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Gestion du risque de change au Sénégal

Cette recherche analyse la gestion du risque de change et l'utilisation des produits dérivés par les entreprises non financières sénégalaises, mettant en évidence leur exposition à l'incertitude des taux de change. L'étude révèle que ces entreprises adoptent principalement une couverture sélective plutôt que systématique, avec une préférence pour les contrats à terme comme instrument de couverture. Les résultats sont basés sur une enquête qualitative menée auprès de 54 entreprises, soulignant les motivations et les déterminants de l'utilisation des produits dérivés dans ce contexte.

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Gestion du risque de change au Sénégal

Cette recherche analyse la gestion du risque de change et l'utilisation des produits dérivés par les entreprises non financières sénégalaises, mettant en évidence leur exposition à l'incertitude des taux de change. L'étude révèle que ces entreprises adoptent principalement une couverture sélective plutôt que systématique, avec une préférence pour les contrats à terme comme instrument de couverture. Les résultats sont basés sur une enquête qualitative menée auprès de 54 entreprises, soulignant les motivations et les déterminants de l'utilisation des produits dérivés dans ce contexte.

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La gestion du risque de change, organisation et dynamique d’utilisation des

produits dérivés : Analyse théorique et application à un échantillon

d’entreprises non financières sénégalaises

Amadou Makhouredia Diop1


Alioune Diop University, Senegal
Email : [Link]@[Link]
Mohamed Lamine Mbengue2
Gaston Berger University- Saint-Louis, Senegal
Email : [Link]@[Link]
Modou Dieng3
Alioune Diop University, Senegal
Email : [Link]@[Link]

Résumé :

Cette recherche permet d’expliquer la dynamique d’utilisation des produits dérivés, la gestion du
risque de change via une couverture sélective ou systématique et l’organisation de la gestion du
risque de change des entreprises non financières sénégalaises. Ces dernières sont exposées au
risque de change liés à l'incertitude quant à l'évolution future des taux de change. Cette
incertitude affecte leurs valeurs et menace même leur pérennité. Elles sont donc amenées à
recourir de plus en plus aux produits dérivés et aux techniques de couverture pour couvrir ces
risques. Face au recours croissant aux stratégies de couverture par les entreprises non
financières, il convient de s'interroger sur les motivations et les déterminants de ces
opérations.

A cet effet, cette recherche repose sur une enquête auprès de 54 entreprises non financières au
Sénégal, entreprises sélectionnées selon un échantillonnage de type raisonné. Notre
méthodologie est celle d’une analyse qualitative pour le traitement des données. L’étude
montre que les produits dérivés tout comme l’organisation de la couverture et le secteur
d’activité sont des facteurs qui expliquent l’adoption de la stratégie d’une couverture sélective
et systématique. Les résultats montrent que les entreprises étudiées sont plus sélectives que
systématiques en matière de gestion du risque de change et que les contrats à terme sont les
1
plus utilisés dans la gestion du risque de change de comme instrument financier de
couverture.

Mots clés : produits dérivés – risque de change- entreprises non financières

1. Introduction

Depuis la date de juillet 1944 qui matérialisa les accords de Bretton Woods, fixant le dollar à
35 USD par once, et la date de 1971 qui correspondait à la suspension de la convertibilité de
l’or, laissant par ailleurs le dollar américain flotter face aux autres devises, nous assistons à un
bouillonnement des marchés de capitaux particulièrement le marché de change. Ce dernier est
marqué par une fluctuation incessamment des cours des devises, et qui entraine des risques
financiers au niveau de certaines entreprises.

Par définition, le marché des changes est le marché sur lequel s’achètent et se vendent des
devises. Une devise est une monnaie nationale dont le cours est exprimé contre une autre
monnaie.

A cet effet la notion de risque financier de change, un risque auquel s’expose tout investisseur
se portant acquéreur d’un actif libellé dans une autre devise que celle ayant cours légal dans
son pays.

Cependant plusieurs acteurs évoluent au sein de ce marché, et dans notre étude nous nous
sommes intéressés aux entreprise non financières sénégalaises. Ces dernières dans une
logique d’optimisation financière vont se prémunir contre le risque de change en mettant en
place des stratégies de couverture. Dans ce sillage, plusieurs produits financiers spécifiques
existent, appelées encore produits dérivés.

C’est dans ce sens que nous avons orienter cette recherche scientifique vers le thème suivant :

La gestion du risque de change, organisation et dynamique d’utilisation des

produits dérivés : Analyse théorique et application à un échantillon

d’entreprises non financières sénégalaises

1. Conceptualisation

2
Dans cette partie certains concepts déterminants de la thématique sont exposés pour mieux les
élucider clairement avant d’être en profondeur dans cette recherche pour plus de
compréhension.

a- Produit Dérivé :

Les produits dérivés relèvent de contrats financiers dont la particularité est de créer un droit
sur un actif sous-jacent : une devise, une matière première, un taux, une action, une obligation
ou même un indice boursier.

En d’autres termes, un produit dérivé est un instrument financier, dont la valeur fluctue en
fonction de l’évolution de taux ou de prix d’un produits dit sous-jacent qui requiert peu ou pas
de placement initial, dont le règlement s’effectue à une date ultérieure ou future. Dans notre
étude nous allons nous intéresser aux produits dérivés relatif aux devises, en contexte de
marché de capitaux de change.

 Présentations de quelques produits dérivés

Nous allons présenter les contrats à terme de gré à gré (Forwards), les contrats d’échange
(Swaps), les contrats à terme future et les options dans cette partie pour mieux apporter des
éclaircissements.

A1. Contrat à terme de gré à gré (Forward)

C’est un contrat d’achat - de vente à durée limitée, négocié de gré à gré (over-the-counter) sur
des marchés non réglementés. L’acheteur s’engage, au travers de ces contrats à acheter l’actif
sous-jacent à un prix convenu à une date future prédéterminée. Le vendeur s’engage lui aussi
à respecter le contrat, même si la vente future devrait entrainer un résultat négatif.

