Étude des Plantes Médicinales à Kimparana
Étude des Plantes Médicinales à Kimparana
FACULTE DE PHARMACIE
JURY
viii
REMERCIEMENTS
A ALLAH, Le Tout Puissant, Le Clément, Le Miséricordieux
Je rends grâce à Allah, le tout puissant, pour m’avoir donné la vie, la santé, le courage, la
force et l’opportunité de présenter ce travail.
Puisse Qu’il guide d’avantage nos pas pour le reste de notre existence.
A mes frères Adama, Metaga, Gnenegoro, Alou et Napouzanga, pour les soutiens
multiformes. Puisse ce travail, préserver d’avantage les liens de sang qui nous unissent.
A mes amis de la FAPH, Siné DIAKITE, Lazare dede YALCOYE, Lalaïcha KANE,
Mamou DEMBELE, pour les moments agréables et difficiles passés ensemble. Bonne
carrière professionnelle à tous.
A Tous mes amis, membres de la famille CITE VERTE au Point G, pour les moments
agréables et inoubliables passées ensemble.
A tout le personnel du DMT, pour l’accueil, la disponibilité et les conseils que nous avons
bénéficié durant tous ces moments passés auprès de votre service.
ix
PROFONDE GRATITUDE
J’adresse mes sentiments de profonde gratitude à tous mes encadreurs pour la formation de
qualité reçue dont ce travail est le fruit. Que Dieu vous bénisse.
Plus particulièrement,
Au Professeur Rokia SANOGO, pour l’accueil, l’encadrement, le soutien, la disponibilité tout
au long de ce travail.
x
HOMMAGES AUX HONRABLES MEMBRES DU JURY
Cher Maître,
Nous vous remercions de l’honneur que vous nous faites en acceptant de présider ce jury de
thèse.
L’opportunité nous est ainsi donnée de vous faire part de l’estime et de l’admiration que nous
portons à votre égard.
Vos qualités d’homme de science éclairé, de praticien infatigable, de pédagogue averti font de
vous un enseignant aimé et admiré de tous.
Soyez rassuré cher maître de notre sincère reconnaissance et de notre profond respect.
xi
A NOTRE MAÎTRE ET JUGE
PROFESSEUR LOSÉNI BENGALY
Maitre de Conférences en Pharmacie Hospitalière à la FAPH ;
Titulaire d’un Doctorat des Sciences Pharmaceutiques (Université de Genève- -
Suisse) ;
Titulaire d’un D.E.S de Pharmacie Hospitalière (UCL Bruxelles, Belgique) ;
Titulaire d’un D.U Formation Spécialisée de Gestion Pharmaceutique Appliquée au
Secteur Public (Université de Montpellier – France) ;
Chef de Département de Pharmacie du CHU Gabriel TOURE ;
Chef de service de Pharmacie Hospitalière ;
Secrétaire Général du Réseau Africain de Pharmacie Hospitalière (RESAPH) ;
Membre du Conseil Scientifique de HOPIPHARM (Congrès Francophone de
Pharmacie Hospitalière) ;
Membre du Groupe d’Intérêt Francophone de Pharmacie Clinique (GIF).
Cher maître,
Vous nous faites un honneur inestimable en acceptant de juger ce travail.
Permettez-nous de vous exprimer ici, cher Maître, le témoignage de notre profonde gratitude.
Que Dieu vous donne une longue vie pleine de santé et de succès dans tous vos projets.
« Amen ».
xii
A NOTRE JUGE ET INVITÉ
DOCTEUR NOUHOUM COULIBALY
Docteur en Pharmacie ;
Promoteur de la Pharmacie Cathédrale ;
Ancien Président de l’ordre des pharmaciens de 2007-2010 ;
Actuel maire de la Commune rurale de FAKOLO (Région de Koutiala).
C’est un grand honneur que vous nous faites en acceptant de juger ce travail.
Nous sommes reconnaissants à votre égard et nous tenons à vous assurer toute notre admiration
et notre respect.
xiii
A NOTRE MAÎTRE ET CO-DIRECTEUR DE THÈSE
DOCTEUR DAOUDA LASSINE DEMBELE
Enseignant chercheur ;
Pharmacien, Assistant en Pharmacognosie à la FAPH/USTTB ;
Détendeur d’un DIU certifié sur les dispositifs médicaux à l’Université Joseph Ki-
Zerbo, Burkina Faso ;
Détenteur d’un Master en Chimie Organique et Substances Naturelles à la
FST/USTTB ;
Inscrit en Thèse PhD à l’Ecole Doctorale des Sciences et Technologies du Mali
(EDSTM) ;
Membre du Mouvement Toastmasters International.
Cher Maître,
C’est avec un grand plaisir que nous avons bénéficié de votre enseignement.
Vous avez accepté de codiriger ce travail avec abnégations malgré vos multiples occupations.
Vos qualités scientifiques, votre disponibilité, votre modestie, votre sympathie vous font
admirer par tous.
xiv
A NOTRE MAÎTRE ET DIRECTRICE DE THÈSE
PROFESSEUR ROKIA SANOGO
Docteure en Pharmacie, PhD en Pharmacognosie ;
Professeur Titulaire des Universités du CAMES ;
Enseignante chercheure de Pharmacognosie, Phytothérapie et Médecine
Traditionnelle ;
Coordinatrice de formation doctorale de l’Ecole Doctorale de l’USTTB ;
Chargée de l’enseignement de la Pharmacognosie à l’Université Abdou Moumouni de
Niamey (Niger) depuis 2016 ;
Chef de DER des Sciences Pharmaceutiques de la Faculté de Pharmacie ;
Chef du Département Médecine Traditionnelle ;
Experte de l’Organisation Ouest Africaine de Santé (OOAS), espace CEDEAO depuis
2009 ;
Présidente du comité scientifique interne et membre du comité scientifique et
technique de l’INSP de 2013 à 2019 ;
Lauréate du tableau d’honneur de l’Ordre National des Pharmaciens du Mali et
lauréate du Caducée de la Recherche du SYNAPPO en 2009 et Membre de la
commission scientifique de l’ordre des Pharmaciens du Mali ;
Membre du comité technique spécialisé de Médecine et Pharmacie du CAMES pour
l’évaluation des dossiers des enseignants chercheurs du CAMES depuis 2015 ;
Lauréate du Prix Scientifique Kwame Nkrumah de l’Union Africaine pour les femmes
scientifiques, édition 2016 ;
Tableau d’honneur au 08 mars 2017 et SADIO 2017 pour la Science par le Ministère
de la promotion de la femme et partenaires ;
Membre du Comité de Pilotage du Réseau Francophone en Conseil Scientifique, 2017 ;
Membre titulaire de l’Académie des Sciences du Mali, avril 2018 ;
Membre du jury du concours d’agrégation du CAMES pour la Pharmacie en 2018 ;
Chargée de l’enseignement de la Médecine Traditionnelle en Médecine et Pharmacie
au niveau de FMOS et Faculté de Pharmacie, USTTB ;
Experte du programme régional d’Afrique subsaharienne Oréal-UNESCO Pour les
Femmes et la Science en 2019 ;
Lauréate du Prix Next Einstein Forum (NEF) pour la meilleure femme en recherche
en Pharmacie, Médecine et santé, édition 2019 ;
xv
Coordinatrice du PTR Pharmacopée et Médecine Traditionnelle Africaines du
CAMES, 2019 ;
Membre de la commission scientifique d’évaluation des projets soumis dans le cadre
de la lutte contre la maladie à coronavirus (COVID-19), 21 mai 2020, Ministère en
charge de recherche ;
Membre du comité régional d'experts de l'OMS sur la médecine traditionnelle dans la
riposte contre la covid-19, juillet 2020 ;
Lauréate du Prix Galien Afrique pour le meilleur produit issu de la pharmacopée
africaine Dakar, Décembre 2021.
Lauréate du PRIX MACKY SALL pour la Recherche, Edition 2022, dans le cadre de
l’appel à candidature sur le thème de « la résilience des économies des pays de l’espace
CAMES face aux crises internationales ».
Honorable Maître,
Nous ne saurions jamais trouver assez de mots pour témoigner notre reconnaissance, non
seulement pour l’intérêt que vous portez à ce travail mais aussi pour l’enseignement de qualité
et pour la disponibilité dont vous avez fait preuve tout le long de notre formation.
