La complexité signifie la présence de plusieurs
acteurs intervenant dans le processus entrepreneurial. La multi-dimensionnalité du
phénomène entrepreneurial signifie l'existence de plusieurs dimensions à savoir la
dimension humaine (cognitive, affective et conative), la dimension sociale et culturelle
(réseau, culture d'un pays...). Le caractère dynamique de l'entrepreneuriat implique la prise
en compte des différents changements environnementaux et des dimensions de temps
(variables temporelles) et de changement (changement de perceptions, apprentissage...).
II - Les mythes, métaphores et paradoxes de
l'entrepreneuriat
Plusieurs idées reçus (mythes à défaire), des images/métaphores ainsi que des paradoxes
sont associés à l'entrepreneuriat. La connaissance du phénomène passe nécessairement par
leur compréhension.
1 - Les mythes de l'entrepreneuriat
La première idée reçue la plus connue : « Entrepreneurs are born, not made » ou "les
individus naissent entrepreneurs et ne le devinent pas" est à banner. En effet, les individus
ne naissent pas entrepreneurs mais ils le deviennent. Leur culture, environnement et
éducation permettent de faciliter l'émergence de ce type de profil.
D'autres mythes à défaire seront aussi brièvement présentés :
- Les entrepreneurs ne pensent qu'à l’argent ;
- Ils sont des joueurs de poker.
- Il faut beaucoup d'argent pour se lancer en affaires.
- Il faut avoir étudié en administration ou en gestion pour lancer en entreprise.
- Il faut naitre dans une famille d'entrepreneurs pour avoir le sens des affaires.
- Il suffit d'avoir une bonne idée pour lancer une entreprise.
2 - Les métaphores de l'entrepreneuriat
En lisant quelques ouvrages en entrepreneuriat, le lecteur peut imager l'entrepreneuriat
comme étant un voyage effectué par un voyageur (entrepreneur) qui est en quête de
découvrir de nouvelles expériences; comme une course (contre la montre) dans laquelle il va
se confirmer et exceller; une construction (structure, organisation) dont il sera le bâtisseur;
une guerre où il va entrer en compétition avec d'autres adversaires; comme une destruction
créative (sorte d'iconoclasme) dans laquelle l'entrepreneur détruit des systèmes de
production anciens pour les remplacer en de nouveaux systèmes plus performants, et enfin
comme étant une passion (amour, coup de foudre...), une expérience humaine vécue par
être passionné, épris de liberté.
3 - Les paradoxes de l'entrepreneuriat
L'entrepreneuriat est envisagé à partir de plusieurs paradoxes qui rendent l'expérience
entrepreneuriale viable. En effet, pour faire de l'argent, il faut dépenser de l’argent ; pour
créer de la richesse (valeur), il faut la détruire ; pour réussir, il faut apprendre l'expérience de
l’échec ; nécessite de la pensée, préparation et planification, mais il se base sur un
événement non planifié ; il faut un sens de l'urgence, biais dans l'action, mais aussi de la
patience et de la persévérance.
III - Les formes de l’entrepreneuriat : Typologie et exemples
L'entrepreneuriat prend plusieurs formes à savoir l'entrepreneuriat individuel et collectif
dont les exemples sont nombreux.
1 - Individuel vs collectif
L’entrepreneuriat individuel prend la forme individuelle (lancer seule sa propre entreprise)
ou collective (s'associer avec d'autres individus dans un projet entrepreneurial).
2 - Formes de l'entrepreneuriat peuvent aller de la création d'une
nouvelle structure à la simple reprise.
2.1 - Création d'une nouvelle entreprise
- Traditionnelle ou (activité connue, projet répétitif).
- Technologique et Innovante : Technopreneuriat ou création d'entreprise technologique ;
cyberentrepreneuriat ou création d'entreprise d'internet et de e-commerce ; Ecopreneuriat
ou création d'entreprises vertes (développement durable, responsabilité sociale).
La création d'une nouvelle entreprise peut concerner les petites et micro-entreprises, le
travail indépendant, les PME, les grandes entreprises...
2.2 - Création d'une entreprise par essaimage
La création d'une entreprise par essaimage constitue un type d'entrepreneuriat qui se
développe de plus dans le contexte marocain.
2.3 - Création d'une entreprise par franchise
La franchise constitue un levier particulier de création dont le promoteur bénéficie, entre
autres, d'une notoriété existante.
2.4 - Reprise, cession et transmission d'entreprises
La reprise d'entreprise est définie par Fayolle (2004 : 133) comme étant « une situation qui
relève de l'esprit d'entreprise et qui appartient au champ de l'entrepreneuriat...un processus
par lequel une personne physique ou morale, le repreneur, acquiert la propriété d'une
entreprise ou d'une activité existante et occupe les fonctions de direction générale ».