A2. Le contrat d’échange (Swap)

C’est un échange à tous les effets (to swap= échanger). Dans cette relation les deux parties
entendent échanger des flux de trésorerie à une période future qui au préalable est déterminée
en fonction de la valeur des sous-jacents choisis. Dans la pratique, c’est un instrument
financier tellement privilégier ou utiliser par les banquiers, les entreprises et les organismes
publics, à des fins de protection contre les risques financiers de change. Les actifs sous-
jacents les plus utilisés sont les devises, les taux d’intérêts, les matières premières les actions
dans les Swaps

A3. Les contrats à terme futures

3
La particularité de cet instrument dérivé est qu’il est utilisé au niveau des marchés
réglementés et est similaire aux contrats à terme Forwards, dans la mesure où il prévoit
l’échange d’un montant fixe de l’actif sous-jacent à une date future préalablement déterminée
à un prix déjà décidé

A4. Les options

Une option donne la possibilité à un acheteur d’acquérir auprès d’un vendeur d’acheter ou de
vendre, dans un délai déterminé, une certaine quantité de l’actif sous-jacent au prix convenu

Cependant, ils existent d’autres instrument financier à côté de ces produits dérivés dans les
marchés boursiers sous forme de valeurs mobilières notamment les Warrants et les Turbos

Globalement les produits dérivés aident à couvrir certaines positions contre le risque de perte
de valeur ou la survenue de certains évènement indésirables (variation des taux de change par
transfert de risque, sur les entreprises et entrainant des couts d’inefficience et d’inefficacité
qui également pourraient à la longue compromettre la vie de l’entité

B. Entreprise non financière

Dans notre étude les entreprises non financières sont celles qui regroupent les agents
économiques ayant comme fonction principale la production de bien et de services non
financiers marchands En d’autre termes celles dont le prix de vente est constitué du cout de
production et d’une marge bénéficiaire dans un but lucratif.

2. Problématique.

Sur la base des difficultés que rencontrent les entreprises non financières en matière de gestion
de risque de change, et fondamentalement dans une logique de performance et compétitivité
l’utilisation des produits dérivés semble être un moyen de couverture. Dans la littérature elle se
présente comme moyen d’éviter les couts lors de certaines transactions sources d’inefficience et
d’inefficacité et passe par une gestion organisée. A cet effet nous orientons notre question
centrale de recherche vers une approche de compréhension de la dynamique à laquelle les
produits dérivés sont utilisées pour les entreprises non financières sénégalais et comment cette
gestion est organisée.

A ce titre, notre interrogation principale est :

Comment et pourquoi les entreprises non financières sénégalaises utilisent les produits
dérivés ?

4
De façons spécifique :

Quels sont les dérivés les plus utilisés par les entreprises non financières sénégalaises ?

Quelles sont les raisons qui poussent les entreprises non financières sénégalaise à utiliser
les produits dérivés ?

Quelle est la relation entre l’utilisation des produits dérivés et les secteurs d’activités ou
exercent les entreprises ?

Comment l’organisation de la couverture du risque est un facteur déterminant en matière


de gestion du risque de change ?

Peut-on mettre en évidence un modèle de prévision économétrique du point financier


auquel pourraient faire recours les entreprises non financières pour décider du produit
dérivé le plus adapté au moment d’une opération de couverture contre le risque de
change ?

3. Revue de la littérature

Les entreprises sont de plus en plus exposées aux risques de change avec la mondialisation
des marchés ces risques sont tributaires d’impacts négatifs et significatifs sur leur rentabilité,
leur valeur, et performance les mouvements et l’évolution des cours de devises ont une
influence sur la compétitivité des firmes qui exercent des activités à l’internationale. Par
conséquent elles peuvent faire recours à des instruments financiers de couverture pour faire
face notamment les produits dérivés.

Dans la littérature financière des marchés de capitaux, la couverture contre le risque de


change peut-être mise en évidence en deux axes : une couverture de nature financière et celle
opérationnelle.

La stratégie financière réside dans le fait de s’endetter en monnaie étrangère en partie et à


utiliser des instruments financiers d’autre part. comment les entreprises non financières
sénégalaise font usage des produits dérivés dans leur couverture contre le risque de change ?

Cette interrogation essentielle pour mieux plonger au cœur de cette revue à la fois théorique et
empirique relatifs à l’utilisation au produits dérivés pour une couverture contre le risque de
change.

5
La couverture opérationnelle Allayanis et al 2001 reposent sur la diversification
géographique. Une stratégie typiquement utiliser pour la couverture du risque à long terme.

source Type de stratégie


Littérature Couverture Financier Couverture opérationnelle
Etats financiers dérivés Couverture naturelle ou aller loin,
exemples Forward, swap, Endettement en Diversification
options monnaie étrangère géographique
Source : Dohring, 2008

Sur la base aussi d’une revue documentaire, nous pouvons faire traverser un faisceau de
lumière sur le rapport de l’AMF. Dans ce sens avec le rapport de 2023, l’activité sur les
marchés dérivés est très sensible à la remontée des taux de changes et devises. Les montants
notionnels bruts mondiaux des dérivés négociés de gré à gré ont largement augmenté pour
s’établir à 617 959 milliards de dollars en fin 2022. Les volumes de swaps échanges ont aussi
fortement augmentés avec la remontée des taux passant de 20 000 transactions à 23 000
transactions en moyenne par trimestre. Ces informations synthétiques témoignent à suffisance
un peu la dynamique d’utilisation des produits dérivés au sur devises à l’échelle
internationale.

Par ailleurs les premières recherches et études relatives à l’utilisation des produits dérivés
remontent en 1994 aux USA avec les entreprises non financières. En effet, cette utilisation fut
élargie avec les informations sur les produits dérivés pour répondre à l’application des normes
de comptabilité internationales financière.

Les entreprises ne sont pas en mesure de mener une politique de couverture de change
appropriée et efficace sans recourir aux produits dérivés dont l’utilisation devient de plus en
plus répandue au niveau international. Ainsi, pour SHIMPI, P., (2005), l’innovation financière
constitue un facteur déterminant en raison de leur complexité et du fait que les mutations
financières impactent sur la conception des produits nouveaux.

En 2009, le rapport de l’International Swap Dealers Association (ISDA), indique que 94% de
plus de 500 grandes entreprises américaines dénommées fortune 500 font recours aux produits
dérivés : 88.3% pour gérer le taux d’intérêt, 50.9 % dans le but de gérer le prix des matières
premières et 93.6% pour la gestion du taux de change.

6
En effet, cette utilisation fut élargie avec les informations sur les produits dérivés pour
répondre à l’application des normes de la comptabilité financière. Les travaux les plus
remarquables en ces périodes sont entre autres les enquêtes de la Treasury Management
Association en 1996 portant sur les sociétés américaines non financières en deux phases.

Les premières études s’inscrivent dans un cadre épistémologique positif descriptif dans la
logique où elles mettent en exergue un aperçu de l’utilisation des produits dérivés sans
convoquer en réalité un contexte théorique. Ce fut intéressant car permettant de faire un
recoupement avec les affirmations théoriques déjà avancées.

Bodnar et al. (1996) ont constaté après que les firmes non financières sont dans une approche
d’utilisation des produits dérivés de base dits OTC et aussi des contrats à terme qui sont les
plus connus. Bodnar et al. (2012) orientent leurs recherches sur les techniques, politiques et
les perceptions des gestionnaires du monde entier, relatives à la gestion des risques
confirmant les résultats présentés au-dessus.