Votre amour pour le travail bien fait, votre ponctualité, votre rigueur dans la démarche
scientifique, ainsi que vos qualités intellectuelles font de vous une éminente professeure.
Recevez ici chère Maître, l’expression de notre profonde reconnaissance et de nos sincères
remerciements.
xvi
Table des matières
1. INTRODUCTION.....................................................................................................................1
2. OBJECTIFS ..............................................................................................................................3
3. GENERALITES ........................................................................................................................4
3.1. DEFINITIONS DES CONCEPTS ....................................................................................4
3.2. RECOURS A LA MEDECINE TRADITIONNELLE .....................................................6
3.3. PHARMACOPEE ET MEDECINE TRADITIONNELLE AFRICAINES .....................7
3.4. MEDECINE TRADITIONNELLE AU MALI .................................................................8
4. METHODOLOGIE ................................................................................................................ 12
4.1. Cadre d’étude .................................................................................................................. 12
4.2. Lieu d’étude ..................................................................................................................... 12
4.3. Type et période d’étude ................................................................................................... 12
4.4. Considérations éthiques................................................................................................... 12
4.5. Cibles................................................................................................................................ 12
4.6. Matériel d’étude .............................................................................................................. 14
4.7. Méthodes .......................................................................................................................... 14
5. RESULTATS........................................................................................................................... 16
5.1. Profil des personnes enquêtées ........................................................................................ 16
5.2. Plantes médicinales recensées dans la zone d’enquête .................................................... 17
5.3. Principales familles botaniques des espèces végétales recensées .................................... 20
5.4. Organes des plantes médicinales utilisées dans la préparation des recettes .................. 21
5.5. Formes d’utilisation des organes des plantes .................................................................. 22
5.6. Principales indications médicinales des espèces végétales recensées .............................. 23
5.7. Représentations des espèces végétales selon leurs indications médicinales .................... 24
5.8. Monographie des principales plantes sélectionnées ........................................................ 26
6. COMMENTAIRES ET DISCUSSION .................................................................................. 45
7. CONCLUSION ....................................................................................................................... 47
8. RECOMMANDATIONS ........................................................................................................ 48
9. RÉFÉRENCES........................................................................................................................ 49
xvii
ABREVIATIONS, ACRONYMES, SIGLES
AMM : Autorisation de Mise sur le Marché.
AMT : Acteurs de la Médecine Traditionnelle.
AT : Accoucheuse Traditionnelle.
CAMES : Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur.
CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
CHU : Centre Hospitalier Universitaire.
CRMT : Centre Régionale de Médecine Traditionnelle.
CSCom : Centre de Santé Communauté.
CSRéf : Centre de Santé de Référence.
CSU : Couverture Sanitaire Universelle.
D.E.S : Diplôme d’Etudes Spéciales.
DIU : Diplôme Inter-Universitaire.
DMT : Département de Médecine Traditionnelle.
DPM : Direction de Pharmacie et du Médicament.
DU : Diplôme Universitaire.
EDSTM : Ecole Doctorale des Sciences et Technologies du Mali.
FAPH : Faculté de Pharmacie.
FEMATH : Fédération Malienne des Associations de Thérapeutes et Herboristes.
FST : Faculté des Sciences Techniques.
GIF : Groupe d’Intérêt Francophone de Pharmacie Clinique.
INPMT : Institut National de Phytothérapie et Médecine Traditionnelle.
INRPMT : Institut National de Recherche sur la Pharmacopée et la Médecine Traditionnelles.
INRSP : Institut National de Recherche en Santé Publique.
INSP : Institut National de Santé Publique.
LNME : Liste Nationale des Médicaments Essentiels.
MC : Médicine Conventionnelle.
ME : Médicaments Essentiels.
MSDS : Ministère de la Santé et du Développement Social.
MT : Médecine Traditionnelle.
MTA : Médicament Traditionnel Amélioré.
ODD : Objectifs de Développement Durable.
OMS : Organisation Mondiale de la Santé.
OOAS : Organisation Ouest Africaine de la Santé.
xviii
PAO : Pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest.
PMT : Praticiens de la Médecine Traditionnelle.
PMTA : Pharmacopée et Médecine Traditionnelle Africaines.
PNMT : Politique Nationale de Médecine Traditionnelle.
PPN : Politique Pharmaceutique Nationale.
PTR : Programme Thématique de Recherche.
RESAPH : Réseau Africain de Pharmacie Hospitalière.
RMT : Ressources de la Médecine Traditionnelle.
SDADME-PS : Schéma Directeur d’Approvisionnement et de Distribution des Médicaments.
Essentiels et autres Produits de Santé.
SSP : Soins de Santé Primaires.
SYNAPPO : Syndicat Autonome des Pharmaciens d’Officines Privés.
TT : Traumatologue Traditionnelle.
UCRC : Centre Universitaire De Recherche Clinique.
USTTB : Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako.
xix
LISTE DES FIGURES
Figure 1. Carte de la zone d’étude (Maïga, 2023 ; Institut Géographique du Mali). .............. 13
Figure 2. Spectres des catégories sociales et démographiques des interviewés : ................... 16
Figure 3. Histogramme des familles en fonction des pourcentages des espèces recensées .....20
Figure 4. Formes d'utilisation des recettes. ...........................................................................22
Figure 5. Principales indications médicinales des espèces végétales recensées. .................... 23
Figure 6 : Branches en fleurs de A. leiocarpa (Andary et al., 2005)......................................28
Figure 7 : Carte de distribution de A. leiocarpa (Andary et al., 2005)...................................29
Figure 8 : Branches portant des fruits de Ficus iteophyla (Njoku et al., 2019). ..................... 35
Figure 9 : Photo de Nymphea lotus L dans son habitat naturel (Koné, 2020). ....................... 41
xx
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I. Liste des plantes médicinales recensées dans la zone d'enquête, inscrites dans la
pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest .................................................................................... 17
Tableau II. Liste des plantes médicinales recensées dans la zone d'enquête, non inscrites dans
la pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest ................................................................................ 18
Tableau III. Organes de plantes, utilisés dans la préparation des recettes. ............................ 21
Tableau IV. Plantes pour la prise en charge de la douleur et l’inflammation. ....................... 24
Tableau V. Plantes médicinales utilisées pour la prise en charge du paludisme. ................... 25
Tableau VI. Plantes médicinales pour la prise en charge de l'hépatite. ................................. 25
Tableau VII. Plantes contre les infections urinaires. ............................................................ 25
Tableau VIII. Plantes pour la prise en charge du diabète ..................................................... 26
xxi
1. INTRODUCTION
Depuis la déclaration d’Alma Ata (1978) l’OMS continue à recommander aux états membres
une meilleure santé pour tous à travers les Soins de Santé Primaires (SSP) (OMS, 2003).
1
dans la Traumatologie Traditionnelle et la prise en charge de l’épilepsie et des maladies
mentales dont une valorisation du savoir traditionnel local en milieu Dogon.
La tradition Africaine, notamment l’art de guérir les maladies par l’utilisation de plantes
médicinales, regorge d’une grande diversité de connaissances qui diffèrent d’une communauté
à une autre. Cependant, force est de connaitre que ce savoir reste encore peu ou pas documenté.
Le terroir minianka en particulier, contient du tresor caché sur les plantes médicinales, mais
aucune étude n’a été menée jusque-là à notre connaissance. Dans la zone de Kimparana, une
grande variété de plantes médicinales est utilisée par les Praticiens de la Médecine
Traditionnelle pour les besoins de santé des populations. C’est ainsi que le présent travail vise
à valoriser les trésors du terroir minianka en s’intéressant aux plantes médicinales, utilisées en
médecine traditionnelle dans la zone de Kimparana. Plus spécifiquement, elle s’intéressera à
trois (03) principales espèces végétales les plus utilisées pour la prise en charge de pathologies
courantes dans la zone d’étude mais les moins référenciées dans l’une des pharmacopées
Africaines en vue de relever leurs données de qualité, d’efficacité et de sécurité existantes dans
la littérature.
2
2. OBJECTIFS
2.1. Objectif général
Etudier les plantes médicinales utilisées en Médecine Traditionnelle à Kimparana.
