Module 8 - Section 6 : Lutter
contre les catastrophes
Anne-Marie BRULEAUX
Andrea GIOVANNINI
14/10/2009 28/12/2024
Table des matières
Objectifs 3
1. Principaux types de catastrophes 4
2. La prévention des catastrophes 5
2.1. Évaluer les risques ..............................................................................................5
2.2. Mettre en place des mesures de prévention .....................................................7
2.3. Préparer le service à une éventuelle catastrophe .............................................8
2.4. Rédiger un plan d'urgence .................................................................................8
3. Réagir en cas de sinistre 11
3.1. Le dégât des eaux .............................................................................................11
3.2. L'incendie ..........................................................................................................13
4. Evaluation des connaissances 15
Galeries associées à ce module 16
Mentions légales 17
2
Objectifs
Description du module:
La conservation des documents d'archives est l'une des missions fondamentales de l'archiviste. Cette
conservation doit tout d'abord être préventive, car mieux vaut prévenir que guérir, autrement dit
préserver les documents des détériorations plutôt que d'avoir à les restaurer. Il convient donc de mener
une politique de préservation, véritable stratégie qui prend en compte les considérations techniques
mises en œuvre par la conservation préventive, mais va au-delà en s'appuyant sur une collaboration
interdisciplinaire et un partage des responsabilités : concrètement elle se traduit par la mise en place de
programmes et d'outils d'évaluation.
Le but du module est de:
• aider à évaluer la situation en matière de conservation dans son service
• permettre de concevoir et de mettre en œuvre une politique de préservation
L'apprenant doit être en mesure de:
• comprendre ce qu'est la conservation préventive
• distinguer les différents types de supports et de matériaux
• identifier les facteurs de détérioration des documents et comprendre leur nocivité
• lutter contre les facteurs de détérioration
• programmer la restauration des documents
• prévoir les sinistres et réagir en cas d'urgence.
Positionnement:
Ce module s’inscrit naturellement dans la chaîne archivistique : après la collecte et le traitement
intellectuel des archives, il est essentiel de se préoccuper de leur conservation avant d’envisager leur
communication et leur valorisation auprès du public. Il se prolonge par deux modules sur le microfilmage
et la numérisation, dans la mesure où ces deux techniques permettent d’organiser au mieux l’articulation
entre la conservation des originaux et leur communication au public.
Conseils d'apprentissage:
Ce module est très dense. Nous conseillons de lire d’abord les pages principales, puis de revenir sur les
encarts si l’on veut davantage d’informations. De plus, il peut aussi être considéré comme une ressource
pour répondre ponctuellement à un problème de conservation dans un service d’archives : dans ce cas
les sections 3 et 4 pourront être particulièrement utiles pour établir un diagnostic et programmer les
actions de lutte et de prévention.
En plus des éléments bibliographiques ci-après, les autres références plus ciblées d'ouvrages ou de sites
web sont indiquées dans le cours.
3
1. Principaux types de catastrophes I
Les catastrophes, qu'elles soient d'origine naturelle ou humaine, peuvent annuler en peu de temps des
siècles d'efforts de conservation.
Les deux principaux fléaux sont le feu et l'eau.
L'incendie
Les dommages dus aux incendies résultent de la fumée, de la chaleur ou des flammes, selon l'intensité
de l'action de l'incendie sur les documents. Le noircissement causé par la fumée et les déformations
induites par la chaleur sont souvent irréversibles; ainsi, même des dommages "indirects" peuvent
détériorer irrémédiablement le patrimoine écrit et imprimé.
De plus, L'eau utilisée pour éteindre l'incendie cause parfois plus de dommages que le feu.
Le dégât des eaux
Si l'incendie a toujours été craint, le dégât des eaux à la suite d'un incendie et les dégâts dus à des
inondations et infiltrations d'eau ont certainement causé plus fréquemment des dommages beaucoup
plus importants.
L'eau fait gonfler et déforme le papier, les reliures et les boîtes et il s'y crée des conditions favorables au
développement rapide de colonies de micro-organismes.
A la suite de ce gonflement, il arrive souvent que des liasses de documents serrées dans une étagère
forment un bloc compact qui ne peut être partagé sans dommages, surtout si elles ont séché ainsi.