Pour leur part, Bodnar et al. (1998) affirment que les grandes entreprises font plus souvent
recours aux produits dérivés que les plus petites dans le cadre particulier relatif à l’utilisation
des options. Ainsi, leurs résultats convergent avec ceux de Smithson et Stultz (1985) qui
avaient convoqué le concept d’économie d’échelle traitant de la même question.

En effet, Smithson et Stultz (1985) avaient constaté que 83 % des plus grandes firmes
couvrent leur exposition face au risque de change à l’aide de produits dérivés dont 44%
utilisent la couverture par les options. Il en résulte donc une gestion des flux de trésoreries
pour certaines firmes.

Dans cette optique, une couverture basée sur l’utilisation des activités de financement et
rendue explicite par JUDGE, A., (2006) est possible. Une autre basée sur les activités
opérationnelles comme théorisées par Kim et al. (2006) appelées autrement couverture
systématique.

Dans la littérature, la gestion du risque de change ne consiste pas seulement à prendre des
instruments financiers et à les ajuster en fonction de la situation. Elle doit reposer sur la
maîtrise d'une technologie face à d'énormes difficultés qui peuvent affecter négativement la
survie de l'entreprise.

Cette revue de la littérature nous amènera ainsi à faire une incursion dans l’univers de la
finance et nous permettra d’exposer notre conception de la gestion de change, de couverture

7
de risque de change, à côté des auteurs de renom. Parmi eux, FEHLE, F., (1999) sur une étude
de 7319 entreprises non financières dans une cinquantaine de pays constituant statistiquement
62.51% de la capitalisation du monde sous toutes les catégories et 82% excluant les
compagnies financières expliquent qu’au moins 60% des firmes de l’échantillon utilisent un
type ou un autre de produits dérivés, 45.2% utilisent les produits dérivés de change, 33% les
produits dérivés de taux et 10% sont dans les produits dérivés sur les biens et services.

C’est ainsi que Sikarwar (2020), s’interroge sur les Interventions de change et exposition au
risque du taux de change : preuves des entreprises des marchés émergents. Ses résultats
montrent Un effet asymétrique, tel que l'impact des interventions d'achat de forex diffère de
celui des interventions de vente de forex. De plus, les effets positifs des interventions de vente
de devises sur l'ampleur de l'exposition des entreprises sont plus prononcés pendant les
périodes d'amortissement. Les résultats de l'étude impliquent que les entreprises restent non
couvertes, étant donné que les interventions sont perçues comme des garanties implicites du
gouvernement contre les fluctuations monétaires. Une communication crédible des décideurs
concernant les motifs des interventions des banques centrales aiderait à alerter les entreprises
sur les risques de change potentiels.

Dans un autre cadre, plus particulièrement en chine, 16.7% des entreprises font recours aux
produits dérivés, contrairement à des pays comme le Canada et les États Unis 63%, à ceux du
continent européen pour environ 61.4%, et ceux d’Afrique et d’Asie pacifique à 78%.

Aujourd’hui, la question de la gestion de risque de change revêt un grand intérêt pour les
entités africaines, car le développement local du tissu économique national est une condition
sine-qua- non de l’amélioration des résultats commerciaux et financiers. C’est le point de vue
de Ettahri (2010) dans son article la couverture du risque de change par les entreprises
marocaines.

A noter que la plupart des articles exploités font ressortir des différences dans le processus de
couverture entre les entreprises situées dans des pays différents.

Ainsi, Bodnar et Gebhardt, (1998) étudient les entreprises américaines et constatent que 48.6
% d’entre elles utilisent les produits dérivés à des fins de minimisation du risque à la
variation des flux de trésorerie disponibles (FDT). Alors qu’en Allemagne pour 55.3%, le
motif d’utiliser des instruments financiers tels que les produits dérivés dépendent d’une
minimisation de la variabilité du résultat comptable.

8
S’agissant de l’Italie, Bodnar et al. (2008) affirment que les entreprises de ce pays sont dans
une logique d’utilisation des instruments dérivés pour éviter les pertes importantes dues à des
mouvements futurs inattendus relatifs aux prix.

L’étude révèle que pour les firmes italiennes, se couvrir pour gérer les flux de trésorerie est
relégué au troisième plan et ne concerne que 20.9% des entreprises.

Il est important de noter que la vision du marché pousse les firmes à modifier le moment
inhérent au niveau de leur couverture. Ceci peut être confirmé par le résultat de l’enquête
menée par Dolde (1993) sur un échantillon de 244 firmes. Ce dernier montre que 90 % des
entreprises fondent leurs couvertures sur leur vision du marché.

Ce même résultat est confirmé encore par Bodnar et et al (1998) à 50 % par Glaum (2002) à
54% et enfin Pitchler (2002) à 68 %.

Selon Fama (2013), cette fluctuation des taux de change pousse les entreprises à mettre en
place des stratégies de couverture prenant en compte le niveau d'efficacité des marchés. Pour
cet auteur, l'efficacité des marchés (théorie de l'efficacité des marchés) est décrite par la
théorie de l'arbitrage Oppetit (1998), c'est-à-dire des marchés où la spéculation rentable est
particulièrement difficile et tout arbitrage sans risque est impossible. Cependant, sur de tels
marchés, la volatilité des devises est à son maximum et comme les marchés ne sont pas
efficaces, la volatilité existe naturellement et il faut donc recourir à des stratégies de
couverture.

Ainsi, la situation d'arbitrage doit tenir compte des dépenses optimales pour effectuer
certaines opérations. Cela signifie que la stratégie à adopter par l'arbitrage doit impliquer des
coûts, quelle que soit la logique sélective ou systématique.

Dès lors, on peut mobiliser la théorie des coûts de transaction, fondée sur le principe normatif
selon lequel l'économie sur les coûts de transaction est préférable au gaspillage ultérieur,
plutôt qu'aux choix guidés par le hasard ou l'intuition managériale. C'est le cas des entreprises
françaises non financières à fort effet de levier, qui ont tendance à être plus sélectives que les
autres en raison des coûts d'agence du processus.

