MASTER DROIT DES CONTENTIEUX
LES COMMISSIONS
LOCALES DE
TAXATION
Realisé par :
Encadré par :
PR :MOHAMMED
-LAOUTE Yasser
SALIM OUERIAGLI
-SADIK Mouad
Année universitaire : 2022/2023
« LA JUSTICE FISCALE, C’EST COMME LA SAINTE VIERGE, SI ON NE LA VOIT PAS
DE TEMPS EN TEMPS, LE DOUTE S’INSTALLE. »
Michel Audiard (écrivain français).
Le contentieux fiscale se divise en 2: une phase administrative (ou pré-judiciaire)
et une phase [Link] procédure administrative de divise en 2 :La procédure
contradictoire devant l’administration fiscale puis la phase des commissions :
CLT et CRRF qui était avant la commission nationale de recours fiscal .
La CLT est une commission prevue dans l’article 125 du CGI :instituée par
l’administration et qui en fixe le siège et le ressort .
Étymologiquement comission signifie du latin commissus confié, remis,
recommandé
Une commission est le fait de confier un mandat, une charge, une mission à
quelqu'un.
Locale du latin localis, qui est dérivé de locus, lieu.
Taxation : Le verbe taxer est directement issu du latin taxare de même sens :
blâmer, imposer.
Historiquement cette comission a été crée en 1987 en vertu du Décret de
30/12/1987, elles etaient appelées Commission locale d'évaluation dont la
compétence était triangulaire ; la TVA , l’ impot général sur le revenu et l’impot
sur les sociétés.
Puis elles ont connu un élargissement de la compétence parvenant aux droit
d’enregistrement et de timbres et l’impot sur les profis immobiliers , comme son
nom aussi a été changé en commission locale de taxation ,
En 2016 la commission régionale n'est plus resté un deuxieme degré de recours
contre les CLT dont certains impots sont devenus des compentences éxclusives
da la CLT .
Aussi la loi de finance de 2016 a ajouté deux autres compétences qu’on va y citer
au niveau de notre plan.
Le comissaire du gouvernement français avait commenté : "Les commissions
sont considérées aujourd'hui comme une garantie du redevable plus qu'ils
apparaissent comme organe qui vise la protection des intérêts de la trésorerie"
La pratique réelle nous prouve le contraire,on a une surcharge des dossiers , un
surcroit insupportable absence des representant...
Ex : la Commission locale de taxation de Mohammedia en 2018 lors de son
assemblée a examiné 40 dossiers idem pour Benslimane, chose qui laisse une
insatisfaction chez le contribuable.
Donc une grande problématique s’impose: " Commission locale de taxation : une
garantie juridique au profit du contribuable ou un ralentisseur des procédures
contentieuses "
Afin de traiter cette problématique on va consacrer le plan suivant :
I - L'arsenal juridique de la commission locale de taxation
A - Création et Compétence
B - Composition et Procédure
II - Le contrôle exercé sur la commission locale de taxation
A - Contrôle Administratif
B - Contrôle Judiciaire
I - L'arsenal juridique de la commission locale de taxation
A - Création et Compétence
Le contentieux fiscale se divise en 2: une phase administrative (ou pré-judiciaire)
et une phase judiciaire.
La procédure administrative de divise en 2 :
La procédure contradictoire devant l’administration fiscale puis la phase des
commissions : CLT et CRRF qui était avant la commission nationale de recours
fiscal .
La CLT est une commission prevue dans l’article 125du CGI :instituée par
l’administration et qui en fixe le siège et le ressort .
Ses membres sont proposés par les ministres concernés et sont nommés par
décret du Chef du gouvernement .
Ses commissions connaissent des réclamations sous formes de requêtes
présentées par les contribuables qui possèdent leur siège social ou leur principal
établissement à l’intérieur dudit ressort.
(Pratiquement ces commissions siègent dans les TPI et elle n’ont pas un greffe) .
ces commissions examinent les dossiers présentés devant elles , et elles doivent
soulever leur incompétence lorsqu’il s’agit des questions relatives à
l’interprétation des textes juridiques ou réglementaires. (le litige présenté
devant la commission doit reveter un caractère technique et pratique , et non
pas juridique) aux niveau des compétences la loi de finance de 2016 (70-15) via
son article 8 a apporté pas mal de modifications qui ont résolu plusieurs
problèmes.
le législateur via cette loi a octroyé -a ajouté- deux competences (dont la
question qui se pose : est-ce qu'elles sont a tire limitatif on a titre d'exemple) .
il s'agit des :
-rectification en matière de revenus professionnels déterminés selon le régime
du bénéfice forfaitaire, de revenus et profits fonciers, de revenus et profits de
capitaux mobiliers et des droit d’enregistrement et de timbre .
