Guide de la physique quantique simplifiée
Guide de la physique quantique simplifiée
Guide écrit par Tristan Pham-Mariotti. Ce guide est une aide supplémentaire pour comprendre le cours de physique quantique mais il ne
peut en aucun cas se substituer au cours de M. Gillet.
Ce document commençant à prendre de la taille, il y a un sommaire à la n de celui-ci pour s'y retrouver et accéder plus rapidement à un
élément.
De manière analogue à la théorie de la relativité générale venant préciser celle de Newton lorsque les vitesses étudiées s'approchent
de celles de la lumière, la physique quantique vient compléter la physique classique inapplicable lorsque les phénomènes en jeu
sont à l'échelle atomique. La compréhension des phénomènes à cette échelle a permis l'invention de nombreuses technologies :
laser, IRM, supraconducteur, led, etc.
A la n du 19ème siècle, certains physiciens pensaient que tout était découvert en physique, le problème n'étant plus que la
précision des mesures. En eet, on distinguait alors deux entités dans les phénomènes physiques : la matière et les ondes. Les
lois de Newton permettaient d'étudier les corps matériels tandis que les équations de Maxwell s'intéressaient aux ondes et avaient
réussi à lier des domaines a priori diérents : l'électricité, le magnétisme et l'optique. Enn les interactions entre matière et
ondes étaient décrites par la force de Lorentz, bref tout marchait bien.
Cependant quelques petites expériences posaient problème. Elles allaient aboutir à la théorie de la relativité générale d'Einstein
et la physique quantique. Disons ici quelques mots sur les expériences ayant servi de prélude à la physique quantique.
1
E = hν où h = 6, 63.10−34 J.s
• La diusion Compton :
Einstein prolonge son idée (en 1917) et postule que si le photon est une particule alors il doit avoir une impulsion p~ telle
que E = pc. Combiné avec E = hν , on en déduit qu'il existe une relation entre cette impulsion et le vecteur d'onde :
p~ = ~~k
Un photon rentre en collision avec un électron libre. Le photon cède une partie de son énergie à l'électron donc la fréquence
du rayonnement diminue (car E = hν ) donc la longueur d'onde augmente, ce que Compton a observé.
h
λDB = p
2 Physique ondulatoire
La vision des particules en tant qu'onde conduit à introduire la notion de fonction d'onde puis l'équation d'onde (l'équation de
Schrödinger).
2
2.1 Représentation d'un état physique
A chaque particule on a envie d'attribuer une onde. Ce qui est important dans une expérience, comme celle des fentes d'Young,
c'est l'intensité de l'énergie arrivant sur l'écran, autrement dit la densité surfacique de photons (ou plus généralement de par-
ticules) arrivant sur l'écran. En normalisant cette densité surfacique en la divisant par le nombre total de photons émis par la
source, on obtient une probabilité par unité de surface.
On postule alors qu'il existe une fonction d'onde Ψ(~r, t) correspondant à chaque chemin emprunté par la source. La fonction
d'onde de la particule nalement détectée est l'addition de toutes les fonctions d'onde des chemins possibles et le signal mesuré
est le module au carré de cette fonction d'onde résultante.
Ainsi |Ψ(~r, t)|2 est une densité de probabilité. Par conséquence,
Z
|Ψ(~r, t)|2 d3 r = 1
espace
On admettra (voir idées de justication dans le poly page 28) que cette fonction d'onde vérie, en tout point de l'espace et à
tout instant, l'équation de Schrödinger :
2
∂
i~ ∂t Ψ(~r, t) = − 2m
~
∇2r Ψ(~r, t) + V (~r)Ψ(~r, t)
En tout point de l'espace et en tout instant, la fonction d'onde de notre particule vérie l'équation de Schrödinger :
∂ ~2 ∂ 2 Ψ(x, t)
i~ Ψ(x, t) = −
∂t 2m ∂x2
Puisque la particule ne peut se trouver en x < 0 et en x > a alors |Ψ(x, t)|2 = 0 d'où Ψ(x, t) = 0.
