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Aménagement des bâtiments d'archives

Le module traite de la construction et de l'aménagement des bâtiments d'archives, en mettant l'accent sur l'importance de leur localisation et de leur conception pour répondre aux besoins des usagers. Il aborde les différents types de locaux nécessaires, les principes de conception, ainsi que les procédures de suivi des travaux. L'objectif est de fournir des directives pour créer des infrastructures adaptées à la conservation des documents et à l'accueil du public.

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Aménagement des bâtiments d'archives

Le module traite de la construction et de l'aménagement des bâtiments d'archives, en mettant l'accent sur l'importance de leur localisation et de leur conception pour répondre aux besoins des usagers. Il aborde les différents types de locaux nécessaires, les principes de conception, ainsi que les procédures de suivi des travaux. L'objectif est de fournir des directives pour créer des infrastructures adaptées à la conservation des documents et à l'accueil du public.

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Module 10, section 1 : Construire

et/ou aménager des bâtiments et


locaux d'archives

Gérard ERMISSE
France SAÏE-BELAÏSCH
Rosine CLEYET-MICHAUD
08/03/2018 27/12/2024
Table des matières

Objectifs 4
1. Situation et localisation 5
Introduction ...............................................................................................................5
1.1. Les archives dans la cité .....................................................................................5
1.2. Bâtiment unique ou bâtiments multiples (centres et annexes) .......................7
1.3. Bâtiment neuf ou bâtiment existant ..................................................................8
2. Principes généraux 11
2.1. Surface du terrain .............................................................................................11
2.2. Séparation en trois zones principales .............................................................12
1. 2.3. Circuits de circulation .......................................................................................12
2.4. Schémas d'organisation ...................................................................................12
3. Les différents locaux d'un service d'archives 13
3.1. Locaux de conservation (magasins d'archives) ...............................................13
3.1.1. Capacité des magasins ..........................................................................................................14
3.1.2. Equipement des magasins ....................................................................................................14
3.1.3. Implantation dans les magasins ...........................................................................................15
3.1.4. Structure du bâtiment de conservation ...............................................................................16
3.1.5. Protection anti-solaire ..........................................................................................................17
3.1.6. Sécurité incendie dans les magasins d'archives ..................................................................17
3.1.7. Traitement de l'atmosphère .................................................................................................18

3.2. Locaux de travail ...............................................................................................23


3.2.1. Bureaux ..................................................................................................................................23
3.2.2. Salles de tri et de classement ...............................................................................................23
3.2.3. Locaux de réception et de traitement des versements .......................................................24

3.3. Ateliers ...............................................................................................................26


3.3.1. Utilité de ces services ............................................................................................................26
3.3.2. Description des ateliers .........................................................................................................26

3.4. Locaux publics ..................................................................................................29


3.4.1. Hall d'accueil .........................................................................................................................29
3.4.2. Espaces de consultation .......................................................................................................30

3.5. Locaux culturels ................................................................................................33


3.5.1. Les salles d'exposition ...........................................................................................................33
3.5.2. Les salles de conférences ou auditorium .............................................................................33

3.6. Un exemple : les Archives départementales des Landes à Mont-de-Marsan.35


4. Procédures de conception 36

2
Table des matières

5. Suivi des travaux 37


5.1. Suivi de chantier ...............................................................................................37
5.2. Réception des travaux et mise en service ........................................................38
5.3. Après la mise en service ....................................................................................38
Evaluation des connaissances 39
1. Série de quiz.............................................................................................................39
2. Exercices : aménagez vos magasins d'archives .....................................................41
2.1. Aménagez vos magasins - aménagement 1 ...................................................................................41
2.2. Aménagez vos magasins - aménagement 2 ...................................................................................42
2.3. Aménagez vos magasins - aménagement 3 ...................................................................................42
2.4. Aménagez vos magasins - aménagement 4 ...................................................................................42
2.5. Aménagez vos magasins - aménagement 5 ...................................................................................42
2.6. Aménagez vos magasins - aménagement 6 ...................................................................................42

Les galeries associées à ce module 43


Mentions légales 44

3
Objectifs

Description du module :
Pour que l'archiviste puisse accomplir au mieux ses missions, il est essentiel que les archives soient
installées dans un bâtiment ou des locaux adaptés à cet usage. Dans ce module, il sera surtout question
de bâtiments consacrés à des archives publiques, mais il est évident que les principes de base sont les
mêmes pour des services d'archives privées.
La plupart des chapitres concernent les services d'archives constitués. Les particularités supplémentaires
des bâtiments situés en pays à climat tropical ou subtropical sont traitées dans un chapitre particulier.
Enfin, il a semblé indispensable d'ajouter un chapitre sur les services d'archives plus modestes ou moins
bien dotés, sans autonomie réelle au sein de leur institution de rattachement.
Ce module concerne surtout les bâtiments d'archivage définitif. Même si certaines normes peuvent
convenir aux bâtiments de préarchivage, il est préférable de se reporter pour ce sujet au module 5,
section 4 sur la gestion des documents semi-actifs ou archives intermédiaires.
Le but du module est de :
Donner les grands principes à mettre en œuvre pour la construction d'un nouveau bâtiment,
l'aménagement ou l'extension d'un bâtiment existant
Connaître les normes et caractéristiques d'un bâtiment
L'apprenant doit être en mesure de :
Concevoir le programme d'un bâtiment d'archives
Discuter avec un architecte et avancer des arguments techniques
Aménager un local d'archives au sein d'une organisation
Positionnement :
Partie du troisième cours sur les questions de conservation matérielle et de valorisation
À mettre en relation avec les modules traitant de la préservation et restauration (8), de la
communication (11) et de la valorisation (12), de l'aménagement d'un entrepôt de préarchivage (5)
Conseils d'apprentissage :
À prendre en considération après assimilation du cours sur les fondamentaux.

4
1. Situation et localisation I

1. Introduction

Un bâtiment d'archives est un outil de travail dont se


dote une nation, une société, une collectivité.
Il ne s'agit pas de plaquer une solution-type, car les
conjonctures peuvent différer aussi bien par les
capacités de financement que par les particularités
climatiques, mais d'offrir un cadre de réflexion qui parte
des besoins connus pour les transformer en programme
d'amélioration, voire de développement.
Le premier point à rappeler pour alimenter cette
réflexion indispensable est que le bâtiment d'archives
n'est pas un simple lieu de conservation de documents;
il doit offrir les infrastructures d'un accueil capable de
répondre aux besoins de toute personne en quête
-
d'information comme à ceux des chercheurs et des
scolaires en apprentissage de la citoyenneté et de
l'histoire, d'où l'importance de sa localisation

1.1. Les archives dans la cité

Pour une bonne disponibilité à l’égard des usagers, un


service d’archives doit être au cœur de la cité, c’est-à-
dire :
facilement visible de tout un chacun,
facilement accessible.
C’est pourquoi le choix du terrain ou plus généralement
de la future implantation est essentiel.
Dans le cas d’archives publiques, avant même les
critères techniques et financiers, celui de la
dignité et de l’usage public de telles archives doit
prévaloir...
Dans d’autres cas, tout dépend de la nature et des
objectifs du service d’archives :
-
s’il s’agit d’un service à usage interne dans
une entreprise ou une institution privée, la
discrétion à l’égard du monde extérieur est
de rigueur ;

5
1. Situation et localisation

en revanche, s’il s’agit d’un service à


vocation fortement patrimoniale, la
hiérarchie des critères est la même que
pour un service d’archives publiques.

Les responsables doivent absolument lutter contre la relégation des bâtiments en périphérie urbaine,
loin du cœur de la cité avec ses équipements administratifs et culturels, loin des quartiers faciles
d’accès. Si cela doit se faire, il ne faut en aucun cas transiger sur les moyens de transport et donc la
grande facilité d’accès.
L’étude fine des données urbanistiques s’impose avant de donner son accord et l’on devra se poser les
questions suivantes :
quelles sont les voies d’accès pour les véhicules automobiles ?
celles-ci sont-elles aisées à trouver ?
les archives auront-elles une bonne visibilité dans l’agglomération ?
seront-elles bien desservies par les transports en commun ?
quel sera leur voisinage ? sera-t-il fait d’équipements culturels, d’institutions très proches des
archives comme les bibliothèques publiques ?
On observe en France un mouvement visant à trouver des solutions mixtes où archives et
bibliothèques sont hébergées dans le même bâtiment (Archives communales de Montpellier en 2000,
Archives et Bibliothèque départementales Gaston Defferre pour les Bouches-du-Rhône à Marseille
inaugurées en 2006, Archives départementales et médiathèque municipale à Rouen inaugurées en
2012, Archives départementales, médiathèque et office départemental des sports pour l'Hérault à
Montpellier inaugurées en 2012)

Voir la galerie (cf. p.43)

Pour plus de détails... Complément

Peut-on installer les Archives dans des zones à requalifier ?


Il faut méditer l'exemple d'implantations éloignées des centre-villes ou dans ce que l'on peut appeler
un "désert culturel" dans les faits, une zone industrielle peu attirante :
Par exemple :
en France, les Archives départementales d'Indre-et-Loire, annexe de Chambray.
Dans les pays en cours de désindustrialisation et de pression foncière intense au centre des
agglomérations, la tentation est grande d'éloigner au maximum les bâtiments d'archives dans des
zones à requalifier. Tout dépend alors de la nature de la requalification de telles zones et de leur avenir
prévisible :
Par exemple :
les Archives départementales des Bouches-du-Rhône se sont construites en zone portuaire dans le
cadre d'une grande opération d'urbanisme à l'échelle de la ville "Euroméditerrannée".

6
1. Situation et localisation

Une fois les questions d’urbanisme réglées, il faut se pencher sur d'autres critères, tout aussi
importants, et se poser les questions suivantes :
est-ce une zone à risque : inondable, polluée, stratégique en cas de conflit, etc. ?
quelles sont les caractéristiques géologiques du terrain pressenti ?
sa superficie est-elle suffisante pour une extension à terme ?
Il convient en effet de prévoir qu’au-delà d’un délai de 20 ou 30 ans après la construction projetée, il
faudra envisager une extension d’une partie du bâtiment (en général les locaux de conservation) et des
locaux qui se révéleraient à l’usage exigus ou inadaptés.
Cette extension concerne bien évidemment les locaux de conservation, et si nécessaire des bureaux
pour l'administration, puisque l'augmentation du kilomètres linéaire de documents conservés
nécessite davantage de personnel pour le gérer.