3
3. GENERALITES
3.1. DEFINITIONS DES CONCEPTS
Médecine Traditionnelle (MT)
Encore appelée médecine non conventionnelle, la MT est la plus ancienne des médecines. Elle
est la somme de toutes les connaissances, compétences et pratiques reposant sur les théories,
croyances et expériences propres à différentes cultures, qu’elles soient explicables ou non, et
qui sont utilisées dans la préservation de la santé, ainsi que dans la prévention, le diagnostic,
l’amélioration ou le traitement de maladies physiques ou mentales (OMS, 2013).
4
médicaments à base de plantes peuvent traditionnellement contenir des ingrédients actifs
naturels, organiques ou inorganiques, qui ne sont pas d’origine végétale (matières animales et
minérales) (OMS, 2013).
Herboriste Traditionnel
C’est une personne qui détient des connaissances sur les plantes médicinales et en exerce le
commerce à une place fixe, de préférence dans un marché (Sanogo, 2006).
Pharmacopée Traditionnelle
C’est le répertoire de l’ensemble des substances végétales, animales et minérales employées
dans une communauté humaine pour diagnostiquer, prévenir ou éliminer un déséquilibre du
bien-être physique, mental, social, moral et spirituel (PNMT, 2005).
Plantes médicinales
Ce sont des plantes utilisées en Médecine Traditionnelle dont au moins une partie possède des
propriétés médicamenteuses (Sanogo, 2006).
5
Médicaments à base de plantes
Ce sont des produits médicinaux finis, étiquetés, qui contiennent comme principes actifs
exclusivement des plantes (parties aériennes ou souterraines), d’autres matières végétales ou
des associations de plantes, à l’état brut ou sous forme de préparations (OMS, 2002).
Produit fini
Ce sont des préparations obtenues à l’aide d’une ou plusieurs plantes. Quand plus d’une plante
intervient dans la composition, on peut parler d’un mélange. Les produits finis et les mélanges
peuvent contenir, outre les principes actifs, des excipients. Toutefois, si l’on y a associé des
principes actifs chimiquement définis, notamment des composés synthétiques et/ou des
constituants chimiquement définis, isolés de plantes, ces produits ne sont pas considérés comme
des médicaments à base de plantes (OMS, 2002).
6
pourcentage de recours est de 48% en Australie, 31% en Belgique, 70% au Canada, 49% en
France et 42 % aux Etats-Unis d’Amérique (OMS, 2003).
Dans la région africaine, la MT constitue le premier recours de la majorité des populations pour
les besoins de santé. En effet, elle est considérée compréhensible et rassurante et donne un
sentiment d’appartenance. Le recours pour les soins de santé primaires sont de 60% en
Ouganda et Tanzanie ; 70% au Rwanda ; 80% au Bénin et au Mali ; 90% en Éthiopie (OMS,
2002).
Le manque de médicaments essentiels, l’insuffisance des soins de santé et les habitudes
socioculturelles des populations, ajoutés à la faible présence de professionnel de santé qualifié
de la médecine conventionnelle, notamment dans les périphéries, expliqueraient ce recours. En
Afrique Subsaharienne par exemple, il existe environ cent (100) praticiens de la MT contre un
(01) agent de la médecine conventionnelle (Coumaré, 2021).
C’est justement dans cette logique que la stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle à
l’horizon 2014-2023 vise à aider les États Membres à :
7
mettre à profit la contribution potentielle de la MT à la santé, au bien-être et aux soins de
santés centrés sur la personne ;
favoriser un usage sûr et efficace de la MT au moyen de la réglementation, de la recherche
et de l’intégration des produits, pratiques et praticiens de MT dans les systèmes de santé, le
cas échéant (OMS, 2013).
Cette valorisation a été matérialisée, déjà en 1963, par la présentation du premier produit à base
de la farine de pain de singe (Adansonia digitata ou Baobab) contre la diarrhée des enfants, lors
de l’exposition de la section Médecine Traditionnelle de la Pharmacie Populaire du Mali
présentée à son Excellence le Président Feu Modibo Keita. En 1968, on assiste à la création de
l'Institut National de Phytothérapie et Médecine Traditionnelle (INPMT), au sein de la Section
Recherche et Contrôle de la Division Approvisionnement Pharmaceutique. En 1973, cette
structure devint l’Institut National de Recherche sur la Pharmacopée et la Médecine
Traditionnelles (INRPMT), placé sous l’autorité du Ministre chargé de la Santé Publique. En
1981, avec la création de l’Office Malien de Pharmacie, l’INRPMT devint la Division
Médecine Traditionnelle (DMT) au sein de cet ensemble et octroie les premières Autorisations
de Mise sur le Marché (AMM) à 14 Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA).
En 1986, la Division Médecine Traditionnelle (DMT) a été rattachée à l’Institut National de
Recherche en Santé Publique (INRSP), l’actuel l’Institut National de Santé Publique. En 2000,
elle devint le Département Médecine Traditionnelle (DMT) avec un local à part entière à
Sotuba. Un projet d’érection du DMT en Institut National de Recherche sur la Médecine et la
Pharmacopée Traditionnelles (INRMPT) en cours depuis 2009 dans le cadre de la réforme de
la santé a passé en Conseil des Ministres du 16 juin 2023.
Actuellement, sept (07) MTA, présentés en huit (08) formes (5 tisanes, 2 sirop, 1 pommade)
ont une Autorisation de Mise sur le Marché et figurent sur la Liste Nationale des Médicaments
Essentiels (LNME) et dans le Formulaire Thérapeutique National. Ces produits sont distribués
à travers le Schéma Directeur d’Approvisionnement et de Distribution des Médicaments
Essentiels et autres produits de santé (SDADME-PS), pour les rendre disponibles dans les
dépôts de vente du secteur public (CSRéf, CSCom) et dans les officines de pharmacies privées
(Diallo et al., 2010). Ce sont des médicaments utilisés pour la prise en charge de la toux
(BALEMBO), la dysenterie amibienne (DYSENTERAL), des ulcères gastriques
(GASTROSEDAL), des affections hépatiques (HEPATISANE), du paludisme (MALARIAL
5), des dermatoses (PSOROSPERMINE) et de la constipation (LAXA-CAXIA) (Traoré, 2020).
9
le décret n° 95-009/P-RM du 11 janvier 1995, instituant un visa des produits
pharmaceutiques, accorde dans son article 8, une dérogation spécifique aux
médicaments traditionnels à base de plantes.
la Loi d’Orientation sur la Santé n° 02-049 du 22 juillet 2002, qui prévoit les
médicaments traditionnels dans le cadre de la Politique Pharmaceutique Nationale pour
leur intégration dans le circuit national des médicaments essentiels.
la Politique Nationale de Médecine traditionnelle, adopté en octobre 2005.
la prise en compte de la Médecine Traditionnelle dans le plan de Développement
Sanitaire et Social pour la période 2014-2023.
11
4. METHODOLOGIE
4.1. Cadre d’étude
L’étude a concerné les plantes médicinales, utilisées en médecine traditionnelle en milieu
minianka dans le cercle de Kimparana, Région de San.
4.5. Cibles
Les personnes ciblées pour l’enquête étaient les Praticiens de la Médecine Traditionnelle (PMT)
les plus connus et les plus fréquentées dans les zones enquêtées.
12
Figure 1. Carte de la zone d’étude (Maïga, 2023 ; Institut Géographique du Mali).
13
4.6. Matériel d’étude
Il est constitué par les plantes médicinales couramment utilisées en médecine traditionnelle par
les thérapeutes traditionnelles dans la zone d’enquête.
Nous avons en outre utilisé :
une fiche d’enquête à travers un questionnaire ;
un téléphone pour l’enregistrement audio des entretiens ;
un bloc note.
4.7. Méthodes
4.7.1. Collecte des données
Les données ont été collectées à travers des entretiens individuels à domiciles et en brousse.
Les langues utilisées pendant l’enquête étaient le Minianka et le Bambara. Les informations
collectées concernaient les espèces médicinales et les parties utilisées ; leurs noms locaux dans
les deux langues si possible ; les indications médicinales ; les modes de préparation et d’emploi
des recettes utilisées.
Trois (03) principales espèces végétales dont les organes ont été citées dans la prise en charge
d’au moins deux (n ≤ 2) pathologies différentes dont une prioritaire comme le paludisme, le
diabète, les hépatites ont été sélectionnées pour rédiger leurs monographies si celles-ci ne sont
pas déjà inscrites dans les pharmacopées existantes de l’Afrique de l’Ouest. Ces données
monographiques ont été organisées suivant le plan :
Synonymes des plantes.
