Gestion foncière et domaniale au Mali
Gestion foncière et domaniale au Mali
INTRODUCTION………………………………………………………………………….....p.5
I. CONTEXTE……………………………………………………………………………...p.7
1.1 Aperçu général.........................................................................................................p.7
1.2 Situation socio-
économique……………………………………………………..………………….p.9
1.2.1 Données sociodémographiques et
économiques…………………………………...……......……………………...p.9
1.2.2 Défis de la maitrise de la croissance démographique……………………..…p.9
1.2.3 La prééminence du domaine et du foncier dans la situation macro-
économique…………………………………………………………………...…p.10
1.2.4 Etat de la pauvreté…………..………………………………………………..p.10
1.2.5 La situation politique et sécuritaire: une faible gouvernance dans un contexte
de sortie de crise..................................................................................................p.10
1.3 Etat des lieux de la gestion domaniale et foncière au Mali………………..…p.11
1.3.1 Importance grandissante de la question foncière au niveau national et
international………………………………………………………………..…p.12
1.3.2 Principales contraintes identifiées……………………………………….…..p.13
1.4 Acquis en matière de gestion domaniale et foncière………………………..…p.16
1.4.1 Au titre du Ministère en charge des domaines et du foncier…………..…..p.16
1.4.2 Au titre des autres départements ministériels…………..…………….…….p.17
1.5 Contexte international lié au domaine et foncier…………………....……..…p.18
II. JUSTIFICATION ………………………………………………………………...…...p.19
2.1 Enjeux…………………………………………………………………………......p.20
2.2 Défis à relever………………………………………………………………...…...p.20
2.3 Atouts……………………………………………………………………………...p.20
III. ORIENTATIONS………………………………………………………………..…..…p.22
3.1 Vision…………………………………………………………………………..…p.22
3.2 Orientations……………………………………………………………….…..….p.23
IV. OBJECTIFS DE LA PNDF ……….………………………………………………..….p.24
4.1 Objectif général………………………………………………………………...….p.24
4.2 Objectifs spécifiques……….…………………………………………………..….p.24
V. STRATEGIES..................................................................................................................p.24
5.1 Fondements de la stratégie…………………………………………………..…...p.24
5.2 Axes stratégiques……………………………………………………………..…...p.25
1
7.2 Moyens techniques……………………….…………………………………….…p.32
7.3 Moyens financiers……………………………………………………..………….p.32
7.4 Moyens partenariaux……………………………………………………..………p.33
7.5 Moyens humains………………………………………………...…………….…...p.33
SIGLES ET ABREVIATIONS
ACI Agence de Cessions Immobilières
ADC Attestation de Détention Coutumière
AFD Agence Française de Développement
ANAC Agence Nationale de l’Aviation Civile
AOPP Association des Organisations Professionnelles Paysannes
AOT Autorisation d’Occupation Temporaire
APF Attestation de Possession Foncière
ASECNA Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à
Madagascar
AZI Agence pour l’Aménagement et la Gestion des Zones Industrielles
BAD Banque Africaine de Développement
BM Banque mondiale
CAGF Cadre d’Analyse de la Gouvernance Foncière
CDF Code domanial et foncier
CEA Commission Economique pour l’Afrique
CEADE Cabinet d’Expertise Africaine pour le Développement en Afrique
CECCAB Cellule chargée de la Confection du Cadastre de Bamako et ses environs
CEDEAO Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CVJR Commission Vérité, Justice et Réconciliation
CLD Cadre et Lignes Directrices sur les politiques foncières en Afrique (Union
africaine)
COMANAV Compagnie Malienne de Navigation
CNOP Coordination Nationale des Organisations Paysannes
COFO Commission Foncière
CREDD Cadre Stratégique pour la Relance Economique et le Développement
Durable.
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CSLP Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté
CUA Commission de l’Union Africaine
CSA Comité pour la Sécurité Alimentaire mondiale
CTFD Comité Technique Foncier et Développement
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PAFOC Projet de gestion du patrimoine foncier communal
PAG Programme d’Actions du Gouvernement
PAGAM/GFP Plan d’Actions Gouvernemental d'Amélioration et de Modernisation de la
Gestion des Finances Publiques
PAMORI Projet d'Appui à la Mobilisation des Recettes Internes
PAO Plan d’Actions Opérationnel
PDI Programme de Développement Institutionnel
PDUD Projet Développement Urbain et Décentralisation
PFA Politique Foncière Agricole
PMA Pays les Moins Avancés
PNDF Politique Nationale Domaniale et Foncière
PTF Partenaires Techniques et Financiers
PUS Plan d’Urbanisme Sectoriel
RCFM Régie du Chemin de Fer du Mali
CSCRP Cadre Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté
SDAU Schéma Directeur d'Aménagement et d’Urbanisme
SDU Schéma Directeur d’Urbanisme
SIC Système d'Information Cadastrale
SIF Système d'Information Foncière
SIG Système d'Information Géographique
SNL Stratégie Nationale du Logement
SNLP Stratégie Nationale de Lutte contre la Pauvreté
SP/LOA Secrétariat Permanent de la Loi d’Orientation Agricole
SSAU Schéma Sommaire d'Aménagement et d’Urbanisme
TF Titre Foncier
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INTRODUCTION :
Les problèmes domaniaux et fonciers sont devenus complexes et souvent dramatiques. Les
facteurs qui sont à la base de ce phénomène, bien connus mais difficiles à endiguer, sont
notamment :
- la mondialisation des facteurs de production dont la terre ;
- les effets du changement climatique sur le potentiel domanial et foncier ;
- la croissance démographique sans précédent et les effets anthropiques en découlant ;
- les inégalités d’accès à la terre ;
- les mutations sociales en cours ;
- l’avènement des gros investisseurs privés ;
- l’engouement pour la terre comme valeur refuge ;
- la spéculation foncière ;
- l’urbanisation peu maitrisée.
Du fait de son caractère transversal, le problème dépasse une simple question de gestion et de
conservation des ressources naturelles et s’étend à des domaines plus globaux de prospectives
économiques et sociales, de développement humain durable.
Aussi la problématique foncière résulte d’une intégration insuffisante des nouveaux défis de sa
gestion dans les choix politiques fondamentaux.
Depuis l’indépendance, les différentes autorités en dépit des initiatives prises en matière de gestion
domaniale et foncière ont rencontré des difficultés qui ne leur ont pas permis de résoudre de façon
satisfaisante la question domaniale et foncière. La situation foncière du pays demeure
préoccupante. L’enjeu foncier est d’autant plus prégnant que les cessions de terrains se sont
accrues depuis 2012 sur tout le territoire.
Le désir ardent et répétitif d’obtenir des terres alimente les revendications sociales qui dénoncent
les prix exorbitants de la terre, l’accaparement des terres des communautés villageoises, les
faiblesses de la gouvernance domaniale et foncière et le faible impact du domaine et du foncier sur
le développement national.
Face à la complexité et à la spécificité de cette question, le gouvernement a entrepris depuis les
années 2000 des reformes notamment au plan institutionnel et juridique.
L’objectif de ces reformes était de faire assurer une gestion efficiente du foncier par des structures
appropriées, adaptées et bien étoffées, en vue d’une meilleure prise en compte des grandes
orientations politiques en matière de domanialité publique, relativement à la gestion,
l’aménagement, la conservation et la sauvegarde des domaines relevant des personnes publiques
(Etat, Collectivités Territoriales et Etablissements ou Organismes publics). Ces réformes visaient
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par ailleurs l’exercice, au plan juridique, de tous les droits réels immobiliers, dont ceux relatifs au
patrimoine foncier des personnes privées, dans un cadre législatif et réglementaire adéquat.
A cet effet, la mission fondamentale des cadres institutionnels mis en place était d’élaborer et
de mettre en œuvre une politique nationale relative au domaine et au foncier.