Les dommages sont différents selon que l'eau est propre (eau des conduites) ou sale (eau boueuse, eau
polluée par des hydrocarbures, eau des égouts). Si l'eau est sale, le papier peut absorber des
impuretés qui s'y lient de manière quasiment définitive.
Le poids des documents peut augmenter très fortement en cas d'inondation et causer l'affaissement
des étagères ou même des dalles des dépôts, rendant les opérations de sauvetage difficiles et parfois
dangereuses.
Les dommages secondaires peuvent être encore plus graves que les dommages directs: dans le lieu où
l'eau s'est infiltrée l'humidité de l'air est souvent proche du point de rosée et elle est absorbée par les
documents d'archives. De cette manière se créent des conditions favorables à une infection
généralisée de moisissures et de micro-organismes.
D'autres catastrophes ne sont pas négligeables et sont plus ou moins à redouter suivant les pays :
tempêtes, cyclones et tornades
raz-de-marée
tremblements de terre
éruptions volcaniques
tempêtes de sable
accidents industriels entraînant des pollutions
Enfin, les conflits armés et les actes de terrorisme sont souvent l'occasion de destructions et de pillages
massifs de documents d'archives.
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2. La prévention des catastrophes II
Dans tous les cas, les dommages sont fortement amplifiés s'il n'existe aucun plan d'intervention en cas
de catastrophe et aucune structure capable de le mettre en œuvre.
En effet, les catastrophes, qu'elles soient naturelles ou provoquées par l'homme, peuvent avoir des
conséquences beaucoup moins graves, si l'archiviste et le personnel de son service ne se trouvent pas
brusquement pris au dépourvu.
Il est donc essentiel d'adopter, comme pour tous les autres aspects de la conservation, une attitude
résolument préventive qui implique plusieurs étapes :
Évaluer les risques
Mettre en place des mesures de prévention
pour éliminer ou réduire les risques potentiels repérés
Préparer le service à l'éventualité d'une catastrophe
Rédiger un plan d'urgence
2.1. Évaluer les risques
L'évaluation des risques consiste à:
identifier les risques internes ou externes pesant sur les locaux et les documents qui y sont
conservés
repérer les défauts ou les lacunes dans les opérations de prévention déjà en place
Il est souvent utile, voire indispensable, de travailler en coopération avec les pompiers, tant pour
détecter des risques peu évidents de prime abord que pour préparer des interventions éventuelles en
cas de sinistre.
Il est notamment essentiel que les pompiers connaissent la configuration des locaux, l'existence ou
non d'ascenseurs, la localisation des extincteurs et bouches d'incendie, etc.
Trois types de risques doivent être envisagés.
2.1.1. Les risques liés à l'environnement
Il convient de s'intéresser de près
à toute infrastructure qui puisse être le théâtre d'un accident, d'un départ d'incendie ou qui
puisse engendrer une pollution permanente ou occasionnelle : usines, entrepôts de produits
dangereux, barrage hydro-électrique, aéroport, chemin de fer, autoroute, rue à grande
circulation dans une ville, bâtiment d'habitation mitoyen, etc.
à tout élément naturel pouvant représenter une source d'inondations ou d'infiltrations : zone
inondable, marécages, rivière ou ancien lit de rivière, lac, bord de mer
à tout élément naturel pouvant faciliter un départ de feu ou la progression d'un incendie :
végétation broussailleuse à proximité, région fortement boisée en milieu chaud et sec, etc.
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2. La prévention des catastrophes
à tout autre élément géographique et climatique favorable aux catastrophes naturelles : volcans,
montagnes et collines pouvant être le théâtre d'avalanches, éboulements et coulées de boue,
zone sujette aux cyclones et autres phénomènes climatiques violents, secousses sismiques.
Il est indispensable de tenir compte des antécédents même lointains : en l'absence de modifications
importantes (des travaux par exemple), dans une zone à risques, le danger reste potentiel, même s'il ne
s'est rien passé depuis plusieurs dizaines d'années.
