Conflits d'Appropriation Foncière à N'Djamena
Conflits d'Appropriation Foncière à N'Djamena
Originality Assessment
17%
Overall Similarity
v 9.0.3 - WML 4
FILE - RAMADAN ISSA KOROMA, MEMOIRE DE [Link]
UNIVERSITÉ DE NDJAMENA
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SECRÉTARIAT GÉNÉRAL
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ﺟﻤﻬﺠﺎﻣﻌﺔﺃﻧﺠﻤﻴﻨﺎ
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ﺍﻷﻣﺎﻧـــــﺓ ﺍﻟﻌﺎﻣـــــــﺓ
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Matricule : 0196012107603
Université de Yaoundé I
Sous l’encadrement de
Dr Dagou Paboung
Et la supervision du
Pr Baohoutou Laohoté
A mon feu père, Issa Koroma Choukou, qui a assuré ma scolarité depuis l’école primaire
44 Remerciements
6 Leurs précieux conseils, leurs expertises et leurs soutiens inébranlables ont été d’une
Je tiens à adresser mes remerciements à mon grand frèreau docteur Idriss Moussa
et du développement qui m’a soutenu, orienté, encouragé au cours de cette étude travail.
34 Mes remerciements vont également à l’ensemble des professeurs du département de
connaissances qu’ils m’ont transmises durant mes années d’études. Leur passion et leur
questionnements scientifiques.
Nous exprimons également notre gratitude aux personnes suivantes : le Professeur TOB-
arrondissement.
Nous remercions également les parents et amis : Mahamat Younouss Choukou, Mahamat
Issa Koroma, Adoum Issa Koroma, Fatimé Issa Koroma, Moustapha Saleh Koroma, Ali
Adoum Oumar, Charfadine Oumar Cherif, Mahamat Tahir Mallah, Mahamat Tahir Oumar,
Souleymane Daoud, Vaîsine Tawaraî, Arafa Mahamat Tahir, Daoud Tamour Khalil et
Je dois beaucoup à Idriss Moussa Gaddoum pour son aide concernant ce travail.
41 Je tiens à remercier également le boula, le délégué, chefs des carrés du quartier Digo
Enfin, je tiens à remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué à la
51 Ce mémoire est le fruit d’un travail collectif autant que personnel, et je suis
profondément reconnaissant envers tous ceux qui m’ont accompagné.
Résumé
La présente étude qui soulève les conflits d’appropriation des terrains entre acquéreurs
traditionnels et attributaires des terrains par les pouvoirs publics à la périphérie Est de
N’Djaména, cas du quartier Digo dans le 7ème arrondissement. Le quartier Digo fut un
village périphérique, ce village est animé par une forte production des parcelles par le
boulama de manière informelle avant la production des terrains par ldes pouvoirs publics
sur le même espace. D’où la naissance des conflits d’appropriation des terrains entre les
zone.
Au terme de ce travail, il résulte que les modes d’accès à la terre se basent sur le régime
coutumier et formel. Avec 56 % des concessions enquêtées sont issues par le biais
démarcheurs. La production des terrains par les deux acteurs notamment traditionnel et
public crée des conflits d’appropriation des terrains dans ladite zone et cela est valable
The present study which raises the conflicts of appropriation of land between traditional
buyers and recipients of land by public authorities on the periphery East of N'Djamena,
case of the Digo district in the 7th arrondissement. The Digo district was a peripheral
village, this village is driven by a strong production of plots by the Boulama informally
before the production of land by the public authorities on the same space. Hence the birth
of conflicts over land appropriation between the traditional buyers and 16 those of the
At the end of this work, it results that the modes of access to land are based on the
customary and formal regime. With 56% of the surveyed concessions are issued through
allocation, 28% by the boulama, 4% by the land registry agents and 15% by
canvassers. The production of land by the two actors, notably traditional and public,
creates conflicts of appropriation of land in the said area and this is valid for the remains of
ﺗﺘﻨﺎﻭﻝ ﺍﻟﺪﺭﺍﺳﺔ ﺍﻟﺤﺎﻟﻴﺔ ﺍﻟﻨﺰﺍﻋﺎﺕ ﺍﻟﻤﺘﻌﻠﻘﺔ ﺑﺘﺨﺼﻴﺺ ﺍﻷﺭﺍﺿﻲ ﺑﻴﻦ ﺍﻟﻤﺸﺘﺮﻳﻦ ﺍﻟﺘﻘﻠﻴﺪﻳﻴﻦ ﻭﻣﺘﻠﻘﻲ ﺍﻷﺭﺍﺿﻲ ﻣﻦ ﻗﺒﻞ ﺍﻟﺴﻠﻄﺎﺕ ﺍﻟﻌﺎﻣﺔ
ﻓﻲ ﻣﺤﻴﻂ ﺷﺮﻕ ﻧﺠﺎﻣﻴﻨﺎ ،ﻭﻫﻲ ﺣﺎﻟﺔ ﻣﻨﻄﻘﺔ ﺩﻳﺠﻮ ﻓﻲ ﺍﻟﺪﺍﺋﺮﺓ ﺍﻟﺴﺎﺑﻌﺔ .ﻛﺎﻧﺖ ﻣﻨﻄﻘﺔ ﺩﻳﺠﻮ ﻗﺮﻳﺔ ﻫﺎﻣﺸﻴﺔ ،ﻭﻗﺪ ﻧﺸﺄ ﻫﺬﺍ ﺍﻟﺤﻲ ﺑﺴﺒﺐ
ﺍﻹﻧﺘﺎﺝ ﺍﻟﻘﻮﻱ ﻟﻸﺭﺍﺿﻲ ﻣﻦ ﻗﺒﻞ ﺍﻟﺒﻮﻻﻣﺎ ﺑﺸﻜﻞ ﻏﻴﺮ ﺭﺳﻤﻲ ﻗﺒﻞ ﺇﻧﺘﺎﺝ ﺍﻷﺭﺍﺿﻲ ﻣﻦ ﻗﺒﻞ ﺍﻟﺴﻠﻄﺎﺕ ﺍﻟﻌﺎﻣﺔ ﻓﻲ ﻧﻔﺲ ﺍﻟﻤﺴﺎﺣﺔ .ﻭﻣﻦ
.ﻫﻨﺎ ﻧﺸﺄ ﺍﻟﺼﺮﺍﻉ ﺣﻮﻝ ﺗﺨﺼﻴﺺ ﺍﻷﺭﺍﺿﻲ ﺑﻴﻦ ﺍﻟﻤﺸﺘﺮﻳﻦ ﺍﻟﺘﻘﻠﻴﺪﻳﻴﻦ ﻭﻣﺸﺘﺮﻱ ﺍﻟﺪﻭﻟﺔ ،ﺑﻌﺪ ﻋﻤﻠﻴﺔ ﺍﻟﺘﻘﺴﻴﻢ ﻓﻲ ﻫﺬﻩ ﺍﻟﻤﻨﻄﻘﺔ
.ﺍﻣﺘﻴﺎﺯًﺍ ﺗﻢ ﻣﺴﺤﻬﺎ ﻓﻲ ﻣﻨﻄﻘﺔ ﺩﻳﺠﻮ 134ﻳﻌﺘﻤﺪ ﺗﺤﻘﻴﻖ ﻫﺬﺍ ﺍﻟﺒﺤﺚ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﻄﺮﻳﻘﺔ ﺍﻻﺳﺘﻨﺘﺎﺟﻴﺔ ﺍﻻﻓﺘﺮﺍﺿﻴﺔ ﺍﻟﻘﺎﺋﻤﺔ ﻋﻠﻰ ﻋﻴﻨﺔ ﻣﻦ
ﻣﻦ 56%ﻓﻲ ﻧﻬﺎﻳﺔ ﻫﺬﺍ ﺍﻟﻌﻤﻞ ،ﻧﺴﺘﻨﺘﺞ ﺃﻥ ﻃﺮﻕ ﺍﻟﻮﺻﻮﻝ ﺇﻟﻰ ﺍﻷﺭﺍﺿﻲ ﺗﻌﺘﻤﺪ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﻨﻈﺎﻡ ﺍﻟﻌﺮﻓﻲ ﻭﺍﻟﺮﺳﻤﻲ .ﻣﻊ ﺇﺻﺪﺍﺭ
ﻣﻦ ﻗﺒﻞ 15%ﻣﻦ ﻗﺒﻞ ﻭﻛﻼﺀ ﺍﻟﺴﺠﻞ ﺍﻟﻌﻘﺎﺭﻱ ﻭ 4%ﻣﻦ ﻗﺒﻞ ﺍﻟﺒﻮﻻﻣﺎ28% ،ﺍﻻﻣﺘﻴﺎﺯﺍﺕ ﺍﻟﺘﻲ ﺗﻢ ﻣﺴﺤﻬﺎ ﻋﻦ ﻃﺮﻳﻖ ﺍﻟﺘﺨﺼﻴﺺ،
ﺍﻟﻤﺴﻮﻗﻴﻦ .ﺇﻥ ﺇﻧﺘﺎﺝ ﺍﻷﺭﺍﺿﻲ ﻣﻦ ﻗﺒﻞ ﺍﻟﻔﺎﻋﻠﻴﻦ ،ﻭﻻ ﺳﻴﻤﺎ ﺍﻟﺘﻘﻠﻴﺪﻳﻴﻦ ﻭﺍﻟﻌﺎﻣﺔ ،ﻳﺨﻠﻖ ﺻﺮﺍﻋﺎﺕ ﺣﻮﻝ ﺍﻻﺳﺘﻴﻼﺀ ﻋﻠﻰ ﺍﻷﺭﺍﺿﻲ ﻓﻲ
Sigles et Abréviations
BU : Bibliothèque Universitaire
DC : Direction du Cadastre
DT : Direction de la Topographie
Terrain Achouayi : 6 terrain acheté auprès des chefs coutumiers notamment appelé
Sommaire
Dédicace 2
Remerciements 3
Résumé 4
Abstract 5
Sigles et Abréviations 6
Glossaires 7
Introduction générale 13
CONTEXTE DE L’ETUDE 15
Choix du sujet 18
Problématique 18
QUESTIONS DE RECHERCHE : 20
ETAT DE LA QUESTION : 21
Concepts et Théories 26
Cadre conceptuel 26
Cadre théorique 29
MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE 32
Introduction 38
Conclusion 64
introduction 65
conclusion 82
Arrondissement. 83
Introduction 83
Conclusion 96
Chapitre 4 : Propositions de solutions pour une production durable des terrains à bâtir 97
Introduction 97
Conclusion 108
Bibliographie 111
Annexe 117
Introduction générale
communautés locales, l’Etat et les autorités locales. Ces conflits peuvent être exacerbés
par des pratiques de gestion foncière informelles et des politiques urbaines inadéquates.
En effet, l’accès à la terre est depuis les temps immémoriaux une question vitale pour
toute société. 42 Les groupes sociaux ont élaboré des règles écrites ou non pour préciser
p.2). Les enjeux liés à l’accès à la terre sont souvent sensibles notamment avec les
pratiques informelles qui gouvernent le marché et la production des terrains tout autour de
la ville de N’Djaména. Ainsi, on observe une extension urbaine rapide, qui se construit
montée et l’affirmation 4 d’une élite foncière constituée par les populations dites
autochtones érigées en maîtres des terres, comme c’est le cas à Yaoundé (Tchekoté et
davantage dans les pays du sud, ou où on note très souvent l’absence des politiques
périurbain se caractérise par des pratiques sociales singulières qui tranche tranchent
nettement avec la vie en cité. 8 Dans certains cas, il s’agit des catégories sociales
précaires, déçues ou exclues du système urbain (Yemmefoua 2013, cité par N. REBAÏ, al,
2021). Ainsi, 4 si le périurbain est considéré comme réserve foncière pour l’extension des
villes et sa mise en valeur découlant des projets territoriaux planifiés dans la plupart des
pays développés, sa dynamique et sa gestion dans les pays du sud soulèvent de
Cet état des faits décrit largement les réalités de la pratique foncière qu’animent la
périphérie de la ville de N’Djaména. Cela se traduit par des occupations spontanées des
implantation humaine, entrainant des multiples conflits d’appropriation des terrains à bâtir.
arrondissements.
limitrophes. En dehors du 1 quartier Gassi qui est produit suite à une opération de
lotissement, les autres quartiers se sont misent en place de façon spontanée, par
production-vente de terre à bâtir par les Boulama. C’est domaine largement dominé par
Digo fut un village phagocyté par la ville et ensuite devenu un quartier du 7ème
arrondissement. Ce quartier est situé entre 12 5’ de la latitude Nord et entre et 15 13’
de longitude Est. Il est limité au Nord par Kartota, à l’Est par Kourmanadji, à l’Ouest par
Adinew et au sud par le Chari-baguirmi (CF Figure1). Cette zone, est l’œuvre des
boulama, qui y vendent des terrains juxtaposés les uns aux autres sans les normes
urbanistiques. Ces terrains produits par les autorités traditionnels plongent par la suite les
CONTEXTE DE L’ETUDE
D'après les estimations des Nations unies, 57 % de la population mondiale vit aujourd'hui
urbaine se fait bien souvent à marche forcée et sans véritable planification, avec des
l'expansion urbaine se fait dans des bidonvilles, ces quartiers d'habitats autoconstruits et
insalubres où sévit une grande pauvreté avec des tensions foncières notamment en
Afrique subsaharienne (Tristan Gaudiaut, 2023).2 Selon la même source, Au cours des
vingt dernières années, les Nations unies estiment que le nombre de personnes vivant
dans des bidonvilles est passé de 895 millions à 1,06 milliard. Les régions où les citadins
sont les plus exposés à ces conditions de vie délétères sont l'Afrique subsaharienne et
l'Asie du Sud, où il est estimé qu'environ 50 % de la population urbaine vit dans des
vivants plus dans des bidonvilles dans le monde), ce taux grimpe même à plus de deux
citadins sur trois dans des pays comme le Tchad (82 % en 2020), la RD Congo (78 %), le
Soudan (74 %), l'Afghanistan (73 %), le Bénin (68 %) et Madagascar (67 %). Cette
concept de l’insécurité foncière est une notion abstraite pour beaucoup des pays dans le
monde, par contre, 38 pour la majorité des populations pauvres du monde constitue une
réalité très concréte : les droits fonciers sont un luxe, quand on sait que 30 % 75
seulement des habitants dans le monde détiennent un titre de propriété officiel. 3
liés à la sécurisation foncière reste de tailles avec l’urbanisation des villes Africaines et la
prolifération d’occupation anarchique autour des villes. De ce fait, Mokhtar Diop (2024)
« Een Afrique, 10 % des terres rurales seulement sont enregistrées. Les 90 % restantes
corruption. ».
elle est beaucoup plus dans les pays du Sud, qui est source de plusieurs conflits, et
maitrisée dans les pays développés en raison de leur préparation et planification urbaine.
Le 45 Tchad, un des pays les moins urbanisés du monde, fait pourtant face à une
grand pas. 6 A l’échelle nationale, la population urbaine en 1960 est estimée à moins de
10% de la population totale. Cependant, en 2010, ce taux a atteint à 30%, puis 32%
en 2022 avec 1 771 862 pour la ville de N’djaména. Selon les mêmes sources, les taux
d’urbanisation au Tchad est d’environ 25,4 %, avec une densité 2 de la population de 8,6
En 2022, la ville de N’Djaména compte désormais 1 771 862 habitants, qui est presque à
bâtir accentuent la manifestation des conflits fonciers à Digo. L’étude de cette situation
permet de mieux saisir l’ampleur des conflits d’appropriation des terrains, les enjeux
N’Djaména.
Choix du sujet
vécue dans la quête des terrains à bâtir en accompagnant nos parents et amis dans les
village Digo. Dans ce village, le principal mode d’acquisition des terrains reste le système
coutumier, c’est-à-dire animé par les marchés fonciers informels et valable, pour le reste
des besoins de nouveaux terrains à bâtir, l’Etat procède par les opérations de lotissement
pour produire des terrains à bâtir aux candidats retenus. Du coup, on assiste à un conflit
dans ce village phagocyté par 2 la ville dans le périmètre des nouveaux terrains lotis.
De ce fait, nous cherchons à comprendre les sources des conflits liés à l’appropriation des
6 Problématique
source des conflits entre les hommes. Les villes 8 des pays en voie de développement
en général, et celles du Tchad en particulier notamment avec la croissance
6 Au Tchad, nous avons trois textes fondamentaux qui régissent le foncier. Il s’agit de la
loi Nº 1 23 du 22 juillet 1967 portant statut des biens domaniaux, la loi Nº24 du 22 juillet
1967 sur le régime de la propriété foncière et des droits coutumiers et la loi Nº25 du 22
juillet 1967 sur les limites des droits coutumiers. Ces textes de lois datent de la période
d’indépendance, les réalités ne sont plus forcément les mêmes et les mentalités ont
également évolué. 6 Les statistiques au Tchad sont sans appels, selon les informations
récentes fournies par le Procureur Général, 70 % des problèmes traités à la justice relève
du foncier.