Autrement dit des coûts de couverture plus élevés associés à une probabilité de défaut plus
élevée, ce qui rend les entreprises plus sélectives dans la couverture. Cette approche théorique
de Williamson (1947), grand auteur de la gestion des organisations, met l'accent sur le choix
stratégique d'une couverture monétaire sélective et systématique. Il préserve ainsi la

9
rationalité des sujets économiques de Simon, qui éclaire le problème de la prise de décision
adéquate concernant l'achat, la vente et la valeur des biens faisant l'objet d'un échange. Une
stratégie de couverture décisionnelle suit des choix rationnels. De plus, on peut recourir à une
théorie née il y a une trentaine d'années et reconnue officiellement en 2002, la théorie de la
finance comportementale de Kahneman et Smith (2002). Bien que l'entreprise ne soit pas
nécessairement en position d'investissement, mais plutôt en relation d'affaires, la corrélation
permet d'analyser le choix par rapport à la décision. Ici, le conformisme ou l'excès de
confiance peut conduire l'acteur de la décision de couverture à sur interpréter les informations
sur le taux de change et, selon ses convictions, à prendre la décision de couverture ou à
utiliser l'outil de manière irrationnelle. Cette théorie souligne l'importance des biais cognitifs
pour expliquer la volatilité des prix des devises. Ces biais pourraient expliquer le résultat de
croyances ou de préférences déraisonnables. Au cours des deux dernières décennies, la
plupart des auteurs ont utilisé des enquêtes pour étudier la dynamique de l'utilisation des
produits dérivés par les entreprises américaines (Bodnar et al. 1995, 1996, 1998) ; Phillips
(1995) ; Bodnar et Bartow (1994); Chow et al. (1997), par les entreprises néo-zélandaises
Berkeman et al. (1997) ; par les entreprises belges Ceuster et al. (2000) ; par les entreprises
britaniques Malin et al. (2001) ; par les entreprises françaises (Mefteh 1996) ; Adam et al.
(2010) ; Albay et Dupay (2017). Dans l'ensemble, ils ont examiné les facteurs qui déterminent
la couverture du risque de change. Leurs conclusions sont mitigées compte tenu des différents
éléments retenus comme facteurs explicatifs, mais surtout du fait que la dynamique de
création monétaire est techniquement dépendante de la manifestation du comportement
psychologique des entreprises à travers leurs organes décisionnels, qui sont façonnés par le
niveau et le prix.

La plupart des modèles sont construits sous forme de prévisions et utilisent des hypothèses de
comportement des marchés (marchés efficients). Ils entrent en jeu dans l'inefficacité des
modèles de prévision, ce qui donne une grande importance à l'étude des stratégies de gestion
du risque de change. Cela signifie que la gestion du risque de change repose sur la sélection
de modèles à travers une représentation théorique du marché. Ainsi, la typologie des marchés
proposée par Eugène Fama se prête bien à l'analyse et à l'étude des options et stratégies de
couverture de change. Elle repose sur la manière dont les entreprises intègrent l'information
dans la mise en place des stratégies de couverture et dans la prise de décision.

10
Sur la base de toutes ses considérations théoriques, nous allons dégager quelques hypothèses de
recherches pourrons mieux apporter des réponses aux différentes questions soulevées dans la
problématique

H1 : l’utilisation des produits dérivés diminue le risque de change

H2 : les produits dérivés ont un impact positif et significatif sur la performance


financière des entreprises non financières

H3 : le secteur d’activité de l’entreprise a une influence sur la nature du produit dérivé à


utiliser en matière de couverture contre le risque de change pour les entreprises non
financières

H4 : la couverture sélective ou systématique est influencée par l’organisation de la


couverture adaptée par les dirigeants

4. Méthodologie

Nous avons réalisé une enquête sur la base d’un questionnaire :

L’élaboration d'un questionnaire, est un processus complexe de formulation de questions


(fermées, ouvertes) visant à éviter les distorsions (effet de halo et effet de contamination) ;

Nous avons utilisé une méthode d'échantillonnage raisonné. Le filtre l'explique depuis le
début. Ce dernier permet de mettre en avant des entreprises qui opèrent à l'international et
sont basées au Sénégal, notamment dans les régions de Dakar, Thiès, Saint-Louis et Diourbel.
Elles peuvent avoir des filiales à l'étranger.

Sur les 101 entreprises interrogées, 54 ont répondu, correspondant à un taux de réponse de
53,46%. C'est un taux proche de la moyenne puisqu'il la dépasse de 3 points. Le manque de
réponses estimé à 46,64% peut s'expliquer par le manque de culture de communication de
l'entreprise.

Avec les outils SPSS et Stata, nous allons faire le traitement des données. Elle permettra de
mettre en point des variables qui passent par une construction scientifiquement mathématique

Ce pendant notre choix, au-delà des régression linéaires est plus porté et orienté sur le modèle
Logit parce qu’un des avantages de ce modèle est qu'il permet d'obtenir des expressions
exactes pour les termes de la vraisemblance, que l'on peut ensuite maximiser ``à la main''.

11
Ainsi le rapport entre deux coefficients dans le modèle Logit à une interprétation très
naturelle. La distribution du terme d'erreur qui suit une loi logistique.

Nous allons aussi en même temps faire recours à la statistique descriptive pour l’analyse de
certaines données et l’analyse par composantes principales

5. Opérationnalisation
5.1. Présentation des différentes variables qualitatives

Secteur d’activité (SECTA) : il est composé de tous les secteurs auxquels les entreprises
ayant répondu appartiennent ; ils s’agissent ici d’Agroalimentaire, Commerce, BTP, Services,
Hydrocarbure, Mine, l’armurerie, l’énergie, l’hôtellerie, Pêche industrielle

Identification du responsable de la mise en place des stratégies de couverture contre le


risque de change (FCT) ; ils s’agissent du RAF, DAF, Comptable, Trésorier

Acteur ou levier de couverture, (ALC), cette variable est définie par les éléments suivants :

Banques (BK)
Conseiller externe(CE)
Modèles Internes (MI)
Prévisionnistes modèles internes en même
temps(PEMI)

Stratégies de couverture :

Sélective (CSEL)
Systématique (CSYST)

Département de trésorerie et centre de profit, (DETCP), La couverture et crainte du


marché, CCM, L’existence d’un document de politique de change, DPC

Nature du risque

Risque de transaction (RT)


Risque de consolidation (RC)

12
Risque de transaction et de
consolidation (RTC)

Type d’opération couverte, (TOC) ; cette variable est composée des éléments qui suivent :

Ventes
Achats
Ventes et achats
Flux réels de trésorerie et opérationnels

Bénéfices
Compte du bilan

5.2. Construction de la variable dépendante pour analyser l’organisation et la


gestion du risque

Plusieurs variables interviennent dans l’organisation de cette fonction, comme présentées ci-
dessus. Pour des raisons d’analyse et de modélisation il est utile et nécessaire de construire
une variable synthétisant toutes les informations relatives à l’organisation de cette fonction.
La construction de cette variable synthétique est une application d’une analyse factorielle
particulière, à savoir l’analyse en composante principale. Dans cette méthode, la première
composante principale est par définition la combinaison linéaire qui maximise l’inertie
contenue dans l’ensemble de ces variables.