Eu égard à la transversalité de la gestion foncière, l’élaboration d’une politique passe
nécessairement par l’implication et la participation des principaux acteurs concernés ou intéressés,
aux plans national, sous- régional et international. C’est dans ce cadre que s’inscrivait la tenue des
Etats Généraux sur le Foncier de juin 2008 à décembre 2009.
L’élaboration et la mise en œuvre d’une politique domaniale et foncière adéquate, avec la
participation de tous les acteurs concernés a été à la fois l’objectif et la recommandation
principale des Etats Généraux du Foncier, ce en vue de :
Cet objectif qui conforte les orientations du Gouvernement en matière de développement socio
économique, est un volet essentiel du Cadre Stratégique de Lutte Contre la pauvreté (CSLP),
constituant la référence de toutes les politiques de développement de l’Etat Malien, concernant la
lutte contre la pauvreté.
Aussi, il concourt spécifiquement à la mise en œuvre des actions prioritaires du Cadre
Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP), en vue de l’atteinte des
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), tout en soutenant, par ses effets induits,
toutes les politiques sectorielles prioritaires du Gouvernement, notamment :
- faire du développement du secteur rural, le moteur de l’économie, par une croissance forte et
durable;
- favoriser l’industrialisation, principalement l’agro-industrie et les mines, en misant sur le
secteur privé comme agent vecteur et en créant un environnement favorable aux affaires;
- assurer le développement de la bonne gouvernance et de la décentralisation;
- sécuriser les personnes et les biens, et
- lutter contre la corruption, en simplifiant, dans la transparence, les procédures administratives.
La Politique Domaniale et Foncière devra donc soutenir le rôle primordial et déterminant du
foncier dans le développement du pays, en tant que support de production, notamment en milieu
rural où il s’affiche au quotidien comme un fait social, généralement emprunt de précarité et
d’exclusion, en reflétant parfois des signes d’inégalités socio économiques.
La gestion efficiente du foncier constitue alors un outil essentiel de la survie et de l’amélioration
des conditions de vie de la majorité des populations rurales.
En outre, la lutte contre la pauvreté passant, entre autres, par une bonne gestion du foncier urbain
et rural, il s'agira de prendre en compte les réalités nationales, à tous les niveaux, en ayant pour
finalité la sécurité foncière des usagers et le développement des activités de production,
notamment les investissements publics et privés, sur une base de justice et d'équité.
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C’est cette vision du Gouvernement, confortée par les recommandations des différentes assises des
Etats Généraux du Foncier, qui sous-tend la Réforme Foncière que consacrera la nouvelle
Politique Domaniale et foncière, devant s’adapter au contexte de développement économique et
social, notamment par la mise en place d'un système de gestion domaniale et foncière juste,
équitable, durable, fondé sur une coexistence non conflictuelle du droit moderne et du droit
coutumier.
I. CONTEXTE
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Le droit coutumier qui est simplement reconnu, mais difficile à délimiter et à faire valoir, faute de
certificat foncier authentique ou documents désignant nettement les bénéficiaires.
Le faible niveau de sécurisation des terres résulte de l’inadéquation des lois, de l’insuffisance de
leur mise en œuvre, de la méconnaissance et la faible adhésion des populations, du coût élevé et de
la complexité des opérations, des pesanteurs socio culturelles et socio politiques, de la récurrence
des conflits sociaux, de la fragilisation de la cohésion sociale, et de la qualité des décisions de
justice rendues en matière foncière, etc.
Sur le plan institutionnel, la multiplicité des intervenants alourdit la gestion domaniale et foncière
et contribue à décourager les prétendants à une possession légale et sécurisée de la terre. La plupart
des transactions foncières, devenues de plus en plus lucratives, se passent en dehors de toutes les
procédures règlementaires prévues. Les nombreux conflits occasionnés par ces transactions restent
pendantes devant les tribunaux des décennies durant pour des raisons inavouées.
Au regard de cette situation, il devient impérieux de trouver des réponses efficaces à la question
foncière afin de créer un climat social apaisé et propice au développement économique.
La gouvernance domaniale et foncière doit s’atteler à trouver une réponse efficace aux dérives et
insuffisances actuelles à travers la formulation d’une politique domaniale et foncière par
l’élaboration d’un Document de Politique Domaniale et Foncière.
Le Document de Politique précise les orientations du Gouvernement en matière de gestion
domaniale et foncière et lui offre une vision d’ensemble pour l’amélioration de cette gestion.
L’élaboration du Document se fera à la lumière de la situation socioéconomique et de l’état des
lieux de la gestion domaniale et foncière.
Le relief du pays est marqué par un ensemble de plateaux et de monts entrecoupés de vallées
humides ou désertiques : le plateau Manding (400 à 800 m d’altitude) au Sud-ouest, la Falaise de
Bandiagara culminant avec les 1.155 m du Mont Hombori au Centre-Est et l'Adrar des Ifoghas à
l'extrême Nord, ainsi que le bassin du Macina et les plaines du Nord, y compris les savanes, forêts
claires et galeries forestières de la zone soudanienne au Sud.
L'hydrographie du pays est principalement bâtie autour du fleuve Niger sur environ 1.700 Km pour
une longueur totale de 4.200 km et du fleuve Sénégal sur environ 700 Km pour une longueur
totale de 1.750 km et de leurs affluents respectifs.
Les conditions climatiques du pays sont intimement liées à sa continentalité et sa situation en zone
tropicale nord, avec un régime climatique fortement dominé par une alternance très prononcée
entre une saison sèche, d’une durée variant de 6 à 9 mois, et d'une saison pluvieuse allant de 3 à 6
mois.
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Le territoire national comprend 10 Régions administratives (Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou,
Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et Taoudénit) et 1 District (Bamako), qui se subdivisent
en 49 Cercles et 703 Communes (38 Urbaines et 665 Rurales). Les politiques de Déconcentration
et de Décentralisation et de l’aménagement du territoire offrent une opportunité importante dans
l'atténuation des disparités entre les différentes régions du pays.
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De 2013 à 2016, le Gouvernement a consenti d’immenses efforts pour assurer la paix et la sécurité,
le bon fonctionnement de la justice, la relance économique et le renforcement de la politique de
décentralisation. Durant cette période, les efforts budgétaires de l’Etat sont évalués à plus de 6 000
milliards de FCFA. En 2017, les dotations budgétaires ont été évaluées à près de 1 682,829
milliards de FCFA pour les cinq secteurs de l’économie. Les secteurs « Infrastructures et
Production », « Développement Social et Culturel », ont représenté respectivement 29,9 et 29,7%
du budget, suivis du secteur de la « Souveraineté » avec 25,3%. Les secteurs « Développement
Durable » et « Macro-économie » ont, pour leur part, enregistré respectivement 9,6 et 5,6%.
Le contexte actuel de notre pays est profondément marqué par le terrorisme, la criminalité, le trafic
d’armes, de drogues, et la recrudescence du banditisme urbain et périurbain. Notre pays a connu
des crises sécuritaires répétitives qui ont affecté les efforts de paix, de sécurité et de
développement. Ce phénomène s’est étendu et a gagné progressivement le centre du
pays.
Ces crises ont entrainé une fluctuation de notre économie en 2012 dont le taux de croissance était
de -1,2% contre une prévision de 5,6%. L’élection présidentielle en 2013 a suscité un regain de
confiance. Le retour à l’ordre constitutionnel, suivi de la reprise des activités économiques, a
favorisé une régression du taux de pauvreté, de 47,1 % en 2013 à 46,9 % en 2014. Le taux de
croissance du PIB qui était de 1,7% en 2013 est passé à 7,2% en 2014.
Il ressort des revues annuelles du Cadre Stratégique de la Croissance et de Réduction de la
Pauvreté (CSCRP) que la croissance économique de notre pays a été robuste en 2015, atteignant
6,0%, niveau qui s’est maintenu en 2016 et l’inflation a été relativement bien maîtrisée, avec un
niveau de 1,5% en 2015 et même de -1,8% en 2016, largement en dessous du repère, de 3,0%
maximum, prescrit par l’UEMOA.