2.1.2. Les risques liés à la structure des bâtiments
Pour évaluer ce type de risque, il convient de vérifier :
La qualité des matériaux composant le bâtiment
L'étanchéité des murs et toitures
L'état des chéneaux, gouttières et canalisations d'évacuation des eaux
La qualité et l'état des installations électriques
L'existence de portes et murs coupe-feu là où c'est nécessaire
L'existence d'un paratonnerre sur le bâtiment ou à proximité
La localisation des magasins par rapport aux locaux et installations potentiellement dangereux:
chaufferie, groupe électrogène, canalisations, cuisines, ateliers et laboratoires, sanitaires,
logements de fonction, locaux de stockage de produits inflammables, etc.
L'adaptation de la conception du bâtiment à sa situation géographique: architecture
antisismique, absence ou protection de verrières exposées aux vents et pluies violents ou à la
grêle, adaptation de la toiture aux précipitations et aux vents, etc.
La protection du bâtiment contre les intrusions humaines et animales.
2.1.3. Les risques liés aux hommes
La plupart de ces risques sont aussi liés à l'environnement et à la configuration des locaux.
On s'attachera notamment à repérer :
La proximité de lieux susceptibles de devenir des cibles stratégiques en cas de guerre:
aéroports, certaines activités industrielles, centrales électriques, centrales nucléaires, casernes,
bâtiments administratifs abritant des instances dirigeantes, etc.
La proximité de lieux d'habitation où la délinquance est importante
La proximité de bâtiments désaffectés pouvant servir de squats.
A l'intérieur du bâtiment, il est essentiel de vérifier:
La sécurité des circuits de circulation, notamment la fermeture des magasins d'archives aux
personnes extérieures au service.
L'isolement des locaux où il est permis de fumer.
Il faut être attentif:
Aux incidents graves qui se sont produits dans l'environnement immédiat au cours des cinq
dernières années : alertes à la bombe, attentats, mouvements sociaux, émeutes, actes de
vandalisme
A l'évolution de l'environnement : désaffection de bâtiments, installation de nouvelles
administrations, changement de population
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2. La prévention des catastrophes
Enfin, de nombreux services d'archives ayant entièrement ou partiellement informatisé leur gestion et
ayant développé des applications informatiques, il est impossible de ne pas dire quelques mots du
risque informatique. Une panne grave de disque dur ou de serveur, l'intrusion d'un virus peuvent
anéantir des semaines, voire des mois ou des années de travail en quelques secondes et
compromettre l'accès aux documents pendant une période assez longue. Il convient donc de vérifier
la sécurité des installations et l'efficacité des procédures de sauvegarde et de récupération de données.
2.2. Mettre en place des mesures de prévention
De l'évaluation des risques découlent la mise en œuvre ou le renforcement de mesures préventives.
Lorsque l'on construit un nouveau bâtiment d'archives, il faut évidemment tenir compte des risques
liés à l'environnement géographique et humain lors du choix du terrain et de la construction. Nous
renvoyons de ce point de vue à la section sur les bâtiments.
En revanche, lorsque le bâtiment existe déjà, il convient de pallier ses défauts pour mieux
l'adapter à son environnement. Il peut s'agir
de mesures architecturales
sur le bâtiment et ses installations : détecteurs d'eau au sol, renforcement éventuel de
l'étanchéité, murs et portes coupe-feu, détecteurs de fumée, système d'extinction automatique
d'incendie.
de mesures environnementales
en accord avec les autorités locales et les propriétaires avoisinants : entretien des abords,
suppression de massifs boisés, création de couloirs de sécurité contre l'incendie, drainage de
terrains, plantations ou installations de murets sur les collines menacées d'éboulements, etc.
de mesures de sécurité contre les intrusions et actes de vandalisme
amélioration de l'éclairage du bâtiment et de ses alentours, patrouilles de police régulières,
alarme anti-intrusion, surveillance du bâtiment par une société de gardiennage, etc.
de mesures fonctionnelles à l'intérieur du bâtiment
modification des circuits de circulation, redistribution des locaux, etc.
de mesures de sécurité à l'intérieur du bâtiment
surveillance des équipes d'entretien des installations techniques et de travaux, inspection des
locaux après leur passage, extinction de tous les appareils électriques qu'il n'est pas nécessaire
de laisser allumés lors de la fermeture du service, formation du personnel au maniement des
extincteurs, exercices d'alerte, etc.