 C k = nouvelle variable = combinaison linéaire des variables d’origines : X 1 , X 2 , … , X y


 C k = a 1k X 1+a 2k X 2+…+ap k X p avec aik des coefficients à déterminer

Soient

 C k : La gestion du risque de change suivant l’organisation


 X 1 : Décideur de la couverture
 X 2 : Acteur ou levier de couverture
 X 3 : Département de la trésorerie un centre de profit
 X 4 : Décision de couverture et craintes des marchés des capitaux
 X 5 : Exposition au risque de change

13
 X 6 : Nature du risque de change
 X 7 : Type d’opération couverte
 X 8: Instrument de couverture
 X 9: Secteur d’activité
 C k = ß 1 X 1 + ß 2 X 2+ ß 3 X 3+ ß 4 X 4+ ß 5 X 5+ ß 6 X 6+ ß7 X 7 + ß8 X 8 + ß 9 X 9+£

La méthode consiste à générer une variable synthétique « organisation de la couverture »


Cette variable est ensuite analysée par une régression linéaire. Cette régression permet
d’expliquer cette variable « organisation de la couverture » en fonction d’autres variables
sectorielles caractéristiques des entreprises.

TABLEAU N°.. : Variables qualitatives

Variables Variable explicatives et Intitulé


Codes
FCT Service de la gestion de risque /
décideur de la couverture
ALC Acteur ou levier de couverture
Variable
DETCP Département de la trésorerie un
Expliquée : centre de profit
Organisation CCM Décision de couverture et craintes
Code : des marchés des capitaux
ORGCH EXPOR Exposition au risque de change
NATR Nature du risque de change
TOC Type d’opération couverte
INCV Instrument de couverture
SECTA Secteur d’activité

Pour faire ces analyses explicatives du degré d’organisation par les caractéristiques des
entreprises, un modèle de régression linéaire est développé avec comme variable dépendante
l’organisation et comme variables explicatives l’ensemble des variables et des ratios
financiers présentés plus une variable muette d’appartenance au secteur d’activité pour chaque
entreprise.

A la base nous allons mener une description de la fonction gestion de risque et ensuite
construire une variable mesurant le degré d’organisation de cette fonction. L’analyse ACP va
compléter le modèle au-delà de la variable intermédiaire stratégie, pour éviter certains biais
estimatifs dans les conclusions et la validation des hypothèses.

5.3. Construction de la variable dépendante stratégie (variable intermédiaire)

14
Elle donne l’opportunité de faire une régression linéaire suivant un modèle Logit en fonction
de variables indépendantes que sont la taille de l’entreprise et la détresse financière sur
STATA. Cette variable est intermédiaire, elle permet de compléter l’analyse de la variable
principale organisation (ORGCH).

6. Présentation des résultats statistiques

Tableau N° 1: présentation descriptive des résultats de l’enquête

Q1 Vous protégez avec des


Oui 75% Non 25%
produits dérivés
Systématique
Q2 Systématique ou sélective Sélective 66.7%
33.33%
Transaction Consolidation Financiers
Q3 type de risque
78.5% 6.1% 9%
Vente net prévue Compte du
Q4 Raison de la couverture FRTO 11.42 % Autres 5.7%
16.53 % bilan 2.85 %
Contrat à terme Produits structurés
Q5 Instruments de couverture Options 9.7 % Autres 6.4%
58.1 % 29%
Q6 énoncé ou document de
Oui 7.9 % Non 92.1 %
politique de change
Comptable
Qui l’a approuvé Trésorier 11.42% RAF 25.7% DAF 4.22%
54.28%
Centre de profil Oui 50% Non 50%

Source : nous - même - enquête

Dans ce tableau, nous nous concentrons sur la décision des entreprises de mettre une politique
sélective ou systématique. Nous constatons entre autres que 75% des entreprises enquêtées se
couvre contre le risque de change par l’usage de produits à dérivées à travers une approche
sélective jaugée à 67% et systématique à hauteur de 33%.

Figure N°1 : Diagramme en bâton sur la nature des différentes opérations couvertes

15
16.00%

12.00%

8.00%

4.00%
Series1
0.00%
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TO
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FR r bi A u
p u
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Ve Co

Source : Nous même sur la base des résultats de l’enquête

Un nombre évalué 11.42 % de l’échantillon couvre des flux réels de trésoreries


opérationnelles, 16.53% des opérations de ventes, 2.85 % sont pour le compte du bilan contre
5.7% qui ont choisi de se couvrir pour d’autres opérations dont elles ignorent.

Figure N°2 : Diagramme circulaire des différents risques

Transaction
Consolidation
Financier

Source : nous même à partir des résultats d’enquête

Figure 3 : Diagramme en bâton et courbe en ligne des instruments dérivés et


gestionnaires

70.00% 6000.00%
60.00%
5000.00%
50.00%
40.00% 4000.00%
30.00%
3000.00%
20.00%
10.00% Series1 2000.00% Series1
0.00%
1000.00%
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16
L’usage des dérivés sont fait à 58.1%, produits structurés 29%, Options 9.7% et autres à
hauteur 6.4%. L’importance de système informationnel établie sur un document de politique
de change est notée chez 7.9% des entreprises contre 92.1% qui ne disposent pas de
document. Les documents sont validés par les chargés de la gestion du risque de change dans
les entreprises. Donc les trésoriers qui représente 11.42%, les responsables administratifs et
financiers 25.7, les directeurs financiers 4.22% et les comptables 54.28%.

Le fait ressortir aussi que 50 %de gestionnaires du risque de change conçoivent leur
département de trésorerie comme un centre de profit contre 50% qui jugent non la question.

Figure 4: Diagramme circulaire sur la répartition des différents secteurs d’activités

Secteur d'acivité
Hydrocarbure Agroalimentaire
BTP Commerce
Mine Service
Energetique Armurerie
Hotellerie Péche industrielle

La plupart des entreprises enquêtées sont plus fortement concentrées dans les secteurs des
services, des hydrocarbures, l’agroalimentaire et le commerce.

L’échantillon de 54 entreprises étudiées ne comporte que des entreprises non financières,


toutes étant dans le secteur privé.

L’enquête a porté sur plusieurs secteurs d’activité notamment : Agroalimentaire, BTP,


Commerce, Mine, Service, Énergétique, Armurerie, Hôtellerie, Pêche industrielle.

