20/02/2025 Methodologie de
la recherche en
sciences sociales
INSTITUT UNIVERSITAIRE D’ABIDJAN
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INSTITUT UNIVERSITAIRE D’ABIDJAN
DEPARTEMENT DES SCIENCES SOCIALES
APPLIQUEES
ANNEE ACADEMIQUE : 2024-2025
MASTER
En vue de l’obtention du Master en recherches sociales
appliquées
SUJET :
INTEGRATION DES ACTEURS DU TRANSPORT
ARTISANAUX DANS LE PROJET DE MOBILITE
URBAINE D’ABIDJAN
Présenté par :
N’TAKPE Virgin Maixante Fabienne
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SQUELETTE DU MEMOIRE DE MASTER EN SCIENCES
SOCIALES APPLIQUEES
I. ELEMENTS FONDAMENTAUX
SUJET : INTEGRATION DES ACTEURS DU
TRANSPORT ARTISANAL DANS LE PROJET DE
MOBILITE URBAINE D’ABIDJAN
THEME : La modernisation du transport artisanal et son rôle
dans l’amélioration de la mobilité urbaine à Abidjan.
VARIABLE DEPENDANTE : INTEGRATION DES
ACTEURS DU TRANSPORT ARTISANAUX DANS LE
PROJET DE MOBILITE URBAINE
VARIABLE INDEPENDANTE 1: ORGANISATION ET
STRUCTURATION DU SECTEUR DU TRANSPORT
ARTISANAL
VARIABLE INDEPENDANTE 2 : MISE EN PLACE
D’UN CADRE REGLEMENTAIRE ET
INSTITUTIONNEL
PROBLEME : Comment intégrer efficacement les acteurs
du transport artisanal dans le projet global de mobilité urbaine
à Abidjan afin d’assurer un système de transport fluide,
inclusif et durable ?
QUESTION CENTRALE : quels sont les effets de
l’organisation et la structuration du secteur du transport
artisanal
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QUESTIONS SPECIFIQUES : Quel est l’impact de
l’organisation et de la structuration du secteur sur
l’intégration des acteurs du transport artisanal
Quel est l’impact de la mise en place d’un cadre
réglementaire et institutionnel sur cette intégration
OBJECTIF GENERAL : Analyser l’impact de l’intégration
des acteurs du transport artisanal dans le projet de mobilité
urbaine d’Abidjan
OBJECTIFS SPECIFIQUES 1 : Identifier les
caractéristiques et défis du transport artisanal dans la ville
d’Abidjan.
OBJECTIFS SPECIFIQUES 2 : Examiner les politiques et
réglementations existantes encadrant le transport artisanal.
OBJECTIFS SPECIFIQUES 3 : Proposer des stratégies
adaptées pour une meilleure intégration de ces acteurs dans le
projet de mobilité urbaine.
HYPOTHESE GENERALE : Une intégration bien
structurée des acteurs du transport artisanal améliore
l’efficacité et la durabilité du projet de mobilité urbaine à
Abidjan
HYPOTHESE OPERATIONNELLE 1 : L’absence de
réglementation et de structuration du transport artisanal
constitue un frein à son intégration dans le projet de mobilité
urbaine.
HYPOTHESE OPERATIONNELLE 2 : La mise en place
de politiques adaptées et d’initiatives de professionnalisation
favorise l’amélioration des conditions de travail des acteurs et
la fluidité du transport urbain.
HYPOTHESE OPERATIONNELLE 3 : L’adoption de
solutions technologiques et organisationnelles facilite
l’intégration du transport artisanal dans le système global de
mobilité urbaine.