Les textes de loi de 1967, consacrent que les terres coutumières doivent faire l’objet d’une
purge avant d’être intégrées dans l’urbanisation, ce qui n’est souvent pas le cas 4 dans
qu’on observe à N’Djamena, les comités de crises qui voient le jour lorsqu’on met en
compte des réalités 6 préalables de terrains par les techniciens du cadastre lors de levé
parcelles achetées auprès du boulama qui date de très longtemps avant l’intégration de
leur terrain. De plus, certains attributaires de terrains par l’Etat, ont abandonné 37 de
mettre en valeur ou de construire sur leur propriété à cause des menaces et agressions
par les acquéreurs coutumiers. Ainsi, les conflits liés à l’appropriation de terrains entre les
pas épargné par ces conflits. Il parait opportun de souligner que dans une telle situation, il
est primordial pour les cadres du pouvoir public 2 en charge de la gestion urbaine d’agir
plus, les procès judiciaires qui mettent aux prises les tenants du droit coutumier et ceux de
la législation moderne sont interminables. Les résultats issus de cette étude pourront être
utilisés par les décideurs politiques et les ONG œuvrant dans ce domaine. De ce fait, il est
nécessaire de souligner que, le défi reste de taille pour les gestionnaires 2 de la ville de
capitale tchadienne. Pour rendre explicite les conflits liés à l’appropriation des terrains
questions méritent d’être posées à ce sujet avant de proposer des pistes des solutions
QUESTIONS DE RECHERCHE :
Question principale :
Questions spécifiques :
Quels sont les conflits qui naissent à la suite des attributions 3 des terrains à bâtir dans
la zone ?
Objectif principal :
fonciers à Digo.
Objectifs spécifiques :
Etudier 78 la mise en œuvre des lois régissant le foncier comme la source des
Identifier les conflits qui naissent après les attributions des terrains à bâtir dans cette
zone ;
Proposer des pistes de solutions pour une gestion durable du foncier à Digo.
LES HYPOTHESES :
Hypothèse principale :
Les attributions 3 des terrains à bâtir participent à l’apparition des conflits fonciers à
Digo.
Hypothèses spécifiques :
Le non- respect du cadre normatif relatif au foncier accélère beaucoup plus les
Plusieurs conflits naissent à la suite des attributions 3 des terrains à bâtir dans la
zone ;
ETAT DE LA QUESTION :
Etienne LE ROY (1991), identifie que les problèmes fonciers contemporains en Afrique
liées aux deux régimes fonciers d’une part traditionnel et d’autre part moderne
hors la loi. Pour lui, c’est l’opposition du droit écrit 1 et du droit coutumier qui se
manifeste sur le terrain. Il ajoute aussi l’impuissance du pouvoir d’État de contrôler les
terres, qui constitue la source de l’occupation spontanée dans les villes d’Afriques.
DO Felly (1986), alarmé par les pratiques foncières à Lomé, décrit la mutation de la terre
agricole au profit des terrains à bâtir qui accentue des conflits fonciers de toutes sortes et
entraine l’expansion anarchique de la ville de Lomé dans les 15 années 1970 et 1980.
L’auteur souligne que la connaissance de ces problèmes peut nous assurer à élaborer une
Parmi les problèmes auxquels se trouvent confrontés les aménageurs urbains, lorsqu’ils
doivent agrandir le périmètre urbain, viabiliser des nouveaux espaces, l’un des plus
délicats à résoudre, est sans conteste, la « barrière » foncière constituée par les terrains
détenus coutumièrement. Le fait est que nulle part en Afrique noire, la domanialisassion, la
tenure foncière coutumière. Leur vitalité est telle que les ignorer 1 au nom de la stricte
légalité, c’est bien souvent se condamner à l’échec ou allumer les révoltes populaires. K.
foncier n’échappe pas au problème du conflit entre le droit moderne et les droits
coutumiers oraux, entre la pratique locale et la volonté du pouvoir public. L’auteur souligne
que la multiplicité des coutumes et l’intervention de plusieurs acteurs rend l’unification des
règles de gouvernance assez épineuse. 6 L’auteur ajoute que, le foncier est devenu une
source de revenu dans certaines régions ; d’où il souligne les luttes entre les occupants et
les pouvoirs publics, la corruption, dans la distribution des terres sans tenir compte des
réalités locales.
exploitant. Donc la propriété privée s’acquiert par l’exploitation. 6 Dans certains cas,
L’Etat fait abstraction des droits coutumiers et religieux et tente d’imposer le droit moderne,
mais si l’on se réfère à la façon dont le foncier est géré dans cette zone. Il reste encore un
long chemin à ce droit moderne pour être adopté par la population. 6 Cette pluralité des
droits fonciers crée des situations conflictuelles dans l’ensemble des pratiques
Au Tchad selon la loi, la gestion du patrimoine foncier urbain (et national) est du ressort
exclusif du service des domaines. Mais depuis les événements de 1979, une grande
anarchie s’est installée du fait de l’intervention des boulamas devenus principaux acteurs
sont devenus les principaux vendeurs depuis que le front d’urbanisation les a rejoints.
Domaine). Ils morcellent sans état d’âme d’immenses espaces qu’ils attribuent aux citadins
La loi dispose que « les terres vacantes et sans maître » sont de plein droit 1 du domaine
qu’est considérée comme vacante et sans maitre toute terre non immatriculée. Cependant,
ces textes entrent en contradiction avec les « droits coutumiers » autochtones plus anciens
et mieux compris par le monde rural.. Le système foncier traditionnel évolue 2 dans le
respect des valeurs historiques reconnues dans le monde rural. Abba, D. (2004, P
133-134).
Ablaye Roasngar (2008) relève de façon générale, au Tchad, une dualité dans la pratique
avec d’un côté le droit coutumier qui fait de la résistance et de l’autre côté le droit moderne
mal connu des citoyens. Selon l’auteur, cette dualité est la source des problèmes que
rencontre cette cité. L’auteur estime qu’il y a une démission 4 des pouvoirs publics pour
espaces périurbains par les citoyens en quête de logement. Cela, gagne de l’ampleur
Charles NTAMPAKA (2008) « 32 au Tchad, l’application des textes de lois est handicapée
par leur éloignement des pratiques locales et par la multiplicité des intervenants dans la
gestion de la terre qui favorise la corruption ». Il s’agit pour cet auteur de dénoncer l’échec
de l’application des textes de lois tchadiens. Selon lui, les textes fonciers tchadiens qui
sont élaborés ne répondent pas aux aspirations des populations. Ces textes 15 qui ne sont
pas adaptés aux pratiques foncières locales se heurtent aux principes fonciers des
communautés, créant ainsi une incertitude certaine sur la sûreté des actions des différents
gestion foncière elle-même constitue un problème sérieux. Cela crée une perturbation
Djikoloum (2004), en faisant une « analyse critique du droit foncier tchadien » relate que
les textes de 1967 adoptés au moment où les conflits fonciers étaient quasi-inexistants, ne
Tchad qui menacent dangereusement sa cohésion nationale. L’auteur envisage qu’il est
important que le Tchad puisse se doter d’un code foncier, un document unique regroupant
depuis 1991 que la question foncière a commencé à se poser réellement avec acuité à
N’Djaména. L’auteur a dissocié les problèmes du milieu urbain et le milieu périurbain, car
pour lui les problèmes ne se posent pas 10 de la même manière sur ces espaces. Pour
lui, en milieu périurbain le problème est encore plus grave qu’en milieu urbain car il porte
suivante : occupation anarchique de toute la périphérie urbaine sur des dizaines, voire des
centaines de kilomètres, vente par les boulama de terrains sur lesquelles ils n’ont aucun
droit, achat par des personnes nanties de dizaines, voire des centaines de lots en vue de
spéculer, multiples attributions de lots à plusieurs individus, 2 mise en place d’une maffia
complicité de certains chefs d’arrondissement… L’auteur nous a éclairé sur les problèmes
confrontée et il a proposé quelques pistes des solutions. 6 Cependant, il n’a pas touché
les conflits entre les attributaires de terrains par l’État et les acquéreurs des lots
Moundou (Tchad). Ils montrent que dans cette ville, une rareté de la ressource foncière et
une croissance démographique induisent une compétition foncière 10 qui se traduit par
des tensions, sources des conflits préjudiciables à la cohésion sociale. Ils soulignent que le
droit coutumier, toujours en vigueur n’a pas été purgé 2 dans la mise en œuvre du
livrent à la vente des terres. Ils ajoutent qu’en absence d’encadrement de ce marché
traditionnels de terrains et ceux des services publics. Pour eux, pour résoudre cette
situation déplorable, ils demandent aux pouvoirs publics de reconnaitre et assurer la purge
dans les zones périurbaines, cas du 7eme arrondissement de N’Djaména relate que : la
L’auteur souligne que ces opérations de restructuration dépossèdent les citadins d’une
partie importante de leur domaine. L’auteur précise que les phénomènes d’accaparement
de terrains très récurrents obligent les acquéreurs de terrains à adopter une stratégie de
sécurisation de leurs terrains à travers les différentes manières pour protéger leur
cela, il est nécessaire pour l’auteur de créer un cadre formel pour l’intervention des acteurs
traditionnels dans la production officielle de terrains à bâtir dans les zones périurbaines
Ngaressem (2016), fait un constat sur la situation 2 de la gestion des réserves foncières
publiques à N’Djaména. L’auteur nous fait comprendre que les réserves foncières ont été
occupées, soit de manière spontanée par les citadins, soit à l’initiative de certains agents
habitations. Il souligne 1 que dans les zones périurbaines, les réserves foncières
l’objet de batailles (souvent perdues) entre les initiatives privés et les services chargés de
est longue et coûteuse et surtout dans le flou ; c’est pourquoi la plupart de la population se
terrains à bâtir lotis par le service du cadastre est de loin inférieure à la demande. Il
l’accent sur la production et l’attribution des terrains à bâtir à N’Djaména. L’auteur attire
l’attention des autorités sur le mécanisme 3 de la production, de l’attribution et de
production des terrains à bâtir en utilisant des instruments et des stratégies variées, et que
les pouvoirs publics tchadiens qui sont en charge de cette gestion, ne semblent pas
maitriser 6 ce secteur du foncier, créant ainsi les occupations anarchiques dans les
zones reculées de la ville. Il conclut que les pouvoirs publics tchadiens à qui incombent la
leurs tâches. La ville s’étale ainsi en grande partie par la production-vente 3 des terrains
à bâtir, sans normes urbanistiques, par les acteurs « néo- traditionnels » sur des espaces
(Iya Moussa et Tob-ro (2006), étudient 82 la production des sols urbains au Tchad en
engendrée par la pression démographique. 6 Ils relatent que cette production se base
sur des textes en vigueurs et qu’elle fait intervenir une multitude d’acteurs. Ils soulignent
que ces textes sont à peine respectés et demandent leur relecture pour éviter l’occupation
un étalement rapide et non contrôlé. Pour l’auteur, cet étalement en dépit de l’existence du
cadre normatif et réglementaire s’est opéré sans le contrôle des pouvoirs publics 2 et la
mise en place d’un marché foncier informel. Il ajoute que cet étalement urbain accéléré sur
des vastes superficies périurbaines regorge d’enjeux spatiaux impliquant plusieurs acteurs
aux intérêts divergents avec diverses stratégies et mécanismes d’accès à ces terres. Il
espaces périurbains par les pouvoirs publics a favorisé dans ces espaces périphériques un
Cadre conceptuel
Les principaux concepts qui orientent ce travail sont : acquéreur traditionnel, attributaire
Acquéreur traditionnel
traditionnel.
dans les pays où s’applique un droit foncier néocolonial, seule une petite partie des
terrains produits ou restructurés par le pouvoir public bénéficie d’un 6 titre de propriété
délivré. Les autres terrains ne font l’objet que de possessions coutumières et sont
monétaires et de l’individualisme, ces terrains font l’objet d’un marché actif, surtout dans
les zones d’influence des grandes villes et d’une quasi-propriété individuelle à laquelle ne
papier ».8
lopin de parcelle accordé par le « grand propriétaire » 9ne repose pas sur un titre de
Propriétaire illégal; Tob’ro et Michel (2013), soulignent que parmi les acteurs les plus actifs
1 de la production des terrains à bâtir dans les villes du Tchad, figurent les chefs
Pour Kobo (1985), considère que les occupants des sols sans titre légal (propriétaires
illégaux), qui sont des groupes sociaux et individus qui, 4 en milieu urbain ou périurbain
ont acquis leur terrain par achat ou location du marché coutumier, occupants spontanés.
À partir de ces notions sur le terrain coutumier et propriétaire illégal, on peut ressortir une
Acquéreur traditionnel : c’est tout individu ayant acheté 30 une parcelle de terrain de
bonne ou de mauvaise foi auprès d’un chef de terre coutumier notamment dans notre
contexte ici appelé Boulama. Les boulama sont des véritables promoteurs du marché
Attributaire terrain
Pour donner une définition globale au concept de l’attributaire de terrain, 37 il est essentiel
Terrain à bâtir :
sols, cette notion dépend seulement aux caractéristiques physiques du terrain 11 pour
déterminer s’il peut recevoir des constructions (Merlin et Choay, 2010). En revanche, dans
les pays où l’urbanisation a entrainé la mise en place d’un contrôle juridique de l’usage des
sols, il existe deux ensembles de conditions pour qu’un terrain puisse être qualifié de
terrain à bâtir. D’une part, 58 le terrain doit être « techniquement constructible », c’est-à-
dire que, outre ses caractéristiques physiques12, d’autre part, il doit être « juridiquement »
constructible, c’est-à-dire satisfaire à l’ensemble des conditions posées par les lois et
règlement pour que l’on puisse y édifier une construction, sanctionnées in fine par un
permis de construire. Ainsi, le terrain à bâtir apparait subséquemment comme celui dont
les capacités juridiques et physiques et les équipements dont il dispose lui permettent de
une construction neuve. Il doit, pour cela, remplir différents critères physiques et juridiques
lui permettant d’être édifié. Pour qu’un bien soit « terrain à bâtir », des travaux de
viabilisations sont nécessaires : bénéficier d’une voie d’accès publique (ou privée, si celle-
ci relie la voie publique), avoir accès à l’eau potable, par raccordement au réseau de la
commune ou par des moyens privés de type puits. Dans ce cas, il faut assurer la potabilité
On parle de terrain à bâtir pour qualifier tout terrain immédiatement constructible. Celui-ci
aura été préalablement viabilisé, aménagé et borné. Cependant, la plupart des terrains à
terrains, pour Annie (1983), attributaires des parcelles, définis comme des « occupants
tout autre document rendant à justifier sa présence sur le lieu. Au sens général, un
attributaire d’un terrain, c’est le bénéficiaire d’une attribution ; celui auquel est conférée
une mission ou attribué un bien dans un partage (attributaire d’un lot), Cornu (2018) 15.
Alors attributaire d’un terrain dans notre contexte, c’est toute personne bénéficiaire d’un
terrain attribué par le public et qui remplit les conditions formelles de l’État.
Conflit : Au sens le plus global, un conflit est une opposition entre deux ou plusieurs
atteinte à l’intérêt d’autres acteurs. Il implique donc un antagonisme qui peut prendre
diveres formes : un rapport entre les forces opposées, une rivalité, une guerre, etc.
Périphérie : Les usages courants définissent la périphérie comme étant ce qui se trouve au
périurbain des villes, à leur lisière. En d’autres termes, c’est l’espace qui entoure la ville et
Aborder la question des conflits d’appropriation des terrains entre les acquéreurs
à Digo dans le 7ème arrondissement, renvoie à la contradiction entre les droits coutumiers
comprendre les différents enjeux fonciers liés au conflit d’appropriation des terrains dans
notre zone d’étude, l’approche théorique évolutionniste nous enseigne mieux les réalités
Cette théorie fait l’objet de deux positions pour mieux assurer la sécurisation foncière. Les
acteurs qui portent la première position comme Plateau et LAVIGNE DELVILLE ph.,
s’appuient sur la théorie évolutionniste des droits de propriété qui met en avant les liens de
48 seconds insistent sur l’exclusion juridique des populations dans les politiques foncières
d’émanation coloniale et, sur les conséquences néfastes du dualisme juridique qui
propriété individuelle. Plus encore, des dispositions d’accès au droit qui sont complexes,
coûteuses, et en pratique sont inaccessibles au plus grand nombre. 6 Ils insistent sur la
diversité des droits sur la terre et les ressources naturelles dans les zones rurales, la
diversité des normes qui le sous-tende, et leur légitimité aux yeux des populations.
