Module 12 - section 5 : Les
lectures d'archives
Jacqueline Ursch
30/10/2019 28/12/2024
Table des matières
Objectifs 3
Introduction 5
1. Les diseurs d'archives 6
2. Le choix des sujets 7
2.1. L'actualité ............................................................................................................7
2.2. Les commémorations .........................................................................................8
2.3. Les journées nationales ......................................................................................8
2.4. Un événement local ............................................................................................9
2.5. Autres sujets... .....................................................................................................9
3. La construction de la lecture 10
3.1. Rassembler les textes .......................................................................................10
2. 3.2. Choisir, couper, monter, attribuer les choix de documents ...........................10
4. Les principes et le déroulement 11
5. Les lieux de lecture 12
6. Les publics 13
7. La communication 14
Mentions légales 15
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Objectifs
Description du module :
Ce module, consacré à la valorisation des archives, traite des possibilités d'exploitation pédagogique et
culturelle des documents. Pour l'archiviste, il s'agit de répondre à une demande grandissante des publics
dans une programmation diversifiée et de qualité, aux formes plurielles : aujourd'hui, plus de 60% des
visiteurs des Archives y viennent, non plus pour consulter les documents originaux, mais pour participer
aux manifestations culturelles et pédagogiques.
Les différentes actions proposées prennent en compte le territoire, les moyens humains et financiers du
service, les différents publics ainsi que les possibilités offertes par les nouveaux outils numériques. Il est
chaque fois important de se poser les questions suivantes :
Valoriser, pour qui ?
Valoriser, pour quoi ?
Valoriser, comment ?
Pour répondre à cette triple interrogation, le module se décline en quatre volets :
Section 1 - Introduction générale sur les nouvelles attentes et les nouvelles technologies.
Sections 2 à 4 - Le "socle" des actions fondamentales, validées par une longue pratique et qui ont
fait leurs preuves dans les services d'archives en France et ailleurs : les services éducatifs, l'action
pédagogique, l'exposition, la publication.
Sections 5 à 8 - "Les nouveaux territoires" de l'action éducative et culturelle, modes d'exploitation
des archives de plus en plus utilisés afin de correspondre à l'évolution de la société, des outils, au
nouveau regard porté sur le document : les lectures d'archives, l'ouverture aux arts et aux artistes,
le ludique et les actions collaboratives et réseaux sociaux.
Section 9 - Conclusion sur le rôle que peuvent jouer les archives pour la cohésion sociale et la
citoyenneté.
Le but du module est de :
Donner des indications très précises d'organisation d'une manifestation ou d'une séquence de
travail
Présenter des exemples dans chacun des domaines
Susciter l'envie de se lancer dans l'action
Permettre à chacun de se nourrir des expériences des autres
L'apprenant doit être en mesure de :
Participer avec les archives à la valorisation sociale et culturelle d'un territoire
Engager et encadrer des actions pédagogiques et culturelles
Développer de nouveaux publics, de proximité, éloignés ou empêchés.
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Objectifs
Positionnement :
Le module valorisation (module 12), introduit par le développement sur les publics commun aux modules
11 et 12, prend la suite du module 11 sur la communication des documents d'archives dont il constitue la
prolongation naturelle permettant de créer un lien spécifique entre la notion de communication des
documents et leur exploitation pédagogique et culturelle.
Conseils d'apprentissage :
Il est préférable, avant d'aborder ce module, d'avoir pris connaissance du cours sur les fondamentaux
(modules 1 et 2), de l'introduction sur les publics ainsi que du module 11 sur la communication des
documents avec une attention particulière aux règles de communicabilité. La consultation du module 14
sur les modes de partenariat sera très profitable. Les cours consacrés à la gestion ne sont pas
indispensables pour ce module ouvert aux membres de structures associatives culturelles ou
pédagogiques.
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Introduction
Les lectures d'archives ont pour but de sensibiliser le public à la richesse du patrimoine écrit, de rendre
vivant le document d'archives, accessible à tous en évitant les premières difficultés de l'apprentissage de
la lecture de documents anciens. Des diseurs d'archives lisent « à voix haute» des documents au cours de
manifestations organisées autour d'un thème. Lectures « plaisir » mais aussi lectures pédagogiques afin
de donner (ou de redonner) la mémoire de faits historiques, d'événements extraordinaires ou ordinaires :
le son des mots donne parfois du sens à l'écrit et permet de comprendre une société à un moment précis
de son histoire.
Pour organiser une lecture d'archives, les points suivants sont développés :
Les diseurs d'archives
Le choix du sujet
La construction de la lecture
Le déroulement, les principes
Les lieux
Les publics
La communication
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1. Les diseurs d'archives I
Il en existe de toute formation :
Comédiens professionnels : intermittents du spectacle*, élèves de la section théâtre du
conservatoire
Comédiens amateurs (troupes locales associatives)
Archivistes, membres du personnel d'un service d'archives
Historiens, enseignants
Pour les acteurs professionnels, une lettre de commande est établie afin de contractualiser et financer
l'opération. Dans une lecture d'archives, plusieurs timbres de voix, plusieurs personnalités, évitent la
monotonie et surtout offrent des possibilités plus grandes compte tenu de la variété des textes à lire.