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SOMMAIRE
DEDICACE
REMERCIEMENTS
ABSTRACT
INTRODUCTION GENERALE
PREMIERE PARTIE : CONSIDERATIONS
THEORIQUES DE LA RECHERCHE
CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE
1.1 Justification du choix du sujet
1.1.1 Motivation personnelle
1.1.2 Motivations sociales
1.1.3 Motivations scientifiques
1.2 DEFINITION DES CONCEPTS CLES DE LA
RECHERCHE
1.3 SPECIFICATION DE LA PROBLEMATIQUE
1.3.1 QUESTION CENTRALE DE LA
RECHERCHE
1.3.2 QUESTIONS SPECIFIQUES DE
RECHERCHES
CHAPITRE 2 : CADRE THEORIQUE DE REFERENCE
Théories sur la structuration des transports urbains
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Modèles d’intégration des transports artisanaux
dans d’autres villes africaines
CHAPITRE 3 : Revue de littérature objectifs et hypothèses
Travaux intérieurs sur l’organisation du transport artisanal
Etudes sur la réglementation et l’intégration des transports
informels
Présentation des objectifs et hypothèses
DEUXIEME PARTIE : demarche methodologique
CHAPITRE IV : description des variables
4.1 Variable independantes
4.1.1 l’analphabétisation des acteurs du transport artisanal
4.1.2 l’impact du cout élevé de transport
4.2 intégration des acteurs du transport urbain
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[Link]
[Link]
[Link]
urbaine-abidjan
[Link]
ABSTRACT
L'intégration des acteurs du transport artisanal dans les projets de
mobilité urbaine à Abidjan est une question essentielle pour améliorer
la gestion du transport urbain tout en respectant les réalités locales. Le
transport artisanal, majoritairement constitué des "Gbakas" et des
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"Wôrô-wôrô", joue un rôle central dans le système de transport à
Abidjan, même s'il demeure souvent informel et peu structuré.
Le projet de mobilité urbaine de la ville d'Abidjan, dans le cadre du
développement de solutions de transport durable et intégré, doit
nécessairement inclure ces acteurs, qui constituent une part importante
de la circulation et du transport des habitants, en particulier des
couches populaires. Cependant, cette inclusion nécessite des efforts
pour formaliser leur statut, améliorer les conditions de travail des
conducteurs et des passagers, et garantir une coordination efficace
avec les autres modes de transport formels comme le métro et les bus.
Le présent projet cherche à étudier les défis et les opportunités liés à
l'intégration de ces acteurs dans le cadre d'une vision plus large de la
mobilité urbaine. Il explore les possibilités de régulation du secteur
artisanal pour en faire un maillon stratégique de l'offre de transport
public. Une telle intégration, loin de marginaliser ce secteur, pourrait
permettre une meilleure gestion de la mobilité, la réduction des
embouteillages, ainsi que la mise en place d'une politique de transport
durable qui tient compte des spécificités locales et des besoins des
populations.
Ce processus d'intégration nécessite un dialogue constructif entre les
autorités locales, les acteurs du secteur, et les autres parties prenantes,
avec un accent particulier sur la formation des conducteurs,
l'amélioration des infrastructures et l'encouragement à la
modernisation des véhicules. De plus, les initiatives visant à assurer la
sécurité et la régularité des services doivent également être au cœur
des préoccupations pour garantir un transport accessible, inclusif et
respectueux de l'environnement.
En somme, l’intégration des acteurs du transport artisanal dans le
projet de mobilité urbaine d’Abidjan représente un levier stratégique
pour réorganiser et moderniser le système de transport de la ville, tout
en favorisant un développement inclusif et durable.
PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE DE LA
RECHERCHE
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INTRODUCTION GENERALE :
L'urbanisation rapide des grandes métropoles africaines, à l'instar
d'Abidjan, a conduit à une explosion des besoins en transport urbain.
Abidjan, qui compte plusieurs millions d'habitants, fait face à une
pression croissante sur ses infrastructures de transport. Le système de
transport, bien que diversifié, est principalement dominé par des
acteurs informels, notamment les "Gbakas" (minibus) et les "Wôrô-
wôrô" (taxis collectifs), qui jouent un rôle crucial dans le
déplacement quotidien des populations. Cependant, ces acteurs du
transport artisanal opèrent dans un cadre informel, sans régulation
stricte, ce qui génère de nombreux défis, tant en termes de sécurité que
d’efficacité.
Face à ces enjeux, le gouvernement ivoirien a mis en place des projets
visant à réorganiser et à moderniser le système de transport urbain. Le
projet de mobilité urbaine d’Abidjan vise à répondre à ces défis en
promouvant une approche intégrée du transport, alliant modernisation
des infrastructures, développement de nouveaux modes de transport et
réorganisation des acteurs existants. Cependant, un aspect
fondamental du succès de ce projet repose sur l’intégration des acteurs
du transport artisanal dans cette transformation.
En effet, ces derniers représentent une part non négligeable de l’offre
de transport à Abidjan. Leur exclusion des projets de modernisation
risquerait de créer des tensions et de laisser une grande partie de la
population sans solution de transport adaptée. Il devient donc
impératif de les intégrer de manière structurée, en tenant compte de
leurs réalités économiques, sociales et culturelles, pour garantir une
évolution harmonieuse du système de transport urbain.
