Lycée privé catholique Don Bosco
Sni-OWENDO
Département de Philosophie
EXPOSÉ
THÈME
Doit on légitimité l’excision
MEMBRE DU GROUPE
ELLA ELLA ZE Marie De Grâce
EYENG NKOGHE Kyria
ESSIMENGANE ALLOGHO Joseph
MOANDJOUDY Harmony
MENGUE OYANE
OLIVEIRA Astride
ABOGHE MBIE
OYE NGUEMA
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PLAN
INTRODUCTION
I. Le respect du relativisme culture
II. Une fonction identitaire et sociale
III. La crainte de l’ethnocentrisme
CONCLUSION
INTRODUCTION
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L’excision, aussi appelée mutilation génitale féminine, est une
pratique traditionnelle consistant à retirer une partie ou la totalité
des organes génitaux externes des jeunes filles. Elle est pratiquée
dans de nombreuses sociétés en Afrique, au Moyen-Orient ou en
Asie, souvent en dehors de tout cadre médicalisé. Dans ces sociétés,
elle est perçue comme un rite de passage, un moyen de préserver la
pureté de la jeune fille, ou encore une exigence religieuse ou sociale.
Certains soutiennent qu’il faut légitimer l’excision, c’est-à-dire
reconnaître cette pratique comme acceptable ou justifiable, au nom
du respect des cultures, des traditions et de l’autonomie des
peuples. Ils invoquent le pluralisme culturel, la souveraineté des
sociétés et le droit de préserver leurs coutumes.
Cependant, cette légitimation est loin d’être évidente, et soulève de
nombreuses objections sur les plans moral, juridique et sanitaire.
Nous pouvons donc nous interroger : faut-il légitimer l’excision ?
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I. Le respect du relativisme culturel
Selon cette position, il n’existe pas de valeurs universelles, chaque culture
a ses propres normes.
Le relativisme culturel repose sur l’idée qu’aucune culture ne peut être
jugée à partir des critères d’une autre. Chaque société élabore ses propres
normes, valeurs et traditions en fonction de son histoire, de sa religion, de
son environnement et de son contexte social. Selon cette perspective, il
n’existerait donc pas de valeurs universelles applicables à l’ensemble de
l’humanité, mais uniquement des vérités culturelles relatives à chaque
groupe.
Dans certaines communautés au Mali, en Somalie ou en Guinée, l’excision
est considérée comme un passage nécessaire pour qu’une fille soit
« pure » et prête au mariage
Interdire cette pratique pourrait être vécu comme une ingérence
occidentale dans les coutumes locales.
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II. Une fonction identitaire et sociale
L’excision est souvent perçue comme un rite initiatique, marquant l’entrée
dans l’âge adulte ou l’appartenance à un groupe
Au-delà de sa dimension physique, l’excision possède une forte charge
symbolique dans de nombreuses sociétés traditionnelles. Elle est perçue
comme un rite initiatique marquant le passage de l’enfance à l’âge adulte,
et affirmant l’identité culturelle et sociale des jeunes filles. Dans ce
contexte, l’excision ne se réduit pas à un acte médical ou corporel, mais
revêt une signification profonde, liée à l’appartenance au groupe et à la
reconnaissance sociale.
Chez les Massaïs au Kenya, des cérémonies collectives sont organisées
pour célébrer l’excision comme un événement joyeux et valorisé
socialement.
Supprimer cette pratique pourrait entraîner la marginalisation des filles
non excisées.
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III. La crainte de l’ethnocentrisme
Condamner l’excision de l’extérieur peut refléter une tendance
ethnocentrique à imposer les valeurs occidentales comme supérieures.
La critique de l’excision par des pays ou des institutions extérieures
soulève la question de l’ethnocentrisme, c’est-à-dire la tendance à
considérer sa propre culture comme la norme ou comme supérieure aux
autres. Lorsqu’une pratique est jugée uniquement à travers le prisme des
valeurs occidentales comme les droits individuels, l’autonomie du corps
ou l’égalité des sexes il existe un risque de passer à côté de sa
signification dans d’autres contextes culturels.
Des anthropologues, comme Françoise Héritier ou Sally Engle Merry, ont
souligné l’importance de replacer les pratiques culturelles dans leur cadre
local pour mieux les comprendre. Ils insistent sur le fait que condamner
une tradition sans écouter les voix des personnes concernées peut
renforcer une forme de domination symbolique, où l’Occident impose ses
propres critères de modernité et de progrès.
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CONCLUSION
L’excision, bien qu’elle repose sur des traditions culturelles anciennes et
profondes, représente une atteinte grave aux droits humains, à la santé, et
à la dignité des femmes. Si le respect des différences culturelles est
essentiel, il ne peut aller jusqu’à justifier la souffrance ou la privation de
libertés fondamentales.
Ainsi, il ne semble ni moralement ni juridiquement légitime de tolérer
cette pratique. Il est nécessaire de la combattre par l’éducation, la
sensibilisation des communautés concernées, et la coopération
internationale, afin d’allier respect culturel et protection des droits
humains.