Pour 0 ≤ x ≤ a notre fonction d'onde vérie le problème :
2
~2 ∂ Ψ(x,t)
∂
i~ ∂t Ψ(x, t) = − 2m ∂x2
Ψ(0, t) = 0
Ψ(a, t) = 0
Ψ(x, 0) = Ψ0
3
Par le cours d'EDP, on sait que ce problème admet une unique solution.
Puisque l'action sur la variable t et l'action sur la variable x sont bien séparées dans l'équation, on va chercher notre solution
sous la forme :
Ψ(x, t) = φ(x)g(t)
Cette méthode est dîte méthode de séparation des variables.
Injectons cette forme dans l'équation, on a alors :
∂ ~2 ∂ 2 φ(x)
i~φ(x) g(t) = − g(t)
∂t 2m ∂x2
Or, on sait que Ψ(x, t) n'est pas la fonction nulle (sinon il n'y aurait pas de particule...), donc par unicité du problème de Cauchy
(voir EDP) la fonction d'onde Ψ(x, t) cherchée ne s'annule pas. Et donc φ et g ne s'annulent pas.
On a 2
∂g(t) ∂ φ(x)
∂t ~2 ∂x2
i~ =−
g(t) 2m φ(x)
Si on xe t, le terme de gauche est constant et donc le terme de droite est constant quelque soit x. De même, on déduit que
les deux termes de cette équation sont constants (égal à la même constante). On note E cette constante (sachant qu'elle est
homogène à une énergie).
On a alors : (
∂g E
∂t (t) + i ~ g(t) = 0
2
∂ φ 2mE
∂x2 (x) + ~2 φ(x) = 0
La première équation montre que g(t) = e , quitte à faire √passer la constante dans φ(x).
−i E
~t
Intéressons nous à la deuxième équation et posons alors k = 2mE ~ . La fonction φ est de la forme :
φ(x) = Aeikx + Be−ikx
Puisque Ψ(0, t) = 0 (et que g(t) 6= 0 pour tout t) alors φ(0) = 0. On en déduit que A = −B .
Puis, puisque Ψ(a, t) = 0 alors φ(a) = 0 donc
A(eika − e−ika ) = 0
Or si A = 0 la fonction d'onde est nulle ce qui est impossible donc eika − e−ika = 0. Autrement dit, sin(ka) = 0 Donc ka = nπ
avec n entier naturel. Puisque plusieurs valeurs sont possibles, on indicera√ maintenant k,E et Ψ par √
l'indice n.
Mais n ne peut pas prendre n'importe quelle valeur. En eet on a kn = 2mE ~
n
≥ 0 et même kn = 2mEn
~ > 0 car l'énergie ne
peut être nulle.
Donc
kn = n πa n ∈ N∗
√
En reprenant l'expression k = 2mE
~ on en déduit
n ∈ N∗
2 2
~ π
En = n2 2ma 2
On a montré que
π En
Ψn (x, t) = An sin(n x)e−i ~ t
a
Pour déterminer le coecient An on utilise le fait que x=0 |Ψn (x, t)|2 dx = 1.
Ra
Finalement on trouve
q
2 π −i E~n t
Ψn (x, t) = a sin(n a x)e
Bon, on a trouvé des formes de solutions potentielles, mais on sait qu'il n'y a qu'une seule solution alors c'est laquelle parmi
toutes celles là ?
Puisque l'équation de Schrödinger est linéaire, tout combinaison linéaire de solutions est solution de l'équation (sans tenir compte
des conditions aux limites). Ainsi pour n'exclure aucune possibilité, la forme de la solution qu'on recherche est
∞
X
Ψ(x, t) = Cn Ψn (x, t)
n=1
4
2.3 Autres exemples
La démarche est sensiblement la même, il est bien de s'entraîner à faire les exercices suivants. Je donne ici les idées de la
démarche.
On écrit l'équation de Schrödinger dans la région 1 de l'espace x < 0 et dans celle 2 x > 0.