Dans ce tableau ci-dessous, nous présentons les fréquences des secteurs d’activités auxquelles
appartiennent les54 entreprises ayant répondu sur les 101 enquêtées. Le tableau retrace que
cinq (5) secteurs sont dominants dans le cadre de la gestion du risque de change. Une grande
partie des entreprises ayant répondu sont dans les services (29, 6%), l’agro-alimentaire
(13%), les hydrocarbures, le commerce et le BTP chacun (11.1 %). A part le secteur
énergétique, les autres sont faiblement présents avec des fréquences de représentativités de
moins de 6%. A part les entreprises de services, de BTP et de commerce qui sont dans
l’import les autres entreprises sont des entreprises exportatrices.
17
9
8
7
6
5
4
3 seleCtive
2 systématique
1
0
e ire P ce e ice e ie ie le
ur ta BT er in rv qu er ler iel
rb n m M e ge
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d ro alim Co ner A Ho in
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Hy ro ch
e
Ag P é

Tableau 2 : Statistiques descriptive des instruments de couvertures


VALID CUMUL
VALIDE N PERCENT
PERCENT PERCENT
Contrat à terme 19 35.2 35.2 35.2

Contrat à terme et produits structurés 2 3.7 3.7 38.9

Produits structurés 14 25.9 25.9 64.8


Options 3 5.6 5.6 70.4
Autres 16 29.6 29.6 100
Total 54 100 100

Pour se couvrir, 27 entreprises sur 54 font recours aux banques soit 50% en valeur absolue,
13% des entreprises se fient aux conseillers externes, 16.7 % à des modèles internes contre
13 % encore pour d’autres moyens non identifiés. Ces fréquences et statistiques d’acteurs
dont les entreprises font appel justifient en partie l’absence de ressources humaines et
moyennes sophistiqués pour la gestion du risque. La banque et les conseillers externes jouent
des rôles déterminants en appui de la stratégie de gestion et sont sollicités considérablement.
Les éléments les plus importants, tributaires de toutes les stratégies, restent la nature du
risque. De facto, il doit être déterminé, connu avant de pouvoir décliner ce qui suit c'est-à-dire
la stratégie, et les outils. Dans notre étude les entreprises financières sénégalaises sont plus
exposées aux risques de transaction. Le niveau de risque de transaction au vu de l’échantillon
est estimé à 66.7%.
Il est important de noter que certaines entreprises à hauteur de 46 % des entreprises qui
adoptent une couverture sélective, attendent d’avoir des craintes sur le marché pour

18
déclencher cette stratégie de couverture. Dans ce sillage, les comptables d’abord cordonnent
la gestion du risque de change pour la plupart et sont cités 29 fois, c'est-à-dire 53.7 %.
Ensuite viennent les responsables administratifs et financiers 29.6%, enfin les Directeurs
financiers, et Trésoreries qui respectivement font 9.3 et 7.4 %.
7. Présentation des résultats suivant l’organisation de la couverture

Le test de KHI2 donne une probabilité de 0.0047, inférieur à 0.05 au seuil de 5%, l’hypothèse
de nullité H0 est rejetée y’a une dépendance entre l’organisation de la couverture et les
variables indépendantes du modèle.

Nous avons fait le test de KHI - 2 entre les variables qui explique le modèle, mais au seuil de
5% toutes les variables sont indépendantes il y a de multi-colinéarité entre elles.

Le Pseudo R² = 33.56% et cela témoigne que sur 100 variables qui pourraient et expliquer
notre modèle représente 33 variables.

.logit ORGCH FCT NATR TOC INCV DPC CCM ALC DETCP SECT

Logistic regression Number of obs = 54


LR chi2 = 2.78
Prob > chi2 = 0.0047
Pseudo R2 = 0.3356
Log likelihood = -23.53679

ORGCH Coef Std. Err. z p >|z| [95% conf. Interval]

FCT -.2652028 .4621595 -0.57 0.566 -1.1711019 .6406131

NATR -.0483323 .472393 -0.10 0.919 -.9742057 .877541

TOC -.6190059 .2742993 -2.26 0.024 -1.156623 -0.81391

INCV .186038 .2927756 0.64 0.525 -.3877916 .7598675

DPC 2.490462 1.565203 1.59 0.112 -5772799 5.558204

CCM 0.998533 .6334947 0.16 0.875 -1.141773 1.34148

ALC -.0173199 2573494 -0.07 0.946 -.5217155 .4870757

DETCP -1.896609 .9172789 -2.07 0.039 -3.694443 -.0987759

SECT .1855618 .1592113 1.17 0.244 -1264866 .4976103

- cons 1.096466 1.712833 0.64 0.522 -2.260625 4.453557

7.1. Modèle logistique multinomial de régression explicatif des stratégies


dominantes

19
Le modèle économétrique respecte la nature particulière de la variable à expliquer (stratégie
dominante). C’est une variable qualitative intermédiaire, qui prend un certain nombre très
limité de modalité. Notre étude de recherche consiste à expliquer la variable stratégie
dominante de gestion de risque de change par les variables caractéristiques de l’entreprise.

Stratégie 1 : couverture par contrat à terme

Stratégie 2 : produits structuré

Stratégie 3 : option

Stratégie 4 : contrat à terme et produits structurés

Stratégie 5 : absence de couverture ou internationalisation du risque

Les variables indépendantes du modèle sont l’organisation de la couverture, les


caractéristiques financières, et l’appartenance au secteur d’activité

7.1.1. Stratégies et secteurs d’activité


 logit STRAT1 SECTA

Ici, il s’agit de la régression de la stratégie de couverture 1 basée sur la couverture avec les
contrats à termes et le secteur d’activité. La probabilité associée est de 0.5323 > 0.05 au seuil
de 5%. Ici l’hypothèse de nullité est retenue, y’a une indépendance entre la stratégie de
couverture basée sur l’instrument dérivé CAT et le secteur d’activité.

 logit STRAT2 SECTA

Ici il s’agit de la régression de la stratégie de couverture 2 basée sur la couverture avec les
Produits structuré et le secteur d’activité. La probabilité associée est de 0.2357 > 0.05 au seuil
de 5%.

Ici l’hypothèse de nullité est retenue, y’a une indépendance entre la stratégie de couverture
basée sur l’instrument dérivé PS et le secteur d’activité.

 logit STRAT3 SECTA

Ici il s’agit de la régression de la stratégie de couverture 3 basée sur la couverture avec les
Options et le secteur d’activité. La probabilité associée est de 0.8357 > 0.05 au seuil de 5%.
Ici l’hypothèse de nullité est retenue, y’a une indépendance entre la stratégie de couverture
basée sur l’instrument dérivé Option et le secteur d’activité.

20
 logit STRAT4 SECTA

Ici il s’agit de la variable Binomiale générée, qui met en exergue la couverture sélective. Elle
est mise en modèle avec la variable organisation de la couverture. La probabilité associée est
0.000 au seuil de 5% et permet de rejeter l’hypothèse. La couverture sélective est dépendante
de l’organisation de la couverture de change au sein des entreprises.