2.5 - Entrepreneuriat organisationnel ou Intrapreneuriat
C'est Pinchot (1985) qui est le premier qui a introduit le mot intrapreneuriat ; Pour lui,
l'intrapreneuriat revient à entreprendre dans une structure existante en développant des
pratiques et comportements entrepreneuriaux à l'intérieur d'une grande entreprise. Le
personnage-clé de ce phénomène est l'Intrapreneur. Drucker (1985) est l'un des premiers à
observer cette tendance : “Today's business, especially the large ones, simply will not survive
in this period of rapid change and innovation unless they acquire entrepreneurial
competence.”
2.6 - Entrepreneuriat coopératif ou collectif : Coopérative ou entreprise
collective
Les entreprises coopératives et collectives offrent des voies de recharge quant aux modes de
créer, de gérer et de développer des organisations.
L'entrepreneuriat coopératif ou collectif implique la mise en commun de ressources
différentes de l'entrepreneuriat purement économique. Il insiste surtout sur les ressources
humaines, sociales et relationnelles.
2.7 - Entrepreneuriat solidaire et social
Cette forme d'entrepreneuriat se manifeste dans la création d'activités bénévoles, ou
l'innovation (et amélioration) dans les secteurs d'activités bénévoles existantes. Il s'agit aussi
de la création et du développement des organisations à buts non lucratifs qui se
différencient des entreprises économiques par le fait que leur objectif primordial n'est pas le
gain de l'argent mais de servir un intérêt général ou défendre une cause humaine.
CHAPITRE 3 : CONNAISSANCE ET CONNAISSANCE DE SOI ET
DE SON POTENTIEL
"Celui qui conquiert les autres est fort.
Celui qui se conquiert lui-même est puissant"
Lao Tseu
Soun Tse, l'inspirateur de Mao Zédông
est l'un des grands stratèges de la Chine antique, a écrit :
"Connais l'adversaire et surtout connais-toi
toi-même et tu seras invicible"
(L'art de la guerre)
"Je préfère m'arrêter en ayant raté des choses
qu'en n'ayant pas essayé des choses
que j'avais envie de faire"
Jacques Brel
I - Les motivations d'entreprendre
Les motivations d'entreprendre sont de différents ordres et de différentes natures, à savoir :
Désir, besoin, volonté d’entreprendre ;
Désir d'indépendance (d'être libre) ;
Goût du pouvoir (d'être son propre patron) ;
Volonté de "se réaliser", d’accomplissement ;
Besoin de reconnaissance sociale ;
Passion pour un produit, une activité ;
Challenge, défi, fun ;
Recherche du pouvoir.
1 - Les motivations internes vs motivations externes
Le projet entrepreneurial peut être stimulé par des motivations internes (désir d'autonomie
et d'indépendance) ou par des motivations externes (les encouragements, les incitations).
2 - Les motivations "Push" vs "Pull"
Les motivations "push" signifient que le futur entrepreneur est poussé par différents mobiles
(déplacement, licenciement...) à lancer son projet entrepreneurial. Alors que les motivations
"push" viennent du fait que cet entrepreneur est attiré par des opportunités d'affaires
(partenariat).
II - Les qualités et défauts de l'individu qui veut
entreprendre
Tout individu est porteur en lui-même de qualité et de défauts. Ces derniers sont à l'origine
de l'acte d'entreprendre.
1 - Les qualités
Les qualités renvoient aux différents registres, à savoir :
Psychologiques et de personnalité ;
Managériales ;
Entrepreneuriales.
2 - Les défauts
Les défauts sont :
Psychologiques et de personnalité ;
Managériaux ;
Entrepreneuriaux.
Il paraît que l'entrepreneur possède des
Caractéristiques peu éthiques : duplicité, absence de remords et d'éthique,
sentiment de supériorité ;
Caractéristiques psychiques particulières : Psychopathe, Machiavélique, narcissique.
La connaissance de soi est indispensable pour pouvoir s'interroger :
Sur son efficacité personnelle ;
Sur sa mobilisation à relever le défi ;
Sur sa détermination à consentir les efforts nécessaires et à persévérer.
3 - Approche constructive des qualités entrepreneuriales
Est-ce que l'on naît entrepreneur ou est-ce qu'on le devient ?
Chacun peut être un superman à sa façon à partir du moment où il commence à mettre en
valeur son potentiel.
Figure 2 : Cas de Superman
III - L'élaboration de son profil entrepreneurial (aptitudes,
attributs et comportements)
1- Les aptitudes, attributs et comportements
L'acte d'entreprendre est intimement lié à un ensemble d'aptitudes, d'attributs et de
comportements.