Pour les tenants de ces deux positions, 65 la sécurité foncière est un objectif en soi, et la
formalisation des droits fonciers est une condition pour y parvenir. Mais la conception de la
sécurité foncière n’est pas la même. Les effets attendus de cette sécurité foncière non
plus : pour les premiers, ils sont avant tout d’ordre économique ; pour les seconds, ils
Personne de sérieux ne peut soutenir aujourd’hui que les droits locaux sont par essence
des freins à la productivité et doivent être remplacés par « le haut » par un système de
majorité des acteurs raisonne dans un sens d’adaptation », qui reconnait le caractère
théorie standard des droits de propriété, qui peut être schématisé. Selon cette conception,
les droits fonciers locaux, qui assurent une sécurité foncière suffisante lorsque les enjeux
sont faibles, posent problèmes lorsque la pression démographique et l’insertion dans les
développement des transactions marchandes. Cela aboutit à un flou sur les droits et à des
conflits. Il y a alors une demande pour une intervention publique qui vise à formaliser les
droits et à délivrer des titres de propriétés individuels. A noter que, dans le langage des
économistes, 1 le titre de propriété qui renvoie à tout document juridique, mais pas
nécessairement au Titre foncier issu de l’immatriculation, qui en est une forme bien
spécifique. Le fait de disposer de titres de propriétés privées est alors censé sécuriser les
acteurs, leur donner accès au crédit, en utilisant le titre comme garantie, le tout induisant
Figure 2 :1a théorie évolutionniste des droits de propriété (d’après Platteau, 1996)
nul doute à favoriser. Le problème, comme très nombreux travaux l’ont montré, est que,
- 2. Les déterminants de l’investissement sont plus complexes que cela. De ce fait, le lien
entre formalisation des droits et investissement ne marche que dans des contextes précis.
Aborder la question des conflits d’appropriation des terrains entre les acquéreurs
Digo dans le 7ème arrondissement parait embarrassant, cependant, cette étude a été peu
réalisée par les chercheurs. À cet effet, plusieurs travaux ont été réalisés sur la ville de
(2001), Bedaou (2004), Zoukalné (2011), Ablaye Roasngar (2008), Adoum Idriss (2009),
Tob-Ro (2015), Kirbé (2020) et Gaddoum (2021). Ces travaux ont porté pour l’essentiel sur
production et de l’accès aux terrains à bâtir, des préoccupations sur l’étalement urbain, les
la cité capitale. De ce fait, 1 la production des terrains par les chefs coutumiers à la
périphérie de N’Djaména face aux attributaires légaux des terrains attribués par l’État sur
déductive. Plusieurs stratégies de vérification ont été mobilisées pour collecter les données
entretiens avec les personnes ressources et enfin 4 la collecte des données auprès des
Nos recherches documentaires ont été menées dans plusieurs centres de documentation
notamment les documents administratifs, les rapports, les textes et lois. Elles ont
également porté sur la consultation des documents numériques sur internet liés au foncier.
Nous avons retenu « la concession 17» comme unité d’analyse. La base d’échantillonnage
est constituée des terrains attribués repartis dans le quartier Digo périphérique 1 de la
N’Djaména fait état de 1 339 parcelles transférées pour les impactés du bassin au quartier
Adinew.18 Sur cet effectif total, nous avons prélevé un échantillon de 134 propriétaires de
terrains à bâtir dans le quartier Digo dans le but de mieux appréhender la dynamique de
conflits entre les acquéreurs traditionnels et attributaires de terrains par l’État par rapport
les travaux, nous avons décidé d’enquêté sur 10 % du nombre total des terrains attribués.
Sur cette base, nous avons obtenu un échantillon de 133,9 que nous avons arrondi à 134
du quartier Digo.
Quartier Digo
Effectif de l’échantillon
Pourcentage
La zone A (9 carrés)
50
37
La zone B (4 carrés)
20
15
La zone C (7 carrés)
35
26
La zone D (5 carrés)
29
22
Total
134
100%
quartier Digo
Méthode d’échantillonnage
Pour recueillir les informations auprès des ménages au moyen d’un questionnaire, nous
Observations de terrain
Nos observations sur le terrain pendant les enquêtes sont parsemées des difficultés.
quelques-uns qui ont reçu nos questionnaires ont refusé de nous les retourner, et trouvent
comme prétexte qu’ils n’ont pas le moindre temps pour remplir. Malgré les autorisations
nous ont donné des informations avec prudence tout en soulignant qu’il y a beaucoup
d’agents de renseignements dans ce pays, et à cause des renseignements qu’ils ont peur
de perdre leur terrain, tout en nous livrant des informations confidentielles sur leur
concession. . En fin, tout ceux qui connaissent l’importance des recherches nous ont
accueillis dument, et nous ont remerciés d’avoir choisi leur ménage pour les enquêtes.
gestion foncière. Il s’agit du délégué, du Boulama, et des chefs des quartiers. Ces
enquêtes nous ont permis de connaitre les prérogatives assignées à ces derniers 1 dans
la production des terrains à bâtir dans la ville de N'Djaména, mais aussi les difficultés
auxquelles font face ces acteurs. Le délégué que nous avons rencontré dans le
quartier de Digo, nous a éclairé sur 2 la manière dont les terrains sont vendus dans sa
circonscription. Nous nous sommes entretenus sur la manière d'acquérir des terrains par
les citoyens auprès d'eux. Ceux-ci nous ont fait savoir qu'ils étaient originaire de ce village
phagocyté par 3 la ville, qui est par la suite devenu un quartier du 7ème Arrondissement
et que c'est son père qui lui a légué ce titre. Pour cela, il exerce en tant qu’autorité
coutumière pour faire régner de l'ordre dans le village. Vue l'étalement 4 de la ville vers
les villages et les périphéries, les besoins financiers se font sentir partout, et ils sont dans
l'impératif de vendre leur parcelles au risque de perdre leur terre au profit de l’État.
Il nous a fait d’abord la présentation de son service, ensuite d’après les questionnaires
Directeur nous a fait comprendre que les textes en vigueur ne sont pas en adéquation 10
avec les réalités du terrain et que ces textes sont les conséquences directes de
contestation de terrain entre L’État et la population locale, et aussi entre les attributaires et
directeur précisait que ces conflits sont identiques et partagés partout à la périphérie de
N’Djaména.
L’entretien s’est déroulé sur la procédure de bornage de terrain en milieu urbain, périurbain
et en milieu rural, ainsi que les tâches qui sont confiées au service du bornage.
L’entretient s’est déroulé sur la dynamique des conflits des terrains 8 à la périphérie de
les tâches assignées suivi des risques du terrain que connaissent les techniciens. Ensuite,
1 les techniciens qui ont répondu à nos préoccupations sur l’enjeu des conflits
d’appropriation des terrains sont tous issus du Service de l’Urbanisme. Lors de l’entretient
les questions principales sont 2 liées à la planification urbaine face à l’étalement urbain
l’aménagement urbain pour mieux décrypter l’enjeu des conflits de terrain qui secouent
prendre des photos. Certaines données sont recueillies dans les documents que nous
avons consultés. Plusieurs logiciels nous ont servi à traiter les données. Il s’agit de : Word,
Epidata, SPSS et Excel. Le logiciel Word 10 nous a permis de faire la saisie des textes, le
logiciel Epidata nous a permis de saisir les données recueillies sur le terrain, le SPSS a été
utilisé pour faire les analyses statistiques. Ensuite, Microsoft Excel a servi à la réalisation
des graphiques. Ces processus ne sont pas entachés des difficultés majeures. Pour la
conception des cartes nous avons utilisé le logiciel Qgis. Les données ayant servi 37 à la
réalisation de nos cartes sont celles obtenues à l’INSEED. Cependant, les coordonnées
GPS utilisées sont celles que nous avons prises quand nous étions sur le terrain.
L’analyse des données a été effectuée en vue de comparer les dispositions textuelles sur
la sécurisation foncière, 30 en lien avec la réalité pratique des acteurs qui développent des
multiples stratégies de sécurisation pour contourner les procédures légales mises en place
Des données primaires, les enquêtes et observations de terrains 16 nous ont permis de
collecter des données primaires. Ces dernières ont été obtenues par administration de
questionnaires lors des enquêtes auprès des chefs de ménages et 1 des entretiens avec
des personnes ressources ; par des observations directes ; des prises de vu obliques
propriétaires des terrains à bâtir. Les informations obtenues sont à la fois qualitatives et
quantitatives.
Analyse cartographique
Les données cartographiques qui ont servi à l’illustration, ont été extraites des bases des
celle 2 de la Direction de l’Urbanisme. Elles ont été complétées par les observations de
terrain.
Organisation du mémoire
Ce travail est structuré en quatre (4) chapitres dont le premier aborde 1 la production des
porte sur les propositions de solutions pour une production durable 3 des terrains à
bâtir.
Chapitre 1 : la production des terrains en zone périurbaine de N’Djamena, cas du quartier
Etudier 2 la mise en œuvre des lois régissant le foncier comme la source des problèmes
Introduction
La satisfaction 5 de la demande en terrain à bâtir induite par la croissance
démographique s’opère dans les zones périphériques des villes où des terrains vierges
la ville passe, hélas par l’annexion des terres coutumières, ce qui est durement ressenti
par les titulaires de ces droits (Djikoloum (2004). Alors, la zone périurbaine 60 de la ville
de N’Djaména en général marquée par un pluralisme des droits fonciers, qui constitue une
zone des tensions foncières suite à l’avalement des villages périphériques par la ville.
Ainsi, les lois régissant le foncier aussi bien rural qu’urbain au Tchad, reconnaissent 5
les droits coutumiers et précisent les conditions de leur appropriation par l’Etat.
Cependant, sur les terrains, la réglementation n’est pratiquement pas respectée par le
terrains à bâtir ; il est évident d’identifier d’abord les acteurs intervenant au dans le
pratiques foncières coutumières et les réalités des lotissements officiels sur le terrain.
La production foncière 20 est assurée par plusieurs acteurs avec des procédures diverses.
3 À la périphérie de N’Djaména en général , et dans le quartier Digo en particulier, on
identifie deux filières de production des terrains à bâtir : nous avons la production des
terrains à bâtir par la filière voie officielle, qui est l’État et la production informelle animée
foncière
(CATZU). Ajoutons aussi l’intervention des organismes aménageurs pour la production des
Développement Durable (ODD), la vision 2030, ainsi que l’Agenda 2063 de l’Union
et le suivi des systèmes d’informations géographiques, l’étude des dossiers des terrains
propositions pour leur amélioration, elle assure aussi le suivi et le contrôle des
Au regard de ces differentes attributions, cette direction devrait jouer un rôle important en
matière de production 3 des terrains à bâtir tout en respectant la planification urbaine des
matière du cadastre, conçoit et met à jour la banque de données foncières pour toutes les
villes du Tchad en collaboration avec les directions concernées. Ainsi, préparer de concert
collaboration avec les autres directions concernées. Elle Veuille veuille à la régularité et à
des droits grevant la propriété (servitude, baux et hypothèques) en collaboration avec les
une information cadastrale fiable, tout en appuyant les collectivités locales en matière de
travaux cadastraux.24
Elle est placée sous l’autorité d’un directeur et assistée d’un adjoint. La direction Direction
normes techniques en matière de topographie. Dans ses attributions, cette direction est
topométrie entrepris 1 par les services publics et établissements privés. En finEnfin, il est
important de souligner que, cette direction appuie les collectivités locales en matière des
travaux topographiques.
A L’égard l’égard de ces attributions, cette direction constitue la base de toutes les
opérations cadastrales. Sur le terrain, les techniciens 10 ne respectent pas les directives
soulignées par les chefs hiérarchiques et ignorent les réalités du terrain tout en semant le
désordre foncier. Prenons l’exemple du projet de lotissement des transférés impactés par
le bassin du des quartiers N’Djari, NGabo, Amtoukoui au quartier Adinew sur le plan,
Plans Urbains de Référence (PUR), les Plans Directeurs d’Urbanisme (PDU), les plans
Présidence et de la primaturePrimature.
Ici nous soulevons l’aspect de la faible concertation des autres ministères aux opérations
Référence (PUR), des plans d’aménagements partiels ou de détail ou tout autre plan
et assure le suivi de la gestion des domaines publics et privés communaux concédés par
ville de N’Djaména est composée des Directeurs ayant en charge les domaines de
l’urbanisme et de l’habitat. Elle est présidée par le Maire de la ville de N’Djaména, secondé
secrétaire Secrétaire général Général de la mairie Mairie de N’Djaména. Elle peut faire
appel par voix voie consultative à toute personne physique ou morale dont le concours est
jugé nécessaire à l’exercice de ses attributions. La CUVN 70 se réunit au moins deux fois
par an et chaque fois que cela est nécessaire, sur convocation de son président. La
validité de ses délibérations est soumise au critère de quorum de deux tiers (⅔) de ses
membres. 90 L’ordre du jour est soumis huit jours d’avance à ses membres. La CUVN est
assistée d’un comité technique chargé de l’examen technique des dossiers relatifs à
N’Djaména. Il faut noter que les décisions de la CUVN sont exécutoires sous réserve de
N’Djaména. Sa mission consiste à assister la CUVN dans l’examen technique de tous les
dossiers qui devaient lui être transmis, veiller à l’exécution des décisions de la CUVN, lui
proposer des points à inscrire 90 à l’ordre du jour et donner son avis sur les demandes de
terrains pour équipement après étude. Cette commission a la lourde responsabilité dans
les opérations 1 de la production des terrains à bâtir. En effet, elle étudie couramment les
N’Djaména. Pour raison d’efficacité, toutes les décisions concernant 1 les attributions de
terrain sont précédées d’une descente sur les terrains. L’identification des sites sollicités
Instituer Instituée par le décret Décret n° 188 23 du 1er août 1967 portant application de la
propriété relative au statut des biens domaniaux, cette commission a pour mission de
définir le périmètre urbain permettant ainsi de distinguer les terrains urbains des terrains
ruraux. En réalité, cette délimitation du périmètre des centres urbains est fixée par arrêté
ministériel après avis d’une commission consultative présidée par le préfet. En effet, les
tâches de cette commission sont souvent émaillées des problèmes surtout le conflit de
des terres rurales sur lesquelles la ville devait naturellement s’étendre, les préfets de ces
commission.
financiers d’une part, et le refus des préfets qui contrôlent les terres rurales et périurbaines
de la ville d’autre part. Pour résoudre le problème lié au conflit de compétence entre la
installations produisant des nuisances. Elle intervient aussi dans les travaux
la Cité en particulier limité à l’intérieur de la partie urbaine. Le SVGM est le service le plus
curage des caniveaux à l’approche de la saison pluvieuse, collecte des ordures des
ménages dans la ville, assure le remblayage des rues et leur nivellement en cas de
dégradation.
I.1.4-Service d’Urbanisme 79 des Affaires Domaniales et Foncières
compétence d’intervenir pour donner son avis sur le schéma directeur d’aménagement
construire ; pendant que le Ministère en charge des affaires des Affaires Foncières
centraux.
vérification du paiement de prix de terrain par les attributaires tout en disposant les pièces
justificatives.
de l’[Link].
(SOPROFIM). Elle est une société anonyme avec conseil d’administration dont les actions
promotion de l’habitat sur toute l’étendue du territoire national. Ses principales activités
quartier Goudji.
« La planification urbaine 15 a pour objectif de fixer aux sols urbains leur vocation
première. 27 Elle s’exprime à travers les documents d’urbanisme qui servent de référence
d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU), le Plan Urbain de Reference (PUR) qui est une
Communal (PDC), qui sont des canaux par lesquels doivent s’inscrire toutes les actions de
planification 16 dans les grandes villes, voire les petites villes et les gros villages, d’autre
part.
restes de villes.
Le noyau central de la ville de est partagé entre les quartiers qui se situent dans une partie
Néanmoins, les grands marchés, les camps militaires, hôpital général de référence
administratifs sont logés dans ces quartiers. Les quartiers tels que : Klemat, Béguinage,
Bololo, une partie de Farcha, Diguel et N’djari regroupent des habitations des hauts
Les quartiers périphériques se situent entre autres 3 dans les communes du 7ème,
8ème, 9ème, 10ème arrondissements et une partie du 1er arrondissement. Ces quartiers
restructurés et les restes des espaces lotis et attribués aux candidats aux terrains à bâtir.