Figure N°6: Diagramme croisé des instruments dérivés et différents secteurs d’activité

5
4.5
4
3.5
3
2.5 Contrat à terme
2 produits structurés
1.5 Option
1 Contrat à terme, Produits
0.5 structurés
0 autres
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Source :nous-mêmes résultat de l’enquête

Figure N°7: Diagramme croisé des différents secteurs d’activité en fonction de la


stratégie de couverture

9
8
7
6
5
4
3
2 seleCtive
1 systématique
0
re ire P ce e ice e ie ie le
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du
dro a lim Co ner A Ho in
E
Hy ro ch
e
Ag Pé

Source : nous même résultat de l’enquête

7.1.2. Stratégie de couverture et secteurs d’activité


Tableau N°3 : Répartition de l’échantillon croisée entre secteur d’activité et type de
couverture

21
Secteurs d’activité Couverture sélective Couverture systématique
Service *********** *****
commerce ** ****
Agroalimentaire **** **
Energie *** *
Hydrocarbure ***** *
BTP **** **
Pêche industrielle ***
Armurerie ***
Mine **
Hôtellerie *
**** nombre de citation
L’analyse descriptive montre que le secteur d’activité est déterminant dans la définition de la
stratégie de couverture à adopter. Autrement dit, la nature de la couverture varie d’un secteur
à un autre.
Les entreprises de service, d’hydrocarbure, d’agroalimentaire et d’armement sont plus
sélectives en matière de gestion des risques de change contrairement aux entreprises du
secteur du commerce qui adoptent une stratégie systématique dans la plupart du temps.
Cependant, l’utilisation de produits de couverture du risque ne s’explique pas le secteur
d’activité. Les régressions faites avec les résultats présentés ci-dessous permettent de formuler
une idée sur cette relation testée.
7.2. Analyse et interprétation des résultats globaux

L’organisation de la couverture explique minimum, 20.52 % de la stratégie de couverture


autrement dit les informations qui déterminent la couverture sont expliquées par la manière
dont cette dite couverture est organisée.
En sus l’étude révèle que les stratégies de couverture systématique et sélective sont en même
temps adoptées par les entreprises. A cet effet, nous notons que les proportions d’utilisation
des deux stratégies varient en fonction des secteurs d’activité des entreprises.

7.3. Couverture sélective et organisation de la couverture

22
Ici il s’agit de la variable générée, qui met en exergue la couverture sélective. Elle est mise en
modèle avec la variable organisation de la couverture suivant une régression linéaire.

logit COSEL ORGCH


Logistic regression Number of obs = 54
LR chi2(1) = 25.87
Prob > chi2 = 0.0000
Log likelihood = -9.3908565 Pseudo R2 = 0.5794
COSEL | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
orgcc | .5164098 .1614265 3.20 0.001 .2000197 .8328
_cons | -9.085412 2.74768 -3.31 0.001 -14.47077 -3.700058

8. Discussion sur les résultats

Donc, le principal outil de couverture est le contrat à terme, il reste l’instrument la plus simple
à utiliser, et techniquement facile pour une entreprise qui passe des importations et
exportations, donc adapté aux besoins des acteurs du marché de change.

Le deuxième outil est le produit structuré, son utilisation est citée par 25.9 % des entreprises
et les options avec une utilisation faible de même que l’usage mixte entre contrat à terme et
produits structurés respectivement 5.6% et 3.7%.

Cependant 29.6% des entreprises font recours à d’autres instruments et techniques de


couverture, car nous n’avons pas pris tous les instruments tels que les compensations, les
avances en devises et les systèmes d’alternances.

Pour les opérations couvertes, la plupart d’entre elles sont celles relatives à des flux réels de
trésorerie nette. 27. 8 % des entreprises couvrent de telles opérations, suivies des ventes et
achats pour 13%. Sur la base de toutes ses considération H1 et H2 sont validées.

La probabilité associée est 0.000 au seuil de 5% et permet de valider l’hypothèse H4. La


couverture sélective ou systématique est dépendante de l’organisation de la couverture de
change au sein des entreprises.
La variable synthétique organisation définit par la nature des opérations couvertes, les acteurs
de la couverture, les attentes par rapport aux craintes du marché, le secteur d’activité, la
fonction du gestionnaire de risque dans l’entreprise, les instruments de couverture et le type
de risque à une probabilité significative, de 0.001 inférieur à 0.05 au seuil de 5%.

23
Ceci permet de dire que l’organisation de l’entreprise explique la stratégie de couverture
sélective ou systématique.

La variable synthétique organisation définit par la nature des opérations couverte, les acteurs
de la couverture, latente par rapport aux craintes du marché, le secteur d’activité, la fonction
du gestionnaire de risque dans l’entreprise, les instruments de couverture et le type de risque à
une probabilité significative, de 0.001 inférieur à 0.05 au seuil de 5%.

La conclusion est que la décision de mettre en œuvre une couverture sélective ou


systématique est un fait intéressant. Nous constatons que la manière dont les entreprises
gèrent le risque de change dépend de l’organisation de la gestion du risque. Ces résultats sont
déterminés et justifiés par l’analyse d’une régression.

Pour cela, nous avons puis décliner des stratégies dont chacune correspond à un instrument
dérivé et on a pu générer une variable STRAT et régressée en fonction d’une autre dite
secteur d’activité qui explique et tient en compte l’ensemble des secteurs auxquels
appartiennent les entreprises.

Nos résultats montrent que le secteur d’activité n’influence pas sur le type d’utilisation des
instruments dérivés sauf si les entreprises sont dans une dynamique d’alterner les contrats à
terme et les produits structurés en même temps. Cela se comprend, car les instruments
dérivent selon les résultats impactent sur la stratégie déjà. A cet effet l’hypothèse H2 est
rejetée.

Il est important de préciser l’analyse du tableau croisé entre secteur et instruments fait
ressortir les proportions d’utilisation des éléments dans chaque secteur mais n’est pas un
facteur déterminant, c’est dire que c’est pas le secteur qui détermine l’instrument dérivé au vu
de la probabilité sur la régression des variables qui montrent une relation non significative de
façon générale. Ces résultats confirment la conclusion précédente et le rejet de H3.