• Cas où E > V2 :
√ √
On a, en posant k1 = et k2 = ,
2mE 2m(E−V2 )
~ ~
( E
Ψ1 (x, t) = (A1 eik1 x + B1 e−ik1 x )e−i ~ t
E
Ψ2 (x, t) = A2 ei(k2 x− ~ t)
En eet une partie de l'onde se rééchit sur la marche et repart dans la zone 1 dans le sens des x décroissant.
On trouve les relations liant ces coecients en utilisant la continuité de la fonction d'onde et de sa dérivée (car le saut de
potentiel est ni).
• Cas où E < V2 :
√
2m|E−V2 |
En posant k2 = ~ on a la forme dans la partie 2 qui change en :
E
Ψ2 (x, t) = A2 e−k2 x−i ~ t
En eet on ne garde pas le terme en ek2 x car en faisant tendre x vers +∞ on aurait la fonction d'onde qui tendrait vers
+∞ ce qui est impossible (car Ψ ∈ L2 ).
Ainsi la particule peut exister dans la zone x > 0 sur une faible profondeur, contrairement au cas de la physique classique.
On écrit l'équation de Schrödinger dans chaque zone et on obtient une fonction d'onde de la forme
ikx −ikx
φ1 (x) = Ae + Be
x<0
φ2 (x) = Ceβx + De−βx 0 < x < a
φ3 (x) = F eik(x−a) + Ge−ik(x−a) x > a
5
~j(~r, t) = ∗ ~ r Ψ(~r, t))
r, t)∇ i~ ~ ∗ ~ r Ψ)
− Ψ∗ ∇
2m (Ψ∇r Ψ
~
m Im(Ψ (~ =
Remarque 1
L'égalité provient du fait que z − z = 2iIm(z).
L'explication de cette dénition est dans le poly page 32.
m AA − m BB = j+ − j− .
Le ux dans la zone 1 est j1 = ~k ∗ ~k ∗
On vérie aussi que R + T = 1 ce qui est rassurant car cela traduit la conservation de la matière : toutes les particules
sont soient transmises soient rééchies (pas de disparition).
Maintenons que nous avons manipulé quelques exemples simples "avec les mains", introduisons les postulats de la physique
quantique ainsi qu'un formalisme dont on se servira dans toute la suite.
3.1 Postulats
Enonçons les diérents postulats de la physique quantique. Par dénition ceux-ci ne peuvent être démontrés, néanmoins on ne
les a pas postulé par hasard et il est donc intéressant de les commenter.
1. L'état quantique d'un système physique à l'instant t est décrit par un vecteur d'état, noté |ψi.
On a vu que la fonction d'onde nous permettait d'avoir une information sur où peut se situer la particule. Mais cette
information n'est qu'une restriction de toute l'information caractérisant l'état de la particule.
En fait la fonction d'onde est la projection du vecteur d'état sur une base de l'espace euclidien et de l'espace du temps.
Le vecteur d'état vit dans un espace de dimension innie. La description de l'état d'une particule se compose donc de
beaucoup plus d'informations en physique quantique qu'en physique classique où la position et la vitesse susent.
2. En physique quantique, toute grandeur mesurable est décrite par une "observable" à laquelle on associe un opérateur linéaire
hermitien.
Un opérateur est un objet mathématique qui, ici, transforme un vecteur d'état en un autre vecteur d'état.
Par exemple, l'énergie, qui est une grandeur mesurable, est décrite par l'opérateur Hamiltonien :
p̂2
Ĥ = + V̂
2m
Un opérateur peut être représenté par une matrice (de dimension potentiellement innie).
Le fait qu'il soit hermitien implique que ses valeurs propres soient réelles et "justie" le postulat suivant.
3. La mesure d'une grandeur physique ne peut avoir pour résultat que l'une des valeurs propres de l'opérateur qui lui est
associé.
Par ce qui précède, une mesure est toujours réelle.
Par exemple, dans le cas du puits de potentiel inni, on avait trouvé que les énergies possibles pour la particule sont
quantiées. En eet on pouvait en fait écrire les choses de la façon suivante :
Ĥ|Ψi = E|Ψi
6
∧
4. Pour un système se trouvant dans l'état |ψ(t)i la mesure d'une observable décrite par un opérateur A de spectre (an ) donne
le résultat particulier an avec une probabilité égale à pn = |hφn |ψ(t)i|2 .