En outre, Kirbé (2020, p.122), souligne que c’est à partir de 1990 que le pouvoir public a
entrepris 2 des travaux de viabilisation ayant causé la destruction massive des
ces quartiers sont en briques cuites, en banco avec toiture en tôle. On constate que ces
ces lotissements sont loin d’honorer la demande des candidats aux terrains à bâtir, suivie
multiples contestations sur des terrains lotis à la périphérie qui font d’abord l’objet
lotis et qui font l’objet des contestations des terrains sont : Harrangadji, Digo, Adinew,
du 7ème arrondissementArrondissement
en milieu urbain, périurbain et en milieuque rural, crée une dualité dans l’accession 24 à la
N’Djaména en général. Les boulama sont reconnus comme les véritables promoteurs des
terrains à bâtir en zone périurbaine et auxiliaires du pouvoir central. Donc, ils détiennent un
Dans le système foncier traditionnel du village Digo, celui qui veut un terrain se présente
chez le boulama et lui exprime son désir. Si la demande est agrée, le chef lui montre
amis déjà installés ou qui ont acquis une parcelle dans la zone concernée. La délimitation
du lopin de terre traditionnelle se fait au pas. La vente est rapide et se fait par un accord
se fait généralement en présence des témoins sur la base du des liens qui lie entre le
propriétaire et l’acquéreur. Les prix sont modestes, mais ne sont pas établis selon un
barème précis d’où la différence de prix (figure 43) pour les terrains de mêmes
dimensions.
80 Cette figure nous montre que 61 % des terrains enquêtés ont été fait l’objet d’achat et
29 % ont été fait l’objet d’attribution, de Don/Leg, d’héritage. Sur les 61 % des terrains
achetés avec des prix variables, 43 % de ces terrains ont été achetés au prix allant de 300
à 600 milles, suivi de 18 % au prix de plus d’un (1) million. Avec seulement 11 %
d’acheteurs ayant acquis leur parcelle autour de 600 milles à un (1) million. Ainsi, 28 %
des acheteurs se trouvent dans la case du plus bas prix oscillant entre 150 à 300 milles.
leur parcelle aux s’est fait auprès près du boulama, dont on appelle communément terrain
1 La production des terrains par les propriétaires fonciers coutumiers s’est traduite par la
quartiers spontanés ont été par la suite restructurés par la direction de l’urbanisme et du
cadastre. Ngaressem Goltob (2016, p.69) ajoute que le marché foncier traditionnel est un
permettent de vendre un même terrain à deux ou quatre acheteurs à la fois. Dans bien de
cas, lorsqu’ils trouvent un nouvel acquéreur à payer un prix plus élevé que celui de la
précédente vente, ils n’hésitent pas à transférer les droits du premier acquéreur au
Ainsi, Gaddoum (2021, p. 188) souligne que : les Boulama entretiennent des rapports
foncière. Tirant partie de ce rapport étroit avec l’administration, ils font régulièrement appel
1 au service du Cadastre pour leur esquisser des plans parcellisés d’une portion des
terres communautaires en échange de quelques lots des terrains et des dividendes des
futures ventes des parcelles. Une fois les plans conçus, les démarcheurs et les
parcellisés des terres, et en fins connaisseurs du secteur foncier, les agents des différents
services de gestion foncière utilisent des ruses pour contourner les lois foncières en
vigueur au pays28 en impliquant les maires, les sous-préfets des zones limitrophes de
anticiper sur l’attribution des terres périurbaines parcellisées à leur profit, 4 au détriment
de la population et de l’État. Une fois acquis des grandes superficies des terres à la
périphérie 2 immédiate de la capitale, pour préserver ces acquis, ce réseau très puissant
incite l’État à faire intégrer la zone parcellisée dans le giron de la capitale (Gaddoum 2021,
p.188).
La plupart des villes du Tchad disposent très peu ou parfois pas des agences foncières
immobilières. Les quelques rares agences qui existent interviennent beaucoup plus en
zone urbaine qu’à la périurbaine (Gaddoum, 2021). Ces agences ont pour fonction de
mettre 59 en relation les vendeurs et les acheteurs ou les bailleurs et les locataires et
prélèvent leur commission lorsque la vente est effectiveeffectuée. Cependant, elles sont
complètement absentes dans le circuit de production des terrains dans le quartier Digo.
Pour s’adapter à la réalité du terrain, la plupart de ces agences œuvrent dans l’informel et
jouent le même rôle que les démarcheurs dans les quartiers périphériques de la ville. Elles
se limitent à servir d’entremetteur entre 59 les vendeurs et les acheteurs des terrains, mais
à la seule différence des démarcheurs, les acheteurs ont une idée sur les caractéristiques
Cependant, nous soulevons L’absence l’absence des agences foncières dans le quartier
de la zone d’étude, cela s’explique par les faits que les candidats aux terrains à bâtir n’ont
pas la culture d’acheter leur terrain dans des structures formelles d’une part et que la
rémunération de l’agent immobilier prélevé sur la somme versée par l’acheteur est mal vue
par le vendeur d’autre part. Comme on peut le constater, aucune agence foncière n’a
Les données du terrain révèlent que 89 % des concessions enquêtés sont acquises par le
biais des relations personnelles repartis réparties en amont par les particuliers avec un
concessions ayant fait l’objet d’acquisition par le boulama et en aval 5 % acquis auprès
1 des agents du cadastre. Ainsi, le terrain montre qu’aucune concession n’a fait l’objet
d’acquisition auprès d’une agence foncière, par contre les démarcheurs ont réussi à faire
En effet, certaines concessions enquêtées ont été acquises à travers les démarcheurs
La place des notaires dans le processus d’immatriculation des terrains se place au niveau
terrains qui font l’objet de vente sont issus 3 à la fois des lotissements des quartiers
Ainsi, la loi oblige aux parties au contrat de vente d’immeuble, d’utiliser les services d’un
notaire. En effet, Le le décret Décret n°630/MJ/PR/1996, qui est par la suite régi par la loi
société. Ainsi, 19 les groupes sociaux ont élaboré des règles écrites ou non pour préciser
l’usage, le partage et la transmission de ce bien précieux entre tous. Car ce bien « sacré »
est en même temps l’objet de toutes les contestations et conflits (Houdeingar, 2009). De
ce fait, l’accès à la terra au Tchad obéit à une procédure tout en respectant la catégorie du
Au Tchad, le foncier revêt une complexité double. On observe, d’une part le foncier urbain
et de l’autre le foncier rural, D. Abba (2004, p.123). La gestion des terres au Tchad est
encadrée par un certain nombre de règles. Il s’agit des textes de lois fonciers qui
définissent les procédures d’acquisition et précisent les limites des droits fonciers que les
individus exercent sur leurs parcelles. Cependant, 15 il y a donc lieu de souligner que les
modes de gestion de terres dans ce pays varient d’une zone à une autre. Il s’agit des
L’acquisition des terres en milieu urbain est marquée par deux procédures : la procédure
Les terrains de catégorie A sont attribués selon la procédure dite d’adjudication et font
certain nombre de candidats et à ne retenir que celui qui présente les propositions les plus
charges établi à cet effet ; celui-ci indique le montant des réalisations et fixe le délai
(2008, p.24).
utilisée au Tchad. 4 Pour acquérir un terrain urbain de catégorie B, les demandeurs sont
tenus de déposer leurs dossiers au service du Cadastre. 1 La liste des attributaires ainsi
chargée d’Attribution de terrain en Zone Urbaine (CATZU). La liste des personnes à qui,
est attribuée la ou les parcelles est affichée au service du Cadastre ainsi que dans les
arrondissements. Les attributaires de terrains sont tenus de payer la taxe de bornage, les
frais de journal officiel, le prix du terrain, le tirage du plan. En principe, le paiement est
global et en une seule fois. Le dossier constitué est envoyé au service en charge du
domaine qui, à son tour, l’envoie à la mairie pour publicité pendant un mois. En l’absence
de gré à gré est établi et envoyé au Ministère en charge du Domaine qui décide par arrêté
la cession.
Il précise dans l’acte de cession que le bénéficiaire devra se doter d’une autorisation de
construire avant tous travaux. Par ailleurs, dans un délai de trois ans, il doit justifier d’une
Source : Recueil de texte sur le droit foncier au Tchad, 2017, Cité par Gaddoum 2021,
p.177.
la signature des fiches d’attributions provisoires. Une fois les fiches signées, le candidat
est soumis au paiement et montage des dossiers 1 de cession de gré à gré. Après étude
et contrôle, la demande est validée et saisie dans la base des données. Enfin, elle est
comme c’est le cas en zone rurale. Le coût financier de l’acquisition est constitué de son
cadastral, d’autres taxes et de celui de la publicité. Le prix de cession des terrains sont
fonction de la loi portant budget général de l’État et peut varier au gré du législateur. À
Prix / m2 (FCFA)
Quartiers
185 000
90 000
Service (la superficie pour cette catégorie de terrain est strictement liée à 1500m²)
75 000
55 000
Champ de Course, Mardjan Daffac, Repos, Ancien Combattant, Hillé Rogué Traditionnel,
35 000
Farcha ancien, Farcha Résidentiel, Moursal, Paris Congo, Diguel Est, Diguel Tanneur,
10 000
Adjaraye
5000
2000
Tandjilé, Almour, Adinew, Digo, Kabé et autres quartiers traditionnels périphériques non
énumérés et nouveaux
Source : loi n°016/PT/2022 de finances pour l’exercice 2023, pages 78, Confection
Ramadan.
Figure 7. Localisation des quartiers de N’Djaména et environs en fonction des prix des
Source : loi n°016/PT/2022 de finances pour l’exercice 2023, pages 78, Confection
RamadanConfection Ramadan.
D’après le tableau 2 récapitulant 1 les prix des terrains au mètre carré dans la ville de
N’Djaména et ses quartiers périphériques, on remarque que le prix le plus bas du foncier
concerne beaucoup plus les quartiers périurbains que les quartiers centraux et
péricentraux (figure 7). Au regard du tableau 2, les prix des terrains (prix/m²) vont de 185
000 à 2 000 FCFA. En effet, 2 en procédant à la répartition spatiale de prix des
terrains par quartier, on constate que c’est dans les quartiers centraux que les prix des
terrains (au m2) sont plus élevés par rapport aux autres quartiers de la ville. En observant
la figure 7, 1 les prix des terrains (prix/m²) vont de 185 000 à 75 000 FCFA pour les
quartiers centraux, 55 000 à 35 000 FCFA pour les quartiers situés entre les quartiers
000 FCFA, et enfin les prix des terrains au mètre carré pour les quartiers
Etant donné que Digo est un quartier périphérique du 7ème arrondissement, ce quartier
toujours assortie par des conditions à respecter. La demande doit comporter les mêmes
informations que pour les terrains terrain urbains de catégorie B ; donc indiquer le Site,
d’attribution par la procédure administrative doit être hors des périmètres urbains et hors
des zones d’aménagement. La terre agricole et villageoise ne pourra faire l’objet d’une
1 Selon les textes en vigueur, les terrains ruraux sont susceptibles de faire l’objet d’une
concession à titre onéreux : les demandes de terrain sont examinées selon la procédure
de gré à gré. Les pièces à fournir ne diffèrent pas de celles exigées des terrains urbains.
Doivent être précisés dans le dossier le genre d’activité à réaliser 58 sur le terrain. Les
oppositions sont reçues et traitées par une commission. L’autorité qui accorde la
concession, l’assortit d’un cahier des charges. 14 Les concessions rurales provisoires sont
accordées par un arrêté préfectoral jusqu’à 5 hectares inclus, par arrêté ministériel jusqu’à
dix à 50 hectares inclus (il s’agit d’un arrêté du Ministre des finances après avis des
Ainsi, Le taux de redevance pour des locations des concessions rurales est fixé de façon
suivante :
de 1 000 000 FCFA par an et par concession ; 100 FCFA/m² avec un minium de150 000
Pour ce qui est taxe de bornage des terrains ruraux le prix est fixé conformément au
tableau ci-après :
Surface (m2)
Prix en FCFA
Moins de 1000
50 000
De 1000 à 1 999
75 000
De 2000 à 3 999
100 000
De 4000 à 6 999
150 000
De 7000 à 19 999
175 000
De 10 000 à 29 999
200 000
De 30 000 à 49 999
250 000
De 50 000 m2 et plus
300 000
Bien que 1 la taxe de bornage puisse varier au gré du législateur et qu’il importe de
vérifier chaque année la loi de finance pour se rendre compte de modification, le milieu
rural demeure le seul endroit où on peut acquérir autant de surfaces de terrain à moindre
Toutefois, pour obtenir un acte d’attribution définitive, le terrain 58 doit faire l’objet d’une
Source : Recueil de texte 1 sur le droit foncier au Tchad 2017, cité par Gaddoum p. 166.
système demeure le principal moyen d’acquisition de terrain en milieu rural et urbain. Les
jouer le rôle fondamental dans 30 la gestion du foncier. Ainsi, Les boulama sont devenus
les principaux vendeurs des terriens 1 terres à la périphérie de N’Djaména depuis que le
ceux-ci vendent des terrains sans une autorisation quelconque. Les actes sous seing
privés délivrés par ces derniers font foi tant 15 qu’ils ne sont pas contestés par les tiers, et
sécurisation de la parcelle acquise. Par ailleurs, ces actes sous seing privés peuvent 10
être remis en cause par les autorités juridiques, par ce que les contrats écrits sont parfois
La vente des terrains dans les zones périurbaines 2 de la ville de N’Djaména est sous
l’influence de plusieurs acteurs coutumiers tels que les Boulama, les chefs de quartiers, les
particuliers. Ce qui crée très souvent de l’instabilité dans ce marché et l’assimilé l’assimile
à un lieu d’escroquerie de toutes sortes ; D’où d’où l’installation des contestations des
Cette figure montre que le quartier est plongé dans un climat d’insécurité foncière avec un
pourcentage de 49 % des répondants enquêtés. Cette contestation des terrains est due à
la prolifération des 1 terrains vendus par les boulama de façon informelle dans cette
zone, suivi suivie d’un lotissement réalisé sur des terres achetés par les acquéreurs
Au Tchad, un élément majeur concourt pour déterminer la notion exacte d’occupation des
à savoir : s’installer sur une terre, la délimiter et la mettre en valeur. Par ces différentes
formes d’occupation des terres souvent sans réelle mise en valeur, les occupants des
distrairedissuader d’autres candidats aux terrains (Gaddoum, 2021, p.179). Car, à travers
Dans la pratique, 3 la mise en valeur des terres porte sur une vaste superficie des terres
à urbaniser. Cette pratique se traduit par des occupations s’étalant sur plusieurs
kilomètres. Pour légitimer leur occupation et assainir leur environnement, les populations
occupations anarchiques et spontanées se densifie et que les conditions de vie dans ces
tiers espaces deviennent de plus en plus difficiles à cause du manque des servitudes et
voie dans l’acquisition des terres en zone périurbaine à côté de deux circuits officiels (rural
Périurbaine de N’Djamena
Périurbaine de N’Djamena
Source : Recueil de texte 1 sur le droit foncier au Tchad 2017, cité par Gaddoum 2021,
P.180
périurbain de N’Djaména. Les ménages achètent leur terrain avec les possesseurs
fonciers coutumiers ou d’autres acteurs comme les revendeurs occasionnels. Une fois le
terrain acquis, ils procèdent à une mise en valeur suivie d’une initiative locale de
régularisation des terrains acquis. À l’issue de cette initiative quelques personnes sont
déléguées auprès de la CNU pour plaider la volonté des ménages de voir leurs terrains
confection des plans dont l’implantation revient par la suite à la DGCT et la Mairie. Il
convient de souligner 4 que la plupart de temps, l’implantation de ces plans est traduit sur
Le lotissement : c’est la « subdivision d’un terrain vierge d’un seul tenant en parcelles avec
géométrique des parcelles, desservies par des voies de communication. Les règles ou
respectés par les techniciens lors des levés topographiques. La pratique en matière
d’urbanisation montre, qu’il n’y a pratiquement pas ou peu d’approches négociées pour la
cession des terres coutumières aux pouvoirs publics, Tob-ro Ro (2015, p.192).
