Valorisation des services écosystémiques
Valorisation des services écosystémiques
Écosystème culturel (ou paysage culturel) : écosystème ayant subi une altération plus
sérieuse.
IMPACT DE L’HOMME
En tant qu’êtres humains, nous avons déjà impacté la plupart des écosystèmes : en y retirant
des espèces et en en ajoutant d’autres qui n’étaient pas initialement présentes, en libérant des
polluants dans l’eau ou dans l’atmosphère, en fragmentant les écosystèmes par l’agriculture,
l’exploitation forestière, les villes, les routes, et de manière plus complexe, en changeant les
processus par lesquels les écosystèmes se régénèrent.
Service écosystémique : avantages que les êtres humains tirent d’écosystèmes sains
fonctionnant correctement.
Fournir des services écosystémiques est un élément clé des objectifs d’une aire protégée, bien
que cette activité ne doive pas compromettre les objectifs de conservation. Dans certains
endroits, les aires protégées sont l’unique écosystème naturel restant, et donc l’unique source
de certains services écosystémiques.
Par exemple :
Services de régulation : rôle des écosystèmes naturels dans le contrôle des impacts à
long terme des changements climatiques, des événements météorologiques, du cycle de
l’eau, des mouvements terrestres, et des processus naturels clés ayant un impact sur
l’agriculture telle que la pollinisation.
SOURCE DIRECTE
D’abord, les aires protégées peuvent être une source directe de nourriture. La collecte de
nourriture est autorisée dans de nombreuses aires protégées, à partir du moment où ce
ramassage se fasse de manière durable, et qu’il ne sape pas les objectifs de conservation. De
même, dans de nombreuses aires marines protégées, la pêche commerciale à grande échelle
est interdite mais les communautés de pêche locales peuvent avoir l’autorisation de poursuivre
une activité de pêche durable.
Enfin, parfois, une aire protégée peut faire office de source alimentaire d’urgence en cas de
mauvaise récolte ou de sécheresse.
Bien sûr, la collecte de nourriture peut aussi devenir un problème. C’est le cas notamment avec
les niveaux élevés de chasse illégale de viande de brousse. La production de nourriture au sein
d’aires protégées ne signifie pas que tout peut être récolté, et c’est le rôle du gestionnaire de
contrôler les extractions illégales.
SOURCE INDIRECTE
Même sans prélèvement direct les aires protégées sont des sources importantes de nourriture
puisqu’elles permettent aux populations d’espèces comestibles de grandir, et de se déverser
dans des zones où la récolte est autorisée, stimulant ainsi la disponibilité générale d’aliments
sauvages.
AMP et pêche. C’est souvent le cas dans les aires marines protégées, particulièrement si celles-
ci protègent les lieux de reproduction et de croissance des poissons. Les communautés locales
peuvent aider à suivre ces avantages, par exemple en gardant une trace écrite de leurs prises
avant et après l’établissement d’une aire marine protégée.
Soutien à l’agriculture. Les aires protégées fournissent une variété de services écosystémiques
qui aident à stimuler l’agriculture. Par exemple :
- les forêts de montagne, parfois appelées châteaux d’eau, fournissent des provisions
d’eau aux fermiers en aval ;
- les aires protégées dans des zones arides peuvent aider à remplir les nappes phréatiques
vitales utilisées pour l’irrigation ;
- en protégeant des pollinisateurs comme les abeilles, d‘autres insectes et certains oiseaux
qui jouent un rôle essentiel dans la production de nombreux fruits et légumes.
Les solutions axées sur la nature sont de plus en plus considérées comme une alternative viable
et rentable aux solution techniques, et les aires protégées jouent un rôle clé. Elles peuvent aider
à augmenter la sécurité hydrique de trois manières :
Les bassins versant couverts de végétation, les forêts en particulier, libèrent de l’eau plus pure,
contenant moins de sédiments et moins de polluants que l’eau traversant des terres agricoles,
des pâturages, des villes et des zones industrielles.
De la même manière, des zones humides naturelles ont un effet nettoyant, certaines plantes
aquatiques absorbent les polluants et les processus naturels contrecarrent les impacts des eaux
usées et d’autres formes de pollution.
Les aires protégées sont l’une des manières les plus efficaces de maintenir la végétation
naturelle, et par là de fournir des ressources d’eau de qualité.
Les relations entre les écosystèmes naturels et la quantité d’eau disponible sont plus
compliquées. De nombreux écosystèmes forestiers n’affectent pas ou ne réduisent même pas la
quantité d’eau coulant dans le bassin versant, à cause de l’absorption par les racines et le
relâchement de l’eau dans l’atmosphère. Mais certaines forêts, et quelques autres écosystèmes,
augmentent le flux net d’eau dans le bassin, et par là peuvent être critiques pour
l’approvisionnement en eau.
A cause des changements climatiques, les phénomènes météorologiques sont de plus en plus
extrêmes et équilibrer l’approvisionnement en eau dans le temps est donc de plus en plus
important. Les écosystèmes naturels, et donc les aires protégées, peuvent aider à atteindre cet
objectif. Quelques exemples :
- protéger une plaine inondable peut contribuer au maintien de son rôle de
protectioncontre les inondations, et mettre un terme aux développements présentant un
risque pour les individus ; les forêts situées le long des rivières, aussi appelées forêts
riveraines, permettent physiquement de bloquer et de ralentir l’eau débordant, et donc
de protéger des fermes et des peuplements dans les environs ;les forêts situées sur des
pentes raides permettent de consolider le sol et d’empêcher les glissements de terrains
s’accompagnant souvent de pluies torrentielles ; les forêts et autres plantes permettent
de stocker l’eau et de la libérer graduellement dans le temps ; non seulement cela permet
de prévenir les inondations, mais aussi de maintenir un écoulement constant entre les
périodes de pluies.