1.2. Bâtiment unique ou bâtiments multiples (centres et


annexes)

Si dans les années 50 on pouvait encore s’illusionner et


penser construire des centres d’archives pour les
générations futures, chacun sait de nos jours qu’au delà
de 15, 20 ou 25 ans il faut reprendre l’ouvrage.
C'est pourquoi il est recommandé de disposer d'un
terrain suffisamment vaste pour réaliser des extensions
le moment venu.

Voir la galerie (cf. p.43)

A défaut la démultiplication des équipements au fur et à mesure des besoins s'impose. On part souvent
d'un bâtiment relativement récent et bien situé, mais arrivé à saturation et sans aucune possibilité
d'extension sur place ou à côté : la question se pose alors de construire un nouvel équipement
complémentaire, souvent conçu comme une annexe de ce premier bâtiment, parfois comme un centre
de transit ou de préarchivage, le plus souvent situé hors du centre urbain, en périphérie.

Exemple

Comme exemples de création d'annexes de conservation en périphérie par rapport à des bâtiments
principaux en centre-ville, on peut citer les Archives départementales de Seine-Maritime en France ou
les Archives nationales du Canada à Ottawa et Gatineau.
Certaines annexes ou équipements de périphérie proche, bien adaptés comme, à Kew, les National
Archives of England (anciennement le Public Record Office) ou, à Bordeaux, les Archives
départementales de Gironde ont fini par absorber la maison mère située au cœur de la ville, soit en
provoquant l'abandon du bâtiment primitif (Chancery Lane) soit en faisant de l'annexe, le centre
(Archives départementales de la Gironde).

7
1. Situation et localisation

Une des caractéristiques des annexes est que le public n'y est pas toujours admis. Selon le cas, les
annexes sont ou ne sont pas ouvertes au public. Dans ce dernier cas, il faut donc faire voyager par
navette les documents vers le centre-ville où se trouve le lieu de consultation.
Le choix est toujours délicat et souvent nécessité fait loi.
On ne peut méconnaître toutefois les inconvénients de cette solution :
délais imposés aux lecteurs,
danger ou nocivité pour les documents,
coût des transports et des manipulations.

Exemple

En France, pour toutes ces raisons, il vient d'être décidé d'abandonner l'annexe des Archives
départementales du Nord au profit des nouveaux magasins, inaugurés en 2014, en dépit d'une
probable saturation des dits magasins dans les 15 années à venir.

On a parfois aussi retenu, comme solution aux besoins d'expansion des archives au fil du temps, la
distribution en deux ou trois équipements complémentaires ou "sections" :
archives anciennes pour un bâtiment ancien,
archives modernes pour un bâtiment plus récent,
archives contemporaines dans un troisième.

Exemple

Ainsi en France, c'était le cas jusqu'à très récemment. Avant son déménagement, les Archives
départementales du Rhône à Lyon disposaient de trois équipements, la section ancienne, la section
moderne et un dépôt de pré-archivage à la campagne. À l'expérience, les responsables des Archives
départementales du Rhône ont à l'évidence préféré tout regrouper dans un bâtiment unique quel
qu'en soit le coût. Ils ont opté pour la construction d'un nouveau bâtiment de 80 kml, inauguré en
2014.

Dans certains départements, le contexte historique ou politique peut conduire à l'implantation de deux
bâtiments tous les deux ouverts au publics comme dans la Marne à Reims et à Châlons-en-Champagne
ou dans les Pyrénées-Atlantiques à Pau et à Bayonne.

1.3. Bâtiment neuf ou bâtiment existant

On a tendance actuellement, en France en tout cas, à


proposer aux archivistes des anciens bâtiments en quête
d'un nouvel usage.
Sans parler des châteaux, inutilisables car en pleine
campagne inaccessible la plupart du temps, souvent
sont proposées des "friches" industrielles ou
commerciales. Dès lors qu'elles sont bien situées et
suffisamment vastes pour y installer pour 30 ans le futur
Service des archives, cette solution doit être
sérieusement étudiée.
-

8
1. Situation et localisation

Exemple

En France, l'exemple du Centre des Archives du monde du travail, dans l'ancienne usine de filature de
Motte-Bossut à Roubaix, est reconnu comme réussi. Les travaux de cette reconversion d'un bâtiment se
sont achevés en 1993.
Plus récemment, en 2001, une autre réussite a consisté à installer les Archives municipales de Marseille
dans une ancienne usine de tabacs à l'arrière de la gare principale de la ville.

Voir la galerie (cf. p.43)

Archives de Dunkerque
Ces reconversions de bâtiments à caractère industriel sont souvent privilégiées pour des services
d'archives municipales de taille diverse. On peut citer des exemples aussi variés que la transformation
d'un ancien entrepôt pharmaceutique à Agen, la réhabilitation d'une usine LU à Calais ou la
métamorphose d'une assez récente usine de parapluies à Chalon-sur-Saône .
Le coût de ces opérations est souvent élevé ; l'adaptation de ces bâtiments, qui ont été conçus à
d'autres usages, pour servir de magasins d'archives est complexe. Il est cependant difficile d'affirmer à
priori si ce coût sera inférieur, égal ou supérieur à la construction d'un bâtiment neuf, tant les divers
projets sont des cas uniques.
Toutefois le résultat est souvent positif, car on aide ainsi à requalifier d'anciens bâtiments souvent
désaffectés devenus inutiles dans des quartiers à réurbaniser. De plus dans le contexte actuel du
développement durable, il faut réellement réfléchir avant de démolir un bâtiment. Par ailleurs les
bâtiments anciens étaient le plus souvent construits avec des murs très épais donc à la forte inertie.
Une fois l'opération terminée le quartier modernisé redevient attractif surtout s'il comprend des
équipements culturels ou de loisirs.

9
1. Situation et localisation

Exemple

On peut citer le cas en France de la ville de Mulhouse, inauguré en 2007, avec deux centres d'archives
voisinant avec l'université et une galerie d'art moderne dans l'ancienne Fonderie, les cas de petites
villes comme Saint-Quentin ou Tulle dont le service d'archives sera relogé dans d'anciennes friches et
dans de bien meilleures conditions qu'actuellement, le cas des villes de Montélimar et Mont-de-Marsan
avec d'ancienne casernes.
Autre exemple, les Archives de Dunkerque – Centre de la Mémoire Urbaine d'Agglomération dans
l'ancienne Halle aux Sucres du port, bâtiment totalement réhabilité partagé avec l'Agence locale
d'urbanisme, les services de l'urbanisme de la Communauté urbaine et l'Institut national supérieur des
études territoriales.

10
2. Principes généraux II

Introduction

Le bâtiment d'archives réunit des fonctions nombreuses et


complexes, parfois contradictoires
comme assurer la protection des documents
tout en répondant aux besoins des utilisateurs.
Sa construction est un gros investissement qui réclame
soin et attention. Les modes architecturales peuvent
changer, mais les principes de base à prendre en
considération restent intacts.
-

2.1. Surface du terrain


Il n'existe pas de norme en ce domaine puisque l'occupation au sol d'un bâtiment neuf dépend de
la hauteur et de la densité des futurs locaux et donc des règles et des plans d'urbanisme des pays,
régions ou villes.
À cette question est liée naturellement celle de l’extension.
Le service interministériel des Archives de France recommande de prévoir une extension pour 25 à 30
ans environ tenant compte :
des entrées prévisibles de documents volumineux,
de l’extension éventuelle de la clientèle,
de l’évolution prévisible des supports due à l’usage de l’informatique et de la numérisation.
Sur ce dernier point il est difficile, voire impossible de bien prévoir, mais il semble sage d’indiquer aux
décideurs que, faute de certitude sur la disparition si souvent annoncée du papier, il est préférable de
garder les recommandations actuelles et de conserver la possibilité d’agrandir l’édifice des archives au
plus tard dans 20 à 30 ans.
Il est donc nécessaire que le terrain choisi puisse accueillir cet agrandissement et que l'extension du
bâtiment soit clairement pensée et dessinée dès la conception du projet.

Exemple

On peut citer le cas en France du bâtiment des Archives départementales de l'Oise achevé en 2000.
L'extension est déjà dessinée en pointillé sur les plans et pourra être réalisée par un « copier-coller » du
bloc des magasins. Dans le département de la Vienne, c'est seulement 10 ans après la construction de
ce bâtiment neuf achevé en 1995 qu'une extension des magasins a été réalisée sur le même principe
avec également la création de locaux de travail.

11
2. Principes généraux

2.2. Séparation en trois zones principales


Tout bâtiment d'archives doit comporter trois blocs ou zones distincts pour la conservation, le
traitement et la diffusion.
Ce principe des trois zones est primordial et d'une grande importance fonctionnelle.
Depuis que l'utilité de la séparation des zones et circuits a été mise en lumière et théorisée, il n'y a
aucune difficulté à faire prendre ce principe en compte par les architectes et, notamment en France, il
n'y a eu à l'usage qu'à se féliciter de ce dispositif.
On distingue donc 3 zones :
les locaux de conservation,
les locaux de travail et du personnel,
les locaux du public.
S'y ajoutent les logements de fonction éventuels et l'aménagement des abords extérieurs.

Voir la galerie (cf. p.43)

2.3. Circuits de circulation


Le principe commun à tous les archivistes est que les circuits du personnel, des documents et du
public ne doivent se recouper en aucune façon.
Ils peuvent se décomposer en 4 circuits séparés :
circuit des documents à l'arrivée et au départ (élimination),
circuit de la communication des documents depuis les magasins vers les locaux de consultation,
circuit du public,
circuit du personnel

2.4. Schémas d'organisation


Sur la base de ces principes simples sont établis les schémas d'organisation parfois complexes intégrés
au cahier des charges et repris dans le programme architectural.
Comme le montre la galerie de photos ci-dessous, la première étape de conception des schémas
revient à l'archiviste qui jette sur le papier ses idées, la deuxième est l'œuvre du programmiste.
On en vérifiera soigneusement le respect lors de l'étude des propositions des futurs architectes.