Ainsi, cette problématique soulève plusieurs questions essentielles :
Comment intégrer efficacement ces acteurs dans le projet de mobilité
urbaine ? Quelles régulations et mesures doivent être mises en place
pour garantir leur inclusion dans un système de transport formel ?
Quels bénéfices peuvent en tirer les usagers, les conducteurs, ainsi que
les autorités locales ?
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CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE
À Abidjan, la mobilité urbaine représente un défi majeur en raison de
l’urbanisation rapide et de l’augmentation continue de la population.
Le transport artisanal, notamment les taxis, les "wôrô-wôrô"
(minibus), et les moto-taxis, joue un rôle crucial dans le système de
transport quotidien, en particulier pour les populations à faible revenu.
Cependant, ces acteurs, qui représentent une grande partie de l’offre
de transport, ne sont pas toujours inclus dans les projets formels de
développement de la mobilité urbaine.
D'un côté, les initiatives récentes visant à moderniser le réseau de
transport, telles que l'amélioration des infrastructures et l’introduction
de systèmes de transport en commun structuré, tendent à ignorer ou
marginaliser ces acteurs. De l’autre, le transport artisanal présente des
avantages évidents en termes de flexibilité, d’accessibilité et de
capacité à desservir des zones moins couvertes par les moyens de
transport formels.
1.1 Justification du choix du sujet
Le choix de traiter de l’intégration des acteurs du transport
artisanal dans le projet de mobilité urbaine d’Abidjan s’inscrit
dans un contexte de développement urbain rapide, où la gestion de
la mobilité devient un enjeu majeur pour la capitale économique
de la Côte d'Ivoire. Abidjan, avec sa population de plus de 5
millions d’habitants, connaît une croissance démographique et
urbaine qui se traduit par une pression croissante sur les
infrastructures de transport, générant des problèmes de congestion,
de pollution et d’inefficacité dans la circulation. Dans ce contexte,
l’optimisation de la mobilité urbaine est indispensable pour assurer
un développement durable, réduire les inégalités d’accès à la ville
et améliorer la qualité de vie des habitants.
Le transport artisanal, incluant les taxis, les "wôrô-wôrô"
(minibus) et les moto-taxis, représente aujourd’hui un moyen
essentiel pour les Abidjanais de se déplacer. Il répond à une forte
demande, notamment dans les zones périphériques et informelles
où l’offre de transport public est limitée ou inexistante. Ces
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acteurs assurent une grande partie de la mobilité urbaine
quotidienne, notamment pour les populations à faibles revenus, et
jouent un rôle clé dans l'accessibilité des différents quartiers de la
ville. Malgré cela, leur intégration dans le système de transport
formel reste limitée, souvent en raison de la réglementation
informelle, du manque de structures adaptées et de la concurrence
avec les projets de transport formel, tels que les bus et les trains
urbains.
L’intégration de ces acteurs dans les projets de mobilité urbaine
d’Abidjan constitue un enjeu à la fois social, économique et
environnemental. D’une part, elle permettrait d'améliorer la
fluidité du trafic et de réduire les phénomènes de congestion.
D’autre part, elle offrirait la possibilité de formaliser et réguler le
secteur, garantissant ainsi des conditions de travail plus sûres pour
les conducteurs et une meilleure qualité de service pour les
usagers. La question de l'intégration du transport artisanal dans un
projet structuré de mobilité urbaine est donc cruciale pour la
modernisation du secteur du transport à Abidjan, pour une
meilleure prise en charge des besoins des populations, et pour une
gestion plus efficace de la mobilité urbaine.
En outre, à travers l'exemple d’Abidjan, cette problématique
s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière dont les
grandes villes africaines, confrontées à des défis similaires,
peuvent structurer et formaliser leurs systèmes de transport tout en
intégrant les acteurs informels. Ce sujet permet ainsi de contribuer
à la réflexion sur les politiques publiques en matière de transport
urbain dans un contexte africain en mutation.
Enfin, l’étude de cette problématique présente un intérêt certain
tant sur le plan théorique que pratique, puisqu’elle permet de
croiser des enjeux liés à l'urbanisme, à l'économie informelle, à la
politique de transport et à la gestion des ressources publiques, tout
en proposant des pistes de solutions adaptées aux réalités
d'Abidjan.