Ainsi, l’attribution des lots par la commission en charge d’attribution des terrains est
maximum, le nombre de terrains dont peut bénéficier une personne du même nom. Par
contre, les attributaires des terrains sont bien souvent des individus disposant déjà de trois
à cinq parcelles de terrains lotis. Avec une majorité d’entre eux des hommes politiques, de
hauts cadres, des dignitaires du régime et des commerçants. C’est une violation flagrante
Tchadien le droit à l’obtention gratuite d’une parcelle rurale de 5 hectares, à condition que
celle-ci se trouve à plus de deux kilomètres de la limite du périmètre urbain. Une telle
production des terrains à bâtir, notamment par les filières officielles et informelles se
propage dans cette zone. Vu 12 les effets du changement climatique dans le Sahel avec la
déforestation outrancière dans le monde rural par les hommes, . Cependant, le quartier
Digo n’est pas épargné par ce phénomène. La ceinture verte a été implantée dans cette
Conclusion
Conclusion
1 La production des terrains à bâtir en zone périurbaine des villes du Tchad est animée
par deux acteurs ; notamment les chefs de terre appelés boulama dans le contexte
N’djaména N’Djaména et les pouvoirs publics. Alors, cette production des parcelles par les
deux acteurs antagonistes créent une tension foncière aux alentours de N’Djaména. Sur
les textes, l’Etat assure le monopole du foncier, mais sur l’espace périphérique, on
textes de loi et règlement régissant 1 le foncier au Tchad lié aux réalités locales.
introductionIntroduction
Introduction
inspiration dans des modèles étrangers, ; en l'occurrence dans l'arsenal juridique des
héritée de la colonisation au Tchad semble génératrice des nombreux troubles que l’on
peut apprécier comme source des conflits fonciers de nos jours. 5 En effet, les textes
datant de 1967 sur le foncier sont toujours en vigueur et sont censés produire tous leurs
effets juridiques. Cependant, leur application n’est pas toujours aisée ; l’administration 2
surtout en zone périurbaine. Ce sont trop souvent les autorités traditionnelles appelées
« boulamas » qui font ce travail au mépris des textes en vigueur. Ainsi, à la périphérie du
7ème Arrondissement tout comme à N’Djaména Centre, Gaddoum (2021) relève que la
production urbaine 2 repose sur des principes et soumise à un certain nombre de règles
et des procédures dont l’exécution relève des institutions et acteurs dotés 12 des outils et
des techniques nécessaires en la matière. Pour mieux décrypter les enjeux fonciers autour
métropole française avec une grande partie de la législation coloniale. Ainsi, la gestion
foncière au Tchad est assurée par les trois textes qui datent de 1967 d’inspiration coloniale
plaqués par le législateur tchadien sans toutefois tenir compte des réalités locales de la
population. De cette situation, que nous disent alors le contenu de ces textes régissant le
au Tchad en 1967.
Références
Décret d’application
N°25 du 22 Juillet
Tchad en 1967.
I.1-La loi n°23 17 du 22 juillet 1967 portant statut des biens domaniaux
Cette loi dispose dans son article 1er : « l’ensemble des biens appartenant à l’État prend le
d’un domaine privé. Les personnes morales de droit public subordonnées à l’État et
domaine privé.. Avec son décret d’application n°186 du 1er Aout 43 Août 1967. Cette loi et
son décret d’application (Avec son décret d’application n°186 du 1er Août 1967) précisent
qu’à partir du 1er article, l’Etat est le grand maitre du sol Tchadien.
1. I.1.1-Domaine public
Le domaine public se compose d’une part du 5 domaine public naturel et d’autre part du
domaine public artificiel. Les biens naturels sont constitués des cours d’eau permanents ou
non, les lacs, les étangs et sources, 86 dans la limite des plus hautes eaux avant
débordement, ainsi qu’une bande de 25 mètres au-delà de cette limite, les ilesîles, les
ilotsîlots, les 17 bancs de sable et atterrissement se formant dans les fleuves, les nappes
d’eau souterraines, les gites gîtes minéraux et miniers, les forêts classées30. Pour ce qui
est du domaine public artificiel, ils sont constitués 5 des canaux de navigation, les
conduites d’eau de toute nature, les dispositifs d’évacuation et assainissement d’eaux
usées, les voies de communication de toute nature, les aérodromes, les moyens de
de transport d’énergie, à condition que ces ouvrages ou moyens aient été réalisés ou
ces ouvrages, les signaux, bornes et repère géodésiques et topographiques, les ouvrages
de défense nationale de toute nature, également les monuments. Par De surcroit, 1 il est
important de souligner que le législateur mentionne les biens de toutes sortes que les
que, les personnes et les collectivités qui avant l’adoption de la présente loi, bénéficiaient
2. I.1.2-Domaine privé
5 Tous les biens de l’Etat ou des personnes morales de droit public subordonnées, qui ne
font pas partie du domaine public font partie du domaine privé. 14 Tout bien qui a cessé
d’appartenir au domaine public tombe dans le domaine privé.33 Font partie du domaine
privé, les biens dont le propriétaire ne peut pas être retrouvé, ainsi que ceux délaissés par
leur légitime propriétaire, après dans les deux cas, procédure régulière de recherche. Font
partie également 17 du domaine privé les terres inutilisables ou inaccessibles qui sont
devenues susceptibles d’utilisation par suite d’un travail public, et notamment les terres
Cette loi définit les modalités d’immatriculation donnant un titre foncier permettant de
inattaquable. Il est dit que 5 toute terre non immatriculée est réputée vacante et sans
maître, à moins que ne soit rapporter la preuve du contraire35. Cette preuve du contraire
doit nécessairement résulter de la constations officielle d’une mise en valeur dont les
caractères peuvent varier suivant 2 les régions et les modes d’exploitation du sol36.
L’État a le privilège d’immatriculer 22 à son nom les terres vacantes et sans maîtres. Au
cas où il 7 existe sur ces terres des droits coutumiers n’entrainant pas mise en valeur,
l’État peut soit les supprimer en tant que droits réels frappant son titre, soit les supprimer
en indemnisant les titulaires, soit en fin proposer aux titulaires des droits équivalents après
avoir effectué le constat.37 La notion de mise en valeur est traduite au minimum par une
5 emprise permanente et visible sur le sol. Pour les terres mises en valeur collectivement
par une communauté, nécessite des dispositions spéciales qui prévoient le maintien du
personnalité juridique. Autrement dit, l’État peut 100 immatriculer ces terres en son nom et
I.1.3-La 1 loi n° 25 du 22 juillet 1967 portant sur la limitation aux droits fonciers
Cette loi précise les moyens juridiques à la disposition de l’Etat sur les limitations des
droits fonciers dont dispose les propriétaires sur leurs terrains. A partir de cette loi, l’État
peut récupérer toutes les terres occupées 2 par les populations et prévoit l’indemnisation
aux occupants de bonne foi ou couvert par une coutume reconnue à travers des
procédures fixées par la loi, c’est le déguerpissement. Elle précise dans son article
premier : « nul ne peut être privé de la propriété des immeubles ou de l’usage du sol, sans
que l’intérêt public l’exige, qu’il ait indemnisation et que les dispositions légales soit
appliquées ».
publique contraint un particulier à céder la propriété d’un immeuble dans un but d’utilité
par une enquête. C’est au vu des résultats de l’enquêté, qu’un décret sortira en conseil des
ministres déclarant l’expropriation des parcelles concernées au profit d’utilité publique sur
de son territoire tout en leur transférant les compétences leur permettant de gérer 2 dans
le respect des lois et règlements en vigueur. Elle précise que le schéma d’aménagement
physique et économique des différents pôles urbains. Cette loi précise que : « 11 la
En matière de la planification urbaine et la vocation des espaces urbaines, cette loi précise
que : « l’occupation des sols urbains n’est possible 2 que dans les zones ouvertes à
être procédée précédée d’opération de lotissement ». 42Sur le terrain, cette situation n’est
pas respectée et l’occupation des sols précède partout le lotissement d’où la naissance
des conflits entre les acquéreurs traditionnels et ceux des pouvoirs publics 8 à la
périphérie de la Cité Tchadienne. Cette loi souligne aussi que les documents permettant
d’Urbanisme (PDAU), le Plan Urbain de Référence (PUR) qui est une planification de
premier degré et le plan d’Urbanisme de Détails (PUD) qui est une planification de second
degré. Actuellement toutes ces dispositions demeurent théoriques, car aucune ville
N’Djamena adopté en 1997 est plus qu’obsolète compte tenu du fait qu’il n’a pas tenu
défini comme la phase qui consiste à réaliser sur le terrain la prévision des documents
d’urbanisme. Sa mission est l’aménagement nouveau d’un espace urbain. Il a pour
améliorer les conditions initiales d’occupation d’un espace déjà habité. Les opérations
Cette loi dans son article 20 précise que le lotissement doit posséder des aménagements
ro Ro explique dans sa thèse en 2015, p.212 que de « façon pratique, les differentes
limitées en l’implantation des bornes afin d’isoler les differentes composantes du plan de
Ce sont ainsi des terrains nus qui sont proposés aux attributaires. 2 Dans le cadre de la
division parcellaire, aucune mention n’est faite sur les normes à appliquer, ni sur les
services techniques qui devraient l’exécuter et ou/ l’avaliser ». Elle présente l’opération de
morcellement est la subdivision d’une parcelle d’un tenant pour usage d’héritage ou pour
elle est définie comme « 76 la construction de bâtiments clef en main destinés à des
logements, des bureaux, des industries, des commerces, de l’artisanat dans une zone
Elle peut être réalisée sur un terrain initialement vierge, sur un espace de réinstallation des
urbaine 44».
Cette loi précise aussi que « La restructuration urbaine consiste à donner à un espace,
une zone, un espace urbain déjà occupé par 10 des populations, mais de structure
irrégulière sur les plans juridiques et/ou physiques, une nouvelle structure parcellaire sans
un espace urbain dégradé, insalubre et/ou d’occupation irrégulière sur les plans juridiques
II. Le cadre législatif, une équation accélératrice des tensions foncières en zone
d’agression foncière 47» lié liée à l’occupation anarchique par la population avant
l’extension des villes par les pouvoirs publics. Avec une croissance démographique
production urbaine au Tchad est encadrée par des textes de lois domaniales et organiques
(décrets et arrêtés). Ces textes sont inspirés de la législation française datant de 1960. Il
s’agit des lois n°23, 5 24 et 25 et leurs décrets d’application n° 186, 1987 et 188 de
l’année 1967. Dans ces textes portant régimes fonciers tchadien, il n’est nullement fait
mention d’un espace périurbain adjacent aux villes, 2 du fait que le législateur n’avait
prévu cette situation. La situation est telle que la législation foncière actuelle se prête mal
compte tenu du caractère instable de ces espaces. Dans ces conditions, quel est le sort
dédié aux détenteurs de droits coutumiers par le législateur ? Quelles sont les réalités qui
arrondissementArrondissement
Les textes législatifs de 1967 qui régissent 1 le foncier au Tchad, constituent un enjeu
spontanés. Il n’est aucunement fait mention d’un quelconque espace périurbain au Tchad
adjacent aux villes, et pourtant cet espace existant existe à côté des espaces ruraux et
urbains. Tel est le constat fait par Gaddoum (2021) 3 à propos de la zone ou
législatifs datant de 1967 qui continuent à être en vigueur à l’image coloniale à faire face
III.1-La loi n° 23 5 du 22 Juillet 1967 met aux prises les réalités locales
Cette loi portant statut des biens domaniaux met en exergue dans son article 6 que, « tout
bien qui a cessé d’appartenir au domaine public tombe dans le domaine privé ». Alors, le
domaine privé de l’Etat est constitué de toutes les terres non immatriculées appartenant
de la gestion foncière et propriétaire de tous les terrains non immatriculés ou non reconnus
légalement par un écrit. Cette loi précise aussi les procédures spéciales tout en fixant les
conditions nécessaires pour des terrains urbains et ruraux. Pour ce qui est des terrains
urbains, cette loi précise que : « les terrains urbains sont situés dans les préfectures et
sous-préfectures ». Les limites des centres urbains sont fixées 71 par un arrêté
Ensuite, cette loi dans son article 25 spécifie l’emplacement et la composition de ces
terrains urbains et il ressort que : « les terrains urbains sont, dans chaque centre urbain,
divisés en deux catégories. Les terrains de catégorie A ne peuvent être construits qu’en
matériaux durables. Alors, que les terrains de catégorie B peuvent être construits en
matériaux traditionnels ». Quant aux espaces ruraux, ils 78 sont soumis à des concessions
à titre onéreux assorties d’un cahier de charge indiquant les conditions d’utilisation et ces
concession49.
À partir de cette situation et en tirant une analyse sommaire de cette loi, la périphérie en
générale est oubliée par le législateur Tchadien de 1967 et l’État devient un accapareur de
III.2-La 1 loi n° 24 du 22 Juillet 1967 portant sur la propriété foncière et les droits
des droits coutumiers. Dans son article premier, cette loi relate 10 : « la propriété foncière
l’établissement et l’enregistrement d’un titre de propriété appelé titre foncier ». Dans son
article 13, il est mentionné que 5 toute terre non immatriculée est cependant réputée
vacante et sans maitre à moins que ne soit rapportée la preuve du contraire. Cette preuve
terre, avec des caractères variables suivant les régions et les modes d’exploitation du
sol50. La notion de 22 mise en valeur doit se traduire au minimum par une emprise
permanente et visible sur le sol51. 5 Les terres mises en valeur peuvent être grevées de
droits coutumiers, dans ce cas le bénéficiaire pourra les maintenir à titre de droits réels
III.3-La 43 loi n° 25 du 22 juillet 1967 portant sur la limitation aux droits coutumiers et sa
Selon le législateur Tchadien, « le déguerpissement est l’opération par laquelle il est fait
obligation, pour des motifs d’utilité 18 publique, à des occupants présumés de bonne foi,
encore que non couvert par une coutume reconnue, d’une terre appartenant à la
disposition posée par le législateur de 1967 s’oppose à toute situation de non droit.
En effet, il ressort de cet article que toute opération de déguerpissement doit être justifiée
par les motifs d’utilité publique c’est-à-dire d’intérêt général. Chose qui, dans la pratique
est loin d’être évidente pour des nombreux cas de déguerpissement à N’Djaména : les
espaces libérés sont occupés par des personnes fortunés et des entrepreneurs ou
l’esprit de cette disposition ne vise pas directement les terres coutumières bien établies et
reconnus reconnues de tous. C’est-à-dire que les parcelles qui ont été acquises sous le
règne des pratiques foncières reconnues et avérées ne sont pas concernées directement.
L’Etat a garanti 1 le droit foncier coutumier même s’il est conditionné par la mise en
valeur.
La règlementation moderne datant de 1967 est mal connue, peu diffusésdiffusée, même
(figure 108). Ainsi, Djikoloum (2004) fait un constat que le dispositif mis en place pour faire
de l’État le seul habilité à distribuer les biens du Domaine privée semblent méconnus de la
la perception des textes législatifs, FrédéricF.. R Reonoudji (2004), souligne aussi qu’au
Tchad, les textes sont peu connus et accessibles seulement à quelques personnes
avisées du moment où on sait que le Tchad détient l’un des taux d’alphabétisation le plus
80 Cette figure nous montre que 71 % des enquêtés du quartier Digo n’ont pas une
connaissance des textes fonciers et seulement 29 % qui affirment avoir une connaissance
de ces textes.
Sur 134 personnes enquêtées, 95 d’entre elles n’ont pas la connaissance des textes
régissant le foncier ; ce qui donne un pourcentage de 70 %. Sur le 29 % des enquêtés qui
16 ont une connaissance du cadre normatif, 77 % nous ont affirmé que ces textes ne
répondent pas aux réalités locales, suivi de 23 % qui ont attesté que, ces textes sont
d’aspiration du peuple.
Les contradictions entre normes locales et légales entraînent fréquemment une insécurité
foncière potentielle : les droits des ruraux ne sont pas reconnus légalement (Lavigne
Delville, 2002, p.17). Ce constat est valable pour la périphérie 2 de la ville de N’Djaména
avec son étalement incontrôlé qui entraine des conflits des terrains ainsi que les grandes
La loi 5 n°24 du 22 juillet 1967 sur le régime de la propriété foncière et des droits
Article 13 : « Toute terre non immatriculée est réputée vacante et sans maître, à moins que
Article 14: « Cette preuve peut résulter de la constatation officielle d’une mise en valeur,
dont les caractères peuvent varier suivant les régions et les modes d’exploitation du sol ».
Article 15 :« 22 L’État peut immatriculer à son nom les terres vacantes et sans maître.
7 Lorsqu’il existe sur ces terres des droits coutumiers n’entraînant pas mise en valeur,
Soit les supprimer en tant que droits réels frappant son titre ;
La constatation et l’évaluation des droits sont faites par une commission dont la
Mais la pratique en est toute autre. 72 La terre appartient aux premiers occupants, c'est-à-
dire qu’elle appartient aux autochtones même si ceux-ci ne l’ont pas immatriculée, c’est le
noyau du village appelée communément zone « Koudou » ou zone de restructuration,
implantée à la demande des autorités locales (boulama) et gérée exclusivement par eux.