Voir la galerie (cf. p.43)

12
3. Les différents locaux d'un service
d'archives III

1. Introduction
Il y a donc, comme nous venons de le voir, trois parties distinctes dans un bâtiment d'archives :
la partie conservation,
la partie traitement des documents,
la partie communication et mise en valeur des documents.
L'architecte doit imaginer la répartition des différents volumes ainsi que leur articulation pour leur
permettre de se joindre sans se recouper tout en optimisant les circuits de circulation.
L'archiviste doit veiller à ce que les principes de base soient scrupuleusement respectés.

3.1. Locaux de conservation (magasins d'archives)


Introduction
C’est généralement :
la partie la plus individualisée, la plus visible des
bâtiments d’archives, mais aussi la plus inaccessible
;
la partie strictement réservée des services qui ne
disposent pas de leur propre bâtiment isolé et qui le
partagent avec d’autres services (cas fréquent des
archives communales ou d’université) ; elle doit être
spécialement protégée contre :
l'intrusion,
l'incendie,
les variations de température et
- d'hygrométrie,
l'inondation,
l'excès de luminosité.

ATTENTION !
Il convient de refuser les solutions hélas classiques qui consistent à héberger les archives sous les
combles à la merci des infiltrations et dégâts des eaux ou au sous-sol dans les locaux insalubres et
humides, ou encore près de locaux techniques surchauffés et dangereux, accueillant par exemple la
chaufferie ou un groupe électrogène.
Les normes nationales et internationales doivent s'appliquer dans tous les cas à tout magasin d'archives,
exigence à rappeler sans cesse aux autorités.

13
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Il faut aussi que les locaux de conservation soient placés sous la responsabilité exclusive du service des
archives : seul le personnel des archives doit en détenir la clef ou y accéder.

3.1.1. Capacité des magasins


La capacité des magasins est calculée en mètres linéaires ou ml.
Pour des raisons de "cloisonnement" en cas d’incendie, il est souhaitable qu'une salle d'archives
ne dépasse pas 200 m².
Dans chaque salle de 200 m², on pourra installer 1150 ml de rayonnages fixes à la hauteur de 2,20
mètres ou 2100 ml en rayonnages mobiles en incluant les allées et circulations.
Le Service interministériel des Archives de France préconise à l'heure actuelle une résistance au sol de
900 kg/m² pour les rayonnages fixes et de 1300 kg/m² pour les mobiles. A noter que, même en cas
d'installation de rayonnages fixes, il est recommandé de prévoir une résistance au sol permettant
l'installation ultérieure de rayonnages mobiles.

La question des nouveaux supports, comme nous l'avons déjà souligné, est souvent posée par les
concepteurs et elle se pose réellement. Pour l'heure dans les programmes en cours on continue à
envisager une courbe continue de versements papier sans que celui-ci régresse ou diminue par
substitution des supports numériques. Principe de précaution oblige !

3.1.2. Equipement des magasins


Deux solutions d’équipement des magasins coexistent dans les services d’archives :
soit des rayonnages fixes comme leur nom l’indique, posés et éventuellement fixés au sol
(rarement au plafond),
soit des rayonnages mobiles
sur des rails noyés dans une chape ou dans la dalle de ciment constituant le sol des
magasins
ou sur des rails intégrés dans un plancher spécial si on ne peut intervenir sur la structure
béton du bâtiment.
Le gain d’espace procuré par les rayonnages mobiles est assez conséquent (on rappellera qu’une salle
de 200 m² contient 1,150 kml en rayonnages fixes et 2,100 kml en mobiles) mais le coût en est plus
élevé .
Il existe trois types de rayonnages mobiles : mécaniques, électroniques et électroniques intelligents.
Les rayonnages mécaniques, entraînés grâce à des volants manuels, ne permettent pas le stockage des
documents fréquemment utilisés et dont les sorties et réintégrations seraient trop nombreuses dans
les magasins.
Les rayonnages électroniques sont onéreux. Toutefois ils permettent un déplacement aisé des travées
et, pour ce qui est des rayonnages électroniques intelligents, permettent un repositionnement
automatique des travées à intervalles réguliers garantissant une bonne ventilation des documents. A
titre d'exemple les nouveaux magasins des Archives départementales du Nord à Lille sont équipés de
rayonnages mobiles électroniques intelligents.
Les rayonnages doivent être en métal pour diminuer les risques d’incendie et les invasions d’insectes
du bois.
La hauteur des rayonnages reste fixée à 2,20 m (donc celle de la tablette la plus haute à 1,80 m) : de ce
fait la hauteur des plafonds recommandée est de 2,50 m dans les bâtiments neufs. Elle ne doit pas
être inférieure à cette hauteur de manière à laisser un passage d’air au-dessus des rayonnages une fois
qu’ils seront pleins.
La longueur maximale des épis est à 10 m surtout pour les rayonnages mobiles qui, une fois chargés
de documents parfois trop lourds, ont tendance à fléchir ou à se déformer légèrement.

14
3. Les différents locaux d'un service d'archives

La largeur des tablettes est fonction de la nature des collections (ouvrages de bibliothèques, presse et
périodiques, documents larges ou étroits) : pour les archives de format standard, elle ne doit pas être
inférieure à 0,30 m (0,35 m pour les rayonnages mobiles) . On peut prévoir un certain nombre
d'étagères de 0,40 m de profondeur pour des documents spécifiques comme la presse.

Chaque tablette doit supporter 100kg/ml. On compte en moyenne (en France) 5,5 tablettes par travée
de 2,20 m de hauteur. Pour des rayonnages mobiles et des documents en boîtes standard, ce chiffre
peut être porté à 6,5.

Voir la galerie (cf. p.43)

3.1.3. Implantation dans les magasins


Pour faciliter le brassage de l'air dans les magasins et permettre une bonne ventilation des
documents les rayonnages doivent être installés en épis, perpendiculairement aux murs, et un
espace de 15 à 30 cm doit être ménage entre l'extrémité des épis et les murs , particulièrement les
murs extérieurs.
Si l'on décide malgré tout d'installer des rayonnages le long des murs il est recommandé de ne point
les appuyer contre les murs, surtout les murs donnant vers l'extérieur, mais de prévoir un espace de
quelques centimètres qui, tout en laissant circuler l'air,
protège les documents de la montée des termites le long des parois,
et évite le contact avec des murs extérieurs parfois humides ou conducteurs de chaleur.
Les allées principales de desserte des rayonnages doivent permettre le passage des chariots : leur
largeur ne doit donc pas être inférieure à 1,20m.
L'une des allées principales, voire l'unique allée principale de desserte dans une salle de 200 m², doit
être située face à la porte d'entrée de manière à éviter les manœuvres difficiles avec les chariots.
Les allées entre épis ne doivent pas être inférieures à 0,70m pour permettre le passage de chariots
de petite dimension.
En principe, pour éviter les dégâts des eaux, toute canalisation d’eau est interdite dans les magasins : si
elles ne peuvent être évitées pour des raisons techniques impérieuses, toutes précautions seront prises
pour éviter les dommages aux collections.

15
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Image 1 Certains services disposent de locaux dits de préarchivage pour les documents à durée de
conservation limitée : dans ce cas on admet du matériel de stockage de type industriel très économique
et qui convient pour des cartons d'archives normalisés (type Dimab par exemple).

3.1.4. Structure du bâtiment de conservation


Sur la capacité des magasins et le poids des archives et donc la résistance des planchers, il convient de
se reporter au chapitre ci-dessus.
La structure recommandée pour les magasins modernes est le plancher et les poteaux bétons sans
système autoporteur.

Pour plus de détails... Complément

Abandon en France du système autoporteur


Le système autoporteur a été abandonné en France, en dépit de ses performances, dans les années
1970-1975, par un certain nombre de services de sécurité, les dangers que peuvent présenter les
ossatures métalliques en cas d'incendie ayant été mis en évidence (incendies d'un collège
d'enseignement secondaire en France et de la bibliothèque municipale de Los Angeles). La Direction
des Archives de France se mit alors à étudier la réalisation de magasins d'archives aux planchers de
béton, supportés par des piliers en béton sur lesquels sont posés des rayonnages métalliques
indépendants de la structure.
Une tolérance existe - pour les bâtiments anciens disposant de vastes volumes de grande hauteur et
devant être réutilisés au mieux - qui consiste à installer un niveau supplémentaire au-dessus du sol
existant accessible par escalier et monte-charge intégré.
Il convient bien évidemment dans les bâtiments réutilisés de prévoir ou de renforcer
l’encloisonnement des salles d’archives dont la capacité sera limitée comme indiqué ci-dessus à 200
m². La résistance au feu des cloisons devra être d'au moins 2 heures.
Les sols des magasins seront toujours pleins, sans claire-voie ni caillebotis, évitant ainsi la propagation
des incendies.

Les sols des magasins seront toujours pleins, sans claire-voie ni caillebotis, évitant ainsi la
propagation des incendies.

Attention

L'existence de normes antisismiques dans certaines régions contraignent à concevoir les magasins
prioritairement selon ces normes.

16
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Voir la galerie (cf. p.43)

3.1.5. Protection anti-solaire


Un soin particulier sera apporté à la protection anti-solaire et aux conditions climatiques des magasins
d’archives.
Sur le premier point, les ouvertures si elles existent ne doivent pas dépasser la surface maximale
de 10% des façades des magasins et encore convient-il que celles-ci soient judicieusement et
régulièrement réparties.
Le soleil ne doit jamais frapper directement les rayonnages ; son rayonnement est très nocif pour la
conservation des documents, en particulier des encres et colorants. Une protection est en tous les cas
nécessaire pour éviter l’ensoleillement et l’élévation de la température lors des heures chaudes de la
journée.
L’orientation des fenêtres est aussi très importante (au nord et non au sud ou à l’ouest, dans la zone
tempérée) et vérifiée avec soin sur les plans pour les autres zones.

3.1.6. Sécurité incendie dans les magasins d'archives


L’analyse peut être structurée autour de trois axes :
l’élimination du risque,
la prévention du risque,
la réduction du risque.

Pour plus de détails... Complément

Recommandations françaises sur la sécurité incendie dans les archives (cf. [Link])
Recommandations françaises sur la sécurité incendie dans les archives (cf. [Link])

Les normes ne doivent pas être appliquées aveuglément mais faire l’objet d’une réflexion préalable
tenant compte des spécificités de chaque lieu.
Parmi les mesures, il convient d’insister essentiellement sur le sérieux à apporter :
au contrôle de la prévention par les agents qui en sont chargés,
à la vérification permanente des consignes anti-incendie,
aux premières mesures de lutte contre les départs de feu (tout se joue dans les premières
minutes et il faut faire le maximum pour éviter l’intervention des pompiers… qui ignorent les
problèmes de conservation du patrimoine).