- verification de comptabilité des contribuables dont le chiffre d'affaires déclaré
au compte de produits et charges, au titre de chaque exercice de la période non
prescrite venfiée, est inferieur a 10 millions de dh.
(chaque personne dont la comptabilité est inférieure a 10 Millions dh peut
présenter son litige devant CLT (avant , la formulation était comme suivant : "qui
ne depasse" (donc 10 Million dh = CRRF) selon article 7 la loi de finance de 2017
.
concernent la compétence relative aux profits fonciers, ce qu'on peut
comprendre d’après l'art 225 tel qu'il a été modifié par la loi de 2016 que : la
taxe sur les profits fonciers est devenue ne compétence exclusive de la CLT sans
rendre compte à la valeur .
Si on jette un coup d'œil sur la voie législative de l'art 225 on trouve qu'en 2009
cette taxe était divisée en 2:
-Les affaires dont le montant de recourtement ne dépasse pas 50 000 dh = CLT
en premier et dernier resort.
-les affaires dont le montant de recouvrement dépasse 50 000dh = CNRP.
lorsque le commission locale ne se prononce pas, et ne rend pa sa décision dans
un délai 12 mois, la competence revient a CNRF (CRRP actuellement )
lorsqu'il s'agit des questions du droit le loi de finence de 2017 (73-16) a instauré
une commission prévue dans l'art 226 bis, appelée, comission consultative du
recours pour abus de droit, qui peut donner son avis dans un délai de 30 jours et
ceci à la demande du contribuable ou de l'administration.
Concernant la compétence territorielle :
la CLT est compétente pour examiner les demandes présentées par les
contribuables dont le siège social ou établissement principal se situe à l'interieur
dudit ressort . concernent la taxe sur les profits immobiliers, c'est celle ou se
situe l'immeuble objet de taxation et non pas le siège social. Donc les mêmes
règles de competence édictées par le Code de la Procédure Civile ).
Ce problème de compétence ne se posait pas au niveau de la CNRP parce
qu’elle avait une competence nationale, chose qui a été critiqué, le temps ou le
régionalisation est devenue une nécessité.
B - Composition et Procédure
Concernent le composition:
la CLT se compose de 4 organes :
⁃ Le président qui est un juge du TPI ou du tribunal administratif.
⁃ Un représentant du gouverneur de la préfecture ou la province
dans le ressort de laquelle est situé le siège de la commission.
⁃ Un représentant de l’administration رئيس المصلحة المحلية للضرائب او
من يمثلهqui tient le rôle de secrétaire rapporteur.
⁃ Un representent des contribuelles appartenant a la branche
professionnelle la plus representative.
⁃ les remarques qu'on peut poser à cet égard , après la loi de finance
de 2016 , la CLT se forme valablement ( statue valablement ) lors de la présence
du président et deux organes , et elle se delibere à la majorité des voix , en cas
d’égalité celle du président est prépondérante.
⁃ Avant la reforme de 2016, la comission n’était valablement
composée qu’ en présence du représentent du contribuable , l’expression de la
réforme actuelle dit : le président et deux membres ce qui veut dire et justifier
que juste la présence du président et le représentant du gouverneur et
l’administration conduit à une formation valable .
Comment se déroule alors la procédure ?
Concernant la procédure :
Les CLT sont une garantie octroyée au profit du contribuable, donc ce dernier
peut en bénéficier comme il peut présenter son litige directement devant le
tribunal la condition qui a été posée récemment par le législateur via Ie derniers
paragraphes des articles 225 et 226, c'est que le recours par voie judiciaire ne
peut être intenté en même temps que le recours devant les les commissions .
Avant la mise en place de cette condition ce qui arrivait ; la CLT présente une
désicion contenant une base fiscale (X) alors que le tribunal administratif
moyennant une expertise arrive a une base différente a celle trouvée par la
commission .
Donc suite à l'echec des le procédure contradictoire (procedure administrative
entre l'inspecteur fiscal et le contribuable) , le contribuable insatisfait du résultat
sollicite de l’inspecteur le renvoie de son dossier devant la CLT (et non pas
directement a la CLT existent dans le TPI).
La nouveauté c'est que le législateur a octroyé à l’inspecteur un délai de 3 mois
(au max) pour présenter le dossier devant la CLT , l’inspecteur auparavant n’était
tenu d’aucun délai , et dans la plupart il reçoit le dossier et il le néglige raison
pour laquelle le législateur a déterminé un délai qui commence dès la date du
dépôt du dossier chez l'administration .(pour éviter les forfaitures).
Avant la commission statuait dans 24 mois , actuellement le législateur l’a réduit
à 12 mois .
Les pratiques administratives qui existait : en raison de l'inexistence des
sanctions , l'inspecteur recevait la requette et la gardait jusqu'à 23 mois ou 22
mois, puis il la renvoie .