1.3 Etat des lieux de la gestion domaniale et foncière au Mali
L’histoire de la gestion domaniale et foncière au Mali a été marquée par cinq (5) grandes périodes,
chacune caractérisée par un régime qui a plus ou moins laissé une place importante à l’exercice
des droits coutumiers fonciers, dont la problématique demeure d’actualité :
la période précoloniale, dominée par l’exercice exclusif des droits coutumiers fonciers ;
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«Les transactions foncières semblent prometteuses, offrant de grandes possibilités pour les
communautés locales, y compris en ce qui concerne la demande de main d'œuvre et
l'investissement dans les infrastructures, la technologie et les capacités locales. Elles comportent
cependant de graves conséquences, y compris l'exportation de ressources précieuses dans des
contextes où les populations locales souffrent d'insécurité alimentaire et énergétique ».
Le Mali s’est engagé dans cette nouvelle expérience à travers des baux importants conclus avec
des investisseurs internationaux. Des baux sont également passés avec des entreprises privées
maliennes. Le Mali adhère également aux cadres de convergence foncière de la CEDEAO et de
l’UEMOA qui appellent à la coopération foncière et à l’ouverture des pays membres aux
investissements à grande échelle. Face à l’importance de ce nouveau phénomène, des directives et
orientations diverses ont été formulées tant au niveau sous régional que continental.
La lutte contre la spéculation foncière est demeurée timide et marginale. La spéculation est vécue
comme une course effrénée pour l’accaparement des terres, tant en milieu urbain qu’en milieu
rural. Elle n’a pas d’effet sur la croissance économique, en ce sens que bon nombre de parcelles
restent gelées et en dehors du circuit économique actif. Vue sous cet angle, elle constitue une
source de dégradation et de gaspillage des ressources naturelles. Par ce fléau, l’Etat est le plus
souvent spolié de son patrimoine foncier, et sans contrepartie en investissements consistants et
durables. Ainsi, une grande partie de ses terres tombent dans les patrimoines privés. En retour,
l’Etat, en cas d’expropriation pour cause d’utilité publique est amené à payer aux particuliers le
prix fort.
La gestion domaniale et foncière reste donc confrontée à de multiples contraintes.
1.3.2 Principales contraintes identifiées
Les contraintes relevées sont d’ordre technique, administratif, juridique, social et économique.
Au plan technique :
- l'absence de cadastre et de bases de données et d’informations foncières ;
- la pression de l’urbain sur le foncier rural ;
- la non application des textes domaniaux et fonciers par certains acteurs ;
- la pluralité et la difficulté de coordonner les interventions des acteurs intervenant dans la
gestion domaniale et foncière ;
- l’insuffisance des moyens de publicité ;
- l’absence de formalisation des droits coutumiers ;
- la spéculation foncière et la corruption ;
- le retard dans la dévolution des biens aux Collectivités territoriales ;
- la non immatriculation et le non aménagement des domaines forestiers ;
- le non-respect des conventions locales forestières et minières ;
- l’abondance des conflits intercommunautaires en matière de gestion des ressources
naturelles ;
- la complexité des litiges et lenteurs des procédures judiciaires ;
- le non-respect des dispositions des Schémas Directeurs d’Urbanisme (SDU) et des Plan
d’Urbanisme Sectoriel (PUS) ;
- la vétusté et l’inobservation des règles d’exploitation d’une grande partie du patrimoine
immobilier bâti ;
- l’insuffisance de crédit alloué à leur entretien et la disparition progressive des bâtiments au
passé historique.
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Au plan administratif :
- les difficultés de gestion des demandes croissantes de terres ;
- les lourdeurs et les lenteurs dans la procédure d’immatriculation ;
- la dispersion et le chevauchement de compétences entre différentes structures ;
- l’insuffisance de collaboration et de concertation entre les services chargés du domaine et
du foncier ;
- la très faible capitalisation des réformes foncières et agraires de 1963 et 1972 dans la
zone lacustre (Région de Tombouctou) ;
- la situation éparse et la non publication des jurisprudences en matière domaniale et
foncière ;
- les conditions difficiles d’acquisition des terres par les petits exploitants ;
- le non-respect des procédures de mise en œuvre des opérations d‘urbanisme et
d’aménagement de terrain en matière de promotion immobilière ;
- la violation constante des textes et l’impunité des auteurs de ces violations ;
- la faible vulgarisation des textes législatifs et réglementaires auprès des ruraux ;
- la faiblesse des capacités des Collectivités territoriales ;
- l’absence de planification stratégique globale et de système de gestion axée sur les
résultats du secteur du domaine et du foncier ;
- le retard dans le transfert aux Collectivités territoriales de compétences relatives à la
gestion foncière et des ressources naturelles ;
- l’absence de transfert effectif de patrimoine aux Collectivités territoriales dans le cadre
de la décentralisation ;
- la non-application des règles de la comptabilité-matières ;
- le faible niveau de formation et d’information des différents acteurs du domaine et du
foncier ;
- la prolifération et la persistance des conflits et l’absence de dispositif et mécanismes
efficaces de prévention, de médiation et de gestion ;
- l’inadaptation des mécanismes et moyens de publicité foncière ;
- la lenteur dans la mise en œuvre de la décentralisation qui retarde la promotion d’une
gestion domaniale et foncière locale participative et consensuelle, etc.
Au plan juridique :
- l’absence des textes réglementaires relatifs à la constatation et à la confirmation des droits
fonciers coutumiers ;
- la diversité des droits fonciers coutumiers et leur interprétation divergente ;
- l’absence d’harmonisation entre le Code domanial et foncier et les Actes Uniformes de
l’OHADA relativement à l’exercice des droits réels immobiliers ;
- l’inadaptation des textes législatifs et réglementaires par rapport aux pratiques courantes en
milieu rural, en matière de gestion domaniale et foncière ;
- la pluralité de législations sectorielles touchant à la ressource foncière rurale avec un
niveau insuffisant de mesures (textes) d’application ;
- le manque d’harmonisation des textes sectoriels avec le code domanial et foncier ;
- la quasi-totalité des terres rurales sont détenues de façon précaire en dehors des ‘’modes’’
formels de tenure et sont donc susceptibles d’être retirées à leurs exploitants ;
- l’insuffisance du cadre juridique régissant la gestion des bâtiments administratifs ;
- la faiblesse du dispositif de suivi, d’évaluation et de gestion des actifs incorporels.
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Au plan social :
- la vulnérabilité d’une partie considérable de la population de par sa pauvreté ;
- la difficulté d’appropriation des terres par les femmes ;
- l’accessibilité limitée de certaines franges de la population à des services
d’administration foncière essentiels ;
- l’effet néfaste de la spéculation foncière rendant difficile l’accès des couches
vulnérables à la terre ;
- la rigidité des systèmes de classification des droits de propriété foncière qui ne tiennent
pas suffisamment compte de toute les traditions ethniques, culturelles et juridiques
locales ;
- l’accroissement de la pression démographique et la réduction des terres de culture suite
aux changements climatiques ;
- les menaces sur la cohésion et la paix sociale ;
- le poids des traditions et d’un environnement socioculturel pas toujours favorable au
changement;
- l’existence d’inégalités et de discriminations dans l’accès au foncier en lien avec le
genre et la stratification sociale ;
- le désordre conduisant au manque de confiance des citoyens dans le système foncier
actuel.
Au plan économique :
- le faible niveau de recouvrement des recettes liées aux produits domaniaux ;
- l’existence d’un hiatus entre les taux et les barèmes de cessions des terres et la valeur vénale du
foncier dans les transactions commerciales ;
- la faiblesse des incitations à l’investissement dans le domaine et le foncier ;
- le non accès individuel des femmes au crédit foncier ;
- la ruée vers la terre comme valeur-refuge non productive et hautement spéculative ;
- la timidité des établissements bancaires et financiers dans l’accompagnement et le financement
des projets agricoles ;
- l’insuffisance de données économiques et financières sur le domaine et le foncier ;
- la minoration des prix dans les transactions foncières et immobilières entre particuliers ;
- la faible mobilisation des ressources potentielles domaniales et foncières dans la lutte contre la
pauvreté.