Attention

On peut supposer que les pompiers sont très soucieux de ne pas faire de dégâts en éteignant le feu,
mais ils ne sont souvent pas préparés à ce type d’intervention.
Leur principal objectif est la sauvegarde des vies humaines et non la protection du patrimoine.
De ce point de vue, il faut souligner qu’une sensibilisation et des relations régulières avec
l’encadrement des pompiers locaux est nécessaire.

17
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Il convient d’insister aussi sur le sérieux des mesures d’encloisonnement coupe-feu de 2 heures
en faveur des magasins ; pour cela il faut vérifier que tous les points suivants soient bien respectés :
concevoir les magasins bien séparés des locaux de travail et d’habitation, soit par l’éloignement
physique, soit par des murs et planchers coupe-feu,
encloisonner les monte-charge et escaliers de service dans des murs à l’épreuve du feu,
veiller à ce qu’aucune gaine ne traverse les magasins qui puissent aller contre ce principe, sinon
des clapets coupe feu de 2 heures avec fermeture automatique sont indispensables,
prévoir une fermeture automatique des bouches et des gaines de ventilation d’aération asservie
au système de détection en liaison avec le système de détection d’incendie,
veiller à ce que toutes les vitres extérieures soient coupe-feu comme les portes pendant 1 heure,
installer des portes coupe-feu à fermeture automatique compatibles avec le passage fréquent
des chariots.
Les modes d’extinction recommandés :
extincteurs à poudre pour les appareils manuels, ou à eau sans additif (cette question doit faire
l'objet d'une étude à la Direction des Archives de France en 2009) ;
extincteurs à gaz inerte pour les appareils à déclenchement à distance.

Attention

Lʼutilisation des "sprinklers" ou gicleurs est très décommandée. Les sprinklers sont en général faits
pour se mettre en marche à la moindre alerte, or les systèmes de détection incendie ne sont pas
toujours plus fiables que les anti-vols de voiture et se déclenchent parfois sans raison valable.
Par contre un système d'extinction par brouillard d'eau peut être envisagé. En particulier pour le futur
Centre des Archives Nationales à Pierrefitte-sur-Seine, c'est cette technologie qui s'apparente à une
brumisation et non à une douche qui a été retenue. En effet ce bâtiment étant classé Immeuble de
Grande Hauteur, un système d'extinction automatique était demandé pour la sécurité anti-incendie.
Le gaz Halon n'est plus en usage et est remplacé par le gaz Inergen moins nocif.
Les locaux et spécialement les magasins d'archives modernes sont équipés de systèmes de détection
fondés sur le niveau anormal de la température à l'intérieur des locaux et le dégagement de fumées ou
de gaz ou sur la combinaison des deux.
La centrale d'alerte doit être située dans un local bénéficiant d'une présence humaine permanente de
jour comme de nuit ou renvoyée sur un service spécialisé pouvant déclencher une intervention rapide.

3.1.7. Traitement de l'atmosphère


Introduction
Les normes ou "recommandations" en matière climatique au niveau international évoluent en fonction
des expériences vécues dans des bâtiments récents et de l'émergence de la notion de développement
durable. Dans ce contexte les bâtiments d'archives adoptent bien évidemment des mesures d'inertie
thermique comme la "double peau" décrite dans un encart ci-dessous, ou des systèmes de ventilation
nocturne comme le free cooling.

18
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Image 2 Les services d'archives disposent de centrales de traitement de l'air sophistiquées comme celui-ci
installé aux Archives de Haute-Savoie (France). Mais cette pratique n'est plus systématique dans le contexte
mentionné précédemment.
La construction en climat tropical suppose d'autres normes.
a) [Link]. Les principales difficultés
On constate l’émergence de nombreuses difficultés :
L'infestation par des champignons de bâtiments récents
Cela a commencé dans les années 1980 en France par les Archives départementales du Morbihan
et se poursuit par les archives de la Réunion, malgré le soin apporté à cette question par les
techniciens ingénieurs climaticiens.
Il s'agit d'un problème inquiétant qui pourrait remettre en cause le principe même de
climatisation dans des bâtiments sans ouverture.
Le surcoût des normes très strictes
Jusqu'à il y a peu de temps la norme était 18° + ou - 1° pour 65% + ou - 5% d'humidité relative
dans les magasins. Une telle norme impose l'installation de systèmes de climatisation
extrêmement coûteux en énergie et en frais de maintenance.
C'est pourquoi, en France, on s'est orienté ces dernières années vers une philosophie qui prévoit plus
de souplesse et une lente évolution coordonnée des courbes de température et d'hygrométrie, sans
choc thermique, dans tous les locaux destinés à recevoir les documents, en privilégiant surtout la
partie du traitement de l'atmosphère destinée à éviter les poches d'air stagnant et l'humidité (voir
[Link].).
D'autre part les derniers bâtiments construits (Archives départementales des Yvelines, Archives
nationales à Pierrefitte, Archives départementales du Nord, Archives départementales du Rhône -) ont
été conçus avec des parois extrêmement bien isolées garantissant une inertie climatique dans les
magasins. Aux Archives départementales du Nord ce sont des objectifs de développement durable qui
ont orienté les concepteurs des nouveaux magasins.

Pour plus de détails... Complément

La question de la "double peau" (cf. [Link])

Nouvelle réglementation thermique française Complément

Cette nouvelle réglementation thermique (2012) ne s'applique pas légalement aux bâtiments
d'archives, mais elle a au moins l'avantage d'obliger architectes et ingénieurs à travailler sur l'isolation
et l'inertie thermique des nouvelles constructions.

19
3. Les différents locaux d'un service d'archives

L'indication est donc donnée sous toute réserve.


Sur ce thème, voir les sites :
[Link] (et plus particulièrement la page: [Link]
c/ame/[Link])
La règlementation thermique
[Link]

Archives départementales du Nord

Un exemple de construction conçue avec des objectifs de développement


Complément
durable.
Présentation des innovations techniques et organisationnelles des Archives départementales du Nord
Présentation technique (cf. ADNORD -[Link])

b) [Link]. Normes : température et hygrométrie


La question des normes à respecter dans le domaine du traitement de l’air au sein des bâtiments
d’archives est complexe.
Essayons d’y voir clair.

1. On recommande depuis toujours et généralement dans la littérature archivistique


internationale un environnement climatique pour le papier de 18-20° de température et
45-50% d’humidité relative.
Néanmoins, d'autres normes vont de 14 à 20°C (+ ou – 2°C) et de 45 à 55 en HR ,voire chez
les Anglais de 13 à18°C et de 55 à 65 HR : c'est dire que nous ne sommes pas face à des
certitudes !
À l'issue de nombreuse observations et études, la Direction des Archives de France est
parvenue à la conclusion :
Les températures doivent être maintenues dans une fourchette de 16° à 22 ou 23°
voire exceptionnellement 24 ou 25° l'été pour une durée limitée. Avec une variation
maxima de 2° par semaine et 1° par 24 heures.
L’hygrométrie dans une fourchette de 40 à 55 % avec une variation maxima de 5%
par semaine et 1% par 24 heures.
Le rapport entre la température et l’hygrométrie doit être pris en considération. Les
taux de température d’une part et d’humidité relative d’autre part sont corrélés : si la
température augmente, l’humidité relative diminuera et, à l’inverse, une baisse de la
température entraînera une hausse de l’humidité relative. C’est ainsi qu’en hiver le
taux d’humidité peut être plus élevé sans dommages, si parallèlement la

20
3. Les différents locaux d'un service d'archives

température d’ambiance est plus basse. À l’inverse, en été la température intérieure


peut monter si on maintient l’humidité relative en valeur basse de la fourchette
admise.
2. On recommande généralement pour les photos noir et blanc 12° C et 35 HR (+/-5).
3. On recommande pour les photos couleur 5° C et 35 HR.
4. On recommande pour les documents magnétiques 18° et 40 HR.

L’essentiel est d’éviter les variations brusques et de laisser les taux évoluer doucement pour que les
documents ne subissent aucun choc thermique d’où la nécessité de prévoir une harmonisation entre
les magasins et les autres locaux où les documents peuvent se retrouver stockés.
Pour le papier, et non pour le parchemin, les experts visent désormais une atmosphère plutôt plus
froide mais sans humidité, ce qui n'est pas réaliste dans des climats un peu chauds, méditerranéens
par exemple. Restons donc sur l’idée d’évolution lente dans des limites à ne pas franchir
excessivement. Bien des bâtiments fort anciens avec forte inertie thermique, comme en France les
Grands dépôts des Archives nationales, qui réagissent lentement aux variations climatiques selon les
saisons, ont montré leur capacité à constituer de bons "conservatoires" de la mémoire archivistique
nationale.
Le point important réside dans la conjonction des deux paramètres :
température,
humidité relative ;
plus l’air est chaud et plus il peut contenir d’humidité sous forme de vapeur d’eau avant de
parvenir à "saturation" : à 20° l’air peut accepter 14,61 g de vapeur mais à 5° seulement 7g. Il ne faut
en aucun cas dépasser le taux de saturation :
si le taux de saturation est atteint, la condensation se produit et l’eau sous forme liquide se
déposera sur les parties les plus froides, en général les murs, les meubles et les documents ;
l’excès d’humidité entraîne le développement de champignons destructeurs et provoque
l’hydrolyse des fibres du papier.
À l’inverse, un excès de sécheresse entraînera des dégâts et cassures sur les parchemins, les cuirs de
reliure et les colles.
Lorsqu'on met en relation des données climatiques et des germinations possibles de micro-
organismes, on constate que, en cas d’excès d’humidité, il faut agir rapidement pour atténuer les
risques de germination en abaissant la température.

l’idéal est de disposer d’une installation correcte pas trop compliquée sur laquelle le service des
archives puisse intervenir rapidement pour faire modifier les paramètres et rétablir la situation
magasin par magasin et non pour l’ensemble des magasins en bloc ;
donc il faut une installation simple et maniable disposant d’une régulation magasin par
magasin ;
les études préalables confiées à des ingénieurs spécialisés, prenant en compte les conditions
climatiques locales, sont assurément fort utiles et un bon contrat de maintenance avec une
entreprise stable encore plus.