Systématique.
Noms vernaculaires.
Description botanique.
Répartition géographique.
Indications médicinales.
14
Données chimiques.
Données pharmacologiques.
Données toxicologiques.
15
5. RESULTATS
5.1. Profil des personnes enquêtées
L’enquête a été réalisée auprès de huit (8) Praticiens de la Médecine Traditionnelle (Figure 2).
37,50
40-55 12,50 Non scolarisé
50,00 ≥ 60
Niveau primaire
≥ 70 25%
62,50
12,50 Autre (formation
en Bamanakan)
(A) (B)
Les personnes enquêtées étaient tous des hommes, d’âges compris entre 40 et 55 ans (50%) et
analphabètes (62,50%) dans la majorité des cas.
16
5.2. Plantes médicinales recensées dans la zone d’enquête
Au total 42 genres et 44 espèces végétales, appartenant à 25 familles botaniques différentes ont
été recensées. Parmi ces plantes, la monographie de 16 espèces sont inscrites dans les
pharmacopées de l’Afrique de l’Ouest (OOAS, 2013 et 2020) et 34 ont des spécimens dans
l’herbier du DMT.
Les principales informations sont représentées dans les Tableaux I et II.
Tableau I. Liste des plantes médicinales recensées dans la zone d'enquête, inscrites dans la
pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest
Référence
Numéro
Familles Noms Pharmacopée
Noms scientifiques d'herbier
botaniques vernaculaires de l’Afrique de
du DMT
l’Ouest (PAO)
Spondias mombin L. Bambara : Migo PAO, 2013 279/DMT
(mingo)
Minianka :
Mougoho
Annonaceae Annona senegalensis Pers. Bambara : Mandé PAO, 2020 282/DMT
sunsun
Minianka :
Mougoumou
Calotropis procera (Aiton Bambara : Fogofogo PAO, 2020 730/DMT
) Dryand. Minianka :
Solodjoguon
Bixaceae Cochlospermum tinctorium Bambara : N'tribara PAO, 2020 3039/DMT
Perrier ex [Link]. Minianka :
Sourouguegue
Guiera senegalensis Bambara : Kundjè PAO, 2020 537/DMT
[Link]. Minianka : Fugbè
(fouguè)
Terminalia macroptera Bambara : Wolo PAO, 2020 784/DMT
Guill. & Perr. fouraba
Minianka :
Gnankogo
Euphorbiaceae Euphorbia hirta L. Bambara : Demba PAO, 2013
sindji
Minianka :
Kotundjiringué
Cassia sieberiana DC. Bambara : Sindjan PAO, 2020 972/DMT
Minianka :
Tignangan
Lythraceae Lawsonia inermis L. Bambarau/Minianka PAO, 2013 903/DMT
: Djabi
Malvaceae Adansonia digitata L. Bambara : Zira PAO, 2013 1513/DMT
Minianka : Ziguè
Meliaceae Khaya senegalensis (Desv.) Bambara : Djala PAO, 2013 3044/DMT
A. Juss. Minianka : Wèguè
Olacaceae Ximenia americana L. Bambara : Tonguè PAO, 2020 764/DMT
Minianka : Gbanhan
17
Référence
Numéro
Familles Noms Pharmacopée
Noms scientifiques d'herbier
botaniques vernaculaires de l’Afrique de
du DMT
l’Ouest (PAO)
Phyllanthaceae Securinega virosa Roxb. ex Bambara : PAO, 2020 1697/DMT
Willd.) Baill. Balabalan
Minianka : Chii
Polygalaceae Securidaca Bambara : Djoro PAO, 2013 276/DMT
longipedunculata Fresen. Minianka :
Tchèféregué
Mitragyna inermis (Willd.) Bambara : Djou PAO, 2013 471/DMT
Kuntze Minianka :
Souroukou
Sarcocephalus latifolius Bamabara : Baro PAO, 2013 1118/DMT
(Sm.) EABruce Minianka : Baraga
Tableau II. Liste des plantes médicinales recensées dans la zone d'enquête, non inscrites dans
la pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest
Numéro
Familles
Noms scientifiques Noms vernaculaires d'herbier du
botaniques
DMT
Anacardiaceae Lannea velutina [Link]. Bambara : Sourougoupegou 3082/DMT
Minianka : Satogopegui tiguè
Mangifera indica L. Bambara : Mangoro
Minianka : Mangougo
Apocynaceae Leptadenia hastata (pers) Bambara : Korolozognain 1158/DMT
Decne Minianka : Safofogo
Saba senegalensis ([Link].) Bambara : Zaban
Pichon Minianka : Koblé
Arecaceae Borassus aethiopum Mart. Bambara : Sébé
Minianka : Yèrè
Boraginaceae Heliotropium indicum L. Bambara : Nossikou
Minianka : Kekena
Capparaceae Boscia angustifolia [Link]. Bambara/Minianka : Beri 980/DMT
Cadaba farinosa Forssk. Bambara/Minianka : Minzin 1037/DMT
Combretaceae Anogeissus leiocarpus (DC.) Bambara : Ngalama 1560/DMT
Guill. & Perr. Minianka : Kahanga/Kaama
Combretum molle [Link]. ex Bambara : N'gagnaga
[Link] Minianka : Kahanga
Cucurbitaceae Cucurbita pepo L. Bambara/Mininka : Djié
Fabaceae Acacia albida Delile Bambara : Balanzan 495/DMT
Minianka : Bahazanguan
Detarium microcarpum Bambara : Tabacoumba 525/DMT
Guill. & Perr. Minianka : Kapraga
Parkia biglobosa (Jacq.) Bambara/Minianka : Néré 1801/DMT
[Link]
Stylosanthes mucronata Bambara : Segoufali
Willd Minianka : Djofaga
Tamarindus indica L. Bambara : Tomi 2206/DMT
18
Numéro
Familles
Noms scientifiques Noms vernaculaires d'herbier du
botaniques
DMT
Minianka : Katanguan
Ceiba pentandra (L.) Bambara : Banassoun 134/DMT
Gaertn. Minianka : Zéguè
Gossypium herbaceum L. Bambara: Coori
Minianka : Cohoro
Mimosaceae Entada africana Guill. & Bambara : Samanèrè 2255/DMT
Perr. Minianka : Zanaga
Moraceae Ficus iteophylla Miq Bambara : Zerènidjè 1808/DMT
Minianka : Kafanblé
Ficus platyphylla Delile Bambara : N'gaba fin tabanongo 2332/DMT
Minianka : Cohonguon
Ficus sycomorus L. Bambara : Toro 139/DMT
Minianka : Torogo
Nymphaeaceae Nymphaea lotus L. Bambara : N’koku 2321/DMT
Minianka : Ngôhon
Poaceae Oxytenanthera abyssinica Bambara : Boho 2897/DMT
([Link].) Munro Minianka : Kadjoroguo
Rhamnaceae Ziziphus mauritiana Lam. Bambara : Tomonon 2223/DMT
Minianka : Tomon
Rubiaceae Crossopteryx febrifuga Bambara : Balembo 157/DMT
(Afzel. ex G. Don) Benth. Minianka : Warawaraga
Sapotaceae Vitellaria paradoxa CF Bambara : Chissun 2792/DMT
Gaertn. Minianka : Lotigué
Vitaceae Cissus quadrangularis L. Bambara : Djinè nonfon
Minianka : Wouloudjologo
Au total, vingt-huit (28) espèces végétales recensées ne sont pas inscrites dans l’une des
pharmacopées de l’Afrique de l’Ouest.
19
5.3. Principales familles botaniques des espèces végétales recensées
Les principales familles botaniques des espèces végétales recensées sont représentées par la
Figure 3.
Boraginaceae
2,27
Capparaceae
4,55
Principales familles botaniques
Rubiaceae
6,82
Moraceae
6,82
Malvaceae
6,82
Apocynaceae
6,82
Anacardiaceae
6,82
Combretaceae
9,09
Fabaceae
13,64
Figure 3. Histogramme des familles en fonction des pourcentages des espèces recensées
La famille des fabacées était la plus représentée avec 13,64 % des espèces recensées.