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Le cadre normatif et technique est très riche, récent, varié et constitué par les directives, objectifs
et principes ci-après :
le « cadre et lignes directrices sur les politiques foncières en Afrique » élaboré en 2010 par la
Commission de l’Union Africaine (CUA), la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) et la
Banque Africaine de Développement (BAD) est un document de réflexion dont le but est de
formuler les principes essentiels qui devraient sous-tendre l’élaboration, le contenu et la mise en
œuvre de politiques foncières dans les Etats membres africains. Il met l’accent sur le renforcement
des droits fonciers, l’amélioration de la productivité et des conditions d’existence. Ce document a
été initié comme feuille de route pour l’élaboration des politiques foncières par les Etats de
l’Union Africaine. Le Mali a souscrit à cette déclaration qui engage chaque Etat à donner la
priorité aux processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques foncières d’où sa prise en
compte dans la politique nationale domaniale et foncière ;
les « directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables
aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale »visent à
apporter une sécurité foncière et un accès équitable à la terre, aux pêches et aux forêts, dans le but
d’éliminer la faim et la pauvreté, de soutenir le développement durable et d’améliorer la gestion de
l’environnement. Elles ont été officiellement approuvées par le Comité de la sécurité alimentaire
mondiale (CSA) de la FAO le 11 mai 2012 lors de sa 38e assemblée générale extraordinaire.
Depuis, la mise en œuvre des Directives a été encouragée par le G20, Rio + 20, l'Assemblée
générale des Nations Unies et de l'Assemblée des parlementaires francophones ;
les Objectifs de Développement Durable (ODD) pour la période 2015-2030, portés par les Nations
Unies et spécifiquement en ce qui concerne les objectifs-cibles ci- après , en lien avec les questions
foncières et par ordre d’importance sont les suivants:; ODD 1 : pauvreté ; ODD 5 : genre ; ODD 6
: eau ; ODD 7 : énergie ; ODD 8 : économie ; ODD 9 : infrastructures ; ODD 10 : inégalités ; ODD
11 : villes ; ODD 13, changement climatique ; ODD 15 : écosystèmes et gestion des terres ; ODD
16, paix et bonne gouvernance et ODD 17 : partenariat mondial ;
« les principes pour des investissements agricoles responsables », connus sous leur sigle anglais
RAI, promus par la Banque mondiale en 2009, en réponse particulièrement de ce qui a été appelé à
l’époque « l’accaparement des terres au plan international » : (i) respecter les droits existants sur
la terre et les ressources naturelles ; (ii) assurer la sécurité alimentaire ; (iii) transparence, bonne
gouvernance, contexte favorable pour les affaires ; (iv) consultations préalables des personnes
affectées et participation aux accords ; (v) investissements responsables ; (vi) durabilité sociale ;
(vii) durabilité environnementale ;
« les principes directeurs sur les investissements fonciers à grande échelle » (IFGE) sont le résultat
de la volonté des États membres de l’Union africaine de veiller à ce que ces investissements
fonciers profitent aux États membres et aux acteurs clés. (Source : UA/BAD/CEA, 2014) ;
les cadres de convergence foncière: i) le plan d’action sur le foncier de l’UEMOA, validé en 2009,
comprenant la création de l’Observatoire Régional du Foncier en Afrique de l’Ouest (ORFAO), ii)
le Cadre régional pour l’élaboration et la mise en œuvre de politiques foncières convergentes dans
l’espace CEDEAO de 2013.
Ces directives permettent d’appuyer la réflexion des Etats et offrent des cadres d’analyse et des
repères opérationnels et organisationnels pour mener à bien les réformes foncières à conduire en
vue d’une meilleure utilisation des ressources foncières et de l’accès équitable des citoyens aux
terres.
II. JUSTIFICATION
L’élaboration d’un document de politique domaniale et foncière s’inscrit dans le cadre des
recommandations des états généraux du foncier. Elle permet de déterminer les orientations et les
axes autour desquels cette politique s’articule.
Le Mali n’a pas de politique nationale domaniale et foncière à proprement parler, à part des
réglementations foncières, divers documents de politiques sous-sectorielles et un cadre
institutionnel peu coordonné, débouchant sur une situation d’insécurité, d’instabilité et de précarité
de la tenure foncière, notamment en milieu rural et péri urbain. Jusque-là, les réformes ont
essentiellement porté sur la mise en place d’ajustements techniques et d’outils de gestion, lesquels
demeurent inefficaces face à la résorption des problèmes fonciers croissants, marqués par
l’absence d’une politique issue d’une vision et fixant des orientations stratégiques et axes
d’intervention.
Le besoin urgent de résoudre la question foncière est porté par l’ensemble des populations toutes
catégories confondues. Il constitue une demande politique, sociale et économique forte. En
inscrivant la question dans son programme de travail, le Gouvernement de la République du Mali
entend se doter désormais d’une Politique Nationale Domaniale et Foncière (PNDF) en vue
d’engager une Réforme domaniale et foncière en profondeur. Cet engagement résolu est en
conformité avec la volonté du Président de la République du Mali, qui en a fait une priorité.
En effet, les défis à relever sont multiples. Ils tiennent à un ensemble d’atouts à mettre en valeur et
des contraintes qu’il faut lever.
Il devient donc impérieux pour le Mali de se doter d’une Politique nationale domaniale et foncière
apte à faire face aux enjeux nouveaux, à promouvoir une tenure foncière sécurisante et à guider
une utilisation rationnelle et planifiée des terres, visant le développement du pays.
2.1 Enjeux
La PNDF devra tenir compte des enjeux suivants :
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- Premièrement, une Politique nationale domaniale et foncière dépend des enjeux locaux,
nationaux et internationaux qui sont d’ordre économique, social et politique. Ces enjeux sont
variables selon les réalités politiques et économiques de chaque pays. L’histoire et la culture
des nations et des Etats déterminent fortement la situation domaniale et foncière ainsi que les
bases potentielles et les orientations de la politique nationale domaniale et foncière. Ces enjeux
sont particulièrement importants pour le Mali, qui est caractérisé par plusieurs zones agro-
écologiques, différents groupes socio-ethniques, us et coutumes ainsi que différents modes de
production ayant chacun ses rapports spécifiques avec la terre ;
- Deuxièmement, la mondialisation actuelle ne laisse aucune place aux personnes et aux nations
qui ne sont pas compétitives. Pour participer à cette compétition de plus en plus rude, et aspirer
à devenir un pays émergent, le Mali doit valoriser, mieux gérer et savoir tirer le maximum de
profits de sa ressource la plus abondante qu’est la terre. C’est à cette condition qu’il sera à
même de procéder à une révolution de sa productivité agricole et de sa croissance économique
principalement basée sur les ressources foncières et rurales ;
- Troisièmement, pour être effective et efficace, la politique nationale domaniale et foncière doit
refonder les rapports sociaux et économiques, mettre la terre au service du développement et
appuyer la bonne gouvernance de l’Etat et de la nation toute entière.