21
3. Les différents locaux d'un service d'archives

c) [Link]. Normes : brassage de l'air et renouvellement de l'air


Autre paramètre important : le brassage d e l'air et le renouvellement de l'air
On sait que le brassage de l’air qui empêche la formation de poches d’air stagnant et humide est
important, d’où les recommandations en ce domaine.
Elles préconisent en France un brassage de l’air interne des locaux de conservation de 3 volumes d’air
interne par heure dans les magasins et 1 volume /heure dans les locaux de travail et le
renouvellement d’air extérieur filtré et traité de 0,10 à 0,25 volume du local par heure pour les
magasins : ce point est important en ce qu’il évite la formation de poches d’air humide avec
prolifération de moisissures ou champignons.

Exemple

Il était auparavant préconisé un renouvellement d'air de 0,50 volume par heure. De l'avis général, ce
renouvellement important n'est pas nécessaire et coûteux puisque l'air introduit doit être traité pour
atteindre les exigences demandées dans les magasins. Dans les projets récents Archives Nationales à
Pierrefitte-sur-Seine (320 kml) et magasins des Archives du Nord (80 kml), des études ont montré qu'un
renouvellement de l'air de 0,10 volume par air est suffisant. Par contre celui-ci doit pouvoir être
augmenté à 0,25 volume par heure si les circonstances le demandent.

Lors de l’équipement en mobilier et du chargement des documents dans les nouveaux magasins, on
doit tenir compte de la nécessité de laisser passer l'air pulsé dans tout l’espace et entre les travées.
En conclusion : mesurer est indispensable
Un service d’archives moderne doit pouvoir :
mesurer en permanence dans chaque local
température,
humidité
vérifier le taux de brassage de l'air.
Au-delà des thermographes ou hydrographes enregistreurs, toujours utiles, on voit maintenant des
systèmes de capteurs gérés par ordinateur dans le cadre d’une GTC (gestion technique centralisée de
tous ces paramètres).
Le système de climatisation de l’air :
permet de jouer sur ces paramètres que l’aération naturelle en est incapable ou seulement à la
marge ;
de plus, il peut régler la question de la pollution atmosphérique, des poussières extérieures et
des gaz nocifs grâce à un filtrage approprié.
Dans tous les cas il faut envisager les pannes totales ou partielles du système et prévoir de réintroduire
la ventilation naturelle : rien de pire qu’un local clos sans climatisation, surtout sous des climats
défavorables.

Attention

Les salles de lecture doivent disposer de conditions de conservation satisfaisantes pour les documents,
mais aussi de confort pour les lecteurs.
Ces deux objectifs sont parfois assez contradictoires surtout que la mode architecturale du moment
impose des façades entièrement vitrées et parfois mal orientées.
L'orientation de la salle de lecture et le traitement de sa façade doivent donc être étudiés en
conséquence (emploi de pare soleil, limitation des surfaces vitrées).

22
3. Les différents locaux d'un service d'archives

3.2. Locaux de travail


Introduction

On comprend sous ce terme à la fois :


les bureaux,
les ateliers,
les salles de tri,
les annexes destinées à recevoir les documents à
leur entrée ou avant leur sortie.

3.2.1. Bureaux
La question des bureaux n'est pas la plus simple tant il se vérifie d'expérience que leur nombre se
révèle vite insuffisant.
C'est pourquoi, une étude de l'évolution prévisible de l'effectif est nécessaire pour accompagner l'effort
de persuasion de l'archiviste vis-à-vis du maître d'ouvrage.
Des cellules de travail situées dans la zone des magasins ont souvent servi de solution de secours pour
les collaborateurs en surnombre : c'est naturellement un pis aller peu recommandable.

3.2.2. Salles de tri et de classement


La seconde question à se poser par rapport aux recommandations des manuels est celle des salles de
tri.
Qui, en effet, visitant un service d’archives moderne, n’a pas trop souvent constaté que ces lieux de
travail étaient désertés ? Surtout quand, suivant en cela les prescriptions, elles se sont trouvées situées
au plus près de l’entrée des documents et loin des bureaux.
C'est pourquoi une nouvelle conception se met en place qui fait de ces locaux de travail des "lieux de
vie" équipés pour des tâches diversifiées.

23
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Image 3 Cette salle de tri de taille modeste mais adaptée au nombre d'agents et de chantiers
simultanés qu'elle peut accueillir correspond aux besoins d'un département comme celui des Alpes de
Haute-Provence. Elle n'est pas désertée ! On y voit un travail en cours sur des tables à hauteur d'appui,
avec chariots de tailles diverses et casiers de rangement provisoire : manque le tabouret haut qui permet
de s'asseoir commodément pour un travail de longue haleine. Malgré son nom ce n'est pas une salle de
tri postal : ce local est un lieu de vie qui doit disposer de tous les instruments de travail de l'archiviste en
particulier d'un espace de travail bureautique.
En France, pour les bâtiments d'archives départementales, on note une tendance actuelle dans les
programmes récents : il est prévu plusieurs salles de tri de dimensions plus modestes plutôt qu'une
grande salle unique. Certaines salles de tri sont équipées de postes de travail fixes pour le personnel
qui y dispose de son propre bureau à côté de son espace de tri et de classement.

a) Situation
C’est pourquoi, il est préférable que les zones de bureau et de classement coexistent au même
niveau.
La salle de tri, près du quai est alors aménagée et réservée au traitement des fonds entrant, massifs,
en vrac, nécessitant une première identification ou au transit rapide des versements en ordre munis de
cotes, ne nécessitant qu’un simple pointage, en tout cas pas aux fonds qui supposent des travaux
minutieux ou de longue haleine ; elle est complétée par une salle de classement.
Il faut en effet que les collaborateurs scientifiques et techniques puissent passer facilement de tâches
de classement et d’inventaire sur les documents à des tâches de bureau (saisie par exemple). Il faudrait
donc un rapprochement entre les deux espaces.

Attention

Il ne s’agit pas d’aménager de petites salles de tri individuelles liées aux bureaux du personnel
scientifique : c’est un lieu où les documents stagnent souvent pendant des années dans des conditions
climatiques et de sécurité pas du tout satisfaisantes.
Il s’agit de salles vastes donnant sur les bureaux ou les bureaux donnant sur ces salles.

3.2.3. Locaux de réception et de traitement des versements


Introduction
Une des principales fonctions d'un service d'archives public consiste à recevoir des documents
provenant des administrations en grosse quantité : il faut donc des locaux de réception appropriés.

24
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Parmi tous les documents en provenance de l'extérieur, certains devront subir une désinfection ou un
dépoussiérage.
Ces travaux de désinfection sont maintenant le plus souvent réalisés à l'extérieur des archives.
Une partie de ces documents devront être soit immédiatement, soit à terme éliminés : là aussi il faut un
espace pour les entreposer.
[Link]. Locaux de réception
Une salle (ou plusieurs) est destinée à accueillir les versements de documents pour un temps assez
bref : le temps de la vérification des bordereaux d’accompagnement ou listes descriptives.
Elle doit ouvrir sur l’extérieur et donner, pour la réception des versements effectués par camions, sur un
quai de déchargement, surélevé d’un mètre environ et abrité de la pluie et du vent.
La salle peut mesurer 50 m² pour un bâtiment de 25000 mètres de rayonnages.
Il faut aussi une petite pièce bureau attenante, ou au minimum que cette salle puisse être équipée pour
recevoir un poste de travail avec prise pour un ordinateur.
Prévoir un matériel de levage et de manutention de type industriel.
Des rayonnages sommaires font le pourtour de la salle.

[Link]. Locaux de quarantaine et de dépoussiérage


Il convient de prévoir un local de quarantaine pour documents infectés ou suspects et un local de
nettoyage et dépoussiérage des documents entrants. Une surface de 20 m² peut être prévue pour
chacun de ses locaux.
Le local de quarantaine permet d'isoler les documents suspects ou contaminés en attente de
traitement. Le local de dépoussiérage permet de dépoussiérer les documents avant entrée dans les
magasins. Cette opération a parfois lieu également en salle de tri.

Attention

Les autoclaves à l'oxyde d'éthylène disparaissent des archives, car dangereux.


Ils ne sont pas interdits mais la sécurité des agents suppose des conditions draconiennes pour leur
usage.
En France il est fait appel aux sociétés privées de désinfection.

[Link]. Local pour le pilon


Une partie volumineuse des archives sera éliminée ou pilonnée (d’où le terme de pilon).
Pour les documents à éliminer à terme, le mieux est de les conserver dans des magasins proches du
rez-de-chaussée.
Les documents ayant atteint le moment de leur destruction sont entreposés dans la salle des
éliminables (50 m² pour un bâtiment d’importance moyenne) :
soit la destruction a lieu sur place par déchiquetage ou incinération,
l’incinération n’est pas recommandée dans un bâtiment d’archives, sauf si l’incinérateur est situé
dans un bâtiment à part et suffisamment éloigné des autres bâtiments ;
soit un entrepreneur spécialisé se charge d’enlever les documents et de les détruire après
déchiquetage : il faut alors prévoir un quai de déchargement et un matériel de levage ;
On prévoit en général une petite salle séparée - le local pilon - pour éviter des confusions,
cependant il arrive que la même salle serve à l'arrivée des versements et à l'entreposage du
pilon en séparant les deux espaces par un muret bas.

25
3. Les différents locaux d'un service
d'archives

3.3. Ateliers
Introduction

Traditionnellement, les services d’archives importants


possèdent des ateliers intégrés :
pour le microfilm, la photographie et la
numérisation d’une part,
la reliure et la restauration (ou la réparation) des
documents d’autre part.
maintenance et bricolage.

3.3.1. Utilité de ces services


L'existence de ces services techniques perdure, même si les services font appel de plus en plus au
secteur privé pour les opérations lourdes de microfilm, de numérisation ou de restauration.
Ils se doivent alors de posséder un équipement de haut niveau et assez récent pour les mettre en
mesure de suivre et contrôler l'évolution technique et de préserver leur compétence. Un tel
équipement est nécessaire dans les grands services pour traiter les opérations délicates ou urgentes.
Le personnel qui y travaille est d'ordinaire qualifié pour la rédaction de cahiers des charge préalables
aux appels d'offres, le suivi et le contrôle de la qualité du travail rendu.
Mais on peut très bien imaginer, dans un service qui externalise (c'est-à-dire qui fait appel à une
entreprise extérieure) systématiquement toutes ces opérations, la seule présence d'un spécialiste sans
atelier.