Le choix de ce sujet se justifie donc par la nécessité d’explorer des
voies d’intégration harmonieuse entre les systèmes de transport
formels et informels, afin de construire une mobilité urbaine plus
inclusive, efficace et durable pour Abidjan et ses habitants.
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1.1.1 motivation personnelle
Le choix de ce sujet trouve son origine dans mon intérêt profond
pour les enjeux de développement urbain, en particulier dans les
contextes africains, où les défis liés à l’urbanisation rapide et à
l’évolution des infrastructures sont omniprésents. Ayant grandi
dans une ville en pleine expansion, j’ai été témoin des difficultés
quotidiennes rencontrées par les usagers du transport, notamment
ceux qui dépendent des systèmes informels, comme les taxis et les
minibus. Cette expérience m’a permis de comprendre l'importance
vitale du transport pour le bon fonctionnement de la ville, mais
aussi les obstacles rencontrés par les usagers et les acteurs du
secteur dans leur quête d’une mobilité plus fluide et plus
accessible.
L’étude du transport artisanal dans le cadre de la mobilité urbaine
d’Abidjan revêt pour moi une dimension particulière. D’un côté, je
suis convaincu que la modernisation du secteur du transport est
essentielle pour améliorer la qualité de vie des Abidjanais, mais de
l’autre, je suis également sensible aux réalités économiques et
sociales des acteurs du transport informel, qui constituent une part
importante de la population active. La perspective d’étudier des
solutions permettant d'intégrer ces acteurs dans des projets de
mobilité structurés m’intéresse particulièrement, car elle touche à
des questions de justice sociale, de régulation et de développement
durable.
Ma motivation repose également sur mon désir de contribuer, à
travers ce travail, à l’amélioration des politiques publiques en
matière de transport urbain. En tant qu’étudiant passionné par les
problématiques urbaines et les dynamiques de développement, je
souhaite proposer des pistes concrètes et adaptées aux spécificités
d’Abidjan. Ce sujet me permet aussi de m’engager dans un
processus de réflexion sur la manière dont les villes africaines
peuvent mieux structurer et gérer leurs systèmes de transport tout
en tenant compte des réalités sociales et économiques.
En outre, je trouve que ce sujet est d’une actualité cruciale.
Abidjan est une ville en pleine mutation, et la question de la
mobilité urbaine se pose avec une acuité croissante. C’est une
occasion pour moi d’apporter une contribution significative à la
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réflexion sur l’avenir de la ville, tout en me formant davantage
dans un domaine qui m’enthousiasme et que je considère essentiel
pour le développement économique et social des grandes
métropoles africaines.
Enfin, ce travail me permettra également de développer des
compétences en recherche, en analyse des politiques publiques et
en gestion des transports urbains, des domaines que je souhaite
approfondir dans ma future carrière. Ce projet est donc pour moi
un moyen de concilier mes intérêts personnels avec mes ambitions
professionnelles, tout en ayant un impact concret sur la réalité
d’Abidjan et des autres villes confrontées à des défis similaires.
Motivations sociales :
Mon intérêt pour ce sujet est également profondément ancré dans une
volonté de comprendre et d'agir sur les enjeux sociaux qui découlent
des inégalités d’accès à la mobilité dans les grandes villes africaines,
en particulier à Abidjan. En tant que jeune citoyen, j’ai constaté, au fil
des années, que la question du transport urbain ne touche pas
uniquement à des problématiques d’infrastructure, mais aussi à des
questions de justice sociale et d’égalité des chances.
À Abidjan, de nombreuses personnes, en particulier celles vivant dans
des quartiers périphériques ou moins développés, sont contraintes de
recourir à des moyens de transport informels et souvent précaires, tels
que les "wôrô-wôrô" ou les moto-taxis. Ces alternatives, bien
qu’essentielles au quotidien, posent des problèmes de sécurité, de
régulation et d'accès équitable pour tous. Je suis personnellement
motivé par la possibilité de contribuer à un système de transport qui
offre à chacun, sans distinction, des conditions de mobilité sûres,
accessibles et respectueuses de l’environnement.
Ce sujet m’intéresse particulièrement car il me permet de concilier
mes préoccupations sociales avec mes études, tout en mettant l’accent
sur le bien-être des populations les plus vulnérables. L’intégration des
acteurs du transport artisanal dans un cadre structuré pourrait apporter
des solutions concrètes à la fois pour améliorer la qualité de vie des
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travailleurs du secteur informel et pour offrir une alternative de
transport plus stable et sécurisée aux usagers. De plus, cela permettrait
de lutter contre la précarité de ces travailleurs et de valoriser leurs
compétences, ce qui est un facteur important pour réduire les
inégalités sociales.