de mesures d'entretien régulier
de toutes les installations électriques et techniques, des chéneaux et gouttières, des espaces
verts, etc.
de mesures informatiques : Il est capital que toutes les données importantes (bases de
données documentaires, mais aussi certains documents bureautiques, les carnets d'adresses,
les formulaires et modèles usuellement utilisés, etc.) fassent l'objet de sauvegardes régulières,
quotidiennes ou hebdomadaires selon les cas. Ces sauvegardes devront être conservées en
dehors du service. De plus, il faut équiper les installations informatiques:
de logiciels antivirus
de pare-feu
d'onduleurs
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2. La prévention des catastrophes
de mesures de protection des documents
les mesures de conservation préventive, telles que le conditionnement, le microfilmage et la
numérisation constituent aussi des moyens efficaces de réduire les conséquences des
catastrophes. Il est beaucoup plus aisé d'évacuer des documents bien conditionnés. Il convient
de veiller à ce qu'un exemplaire des reproductions de documents (masters pour les
microfilms, copies pour les documents numérisés) soit conservé dans un autre lieu.
Enfin, il est indispensable de se tenir informé de toute alerte par les services météorologiques et
sismiques et autres institutions officielles susceptibles de déclencher des plans d'urgence.
2.3. Préparer le service à une éventuelle catastrophe
Tout d'abord, il est essentiel de contracter une assurance pour les fonds et collections : cette
précaution permettra de financer des opérations de sauvetage souvent onéreuses telles que la
congélation et la lyophilisation de documents inondés.
Il faut aussi sensibiliser le personnel en luttant contre les préjugés ("les catastrophes, les accidents
n'arrivent qu'aux autres", "le service est suffisamment sécurisé") et les attitudes fatalistes ("si cela
doit arriver, cela arrivera") ou dilatoires ("on agira le temps venu").
Un certain nombre d'actions peuvent être très utilement menées:
Former et entraîner une équipe d’intervention en cas d’urgence
composée de membres du personnel volontaires habitant près du service. Il est notamment très
utile de monter des ateliers de simulation de sinistres qui permettent de se familiariser avec les
procédures d'intervention, de sauvetage d'urgence et d'évacuation des documents.
Prévoir des fournitures pour le tri des documents, le transport et le nettoyage
et les réunir dans un même lieu (une liste de matériel est disponible sur le site de la Bibliothèque
nationale et des Archives nationales du Canada à l'adresse signalée dans l'écran suivant)
Identifier les espaces où l'on pourra trier, enregistrer et empaqueter les documents
endommagés.
Trouver des lieux où l'on pourrait éventuellement reloger temporairement les documents
et le personnel.
Conserver à l'extérieur du bâtiment, dans un autre service par exemple, un exemplaire du
plan d'urgence.
Enfin, il est indispensable de rédiger un plan d'urgence.
2.4. Rédiger un plan d'urgence
Le plan d'urgence est une mesure préventive qui permet de réagir vite et avec efficacité face à une
catastrophe quelle qu'elle soit.
Le Centre de conservation du Québec a traduit de l'anglais un canevas pour l'établissement d'un plan
d'urgence. Ce modèle est actuellement commercialisé sur son site ([Link]
d=[Link])1, notamment sous la forme d'une disquette.
Enfin, sur le site commun de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Canada, on
trouvera des éléments de rédaction de plans d'urgence: modèles de listes de personnes-ressources,
de plans, de listes de fournitures à prévoir dans une armoire ou un local spécial en vue d'une situation
d'urgence à l'adresse suivante: [Link]
1. [Link]
2. [Link]
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2. La prévention des catastrophes
Un plan d'urgence doit être rédigé de façon claire et compréhensible par tous. Il doit être connu de
tous les agents du service.