Plus ponctuellement, dans le cadre d'un événement particulier d'importance, il peut être fait appel à
un seul comédien, connu du « grand public » et dans ce cas il faut prévoir un budget évidemment plus
important.
* Un intermittent du spectacle est en France un artiste ou technicien qui travaille par intermittence
(alternance de périodes d'emploi et de chômage) pour des entreprises du spectacle vivant, du cinéma,
et de l'audiovisuel et qui bénéficie d'allocations chômages.
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2. Le choix des sujets II
Introduction
Les archives étant le reflet de l'activité des hommes, les thèmes susceptibles d'être abordés en lecture
sont infinis. Il suffit d'être attentif aux événements nationaux ou internationaux, aux commémorations,
aux demandes des chercheurs, aux petits événements de la vie locale et même ceux du service comme
l'arrivée d'un nouveau fonds. Une fois une lecture montée, elle peut être utilisée plusieurs fois sur le
territoire.
Le thème de l'exposition présentée dans le bâtiment des archives : Il est intéressant d'inclure une ou
plusieurs lectures dans la programmation liée, mais aussi une courte lecture d'archives au moment de
l'inauguration et/ou de la clôture de l'exposition
2.1. L'actualité
L'actualité offre en général de multiples occasions de réaliser une lecture : des catastrophes naturelles
(Cf. encadré), des élections, la rentrée scolaire, le printemps, un procès retentissant...
« Les malheurs du temps dans les Basses-Alpes » : Tandis que sont
évoqués dans la presse, à la télévision ou à la radio, Tsunami, cyclone,
période de sécheresse ou d'inondation, ou encore incendie de l'été, on
constate que les hommes ont toujours dû lutter contre ces malheurs
du temps, des catastrophes naturelles ou celles causées par leur
propre imprudence. Aux AD04 a été construite une lecture d'archives
autour des quatre éléments, la terre, l'eau, le feu et l'air :
tremblements de terre, glissements de terrain, inondations ou
périodes de longue sécheresse, grands incendies, insalubrité de l'air
etc. ont montré les conséquences sur la vie des hommes, mais aussi
l'entre-aide dans les villages, parfois le recours à l'armée ou.. à Dieu.
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2. Le choix des sujets
2.2. Les commémorations
Les commémorations nationales ou locales, événements historiques
« Elles étaient une fois... Les femmes de La Valette et leurs poilus
»
Dans un petit village de montagne, La Valette dans les Basses-Alpes,
des femmes se réunissent pour écrire un vrai journal, manuscrit mais
vendu aux gens du village et envoyé aux poilus, qui tient lieu de
chronique mais surtout qui assure le lien avec les hommes partis à la
guerre.
2.3. Les journées nationales
Les journées nationales : Journées du Patrimoine, « Rendez-vous aux jardins », Semaine du son,
Journée internationale des Femmes etc.
« Au fil des siècles... les Femmes ». Les archives sont riches de
renseignements sur les filles et femmes du peuple : les déclarations
de grossesse, les infanticides, les querelles au lavoir... mais aussi le
travail des femmes, leur engagement dans la Résistance.
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2. Le choix des sujets
2.4. Un événement local
Un événement local comme un festival, un centenaire, une nouvelle construction...
La construction d'un nouveau pont sur la Bléone a passionné les
Dignois. Une grande exposition a été présentée, en lien avec les
ingénieurs des ponts et un historien-archéologue ; la programmation
autour de cette exposition a donné lieu à une lecture d'archives.
2.5. Autres sujets...
Des personnages qui ont marqué le territoire concerné par les archives (Savant, écrivain,
artiste...)
L'arrivée d'un nouveau fonds d'archives : en particulier un fonds d'archives privées
particulièrement remarquable ;
Le programme scolaire : l'école, les guerres, la vie quotidienne à une époque donnée, ...
Des lectures pour mal /non-voyants : des moments particuliers de lectures d'archives
comprenant une description matérielle des documents lus, et même, pour certains d'entre eux,
la possibilité de les toucher (parchemin, papier chiffon, papier pelure, sceau...).
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3. La construction de la lecture III
3.1. Rassembler les textes
La lecture d'archives donne lieu à une véritable construction, comme une mosaïque de pièces éparses
qui doivent être judicieusement assemblées pour faire apparaître des motifs distincts mais fondus
dans un ensemble harmonieux et significatif. Il appartient au service d'archives, qui connaît le mieux
les documents, de les rassembler autour du thème choisi, puis de trouver le fil conducteur qui va
donner du sens à la lecture.
Remarque
Rassembler les documents, varier les types de textes, les tonalités. Tous les textes d'archives peuvent
donner lieu à une lecture : lettres, déclarations officielles, rapports, récits, inventaires et listes, factures,
articles de presse...