20
5.4. Organes des plantes médicinales utilisées dans la préparation des recettes
Les organes (parties) des espèces végétales, utilisés dans la préparation des recettes sont
représentés dans le Tableau II.
Tableau III. Organes de plantes, utilisés dans la préparation des recettes.
Organes utilisées Citation Pourcentage
Feuilles 29 39,73
Racines 21 28,77
Ecorce 13 17,81
Fruit 3 4,11
Plante entière 2 2,74
Gui 2 2,74
Galle 1 1,37
Partie aérienne 1 1,37
Tige 1 1,37
Total de recettes 73 100,00
Au total 73 recettes ont été répertoriées. Les feuilles étaient les plus utilisées (39,73%), suivies
des racines (28,77%) et des écorces (17,8%) dans la préparation des recettes.
21
5.5. Formes d’utilisation des organes des plantes
Les principales formes d’utilisation des recettes sont données dans la Figure 4.
8%
12% Décoction
Poudre
Infusion
80%
La décoction était la forme la plus utilisée (80,00 %), suivie de la poudre (à laper ou à prendre
avec de la bouillie) (12,00%). L’infusion était la forme la moins utilisée (8,00%).
22
5.6. Principales indications médicinales des espèces végétales recensées
33,33
Affections douloureuses et
inflammatoires
Paludisme
Pourcentage des espèces (%)
Hépatite
crise hémorroïdaire
17,86
Infection urinaires
Diabète
Trouble de la digestion
7,14 (hoquet)
5,36 Toux
3,57
1,79 Panacée
23
5.7. Représentations des espèces végétales selon leurs indications médicinales
Les Tableaux IV, V, VI et VII suivants, représentent la liste des espèces médicinales recensées,
utilisées dans la prise en charge de certaines affections comme celles associées à la douleur et
à l’inflammation (les maux de dents, de pieds, de tête, de ventre, d’oreille, de yeux, de poitrine ;
la fièvre), le paludisme, l’hépatite, le diabète, les infections urinaires. Les plantes sont utilisées
seules ou en association (recette*) selon les cas.
Tableau IV. Plantes pour la prise en charge de la douleur et l’inflammation.
Au total, dix-neuf (19) espèces végétales sont citées pour la prise en charge des affections
douloureuses et inflammatoires.
24
Tableau V. Plantes médicinales utilisées pour la prise en charge du paludisme.
Noms scientifiques Parties utilisées Forme et mode d’utilisation
Cassia sieberiana DC. Feuille, Ecorce Décoction (à boire et à laver)
Anogeissus leiocarpa* (DC.) Guill. &
Perr. Décoction ou infusion ou
Terminalia macroptera* G. et Perr Feuille + écorce + racine macération (à boire et à laver)
Mangifera indica L*.
Mitragyna inermis* (Willd.) Kuntze
Khaya senegalensis (Desr) A. Juss Ecorce + Racine Décoction (à boire et à laver)
Sarcocephallus latifolus (Sm.) EABruce Racine Décoction (à boire et à laver)
*Récette : Anogeissus leiocarpus (DC.) Guill. & Perr. + Terminalia macroptera G. et Perr +
Mangifera indica L. + Mitragyna inermis (Willd.) Kuntze
Dix (10) plantes médicinales sont citées pour la prise en charge du paludisme.
Quatre (04) plantes médicinales différentes sont citées pour la prise en charge respective des
affections hépatiques et des infections urinaires.
25
Tableau VIII. Plantes pour la prise en charge du diabète
Noms scientifiques Parties utilisées Forme et mode d’utilisation
Oxytenanthera abyssinica ([Link].) Munro Feuille Décoction (à boire)
Nymphaea lotus L. Fruit Poudre (dans de la bouillie)
Deux (02) plantes médicinales sont citées dans la prise en charge du diabète.
[Link]. Synonymes
Anogeissus leiocarpa (DC.) Guill. & Perr.
Anogeissus leiocarpa Forma grandiflora Engl. & Diels
Anogeissus leiocarpa Forma parviflora Hochst. Ex. Engl. & Diels
Anogeissus leiocarpa Forma parviflora Hochst. Ex. Engl. & Diels
Anogeissus leiocarpa var. schimperi Hochst. Ex. Huchst. & Dalziel Aubrév.
Conocarpus leiocarpa DC.
Conocarpus parviflorus Hochst.
26
Côte d’Ivoire : Agni (Kakaleina) ; Baoulé (Kalima) ; Sénoufo (Nioutepiai).
Guinée : Malinké (Krékété, Gbéré gbéré) ; Susu (Bamaba, Bang boua) ; Peulh (Godioli,
Kodyoli).
Mali : Bambara (Ngalama, Sindia) ; Bwa (Eminu) ; Dogon (Siguli,, Sigilu) ; Malinké
(Kerekete, Sindia) ; Minianka (Gaama, Ganga) ; Samo (Dieisse) ; Sénoufo (Nankama,
Nagalaba, Poupougou).
Niger : Tamacheck (Akôku) ; Zarma (Gonga).
Sénégal : Serer (Godal, Ngogil) ; Socé (Kérékéto) ; Tanda (Agan, Gâgal) ; Wolof-Lébou (Gej,
Géd, Ngégan).
Togo : Akasselem (Bussè) ; Kabive (Hudulia, Kudulia) ; Moba (Nassieg) ; Yanga (Sissighè,
Sissig).
L’écorce est grise à marbrée de taches brun pâle et foncé, écailleuse, se desquamant en plaques
rectangulaires, fibreuse, exsudant une gomme foncée.
Les feuilles sont alternes à presque opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de
1-6 mm de long ; limbe ovale à elliptique ou ovale-lancéolé, de 2-10 cm × 1-4 cm, base
cunéiforme ou obtuse, apex obtus ou aigu, densément couvert de poils soyeux lorsque jeune,
nervures latérales en 4-8 paires, proéminentes en dessous. L’inflorescence est un capitule
axillaire ou terminal, généralement solitaire, globuleux, de 0,5–2 cm de diamètre ; pédoncule
jusqu’à 2,5 cm de long, portant 2 paires de bractées caduques.
Les fleurs sont bisexuées, régulières, 5-mères, jaune pâle, odorantes ; réceptacle ressemblant à
un pédicelle, de 3-4 mm de long ; sépales connés en une coupe campanulée lobée d’environ 1
mm de hauteur ; pétales absents ; étamines 10, filets filiformes, d’environ 3 mm de long,
anthères cordées ; ovaire infère, 1-loculaire, garni de poils roux dans la moitié supérieure, style
simple, filiforme.
27
Le Fruit est une samare arrondie de 4-10 mm × 6-11 mm × 2-2,5 mm, pourvue de 2 ailes,
jaunâtre à brun rougeâtre, à bec court, renfermant 1 graine ; fruits groupés en infrutescences
denses en forme de cône, de 1-2 cm de diamètre. Il ressemble à de petits cônes écailleux avec
des graines petites et allées.
Elle très répandue dans la région soudano-zambézienne, assez commune des alluvions humides,
sensible aux feux et aux défrichements, tolère les inondations temporaires. C’est une espèce
menacée du fait des potentialités culturelles de son habitat.
Elle s’étend du Sénégal au Cameroun, jusqu’en Ethiopie et vers le sud jusqu’à la R.D. du
Congo.
28
Au Bénin, l’arbre est parfois planté près des villages pour sa matière tinctoriale, et des
plantations sont projetées au Burkina Faso et au Mali.
Elle est assez commune, localement abondante et grégaire et peu formé des peuplements purs.
Les racines sont utilisées dans le traitement des hernies et de la lèpre ; les écorces sont
aphrodisiaques, vermifuges, utilisées contre la diarrhée infantile, l’abcès, l’ictère, le
rhumatisme, la plaie, la fièvre, la toux et l’otite (en association avec d’autres plantes)
La pulpe est cicatrisante et aussi utilisée contre la lèpre. Les rameaux associés aux feuilles sont
utilisées contre l’ictère.
29
Les feuilles sont employées dans les affections ictériques, hémorroïdaires et diarrhéiques. La
graine est ténifuge ; la gomme est laxative (Arbonnier, 2009).
Dans la région ouest-africaine francophone des indications médicinales ont été rapportées.