Il doit comporter :
les plans des locaux
aussi précis que possibles: pour chaque étage doivent être indiqués
les magasins d'archives où sont signalés les fonds et collections à sauver en priorité
les aires de stockage de produits dangereux, explosifs ou inflammables
les fenêtres, entrées et sorties
les portes coupe-feu à fermeture automatique
les escaliers, y compris les escaliers de secours
les extincteurs à incendie manuels et automatiques
les alarmes
les détecteurs de fumée et d'eau s'il y en a
les canalisations de chauffage
les ascenseurs et leur machinerie
les vannes de fermeture des arrivées d'eau
les disjoncteurs et autres systèmes d'arrêt de l'alimentation électrique
L'utilisation de couleurs, de pastilles, de signes conventionnels doit permettre une lecture rapide et
facile de ces plans.
une liste à jour de numéros de téléphone
des responsables du bâtiment à joindre en cas d'urgence
des services d'urgence (police, pompiers autres services de secours, comme en France le
SAMU)
des services publics s'occupant de l'eau, de l'électricité et du gaz
de sociétés de transport
des centres de congélations les plus proches
de sociétés de séchage sous vide
de l'assureur
des restaurateurs aptes à intervenir en fonction de leur spécialité
Si l'on a pu constituer une équipe d'agents du service volontaires et spécialement entraînés, il est bon
aussi d'ajouter les numéros de téléphone de ceux qui habitent le plus près du bâtiment.
Un organigramme du service
avec les responsabilités de chacun dans l'intervention et la remise en état du service et des
fonds et collections
Une liste des fonds et collections à sauver prioritairement
avec leur localisation (reprise sur les plans), leur volume, les supports (papier, parchemin,
photographique, audio-visuel, etc.) et la personne responsable pour chaque fonds.
Une liste détaillée des mesures d'urgence à prendre pour chaque type de catastrophe.
Une liste des procédures à mettre en œuvre pour une remise en état durable
procédures d'identification et d'étiquetage, nettoyage et réintégration des documents en
fonction de leur état et de la nécessité éventuelle d'une restauration.
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2. La prévention des catastrophes
Il est important et indispensable que ce plan d'urgence soit révisé et qu'en particulier soient mis
à jour :
Les plans, en fonction notamment des entrées et déplacements de documents et de l'évolution
interne des locaux
La liste des numéros de téléphone
L'organigramme du service
en fonction des mouvements de personnel.
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3. Réagir en cas de sinistre III
Malgré tous les efforts de prévention, une catastrophe peut se produire. Il est donc utile de connaître
les mesures à prendre en cas de sinistre.
Nous n'envisagerons ici que les deux sinistres les plus fréquents, qui du reste découlent souvent des
autres types de catastrophes : le dégât des eaux et l'incendie.
3.1. Le dégât des eaux
Le dégât des eaux peut aller d'une simple infiltration, à la suite d'une fuite dans la toiture par exemple,
jusqu'à la véritable inondation. Il peut être dû à une cause directe, fortes pluies, crue de rivière, rupture
de canalisations, ou à une cause indirecte (intervention des pompiers lors d'un incendie).
Signalons que le site commun des archives nationales et de la bibliothèque nationale du Canada
présente de façon claire et synthétique sous la forme d'un tableau les actions à mener et les
précautions à prendre en cas de dégât des eaux pour les parchemins et papiers, les supports
photographiques, les microfilms, les peintures, les bandes magnétiques, les médailles et sceaux à
l'adresse suivante : [Link]
3.1.1. Premières mesures d'urgence
Dans tous les cas, il conviendra d'agir sur les documents directement atteints, mais aussi sur ceux qui
sont stockés à proximité. Il faut notamment rétablir autant que possible des conditions climatiques
conformes aux normes de conservation dans les magasins où sont stockés les documents afin
d'éviter la prolifération de moisissures.
Par ailleurs, il faut accorder un peu de temps avant ou pendant l'évacuation des documents inondés à
la prise de photographies qui seront remises à la compagnie d'assurance. Dans certains cas, par
exemple une inondation liée à un vice de construction du bâtiment, il peut s'avérer utile de faire établir
un constat d'huissier afin de mettre en œuvre ultérieurement les procédures concernant les garanties.
Il peut aussi être utile de faire appel immédiatement à un conseiller expérimenté pour prendre les
mesures d'urgence, notamment lorsque d'autres supports que le papier sont concernés par
l'inondation.