1.1 - Les aptitudes
La liste des attitudes à l'origine du développement de l'acte d'entreprendre ne peut jamais
être exhaustive. Il n'existe pas de recettes magiques ; il y a plutôt une dynamique propre à
chaque entrepreneur mettant en orbite différentes aptitudes, à savoir :
Résolution de problèmes ;
Persuasion ;
Négociation ;
Ventes ;
Créativité ;
Gestion globale du projet ;
Réflexion stratégique ;
Intuition et prise de décision dans un contexte d'incertitude ;
Se mettre en réseau.
1.2 - Les attributs
Accomplissement et ambition ;
Confiance en soi ;
Persévérance ;
Autonomie ;
Action orientée ;
Apprentissage par l'action ;
Ténacité ;
Détermination ;
Créativité.
1.3 - Les comportements
Il ne s'agit de lister tous les comportements à l'origine de l'acte d'entreprendre mais plutôt
d'en présenter quelques-uns qui sont :
Recherche et saisie d'opportunités ;
Prise d'initiatives ;
Résolution de problèmes et créativités ;
Gérer avec autonomie ;
Prise de responsabilité ;
Gérer les interdépendances ;
Mise en commun des ressources et des efforts ;
Prise de risques calculés.
IV - Les activités-clés du métier de l'entrepreneur
Les activités clés du métier de l'entrepreneur sont nombreuses ; elles sont extrêmement
variées ; elles varient aussi dans le temps d'un entrepreneur à l'autre, n'étant pas
nécessairement toutes les mêmes au moment du lancement ou des périodes de croissance.
Dix activités-clés ont été identifiés, considérées par Fayolle et Filion (2006 : 204) comme
étant les plus courantes et les plus communes (voir le tableau 1).
Tableau 1 : Les activités les plus courantes et commandes du métier d’un entrepreneur
Activités clés Caractéristiques Compétences Apprentissage
1 Identifier des opportunités Flair, intuition Pragmatisme Analyse sectorielle
d’affaires
2 Concevoir des visions Imagination, Conception, Évaluation des
indépendance, pensée ressources
passion systématique
3 Prendre des décisions Jugement, Vision Information, risque
prudence
4 Réaliser des visions Débrouillardise, Action Rétroaction
Constante,
ténacité
5 Faire fonctionner les Dextérité Polyvalence Technique
équipements et
installations
6 Acheter Acuité Négociation Diagnostic
7 Mettre en marché Différenciation Originalité Agencement,
marketing et
gestion
8 Vendre Flexibilité Adaptation Connaissance du
client
9 S’entourer Jugement, Communication Gestion des
discernement ressources
humaines, partage
10 Déléguer Prévoyance Relation, équipe Holisme, gestion
des opérations
Source : adapté de Fayolle et Filion (2006 : 204)
CHAPITRE 4 : CONNAISSANCE DE L'ENVIRONNEMENT SOCIO-
ÉCONOMIQUE
"Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ?"
Dicton populaire
"L'entrepreneur, fruit de son milieu"
Fortin (2004)
L'entrepreneur doit considérer son milieu comme une ressource pour lui
et se considérer lui-même comme une ressource pour son milieu.
Observateurs et académiciens s'entendre pour dire que le succès du couple entrepreneur-
projet dépend de la capacité de chaque individu de créer et de mobiliser son capital social.
Les parties prenantes de l'activité entrepreneuriale sont résumés dans la figure suivante :
CHAPITRE 5 : CONNAISSANCE DU PROJET ENTREPRENEURIAL
Devenir entrepreneur implique :
Entreprendre devrait s'inscrire dans une logique de projet (personnel et
professionnel) et non dans une logique d'adaptation.
Il n'y a pas de bon projet en soi, ni de bon entrepreneur, mais un projet en cohérence
avec l'environnement, les ressources, les compétences, les motivations et les buts de
l'individu.
I - Le projet entrepreneurial : définition
Un projet entrepreneurial peut être défini comme suit : "Produire de la nouveauté, innover,
mener des actions en vue d'un bien, d'un service, d'un événement à créer qui a une valeur
dans le milieu parce qu'il répond à un besoin".
Au point de départ, le projet entrepreneurial s'appuie sur l'idée d'une production, d'une
action productive qui crée un bien, un service, un événement. L'événement peut être une
exposition, un spectacle, une semaine thématique, une production artistique, un
symposium, un festival, un concours ou quoi que ce soit d'autre que les élèves auront à
préparer et à réaliser avec toute la motivation et la compétence dont ils sont capables.
Définir l'essentiel de ce qui fait la culture entrepreneuriale :
Le projet comme possibilité de faire advenir un futur souhaité.
Le projet comme mode d'organisation du futur.
Le projet comme principe fondateur d'une démarche d'innovation et de changement.