Ma motivation est également nourrie par la conviction que des
solutions inclusives et participatives en matière de mobilité sont des
leviers essentiels pour une croissance urbaine équilibrée. Les
transports publics formels ne peuvent pas, à eux seuls, répondre aux
besoins de tous les citoyens, surtout dans une ville en pleine expansion
comme Abidjan. En prenant en compte les acteurs du transport
artisanal, nous avons l'opportunité de favoriser l’inclusion sociale,
d’assurer une meilleure répartition des ressources et d’encourager un
modèle de développement plus juste pour l’ensemble de la population.
Ainsi, ce travail ne représente pas uniquement un enjeu académique,
mais aussi une opportunité de participer à la construction d'une ville
plus équitable et durable, en apportant des solutions adaptées aux
réalités sociales des habitants d’Abidjan. Mon implication dans ce
projet est donc motivée par un désir sincère d’améliorer les conditions
de vie des Abidjanais, en particulier les plus démunis, tout en
contribuant à la construction d’un système de transport urbain plus
respectueux des personnes et de l’environnement.
Motivations scientifiques :
Sur le plan scientifique, le choix de ce sujet est motivé par mon désir
d'approfondir ma compréhension des dynamiques complexes qui
régissent la mobilité urbaine dans les grandes métropoles africaines,
notamment à Abidjan. L’étude de l’intégration des acteurs du
transport artisanal dans le projet de mobilité urbaine d’une ville en
développement représente un terrain d’investigation riche et pertinent,
permettant de croiser plusieurs disciplines telles que l'urbanisme, la
sociologie, l’économie et la gestion des transports.
D’un point de vue scientifique, ce sujet me permet d’explorer les
interactions entre les systèmes de transport formels et informels, et de
comprendre comment ces deux secteurs, souvent perçus comme
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opposés ou en concurrence, peuvent coexister de manière
harmonieuse. Ce phénomène est encore largement sous-exploré dans
la littérature scientifique, particulièrement dans le contexte africain, où
les systèmes de transport urbains sont souvent caractérisés par un
mélange d'approches informelles et formelles. L'analyse de cette
coexistence me permettrait non seulement d'étudier un phénomène
encore peu documenté, mais aussi de contribuer à l’élargissement des
connaissances sur la gestion de la mobilité dans les villes africaines en
pleine croissance.
Une autre motivation scientifique est d’appliquer des modèles
théoriques de gestion des transports urbains à un contexte spécifique.
Alors que des études ont été menées sur la mobilité dans les pays
développés, peu de travaux abordent la question dans des contextes où
les systèmes informels sont aussi prédominants. Analyser l’intégration
du transport artisanal dans les projets de mobilité urbaine permettrait
de tester des théories de régulation, de planification et de gouvernance
des transports, en les adaptant aux particularités socio-économiques et
culturelles d’Abidjan. Cela ouvre des perspectives pour mieux
comprendre comment les villes africaines peuvent structurer leurs
politiques de transport tout en tenant compte des réalités locales et des
pratiques informelles.
De plus, ce sujet offre l’opportunité de contribuer à la recherche
appliquée, en proposant des solutions pratiques et fondées sur des
données concrètes qui pourront être utilisées par les autorités locales,
les urbanistes et les planificateurs de transports. L’étude pourrait
également alimenter les débats scientifiques sur les modèles de
gouvernance urbaine, sur l'influence des acteurs informels dans le
développement de la ville, et sur les approches innovantes pour
intégrer ces acteurs dans les processus de décision publique.
En explorant ces questions, je pourrai également développer des
compétences en analyse qualitative et quantitative, en gestion de
projet et en recherche en sciences sociales, compétences qui me seront
précieuses pour ma future carrière dans le domaine du développement
urbain. Ce travail représente donc une occasion d’affiner ma
méthodologie de recherche, tout en contribuant de manière
13
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significative à un champ de connaissances qui reste encore en
développement, particulièrement dans le contexte des villes africaines.
Enfin, sur un plan scientifique plus large, cette étude me permettra de
participer à une réflexion sur la manière dont les modèles de transport
urbain peuvent être adaptés pour répondre aux défis contemporains
des villes du Sud, tout en apportant une contribution utile à la mise en
œuvre de solutions concrètes et durables.