Enfin, il est indispensable de connaître les différents types d'intervention possibles et les gestes qui
sauvent, ainsi que ceux à éviter absolument.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
ouvrir les livres et volumes mouillés
tenter de refermer des livres et volumes gorgés d'eau
écrire directement sur des documents mouillés
Attention
séparer des paquets de feuilles collées entre elles
utiliser du papier journal imprimé en guise de papier buvard
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3. Réagir en cas de sinistre
Les bons gestes pour une remise en état rapide après le sinistre
Il faut, dans la mesure du possible, inventorier et étiqueter les documents touchés,
notamment lorsqu'ils sont sortis de leur conditionnement pour les sécher. A cet
effet, il faut utiliser des bandes de papier neutre que l'on insère dans les volumes ou
Ce qu'il des feuilles de papier que l'on laisse à proximité immédiate des documents.
faut faire
Dans le cas de documents en vrac, il faut les garder ensemble comme ils étaient dans
l'endroit où ils ont été trouvés.
Deux méthodes de séchage peuvent être employées
Le séchage à l'air
La congélation et la lyophilisation
3.1.2. Le séchage à l'air
Le séchage à l'air ne peut être envisagé que pour de petites quantités de documents humides et non
mouillés.
Cette méthode, simple mais qui demande beaucoup de main-d'œuvre et de travail, peut être utilisée
pour tous les documents sur papier, sauf ceux sur papier couché.
Les conseils que l'on peut donner sont les suivants:
Utiliser une pièce vide et propre avec une hygrométrie d'environ 40% à50%.
Maintenir la température à environ 20°C.
Placer des ventilateurs pour brasser autant que possible l'air et accélérer le séchage en veillant
à ce que les courants d'air n'atteignent pas directement les documents au risque de les
endommager ou de les disperser.
Par temps sec, l'ouverture des fenêtres permet l'évacuation de l'air humide, mais peut entraîner
des variations climatiques préjudiciables.
Si c'est possible, il est donc préférable d'installer dans la pièce des déshumidificateurs
industriels.
Les documents doivent être placés en feuillets individuels ou en petits paquets de quelques
feuilles sur des tables ou sur les sols, en interposant du papier buvard ou du papier
d'emballage propre, mais jamais du papier journal imprimé.
Les livres et volumes peuvent être placés debout
ouverts en éventail, mais il faut veiller à ne pas forcer le dos de la reliure au moment de
l'ouverture. Pour éviter les déformations, il peut être utile de mettre ces documents sous presse
quand ils sont presque secs, puis les remettre à sécher et encore une fois sous presse quand ils
sont secs.
3.1.3. La congélation et la lyophilisation
La congélation est vivement conseillée chaque fois qu'elle est techniquement possible. C'est une
mesure d'urgence qui permet de stabiliser l'état des documents, d'éviter les déformations
physiques et la contamination biologique. En effet, une fois les documents congelés, il n'y a plus
d'extrême urgence et l'on peut alors prendre le temps d'étudier les meilleures solutions pour leur
traitement ultérieur. La rapidité des décisions n'est plus conditionnée que par les coûts de stockage
dans une entreprise de congélation.
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3. Réagir en cas de sinistre
La procédure est la suivante:
Séparer les volumes reliés et les matières ayant une nature différente par des feuilles
intercalaires en plastique
Si les feuillets ne sont pas collés ensemble, et seulement dans ce cas, séparer les feuillets des
documents importants ou précieux avec du papier blanc ou des des feuilles de polyéthylène ou
polypropylène
Placer les documents mouillés ou fortement humides dans des sacs en polyéthylènes ou
polypropylène d'environ 30x40cm sur une épaisseur ne dépassant pas, si possible, 5cm
Congeler les documents très rapidement à une température aussi basse que possible, inférieure
à – 20°C, de préférence dans un congélateur industriel. Si l'on doit utiliser un congélateur
ménager, ne pas le surcharger.
Ce qu'il ne faut absolument pas faire sans l'avis d'un spécialiste:
Congeler des supports photographiques
Congeler des parchemins et des sceaux
Pour ces derniers supports, ainsi que pour les papiers calques, le séchage à l'air est de loin la
meilleure solution.
La lyophilisation est un procédé de déshydratation utilisé couramment dans l'industrie alimentaire.
Depuis quelques années, il est aussi appliqué au sauvetage de biens culturels inondés,pour lequel il a
donné des résultats plutôt satisfaisants. Il est notamment efficace pour les documents sur papier.