Au Bénin
Les écorces de tige, de rameau et de tronc sont utilisées contre la toux, les abcès, les
maux d’oreille, le rhume et l’hémorroïde ;
Les feuilles contre l’éruption cutanée la toux, comme cholagogue, fortifiant, contre la
diarrhée et l’ulcère Buruli ;
La tige feuillée est utilisée contre l’hémorroïde et comme cholagogue ;
La racine est employée contre l’anémie, l’aménorrhée et l’ulcère Buruli ;
La graine est contre l’amibiase ;
L’écorce de racine est un vermifuge, fortifiant, aphrodisiaque et contre le rhumatisme.
Au Burkina Faso
L’écorce est utilisée contre l’amibiase, contre la diarrhée ;
Les feuilles sont un anti-diarrhéique, utilisées contre l’hépatite virale, l’ictère, le
paludisme et comme fortifiant ;
La tige feuillée est utilisée contre la diarrhée et comme cholagogue ;
La racine est un cholagogue, utilisée contre les maux de ventre, la gingivite et la
blessure ;
La résine est utilisée contre les maux de dents.
En Côte d’Ivoire
L’écorce est utilisée contre la blessure, la fièvre, le chancre syphilitique, les maux de
dents ;
La racine est un désinfectant, utilisée contre la blessure ;
La feuille est utilisée contre la fièvre et comme cholagogue ;
La tige feuillée est un anti-lépromateux.
En Guinée
La feuille est utilisée contre la jaunisse, la dermatose ;
L’écorce de tige est utilisée contre la jaunisse, comme antiseptique, anti-infectieux ;
L’écorce est utilisée contre le rhume, la fièvre ;
La graine est employée contre la parasitose intestinale.
30
Au Niger
L’écorce est anti-hémorroïdaire, utilisée contre la toux, comme cholagogue ;
La partie aérienne est employée contre l’hémorroïde ;
La racine est un anti-lépromateux.
Au Sénégal
L’écorce est stimulant, un vermifuge, un aphrodisiaque, contre la constipation,
l’anorexie, le paludisme et le rhumatisme ;
La feuille est utilisée contre la diarrhée, la dysenterie, l’anorexie, le rhume de cerveau,
la jaunisse, comme vermifuge et fortifiant ;
La racine est employée contre le rhumatisme, comme stimulant et vermifuge ;
La sève est utilisée contre l’ophtalmie ;
La tige feuillée est utilisée contre la dysenterie amibienne.
Au Togo
La feuille est utilisée contre le retard staturo-pondéral de l’enfant, la diarrhée et comme
fortifiant ;
L’écorce de racine est un anti-infectieux urinaire ;
L’écorce de tige, de rameau et de tronc est utilisée contre le prolapsus intestinal et rectal,
l’hernie, l’hydrocèle et l’hémorragie.
Au Mali
La feuille est utilisée contre la schistosomiase urinaire, contre la brûlure, la blessure, la
constipation, la jaunisse, le paludisme
L’écorce de racine est utilisée contre la trypanosomiase, contre l’anorexie, l’ictère, la
constipation et le paludisme ;
La tige feuillée est un anti-dysentérique amibienne, contre les maux de tête ;
L’écorce de tige, de rameau et de tronc est utilisée contre le rhume et la toux ;
Le gui est utilisé contre l’aménorrhée et l’ictère.
31
(dérivés des acides gallique et ellagique) explique l’utilité d’Anogeissus leiocarpa dans la
technique bogolan. Le tissu imprégné avec l’extrait de feuilles aide à fixer les autres couleurs
(par ex. le rouge-brun obtenu avec l’écorce de Lannea microcarpa), Anogeissus
leiocarpa agissant comme un mordant très efficace sur le coton pour les autres teintures
naturelles.
L’écorce ne contient presque pas de flavonoïdes mais est riche en dérivés de l’acide ellagique
(2,5–5% de la matière sèche) et contient un polyalcool (le sorbitol), des terpénoïdes (α-amyrine,
β-amyrine et β-sitostérol), et des traces d’alcaloïdes. Six molécules de dérivés de l’acide
ellagique ont été observées, et quatre d’entre elles ont été isolées et caractérisées. Ces molécules
sont l’acide 3,3’,4’-tri-O-méthylflavellagique, l’acide 3,3’-di- O-méthylellagique, l’acide tri-
O-méthylellagique et l’acide 3,3’-di-O-méthyl-4-β- O-xylopyranosyl-ellagique. Ces dérivés
sont de bons antioxydants agissant comme évacuateurs des radicaux libres d’oxygène et comme
protecteurs de l’ADN contre la dégradation par des agents alkylants. Ce sont des agents anti-
inflammatoires et anti-allergiques, et ils ont des actions anticancérogènes et antimutagènes. Des
recherches ont montré que les dérivés de l’acide ellagique ont une action inhibitrice de certaines
enzymes du type métalloprotéinase dans divers types de cultures de cellules de la peau, et
retardent la dégradation du collagène. Ces recherches ont conduit à l’élaboration d’une
substance appelée “anogelline”, qui est maintenant utilisée dans certaines crèmes cosmétiques
pour la peau fabriquées en France.
La gomme d’Anogeissus leiocarpa contient des acides aminés (acide glutamique, acide
aspartique, alanine, glycine) ainsi que 20% d’un polysaccharide. Par hydrolyse, le
polysaccharide donne 12% de D-xylose, 32% de L-arabinose, 5% de D-galactose, 2% de D-
mannose et 20% d’oligosaccharides (avec des traces de rhamnose, ribose et fucose).
32
Des recherches ont montré que les dérivés de l’acide ellagique ont une action inhibitrice de
certaines enzymes du type métalloprotéinase dans divers types de cultures de cellules de la
peau, et retardent la dégradation du collagène. Ces recherches ont conduit à l’élaboration d’une
substance appelée “anogelline”, qui est maintenant utilisée dans certaines crèmes cosmétiques
pour la peau fabriquées en France.
Des extraits d’écorce de la tige et de la racine, ainsi que des feuilles, ont montré une action
antifongique contre un certain nombre de champignons pathogènes. On a également démontré
une action antibactérienne modérée de l’écorce. Des bâtons à mâcher tirés de Anogeissus
leiocarpa ont montré une forte activité contre un large spectre de bactéries, notamment
certaines qui contribuent à la détérioration des dents. Des extraits de Anogeissus leiocarpa ont
montré une activité in vitro contre des souches de Plasmodium falciparum résistantes à la
chloroquine.
33
5.8.2. Ficus iteophylla Miq
[Link]. Systématique
Famille : Moraceae
Espèce : Ficus
Genre : iteophyla
Les feuilles sont alternes, coriaces, vertes gris sombres, obovales et elliptiques de 10 à 15 cm
de longueur et de 4 à 7 cm de largeur. La nervure est pennée plus ou moins saillantes, palmée
à la base avec 3 à 5 nervures basales, à 4 à 11 (moins de 15) paires de nervures secondaires
34
alternes ou subopposées se raccordant et 7 à 9 nervures principales. Le pétiole est glabre de 0,5
à 4 cm (moins de 6 cm) de long, canaliculé dessus. L’inflorescence est figue solitaire ou par
paire à l’aisselle ou sous les jeunes feuilles et parfois sur les vielles branches globuleuses ou
obovoïdes, sessiles ou pédonculée (pédoncule de 0 à 10 mm de long et plus ou moins
pubérulent), de 0,6 à 1,2 cm de diamètre, glabre ou pubescente, jaune ou rougeâtre à maturité.
L’écorce est lisse gris clair à brun, à tranche rose, exsudant abondamment du latex. Le latex est
blanc devant plus ou rosé.
Le rameau est plus ou moins épais de 0,2 à 0,7 cm de diamètre, plus ou moins pubescent ou
glabre (excepté les bords des cicatrices stipulaires, paraissant ciliés), gris jaunâtre.
La stipule est caduque ou peu persistante de 0,3 à 1,5 cm de long plus ou moins pubescente,
blanche à brunâtre.
Numéro d’herbier DMT : 1808/DMT
Figure 8 : Branches portant des fruits de Ficus iteophyla (Njoku et al., 2019).
35
[Link]. Répartition géographique
C’est une espèce de savane et galeries forestières soudano-sahélienne à guinéenne, très
commune dans les villes où elle est plantée pour son ombrage.
Elle s’étend du Cap-Vert et du Sénégal au Cameroun, jusqu’en Ethiopie, Sao Tomé et Principe,
Afrique australe (Arbonnier, 2009).