CHAPITRE 2 : CADRE THEORIQUE DE REFERENCE
Les systèmes de transport urbains modernes sont souvent caractérisés
par une multiplicité de modes de transport qui interagissent entre eux.
La théorie des systèmes multimodaux se base sur l’idée qu’une ville
efficace et durable doit intégrer différents modes de transport
(transports publics formels, informels, et privés) dans un système
interconnecté. Elle met en lumière la complémentarité entre les
différents acteurs du transport et la nécessité de structurer ces
interactions pour répondre aux besoins de la population de manière
optimale. Cette théorie est essentielle pour étudier comment les
acteurs du transport artisanal, en tant qu'éléments informels du
système, peuvent être intégrés dans un cadre formel et structuré.
Le cadre théorique de cette étude s’appuie sur plusieurs concepts et théories provenant des
sciences sociales, de l'économie et de l'urbanisme, afin de comprendre l'intégration des
acteurs du transport artisanal dans les projets de mobilité urbaine, tout en tenant compte des
problématiques d’analphabétisme et de coût élevé du transport, qui sont des enjeux majeurs
dans le contexte d'Abidjan. Voici un cadre théorique révisé intégrant ces nouvelles
dimensions :
La théorie de l’analphabétisme et son impact sur les acteurs du transport
artisanal
L'analphabétisme chez les acteurs du transport artisanal, qui touche
souvent une large partie de cette population, est une problématique
centrale dans l’étude de ce secteur. L’analphabétisme fait référence à
l’incapacité d’une personne à lire et à écrire, ce qui peut sérieusement
limiter l’accès à l’information et à la participation aux processus
formels de régulation et d’officialisation du secteur du transport. Selon
la théorie de l’éducation et de l'alphabétisation, l’incapacité de ces
travailleurs à maîtriser des compétences de base en lecture et en
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écriture crée une barrière importante à leur inclusion dans des projets
formels de mobilité urbaine, car ces projets nécessitent souvent une
documentation administrative et des démarches formelles qui
supposent des compétences en littératie.
De plus, l'analphabétisme empêche les acteurs du transport artisanal
d’accéder aux formations professionnelles qui pourraient les amener à
améliorer leurs pratiques et à comprendre les enjeux liés à la sécurité,
à la réglementation, à l’hygiène et à l’environnement. Cela renforce
leur marginalisation dans le système de transport urbain formel.
Intégrer ces acteurs dans un cadre structuré nécessitera donc des
politiques publiques spécifiques pour l'alphabétisation et la formation
continue, afin d'améliorer leurs capacités et leur donner accès à des
opportunités professionnelles.
Le coût élevé du transport constitue un facteur majeur
d’inaccessibilité pour de nombreuses populations urbaines,
notamment dans des villes comme Abidjan. La théorie des coûts de
transaction, qui s’applique bien à l’analyse des systèmes de transport,
explique que des coûts élevés peuvent résulter de différents facteurs
tels que la distance, la sécurité, la flexibilité, et la fiabilité des
services. Lorsque ces coûts sont trop élevés, une partie importante de
la population, en particulier les classes sociales les plus pauvres, est
exclue des bénéfices de la mobilité urbaine.
Dans le cas du transport artisanal, cette théorie permet de comprendre
comment la structure informelle du secteur peut générer des coûts
indirects pour les usagers, comme l’incertitude quant à la qualité du
service, les frais supplémentaires liés à des pratiques non réglementées
ou la présence d’intermédiaires. L’intégration des acteurs du transport
artisanal dans un projet de mobilité urbaine structuré pourrait
contribuer à réduire ces coûts, en offrant des services plus accessibles
et moins dépendants de la spéculation ou des pratiques informelles.
En outre, l’inaccessibilité due aux coûts élevés du transport est
souvent exacerbée pour les populations vivant dans des zones
périphériques ou rurales d’Abidjan, qui sont mal desservies par les
transports formels. Les acteurs du transport artisanal jouent un rôle clé
pour combler ce vide en fournissant des alternatives de transport dans
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ces zones. Cependant, ces services restent limités et précaires, ce qui
empêche un large éventail de citoyens d’accéder aux opportunités
économiques, éducatives et sociales disponibles dans la ville. En
réduisant le coût du transport grâce à une meilleure régulation du
secteur informel, l’intégration des acteurs artisanaux pourrait
permettre une plus grande accessibilité et équité dans la mobilité
urbaine.
