PROTECTION DU CHANTIER CONTRE LES RISQUES ELECTRIQUES"
PRISE EN COMPTE
DES PHENOMENES D'INDUCTION
Le présent chapitre a pour objet de préciser les conditions de mises à la terre
équipotentielles à prévoir lors de travaux sur un ouvrage consigné soumis à induction.
1. ANALYSE DES RISQUES
Des différences de potentiel importantes peuvent apparaître entre conducteurs et
masses (pylônes, outillages ... ) pendant les phases de travaux si aucune précaution
particulière n'est prise.
Des courants de circulation élevés prennent naissance dans les boucles fermées
créées en particulier par les mises à la terre.
La présence d'induction due à des installations voisines impose au Chargé de Travaux la
mise en œuvre de mesures complémentaires appropriées. Ces mesures doivent être
prises, même pour des ouvrages non raccordés au réseau.
Des dispositions sont indispensables pour assurer en permanence
. l'écoulement des courants (induits en régime permanent ou de défaut éventuel)
- l'équipotentialité des postes de travail
la continuité électrique des boucles créées.
Les phénomènes d'induction apparaissent sur
-les lignes multiternes ;
-les lignes parallèles cheminant tout ou partie en couloir, quelque soit la localisation des
travaux ;
-les parties de postes raccordées aux ouvrages ci-dessus
-enfin dans tous les postes où les conducteurs présentent un parallélisme important.
Phénomènes d'induction électrostatique (voir explication détaillée en annexe)
i.
Il y a naissance d’une force électromotrice longitudinale due au courant de transit ou de
défaut dans un circuit parallèle. La pose d’une deuxième terre à l’autre extrémité d’un
circuit annule cette FEM, mais dans la boucle ainsi constituée circulera un courant
induit.
2. REGLES D'INTERVENTION
2.1 Ecoulement des courants induits
La zone de travail doit être délimitée par la pose de MALT encadrant au plus près les
travaux.
Cette disposition permet de limiter le courant électromagnétique de boucle sur le chantier
en limitant la longueur de boucle.
1er cas :
Le Chargé de Consignation a placé des MALT d'exploitation ne mettant pas directement la
ligne à la terre.
Les MALT de travaux sont parcourues par des courants de boucles importants très
supérieurs à i.
Remarque importante : la notion de boucle doit être appréciée pour l'ensemble de
l'ouvrage.
2.2 - Continuité électrique des boucles
Il est nécessaire pour certains travaux d'interrompre ou de rétablir, la continuité électrique
assurée par les conducteurs (confection de manchons, dépose ou pose de bretelle sur un
ancrage ... ).
Afin de supprimer le risque d'électrisation lié au courant électromagnétique de boucle, la
continuité électrique doit être maintenue en permanence.
D'où la règle de base :
Toute ouverture ou fermeture d'un circuit électrique doit être précédée par la
mise en place d'un shunt assurant la continuité électrique.
2.3 - Equipotentialité du poste de travail
Les MALT de travaux placées entre conducteurs et support ne peuvent, comme il est
démontré au schéma ci-dessous, constituer une protection suffisante si l'agent est conduit
à s'interposer entre deux points portés à des potentiels différents.
Exemple de situation à risques
Règle de base :
Ne jamais s'interposer entre 2 circuits susceptibles d'être à des potentiels
différents. Pour supprimer ces risques, assurer au préalable une liaison
équipotentielle entre ces circuits.
La règle de base conduit aux prescriptions suivantes
- au niveau des pylônes et charpentes :
Etablir une liaison équipotentielle entre pylône et conducteur à décrocher. N'enlever
cette liaison que lorsque le conducteur quitte la zone d'évolution des agents
intervenants et qu'il n'y a plus à le manipuler. Inversement, rétablir cette liaison avant
toute manipulation du conducteur pour raccrocher celui-ci.
Par ailleurs tout matériel conducteur (de dimension conséquente : échelle, nacelle...
manutentionné doit avant son arrivée dans la zone d'évolution des agents intervenants,
être relié à l'aide d'une liaison conductrice, au potentiel du poste de travail. Cette
liaison d'équipotentialité ne doit être enlevée que lorsque le matériel quitte la zone
d'évolution des agents et qu'il n'a plus à être manipulé.
- au niveau du matériel au soi :
Mettre celui-ci à la terre et établir une liaison équipotentielle avec les zones d'évolution
des monteurs.
