MASTER SCIENCes éCONOMIQUes-éCONOMIE APPLIQUée
NEW KEYNESIAN MODEL
ENCADRÉ PAR : REALISÉ PAR:
[Link] SAID ELOUARIT HOUDA
HARSAL SOUMAYA
SOMMAIRE
Introduction
Le ménage représentatif
Les entreprises
Bouclage du modèle
Dynamique et calibration
Courbes IS et Phillips en écart de production
Politique optimale
Extensions et limites
Conclusion
INTRODUCTION
Depuis les années 1980, les économistes ont cherché à construire des modèles macroéconomiques capables de combiner les
apports de la théorie néoclassique avec certaines intuitions keynésiennes, comme le rôle stabilisateur de la politique monétaire et
les rigidités de prix. C’est dans ce contexte qu’est né le New Keynesian Model, une version moderne de la pensée keynésienne
intégrée dans un cadre rigoureux fondé sur la microéconomie.
Ce modèle repose sur les fondations des modèles dynamiques stochastiques d’équilibre général, plus connus sous l’acronyme
DSGE. Ces modèles décrivent l’économie à travers les décisions d’agents rationnels — les ménages, les entreprises et les banques
centrales — dans un contexte d’incertitude et sur plusieurs périodes.
Ce qui distingue spécifiquement le modèle nouveau keynésien, c’est qu’il introduit deux éléments clés : la concurrence imparfaite
et les rigidités nominales. Ces hypothèses permettent de redonner un rôle actif à la politique monétaire et d’expliquer pourquoi
les chocs économiques peuvent avoir des effets durables sur la production et l’emploi.
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LE MÉNAGE REPRÉSENTATIF
Le modèle suppose l’existence d’un ménage représentatif, c’est-à-dire un agent type représentant l’ensemble des
ménages de l’économie.
Son objectif est de maximiser son utilité intertemporelle en arbitrant entre consommation et loisir, tout en respectant
une contrainte budgétaire.
La fonction d’utilité s’écrit :
où:
Ct représente la consommation à la période t
Lt le loisir
β est un coefficient d’actualisation qui traduit le fait que le ménage accorde plus d’importance au présent qu’au futur.
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LE MÉNAGE REPRÉSENTATIF
Le ménage doit choisir non seulement combien consommer aujourd’hui par rapport à demain (c’est l’arbitrage
intertemporel), mais aussi combien travailler, c’est-à-dire sacrifier du loisir contre du revenu.
L’arbitrage intertemporel se traduit par une équation très importante dans le modèle : l’équation d’Euler :
L’arbitrage entre travail et loisir est aussi fondamental. Le ménage accepte de travailler plus seulement si le gain en
salaire réel compense la perte de satisfaction liée à la réduction du temps libre. Cette condition est représentée par
l’égalité suivante :
où Wt est le salaire réel.
Si le salaire augmente, cela peut inciter le ménage à travailler plus, mais cela dépend aussi de ses préférences pour le loisir.
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LES ENTREPRISES
Le modèle suppose une multitude de firmes, chacune produisant un bien différencié.
➡️ Les biens ne sont pas parfaitement substituables.
Cette différenciation confère aux entreprises un pouvoir de marché.
➡️ Il s'agit d'une situation de concurrence monopolistique.
La production d’une entreprise dépend de :
la quantité de travail utilisée Nt
et de la productivité globale des facteurs At
La fonction de production est de type linéaire :
Où :
Yt= quantité produite à la période t
At= productivité globale
Nt = quantité de travail utilisée
Cette relation signifie que si la productivité augmente, une même quantité de travail permet de produire davantage.
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LES ENTREPRISES
Chaque entreprise fait face à une demande décroissante en fonction de son prix. Autrement dit, plus elle fixe un prix
élevé par rapport au prix moyen du marché, moins elle vendra. Cette demande s’exprime ainsi :
Cela signifie qu’une entreprise peut fixer son propre prix, mais ce prix influence directement la quantité qu’elle pourra vendre.
où :
Pt(i) est le prix fixé par l’entreprise i,
Pt est le niveau général des prix dans l’économie,
ε est l’élasticité de substitution entre les biens.
Le niveau général des prix dans l’économie est une moyenne agrégée des prix des différentes entreprises, pondérée par leur
importance dans la consommation globale. Cette moyenne est calculée avec la formule suivante :
-Cette équation définit l’indice des prix agrégé, comparable à l’indice
des prix à la consommation (IPC). 5
LES ENTREPRISES
Mais dans le modèle nouveau keynésien, il existe une hypothèse cruciale : les prix sont rigides. Cela veut dire que les
entreprises ne peuvent pas changer leurs prix à chaque période.
On modélise cette rigidité avec la spécification de Calvo. Selon cette approche, à chaque période, une entreprise a
une probabilité (1−θ) de pouvoir revoir son prix, et une probabilité θ de devoir le maintenir inchangé.
Lorsqu’une entreprise a l’opportunité de modifier son prix, elle choisit le prix optimal qui maximise la somme actualisée de
ses profits futurs. Elle sait qu’elle devra probablement garder ce prix pendant plusieurs périodes. Elle résout donc le
programme suivant :
où :
Pt est le prix que l’entreprise fixe à la période t,
MCt+kest le coût marginal de production dans le futur,
Qt,t+kest le facteur d’actualisation stochastique (équivalent du taux d’intérêt réel ajusté au risque).