Dans la région ouest-africaine francophone, les organes de Ficus iteophylla Miq sont
diversement utilisés à des fins médicales :
Au Bénin
La tige feuillée est utilisée dans les céphalées, la stomatite, les maux de dents ; les écorces
de tiges, des rameaux et de tronc sont employées contre la stomatite, les maux de dents.
Au Burkina Faso
La racine est utilisée contre les maux de dents.
En Côte d’Ivoire
La plante est utilisée comme antipoison, contre la lèpre. Les feuilles sont employées
contre l’épilepsie et le rhumatisme.
36
En Guinée
L’écorce est utilisée contre l’ictère.
Au Niger
L’écorce est réputée provoquer l’amour des femmes. Les feuilles, l’écorce de tige sont
utilisées contre l’ictère.
Au Sénégal
L’écorce est employée contre la métrorragie, les maladies des voies respiratoires, le
rhume, la toux ; les racines sont utilisées contre la tuberculose, la dépression
mélancolique, l’agitation maniaque.
Au Togo
Les feuilles sont utilisées dans les hypogalacties.
Au Mali
Les feuilles sont utilisées contre les schistosomiases, les trypanosomiases, la
conjonctivite, la taie de l’œil, la fièvre, l’anémie, l’ictère, l’hépatite, la rétention urinaire,
la paralysie et la blessure de l’œil ; la tige feuillée est employée contre l’urticaire, la
myalgie. L’écorce de tronc est utilisée dans les affections respiratoires, l’ictère. La plante
est aussi utilisée contre la dermatose.
Les extraits ethanoliques de feuilles de F. thonningii ont montré des activités antalgiques in
vitro et in vivo (Otimenyin et al., 2004). Des extraits méthanoliques des feuilles de F. thonningii
37
ont été signalés comme étant actifs sur S. aureus et P. stauti tandis que l'extrait méthanolique
brut de l'écorce de la tige était actif sur Escherichia coli et l'extrait méthanolique de la racine
était actif sur sur Klebsiella pneumoniae, S. aureus et Bacillus substilis (Ndukwe et al., 2007 ;
Usman et al., 2009).
Les travaux de l’équipe de Coker ont montré que l'extrait méthanolique de F. thonningii a des
propriétés anti-inflammatoires comparables à l'aspirine (Coker et al., 2009).
Des extraits bruts d’écorce de racine de F. thonningii ont été active sur l’inflammatoire induite
chez la souris avec un pourcentage d’inhibition de 66% (Hassan et al., 2012).
Des études pharmacologiques in vitro et in vivo ont révélé que F. thonningii possède des
propriétés antimicrobiennes, antidiarrhéiques, antihelminthique, antioxydant, anti-
inflammatoire et analgésique ((Dangarembizi et al., 2013).
D’autres travaux ont mis en évidence l’action antivenimeuse des extraits éthanoïque de F.
iteophyla Miq (Sarkiyayi et al., 2012).
Des travaux ont montré l’activité antiplasmodiale des extraits organiques de F. thonningii avec
une réduction de 84,5 % de la parasitémie sur P. falciparum chez des souris (Falade et al.,
2014).
Des extraits bruts d’alcaloïdes des feuilles de F. thonningii ont montré des potentialités
antidiabétiques chez des rats et pourraient également réduire le risque d'obésité et
d'hypertension grâce à son effet hypolipidémique (Njoku et al., 2019).
La toxicité aiguë, les modifications du poids corporel, le poids des organes, la prise alimentaire,
les signes cliniques, l'hématologie, l'histologie macroscopique et tissulaire ont été surveillés. Le
poids corporel des rats traités a augmenté progressivement, mais les changements n'étaient pas
significativement différents du contrôle. Les poids relatifs des organes essentiels des rats traités
38
n'ont pas été affectés chez les rats mâles et femelles. Parmi les seize paramètres hématologiques
étudiés, seuls le nombre total de leucocytes et les valeurs plaquettaires chez les rats mâles
nourris avec 500 mg kg -1de FT étaient significativement plus élevés que des paramètres
similaires chez les témoins. Les résultats histologiques ont indiqué des toxicités testiculaires,
pulmonaires et hépatiques possibles. La DL 50 de FT a été estimée à > 3000 mg kg -1.
Les résultats ont suggèré que l'application orale à court terme de F. thonningii peut ne pas
exercer d'effets toxiques sévères chez le rat à des doses inférieures à 500 mg kg -1 (Stanley et
al., 2008).
Des études de toxicité aiguë et subchronique ont montré que Ficus thonningii n'est pas toxique
s'il est administré par voie orale à faibles doses.
La dose létale (DL50) intrapéritonéale des extraits ethanoliques de feuille était de 7g/kg chez
des rats (Otimenyin et al., 2004).
39
5.8.3. Nymphaea lotus L
[Link]. Systématique
Famille : Nymphaeaceae
Genre : Nymphaea
Espèce : lotus
[Link]. Synonyme
Nymphaea lotus var. thermalis (DC) Tuzson.
Noms vernaculaires
Nom Français : Nénuphar.
Noms africains (Eklu-natey et Balet, 2012)
Bénin : Fon-goun (tôfla) ; Yoruba-Nago (oshipata).
Mali : Bambara (ngôkou).
Niger : Djerma-zarma (dundu) ; Haoussa (bâdo).
Sénégal : Dioula-casamancais (egobol) ; Serer (anam) ; Wolof-Lébou (dagar).
Togo : Ewe-watchi (tôfla).
Les feuilles sont larges flottantes et arrondies, dentées, étalées à la surface de l’eau et munies
d’un long pétiole. Le limbe a une surface supérieure d’un vert foncée et lisse, parfois tachée de
rouge ; sa surface inférieure avec des veines très proéminentes.
Les fleurs sont solitaires, très grandes, odorantes à pétales blancs, ou lavées de jaune pâle et de
nombreuses étamines jaunes. Le fruit est globuleux, déprimé, charnu, vert de la taille d’une
pomme, avec des graines striées de petites côtes entourées d’un arille charnu (Eklu-natey et
Balet, 2012).
Numéro d’herbier DMT : 2321/DMT.
Au Mali, des travaux du DMT ont permis de caractériser des éléments microscopiques,
caractéristiques des feuilles et des rhizomes. Il s’agit de fibres, parenchyme, poils tecteurs,
xylème, grain d’amidon, fragment d’épiderme avec stomates, cristal d’oxalate de calcium dans
40
les feuilles et de cristaux d’oxalate de calcium, xylème spiralé, poils tecteurs, parenchyme,
grains d’amidon, fibres dans les rhizomes (Koné, 2020).
Figure 9 : Photo de Nymphea lotus L dans son habitat naturel (Koné, 2020).
Nymphaea lotus se trouve dans les mares, anses calmes des rivières (Lisowski, 2009).
Au Ghana, les feuilles fraîches de Nymphaea lotus sont écrasées et appliquées sur des furoncles
(Blench et Dendo, 2006).
41
En Côte d’Ivoire, les feuilles sont utilisées contre la fatigue générale (Eklu-natey et Balet,
2012). Elles sont aussi utilisées pour les rites de purification lors de funérailles et contre la
fatigue générale (Djah et al., 2009).
Au Sénégal, les feuilles sont utilisées en décoction contre les maux de ventre (colique, colite,
douleurs abdominales, brûlures d’estomac, dyspepsie, maux de ventre, maux de l’estomac,
stomachique, ulcère de l’estomac, gastralgie, gastrite, pyrosis, entérite, entéralgie) (Thomas et
al.,1972). Les fleurs et les fruits sont utilisées contre les nausées, comme émollientes, calmants.
Les fruits sont vermifuges. Les feuilles sont utilisées contre les maux de ventre (Eklu-natey et
Balet, 2012).
Au Nigeria du Sud-ouest, les feuilles en décoction sont utilisées contre le cancer ; un cataplasme
de feuilles est utilisé en application sur les blessures et les brûlures ; les feuilles associées aux
tiges sont pilées et utilisées contre les œdèmes (Hussain et al., 1989 ; Adetutu et al., 2011).
Au Niger, le fruit mûr en poudre et délayé avec de l’eau est utilisé contre les infections uro-
génitales, les candidoses des muqueuses de l’appareil uro-génital, les urétrites, les maladies
urinaires, la cystite, douleur dans les trompes de Fallope, kyste ovarien, pneumaturie
(Adjanohoum et al., 1980 ; Eklu-natey et Balet, 2012).