3.2. Choisir, couper, monter, attribuer les choix de documents
Choisir, couper, monter et attribuer sont des actions à partager entre archiviste et comédiens :
Comme pour une exposition, on choisit toujours trop de documents ; il est donc nécessaire
d'éliminer ceux qui seront trop difficiles à entendre, ceux qui se répètent (sauf dans le cas où la
répétition voudrait être montrée) ; on cherche aussi à varier les types de textes, les formes.
Il est parfois utile d'effectuer quelques coupures dans un document afin de permettre au texte
d'être audible, compréhensible sans toutefois jamais changer un seul mot : c'est bien le
document authentique qui est lu.
Puis Il faut trouver le fil conducteur, construire des sous-ensembles dans une perspective
d'ensemble sans dépasser un temps de lecture d'environ 45 à 60 minutes environ.
L'archive n'est pas, en principe, un texte littéraire. Mais il est possible de proposer quelques
textes littéraires en accompagnement (1ou 2 par lecture) qui viennent confronter les archives,
donner en quelque sorte une « valeur universelle » à une histoire locale. Pour exemple le texte
parlant de Gervaise dans L'Assommoir de Zola, après le récit de la querelle au lavoir de Digne Ces
textes littéraires offrent une sorte de respiration au cours de la lecture.
Enfin, les documents sont distribués entre les diseurs, de façon à alterner les voix. Il n'y a pas de
véritable mise en scène, chacun trouvant sa place, ses textes, ses modes d'intervention par
rapport aux autres. Si certaines lectures impliquent des déplacements, il faut en décider.
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4. Les principes et le déroulement IV
Lire, dire, mais pas jouer : Lire, c'est faire entendre un texte, le rendre intelligible, lever les difficultés
syntaxiques. Dire l'archive correspond à faire entendre une voix, celle de l'auteur du document, ou du
moins celle que l'on soupçonne à travers les mots écrits ; bien entendu il y a déjà là une certaine
interprétation : on ne dit pas une lettre d'amour comme un arrêté préfectoral ou un remède pour
préserver de la peste. Mais pas jouer car les documents d'archives ne sont pas des répliques de
théâtre. Ceci interdit donc une véritable théâtralisation sauf pour un autre travail qui est alors une
création artistique basée sur des écrits authentiques.
Généralement le moment de la lecture est partagé en trois temps : l'accueil du public auquel est
présenté le sujet avec ses différentes parties en donnant quelques explications historiques ; puis la
lecture se déroule sans interruption (sauf si parfois une explication est nécessaire pour la
compréhension du texte) ; enfin, la parole est donnée au public qui peut poser des questions sur les
documents entendus, un détail historique etc. ou bien apporter son témoignage sur le sujet. Cette
après-lecture est généralement un moment fort, une continuité entre les documents d'archives et la
mémoire ou l'expérience évoquées par certains. Elle peut être l'occasion d'une collecte d'archives.
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5. Les lieux de lecture V
Les lieux possibles pour faire une lecture d'archives sont nombreux et se répartissent entre institutions
(dont le service d'archives) et territoire. Lorsque le temps le permet, faire une lecture d'archives sur
une place de village est un lieu privilégié car chacun peut y venir sans appréhension, en partir à tout
moment, ou bien y rester ; la rue mais aussi le jardin public, le lavoir etc. On peut aussi faire une lecture
à la mairie, à l'école, à l'église, dans la salle polyvalente, à la maison de retraite, au tribunal, à la
Préfecture mais aussi au café, dans un gîte de montagne... ou au château !
A Forcalquier, sur la place du Tribunal
A Clamensane, sous le préau de l'école
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6. Les publics VI
Les publics varient selon le lieu et le thème et diffèrent souvent de ceux qui fréquentent la salle de
lecture des Archives ; en tout cas ils restent fidèles. On y rencontre des curieux, des amateurs d'histoire
ou d'histoireS. Les âges varient également selon le thème : les personnes plus âgées aiment les
témoignages de la vie du temps passé ; les plus jeunes restent intéressés par des événements
historiques comme la Seconde Guerre mondiale. En milieu rural, on y rencontre souvent les « néo-
ruraux » pour lesquels la connaissance du passé d'un territoire leur permet une meilleure intégration
dans la communauté ; en milieu urbain, la curiosité vient de la découverte de ce qui existait avant la
construction de la cité, les habitants, leurs activités professionnelles et de loisirs.
Le public est surpris parfois par la langue, étonné par le caractère personnel, voire intime, des
documents, par des situations tellement comparables à l'actualité ; l'intérêt est grand parce que les
noms de lieux et de personnes leur rappellent sans cesse qu'il s'agit bien de leur histoire.
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7. La communication VII
La communication est la même que pour tous les événements produits par un service d'archives. Elle
se fait par la presse, les radios locales, les affiches et tracts et bien sûr par Internet, sites et réseaux
sociaux. En milieu rural, elle se fait aussi par le « bouche à oreille » lorsque les lectures sont régulières
et il est indispensable de s'appuyer sur la mairie et surtout sur les associations.
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Mentions légales
©AIAF - PIAF
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