Le projet entrepreneurial est décrit comme un moyen de développer des compétences ;
d'apporte une solution à un problème et répond à un besoin ; et de génère une action que
l'on fait connaître à un public cible.
II - Les fondement d'un projet entrepreneurial
Un projet entrepreneurial réussi doit répondre à certaines conditions.
Le projet entrepreneurial :
• Développe des caractéristiques entrepreneuriales ;
• A une portée et des répercussions ;
• Est innovant ;
• A de l'envergue ;
• Peut être jugé à l'aide d'indicateurs entrepreneuriaux.
Bases d'un projet entrepreneurial réussi :
• Innovation ;
• Envergure ;
• Mobilisation.
1 - L'innovation
Un projet entrepreneurial doit apporter une solution originale (inédite) à un problème ou
une action novatrice qui souhaite répondre à un réel besoin... Il peut se traduire dans la
manière de fabriquer, de concevoir ou de présenter la production.
Pour être entrepreneuriale, il faudrait que l'action soit novatrice et s’inscrive dans une
problématique économique, communautaire ou technologique, et répondre à un besoin du
milieu, à la nécessité d'un meilleur fonctionnement ou même à un simple souhait de bien-
être.
Nouveaux dentinaires, publics cibles ou partenaires atteints par le projet.
Nouvelles façons de fabriquer, de construire, de produire, d'entretenir, de réparer,
de créer, de communiquer, de présenter, de structurer, d'organiser, d'inaugurer, etc.
Nouvelles utilités à un produit, à un service ou à un événement.
Nouvelles manières de mettre en marché un produit, un service ou un événement.
Production de nouveaux produits ou découverte de nouvelles qualités propres) des
produits existants ;
Introduction de nouvelles méthodes de production ;
Introduction de nouvelles formes d'organisation de l'industrie ;
Conquête de nouveaux marchés ;
Accès à de nouvelles sources d'approvisionnement.
Une nouveauté qui correspond à un besoin, à un manque, à un dysfonctionnement dans le
marché, dans la production, dans les coûts d'exploitation, dans la chaîne de distribution,
dans la stratégie marketing ou dans quelque autre domaine.
2 - L'envergue
L'envergue d'un projet s'exprime par son élargissement : Un projet peut s'élargir par la
complexification de la production en cherchant à ajouter un produit, un service, un
événement ou une activité économique à la production initiale tout en recrutant et en
rejoignant un plus grand nombre de personnes.
3 - La mobilisation
La sollicitation des pairs signifie que le promoteur doit :
S’assurer que le projet peut avoir un réel effet et qu'il amènera à une reconnaissance
sociale ;
Faire connaitre le résultat concret de son projet entrepreneurial aux autres est un
premier pas vers la réussite du projet ;
Montrer à ses pairs la production réalisée.
III - Les étapes et composantes d'un projet entrepreneurial
Les étapes du projet entrepreneurial sont au nombre de trois :
Étape 1 : La réflexion - réfléchir et comprendre -
Étape 2 : L'élaboration - planifier et surprendre -
Étape 3 : La mise en œuvre - réaliser et entreprendre -
1 - La réflexion et la conception
La réflexion : réfléchir et comprendre
Vérifier sa volonté et sa capacité à entreprendre
Trouver, définir et valider l'idée
Idée d'affaires/concept/Business model
Adéquation Homme/Projet et gestion des contraintes
2 - L'élaboration
L'élaboration : planifier et surprendre
L’étude de viabilité commerciale
L’étude de faisabilité technique
L’étude de viabilité financière
L’étude juridique
Introduire la notion de plan d'affaires (Business plan)
3 - La mise en œuvre
La mise en œuvre : réaliser et entreprendre
Installer la nouvelle entreprise
Premiers mois d'activité
Comment vient, par exemple, l'idée de créer une entreprise et par quelles étapes cette idée
est-elle conduite à sa réalisation ?
La démarche entrepreneuriale s'accomplit en interaction constante avec le milieu puisqu'elle
se rattache aux quatre notions clés suivantes : opportunité - innovation - émergence d'une
organisation - création d'une valeur. Chacune de ces réalités cherche à "produire de la
nouveauté", à tel point que le changement s'impose à l'entrepreneur comme un mode de
vie.
Bref, une démarche entrepreneuriale est une démarche d'innovation et de changement et
qui admet le projet comme principe fondeur.
CONCLUSION
Ce module vise à mettre les balises d’une culture entrepreneuriale à travers des actions de
formation s’adressant à une population estudiantine (les villages, les conférences). La
sensibilisation en matière d’entrepreneuriat constitue la pierre angulaire de l’instauration de
la culture entrepreneuriale. Toutefois, elle doit être accompagnée par d’autres actions, de
promotion, de formation et d’implication.