Toutefois, il convient de modérer son enthousiasme pour les raisons suivantes:
La lyophilisation peut entraîner des déformations irréversibles du papier et des reliures
Lorsque les encres et couleurs diluées par l'eau ont diffusé dans le papier, elles restent dans
l'état où elles étaient lors de la congélation
Les parchemins et les reliures en cuir peuvent se contracter de manière irréversible
3.2. L'incendie
Dans tous les cas, il convient d'appeler les pompiers, même si le départ d'incendie semble à première
vue maîtrisable, car un feu prend très vite des proportions importantes.
Les petits foyers d'incendie peuvent être maîtrisés si on les découvre à temps. Pour ce faire, les
services d'archives, même quand ils sont équipés d'une installation d'extinction automatique, doivent
être munis d'extincteurs portatifs d'une taille suffisante pour être efficaces.
Il existe plusieurs types d'extincteurs qui ont tous leurs avantages et leurs inconvénients:
Les extincteurs à la neige carbonique sont proscrits.
Les extincteurs au gaz inerte, notamment le CO2, ont remplacé ceux au gaz halon désormais
interdit pour des raisons écologiques. Le gaz peut provoquer des dommages à cause de la
température très basse du gaz sortant de l'extincteur (environ -40°C), mais les interactions
chimiques sont rares. Ces extincteurs étouffent le feu dans des matières organiques, mais
n'écartent pas toute reprise d'incendie.
Les extincteurs à poudre utilisent généralement du carbonate de sodium qui s'avère très
efficace. Mais les documents doivent ensuite être soigneusement nettoyés.
Si l'incendie est plus important, il faut le circonscrire autant que possible en attendant les pompiers
en bouchant toutes les ouvertures du local concerné et en évitant à tout prix les courants d'air qui
attiseraient le feu. Des serpillières ou chiffons mouillés placés au bas des portes empêchent
notamment la propagation des fumées qui peuvent gêner l'intervention des sauveteurs.
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3. Réagir en cas de sinistre
L'intervention des pompiers, même pour un sinistre limité, implique souvent que des quantités très
importantes d'eau soient amenées dans le bâtiment. Il peut donc être utile d'évacuer, si possible, les
magasins situés sous les locaux atteints par le feu.
Après le passage des pompiers, les livres et documents mouillés seront traités comme pour n'importe
quel dégât des eaux.
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IV
OK
4. Evaluation des connaissances
Avez-vous bien compris tout ce qui vient de vous être enseigné?
Si vous voulez le vérifier, faites les exercices proposés ci-dessous.
Si vous ne savez pas répondre, ne regardez pas trop vite le corrigé, travaillez à nouveau la (les) section(s)
précédente(s) où vous découvrirez les solutions.
Bien sûr, si vous n'y arrivez vraiment pas, vous pouvez consulter les réponses. Ne les lisez pas avec
précipitation mais avec une grande attention et surtout essayez de comprendre.
A vous de jouer...
Premier exercice : mots entrecroisés
Exercice sur le plan d'urgence
(cf. mots-croisés)
Exercice 1
Exercice sur la lutte contre les catastrophes :
À l'aide des indices suivants, trouver les mesures essentielles à la lutte contre les catastrophes.
[Note : le but est de reconnaitre le mot, chaque espace étant à remplir au moyen de la bonne lettre.]
L'é al a ion des
r sq e
La mise en place de mesures de pr ve t n pour éliminer ou
réduire le risques potentiels
La pr par t n du services d'archives à l'éventualité d'une
catastrophe
La rédaction d'un p n d'u g n e
Exercice 2
Réagir en cas de dégâts :
Parmi les énoncés suivants, lesquels sont vrais ?
1. Un moyen de réagir rapidement dans le cas de dégâts d'eau est d'utiliser du papier journal
imprimé en guise de papier buvard afin de sécher les documents
2. Les livres et les volumes affectés par un dégât d'eau peuvent être placés debout, ouvert en
éventail, afin de leur permettre de sécher
3. En cas de dégâts d'eau, la lyophilisation s'applique à tous les types de documents
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Galeries associées à ce module V
(cf. machine_papier_industrielle)
(cf. anobiides)
(cf. blattides)
(cf. lepismatides)
(cf. moulins)
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Mentions légales
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