∧
5. Si le résultat de la mesure d'une observable donne la valeur propre an de l'opérateur associé A, alors immédiatement après
cette mesure, le système se trouve dans l'état propre correspondant |φn i.
Ainsi une mesure pertube l'état du système.
∧
6. Pour un système dont le Hamiltonien est H(t), l'évolution temporelle d'un état quantique, représenté par le ket d'état
|ψ(t) >, se trouve en résolvant l'équation de Schrödinger
d ∧
i~ |ψ(t)i = H(t)|ψ(t)i
dt
3.2 Formalisme
3.2.1 Bras et kets
En analyse, on a vu (avec le théorème de Riez-Fréchet) qu'une forme linéaire pouvait toujours s'écrire sous forme d'un produit
scalaire i.e. il existe un unique vecteur a tel que l(u) = ha|ui. On pourrait donc plutôt que noter cette forme linéaire l, la noter ha|.
En physique quantique, comme on va faire beaucoup de produits scalaires, on va noter les vecteurs d'état (ou kets d'états)
: |φ2 i.
Et on va noter les formes linéaires (ou bras) : hφ1 |.
Appliquer hφ1 | à |φ2 i c'est faire hφ1 ||φ2 i qu'on notera simplement hφ1 |φ2 i car cela correspond au produit scalaire.
3.2.2 Opérateurs
• L'adjoint d'un opérateur  est l'opérateur † qui est tel que
p̂ = ~i ∇~r
Bon on commence à s'emmêler les pinceaux avec ces notations, il faut prendre le temps de s'y habituer un peu en les manipulant.
Faisons pour cela quelques exercices.
On trouve facilement
P (en projetant sur φn ) que cn (t) = hφn |Ψ(t)i.
Montrons que  = n an |φn ihφn |. (essayer de le faire par vous-mêmes avant de regarder la solution).
On a pour tout |Ψi :
7
X
Â|Ψi = Â hφn |Ψi|φn i
n
D'où X
 = an |φn ihφn |
n
Ainsi l'opérateur  s'écrit comme une somme (pondérée par les valeurs propres) de projecteurs |φn ihφn | (projette un ket d'état
quelconque sur le ket propre |φn i).
On montre la relation de fermeture
P
n |φn ihφn | = 1̂
Ainsi on peut voir que |φn ihφn | est bien un opérateur. En eet soit |Ψi un ket, on a |φn ihφn ||Ψi qui est un ket par un scalaire
donc un ket.
3.2.4 Commutateurs
Des opérateurs ne commutent pas forcément (ils peuvent être représentés par des matrices...). Or le fait qu'il commute est
important, comme on le verra beaucoup dans la suite, notamment parce qu'un résultat mathématique nous dit que si deux
opérateurs commutent alors ils possèdent une base(orthonormée) de kets propres communs. (codiagonalisation)
On dénit donc le commutateur de deux opérateurs :
Nous allons être amené à calculer un certain nombre de commutateurs. Lorsqu'on a aaire à un produit d'opérateurs on utilise
les propriétés suivantes :
[ÂB̂, Ĉ] = Â[B̂, Ĉ] + [Â, Ĉ]B̂
[Â, B̂ Ĉ] = B̂[Â, Ĉ] + [Â, B̂]Ĉ
C'est simple de s'en rappeler : "le terme gauche du produit sort à gauche et le terme droite du produit sort à droite".
8
[p̂x , x̂]|Ψi = p̂x x̂|Ψi − x̂p̂x |Ψi
~ ~
= ∇ˆx x̂|Ψi − x̂ ∇ˆx |Ψi
i i
~ ˆ ~
= ∇x |xΨi − |x∇x Ψi
i i
~ ~ ~
= |Ψi + |x∇x Ψi − |x∇x Ψi
i i i
= −i~
On retiendra
[p̂x , x̂] = −i~
On peut aussi montrer le résultat suivant :
Si [Â, B̂] = i~Ĉ alors 4(A)4(B) ≥ ~2 < C > avec 4(A) l'écart type de la grandeur associée à Â et < A > la valeur
moyenne de la grandeur associée à Â.