La condition d’optimalité qui en résulte donne le prix optimal que doit fixer l’entreprise :
Ce prix correspond à un markup optimal appliqué sur le coût marginal, actualisé sur plusieurs périodes.
Plus les coûts futurs sont élevés, plus l’entreprise fixe un prix élevé aujourd’hui. 5
BOUCLAGE DU MODÈLE
Après avoir décrit le comportement des ménages et des entreprises, il est nécessaire de boucler le modèle
les marchés doivent être en équilibre, ce qui implique que l’offre et la demande s’ajustent sur chaque marché.
Le bouclage du modèle DSGE repose principalement sur trois éléments : le marché des biens, le marché du
travail et la politique monétaire.
1. Équilibre sur le marché des biens
Dans la version de base du modèle, on suppose qu’il n’y a ni investissement, ni commerce extérieur, ni dépenses
publiques. Toute la production est donc entièrement consommée.
Cela se traduit par l’identité macroéconomique suivante :
Yt=Ct
où :
Yt est la production totale de biens à la période t,
Ctest la consommation totale des ménages.
Cette égalité exprime le fait que tout ce qui est produit dans l’économie est acheté et consommé par les ménages.
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BOUCLAGE DU MODÈLE
2. Équilibre sur le marché du travail
Sur le marché du travail, l’offre de travail des ménages (issue de leur arbitrage entre loisir et
travail) doit correspondre à la demande de travail des entreprises (qui dépendent de leur besoin
pour produire).
Dans un cadre simple avec une fonction de production linéaire Yt=AtNt le salaire réel
s’ajuste pour que l’offre et la demande de travail soient égales.
La condition d’équilibre est :
où :
Wt est le salaire réel,
MPLt est la productivité marginale du travail, égale à Atdans ce modèle.
Cela signifie que les entreprises rémunèrent le travail à hauteur de ce qu’il rapporte en termes de production.
Si la productivité augmente, les salaires réels peuvent augmenter 5
BOUCLAGE DU MODÈLE
3. La politique monétaire
Dans le modèle nouveau keynésien, la banque centrale joue un rôle central. Elle fixe le taux
d’intérêt nominal à court terme, en fonction de l’évolution de l’économie.
Cette décision suit généralement une règle simple appelée règle de Taylor :
Cette équation exprime que la banque centrale réagit à l’inflation et à la conjoncture
économique :
Si l’inflation augmente, elle relève le taux pour ralentir l’activité.
Si la production est en dessous de son niveau potentiel, elle baisse le taux pour
stimuler la demande.
Cette politique monétaire influence directement le comportement des ménages (via
l’épargne et la consommation) et des entreprises (via l’investissement, dans des versions
plus avancées du modèle).
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DYNAMIQUE ET CALIBRATION
Le modèle repose sur des équations intertemporelles résolues autour d’un équilibre.
Pour obtenir des résultats quantitatifs, on utilise une méthode appelée calibration :
➤ On attribue aux paramètres des valeurs réalistes, observées dans les données économiques.
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COURBES IS ET PHILLIPS EN ÉCART DE PRODUCTION
Pour relier les taux d’intérêt, la demande et l’inflation, on utilise deux équations essentielles :
La courbe IS :
Elle montre que si le taux réel (ajusté de l’inflation attendue) augmente, la demande baisse.
La courbe de Phillips :
Elle indique que l’inflation actuelle dépend des anticipations d’inflation et de l’écart de production. Si l’économie est en surchauffe (écart
positif), l’inflation augmente.
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POLITIQUE OPTIMALE
Dans le cadre du modèle de base, la politique monétaire optimale vise à
maintenir l’écart de production à zéro. Cela revient, dans certaines
configurations, à simplement stabiliser les prix. Ce phénomène est connu sous
le nom de divine coïncidence : lutter contre l’inflation permet aussi de
stabiliser la production. Toutefois, ce résultat disparaît dès qu’on introduit des
rigidités nominales sur les salaires ou des imperfections réelles.
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EXTENSIONS ET LIMITES
LIMITES DU MODÈLE NEK :
Hypothèse de rationalité parfaite des agents
Marchés souvent idéalisés (ex. : concurrence parfaite sauf prix)
Difficultés à anticiper les crises financières majeures (comme celle de 2008)
Sous-estimation des frictions réelles (salaires rigides, dettes privées, etc.)
EXTENSIONS POST-CRISE (APRÈS 2008)
Les modèles DSGE ont été enrichis après la crise financière de 2008. On y a introduit :
La rationalité limitée : les agents peuvent apprendre et s’adapter progressivement, avec des biais ou une
information imparfaite.
Le secteur bancaire, pour étudier le rôle de l’intermédiation financière et l’effet des chocs bancaires sur l’économie
réelle.
Des éléments énergétiques et climatiques, comme la taxe carbone, pour simuler l’impact des politiques
environnementales sur la croissance, les prix ou l’emploi.
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CONCLUSION
Le modèle nouveau keynésien est aujourd’hui l’un des cadres les plus influents
en macroéconomie moderne,
➤ surtout pour l’analyse des politiques monétaires.
Il combine les fondements microéconomiques des modèles DSGE avec les
intuitions keynésiennes :
➤ Rigidités nominales, concurrence imparfaite, chocs de demande inefficaces
Grâce à des anticipations rationnelles, le modèle explique :
- comment une règle de Taylor peut stabiliser l’inflation et soutenir l’activité
- le rôle central de l’écart de production (via les courbes IS et de Phillips) dans
les cycles économiques
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Merci