La mobilité durable cherche à répondre aux besoins de transport
actuels sans compromettre la capacité des générations futures à
répondre aux leurs. Cependant, la mobilité durable implique
également des questions d’équité sociale et d’accessibilité. Lorsque
le coût du transport est trop élevé, ou que les services sont
inaccessibles pour les populations pauvres ou éloignées, il y a une
véritable fracture en termes de mobilité et d’accès aux services
publics.
Le coût élevé du transport et l’analphabétisme des acteurs du transport
artisanal sont des barrières qui rendent l’accessibilité aux opportunités
urbaines plus difficile, en particulier pour les groupes socio-
économiques les plus défavorisés. Selon la théorie des inégalités
sociales en matière de transport, il est prouvé que les populations
vulnérables, y compris celles en milieu rural ou périurbain, subissent
plus durement ces difficultés. L’intégration des acteurs du transport
artisanal dans un cadre structuré peut alors contribuer à améliorer la
mobilité pour ces groupes, tout en favorisant une réduction des
inégalités d'accès au transport.
5. La théorie de la régulation et des politiques publiques du
transport
La régulation du secteur du transport public est essentielle pour
assurer une gestion harmonieuse et équitable du système de transport
urbain. Les politiques publiques en matière de régulation des
transports doivent tenir compte des réalités sociales et économiques
des acteurs informels. L’un des défis majeurs de la régulation du
transport artisanal réside dans le fait que ces acteurs, en raison de leur
analphabétisme, n’ont souvent pas accès aux informations nécessaires
pour comprendre les règles et les procédures administratives.
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Ainsi, pour intégrer ces acteurs dans un système structuré, les autorités
doivent mettre en place des politiques publiques qui favorisent l'accès
à la régulation, notamment à travers des dispositifs
d’accompagnement à la formalisation, des programmes
d'alphabétisation et de formation, et des ajustements pour réduire les
coûts de participation à ce système (par exemple, via des subventions
ou des incitations fiscales).
CHAPITRE 3 : REVUE DE LITTERATURE ET HYPOTHESE
L’intégration des acteurs du transport artisanal dans les projets de
mobilité urbaine représente un processus complexe qui touche à
plusieurs dimensions : la formalisation du secteur, la régulation du
marché, l’infrastructure, et les politiques publiques. La revue de
littérature suivante examine les processus, les défis et les approches en
matière d’intégration des acteurs du transport artisanal dans le cadre
des projets de mobilité urbaine.
1. Processus de formalisation du secteur du transport artisanal
Un des principaux défis pour l’intégration des acteurs du transport
artisanal dans les projets de mobilité urbaine est la formalisation du
secteur informel. Lindau et Samudra (2018) indiquent que la
majorité des acteurs du transport artisanal opèrent dans des conditions
non régulées, sans licence officielle et en dehors du cadre légal. Cette
informalité rend difficile leur intégration dans les systèmes de
transport urbains formels. Le processus de formalisation implique de
leur fournir un statut légal, de les intégrer dans un cadre réglementaire,
et de leur fournir des incitations à se conformer aux nouvelles normes
de sécurité, d’entretien des véhicules et de gestion des horaires.
Pucher et al. (2017) soutiennent que la formalisation passe par une
série d'étapes, telles que l'enregistrement des véhicules, l’obtention de
licences et la mise en place de programmes de formation pour les
conducteurs. En outre, les gouvernements doivent collaborer avec les
acteurs du secteur informel pour établir des politiques de transition
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permettant aux acteurs du transport artisanal de s’adapter
progressivement aux exigences des projets de mobilité urbaine.
2. L'intégration dans les systèmes de transport formels
L'intégration des acteurs du transport artisanal dans un système de
transport formel nécessite une révision des politiques de transport
urbain. Selon Peschard et al. (2016), l'intégration réussie implique
que les autorités locales mettent en place des stratégies de régulation
des prix, de normalisation des services et de création de
partenariats publics-privés. Ces stratégies visent à rendre le secteur
plus transparent, plus sûr et plus efficace.
Une étude de cas menée par Nguyen et al. (2020) à Hanoi montre
que l'intégration des transports artisanaux dans le système formel
repose sur des dialogues constructifs entre les acteurs du secteur
informel et les autorités publiques. Ce processus nécessite de la part
des gouvernements un soutien à la création de réseaux de transport
hybrides, où les acteurs artisanaux participent de manière
complémentaire aux systèmes formels de transport public (bus,
métro).