Donc la commission se trouvait devant une masse des dossiers et peu de
ressources humaines et par conséquences , elle ne statue pas .
Ce problème a été dépassé par la loi de 2016 qui a mis en place des sanctions
prévus dans le dernier paragraphe et qui sont les suivants:
La base declarée par le contribuable qui sera prise en considération .
La commission dispose d’une durée de 12 mois franche (excluant 3 mois
octroyés a l’inspecteur ) et qui commence de la date de le récéption du dossier.
Avant cette reforme les juridictions ont adopté un délai dit raisonnable pour
l’inspecteur et qui était fixé dans 6 mois ,aujourd’hui cette question est résolue.
Le secrétaire rapporteur convoque les parties (Avant c’était le juge) la finalité
de ce changement n’est pas claire et peut porter deux interpretations :
Remarque positive: par laquelle on a essayer de laisser le temps au juge pour
se focaliser sur ce qu’est fond, au lieu de s’alourdir par ce qui est forme, et
meme renforcer les exigences de l’impartialité et l’indépendance .
Remarque négative: La domination du representant de l'administration tel qu'il
a plusieurs qualités: representant, rapporteur plus qu'il est chargé de la
convocation des parties et la notification de la décision prise par la commission,
donc c'est l’adversaire qui notifié.
Le secrétaire rapporteur convoque les membres de la commission au moins 15
jours avant la date fixé pour la réunion , et il informe les parties (2 parties ) de
la date à laquelle elle tient sa réunion 30 jours au moins avant cette date. (Avant
c’était 15 jours ).
Les délais dans le matière fiscale sont des délais franc
Lorsque la comission examine le doosier et prend une décision, le secrétaire
notifie aux parties cette dérnière qui doit être motivée et détaillée, ces dernieres
disposent de 60 jours pour faire recours devant la CNRF.
II - Le contrôle exercé sur la commission locale de taxation
A - Contrôle Administratif
Lorsqu’on mis la lumière sur le contrôle administratif ,la question qui se pose;
quel est le statut juridique de ces commission? sont elle administratives ou
judiciaires.
⁃ Si on admet qu’elles sont judiciaires (en raison de la présidence du
magistrat) alors leurs décisions doivent revêtir un caractère judiciaire (
autrement dit un jugement ) et comment alors on va faire recours contre des
jugements devant les tribunaux administratifs en dehors des procédures du
recours contre les jugement .
⁃ Si on admet qu’elles sont administratives , un problème paradoxale
semble des lors s’imposer en raison de l’existence d’un juge qui préside.
Ce qu’on peut ajouter , bien qu’elles sont présentées par des magistrats on peut
pas nier que les juges ont certaines fonctions extra-judiciaires qui peuvent être
soit arbitrales , administratives, consultatives , ou disciplinaires.
Comme le cas de certains ordres notamment l’ordre national des médecins et
pharmaciens , la compositions cet ordre contient un magistrat mais l’existence
de ce dernier n’influence la nature de l’ordre ou son statut .
Le problème donc qui se pose , il se peut que le magistrat président qui est un
juge , reçoit le dossier une autre fois à l’occasion de son travail judiciaire, chose
qui va nuancer le droit du recours et mettre en cause le droit du contribuable , (
pour cela l’administration convoque un juge du TPI pour éviter ce croisement ,
et ceci laisse un effet négatif, car ce dernier n’a pas d’expérience dans le domaine
fiscal, et il laisse le champs au secrétaire qui est un expert et qui fait partie de
l’administration) .
Une autre remarque lorsque le législateur a préféré utiliser ‘requête’ au lieu de
recours( )عريضة مكان مقال او طعن.
Ceci nous pousse a s’interroger sur la notion de requête عريضة:est ce que la
consignation d’un avocat est obligatoire? Ou alors le législateur via cette
terminologie a voulu décharger le contribuable de l’avocat .
Qui exerce la tutelle sur les commissions ?
Selon l’art 225 du CGI le législateur fiscal a précisé que les CLT sont créés par
l’administration, ceci montre qu’elle sont soumise à l’administration , le CGI
renvoie vers l’administration fiscale mais l’existence d’un magistrat à la tête de
commissions, remet en cause ce postulat de la tutelle administrative.
Et concernant les remarque négatives qui ont été marqués ; les membres
reçoivent leurs indemnités de l’administration qui est une partie du litige,chose
qui peut .. l’impartialité et l’indépendance.
La tutelle de la CNRF est exercée par le premier ministre ,son siège est à Rabat
et elle dépend du ministère de finance .
Par contre la CLT n’a pas un siège matériel , pratiquement les membres se
réunissent dans le bureau du magistrat au TPI.