La zone « Koudou» s’est étendue en dehors du noyau du village jusqu’à impacter 5 les
terres appartenant à l’État, et l’interprétation extensive donnée à cette zone fait que les
gestion des certains litiges fonciers. Le caractère évasive des lois foncières fait que celles-
Accéder à la terre, c’est en avoir une portion à sa disposition pour l’utiliser. Dans la
notamment à Digo, deux règles gouvernent l’accès à la terre. D’une part, les règles
d’autre part, les textes réglementaires qui fondent le droit moderne. L’obtention de la terre
se fait par achat, par lègue ou encore par héritage dans la communauté. Mais cette
pratique coutumière se passe dans l’illégalité. En effet, les Boulama vendent illégalement
les terrains du domaine public aux particuliers. Cette pratique crée davantage de
l’insécurité foncière.
1 Selon le droit moderne, la propriété foncière est définie comme étant essentiellement
Mais cette procédure est jonchée d’obstacles, notamment le temps d’obtention de tous les
papiers très long et les taxes fiscales qui y sont attachées excessives. Tout ceci décourage
les usagers et ces derniers préfèrent le circuit informel (Tob-Ro, 2015 ; p. 235) où la
On a tendance à dire 10 que la terre appartient aux premiers occupants. Cette affirmation
est légitimée par les cadres normatifs régissant le foncier, à condition qu’il y soit une 5
emprise permanente et visible sur le sol par une occupation donnée. La loi tchadienne a
dont l’occupant ne dispose d’aucun titre est présumée appartenir au domaine national. Les
occupants coutumiers principalement en ville ne peuvent faire valoir leurs 10 droits sur le
sol. Ils sont simplement déplacés avec une simple compensation en parcelle. L’État peut
sans indemnisation et sans devoir prouver l’expropriation 4 pour cause d’utilité publique
déplacer les occupants du sol. Djikoloum (2004) relève que les droits coutumiers fonciers
peuvent être remis en cause à tout moment par la puissance publique et aussi souvent
négligés 2 en milieu urbain et périurbain dès lors qu’une compensation en parcelles loties
La loi tchadienne 19 portant Statut des biens Domaniaux, dans son article premier dit :
« l’ensemble des biens appartenant à l’Etat prend le nom de Domaine National, ce qui
permet à l’État de gérer le foncier en grand maitre. Ainsi, il est souligné que 40 toute terre
non immatriculée est réputée vacante et sans maitre à moins que ne soit rapportée la
preuve du contraire54. Cette preuve du contraire exige l’existence d’une mise en valeur.
13 Il est important de relever que les textes régissant le foncier au Tchad consacrent à
plusieurs reprises la reconnaissance du droit coutumier sur le sol. Les dispositions de ces
lois, sont dans leur ensemble pertinentes, bien que datant de 1967. Leur application aurait
ignorées par les agents de l’État en charge de la gestion lors des opérations de
lotissements.
En effet, les insuffisances constatées dans les services publics chargés du domaine
national laissent à la population assez d’espace libre et non contrôlé pour continuer les
des espaces urbains. On constate également que les chefs traditionnels s’arrogent le droit
de distribuer 3 des terrains à bâtir partout dans les zones périurbaines sans que les
autorités puissent intervenir. La loi prédit que 7 le titre foncier est définitif et inattaquable,
il forme le cas échéant, devant toutes les juridictions, le point de départ unique de tous les
juillet 1967). Une telle disposition sans réserve peut prêter à confusion notamment dans
les cas où le titre est annulable ou établi en fraude à la loi (Charles, 2008 ; p. 45, cité par
Kirbé ; p. 99).
L’applicabilité des textes en vigueur demeure jusqu’à présent précaire dans le contexte où
la corruption foncière est vécue de jour en jour à N’Djaména. Les problèmes résident 10 le
plus souvent au sommet. Le Manque de vulgarisation des textes par le législateur entraine
satisfaction des candidats aux terrains à bâtir par le pouvoir public créent une tension
foncière. Ainsi, cette situation compromet toutes les opérations de la production foncière et
par le ministère en charge, met en mal aussi les missions régaliennes de l’État. De ce
La ville de N’Djaména, sous l’effet d’une urbanisation croissante gagne du terrain 4 sur
massif. 55Aussi, les villages qui constituaient jadis la première ceinture 2 de la ville sont
constatées dans les services publics chargés du Domaine national laissent à la population
assez d’espace libre pour continuer les pratiques de vente et achat des terrains. Ces
assiste alors à une spéculation effrénée et une véritable ''pagaille foncière''56. Les chefs
de village, 12 par le biais du droit coutumier font prévaloir leur autorité et prennent le
devant en morcelant leur terroir pour le revendre en petites parcelles. Ces opérations
fonciers éclatent. Ils sont interminables ; les procès mettent aux prises les partisans du
droit coutumier à ceux de la législation moderne. On assiste à des dérapages qui sont
parfois soldés par les morts de plusieurs personnes.
également un espace actif de production agricole et pastoral. C’est là que sont installés les
producteurs de cultures maraichères maraîchères qui ravitaillent la capitale. Ils gèrent les
pas durable puisqu’ils font l’objet d’une grande convoitise de la part des habitants de la
ville.
10 Il faut dire que la loi autorise tout tchadien à disposer d’une parcelle de 5 hectares en
milieu rural. Cette opportunité est assortie de certaines conditions notamment 16 la mise
en valeur qui doit se traduire par l’existence des cultures pérennes ou l’établissement de
propriété. Cependant, ces dispositions de la loi ne sont pas connues de tous. Les citadins
demander des concessions rurales. La plupart de ces concessions supportent des vergers
dont la rentabilité est dérisoire ; ce sont bien souvent plus des propriétés de prestige et de
loisir appartenant à des personnes aisées, que des véritables espaces de production.
Les contradictions entre normes locales et légales entraînent fréquemment une insécurité
foncière potentielle : les droits des ruraux ne sont pas reconnus légalement (Lavigne
Delville, 2002, p.17). Ce constat est valable pour la périphérie 2 de la ville de N’Djaména
avec son étalement incontrôlé qui entraine des conflits des terrains ainsi que les grandes
La loi 5 n°24 du 22 juillet 1967 sur le régime de la propriété foncière et des droits
Article 13 : « Toute terre non immatriculée est réputée vacante et sans maître, à moins que
Article 14: « Cette preuve peut résulter de la constatation officielle d’une mise en valeur,
dont les caractères peuvent varier suivant les régions et les modes d’exploitation du sol ».
Article 15 :« 22 L’État peut immatriculer à son nom les terres vacantes et sans maître.
7 Lorsqu’il existe sur ces terres des droits coutumiers n’entraînant pas mise en valeur,
Soit les supprimer en tant que droits réels frappant son titre ;
La constatation et l’évaluation des droits sont faites par une commission dont la
Mais la pratique en est toute autre. 72 La terre appartient aux premiers occupants, c'est-à-
dire qu’elle appartient aux autochtones même si ceux-ci ne l’ont pas immatriculée, c’est le
implantée à la demande des autorités locales (boulama) et gérée exclusivement par eux.
La zone « Koudou» s’est étendue en dehors du noyau du village jusqu’à impacter 5 les
terres appartenant à l’État, et l’interprétation extensive donnée à cette zone fait que les
gestion des certains litiges fonciers. Le caractère évasive des lois foncières fait que celles-
Accéder à la terre, c’est en avoir une portion à sa disposition pour l’utiliser. Dans la
périphériques, notamment à Digo, deux règles gouvernent l’accès à la terre. D’une part,
10 et d’autre part, les textes réglementaires qui fondent le droit moderne. L’obtention de la
terre se fait par achat, par lègue ou encore par héritage dans la communauté. Mais cette
pratique coutumière se passe dans l’illégalité. En effet, les Boulama vendent illégalement
les terrains du domaine public aux particuliers. Cette pratique crée davantage de
l’insécurité foncière.
1 Selon le droit moderne, la propriété foncière est définie comme étant essentiellement
Mais cette procédure est jonchée d’obstacles, notamment le temps d’obtention de tous les
papiers très longs et les taxes fiscales qui y sont attachées excessives. Tout ceci
décourage les usagers et ces derniers préfèrent le circuit informel (Tob-Ro, 2015 ; p. 235)
On a tendance à dire 10 que la terre appartient aux premiers occupants. Cette affirmation
est légitimée par les cadres normatifs régissant le foncier, à condition qu’il y soit une 5
emprise permanente et visible sur le sol par une occupation donnée. La loi tchadienne a
dont l’occupant ne dispose d’aucun titre est présumée appartenir au domaine national. Les
occupants coutumiers principalement en ville ne peuvent faire valoir leurs 10 droits sur le
sol. Ils sont simplement déplacés avec une simple compensation en parcelle. L’État peut
sans indemnisation et sans devoir prouver l’expropriation 4 pour cause d’utilité publique
déplacer les occupants du sol. Djikoloum (2004) relève que les droits coutumiers fonciers
peuvent être remis en cause à tout moment par la puissance publique et aussi souvent
négligés 2 en milieu urbain et périurbain dès lors qu’une compensation en parcelles loties
La loi tchadienne 19 portant Statut des biens Domaniaux, dans son article premier dit : «
l’ensemble des biens appartenant à l’Etat prend le nom de Domaine National, ce qui
permet à l’État de gérer le foncier en grand maitre. Ainsi, il est souligné que 40 toute terre
non immatriculée est réputée vacante et sans maitre à moins que ne soit rapportée la
preuve du contraire57. Cette preuve du contraire exige l’existence d’une mise en valeur.
13 Il est important de relever que les textes régissant le foncier au Tchad consacrent à
plusieurs reprises la reconnaissance du droit coutumier sur le sol. Les dispositions de ces
lois, sont dans leur ensemble pertinentes, bien que datant de 1967. Leur application aurait
lotissements.
En effet, les insuffisances constatées dans les services publics chargés du domaine
national laissent à la population assez d’espace libre et non contrôlé pour continuer les
des espaces urbains. On constate également que les chefs traditionnels s’arrogent le droit
de distribuer 3 des terrains à bâtir partout dans les zones périurbaines sans que les
autorités puissent intervenir. La loi prédit que 7 le titre foncier est définitif et inattaquable,
il forme le cas échéant, devant toutes les juridictions, le point de départ unique de tous les
juillet 1967). Une telle disposition sans réserve peut prêter à confusion notamment dans
les cas où le titre est annulable ou établi en fraude à la loi (Charles, 2008 ; p. 45, cité par
Kirbé ; p. 99).
L’applicabilité des textes en vigueur demeure jusqu’à présent précaire dans le contexte où
la corruption foncière est vécue de jour en jour à N’Djaména. Les problèmes résident 10 le
plus souvent au sommet. Le Manque de vulgarisation des textes par le législateur entraine
Pour signifier l’appropriation de la parcelle acquise, les bénéficiaires plantent les plus
souvent, quatre piquets et/ou plaques aux angles du domaine pour délimiter l’emprise du
terrain. Sur cette plaque figure 30 le nom du propriétaire de terrain et son adresse (numéro
téléphone) pour faire face à des personnes mal intentionnées qui s’accaparent des terres
des autres. C’est une forme 21 de sécurisation des terres que nous avons trouvé sur place
B
C
plaque qui affirme la possession du sol et porte l’adresse du propriétaire ou encore pour le
cas d’attribution d’un terrain, les attributaires utilisent aussi la même technique que ceux
qui achètent le terrain dans cette zone d’étude (photo 2). D’autres marquaient leur
présence par la plantation d’un arbre, en le protégeant contre les animaux grâce à un
enclos de briques cuites, mais le plus souvent ce sont les plaques qui sont utilisés (photo
3)
conclusionConclusion
Conclusion
En bref, les textes de loi et règlement régissant 1 le foncier au Tchad révèle une
interaction complexe entre le droit coutumier, le droit moderne et les pratiques locales
influencées par des facteurs historiques, politiques et sociaux. Ainsi, les textes
d’émanation coloniale datant de 1967 sont toujours 5 en vigueur et ne répondent pas aux
arrondissementArrondissement.
Introduction
Introduction
et surtout en zone périphérique avec un exode rural qui fait croitre la population sans que
les structures d’accueils le suivent (Charles Ntampaka, 2008, p.44). Ainsi, l’appropriation
de 24 la terre est depuis toujours une question vitale pour toute société. Cependant,
devenir propriétaire d’un terrain 4 en milieu urbain ou rural et surtout dans les quartiers
périphériques nouvellement phagocytés par la ville de N’Djaména, devient des zones des
conflits liés à l’appropriation des terrains. 10 De ce fait, le quartier Digo n’est pas à l’abri
conséquence est l'augmentation du nombre des conflits fonciers préjudiciables entre les
deux parties notamment les acquéreurs traditionnels et attributaires des terrains par l’État.
Dans la présente réflexion, nous allons découvrir les conflits qui colonisent le quartier et
de lotissement à Digo
Les boulamas et autres acquéreurs des terrains coutumiers nous font savoir que : « lors
des opérations de lotissement du quartier Digo, ils ont été impliqués au départ de
l’opération et les techniciens doivent respecter les consignes des préalables soulevés par
15 les responsables de la gestion foncière 58et tenir compte des réalités des terrains lors
nombre des points ont été pris en compte avant la descente sur le terrain par 1 les
techniciens du Cadastre. Ces points sont entre autres : si vous constaté une maison
voyez un arbre planté ou un puits ou encore un dépôt de sable prenez en compte ; car sa
cela justifie la non vacance de cette terre. Donc un travail a été fait. Mais
malheureusement sur le terrain, les techniciens n’ont pas respecté ces points pris par leurs
supérieurs hiérarchiques, tout en ignorant l’implication des autorités locales sur le terrain
lors 3 des opérations de lotissement ». c’estC’est pourquoi Dobingar (2004, p.199)
souligne que :
cession des terres coutumières 1 aux services du cadastre qui avait la haute main sur le
l’espace est loti et attribué aux candidats 3 de terrain à bâtir. Ces terres de cultures sont
Digo, monsieur Thomas et Djarangar affirment que 1 les techniciens du cadastre font ce
qu’ils veulent sur le terrain et ne tiennent pas compte des consignes qui ont été mis en
place par les hauts responsables60 de la gestion foncière tout en privilégiant leur intérêt
prévoient une main forte du pouvoir public sur la production 3 des terrains à bâtir.
défaut de tenir compte des réalités de terrain et effectuer les opérations de lotissement en
N’Djaména en générale et en particulier le quartier Digo était largement occupé par les
acquéreurs traditionnels. Ses occupations anarchiques via l’achat massif des terres auprès
des acteurs coutumiers conduisent à une insécurité . foncière. Ces acteurs coutumiers qui
sont les boulama s’estiment être dans leur droit de vendre leurs terres à qui ils veulent. Il
est facile d’entendre lors des entretiens avec les boulama à propos de leur terrain « ces
terres sont nos biens, hérités de nos ancêtres et que personne ne pourra nous dire ce
qu’on peut faire de ça, pas même l’État et d’ailleurs nos ancêtres étaient sur cette terre
bien avant l’arrivée des blancs et avant la ville de N’Djaména ». Gaddoum (2021, p.202),
sociaux par SOPROFIM par l’arrêt de justice en date 08/04/2014 et le gel d’attribution 3
Mécontente d’être dépossédé dépossédée de son terrain acquis depuis des décennies de
façon coutumière, la population a porté plainte pour occupation des terrains d’autrui devant
la justice contre SOPROFIM et a obtenu la suspension des travaux par un arrêt de justice.