3.3.2. Description des ateliers


Introduction
Dans un service d'archives plusieurs ateliers peuvent généralement fonctionner. Certains sont
indispensables, d'autres moins.
[Link]. Atelier de photographie et de numérisation
La description des espaces des ateliers que l'on trouve dans l'ouvrage de Michel Duchein reste
globalement valable pour l'atelier de microfilmage et de photographie à condition d'y ajouter les
espaces de travail pour le ou les postes de numérisation.
Il peut être ajouté aussi un atelier audiovisuel si une activité de production ou de diffusion interne
existe dans le service ou si la conservation d'archives audiovisuelles le justifie. Cet atelier ainsi équipé
est parfois intégré à l'atelier photo.

Complément

Atelier de photographie et de numérisation des Archives départementales du Nord


(cf. [Link])

26
3. Les différents locaux d'un service d'archives

[Link]. Atelier de reliure, de restauration et de conditionnement.


Le travail de reliure et de restauration se justifie dans le cas d'un service d'archives d'une certaine
importance, sinon il est préférable de faire appel à un relieur ou un restaurateur extérieurs (s'il en existe
évidemment) et de prévoir en conséquence le budget.
Ces ateliers doivent être bien éclairés, aérés, munis de portes de 1,40 m de large (double battant)
pour le passage du matériel encombrant, équipés :
d'armoires fermant à clef pour les réserves de produits chimiques dangereux ; armoires
spécialisées avec système de ventilation si produits chimiques dangereux ;
pour les gros services il vaut mieux prévoir un local à part pour ces produits, de même que pour
ceux de la photographie ;
L'atelier de reliure contient des appareils lourds et encombrants : il faut prévoir une résistance au sol
de 1500 kg au m².
L'atelier de restauration doit comprendre une zone sèche et une zone humide. Dans la zone humide il
convient de prévoir une évacuation d'eau et un système de ventilation
Il ne faut pas oublier non plus un local de stockage des fournitures (papiers, cartons et autres
matériaux) qui tiennent beaucoup de place et ne doivent pas encombrer l'espace de travail.
La fonction encartonnage et conditionnement des documents est plus répandue que naguère en
raison de la plus forte sensibilisation des conservateurs d'archives aux questions de conservation
préventive : il faut donc prévoir des espaces de rangement des stocks de cartons d'archives suffisants
afin de ne pas encombrer les magasins, ni les ateliers. Une surface de 30 à 40 m² peut convenir dans un
service moyen, à situer à proximité de la salle de tri et de classement.
Il ne faut pas entreposer les boîtes dans un lieu humide à cause du risque de développement de
moisissures.

Attention

C’est le plus souvent dans les salles de tri et de classement que se fait le conditionnement.
Mais c’est un pis aller valable pour les services assez modestes.
Gardons l’idée que cette fonction importante mérite des locaux spécifiques.

Dans certains cas on se dotera de l'espace et du matériel pour fabriquer des boîtes sur mesure
surtout quand les fonds anciens comprennent des documents anciens et fragiles de tous formats. Cette
fonction peut être assurée par l'atelier de reliure.

Complément

Atelier de restauration et de reliure des Archives départementales du Nord


(cf. [Link])

[Link]. Atelier de restauration des sceaux


La présence d’un atelier spécialisé pour les sceaux est rare, notamment en France, et fonction de leur
présence dans les collections : la spécialité de restaurateur de sceaux est peu répandue.
Cet atelier, s’il est prévu, n’a pas besoin d’une grande surface : 30 m².

27
3. Les différents locaux d'un service d'archives

[Link]. Autres locaux techniques


Un atelier pour le montage des expositions et/ou un local de rangement des expositions
itinérantes constituées d’un grand nombre de panneaux s’impose (voir module 12, section 3).
Dans les services qui organisent eux-mêmes leur nettoyage et dépoussiérage, il convient de prévoir la
place nécessaire aux machines et aux hommes chargés de cette tâche. Si la tâche est externalisée, il
faut penser aux vestiaires et douches et aux locaux rangement pour le personnel de la société de
service.
En général, les programmes de construction de bâtiments importants prévoient désormais une
cafétéria et un local de détente pour le personnel qui permet de prendre la pause déjeuner sur place.

[Link]. Local serveur ou salle informatique


Le développement des nouvelles technologies conduit à prévoir une salle informatique pour
l’archivage électronique appelée aussi local serveur. Cette salle comporte essentiellement des
ordinateurs de grande capacité sur lesquels sont stockées les données numériques (disques
magnétiques, données sur supports optiques dans des librairies automatisées).
Par ailleurs, des supports numériques amovibles (hors ligne) peuvent être conservés dans des
magasins. La salle informatique devra être équipée et maintenue de façon à protéger les équipements
qu’elle héberge contre différents facteurs de risque physique (le feu, l’eau, la poussière, la température,
l’humidité, l’électromagnétisme.)
Elle devra donc être aménagée et équipée :
De cloisons coupe feu protégeant la salle en toutes circonstances d’une température excessive, y
compris en cas d’incendie extérieur à la salle.
D’un plancher surélevé utilisant un revêtement résistant et répondant aux normes
hygrométriques et électrostatiques en vigueur.
Suivant le type de support utilisé pour la conservation des archives (notamment supports
magnétiques) l’installation d’une cage de Faraday pourra s’avérer nécessaire afin de se protéger contre
le rayonnement magnétique provenant de l’extérieur de la salle.
Il est également recommandé d’installer l’ensemble des équipements dans des mobiliers techniques
ou des baies adaptées et sécurisées.

Attention

Pour prévenir les risques d’incendie, la salle devra être équipée :


De détecteurs d’incendie qui doivent être couplés avec le système d’alarme et le système
d’extinction.
D’un système d’extinction d’incendie automatique. Plusieurs gaz peuvent être utilisés : CO2,
FM200, gaz inertes. La salle informatique devra être étanche à ces gaz.

Afin de protéger les équipements contre les aléas de température ainsi que contre l’humidité et la
poussière, un système de climatisation devra également être installé. Celui ci devra être capable de
réguler la température, de maintenir un taux d’humidité stable et de filtrer la poussière. Il est conseillé
que ce système soit redondant afin de pallier aux éventuelles pannes.
Enfin un système de détection de fuites de fluides est recommandé surtout si la salle se trouve à
proximité de circuits d'eau (chauffage, climatisation), sanitaires, plomberie. Par ailleurs la partie
supérieure du local devra être rendue étanche à l’eau et ne pas comporter de réseau transportant des
fluides en plafond.

28
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Le plancher et le faux plancher de la salle informatique devront être capables de supporter le poids de
l’ensemble des équipements installés. Ces équipements qu’ils s’agissent de serveurs ou de
périphériques excèdent aujourd’hui rarement 350 kg/m² par unité. Par sécurité, il est néanmoins
conseillé de disposer d’un plancher résistant à une charge au sol de 800 kg/m².

Attention

On distinguera également un contrôle d'accès supplémentaire pour la salle informatique. L'accès à


cette salle sera strictement interdit à toute personne extérieure au service.

3.4. Locaux publics


Introduction

On comprend dans cette zone (module 11, section 6) :


le hall d’accueil et ses annexes,
les espaces de consultation,
les locaux d’action culturelle et de service éducatif.

Voir la galerie (cf. p.43)

-Locaux de consultation aux Archives départementales de Haute-Savoie (cf. haute-

[Link])

3.4.1. Hall d'accueil


Vaste et clair, il sera d’une dimension adaptée à la capacité du bâtiment (fonction du nombre de places
en salle de lecture et de la capacité de la salle de conférence par exemple).
C’est le lieu d’implantation :
de la banque d’accueil,
des vestiaires-consignes,
de l’accès aux toilettes,
de distribution du circuit du public vers les salles d’exposition et de conférences, de réunion, les
espaces de consultation, vers les bureaux de Direction, etc…
De ce fait, on prévoit de pouvoir y accéder facilement en dehors des heures d’ouverture normales du
service pour faciliter les activités en soirée ou durant les fins de semaine, sans remettre en cause la
sécurité du bâtiment.

29
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Exemple

Dans le cas de la Haute-Savoie (France), deux halls séparés par une simple paroi vitrée autorisent ce
double usage sans remettre en cause la sécurité des Archives.
Dans le hall, ou à proximité en accès direct, est disposé le lieu de repos et de détente du public, les
distributeurs de boissons et sandwiches ou la cafétéria.
Un espace d’information pour le public, quelques panneaux d’exposition ne sont pas superflus.

Attention

Possibilité ou interdiction de fumer ?


Dans un service d’archives, on ne fume pas, car c’est trop dangereux.
S’il est impossible d’interdire, il faut absolument prévoir un local bien séparé et très ventilé.
En France , Depuis le 1er février 2007, il est interdit de fumer dans tous les lieux fermés et couverts qui
accueillent du public ou qui constituent des lieux de travail.

3.4.2. Espaces de consultation


Introduction
Dans les grands services, il peut y avoir plusieurs salles de lecture consacrées chacune à une catégorie
particulière de documents.
De très nombreux services ne disposent que dʼune seule salle ouverte au public pour la consultation des
différents types dʼarchives : des espaces spécialisés sont alors aménagés dans cette salle unique.

Image 4 On a choisi encore une fois les Archives de Haute-Savoie pour démontrer qu'à des problèmes
délicats on peut toujours trouver la solution adéquate. Les départements de l'ancienne Savoie conservent
une très belle collection de «mappes» sardes, plans cadastraux de très grande dimension. Ailleurs aussi se
pose la question de la consultation d'originaux très difficiles à transporter sans dommage et à consulter en
salle de lecture. D'où la solution retenue ici de magasins ouverts au public et sous surveillance constante.

30
3. Les différents locaux d'un service d'archives

[Link]. Evolutions et réflexions actuelles


Sans reprendre en détail les éléments qui concernent ces espaces (module 11, section 6), il est
intéressant de pointer les derniers éléments de réflexion sur la conception et la disposition des locaux
destinés à recevoir différents types de public :
celui qui vient consulter sur place documents — originaux ou substituts (microfilms, CD...) — ou
se renseigner sur les ressources des archives en vue d’une utilisation de type historique,
celui qui vient pour obtenir un document en vue d’une action administrative, judiciaire ou autre
de même nature.
Le principe généralement admis de nos jours est de bien distinguer les publics et de leur consacrer
des espaces différents, au moins dans les grands services : on ne recevra pas le simple public venu pour
un renseignement personnel au milieu de la salle de lecture.
Par ailleurs, il conviendra d’anticiper les évolutions techniques prévisibles. Ainsi, les salles de lecture
comportent toutes actuellement des espaces spécifiques ou des cyber-espaces pour accueillir le large
public venu consulter sur des postes informatiques les ressources numérisées.