On en déduit en particulier la fameuse inégalité de Heisenberg :
4(px )4(x) ≥ ~
2 car [pˆx , x̂] = −i~
sique
On peut montrer (poly page 65) que le passage de la quantique au classique se fait en faisant ~ → 0. Plus précisément si
toute action (grandeur caractéristique du système ayant la dimension de h c'est à dire J.s) est grande devant
~. Si une action est comparable à ~ alors le recours aux règles quantiques s'impose.
9
4.2 Evolution temporelle
Lorsqu'on s'intéresse à l'évolution temporelle de la valeur moyenne d'une grandeur, on utilise le théorème d'Ehrenfest :
Remarque 2
Il n'y a pas d'opérateur temps donc cette relation ne provient pas de la propriété de la section précédente, elle vient des propriétés
de la transformée de Fourier.
5 Oscillateur harmonique
Après avoir vu pas mal de nouvelles notions, retournons à l'étude d'un problème plus concret : l'oscillateur harmonique. C'est
un problème plus général qu'il en a l'air car l'étude des systèmes proche d'une position d'équilibre se ramène souvent à ce cas.
Ainsi intéressons nous à une particule de masse m plongée dans un potentiel harmonique et astreinte à se déplacer selon une
dimension (l'axe x).
La démarche qu'on va développer ici est très générale et sera réemployée plusieurs fois dans la suite.
V̂ = 12 mω 2 x̂2
10
On en déduit :
1 1
H̃ = (x̃ − ip̃)(x̃ + ip̃) +
2 2
D'où
1
H̃ = N̂ +
2
avec
N̂ = ↠â
x̃ + ip̃
â = √
2
x̃ − ip̃
↠= √
2
Ainsi
1
Ĥ = (N̂ + )~ω
2
Pour trouver les valeurs propres de H il sut de trouver celles de N (puis d'ajouter 1
2 et de multiplier par ~ω ).
En = (n + 21 )~ω n∈N
1
Emin = ~ω
2
11
Or on connaît très bien l'expression de â en fonction de x̂ notamment :
r r
x̃ + ip̃ 1 mω 1 ∂
â = √ = √ ( x̂ + ~ )
2 2 ~ m~ω ∂x
12
6 Le moment cinétique : l'orbital et l'intrinsèque
Ces 3 grandeurs nous intéressent et on aimerait trouver une base de vecteurs propres communs à chacun d'eux. Hélas ces
opérateurs ne commutent pas, on a :
[L̂x , L̂y ] = i~L̂z
[L̂y , L̂z ] = i~L̂x
[L̂z , L̂x ] = i~L̂y
Une autre grandeur intéressante est le module du moment cinétique autrement dit L̂2 = L̂2x + L̂2y + L̂2z
Et cette fois ci on a L̂2 qui commutent avec L̂x , L̂y et L̂z , c'est à dire qu'on peut mesurer simultanément le module du moment
cinétique et une de ses composantes.
On va donc s'intéresser à L̂2 et L̂z .
Remarque 4
On s'intéresse à la composante selon z car si on se place en coordonnée sphériques par exemple et non cartésiennes, son expression
est la plus simple.
1 1
L̂2 − L̂2z = (L̂x + iL̂y )(L̂x − iL̂y ) + (L̂x − iL̂y )(L̂x + iL̂y )
2 2
D'où
1
L̂2 − L̂2z = (L̂+ L̂− + L̂− L̂+ )
2
13
6.1.3 Etude des valeurs propres
On sait que L̂2 et L̂z commutent et donc possède une base de vecteurs propres communs. On va noter ces vecteurs propres
|λ2 , µi avec λ2 ~2 valeur propre de L̂2 et µ~ valeur propre de L̂z pour bien indiquer qu'il s'agit de vecteurs propres communs aux
deux opérateurs.