18
- l’existence d’Agences de gestion et de cessions des terres avec la participation de l’Etat
(ACI, AZI-S.A) ;
- l’introduction de titre de propriété et de copropriété au bénéfice des paysans (cas du
Millennium Challenge Account ‘’MCA’’ dans la zone de l’Office du Niger, financé suivant un
accord de don de plus de 460 millions de dollars en 2006) ;
- la crédibilité de l’Etat malien et son engagement financier lui permettent de garantir les
nombreux prêts consentis par la Communauté internationale en faveur des projets et
programmes domaniaux et fonciers ;
- le potentiel de ressources domaniales et foncières (terres agricoles, pâturages, mines, forêts et
eaux, immeubles domaniaux, biens mobiliers corporel et incorporel) ;
- le potentiel de ressources financières que peuvent générer le domaine et le foncier et dont
l’Etat peut se servir pour financer le développement du pays ;
- l’existence de textes et de politiques sectorielles, (telles que la Loi d’Orientation Agricole, la
Politique Foncière Agricole, la Politique nationale des villes, la Loi d’Orientation pour
l’Aménagement du Territoire, la Politique nationale d’Aménagement du Territoire,…) ont
permis d’opérer des avancées significatives ;
- la prise de conscience nationale pour mieux règlementer l’utilisation des ressources foncières
rurales ;
- la multitude d’expériences, de pratiques et de leçons enrichissantes en cours ;
- le contexte de démocratie existant, favorable à la participation et à la responsabilisation
indispensables à la Réforme ;
- l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger dont l’application effective
ramènera la paix et la stabilité ;
Il est évident qu’il n’est pas possible d’utiliser de façon productive des biens qui
n’appartiendraient point à quelqu’un. Le régime de propriété formel permet de confirmer
l’existence de ces biens, mais également celle des transactions destinées à les transformer et à
élever leur productivité. La généralisation de la propriété formelle des terres au profit de ceux qui
l’exploitent réellement va permettre de fixer le bien foncier dans un état, un processus où il devient
un capital, c’est-à-dire un potentiel économique.
Il faut que sur l’ensemble de notre territoire national, tous les biens fonciers et immobiliers,
terrains et maisons, soient formellement fixés dans des enregistrements tenus à jour et conformes
aux règles du régime de propriété.
III. ORIENTATIONS
3.1 Vision
La politique nationale domaniale et foncière procède de la volonté de l’Etat malien d’assurer une
gestion efficace et durable des domaines et du foncier en vue d’un accès sécurisé et équitable à la
terre et aux ressources naturelles pour tous notamment les couches vulnérables, tout en facilitant les
investissements privés, nationaux et étrangers, dans la perspective d’une croissance durable et
redistributive, respecteuse de l’équilibre socio-écologique, climatique, garantissant un meilleur avenir
aux générations présentes et futures, répondant aux Objectifs de Développement Durable (ODD).
Dans sa vision de Politique nationale domaniale et foncière, le Mali entend disposer de règles et
procédures domaniales et foncières transparentes et équitables, de modes de gestion et d’utilisation
du foncier adaptés à l’organisation sociale et à la culture du terroir, qui permettent, à la population
19
malienne sans cesse croissante de vivre décemment dans un espace-temps dont les ressources
naturelles sont limitées et sous la contrainte des changements climatiques.
Il résulte de cette vision que la garantie de la propriété et des droits qui lui sont attachés doivent
rester les fondements des économies et des sociétés maliennes.
La vision trouve ses fondements dans la Constitution du Mali qui prône les valeurs d’égalité, de
liberté et de démocratie, d’unité nationale, d’intégrité territoriale et d’intégration africaine.
3.2 Orientations
La politique nationale domaniale et foncière s’articule autour de huit (08) orientations qui tiennent
compte des enjeux locaux, nationaux et internationaux :
i) L’usage rationnel et durable de la terre
La terre est une ressource naturelle trans-générationnelle. Elle est un bien cultuel, économique,
social qui demeure un patrimoine commun aux générations présentes et futures. Elle appartient à
toute la nation. Il faut se référer à la nation ou à ses représentants pour tous les actes domaniaux et
fonciers majeurs, susceptibles d’avoir des conséquences graves sur la vie de la nation.
ii) La protection et la promotion des droits fonciers
Elles procèdent de la reconnaissance de tous les modes légaux d’appropriation foncière et leur
sécurisation par des actes de propriété.
iii) Le respect de la vocation et des affectations des terres
Une gestion domaniale et foncière rationnelle et harmonieuse passe par le respect des vocations et
des affectations telles que déterminées par les outils de planification.
iv) L’équilibre entre le développement urbain et le développement rural
Le développement équilibré entre zone rurale et zone urbaine nécessite la maîtrise de l’extension
des villes, la préservation et la protection des zones rurales, à travers leur aménagement et leur
mise en valeur.
v) La promotion de l’accès équitable de l’ensemble des citoyens à la terre
La gestion efficace de la terre passe un traitement juste et raisonnable de tous les citoyens selon le
principe de l’égalité de droits et celui de l’équité qui tient compte des droits spécifiques des
groupes sociaux défavorisés.
vi) L’élargissement et l’amélioration de l’offre foncière
Ils passent par la mise place de mesures incitatives, la régulation des investissements publics et
privés et la maîtrise des grands investissements fonciers étrangers.
vii) La gouvernance partagée et responsable du domaine et du foncier par tous les acteurs
La gestion domaniale et foncière requiert l’implication, la responsabilisation et la synergie d’action
de tous les acteurs centraux, déconcentrés, décentralisés et de la société civile sous réserve du
respect de la domanialité publique de l’Etat.
viii) La promotion de l’intégration sous régionale et internationale en matière de gestion
foncière.
Elle se traduit par la prise en compte des orientations sous régionale, régionale et internationale et
le respect des engagements, accords et conventions pris sur le plan international en matière
domaniale et foncière.
20
IV. OBJECTIFS DE LA POLITIQUE NATIONALE DOMANIALE ET FONCIÈRE
(PNDF)
V. STRATEGIES
5.1 Fondements de la stratégie
La PNDF est en lien avec la Politique foncière agricole (PFA) et les autres politiques sectorielles
ou transversales relatives au domaine et au foncier. Elle repose notamment sur les principes
directeurs suivants :
- la domanialité publique: la mise en œuvre de la PNDF se fera dans le respect des régimes
applicable aux domaines publics ;
- l’équité : il s’agit d’assurer des droits fonciers au profit de tous sans distinction
discriminatoire liée au sexe, à l’origine, au statut, au rôle ou au type de profession.
- la différenciation: prise en compte de la diversité des acteurs, des zones agro écologiques) :
ce principe de valeur est basé sur le fait de la reconnaissance de la diversité agro-
écologique du Mali, de la diversité socioculturelle, de la diversité des modes d’accès et de
sécurisation foncières, de la diversité des métiers Agricoles (y compris le pastoralisme, la
production végétale, la pêche, la foresterie) et de la diversité des modes et systèmes de
production. Cette reconnaissance doit s’accompagner de la mise en place de dispositifs
différenciés mais cohérents pour assurer un accès équitable au patrimoine foncier agricole ;
- la transparence: Il s’agit de rendre accessible les politiques, les textes législatifs et
règlementaires et de les appliquer de façon claire ;
- la participation et l’inclusion: elles permettent de recueillir des observations avant la prise
des décisions, les avis de ceux qui, détenant des droits fonciers légitimes, pourraient en être
affectés, et prendre en compte leurs suggestions ;
- la progressivité: la mise en œuvre des nouvelles mesures de la PNDF visant
particulièrement la sécurisation foncière se fera de manière progressive et adaptée ;
- l’égalité et le respect du genre: elle permet de garantir à tous une égale jouissance de tous
les droits liés à la terre, tout en reconnaissant les différences existant entre l’homme et la
femme.
21
- l’approche globale et durable: la gestion domaniale et foncière se fera dans une approche
intégrée sur une base solide d’utilisation des ressources naturelles ;
- le respect de la dignité humaine: la mise en œuvre de la politique domaniale et foncière se
fait dans le respect de la dignité de la personne humaine et des Droits de l’Homme;
- la redevabilité: les gestionnaires des biens domaniaux et fonciers ont l’obligation de rendre
compte regulierement de leurs actes selon un mécanisme transparent et efficace défini à cet
effet.
- l’Etat de droit: la PNDF se conçoit et s’applique dans le cadre de l’Etat de droit fondé sur
le principe du respect des textes juridiques nationaux ou internationaux. Ce principe ne
pourra véritablement se réaliser que grâce à l’indépendance de la justice pour garantir les
droits de tous et leur respect.
