Dans le domaine des infrastructures en Afrique, combler le déficit de financement est un défi majeur auquel
sont confrontés les gouvernements. Pour le relever, le gouvernement ivoirien en particuliers collabore avec le
secteur privé à travers les partenariat public-privé. Telle est l’invite à la réflexion soumise à analyse. Selon le
FMI, l’expression se réfère à des formules dans lesquelles le secteur privé fournit des infrastructures et services
qui étaient traditionnellement assurés par l’Etat. Grâce au recours au financement privé à travers les partenariats
public-privé, les organismes publics ont la possibilité de lancer des projets conséquents sans avoir
nécessairement d’importantes capacités d’emprunt. Ainsi, l’atteinte de l’idéal de développement tend à associer
le Partenariat Public Privé comme levier essentiel. Dans cette perspective, quel rôle devrait jouer le partenariat
public-privé dans la quête de l’émergence économique de la Cote d’Ivoire ? De la réponse à cette question
centrale découleront les interrogations suivantes : Que revêt la notion de Partenariat Public Privé ? En quoi sa
contribution peut-elle concrétiser l’émergence économique de la Côte d’Ivoire ? Lever ces équivoques reviendra
à présenter le Partenariat Public Privé. En outre, son apport dans l’émergence de l’économie ivoirienne sera
exposé.
Présenter le Partenariat Public Privé reviendra à, non seulement, exposer le mécanisme du cadre institutionnel
et juridique qui le sous-tend en Côte d’Ivoire, mais également, en ressortir la typologie.
D’une part, cet outil permet aux gouvernements d’éviter de recourir à l’emprunt. Fort de cela, le gouvernement
ivoirien en a fait un des axes stratégiques de sa politique de développement. Pour preuve, la Côte d’Ivoire s’est
dotée d’un cadre institutionnel et juridique promoteur, fiable et crédible, propice pour capter et accroître le flux
des investissements. Ainsi, le décret n°2012-1151 du 19 décembre 2012 relatif aux Contrats de partenariats
public-privé détermine les règles relatives aux PPP conclus dans le cadre de la mise en œuvre des projets de
développement à réaliser. En plus, ce Partenariat Public-Privé répond à une typologie qu’il faut mettre en
exergue.
D’autre part, le Partenariat Public-Privé se scinde en 2 types à savoir à concession et à paiement public .
Dans le premier cas de figure, le paiement du Partenariat Public Privé à concession est graduel et provient de
l’exploitation du service par les utilisateurs à travers notamment les péages routiers. Quant au Partenariat Public
Privé à paiement public, la rémunération de l’opérateur privé est immédiat et intégralement réalisé par l’autorité
publique, une fois la prestation effectuée.
En somme, le partenariat public-privé dispose d’un cadre institutionnel et juridique et répond à une typologie.
Cet outil peut contribuer, sous certaines conditions, à l’émergence économique de la Côte d’Ivoire.
Le partenariat public-privé peut être le principal moteur de l’émergence économique en Côte d’Ivoire à
condition que les entraves et difficultés soient levées.
Dans un premier sens, le partenariat public-privé doit permettre de développer des projets sans grever le
budget national. De ce fait, les ressources publiques sont alors disponibles pour d’autres investissements publics
à caractère social telle l’éducation. L’image du pays, voire son rating, en sortent renforcés, lui permettant d’avoir
un accès moins couteux aux marchés des capitaux, et donc d’attirer plus facilement des investissements.
Cependant l’émergence catalysée par les partenariats public-privé est soumise à des pesanteurs qu’il
faut relever.
Dans un second sens, parmi ces contraintes, il faut s’appesantir sur les barrières économiques en ce sens
que les investisseurs étrangers perçoivent les pays en développement comme étant des économies à risque
élevé et l’incapacité des institutions locales à fournir des financements à long terme. En outre, les barrières
technologiques qui se traduisent par un manque d’expériences chez le secteur public et les investisseurs privés
n’est pas en reste. Les barrières environnementales qui prennent la forme de problèmes d'acquisition des
terres se posent en des termes problématiques.
En somme, le partenariat public-privé compte tenu de sa mission peut être le moteur de l’émergence
économique de la Côte d’Ivoire. A condition que les choix stratégiques effectués puissent l’emporter sur les
entraves que rencontre ce secteur.
Somme toute, se prononcer sur la capacité du partenariat public-privé à mener à l’émergence de la Côte
d’Ivoire fut le centre d’intérêt de cette analyse. A ce propos, le partenariat public-privé répond à une typologie et
dispose d’un cadre institutionnel et juridique à même de concrétiser l’émergence économique de la Côte
d’Ivoire. ; ce à condition que les entraves et difficultés soient levées. C’est à ce prix que ce pays en
développement pourra s’intégrer dans le concert des nations émergentes économiquement. Toutefois,
l’émergence ne se mesure pas uniquement au prorata du poids des partenariats public-privé. Elle exige aussi
pour l’Etat de s’assigner comme objectif la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales. Au-delà, paix et
stabilité devront être la priorité de la Cote d’Ivoire. À la lumière de ce qui précède, le déploiement de stratégies
d’inclusion financière n’est -il pas la voie à privilégier pour une économie compétitive donc émergente ?