Cependant, la stratégie de couverture sélective au vu de la variable organisation présente des


liens réciproques avec le secteur d’activité. C’est normal dans la mesure où les instruments
dérivés tout simplement ne déterminent pas la couverture sélective, par conséquent le secteur

La stratégie de couverture définie par les usages des instruments financiers ne sont pas liés
aux secteurs d’activité

Cependant au sein de l’organisation, le choix de stratégie axée sur les instruments dérivés en
matière de gestion de risque de change ne dépend pas des caractéristiques sectorielles.
24
Conclusion

Les objectifs de recherche étaient de voir, d’analyser et d’étudier la stratégie de couverture du


risque de change adoptée par l’entreprise non financière sénégalaise, et les facteurs qui
gouvernent de telles stratégies.
Nous avons pu constater que les entreprises étudiées adoptent plus une stratégie sélective que
systématique de façon générale, et sont non moins spéculatives aussi. L’utilisation de contrat
à terme est plus manifeste et que la gestion des flux de trésorerie opérationnelle est très
préoccupante chez elles.
La manière dont le risque est perçu par les acteurs entraine le fait générateur pour apporter des
réponses contre la fluctuation erratique des devises autrement le risque de change. La gestion
du risque de change demande l’implication de plusieurs services de l’organisation en tenant
compte de la situation hiérarchique de l’entreprise.

Les objectifs sur le plan managérial de ce travail de recherche sont nombreux mais peuvent
être résumés de manière suivante :

Cerner et avoir la mainmise sur le risque de change à niveau beaucoup plus micro et restreint
des entreprises non financières sénégalaises suivant les secteurs étudiés (hydrocarbure, pêche,
commerce, informatique, BTP, hôtellerie, …).

En outre, les résultats, assortis de cette étude, engendrent des implications managériales
permettant aux entreprises d’améliorer leur performance et de mieux répondre aux jeux de la
concurrence suivant les stratégies les plus optimales à adopter pour se couvrir contre le risque
de change, mais aussi de minimiser les coûts pour une gestion plus rationnelle.

Aux managers de prendre des décisions stratégiques en termes de stratégies et d’optimiser


leurs organisations en termes de politique de change.

Enfin, les recherches faites dans le cadre de ce travail visent à mettre en œuvre la pratique et
l’expérience professionnelle pour générer de nouvelles ou d’autres connaissances concernant
la gestion des risques financiers notamment celui du risque de change dans la manière dont
elle est pratiquée au sein des entreprises non financières sénégalaises.

Donc, toutes les limites de cette recherche pourraient être surmontées à travers des horizons
qui restent à franchir encore. Ces derniers déterminent quelques pistes de recherches non
encore explorées. A cela s’ajoute l’absence de cadre juridique claire en matière de politique
de change des entreprises non financières au niveau de l’UEMOA

25
Bibliographie

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entreprises françaises non financières Management international / International
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University of Pennsylvania Law Review, vol. 122, juin 1974b, p. 1439-1496.
22. [Link]

Annexes
ANNEXE 1 : Entreprises enquêtées et secteurs d’activité

27
Service : grafcom, senegal handling services, gama & freres, garecgo,
ceca sarl, telogik sarl, illimitis sas, servair senegal, pellicules prod, hubso
sarl, international staffing sarl, international staffing human capital isc
hc, international staffing human capital sa, sensoft sa holding, sensoft
sarl, sun telecom sarl
Mine : AFRICAN MINING SERVICE, GROUPE GPC
Agro-alimentaire: botting company aquaterra, a.p. lopez sarl, aprovag,
patisen, complex agro- alimentaire de tawfeekh cait, societe des
produits industriels et agricoles
BTP : atc, greenbeach platform sau, gaits-immo, general alu sarl, global
engins, africa love
Commerce: inspire sas, ets seydi djamil sy, almadia, senteranga, 18
safar company, soumari
Energie : 3md energy, peg senegal, man diesel & turbo senegal,
enersa
Hydrocarbure : wms oil, neptune oil, petroflamme senegal sarl, total
senegal, edk oil, petrodive
Armurerie: societe d'armement maritime et de services-sarl ; chereault
& cie, sas societe d'armement senegalaise sas
Péche industrielle : hann fishing senegal, tamou fishing international,
ms distribution
Hotellerie : royam hotel sa, terra lodge senegal

Annexe2 : Questionnaire

Q1. Nom de votre société et secteur d’activité ?

Q2. Est-ce que vous ou un autre de votre société couvrez le risque de change ?

Q3. Votre couverture du risque de change est-elle systématique ou sélective ?

Q4. Couvrez-vous un risque de transaction et ou un risque de consolidation ou autres ?

Q5. Couvrez-vous des flux réels de trésoreries réels et opérationnels ? Ventes et achats
prévus ? Bénéfices ou dividendes futurs, Comptes du bilan ?

Q6. Quels types d’instruments dérivés vous utilisez ? Contrat à terme ? Option, le quel ?
Produits structurés ?

Q7. Disposez-vous d’un document écrit sur la politique de couverture ?

28
Q8. Qui là approuvé ?

Q9. Attendez-vous à avoir des craintes du marché des capitaux avant de se couvrir ?

Annexe3 : Stratégies et secteurs d’activité

logit STRAT1 SECT

Logistic regression Number of obs = 54


LR chi2(1) = 0.39
Prob > chi2 = 0.5323
Log likelihood = -29.046455 Pseudo R2 = 0.0067

STRAT1 | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]


-------------+-----------------------------------------------------------------------------------------------
SECT | .0789754 .1283002 0.62 0.538 -.1724884 .3304392
_cons | .8539914 .4979154 1.72 0.086 -.1219048 1.829888

ANNEXE 4 : . logit STRAT2 SECT

Logistic regression Number of obs = 54


LR chi2(1) = 1.41
Prob > chi2 = 0.2357
Log likelihood = -10.766609 Pseudo R2 = 0.0613

STRAT2 | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf.


Interval]
-------------
+------------------------------------------------------------------------------------------------
--
SECT | -.2648346 .2292317 -1.16 0.248
-.7141205 .1844513
_cons | 3.866322 1.269003 3.05 0.002 1.379121
6.353522

ANNEXE 5 : . logit STRAT3 SECT

Logistic regression Number of obs = 54


LR chi2(1) = 0.04
Prob > chi2 = 0.8357
Log likelihood = -33.520227 Pseudo R2 = 0.0006

STRAT3 | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]


-------------+-----------------------------------------------------------------------------------------
SECT | -.0232582 .1120391 -0.21 0.836 -.2428508 .1963345
_cons | .7116825 .4689509 1.52 0.129 -.2074444 1.630809

ANNEXE 6: logit STRAT4 SECT

Logistic regression Number of obs = 54


LR chi2(1) = 0.61
Prob > chi2 = 0.4331
Log likelihood = -31.78926 Pseudo R2 = 0.0096
------------------------------------------------------------------------------------------------------
-- STRAT4 | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf.
Interval]
-------------+--------------------------------------------------------------------------------------
SECT | .0930386 .1205121 0.77 0.440 -.1431607 .329238
_cons | .5218091 .4695406 1.11 0.266 -.3984736
1.442092
29
30

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