Pour sa réussite, la stratégie doit avoir en toile de fond le rétablissement de la confiance entre les
autorités maliennes et leurs populations.
Le processus de mise en œuvre de la PNDF sera progressif et itératif.
La PNDF offre l’opportunité de renforcer la cohésion sociale. Le processus inclut des actions
concrètes prioritaires à impact rapide et à effets multiplicateurs. La mise en œuvre des actions
concertées et de proximités permettent à la population de reprendre confiance.
La légitimité, la légalité et l’équité doivent être les clés de toutes les démarches administratives.
La Politique nationale domaniale et foncière reconnaîtra et consolidera la légitimé des droits
fonciers de tous les Maliens tout en s’opposant à toute spoliation. Elle contribuera à sortir le
foncier de la mauvaise gestion, de l’informel pour aller vers le respect de la légalité et des
engagements internationaux. La Politique fait la promotion de l’équité entre tous les acteurs.
La PNDF s’attachera à mobiliser les pouvoirs publics, les OSC, les syndicats, les leaders
communautaires, les populations rurales et urbaines, les groupes démunis et vulnérables, les
grands investisseurs privés et les PTF sur les questions essentielles du domaine et du foncier et du
développement au Mali.
5.2 Axes stratégiques
OBJECTIF SPECIFIQUE 1: Assurer l’accès équitable à la terre et améliorer la sécurité
domaniale et foncière pour tous.
AXES STRATEGIQUES :
1- La réforme du cadre juridique ;
2- La réforme du cadre institutionnel.
OBJECTIF SPECIFIQUE 2 : Renforcer les capacités des acteurs
AXES STRATEGIQUES :
3- Le développement des ressources humaines et le renforcement des capacités des acteurs ;
4- La promotion de la recherche-action sur le domaine et le foncier.
OBJECTIF SPECIFIQUE 3 : Promouvoir le potentiel économique et fiscal du domaine et du
foncier
AXES STRATEGIQUES :
22
5- L’amélioration des revenus tirés du domaine et du foncier ;
6- L’amélioration des mécanismes de financement ;
7- La promotion de la concertation multi acteurs et du partenariat.
OBJECTIF SPECIFIQUE 4 : Assurer une gestion durable des terres
AXES STRATEGIQUES :
8- La mise en place des outils de planification spatiale au cœur de la gestion domaniale et
foncière ;
9- le respect des outils de planification ;
10- L’instauration et la promotion d’un cadastre.
Il s’agira de mettre un terme à l’incohérence, de réajuster et/ou d’actualiser les instruments, outils,
cadres juridiques de base du domaine et du foncier.
Action 1.1 : Reconnaître toutes les tenures foncières, et harmoniser les textes législatifs et
réglementaires régissant les domaines et le foncier.
Cette action concerne la reconnaissance de toutes les tenures foncières et l’harmonisation des
textes législatifs et réglementaires. Il faudra tenir compte du dualisme juridique existant et
favoriser une prise en compte et un renforcement des droits fonciers dans un contexte caractérisé
par une prédominance des droits coutumiers. Il s'agira de faire l’inventaire de tous les droits
fonciers notamment coutumiers afin d’aller vers une harmonisation desdits droits.
Cependant, la reconnaissance des droits coutumiers ne doit pas être une source de validation de la
discrimination des femmes et des jeunes pour l’accès à la terre ainsi que d’exclusion d’autres
groupes vulnérables. Elle doit mettre en place des mécanismes permettant de garantir le principe
constitutionnel d’équité entre tous les Maliens.
Action 1.2 : Renforcer les mesures de sécurisation domaniale et foncière, par
l’harmonisation des textes, la matérialisation et l’enregistrement systématique des terres
rurales.
Cette action portera sur la sécurisation des droits individuels et collectifs, à travers l’adaptation des
textes et des pratiques à la diversité des utilisateurs, des exploitations familiales et des transactions
foncières en respectant le principe « de juste et préalable indemnisation avant le transfert du terrain
au nom de l’Etat » et de constitution de réserves foncières de l’Etat.
Action 1.3 : Améliorer la dimension juridique et participative des IGE par des mesures
incitatives de réglementation et de gestion des transactions.
Le secteur privé national et les grands investisseurs internationaux constituent un potentiel en
matière de valorisation foncière, d’amélioration de la productivité et de lutte contre la pauvreté.
23
L’option fondamentale du Mali, telle que découlant de la vision de PNDF, donne la priorité aux
exploitations familiales et aux petits producteurs, tout en étant ouvert à la nouvelle opportunité que
représentent les investissements à grande échelle (IGE). Le pays se doit de changer la façon dont
cette question a été jusque-là traitée et de s’engager vers une véritable transformation de ce
nouveau partenariat et d’en tirer meilleur profit. En effet, le Mali semble avoir pris conscience du
potentiel que les transactions foncières représentent en termes d’investissements en même temps
que de la controverse qu’elles suscitent. Il s’agira pour lui d’attirer les investisseurs, de
réglementer et de mieux gérer les transactions futures.
Action 1.4 : Améliorer l’accès des groupes vulnérables à la terre et aux ressources naturelles
Il est question ici, de garantir et de protéger en priorité les droits légitimes des femmes, des jeunes,
des groupes défavorisés, des migrants et des déplacés intérieurs, des citadins vulnérables et des
autres utilisateurs vulnérables tels que les pasteurs et les pêcheurs sur les terres et les ressources
naturelles.
Action 1.5 : Faciliter l’accès du monde rural au titre foncier
Cette action vise à sécuriser les terres agricoles pour la promotion du développement rural par les
facilités de création de titres de propriété pour protéger les exploitations familiales contre
l’accaparement et la spoliation de terres.
AXE STRATEGIQUE 2 : La réforme du cadre institutionnel
Il s’agit dans cet axe de mettre fin à la dispersion et l’instabilité institutionnelle actuelle, de mettre
en place des structures nouvelles pour plus d’opérationnalité, de flexibilité et de rapprochement de
l’Administration et des Collectivités territoriales aux usagers dans la gestion des affaires
domaniales et foncières.
Action 2.1 : Rénover l’Administration domaniale et foncière
Cette action consiste à corriger les dysfonctionnements de l’Administration foncière et de la
moderniser par une restructuration conséquente et une démarche organisationnelle plus efficace
notamment par la création d’un observatoire du foncier. Il s’agit également de la faire connaître du
grand public.
Action 2.2 : Promouvoir des institutions locales et décentralisées de gestion domaniale et
foncière
Il s’agit de rendre la décentralisation effective dans sa composante foncière, de clarifier et de
renforcer les dispositifs pratiques de gestion domaniale et foncière au niveau des Collectivités
territoriales. Il s’agira également de renforcer la participation locale à la gestion domaniale et
foncière.
Action 2.3 : Consolider des mesures de prévention et de résolution des conflits fonciers
Face à la multiplication et à la complexité croissante des conflits fonciers, il devient impérieux de
développer de nouvelles alternatives pour y faire face. Ces alternatives seront basées sur les trois
principes suivants : (i) la reconnaissance de la valeur incontournable des pratiques traditionnelles
de prévention et de règlement des conflits ; (ii) faire de la conciliation un préalable indispensable
avant la saisine de la justice et de l’Etat (iii) enfin, mettre en avant la reconnaissance sociale des
droits et pratiques fonciers au cœur de la procédure d’enregistrement des droits et de leur gestion.
24
La PNDF veillera d’une part à renforcer les dispositifs et mécanismes existants ou à créer, donnant
la faveur à des solutions locales et, d’autre part, à améliorer le rôle de la justice dans le règlement
durable des différends fonciers en spécialisant les juges et en améliorant les procédures judiciaires.