Ajoutons aussi le cas du Monsieur Abakar Ali et 373 autres contre l'État tchadien, pour
par 1es occupants traditionnels. Alors faut-il le rappeler que l'affaire a été suivie par le
1es enseignants chercheurs légitimes propriétaires sur ce site, il est à signaler que cette
décision de la Cour d’Appel a acquis l’autorité de la chose jugée donc elle est exécutoire ;
Les autochtones plus précisément les occupants coutumiers dénoncent la procédure
En effet, ces conflits fonciers décrits ci-haut nous révèle explicitement 15 les
Figure 132 : complexité et conflits résultants 58 des différents types de régimes fonciers
coloniale. Ainsi, les terres qui font l’objet d’occupation coutumière ou située dans la limite
d’un village tout en ayant les droits de premiers occupants sont finalement loties et
attribués aux candidats. Ces terres sont entre autres des champs ou des jachères, voire
N’Djaména
Il y’a lieu de préciser ici que, entre ces deux types de personnes, 10 le conflit foncier est
lié à l’attribution ou au transfert que la mairie ou l’État effectue. Les anciens occupants et
les acheteurs coutumiers refusent de céder les parcelles qu’ils occupent aux attributaires
ou aux transférés. 1 C’est le cas des occupants d’AMSINENE qui ont fait bloc pour
Mais lors de l’exécution de ces attributions, l’État aussi bien que les bénéficiaires de ces
attributions, ont eu une controverse avec les occupants traditionnels appelés « Koudou »
de la République, un comité a été mis sur pied afin de recenser tous les attributions
attributaires qui ont payer payé les frais afférents à leurs attributions pour les transformer
transferer sur un autre site ( Abourdja) prévu à cet effet. C’est ainsi que 642 personnes
ont été recensées et transférées sur le site d’Abourdja pour résoudre le problème. Mais il
faut rappeler que ces transférés ont encore malheureusement été empêchés par la
population d’Abourdja parce que le transfert n’a 10 pas pris en compte le périmètre défini
Le village Digo a fait l’objet d’attribution 3 des terrains à bâtir en 2017. ParconséquentPar
10 De ce fait, le village, par la suite devenu quartier se retrouve dans les situations de
Fréquence
Pourcentage
72
54
20
15
42
31
Totale
134
100%
Ce tableau 5 nous décrit de manière synoptique les conflits liés à l’attribution 3 des
terrains à bâtir. Ces conflits sont animés entre autres avec 54 % de contestation entre
acquéreurs coutumiers des terrains et attributaires de l’État. Ainsi, ces conflits sont suivis
par une croissance légère de 15 % entre attributaire de terrain par l’État contre attributaire
59 par rapport au premier.
Ainsi, l’enquête de terrain montre que, 1 pour les terrains attribués et qui n’ont pas fait
l’accroissement démographique. Cette expansion entraine une pression croissante sur les
terrains 3 situés à la périphérie, autrefois utilisés pour l’agriculture ou laissés à l’Etat l’état
naturel. La demande pour les terrains en périphérie augmente, rendant ces zones
que L’ampleur l’ampleur de ces conflits est si importante qu’il est impossible de faire des
travaux d’urbanisme sans être confronté à de sérieux problèmes. Cette situation s’explique
par plusieurs raisons, notamment : l’implication des Boulama dans la vente des terrains
démographique. Dobingar (2004) souligne à cet effet que les problèmes suscités par le
foncier ne se manifestent pas de la même façon suivant que l’on se trouve 2 en milieu
urbain et périurbain. En milieu urbain, les problèmes récurrents dans le cas de N’Djaména
sont :
1. Les occupations des réserves publiques par les citadins sans autorisation des services
de l’Etat ou de la commune ;
2. Les morcellements des réserves publiques par les services qui ont la charge de les
conserver ;
4. Les doubles, voir triples ou même quadruples attributions de terrains aux demandeurs ;
5. Les falsifications des documents cadastraux aussi bien 5 par les agents des services
techniques que des faussaires bien introduits dans la maison.
En milieu périurbain, le problème est encore plus grave, car il porte sur l’ensemble des
1. L’occupation de toute la périphérie urbaine sur des dizaines, voire des centaines de
Kilomètres ;
4. L’achat par des personnes nanties de dizaines, voire des centaines de lots en vue de
spéculer ;
etc.
III-Consommation de l’espace Digo par le quartier AdineoAdinew : une source des conflits
de terrain
N’gabo, au nouveau quartier AdineoAdinew. Or, sur le plan, c’est précisé pour le quartier
AdineoAdinew ; néanmoins, sur le terrain, le transfert a été fait sur le territoire Digo.
Cependant, on peut dire que l’étude de faisabilité a été ignorée ou mal faite par les
De plus, parmi les 1339 parcelles à transférer, il n’y a que 752 attributaires transférés qui
ont eu à avoir leurs procès-verbaux et leur certificat d’occupation. Les restes se retrouvent
2 dans une situation de contestation de parcelles par les anciens occupants traditionnels
(la Figure 1432). 10 De ce fait, Le projet du drainage des quartiers Nord-Est de N’Djaména
pour les transférés impactés par le bassin aurait été planifié pour le quartier Adinew, mais
d’après les propos du Boulama du Digo disait que : « par la passé, le quartier Adinew fait
partie du gros village Digo ». C’est pourquoi 15 il est difficile de séparer ces deux
quartiers.
2023.
Cette figure fait comprendre que parmi les 1339 impactés et transférés impactés par le
qu’ils sont à l’abri des contestations de leur terrains par les occupants illégaux ou
acquéreurs traditionnels. Par contre, 44% des transférés 25 se trouvent dans une situation
Ainsi, il est évident de soulever la situation des personnes affectées par le transfert des
Figure 154 : 12 état des lieux des personnes affectées par le transfert des impactés du
des pièces conformes de leur terrain impacté par le projet, donc ces personnes doivent
arrondissementArrondissement
Font partie des acteurs : les juges de paix, les commissariats de police, la justice, la
IV.1-Les Boulamas
Dans le fait, Une une fois qu’un village est «phagocyté» par la ville, le Boulama originaire
deviennent les chefs de carré. Le Boulama promu délégué de quartiers est habilité à
établir des attestations de vente de tous les terrains vendus et/ou achetés sur son
régularisation des terrains issu des domaines sous leur administration. Elles sont exigées
des autorités communales pour amorcer le processus de régularisation des terrains issu
1 de cette zone. Le Boulama perçoit une prime pour toute transaction foncière dans son
domaine. Ainsi, en cas des conflits fonciers opposant surtout les acquéreurs de terrains
entretient en vendant les terres vacantes. Il a par exemple été noté qu’il perçoit 10 % sur
toutes les transactions foncières sur son territoire, il reçoit des commissions (de 2 000 à 10
000 francs CFA) sur tous les mariages effectués dans son village ainsi que les divorces.
Tout règlement de différend est conclu par une amende dont le Boulama encaisse 50 à 60
Les commissariats de police sont chargés de résoudre 12 les conflits entre les habitants
au cours de l’année 2022 plus de 40 plaintes liées au foncier dans ladite commune.
IV.4-La justice
Cette institution règle d’innombrables conflits que génère le foncier 1 par rapport à son
accès, son usage et son transfert. Kirbé (2021, p.53) souligne que, dans le processus
d’acquisition des terrains à bâtir 21 au sens juridique du terme, ce ministère est impliqué
par le biais de ses agents assermentés comme les procureurs qui ordonnent
l’immatriculation de ces terrains à bâtir qui se matérialise par 5 la délivrance des titres
fonciers par le conservateur national aux personnes ayant les statuts des propriétaires.
La direction Direction des affaires juridiques et du contentieux intervient pour statuer les
requêtes les dossiers des terrains qui comprennent un nombre de 475 des années
2018-2019 et 2020. Cependant, 210 dossiers sont traités sous forme des décisions
Cette figure montre que 44 % des dossiers reçus liés aux contestations des terrains au
cours des années 2018 à 2020 ont été traités sous forme des décisions ; par contre 66 10
% de la totalité des litiges n'ont pas aboutis à une conclusion sous forme de compromis et
Tableau 6 : Etat de lieu des problèmes traités à la direction Direction Générale 1 des
N
Vingt (20) avis juridiques adressée à la Directions Générale des Affaires Foncières 21 et
de la Législation par rapport aux litiges jaillissants des doubles paiements, de numérisation
des documents dans la base des données sans une bonne base d’acquisition, etc… ;
Cent vingt-huit (128) communiqués radiodiffusés 12 dans le but de retrouver les parties
mises en cause pour des éventuelles confrontations afin des trouver une solution à
l’amiable ;
Quatorze (14) Procès-verbaux de règlement de litige qui consiste à départager les parties
dans les cas où les parties acceptent les propositions faites par la Direction des Affaires
Juridiques ;
Total
221
Au total 221 dossiers traités liés aux conflits de terrains durant cinq (5) mois seulement.
terrains que rencontrent les usagers 2 par rapport à la nature diverse de leur différend.
De ce fait, on peut dire que la ville de N’Djaména ainsi que sa périphérie sont plongées
Contentieux
périphérie sont orientés par rapport aux différents cas de contestation des terrains.
On parle de mode de règlement de litige à l’amiable, quand les deux (2) parties en litige
Juridiques.
Ici, deux parties qui réclament une même parcelle s’accordent à un règlement consistant à
une des parties de céder en toute lucidité, de manière irrévocable et sans contestation
ultérieure de ladite parcelle à l’autre partie. À cet effet, la Direction des Affaires Juridiques
établie l’acte dit de renonciation après vérification des pièces d’identité et les documents
C’est un autre mode de règlement qui consiste à auditionner les deux (2) parties et
consigner leur entente dans un procès-verbal. Les avis des deux parties consignés dans le
rectificatif sera élaboré. Pour ce faire, un technicien sera envoyé sur le terrain afin d’établir
un conflit foncier vers les cours et tribunaux de la place lorsque celles-ci refusent
Les actes juridiques posés par la Sous-Direction des Affaires Juridiques produisent des
effets à l’égard des parties en conflit. Ces effets peuvent soit annuler les paiements,
rectifier les références, confirmer les références ou aboutir aux transferts pour l’une des
parties.
V.2.1-Annulation de paiement
Elle consiste à anéantir dans la base des données foncières, y compris au Domaine, un
transférée 4 par une personne qui n’est pas le vrai acquéreur de ladite parcelle. Ce mode
parcelles n’est pas fiable ou quand 2 il s’agit d’une zone d’attribution régulièrement
flagrante des textes régissant le foncier. Cette constations entraine ipso-facto l’annulation
V.2.2-Transfert en compensation
4 C’est le cas de règlement de litiges le plus courant. Il s’agit du cas ou deux attributaires
réguliers ont payé tous deux des frais cadastraux et domaniaux de manière régulière et les
paiement dont ils font usage, alors le premier sera accepté de poursuivre la régularisation
administrative.
Le second payeur, du fait que l’Etat ne peut lui retourner son argent, est enregistré et
Conclusion
Conclusion
une source majeure de conflits. Les terrains périphériques sont souvent gérés selon les
publics, créant crée des conflits entre les acquéreurs traditionnels et les nouveaux
arrivants.
Chapitre 4 : propositions Propositions de solutions pour une production durable 3 des
terrains à bâtir *
Introduction
Introduction
La production des terrains à bâtir à travers les opérations de lotissement induite par une
demande exponentielle d’attribution des terrains crée une tension foncière précisément 5
N’Djaména, le problème est grave, car elle fait l’objet d’occupation spontanée engendrée
par la vente des terrains par les autorités coutumières d’une part, et d’autre part la
production des terrains à bâtir de par l’État sur des terrains achetés auprès des autorités
coutumières 12 pour répondre aux besoins des candidats aux terrains à bâtir. Face à ces
terrains à bâtir avec la non 2 prise en compte des réalités de terrain par les autorités en
bâtir. Par ce chapitre, nous proposons d’apporter quelques pistes de solutions pour une
production durable des terrains à bâtir, qui pourraient servir non seulement Digo, mais
Ainsi, Ede Ijjasz, 26 Directeur principal du pôle développement social, urbain et rural de la
pour bâtir des sociétés durables, il faut résoudre les problèmes fonciers : les pays, les
régions, les villes et les villages ont besoin de droits de propriétés bien établis, de
économiquement.65
I-Pour une production des terrains sur une base rationnelle il faut :
I.1-Prôner une gouvernance adaptée
politiques et les actions liées à 1 la gestion des terres de manière holistique, tout en
prenant en compte les aspects nécessaires pour une meilleure gestion des terres. Cela
vise 12 à assurer une utilisation durable des ressources foncières tout en respectant les
contemporaine. Elle l’est davantage dans les pays du Sud, où on note très souvent
une légitimité de la mise en débat de ces questions afin de contribuer à la mise en place
d’un aménagement durable des territoires66. Cette situation est comparable aux réalités
périurbaines de N’Djaména, car les acteurs qui interviennent dans ces espaces ont des
intérêts divergents et leurs actions sont orientés orientées en fonctions de leurs intérêts. Si
la réforme foncière était une priorité très tôt pour 4 la plupart des pays africains, le Tchad
pour sa part, a attendu jusqu’en 1967 pour se doter d’une législation foncière. Il tient 1 de
rappeler que les textes régissant le foncier dans ce pays adoptés en 1967 sont : la loi n°
reconnait pas l’existence d’un espace tierce adjacent aux villes, 2 du fait que le
législateur n’avait prévu une évolution graduelle et décrétée de la ville et du milieu rural. Le
mimétisme juridique qui a consisté à reproduire les textes en vigueur dans l’ancienne
puissance coloniale sans le moindre souci de la prise en compte des réalités locales,
légifère, après l’espace urbain viennent immédiatement les espaces ruraux et les
propriétés immatriculées. Par ailleurs, l’écart entre les normes et les réalités de terrain est
Cependant, il est urgent d’actualiser les textes régissant 1 le foncier au Tchad par
rapport aux réalités locales du fait des conflits fonciers qui colonisent de jour en jour les
des communautés
d’accès à la propriété foncière., dèsDès lors où ils ne sont pas susceptibles de déboucher
sur des solutions contraires à l’ordre public, ou violent les droits acquis antérieurement par
des personnes privées (Tajouo, 2019, cité par Gaddoum, 2021, p. 295). En s’inscrivant
dans cette dynamique identifiée par Tajouo, on se démarque du système foncier colonial
inadapté aux réalités et coutumes locales et on place les réalités africaines au centre des
sociaux locaux basés sur les réels réalités que des concepts idéologiques désincarnés et
peu enclins à nos us et coutumes. Dans ce cas, le droit foncier voulu devrait correspondre
aux réalités sociales. Une telle approche rendra un grand service aux espaces périurbains
I.4-Impliquer les agents du 101 service des affaires juridiques et du contentieux pour une
Au moment des opérations de production de terrains à bâtir confier confiée aux techniciens
élaboré par la Direction de l’Urbanisme, ces techniciens font défaut concernant la réalité
10 De ce fait, le caractère évasif des lois foncières fait que celles-ci sont soientsoit mal
Direction des Affaires Juridiques dans toute nouvelle implantation de terres, c’est-à-dire les
opérations de lotissements, et toute nouvelle restructuration afin 2 de prendre en compte
les dispositions de la loi et ainsi éviter les litiges fonciers qui peuvent naître dans le futur.
I.5-Impliquer la population 12 pour une gestion durable du foncier à Digo et par ricochet
N’Djaména doit se faire au préalable avant toute intervention du pouvoir public pour les
opérations de production 3 de terrain à bâtir. Elle consiste à mobiliser les citoyens autour
de la thématique 15 de lutte contre la corruption et ses dangers en mettant sur pied des
structures de recueil d’informations venant de la base et les sensibiliser sur l’intérêt de lutte
contre ce fléau (corruption). Cette stratégie est une réponse à la corruption presque
généralisée 56 dans le domaine du foncier périurbain, mais aussi un moyen pour inciter
les citoyens des quartiers périurbains à participer à la gestion foncière et obtenir leur
adhésion. En mettant les citoyens au cœur des enjeux fonciers périurbains, le pouvoir
l’inefficacité de l’administration dans ce secteur. Pour ce faire, divers moyens sont à utiliser
Dans une logique d’éradiquer ce fléau, le pouvoir public devrait songer à mettre un
numéro vert spécial 2 à la disposition des citoyens pour dénoncer les faits de corruption
constatés dans leur secteur. En plus de cela, il faudrait renseigner les citoyens sur le
opposables au tiers. Cette façon de faire, permettra aux citoyens longtemps marginalisés
en particulier.
I.6-Anticiper les lotissements : une solution durable pour éviter les occupations spontanées
à la périphérie
production 3 de terrain à bâtir par le pouvoir public, invite les citoyens à se tourner vers le
Cependant, Le le pouvoir public devrait plutôt lotir en avance pour éviter les occupations
fonciers. Ainsi, il est urgent à l’État d’exécuter tous les plans de lotissements et
restructurations sur les terrains avant les occupations spontanées qui colonisent surtout
les espaces dédiés aux future futurs lotissements. Comme le souligne Dobingar
(2004) : « Aujourd’hui, entre l’adoption d’un 4 projet de lotissement et son exécution sur
le terrain, il s’écoule généralement trois à sept ans ». Alors entre ce temps, les terrains
destinés pour le lotissement sont colonisés par les acquéreurs dits traditionnels auprès de
préalable négocier avec l’autorité villageoise pour la 5 purge des droits coutumiers, sous
disant que les terrains non immatriculés sont la propriété de l’État tchadien. Cette
compensation est opérée au Tchad en nature comme la souligne Dobingar (2004) par la
village, loti et attribué au nom du boulamaBoulama. Les restes du terrain sont lotis
demande d’attribution des terrains à bâtir, ; c’est pourquoi, ils retournent auprès du chef
coutumier d’un village périphérique 2 de la capitale pour avoir une parcelle. Du coup,
l’État arrive plus tard pour affirmer son autorité. Alors, quand un citoyen se manifeste pour
remplir toutes les conditions d’attribution d’un terrain, l’État ne répond pas à sa demande.