42
[Link]. Données pharmacologiques
[Link].1. Activité antimicrobienne
L’activité antibactérienne de l’extrait éthanolique des feuilles a été évaluée in vitro en utilisant
la méthode de diffusion sur disque. Les zones de diamètre d'inhibition étaient comprises entre
8 et 25 mm avec Staphylococcus aureus, Streptococcus pyogenes, Escherichia coli et 8 - 15
mm avec Klebsiella pneumoniae et Pseudomonas aeruginosa (Akinjogunla et al., 2009).
Les extraits aqueux et éthanolique des fleurs ont aussi démontré une activité antimicrobienne
sur plusieurs souches de bactéries et de champignons (Hassan et al., 2009).
D’autres études ont démontré les propriétés antimicrobiennes des extraits des feuilles
(Supaphon et al., 2018 ; Adelakun et al., 2016).
43
L’administration par voie orale de l’extrait aqueux (50 – 100 – 200 mg/kg) pendant 28 jours
n’a pas eu d’impact significatif sur les paramètres hématologiques par contre les paramètres
hépatiques et la créatinémie ont significativement diminués (Sharaibi et al., 2015).
La toxicité aiguë de l’extrait éthanolique des feuilles a été évaluée chez des rats. La DL50 par
voie a été supérieure à 5000 mg/kg (John-Africa et al., 2012).
44
6. COMMENTAIRES ET DISCUSSION
Cette étude a permis de recenser des plantes médicinales, utilisées par des praticiens de la
médecine traditionnelle dans la prise en charge de certaines maladies courantes à Kimparana.
Cependant, elle a enregistré certaines difficultés sur le terrain qui sont liées à l’accès et à la
transcription des informations avec les Praticiens rencontrées.
Parmi les espèces végétales inventoriées, dix-sept (17) sont inscrites dans les pharmacopées
existantes de l’Afrique de l’Ouest (OOAS, 2013 et 2020) et 34 ont un spécimen dans l’herbier
du DMT. Cela pourrait indiquer qu’il s’agissait d’espèces végétales courantes et communes des
terres africaines. Cependant les vingt-sept (27) espèces non inscrites dans les pharmacopées
Africaines pourraient être de potentiels candidates pour des investigations scientifiques et
contribuer à la pharmacopée Africaine.
45
Les tisanes (décoction et infusion) et les poudres étaient les principales formes d’utilisations
des espèces recensées. Cela est en accord avec la tradition et la littérature (Traoré, 1983 ;
OOAS, 2013 et 2020).
Ces indications médicinales pourraient être attribuées aux acides et composés phénoliques
(tanins, flavonoïdes etc.) dont la présence a été confirmée dans les plantes de la famille des
fabacées (Demir et al., 2019), et dont les actions pharmacologiques ont été validées par
nombreux travaux scientifiques (OOAS, 2013 et 2020).
En outre, les flavonoïdes et les tanins sont des composés pharmacologiquement actifs avec
plusieurs emplois en pharmacie, présents dans plusieurs espèces végétales. Ils agissent comme
de puissants antioxydants et sont connus pour leurs activités antimicrobiennes (Jo et al., 2020).
Les données monographiques des espèces inscrites dans la pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest
pourraient être utilisées pour la mise au point de nouveaux de médicaments à base de plantes
médicinales recensées. Celles des trois espèces sélectionnées pourraient contribuées à la
pharmacopée africaine et utilisées pour d’autres investigations scientifiques permettant
d’affirmer ou de confirmer leurs évidences ethnomédicales.
46
7. CONCLUSION
Il ressort de cette étude que 42 genres et 44 espèces végétales, appartenant à 25 familles
botaniques différentes ont été recensées en médecine traditionnelle minianka à Kimparana dont
16 sont inscrites dans les pharmacopées de l’Afrique de l’Ouest.
Les feuilles, les écorces et les racines sont les principaux organes végétaux, utilisées sous forme
de tisane ou de poudre, principalement dans la prise en charge des affections douloureuses et
inflammatoires et le paludisme.
Des études ethnobotaniques supplémentaires dans d’autres zones sont nécessaires pour obtenir
une liste plus représentative des plantes médicinales utilisées en milieu Minianka au Mali.
47
8. RECOMMANDATIONS
Au terme de ce travail et au vu de nos résultats, nous formulons les recommandations suivantes :
Au Département de Médecine Traditionnelle
Poursuivre les investigations pour constituer une liste de base de plantes médicinales
utilisées en Médecine Traditionnelle en milieu minianka au Mali.
48
9. RÉFÉRENCES
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56
Fiche signalétique :
Prénom Drissa
Nom SOGOBA.
Titre Etude ethnobotanique de plantes médicinales, utilisées en
Médecine Traditionnelle dans le milieu minianka.
Année Universitaire 2019-2020.
Pays d’origine Mali.
Lieu d’étude Département Médecine Traditionnelle (DMT).
Ville de soutenance Bamako (République du Mali).
Lieu de dépôt Bibliothèque de la Faculté Pharmacie de l’Université de Sciences
des Techniques et des Technologies de Bamako.
Secteur d’intérêt Médecine Traditionnelle, Pharmacognosie, Santé Publique.
Email drissasogoba66@[Link]
RESUME
Les plantes médicinales constituent une ressource importante de la Médecine Traditionnelle des
peuples Africaines. Le présent travail visait à contribuer à l’étude des plantes médicinales,
utilisées en Médecine Traditionnelle minianka à Kimparana. Les principales espèces végétales
ainsi que leurs indications médicinales ont été recensées à travers des entretiens individuels
auprès de certains Praticiens de la Médecine Traditionnelle (PMT) de la zone concernée. Les
données collectées ont été analysées sur Microsoft Excel version 13.
Au total 73 recettes issues de 44 espèces végétales appartenant à 25 familles botaniques
différentes ont été inventoriées. Les feuilles, les racines et les écorces étaient les organes les
plus employées dans la préparation des recettes. Elles sont utilisées sous forme de tisane
(décoction ou infusion) ou de poudre, principalement dans la prise en charge des affections
douloureuses et inflammatoires, le paludisme, les affections hépatiques, le diabète, les
infections urinaires.
Ficus iteophylla Miq, Anogeissus leiocarpus (DC.) Guill. & Perr., Nymphaea lotus L ont été
les principales espèces végétales sélectionnées pour rédiger leur monographique et va
contribuer à la pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest.
Les résultats de cette étude pourraient contribuer à constituer une base des plantes médicinales,
utilisées en Médecine Traditionnelle minianka à Kimparana.
Mots clés : Plantes médicinales, Médecine Traditionnelle en milieu minianka, Cercle Kimparana,
Région de San, Mali.
xxii
Data shee :
Abstract
Medicinal plants are an important resource in the Traditional Medicine of African peoples. The
aim of this work was to contribute to the study of the medicinal plants used in Traditional
Minianka Medicine in Kimparana. The main plant species and their medicinal indications were
identified through individual interviews with a number of Traditional Medicine Practitioners
(TMPs) in the area. The data collected was analyzed using Microsoft Excel version 13.
A total of 73 recipes from 44 plant species belonging to 25 different botanical families were
inventoried. Leaves, roots and barks were the organs most frequently used in recipe preparation.
They are used in the form of herbal tea (decoction or infusion) or powder, mainly to treat painful
and inflammatory conditions, malaria, liver ailments, diabetes and urinary tract infections.
Ficus iteophylla Miq, Anogeissus leiocarpus (DC.) Guill. & Perr. and Nymphaea lotus L were
the main plant species selected for the monograph and will contribute to the West African
pharmacopoeia.
The results of this study could contribute to the creation of a database of medicinal plants used
in Traditional Minianka Medicine in Kimparana.
xxiii
SERMENT DE GALIEN
Je jure, en présence des maîtres de la faculté, des conseillers de l’ordre des pharmaciens et de
mes condisciples :
D’honorer ceux qui m’ont instruit dans les préceptes de mon art et de leur témoigner ma
non seulement la législation en vigueur, mais aussi les règles de l’honneur, de la probité et du
désintéressement ;
En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances et mon état pour corrompre les
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Je le jure
xxiv