Action 2.4 : Veiller à l’application des textes
Dans un contexte de violation des textes, il faut un engagement pour recouvrer la confiance des
citoyens. Il s’agira d’appliquer les textes, de renforcer les procédures de transactions foncières et
restaurer l’autorité de l’Etat en matière de gestion domaniale et foncière.
Objectif spécifique 2 : Renforcer les capacités des acteurs
AXE STRATEGIQUE 3 : Le développement des ressources humaines :
L’ambition affichée exige des formations à tous les niveaux pour des contenus de base ou des
contenus plus pointus selon les acteurs et les besoins. Un diagnostic plus approfondi des besoins
de formation et des mesures organisationnelles devraient être réalisées. La mise à disposition des
services de moyens matériels, informatiques et logistiques suffisants, contribuera également à
l’amélioration de leur travail.
Action 3.1 : Renforcer les capacités des acteurs
La complexité de la Politique nationale domaniale et foncière et de la Réforme qu’elle induira
d’une part, l’ambition affichée de changer le foncier au Mali d’autre part, nécessitent une
amélioration des capacités de tous les acteurs pour faire face aux défis de transformation qui se
posent.
Action 3.2 : Elaborer et mettre en œuvre des stratégies de communication sur le domaine et
le foncier
Cette action visera à élaborer et mettre en œuvre des stratégies pertinentes d’information et de
communication en vue de sensibiliser les divers acteurs sur leurs droits, rôles et responsabilités
dans la gestion domaniale et foncière.
AXE STRATEGIQUE 4 : La promotion de la recherche-action sur le domaine et le foncier :
Cet axe visera à inciter une certaine culture du partage de l’information et des connaissances. Il
favorisera le développement et la gestion de connaissances spécialisées complémentaires
permettant de combler des vides, favorisant une meilleure compréhension de la question
domaniale et foncière et une anticipation sur son évolution future.
Action 4.1 : Mener des études d’appropriation des directives communautaires et sous
régionales de gestion domaniale et foncière.
Cette action consistera à organiser des ateliers d’information et d’éclairage des études régionales
menées dans le cadre du document « Cadre et lignes directrices sur les Politiques foncières en
Afrique » (CLDPFA).
Action 4.2 : Mettre en place un institut du foncier.
La création d’un institut du foncier est une recommandation des EGF. Cet institut, avec du
personnel pluridisciplinaire de haut niveau professionnel servira de centre de formation sur le
foncier, de lieu d’échanges et de réseautage, de renforcement de capacités des différents acteurs du
foncier.
Action 4.3 : Promouvoir la recherche-action sur le domaine et le foncier.
25
Cette action visera à assurer de façon exhaustive la collecte, l’analyse et la diffusion des
connaissances et des informations sur le domaine et le foncier. Elle permettra de réaliser des
études prospectives sur le foncier et de formuler des recommandations pertinentes pour faire face
aux différents défis.
Objectif spécifique 3 : Promouvoir le potentiel économique et fiscal du domaine et du foncier
AXE STRATEGIQUE 5 : L’amélioration des revenus tirés du domaine et du foncier
Les ressources domaniales et foncières représentent une réelle opportunité pour le Mali, mais elles
sont encore sous-évaluées et sous exploitées. La nouvelle politique domaniale et foncière devra
s’orienter vers l’élaboration de nouvelles lois et règlementations plus adaptées, amener les acteurs
à se réorienter vers des produits financiers tirés du domaine et du foncier, plus adaptés et,
favorisant le développement du pays. Il s’agira en outre de soutenir toutes ces mesures par un plan
de lutte contre la dilapidation des ressources domaniales et foncières.
Action : Mettre en place une fiscalité domaniale et foncière dynamique, efficace et adaptée.
La fiscalité domaniale et foncière sera améliorée par la création de diverses taxes comme la taxe
sur les propriétés bâties et non bâties.
AXE STRATEGIQUE 6 : L’amélioration des mécanismes de financement :
Les banques restent frileuses pour ce qui concerne le financement du foncier rural et de
l’immobilier : elles ne veulent pas courir de risque. D’une façon générale, pour améliorer la
contribution des banques au développement foncier, il faut des propositions tendant à changer ou à
transformer cette relation. Il existe un besoin urgent de mettre en œuvre et/ou d’explorer davantage
les actions facilitant l’accès au crédit et le financement des actions de l’Etat.
Action 6.1 : Faciliter les procédures et conditions des prêts auprès des institutions financières
en vue d’encourager les investissements fonciers, notamment en milieu rural.
Au regard des expériences malheureuses qu’elles ont vécues, les banques, malgré les ressources
financières significatives dont elles disposent, restent frileuses quant au financement du foncier
rural et de l’immobilier. D’une façon générale, pour améliorer leur contribution au développement
du foncier, il faut des propositions visant à changer cette situation.
Action 6.2 : Mettre en place des mesures incitatives pour faciliter l’accès des groupes
vulnérables au crédit.
Généralement, les groupes vulnérables, notamment les femmes et les jeunes ont des difficultés à
présenter les garanties leur permettant d’accéder au crédit. Il est nécessaire de mettre en place des
mécanismes pertinents permettant de pallier ce handicap.
AXE STRATEGIQUE 7: La promotion de la concertation multi acteurs et du partenariat :
L’Etat continuera à recourir à la contribution de tous les acteurs intervenant dans le domaine et le
foncier mais il y a un besoin de réorganiser le cadre de collaboration et de coordination entre eux
pour un partenariat gagnant-gagnant. Une moralisation des sociétés immobilières accroîtra leur
crédibilité, permettra d’avoir de meilleurs résultats, et de continuer à bénéficier de l’appui de
l’Etat.
Quant aux Ordres professionnels notamment l’Ordre des géomètres experts, ils doivent s’inscrire
davantage dans le cadre des principes de bonne gouvernance foncière. Un rôle important de
26
plaidoyer et de veille revient à la société civile dans le cadre de la recherche de la paix sociale et
de la lutte contre les inégalités et les irrégularités.
Il faut une concertation pour mettre en place un cadre de suivi léger et régulier entre le
Gouvernement et ces entités.
Action 7.1 : Promouvoir la concertation multi acteurs et renforcer la contribution de la
société civile
La nature transversale du foncier exige de fonder la gouvernance foncière sur une concertation
continue entre les divers acteurs en l’occurrence l’Etat, les Collectivités territoriales, le secteur
privé et la société civile. Cette mesure contribuera à la dissémination de l’information, à la
formation et la sensibilisation des divers acteurs. Elle favorisera une meilleure coordination des
activités basées sur une confiance réciproque et une synergie d’actions.
La société civile sera particulièrement impliquée dans les COFO, dans l’Observatoire du foncier,
le dispositif institutionnel de pilotage de la PNDF, dans la recherche-action, les concertations de
planification et de prises de décisions et l’ensemble du processus de suivi-évaluation. Un rôle
important de plaidoyer et de veille lui revient dans le cadre de la recherche de la paix sociale et de
la lutte contre les inégalités et les irrégularités.
Action 7.2 : Promouvoir le partenariat public-privé
Dans le cadre du renforcement de l’intervention du secteur privé, l’Etat a mis en place un cadre
législatif et réglementaire diversifié permettant la participation des divers acteurs privés à la
gestion foncière.
Force est de constater que les possibilités de partenariat Etat-secteur privé autour du foncier ne
sont pas suffisamment exploitées. Le cadre doit être mieux organisé pour instaurer un partenariat
durable et efficace pour le développement du foncier.
Action 7.3 : Promouvoir le partenariat international et sous régional
De nombreuses initiatives sont en cours au niveau régional et international en vue d’une meilleure
sécurisation foncière. Il s’agira dans cette action d’analyser toutes ces initiatives et d’utiliser leur
potentiel pour une contribution exhaustive à la gouvernance domaniale et foncière au Mali.
Il sera mis en place un Observatoire national du foncier qui interagira avec l’Observatoire régional
du foncier en Afrique de l’Ouest (ORFAO) envisagé par l’UEMOA et avec toutes autres
organisations ou initiatives similaires au niveau régional et international (UEMOA, CEDEAO,
UA, FAO, BM).