Les phénomènes climatiques extrêmes ont tendance à se transformer en catastrophe parce que
les hommes vivent dans des endroits dangereux, ou parce qu’ils ont retiré les défenses naturelles
qui auraient pu les protéger.
De nombreuses solutions techniques existent pour réduire les risques (construction de digues
pour se protéger des tsunamis et des inondations, ou de barrières contre les avalanches et les
glissements de terrain), mais l’intérêt pour des solutions axées sur la nature est croissant.
Parfois, il est préférable d’associer une approche axée sur la nature à une approche technique :
par exemple, protéger les forêts riveraines situées le long d’un fleuve, mais aussi construire une
digue au-delà des extrémités de la forêt pour bloquer l’eau qui passerait outre.
Ces événements deviennent de plus en plus répandus avec les changements climatiques. Des
barrières côtières naturelles, notamment les récifs et les bancs de sable, les mangroves et autres
forêts, mais aussi les marais salants côtiers, bloquent les impacts directs des vents violents et
permettent à l’eau de se disperser sans provoquer de dégâts.
DÉSERTIFICATION
La végétation réduit la dispersion des dunes de sable et la désertification, ainsi que la fréquence
et l’ampleur des tempêtes de sable. Le contrôle du niveau de pâturage du bétail est souvent un
facteur critique pour la réhabilitation des paysages.
INCENDIES
Les habitats naturels jouent un rôle important contre les inondations (voir séquence 1.5) et les
glissements de terrain, de rochers ou de plaques de neige
SANTÉ
Les aires protégées, en particulier celles proches des centres urbains, peuvent jouer un rôle
important dans le fait de fournir un cadre sûr, propre et agréable dans lequel les individus peuvent
faire du sport ou se ressourcer, et où les enfants peuvent découvrir la nature.
Elles jouent également un rôle très important dans la fourniture de médicaments. Des milliards
de personnes sur terre reposent toujours principalement sur les médicaments récoltés
De nombreuses aires protégées autorisent la récolte durable de plantes médicinales par les
communautés locales, et il peut s’agir des derniers endroits où l’on peut trouver les espèces
recherchées. À l’inverse, une récolte excessive peut devenir un problème de gestion.
1. elles fournissent une variété de services écosystémiques qui nous aident à nous adapter
aux impacts négatifs des changements climatiques ;
2. elles permettent d’atténuer les changements climatiques en stockant le carbone dans le
sol et dans la végétation, et en capturant encore plus de carbone de l’atmosphère.
ADAPTATION
ATTÉNUATION
Tout ce qui maintient le carbone en place dans la végétation ou le sol est bénéfique, et tout ce
qui offre une opportunité pour le stockage de plus de carbone est doublement utile. Parmi les
environnements particulièrement importants pour le stockage du carbone, on peut citer :
Les aires protégées entrent en jeu parce qu’elles sont des moyens efficaces pour maintenir la
végétation intacte. Des études ont montré qu’au moins 15 % du carbone terrestre présent dans
la végétation et dans les sols, se trouve dans les aires protégées.
À l’intérieur de nombreuses aires protégées se trouvent des valeurs historiques et culturelles qui
remontent à plusieurs siècles. L’entretien de ces valeurs peut être un avantage clé pour la
conservation.
Parmi ces valeurs, on peut citer :
- les vestiges préhistoriques ou bâtiments historiques ;
- l’art rupestre ;
- les techniques traditionnelles d’utilisation des terres.
Ces valeurs peuvent être un défi pour les gestionnaires, et c’est là où les discussions avec des
experts reconnus, et surtout avec les communautés locales, peuvent permettre d’identifier la
meilleure approche de gestion.
VALEURS SPIRITUELLES
Les valeurs spirituelles existent parce que l’aire protégée peut contenir un édifice religieux
important ou des sites naturels sacrés. Certains sites naturels sacrés sont très anciens, d’autres
apparaissent au fil du temps. La présence d’un tel site peut encourager les communautés locales
à prendre en main la conservation.
Incorporer un site naturel sacré à un système d’aires protégées est un moyen d’assurer que les
aires protégées sont effectivement protégées. Les responsables religieux locaux acceptent
souvent volontiers ces initiatives, puisqu’elles ajoutent un niveau de protection aux sites sacrés.
Des valeurs spirituelles ou sacrées peuvent aussi se concentrer sur des espèces individuelles,
et il est important de savoir ce qu’elles sont, mais aussi de les incorporer au plan de gestion.
Mais le concept de lieux et d’espèces sacrés ne sont pas forcément simples à comprendre et à
intégrer pour les gestionnaires d’aires protégées ; ils peuvent en effet être liés à une religion qui
n’est pas celle du gestionnaire, ou que ce dernier ne comprend pas. Il faut alors avoir faire preuve
de tolérance et d’empathie.
VALEURS ESTHÉTIQUES
Beaucoup de parcs ont été créés pour leur valeur paysagère, et encore aujourd’hui, cette valeur
est un facteur important. Cet aspect est cependant très difficile à quantifier. La plupart des
gestionnaires d’aires protégées comprennent le principe de valeurs esthétiques, et ils l’intègrent
à la gestion. Par exemple, en dédiant un espace à la contemplation face à une vue imprenable.