Si l’absence de compétences techniques à même de gérer les programmes et projets de PPP constitue un
premier handicap, la plupart des difficultés liées aux PPP reflètent plus globalement les défis à relever a priori
pour tout entrepreneur en Afrique : risque politique, incertitude juridique, manque de transparence. L’instabilité
politique et civile, ou tout simplement le manque de volonté politique, sont en mesure de compromettre la
réussite des projets. Les investisseurs possèdent encore souvent, et peut-être parfois à tort, une perception
défavorable du risque pays (risque politique). Par ailleurs, en cas d’évaluation insuffisante de la responsabilité
légale, les PPP sont susceptibles de faire peser de potentiels effets indésirables sur les budgets publics (risque
juridique). De plus, les PPP sont sensibles au manque de capacité institutionnelle. La corruption est un facteur
d’échec des projets, eu égard à la très longue relation qui se tisse entre l’État, les banques et les sponsors
(risque institutionnel).
En outre, les PPP peuvent donner lieu à d’éventuelles distorsions de la concurrence pendant les processus
d’appels d’offre et les négociations qui s’ensuivent. La récupération des coûts n’est pas toujours garantie à long
terme (risque économique).
Les PPP ne constituent pas une formule magique face au manque de fonds publics. De sérieuses contraintes
existent actuellement dans de nombreux pays, ce qui rend difficile la mise en œuvre des projets.
La réussite de l’implémentation des PPP en Afrique subsaharienne repose sur la constitution d’une
feuille de route et des recommandations claires.
La réussite d’un PPP dépend de différents facteurs.
Avant de procéder à l’analyse de la faisabilité du projet, il apparaît incontournable de vérifier que les
infrastructures sont réellement indispensables à la vie des habitants, et que les tarifs prévus sont justifiés. Les
pouvoirs publics doivent jouer un rôle clé pour assurer un équilibre optimal entre la protection de l’utilisateur final
et l’attractivité du projet. L’étude de la faisabilité du projet (en lien à l’environnement, la législation, l’économie,
etc.) doit s’accompagner de celle de sa viabilité, en développant notamment un cadre budgétaire pluriannuel.
L’évaluation des opportunités doit passer par celle du climat général d’investissement, de l’historique des défauts
de paiement, du cadre juridique, de l’impact social et environnemental, etc.
Après une préparation soigneuse, il faut s’assurer lors de la négociation du contrat que tous les grands intérêts
sont satisfaits ou du moins respectés. Le gouvernement doit informer régulièrement le public sur le projet, ses
motivations, ses avantages et inconvénients, ainsi que sur la procédure de sélection.
Les niveaux de compétence élevés exigés par les PPP engendrent un besoin de garantie politique. La stabilité
politique du pays doit être assurée. À ce titre, un engagement politique fort et une administration performante
sont souhaitables. Une attention particulière doit être portée à l’amélioration du climat des affaires. Par ailleurs,
un cadre juridique solide relatif aux PPP doit exister au plus haut niveau de l’État, avec une régulation renforcée
ainsi qu’une bonne gouvernance des organismes publics, excluant toute forme de corruption. Enfin, il semble
utile de soutenir le développement de capacités locales pour les PPP, les modèles contractuels devant être
adaptés aux contextes locaux. Il faut encourager non seulement les coopérations nord-sud, mais aussi sud-sud,
à travers par exemple des visites de terrain ou un partage de connaissances et d’expériences.
Face à ces défis, les pays africains construisent déjà activement des cadres – notamment juridiques – adéquats
pour les PPP, ce qui constitue un signal important pour les investisseurs, en particulier sur des marchés
disposant d’une expérience limitée en termes de transactions et des niveaux élevés de risque politique. Des
unités spéciales compétentes en matière de PPP ont été mises en place dans la plupart des administrations
d’Afrique subsaharienne et des agences de développement, en vue d’une meilleure coordination et d’une
efficacité accrue, grâce au regroupement des compétences spécialisées en un lieu unique.
Si les PPP à eux seuls ne constituent pas une panacée qui permettra à l’Afrique de rattraper les niveaux de
développement des pays occidentaux, ils représentent une option intéressante face aux défis actuels des pays
africains, en particulier le besoin urgent d’infrastructures. Les PPP ont connu un grand succès dans le cas des
infrastructures économiques physiques, ils doivent toutefois encore faire leurs preuves en matière
d’infrastructures dites « légères » (« soft »), par exemple dans les domaines de la santé ou de l’éducation.
La Banque africaine de développement (BAD) juge que près de 100 milliards de dollars par an qui seraient
nécessaires pour résorber le déficit continental en matière d’infrastructures. Pour tenter d’y parvenir, depuis une
quinzaine d’années, bailleurs de fonds, organisations régionales, secteur privé et gouvernements ont jeté leur
dévolu sur ces fameux (PPP).