Par ailleurs, il existe déjà un cadre formalisé et actif de partenariat pour la gestion et la
coordination de l’aide entre le Mali et les PTF. C’est ainsi que les PTF ont déjà désigné leur point
focal au sein du dispositif institutionnel de la Réforme domaniale foncière. Ce cadre sera mis à
contribution pour le portage de la PNDF au niveau international. Cette représentation sera
complétée par des contacts et des rapports de partenariat plus spécifiques entre le Gouvernement et
les PTF.
Objectif spécifique 4 : Assurer une gestion durable des terres
AXE STRATEGIQUE 8 : La mise en place des outils de planification spatiale au cœur de la
gestion domaniale et foncière : Tout en veillant au renforcement d’outils existants tels que les
schémas directeurs d’urbanisme (SDU) et un embryon de cadastre, qui malgré leur pertinence
27
comme outils de planification, de développement urbain et de gestion foncière, restent
insuffisamment mis en œuvre. Il s’agira de veiller au respect de la vocation et des
affectations des terres, notamment à l’équilibre entre le développement urbain et le développement
rural.
Il sera nécessaire de mettre en place un schéma d’aménagement du territoire et un système
d’informations foncières.
Action 8.1 : Densifier le réseau géodésique national.
Cette action consistera à : (i) densifier le réseau géodésique national ; (ii) rattacher tous les plans
fonciers et cartographiques au système de géo-référencement.
Action 8.2 : Assurer la gestion des zones d’activités prévues par les documents de
planification urbaine et les schémas d’aménagement du territoire.
Il s’agira d’appliquer rigoureusement le contenu des documents de planification urbaine et les
schémas d’aménagement du territoire
Action 8.3 : Intensifier la concertation, l’information et le suivi-évaluation dans la mise en
œuvre d’un système d’informations foncières et spatiales.
Cette action vise une meilleure coordination et un bon partage de l’information dans l’élaboration
et la mise en œuvre des outils de planification.
AXE STRATEGIQUE 9 : L’instauration et la promotion d’un cadastre :
En se basant sur les atouts dont dispose l’IGM (plan stratégique 2013-2016 ; rapatriement des
archives de France au Mali ; existence d’une politique nationale d’information géographique (IG) ;
existence d’une imprimerie de forte capacité ; existence d’un Conseil national et d’un Comité
national d’IG, etc.), il s’agira d’appuyer la mise en œuvre de la Politique nationale d’IG, le but
étant de contribuer au développement du pays à travers la création et la mise à jour continuelle
d’une infrastructure nationale de données spatiales et la gestion harmonieuse et concertée de
l'information géographique.
Action 9.1 : Mettre en place un cadastre et un guichet unique du foncier.
Cette action consiste à élaborer des plans cadastraux pour l’ensemble des Communes du Mali. Ces
plans couvriront toutes les tenures foncières (les TF, les concessions urbaines et rurales, les droits
coutumiers) et à mettre en place un guichet unique pour une meilleure gestion des procédures
d’attribution et d’enregistrement des terres.
Action 9.2 : Intégrer le volet cartographique en amont, pendant et en aval des grands projets
et programmes nationaux.
Cette action permettra de suivre l’évolution des villes avec des données objectives (urbanisme,
infrastructures, réseaux, etc.) pour simuler l’impact des différents projets, de rendre la
communication plus facile, d’améliorer la gestion des services publics, des interventions sur les
réseaux divers et, d’optimiser les coûts de réalisation des projets.
Action 9.3 : Vulgariser l’information géographique aux moyens des multimédias et des TIC
(géo portail utilisation aux moyens des téléphones portables, etc.).
Cette action vise à élaborer une stratégie d’échange de l’information entre les différents acteurs
reposant sur des supports diversifiés et adaptés.
28
Action 9.4 : Intégrer la dimension foncière dans la planification nationale et locale
L’ambition étant d’accroître les recettes de l’Etat provenant des domaines et du foncier, la prise en
compte du foncier s’impose dans l’analyse, la planification nationale, la comptabilité publique, et
le suivi évaluation de la performance économique et sociale du pays. Pour ce faire, il faut un
cadastre fiscal.
Ce processus contribuera à modifier ainsi le contenu et l’orientation des anciennes pratiques au
niveau organisationnel (projet et programmes) et institutionnel, et donnera une vision plus
analytique et plus fine du foncier et de sa contribution réelle au développement national.
VII. MOYENS DE MISE EN ŒUVRE
7.1 Moyens institutionnels et juridiques
Le dispositif juridique et institutionnel actuel mis en place pour piloter la Réforme domaniale et
foncière (Décret n°2016-0177 PM-RM du 25 mars 2016) est déjà opérationnel. Toutefois, il faudra
y imprimer souplesse et dynamisme pour tenir compte des enjeux et axes principaux de la PNDF.
Ce Cadre institutionnel de pilotage de la Réforme domaniale et foncière comprend : un Comité
d’orientation présidé par le Premier ministre, un Comité technique de pilotage présidé par le
Ministre en charge des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières. Il est structuré en huit (8)
groupes sectoriels dont le groupe sectoriel « Politique nationale domaniale et foncière » et un
Secrétariat permanent de la Réforme domaniale et foncière.
La Direction nationale des Domaines et la Direction nationale du Cadastre doivent être dotées de
moyens et ressources nécessaires pour la mise en œuvre de la PNDF.
7.2 Moyens techniques
Dans l’ensemble, on note des avancées significatives dans l’utilisation des nouvelles technologies
de l’information et de la communication, au niveau des services gestionnaires et utilisateurs du
foncier. La logistique (matériel roulant, outil informatique, etc.) devient un moyen indispensable
pour accompagner le renforcement de capacités envisagé par la PNDF. Ceci va faciliter
considérablement le traitement des dossiers fonciers, les échanges entre les services publics,
protéger des données sensibles et permettre le suivi des activités.
Au-delà de ces dispositions, des efforts doivent être fournis pour activer et opérationnaliser le
cadastre. En effet, le cadastre est attendu comme un outil de gestion foncière, à même de résoudre
maintes difficultés qui compliquent ou aggravent les problèmes fonciers.
7.3 Moyens financiers
Le plan d’actions évoqué plus haut devra préciser les ressources financières nécessaires, pour la
mise en œuvre de la politique nationale domaniale et foncière. Ces ressources proviendront de
l’Etat, des partenaires techniques et financiers (PTF) et des Collectivités territoriales.
7.4 Moyens partenariaux
Le partenariat doit être organisé autour des acteurs majeurs. Outre l’Etat, les Collectivités
territoriales, le partenariat devra être élargi au secteur privé, à la société civile et aux
communautés.
Il faut bien cibler les partenaires incontournables et impliquer surtout ceux qui participent déjà à la
Réforme domaniale et foncière entreprise, afin d’éviter les dédoublements fonctionnels.
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7.5 Moyens humains
A tous les niveaux, les ressources humaines dédiées à la mise en œuvre de la PNDF doivent avoir
la qualification requise et bénéficier de la motivation matérielle et financière (indemnité et matériel
de travail) à hauteur de leurs missions.
VIII. SUIVI ET EVALUATION
Le suivi de la PNDF sera assuré par la CPS du secteur et l’Observatoire national du foncier
(ONF). L’Observatoire national du foncier sera composé des représentants de l’Etat, des
Collectivités territoriales, des Organisations de la société civile et des Ordres professionnels.
La mission de l’ONF consistera en la production d’informations et de connaissances de terrain
pour appuyer la formulation et le pilotage de la Politique nationale domaniale et foncière, au suivi
de la mise en œuvre de la Politique et à l’évaluation des impacts, en lien avec la CPS. Il constituera
donc un outil d’aide aux institutions gouvernementales, bailleurs de fonds, société civile, projets et
opérateurs de terrain, pour orienter les décisions opérationnelles.
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