Plus précisément on a
L̂2 |λ2 , µi = λ2 ~2 |λ2 , µi
L̂z |λ2 , µi = µ~|λ2 , µi
On montre ensuite plusieurs propriétés sur les valeurs propres :
1. Pour une valeur xée de λ2 on a µ2 qui est bornée : µ2 ≤ λ2 .
2. Les opérateur L̂+ et L̂− s'interprètent comme des opérateurs de décalage, plus précisément on a :
L̂+ |λ2 , µi = c+ |λ2 , µi
On trouve que les fonctions d'onde communes à L̂2 et L̂z sont les harmoniques sphériques notées Ylm (θ, φ).
µ ~
~ = γL
où γ = − 2m
e
rapport gyromagnétique.
14
6.2.1 Expérience de Stern et Gerlach
L'énergie associée à la présence d'un moment magnétique µ
~ dans un champ magnétique B
~ est donné par :
E = −~ ~
µ·B
L'expérience de Stern et Gerlach met en évidence l'existence d'un spin S~ chez l'électron, c'est à dire d'un moment cinétique
intrinsèque responsable de son moment magnétique :
µ ~
~ = γe S
Pour mieux comprendre l'expérience voici le lien d'une petite vidéo : [Link]
Pour un électron, les composantes du spin S~ s'écrivent avec les matrices de Pauli :
~ ~ 0 1
Ŝx = σ̂x =
2 2 1 0 (|+i,|−i)
~ ~ 0 −i
Ŝy = σ̂y =
2 2 i 0 (|+i,|−i)
~ ~ 1 0
Ŝz = σ̂z =
2 2 0 −1 (|+i,|−i)
Autrement dit on a :
ψ(~x1 , ~x2 , ..., ~xi , ..., ~xj , ..., ~xN ) = eiΦ ψ(~x1 , ~x2 , ..., ~xj , ..., ~xi , ..., ~xN )
Et en permutant de nouveau
ψ(~x1 , ~x2 , ..., ~xi , ..., ~xj , ..., ~xN ) = ei2Φ ψ(~x1 , ~x2 , ..., ~xi , ..., ~xj , ..., ~xN )
On s'intéresse maintenant à l'étude des atomes. Lorsqu'il y a plusieurs électrons cela se complique donc on va considérer
simplement un atome avec un seul électron (et un noyau) : on l'appelle atome hydrogénoïde. L'atome d'hydrogène est un
atome hydrogénoïde avec un noyau constitué d'un seul proton.
15
7.1 Démarche d'étude de l'Hamiltonien
L'énergie classique de l'atome est
p2Z p2 Ze2
E= + e −
2MZ 2me ~Z|
4π0 |~re − R
On en déduit que l'Hamiltonien est :
pˆZ 2 pˆe 2 Ze2
Ĥ = + −
2MZ 2me ~ˆ Z |
4π0 |~rˆe − R
Cette expression est compliquée et on va la simplier en se servant du fait que MZ >> me .
On introduit la masse réduite m
1 1 1 1
= + '
m me MZ me
Le centre de masse est
~
~ = me~re + MZ RZ
R
me + MZ
On pose aussi
M = me + MZ = MZ
~ Z ' ~re − R
~r = ~re − R ~
On peut appliquer la méthode de séparation des variables et cherche une fonction d'onde de la forme
~ ~r) = ψN (R)ψ
ψtot (R, ~ e (~r)
En injectant dans l'équation de Schrödinger on trouve alors qu'elles doivent satisfaire le système :
(
P̂ 2 ~ ~
2M ψN (R) = EN ψN (R)
p̂2 Ze2
( 2m − 4π0 r )ψn (~r) = En ψn (~r)
Nous savons résoudre la première de ces équations. Intéressons nous à la deuxième équation.
Il s'agit en fait de trouves les fonctions d'ondes d'un électron placé dans un potentiel à symétrie sphérique dit champ central.
On se place en coordonnées sphériques, on a alors :
~2 ˆ 2 ~2 1 ∂ 2 L̂2
p̂2 = − ∇ =− ( r − )
2m 2m r ∂r2 (~r)2
Donc la deuxième équation s'écrit :
1 ~2 ∂ 2 L̂2 Ze2
(− r + )ψ e (~
r ) − ψe (~r) = Ee ψe (~r)
2m r ∂r2 r2 4π0 r
On considère l'ensemble complet d'observables qui commutent {Ĥ, L̂2 , L̂z } (faire le calcul pour voir qu'ils commutent).