Exemple

Image 5 -
Les Archives des Yvelines ont clairement séparé la salle de consultation sur poste informatique de la «
réserve », salle consacrée à la lecture des originaux.
On voit ici une vue de l'équipement de la salle multi-média mis librement et sans formalités à
disposition du public le plus large possible.

Plus largement, on évitera de voir s'entasser des dizaines de chercheurs dans les salles de microfilms et
de consultation des fonds numérisés pendant que la salle de consultation des originaux très vaste
demeure quasi déserte.
Les salles de lecture modulables architecturalement permettront de suivre l'évolution des
technologies ( numérisation des documents, archives sonores...) et de et de modifier si nécessaire les
espaces en fonction des lecteurs.

31
3. Les différents locaux d'un service d'archives

[Link]. Sécurité des collections


Enfin, une attention toute particulière doit être apportée à la sécurité des collections lors des
opérations de communication des documents au public.
La gestion informatisée des communications a permis d’améliorer la sécurité.
Mais, malgré ces améliorations, la vague actuelle de vols de documents dans les salles de lecture, tout
au moins en Europe occidentale, prouve que le problème est devenu très grave.
La prévention des vols passe par un certain nombre de mesures (la Direction des Archives de France1
a sorti une circulaire à ce sujet) : La conservation matérielle2
dépôt dans des vestaires-consignes de tous les objets personnels, sauf papier, crayons ou
ordinateurs portables : il faut donc prévoir partout ce dispositif ;
surveillance constante de la salle par un personnel du service ou extérieur et pour ce faire :
prévoir des emplacements de contrôle des entrées et sorties de salle,
penser à protéger usuels et volumes (portiques antivol en sortie de salle),
faire installer éventuellement un système de caméra-vidéo de qualité permettant grâce à
des possibilités de zoom sur la personne une réelle surveillance du comportement de
chaque lecteur avec enregistrement.
*Conservation matérielle

[Link]. Conception générale des espaces de consultation


La salle de lecture doit être
claire,
calme,
spacieuse,
confortable,
bien orientée.
De ce point de vue, les modes architecturales actuelles multipliant les façades de verre ne facilitent pas
toujours la tâche des archivistes.
Le guichet de liaison et le dépôt de liaison entre la salle et les magasins doivent être vastes et
permettre le stationnement des chariots, ainsi que les allées et venues du personnel. Ils doivent éviter
la luminosité et la chaleur excessives.
Sans prendre parti dans le débat ancien sur la salle de lecture espace unique ou les salles spécialisées
(débat réservé aux grands services d’archives), il est intéressant de noter :
que les expériences de salles des microfilms avec libre-service sont souvent très concluantes,
que les salles spéciales de consultation des cartes et plans ou des registres de grand format sont
aussi très concluantes à ce jour.
À terme, dans ces deux cas, l’image numérique :
viendra remplacer les supports actuels
et facilitera grandement la diffusion et la conservation des ressources archivistiques.

1. [Link]
2. [Link]

32
3. Les différents locaux d'un service d'archives

3.5. Locaux culturels


3.5.1. Les salles d'exposition
Deux tendances existent dans ce domaine : soit les documents sont exposés dans le hall d’accueil, et
dans ce cas il s’agit rarement de documents originaux et l’exposition dans le cheminement du public
est d’une taille limitée.
Soit la salle d’exposition est un espace spécifique prévu dans le programme au même titre que la salle
de lecture.
Le public doit pouvoir avoir accès à la salle d’exposition - et également à la salle de conférence si elle
est prévue - en dehors des heures d’ouverture du service d’archives : aussi l’accès à ces deux types de
locaux, leur emplacement et leurs annexes (sanitaires, vestiaires) doivent-ils être étudiés en
conséquence.
Cet espace d’exposition n’est pas toujours considéré comme indispensable mais contribue au
rayonnement de l’institution et rares sont les grands bâtiments d’archives qui n’en disposent pas. Sa
taille doit être évaluée en fonction des perspectives d’utilisation. Une des solutions consiste à prévoir
deux espaces d’exposition : un pour les expositions permanentes et un pour les expositions
temporaires grâce à la mise en oeuvre de cloisons mobiles .

Attention

Les documents vont séjourner en salle d’exposition sur des périodes de trois mois maximum. Des
précautions particulières doivent donc être prises pour assurer leur conservation.
Les conditions d’exposition des documents doivent être étudiées avec soin :
La norme ISO 11799 indique qu’il convient de limiter le plus possible à la fois l’intensité et la durée
d’exposition à la lumière (notamment pour les encres d’imprimerie modernes, les papiers acides à
base de bois, les photographiques en couleur, les impressions colorées et les dessins). Un niveau de
lumière de 50 lux sur les documents exposés est ainsi préconisé. La lumière naturelle est à limiter ou à
proscrire. Aucune lumière incandescente ni aucune autre source de lumière génératrice de chaleur ne
doivent être placées à l’intérieurou prés des vitrines. On utilisera de préférence un éclairage par diode
electroluminescente (LED) ou par un système de lumière à fibre optique utilisable dans la vitrine à
condition que la source génératrice de lumière soit placée hors vitrine. L’éclairage à lampes
fluorescentes munies de diffuseur et de filtres doit être placé à l’extérieur de la vitrine.
La stabilité thermohygrométrique devant être assurée et contrôlée dans les salles d’exposition, celle-ci
est plus délicate à obtenir lorsqu’elles sont intégrées dans le hall d’accueil.

3.5.2. Les salles de conférences ou auditorium


Après l'émergence, déjà ancienne, des salles d'exposition qui font toutefois encore parfois défaut dans
les grands services et bien sûr dans les plus modestes, on a constaté plus récemment l'irruption
d'auditoriums et de salles de réunions.
Les services qui en sont dotés deviennent des lieux culturels de plein exercice.
Ces salles constituent des outils formidables de vulgarisation et viennent compléter la présentation
et la consultation d'originaux par l'organisation de :
cycles de conférences scientifiques,
colloques scientifiques,
séances de conférences de vulgarisation.
Elles accroissent merveilleusement la notoriété des institutions d'archives.

33
3. Les différents locaux d'un service d'archives

Leur dimension est calculée dans les programmes en fonction des besoins propres des archives, mais
aussi en fonction de l'environnement local qui dispose ou non d'équipements de cette sorte à
proximité. Les salles de conférences les plus récentes sont équipées de boucles magnétiques pour
l'accueil des malentendants.

Exemple

Image 6 -
Les Archives de Haute Savoie disposent d'un bel équipement de colloques et réunions.
On pourrait désormais multiplier les exemples en France d'Archives bien équipées pour remplir leur
mission, de diffusion culturelle et scientifique grâce à ces salles modernes et spacieuses. Elles
renforcent la notoriété de nos maisons.

Image 7 -
Les Archives de la Manche font de cet équipement un usage particulièrement réussi en ouvrant leur
auditorium à de nombreuses manifestations, contribuant ainsi à l'animation de la ville chef lieu du
Département.
Naturellement dans chaque exemple cité le service dispose en complément de la salle d'exposition et
de travail du service éducatif désormais classique dans tous les programmes de construction.

34
3. Les différents locaux d'un service d'archives

3.6. Un exemple : les Archives départementales des Landes à


Mont-de-Marsan
Les Archives départementales des Landes à Mont-de-Marsan
Architecte : Nathalie Larradet. 5 113 m². 17 kml. 7,7 M €
Début du chantier : décembre 05 - Ouverture au public : novembre 2007
Ce bâtiment très intéressant architecturalement est composé de deux parties : les magasins dans une
ancienne caserne entièrement réhabilitée et les locaux de réception du public et les locaux de travail
dans un bâtiment neuf adjacent.
Deux des façades vitrées du hall sont constituées de grandes parois translucides dans lesquelles est
incrusté un film représentant des manuscrits anciens à grande échelle ce qui permet de signifier de
manière assez spectaculaire surtout de nuit, la destination du bâtiment.
L’architecte a beaucoup travaillé sur le concept de boîte dans la boîte, aussi bien pour le stockage des
documents en recréant un bâtiment à l’intérieur de la caserne, que pour la salle d’exposition par
exemple en créant des vitrines protectrices ou pour les vestiaires.
La salle de lecture et son mobilier contemporain, les œuvres réalisées pour le 1% culturel témoignent
également du soin apporté à l’ensemble de l’édifice.

Voir la galerie (cf. p.43)

35
4. Procédures de conception IV

Qu’il s’agisse de construire un bâtiment neuf ou de transformer un bâtiment existant, rien de bon ne
peut être réalisé sans un programme précis.
En fait le programme est composé de deux documents élaborés successivement :
le cahier des charges ou programme de l'archiviste,
le programme architectural mis au net par un architecte programmiste.
Il est nécessaire de sélectionner un maître d'oeuvre chargé des études préalables.

Pour plus de détails... Complément

Cahier des charges de l'archiviste :


Le cahier des charges ou "programme utilisateur" est l'œuvre de l'archiviste et précède le programme
architectural dont il constitue la matrice.
Il est possible de fusionner les deux documents dès lors que l'archiviste travaille étroitement avec le
programmiste ou inspire son travail.
Il existe généralement des programmes-types ou des modèles.
Préalablement à sa rédaction, il faut réfléchir aux prévisions d'accroissement, d'évolution des activités
d'ici à 20 ou 30 ans.

36
5. Suivi des travaux V

Introduction
Une fois le programme établi se pose la question du suivi du chantier.
ATTENTION !
Le rôle de l'archiviste entre maîtrise d'œuvre et maîtrise d'ouvrage est important à examiner.
La difficulté vient de ce que lʼutilisateur final - le service dʼarchives en lʼoccurrence - nʼa en général pas de
rôle officiel dans la procédure. C'est du moins le cas en France où seul le maître dʼouvrage, cʼest à dire la
collectivité (Région, Département, Commune ou Etablissement public), a une existence juridique.
Il arrive donc que lʼarchiviste soit exclu du processus de sélection de lʼarchitecte et des études préalables
ainsi que du suivi de chantier. Cette situation est néfaste et il faut tout faire pour lʼéviter.
La solution passe généralement par une entente directe avec le service en charge des bâtiments et ses
assistants (assistants à maîtrise dʼouvrage ou maîtres dʼouvrages délégués).