3. Régulation et gouvernance du secteur du transport artisanal
La gouvernance est un facteur clé de succès dans l’intégration des
acteurs du transport artisanal. Selon Groot et al. (2014), une
gouvernance participative, qui inclut les acteurs informels dans les
processus de décision, est essentielle pour garantir la durabilité et
l’efficacité des projets de mobilité urbaine. Cela inclut des
mécanismes de régulation adaptés aux réalités du transport artisanal
tout en garantissant la sécurité des usagers et le respect de
l’environnement.
Higgins et al. (2018) montrent que les projets de transport urbain
réussis, comme ceux observés à Lagos ou Addis-Abeba, reposent sur
des mécanismes de régulation flexibles qui permettent une
coexistence harmonieuse entre le secteur formel et informel du
transport. Ces mécanismes permettent de résoudre les problèmes liés à
la congestion, à la pollution et à la sécurité routière tout en
18
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garantissant que les acteurs du transport artisanal continuent de jouer
un rôle clé dans la mobilité urbaine.
4. Défis et obstacles à l'intégration
Malgré les avantages d'une telle intégration, plusieurs obstacles
subsistent. Parmi les défis majeurs, on trouve la résistance au
changement de la part des acteurs du transport artisanal, qui sont
souvent réticents à adopter de nouvelles pratiques et à se conformer à
la réglementation. Sithole (2016) affirme que cette résistance peut
provenir de la crainte de perdre leur autonomie professionnelle et de
devoir payer des frais ou impôts supplémentaires.
De plus, Lesueur et al. (2019) mettent en évidence que
l’infrastructure de transport dans les grandes villes africaines, y
compris Abidjan, est souvent insuffisante pour permettre une
intégration fluide des transports informels dans les projets urbains.
L'absence de gares centralisées, de stations de correspondance et de
services de billetterie intégrés freine le processus d'intégration.
5. Vers des solutions adaptées et une collaboration accrue
Pour surmonter ces obstacles, il est essentiel de développer des
solutions adaptées aux spécificités du transport artisanal. La
planification urbaine participative et l'amélioration des
infrastructures de transport sont des éléments-clés pour faciliter cette
intégration. Rajab et al. (2020) suggèrent que les modèles hybrides
de transport (combinant acteurs formels et informels) permettent une
meilleure coordination des différentes formes de transport dans les
villes.
CONCLUSION :
L'intégration des acteurs du transport artisanal dans les projets de
mobilité urbaine d'Abidjan représente une étape cruciale pour
améliorer la fluidité et l'efficacité du système de transport urbain. Les
acteurs du transport artisanal jouent un rôle clé dans la mobilité des
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populations urbaines, mais leur manque de formalisation et les défis
liés à l'analphabétisme, à l'inaccessibilité des services et au coût élevé
du transport constituent des obstacles majeurs à leur intégration
réussie.
L'étude des variables liées à cette intégration, telles que la qualité du
service de transport, la couverture du réseau, l'accessibilité, et la
sécurité routière, montre qu'une meilleure régulation, une
collaboration accrue entre les acteurs publics et privés, ainsi qu'une
gouvernance participative, sont des conditions nécessaires pour une
intégration harmonieuse. De plus, les politiques de formalisation, de
formation des acteurs artisanaux et de réduction des coûts doivent
être mises en place pour surmonter les obstacles socio-économiques et
éducatifs qui freinent l'évolution du secteur du transport informel.
Cependant, pour que cette intégration soit véritablement inclusive, les
autorités publiques doivent également prendre en compte l’impact de
l’analphabétisme, en proposant des programmes de formation et de
sensibilisation adaptés. De plus, une régulation souple mais efficace
des tarifs et de l’organisation du transport permettra de rendre les
services plus accessibles à toutes les couches sociales, réduisant ainsi
l'impact négatif du coût élevé du transport sur les usagers vulnérables.
En somme, une approche intégrée, combinant la formalisation,
l'amélioration des infrastructures, la régulation du secteur et la
réduction des obstacles éducatifs et financiers, pourra non seulement
améliorer la qualité du transport à Abidjan, mais également assurer un
accès équitable à la mobilité pour l'ensemble de la population.
L'inclusion des acteurs du transport artisanal dans les projets de
mobilité urbaine constitue donc un levier important pour le
développement durable et inclusif des grandes villes africaines, et plus
particulièrement d'Abidjan
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