B - Contrôle Judiciaire
Le controle judiciaire sur les décisions des CLT :
Afin de garantir le principe de la légitimité et la légalité fiscale, le législateur a
soumis les décisions des CLT a un controle judiciaire .
L’article 242 du CGI après la modification de 2016 prévoit que le contribuable ou
l’administration peuvent contester la décision de la CLT devant les juridictions
compétentes dans un délai de 60 jours , idem pour la décision prévoyant
l’incompétence.
Le jour de la notification et le dernier jour ne se compte pas , et ceci selon l’article
512 du CPC.
Le juge peut procéder à la nullité de la décision de la CLT suite à plusieurs raisons
parmi ces cas en cite les plus prepondérants .
la nullité de la procédure de vérification suite au non renvoie de la
requête du contribuable par l’administration :
Avant la loi de fiance de 2016 , il y’avait aucun texte qui oblige l’inspecteur de
renvoyer le dossier devant la CLT , et ceci ne conduisait pas à la nullité de la
procédure de vérification dont les cas de nullité sont énumérés à titre limitatif
dans l’article 220 paragraphe 8 .
Outre que l’administration soulevait le principe de l’indépendance de procédure
de la vérification à la procédure de contestation devant les commissions, tandis
que la chambre administratif de la cours de cassation avait éloigné ces
justificatifs à plusieurs reprise , notamment dans un arrêt de 2016 .
-ARRET Num 2/78 date 2016/02/11 dossier administratif num 2015/2/11 dossier
administratif num 2015/2/4/2002 .
Aussi un ARRET de la cour suprême , n 294 dossier administratif n 2006/2/4/140.
Donc ce qu’on peut déduire, malgré l’absence des dispositions, les juridictions
ont essayé de gardé ce droit en faveur du contribuable, car elles le considérait
parmi les droits de la défense .
La loi de finance de 2011 est venue consolider cette perspective des juridictions
en prévoyant un délai de 4 mois , et qui va devenir 3 mois avec la loi de 2016
(pour renvoyer le dossier par l’administration devant la commission).
la nullité de la procédure de vérification suite à la cessation de la CLT
avant l’écoulement du délais .
Le législateur a prévu 12 mois pour l’examination du dossier ce délai commence
à partir de la date ou la commission reçoit de dossiers, la pratique qui existait
c’est que la commission levait sa main avant l’écoulement dudit délai , heurtant
l’une des garanties du contribuables ,chose qui n’était pas tolérée par les
juridictions.
On trouve par exemple le jugement de la T.A de Rabat num 945 daté le
13/05/2009 dossier 08/265.
Aussi la décision de la Cour d’appel Administrative Marrakech datée en
2011/03/02 .
Décision num 142 dossier 2-2010/9/257, P 125
La nullité de la procédure de vérification suite à l’échec de l’examination
du dossier durant le délai .
Avant la modification de 2016 , l’inspecteur tenait d’aviser le contribuable, de
l’échec de l’examination du dossier dans les délais légaux ( 24 mois qui est
devenue 12 mois ) aussi lui informer de la possibilité de présenter son litige
devant la CNRP (60 jrs )
La pratique qui existait :l’inspecteur n’avisait pas le contribuable chose qui
contribue à la perte d’une garantie qui est un deuxième recours .
Cette gestion a donné lieu à des hésitations au niveau des décisions et arrêts des
juridictions, et ceci en raison de l’absence des sanctions.
La loi de 2016 a résolue cette question, elle a prévu des sanctions (la base
déclarée par le contribuable qui sera prise en compte en cas de la non
convocation)
Comme il existait d’autres cas de nullité Comme :
⁃ la non convocation du contribuable.
⁃ La nullité suite à une composition viciée
⁃ L’examination des questions du droit , excéderont la compétence .
⁃ L’absence de motivation, ou une motivation viciée
Conclusion
En terme de conclusion , il s’avere que le domaine fiscal connait plusieurs
difficultés qui sont l’aboutissement de plusieurs ambiguités :
On trouve que l’administration n’a pas le soucis de mettre à jour le vocabulair
juridique ; par exemple on trouve que dans ses decrets utilise encore des termes
obsolets comme le premier ministre alors que de puis 2011 on parlait plus du
premier ministre voire le chef du gouvernement.
Ce qu’on peut ajouter comme remarque ; le législateur n’a pas précisé ni la
nature de la formation du juge ni sa carrière judiciaire ni son expérience
professionnelle. Alors qu’au niveau l’inspecteur chargé de la vérification il a
précisé qu’il doit être au m’ois dans l’échelle 10 et gradé d’inspecteur adjoint.
La comission n a pas un siege materiel , les membres se rencontre au tribunal de
premier instance mais reellement il existe aucune relation entre la commission
et le tribunal , plus qu’elle na pas un gref , chose qui presente des difficultes au
niveau de l’accès aux dossiers