5.1. Suivi de chantier


Il constitue une phase essentielle, même si, dans l'ensemble, tout est décidé avant le premier coup de
pioche.
C'est le moment de faire rectifier des erreurs, d'obtenir des améliorations sans que l'on puisse aller très
loin dans ce sens.
Mais il est souvent possible d'intervenir dans les détails, d'où la nécessité d'être présent sur le chantier
et dans les réunions de coordination de chantier qui habituellement se tiennent à un rythme
hebdomadaire.
En tout état de cause le suivi de chantier donne toujours lieu à des comptes-rendus qu'il convient
d'examiner de près pour relever les écarts par apport au projet initial et débusquer réductions de
prestations ou modifications substantielles.

Attention

Il est important de prévoir un temps de séchage des matériaux de construction avant l'introduction des
documents soit 6 mois à 1 an selon les conditions climatiques. Ce délai peut être compris dans le
temps de mise en place du second œuvre. Par ailleurs, si les magasins sont construits en premier, la
période de séchage sera augmentée du temps de construction du reste de l'édifice. Les systèmes de
traitement climatique des magasins doivent aussi être testés avant leur réception et après une année
de fonctionnement.

37
5. Suivi des travaux

5.2. Réception des travaux et mise en service


La réception des travaux est une opération essentielle et, en général, très réglementée.
Elle se déroule en deux phases :
la réception provisoire
et la réception définitive.
Ces deux phases permettent d'émettre des "réserves" formelles qui se doivent d'être corrigées dans le
délai contractuel, sauf à l'entreprise à encourir des pénalités.
On ne saurait trop conseiller à l'archiviste de la préparer très minutieusement à l'avance et de faire
soigneusement le tour de son bâtiment pour noter toutes les imperfections.
L'architecte joue naturellement un rôle essentiel dans ce processus.

5.3. Après la mise en service


Tout n'est pas terminé avec la mise en service et l'inauguration du bâtiment, bien au contraire.
La période de garantie qui porte en France sur les dix années qui suivent la réception par le maître
d'ouvrage et dite "garantie décennale" est le moment de toutes les vigilances et des interventions de
l'utilisateur pour alerter le maître d'ouvrage sur les défaillances ou les vices de construction.
Ceci peut être générateur de contentieux à terme et doit donc être suivi avec beaucoup d'attention par
le Directeur ou l'Archiviste.

38
Evaluation des connaissances VI

1. Introduction
Avez-vous bien compris tout ce qui vient de vous être enseigné ?
Si vous voulez le vérifier, faites les exercices proposés ci-dessous.
Si vous ne savez pas répondre, ne regardez pas trop vite le corrigé, travaillez à nouveau la (les) section(s)
précédente(s) où vous découvrirez les solutions.
Bien sûr, si vous n'y arrivez vraiment pas, vous pouvez consulter les réponses. Ne les lisez pas avec
précipitation mais avec une grande attention et surtout essayez de comprendre.
Six exercices vous invitent à aménager des magasins d'archives : à vous d'imaginer avec les données
prescrites.

2. Série de quiz
Exercice 1
Parmi les propositions suivantes, cochez les affirmations exactes.
 Une solution-type a été élaborée afin de faciliter l'aménagement de locaux d'archives.

 Les centres d'archives doivent être construits en périphérie et non dans les centre urbains afin
d'éviter les risques de vol et la pollution.

 Il est illusoire de croire que la construction et l'aménagement d'un centre d'archives sont définitifs.

 Un principe veut que tout bâtiment d'archives soit divisé en deux zones : celle de la conservation et
celle du traitement.

 Puisque les rayonnages soutiennent un large poids de documents, il est préférable que ceux qui se
trouvent le long des murs soient appuyés contre ceux-ci.

 Pour une zone servant à ranger des documents à durée de conservation limitée, il est possible
d'utiliser de l'équipement industriel économique.

 Pour favoriser la conservation des documents, il est plus important d'éviter les brusques
changements thermiques que de respecter à tout prix une norme de température.

 Puisqu'il est important de réagir rapidement à des modifications climatiques, il est conseillé
d'installer un système simple qui régit l'ensemble des locaux.

 Une tendance actuelle veut que l'utilisation de copies numériques à des fins de consultation
remplace l'usage des grands formats et des microfilms.

Exercice 2
Parmi les propositions suivantes, cochez les affirmations exactes.

39
Evaluation des connaissances

 Il n'est pas utile de prévoir l'extension des magasins dans le futur : la numérisation des documents
et le développement des nouvelles technologies avec l'archivage électronique permettront de
limiter les documents papier à archiver.

 La consultation des documents numérisés se développe, il convient donc de prévoir une salle de
lecture séparée pour les lecteurs travaillant sur ordinateurs.

 Dans une salle de lecture les tables ne sont pas toutes identiques.

 L'éclairage dans les magasins équipés de rayonnages mobiles est différent de celui dans les
magasins équipés de rayonnages fixes.

 Les rayonnages peuvent constituer un lot à part. Pour des raisons économiques, il n'est pas utile
d'en confier la conception à l'architecte du projet.

 Pour gagner de la place si on dispose d'un terrain limité, on peut équiper un bâtiment uniquement
de rayonnages mobiles.

 Pour gagner de la place sur un terrain ou pour limiter la hauteur des bâtiments la présence de
magasins en sous-sol est une solution idéale, d'autant plus qu'en sous-sol, les conditions de
température sont plus stables et qu'il n'y a pas de problème de luminosité.

 Un système d'extinction automatique dans les magasins n'est pas obligatoire.

 Dans le contexte actuel d'économie d'énergie, on peut concevoir un bâtiment sans système de
climatisation.

 Les recommandations pour la construction ou l'aménagement d'un bâtiment d'archives ne sont pas
définitives.

Exercice 3
Complétez la phrase ci-dessous par les chiffres recommandés.
Les planchers des magasins doivent supporter au moins les charges suivantes
kg/m² pour des rayonnages fixes
kg/m² pour des rayonnages mobiles

Exercice 4
Complétez les phrases ci-dessous par les chiffres recommandés.
Dans les magasins contenant des documents sur papier, les températures peuvent varier dans une
fourchette de °à ° voire °.
Dans les magasins contenant des documents sur papier, le taux d'humidité relative peut varier dans une
fourchette de %à %.

Exercice 5
Complétez les phrases ci-dessous par les chiffres recommandés.
La hauteur sous plafond recommandée dans les magasins est de m et cm.
La hauteur des rayonnages est de m et cm.

Exercice 6
Complétez les phrases ci-dessous par les chiffres recommandés.
La largeur des allées principale recommandée est de m et cm à
m et cm. Pour les allées secondaires, entre épis, on recommande
cm.

40
Evaluation des connaissances

Exercice 7
Complétez les phrases ci-dessous par les chiffres recommandés.
En salle de lecture, la dimension recommandée de l’espace de travail d’un lecteur consultant des
documents sur papier est de cm de large et de cm de profondeur.
On compte m² par lecteur pour un calcul rapide de la surface de la salle de lecture.

Exercice 8
Complétez la phrase ci-dessous par les chiffres recommandés.
Les conditions idéales d’exposition de documents originaux : une luminosité de lux pour
une durée maxima de mois.

Exercice 9
Les énoncés ci-dessous comportent des "trous". Glissez les bons mots (ou groupes de mots) vers les
énoncés qui conviennent.

détecteurs compartiments coupe-feu pare-flammes combustibles signalisation

Ne pas Il faut faire Il estIl importe de La Afin de


introduire de usage de extrêmement diviser le réglementation détecter les
_________ matériaux important de volume de prévoit la débuts
autres que __________. prévoir la
stockage. La présence d'une d'incendies, il
ceux prévus pose de fonction des ___________ faut équiper
au cahier des vitrages___________ des issues de les salles de
charges. __________ est sortie afin de ___________ .
dans les salles
d'empêcher, faciliter le
de magasinsou du moins processus
pourvues de retarder, d'évacuation.
d'ouvertures
l'extension du
Exercice 10 sur l'extérieur.
feu aux autres
secteurs
Les énoncés ci-dessous comportent des "trous". Glissez du mots (ou groupes de mots) vers les
les bons
énoncés qui conviennent. bâtiment.

clefs de sûreté traitement sous-sols contrôle d'accès

1. Pour des raisons de 2. Afin d'empêcher 3. Il est nécessaire, 4. Entre l'installation


sécurité, un _______ l'intrusion de pour des questions de au sous-sol ou dans les
doit être établi afin personnes non conservation et de combles, il est
d'interdire l'entrée du autorisées dans le salubrité, de mettre en préférable de choisir
public et de toute Service, on doit prévoir place un système de _______.
personne étrangère au l'usage de _______ ou _______ de
Service dans les de systèmes d'accès l'atmosphère.
magasins et les locaux électromagnétiques à
de travail. codes pour pénétrer
dans les Archives.

3. Exercices : aménagez vos magasins d'archives


3.1. Aménagez vos magasins - aménagement 1

Simulation
aménagement 1 (cf. bat_1.swf)

41
Evaluation des connaissances

3.2. Aménagez vos magasins - aménagement 2

Simulation
aménagement 2 (cf. bat_2.swf)

3.3. Aménagez vos magasins - aménagement 3

Simulation
aménagement 3 (cf. bat_3.swf)

3.4. Aménagez vos magasins - aménagement 4

Simulation
aménagement 4 (cf. bat_4.swf)

3.5. Aménagez vos magasins - aménagement 5

Simulation
aménagement 5 (cf. bat_5.swf)

3.6. Aménagez vos magasins - aménagement 6

Simulation
aménagement 6 (cf. bat_6.swf)

42
Les galeries associées à ce module VII

(cf. Bâtiment 1)
(cf. Bâtment 2)
(cf. Bâtiment 3)
(cf. Bâtiment 4)
(cf. Bâtiment 5)
(cf. Bâtiment 6)
(cf. Locaux_publics)
(cf. Organigrammes)
(cf. Bâtiment 7)

43
Mentions légales

©AIAF - PIAF

44

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