De ce fait, l’État devrait créer un comité spécial de gestion des acquéreurs traditionnels
tout en recensant d’abord tous les acquéreurs traditionnels munis de leur attestation de
au périmètre urbain pour la restructuration leurs terrains mises en valeur et les restes
seront ajoutés au nombre des nouveaux attributaires dans un espace vide pour les
lotissements. Telle est la solution que nous proposons pour tenir compte des réalités de
terrain pour éviter les conflits des terrains 3 à la périphérie de toutes les villes du Tchad,
périurbain
La lutte contre la corruption est l’une des composantes clés pour aboutir à une gestion
difficulté à repérer la corruption68, cette lutte doit passer par des reformes importantes en
l’aménagement et de la gestion foncière. Une situation qui nécessite de sacrifice tout tant
est nécessaire de disposer de stratégies qui s’inscrivent dans le temps. Au-delà des
d’acteurs, une lutte efficace contre la corruption devrait se faire par une intervention
concertée. Cette stratégie doit placer les citoyens au centre de ses actions pour parvenir à
Réunir et s’assoir autour d'une table pour dégager quelques compromis au préalable à
l’égard des détenteurs fonciers coutumiers (c’est-à-dire les premiers occupants) avec les
L’État tchadien peut s’inspirer des expériences vécues dans d’autres villes africaines, tout
voulu mettre en exergue 1 les opérations de lotissement dans une zone d’occupation
coutumiers au profit de l’État. Ainsi, cette situation ressemble beaucoup plus à la réalité de
investissements réalisés de ceux qui ont achetés leurs terrains auprès des détenteurs
À Abidjan en Côte d’Ivoire par exemple, Pierre Kobo et Michel Prouzet (1985) révèlent que
pour libérer des terrains nécessaires à l’urbanisation, le pouvoir public a mené des
négociations avec les propriétaires fonciers coutumiers. Les deux parties ont trouvé le
Cependant, les terrains acquis au marché foncier informel et par la suite densément
occupés, ces occupations doivent faire l’objet de restructuration. Pour les terrains
éparpillés, achetés 4 auprès des détenteurs coutumiers et qui font l’objet d’occupation
(c’est-à-dire l’existence d’une emprise permanente sur le terrain), ces terrains doivent être
terrain (Kirbé, 2021, p.135). Les chefs traditionnels de leurs côtés, doivent collaborer avec
nouveau propriétaire. Cette attestation doit servir sans crainte le propriétaire et faire
preuve d'une garantie devant le pouvoir public. Par ailleurs, les chefs coutumiers doivent
éviter tout esprit de cupidité pouvant conduire aux conflits fonciers, mais adopté la
meilleure manière de vendre le terrain à l'unique personne. Ce qui réduirait à chaque fois
territoire en matière foncière est une urgence qui s’impose. Face à une croissance
démographique avec un nombre élevé des demandes 3 de terrain à bâtir dans les
ces textes au profit des citoyens tchadiens, pour un accès aux terrains à bâtir sûre, simple,
reste des villes du Tchad, elle est faite par une Commission 23 d’Attribution de Terrains
en Zone Urbaine (CATZU), seul organe habilité pour cette tâche. Mais du fait des
officielles, faites sur un procès-verbal d’attribution, il y a aussi des attributions faites à base
manières discrétionnaire 1 par les services du cadastre et parfois par la haute hiérarchie,
sont source de beaucoup de litiges. D’abord, parce qu’elles ne figurent dans aucun procès-
verbal d’attribution, ce qui ne permet pas de vérifier les sources d’acquisition de terrains,
ensuite parce qu’elles sont faites aussi 10 en dehors de la CATZU, donc ne respectant
En plus des doubles attributions qui sont récurrentes dans les litiges fonciers rencontrés
par la Direction des Affaires Juridiques, 15 il y a aussi les doubles paiements ou doublons.
Concrètement, c’est lorsque sur une même parcelle, deux ou plusieurs personnes
effectuent des paiements pour la régularisation se rendent compte. Ces cas de double
paiements sont les cas les plus nombreux auxquels la Sous-direction fait face, il s’agit
d’abord de vérifier la zone dans laquelle se sont effectués les différents paiements, les
Une restructuration est l’opération qui consiste à ouvrir les rues ou délimiter les sections,
les ilots et enfin dégager les réserves de l’État, lorsqu’il est constaté 15 qu’il y a une forte
zone coutumière et aucune attribution de l’État ne peut s’effectuer dans ladite zone. Et les
litiges fonciers naissent souvent au moment de laquand-t-il y a une délimitation des rues
d’une zone « koudou ». 8 C’est le cas notamment des parcelles restructurées qui ne
gardent pas toujours les mêmes superficies, les mêmes alignements, a à l’issue de cette
opération, il y a toujours des ilots, de parcelles qui se chevauchent. De ce fait, pour éviter
les conflits, aAu moment des opérations de restructurations, le pouvoir public doit
passage, des réserves de l’État…etc. Il faut que l’État prenne en compte tous les
lotissement.
à tracer les rues, à dégager les sections, les ilots et les lots sur les terrains non circonscrits
dans la zone de restructuration. Ainsi, ce travail s’effectue dans la zone de l’Etat (sauf à
situation des anciens occupants, les propriétaires traditionnels des terrains occupés. Et
détriment des propriétaires traditionnels, ce qui crée une contestation de production des
parcelles et constitue aussi une source de litiges. Donc il faudrait prendre en compte et
III-Pour éviter tous ces problèmes ci-dessus énumérés, il faut S’inscrire s’inscrire dans les
L’un des messages clés de l’Agenda 2030 est le rôle des gouvernements locaux 21 dans
la conception et la mise en œuvre des politiques publiques contribuant à la réalisation des
ODD. 63 Dans le même temps, il reconnaît, en particulier dans le cadre de l’ODD 11, que
tirant parti de l’outil numérique de participation citoyenne digitalisée développée par cette
dernière, une plate-forme de participation a été développée (Consul) sur les objectifs de
développement durable. Dans ce contexte, la ville de Praia au Cap Vert a décidé d’adopter
cette plateforme afin que ses citoyens puissent participer à la conception et à 2 la mise
processus participatif, la ville veut donner à tous les citoyens de La Paz la possibilité de
Sahel
financement de l’habitat ;
Valoriser les compétences des architectes tchadiens et les soutenir afin qu’ils
Élaborer et faire adopter des textes régissant les métiers du secteur 2 de l’habitat et de
et aux priorités du nouvel agenda pour les villes, au Ministère de l’Aménagent du Territoire,
et de l’Urbanisme
construction ;
l’habitat social ;
Mettre à jour et rééditer la brochure présentant l’habitat traditionnel au Tchad qui date de
1988 ;
Promouvoir un habitat durable adapté aux zones climatiques et aux revenus 2 des
Organiser un atelier afin de faire une analyse critique des recommandations contenues
dans le document 11 de la Stratégie Nationale de Logement ;
Mettre en place une structure de suivi de la mise en œuvre des recommandations issues
de cette conférence regroupant les acteurs étatiques et non étatiques nationaux ainsi que
les partenaires.
topographes
topographes et énergéticiens.
Conclusion
Conclusion
Ces mesures nécessitent une volonté politique forte pour assurer une production
rationnelle 12 des terres en zones urbaine, périurbaine et rurale, ainsi qu’une coopération
entre les différentes parties prenantes pour être mises en œuvre de manière
éfficaceefficace.
Conclusion générale
L’urbanisation accéléréerapide dans certaines régions du Tchad exerce une pression
supplétiveupplémentaire sur les terres disponibles tant 1 dans les zones urbaines que
rurales. Cela mène à des disputes concernant l’expansion des villes, souvent au détriment
des terres agricoles. En plus, avec l’augmentation de la valeur des terres à la périphérie de
illégalement des terrains en anticipant une hausse de leur valeur. Cela conduit à
De ce fait, ce présent mémoire qui a pour thème « conflits entre acquéreurs traditionnels et
attributaires des terrains 4 à la périphérie Est de N’Djaména : cas du quartier Digo dans
d’appropriation des terrains entre les acquéreurs traditionnels et ceux du pouvoir public
afin de mieux cerner les causes et en tirer des solutions 12 pour une gestion durable et
participative de la terre. 4 Les résultats de cette étude ont montré que 71 % des
enquêtées du quartier Digo n’ont pas une connaissance des textes fonciers et seulement
29 % qui affirment avoir une connaissance de ces textes, ce qui témoin témoigne la non
vulgarisation des textes fonciers. Ainsi, parlant des conflits au quarter Digo, l’enquête du
terrain révèle que 69 % des concessions enquêtées se retrouvent dans une situation des
vente, achat, attribution, don, héritage etc…. Il convient de souligner que le mode achat
d’appropriation.
lois modernes. Les droits coutumiers sur la terre sont souvent en conflit avec les cadres
Les conflits opposent souvent entre les acquéreurs traditionnels et les attributaires légaux
1 des terrains au quartier Digo. Ces conflits sont souvent les conséquences directes de
urbaine par les autorités qui ont la charge de maitriser l’étalement de la ville. 77 Cette
situation est exacerbée par la faiblesse des institutions chargées de la gestion foncière, ce
Le cadre légal concernant l’appropriation 5 des terres au Tchad est souvent perplexeflou
ou inadapté aux réalités locales. Même lorsque des lois existent, leur application est
souvent inégale et les autorités locales peuvent être influencées par les intérêts privés des
Ouvrages
133-134 p.
ALI Mahamat Mahamoudi, 2008, causes et conséquences des conflits fonciers en zone
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ALI Mahamat Mahamoudi, 2008, causes et conséquences des conflits fonciers en zone
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Bouet II pari gagne, pratiques foncières locales en Afriques Noire, Actes du colloque
DJIKOLOUM B., 73 2004, Analyse critique du droit foncier Tchadien, Actes du Colloque
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GERARD C., 1987, 49 vocabulaire juridique, association Henri capitant, paris, 12e édition
Développement, enjeux et perspectives dans les pays du Sud Les Presses agronomiques
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Articles
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KOBO Pierre-claver., 1985, L’urbanisation et les droits coutumiers, Cités Africaines, N°2,
Lavigne Delville Philippe, 2010, sécurisation foncière, formalisation des droits, institutions
l’Ecole Normale Supérieure Série Lettres et sciences humaines, volume VII, N°1,
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REBAÏ et al., 2021, N., RIEUTORT L et TCHEKOTE H, 8 Les territoires périurbains dans
le sud, entre politiques publiques et gestion durable des ressources Revue Territoires Sud
< 3 > n° 1, octobre 2021 ISSN : 2709-4359 (Online) ISSN : 2709-4340 (Print)
Thèses et mémoires
KIRBE Labary, 2020, sécurisation foncière par le bas en zones périurbaines 1 au Tchad :
Rapports
Rapport du 3ème partie du guide comité 21 de l’ODD 11, comment mettre en œuvre les
ODD ? 50 Objectif 11 Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient
Lois
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Webographies
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Http : //[Link]/infographie/amp/30885/part-de-la-population-urbaine-vivant-dans-
- Les titres des graphiques /figures sont à places au bas des figures
- Il ya parfois deux titres libellés de la même matière, par exemple, les lois, 23,24,et 25
- La Dédicace
- Les remerciements
- La Table de matières
Dédicace 2
Remerciements 3
Résumé 4
Abstract 5
Sigles et Abréviations 6
Glossaires 7
Introduction générale 13
CONTEXTE DE L’ETUDE 15
Choix du sujet 18
Problématique 18
89 QUESTIONS DE RECHERCHE : 20
LES HYPOTHESES : 20
ETAT DE LA QUESTION : 21
Concepts et Théories 26
Cadre conceptuel 26
Cadre théorique 29
MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE 32
Introduction 38
du 7ème Arrondissement 48
Conclusion 64
introduction 65
I.1-La loi n°23 1 du 22 juillet 1967 portant statut des biens domaniaux 66
I.1.1-Domaine public 66
I.1.2-Domaine privé 67
I.1.3-La loi n° 25 du 22 juillet 1967 portant sur la limitation aux droits fonciers 68
Arrondissement 71
III.1-La loi n° 23 du 22 Juillet 1967 met aux prises les réalités locales 72
III.2-La loi n° 24 du 22 Juillet 1967 portant sur la propriété foncière et les droits coutumiers
III.3-La loi n° 25 du 22 juillet 1967 portant sur la limitation aux droits coutumiers et sa
VI- 80
conclusion 82
Arrondissement. 83
Introduction 83
lotissement à Digo 83
I.2-Conflits d’appropriation des terrains entre les autochtones et les allogènes à N’Djaména
87
III-Consommation de l’espace Digo par le quartier Adinew : une source des conflits de
terrain 90
Arrondissement 91
IV.1-Les Boulamas 91
IV.4-La justice 92
Contentieux 95
V.2.1-Annulation de paiement 96
V.2.2-Transfert en compensation 96
Conclusion 96
Chapitre 4 : Propositions de solutions pour une production durable 3 des terrains à bâtir
97
Introduction 97
I-Pour une production des terrains sur une base rationnelle il faut : 97
des communautés 98
I.4-Impliquer les agents du service des affaires juridiques et du contentieux pour une
I.5-Impliquer la population pour une gestion durable du foncier à Digo et par ricochet pour
I.6-Anticiper les lotissements : une solution durable pour éviter les occupations spontanées
à la périphérie 100
périurbain 101
III-Pour éviter tous ces problèmes ci-dessus énumérés, il faut s’inscrire dans les directives
Conclusion 108
Bibliographie 111
Annexe 123
Annexe
Annexe 2 : transfert des impactés du projet de drainage des quartiers Nord-Est Annexe 1.
Requête contre x
94 RÉPUBLIQUE DU TCHAD Unité - Travail-
MINISTÈRE DE L’AMÉNAGEMENT DU
L’URBANISME
AFFAIRES JURIDIQUES
L’objet de la présente note est de faire la description des typologies de conflits fonciers qui
ont été transmis à la Sous-Direction des Affaires Juridiques pour traitement. Il s’agit des
dossiers divers et variés qui ont abouti plus ou moins à des compromis, des conciliations,
des décisions et les plus importants et acceptés ce sont les transferts en date des années
des terrains qui comprennent un nombre total de 475 des années 2018-2019 et 2020 et
210 dossiers traités sous forme des décisions.
conflits fonciers au Tchad ( I) et ensuite faire l’état de lieu de solutions qui ont connu un
la terre
Le Tchad 2 à l’instar des autres pays africains à plusieurs facteurs qui sont à l’origine des
conflits fonciers. Ils sont entre la croissance démographique, la substitution des législations
foncières au détriment des accords locaux coutumiers quand il s’agit de droits 16 d’accès
à la terre, le caractère mutationnel des lois d’accès à la terre locale. Tous ces éléments
énumérés sont mutatis mutandis à l’origine des conflits. Il s’agit d’abord de l’Etat et les
occupants traditionnels, ensuite entre les autochtones eux-mêmes et enfin entre les
part des cas en conflit avec les personnes physiques notamment les autochtones et les
citoyens qui ont acquis de terre entre les mains de ces autochtones (boulama), l’Etat 2
retrouve avec 7 120 en 1999, en suite, en 2009, c’est 9 925 et en 2019 se retrouvant à
41 551.
2 Http : //[Link]/infographie/amp/30885/part-de-la-population-urbaine-vivant-dans-
boulama.
n’incombe pas aux acteurs traditionnels mais plutôt de l’Etat dans notre contexte.
13 [Link]
constructible/visité le 26/05/2023.
16 [Link] -
20 Chef traditionnel qui assure 1 la gestion de la terre et les affaires familiales au sein de
27 Terrain acheté auprès des chefs coutumiers notamment appelé boulama dans le
contexte de N’Djamena.
tolérance administrative, NGARESSEM Goltob Mbaye/ syllabus n°1, volume VII, 2016, P.
61-82.
fonciers.
50 Menace ou attaque par les occupants illégaux à l’égard des attributaires des terrains
2004, p. 39-104.
coutumiers.
67 En 2009, N’Djaména compte 951 418 habitants, en 2015 se retrouve à 1 269 269 et en
2022, elle compte environ : 1 771 862. Résultats obtenus d’après la projection de 2009 à
68 C’est un désordre animé par la population en matière des ventes et achat des terrains
créant ainsi des tensions foncières entre les acquéreurs.
coutumiers.
71 Dobingar, A., 2004, 1 le foncier urbain et périurbain au Tchad, Actes du Colloque sur
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