Un état va être caractérisé par 3 nombres quantiques : |n, l, mi.
Par ailleurs nous avons séparé la partie en r et la partie en (θ, ϕ) donc on peut chercher une solution de la forme :
ψe (~r) = R(r)Yl,m (θ, φ)
16
• La quantité r2 |Rn,l (r)|2 est la densité radiale de probabilité, c'est à dire la probabilité que l'électron soit mesuré à une
distance comprise entre r et r + dr quelle que soit sa position angulaire.
• Les énergies possibles de l'électron sont
2 2
Z
Ee,n = − 4πe0 a0 2n Z 2
2 = −( n ) × 13, 6eV
◦
où a0 = 0, 529A le rayon de Bohr
• On a les règles suivantes :
0≤l ≤n−1
−l ≤ ml ≤ l
où n nombre quantique principal, l nombre quantique orbital et m nombre quantique magnétique.
• L'énergie est dégénérée, chaque niveau possède une dégénérescence de 2n2 . (la multiplication par 2 provient des deux
valeurs possibles pour le spin)
• On retiendra l'expression de la fonction d'onde de l'état fondamental :
1 Z 3 rZ
ψ1,0,0 (~r) = √ ( ) 2 e− a0
π a0
8 Approximations
Comme on a pu le voir dans la section précédente, on peut facilement avoir à faire à des problèmes compliqués qu'on ne sait
pas résoudre analytiquement. Heureusement on possède des méthodes d'approximation qui vont nous permettre de simplier les
choses.
On en étudie ici deux : la méthodes des pertubations stationnaires et la méthode variationnelle.
17
8.1 Méthode des perturbations stationnaires
8.1.1 La méthode
On s'intéresse à la modication d'un système lorsqu'il y a un faible changement de son Hamiltonien.
En l'absence de pertubation on suppose qu'on sait résoudre le problème et qu'on dispose de l'Hamiltonien Ĥ0 , des états propres
{|ψn i} et des énergies propres {En }. On a
(0) (0)
On a donc l'équation
Ĥ0 |ψi + Ŵ |ψi = E|ψi
Puisque la cause est petite, l'eet sera petit. On peut donc faire une sorte de développement de Tailor de |ψi en |ψi(0) i, état non
perturbé du système. De même avec l'énergie, c'est à dire qu'on écrit :
(0) (1) (2)
|ψi = |ψi i + |ψi i + 2 |ψi i + ...
(0) (1) (2)
E = Ei + Ei + 2 Ei + ...
De plus les états propres du système non perturbé forment une base orthonormée donc pour tout n ∈ N on peut écrire :
(n) (n) (0)
X
|ψi i = cj,i |ψj i
j
On remplace dans l'équation de Schrödinger et, en identiant les coecients du polynome en k et en faisant quelques calculs
supplémentaires, on aboutit à : (sous réserve de la condition de petite perturbation |hψk(0) |V̂ˆ |ψi(0) i| << |Ei(0) − Ek(0) |)
• Si le niveau d'énergie initial n'est pas dégénéré alors
La correction de l'énergie, au premier ordre, est la valeur moyenne du potentiel pertubatif pris dans l'état non perturbé.
(1) (0) (0)
Ei = hψi |V̂ |ψi i
(2)
X |hψ (0) |V̂ |ψ (0) i|2
i k
Ei = (0) (0)
k6=i Ei − Ek
(1)
X hψ (0) |V̂ |ψ (0) i (0)
k i
|ψi i = (0) (0)
|ψk i
k6=i Ei − Ek
L'eet de la perturbation étant faible, ce sont les états qui ont l'énergie la plus proche de l'état initial qui ont la plus
grosse contribution.
• Si le niveau d'énergie initial est dégénéré alors
Les corrections à l'énergie au premier ordre en perturbation sont les valeurs propres de la matrice de perturbation
exprimée dans le sous-espace de dégénérescence.
(0) (0)
V1,1 V1,2 ... V1,g a1 a
V2,1 (0) 1(0)
V2,2 ... V2,g
2 = E a2
a (1)
... ... ... ... ... i
...
Vg,1 Vg,2 ... Vg,g (0) (0)
ag ag
18
8.1.2 Exemple dans le cas non dégénéré
On s'intéresse ici à un oscillateur non harmonique à une dimension. En plus du potentiel classique (voir chapitre 5) on a un
terme supplémentaire
3
12 x̂
Ŵ = ~ω( 0 )3
2 σx
Le niveau d'énergie initial n'étant pas dégénéré, on a :
X |hm|Ŵ |ni|2
En = En(0) + hn|Ŵ |ni + (0) (0)
+ ...
m6=n En − Em
Il est bon de s'entraîner à faire les calculs et de trouver
1 15 1 7
En = (n + )~ω + 0 + ~ω 2 (n + )2 − 2 ~ω
2 4 2 16
Remarque 6
Le terme au premier ordre est nul car le potentiel est impair.
L'expression de la fonction d'onde perturbée est :
X |hm|Ŵ |ni|
|ni = |n(0) i + (0) (0)
|mi + ...
m6=n En − Em
En écrivant |φt i dans la base des états propres exacts {|ψi i},
X
|φt i = ci |ψi i
i
On montre que
Théorème variationnel :
hφt |Ĥ|φt i
≥ E0
hφt |φt i
La valeur moyenne de l'énergie prise dans un état représenté par une fonction d'essai quelconque est toujours supérieure à
l'énergie exacte de l'état fondamental.
On suppose que cette fonction d'essai sera d'autant meilleure que l'énergie moyenne à laquelle elle conduit sera
basse.
8.2.2 Un exemple
La physique quantique nous permet d'étudier les phénomènes à l'échelle microscopique, mais à l'échelle macroscopique elle
devient trop complexe (rien qu'un problème à trois corps est déjà compliqué alors avec 1023 corps...).
Une autre approche est nécessaire. La physique statistique permet de passer du microscopique au macroscopique.
19
9.1 Rappels de thermodynamique
Premier principe : Il existe une fonction qui ne dépend que de l'état du système, appelée énergie, qui se conserve si le système
est isolé.
dE = δW + δQ
Deuxième principe : Il existe une fonction qui ne dépend que de l'état du système, appelée entropie, qui ne peut que croître
ou rester constante pour un système isolé.
δQrev
dS =
T
Identité thermodynamique : Puisque dE ne dépend pas du chemin suivi, on peut faire en sorte de prendre un chemin
réversible. On a alors
dE = δQrev + δWrev
D'où
dE = T dS − P dV + µdN + Xdx
où −P dV est le type de travail qu'on rencontre généralement, µdN correspond à un travail avec échange de particules et Xdx
correspond à tout autre type de travail.
De cela on déduit :
∂E
Température : T = )N,V,x
∂S
∂E ∂S
Pression interne : P =− )N,S,x = T )N,E,x
∂V ∂V
∂E ∂S
Potentiel chimique : µ= )S,V,x = −T )V,E,x
∂N ∂N
Pour un système isolé à l'équilibre, tous les états microscopiques compatibles avec l'état macroscopique considéré sont
réalisés avec la même probabilité.
La physique statistique repose beaucoup sur la notion de moyenne. On peut envisager diérents types de moyenne :
• Une moyenne où on considère (virtuellement) tous les états microscopiques possibles et la fréquence de présence dans
l'ensemble traduit la probabilité associée à ces micro-états. On parle d'ensemble représentatif.
X
G= pi Gi
i
• On eectue la mesure sur le système un grand nombre de fois consécutifs pour en eectuer la moyenne. (moyenne temporelle)
Z
1
G= G(t)dt
τ τ
20
9.3 L'entropie
10 Constantes et ordres de grandeur
21
Contents
22
9 Ensemble isolé de particules : la représentation microcanonique 19
9.1 Rappels de thermodynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
9.2 Physique statistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
9.3 L'entropie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
10 Constantes et ordres de grandeur 21
10.1 Les constantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
10.2 Les ordres de grandeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
23