- au poste de travail pour intervention sur un câble au soi
Dès que le conducteur devient accessible et préalablement à toute manipulation de
celui-ci, une mise à la terre au moyen d'un diffuseur de terre assurera l'éq u i
potentialité de la zone d'intervention. Avant de sectionner un conducteur poser une
terre shunt ou à défaut 2 mises à la terre sur le même diffuseur.
La désolidarisation d'une câblette métallique et d'un conducteur est à traiter de la même manière
que le sectionnement d'un conducteur.
Si un poste de travail se trouve à proximité d'un support, il est conseillé
d'utiliser ce dernier comme point de mise à la terre de préférence
à l'utilisation d'un diffuseur
Cas d'un câble de garde
Pour toutes opérations, un câble de garde est à traiter exactement comme un
conducteur de phase.
Les circuits de télécommunication associés au câbles de garde (câble THYM .... )
sont soumis aux mêmes phénomènes d'induction. Les interventions
s'effectueront dans le cadre de modes opératoires spécifiques.
3. MATERIELS DE SECURITE
3.1 - Diffuseur
Ce dispositif est constitué de plusieurs piquets de terre réunis électriquement. Il
améliore la mise à la terre et peut participer à l'équipotentialité du chantier. Il sera
relié au réseau de terre d'un support lorsque celui-ci est proche. L'efficacité du
diffuseur est fonction de la nature du terrain.
3.2 Terre coulissante
Ce dispositif permet la mise à la terre d'un conducteur pendant la phase de
déroulage. Il doit écouler les courants induits correspondants, tout en assurant
l'équipotentialité.
Les caractéristiques électriques de ce dispositif excluent son utilisation comme
mise à la terre de travaux.
Shunt
Dispositif destiné à assurer la continuité électrique des circuits
Il doit donc permettre la circulation des courants de boucle.
3.4 Liaison équipotentielle
Cette liaison assure la continuité électrique des circuits. Elle peut être d'une
section réduite car sa vocation n'est pas d'écouler les courants de court-circuit.
3.5 Terre shunt
Liaison assurant en plus de l'équipotentialité, la mise à la terre de l'ouvrage. Elle
doit donc être capable d'écouler le courant de court-circuit en cas de retour
intempestif de tension.
1
1
4
4. EXEMPLES
4.1 - Exemple en Poste : remplacement du TC
4.2 - Exemple en Ligne : ouverture d'un pont sur un ancrage
La mise en place de la terre shunt assure la continuité électrique.
PRISE EN COMPTE DES COURANTS DE TRACTION
1. ANALYSE DES RISQUES
Les circuits d'alimentation des véhicules à traction électrique utilisent indirectement le sol
comme conducteur de retour du courant vers la sous-station d'alimentation.
Dans ce cas, le courant de retour peut s'écouler par toute liaison de faible impédance
suffisamment proche.
Dans ces conditions, les ouvrages HT reliés à la terre pour travaux peuvent être traversés
par des courants de plusieurs centaines d'ampères.
Si la ligne est parallèle à la voie de traction électrique, le courant de retour 1 = Il + 12 se
divisera dans les deux circuits considérés en fonction des résistances respectives.
D Page : 22
2. MOYENS DE PROTECTION
Toute ouverture du circuit sera obligatoirement précédée de la pose d'un shunt :
Il faut éviter, dans toute la mesure du possible, de créer un circuit parallèle aux
installations de traction électrique.
Dans ce but :
le Chargé de Consignation ne posera pas de MALT d'exploitation ;
- normalement le Chargé de Consignation délivrera une seule Attestation de
Consignation. En cas de nécessité de plusieurs chantiers simultanés, on réalisera
préalablement la séparation électrique des différentes zones de travaux, après quoi le
Chargé de Consignation pourra délivrer les Attestations de Consignations
correspondantes ;
- le PRIINCIPE DES PHENOMENES D ‘INDUCTION Chargé de Travaux
utilisera de préférence une
MALT ponctuelle. Si le chantier nécessite d'être encadré, les mises à la terre seront le
plus rapprochées possible.
1. PHENOMENES D'INDUCTION ELECTROSTATIQUE
Les conducteurs d'une ligne se comportent d'une part entre eux et d'autre part entre
chacun d'eux et le sol comme des condensateurs.
La figure, ci-dessous, représente une ligne à 2 circuits dont le circuit inducteur n°l est
simplement sous tension et dont une phase seulement du circuit n°2 consigné est
représentée.
Si le circuit n'12 n'est pas mis à la 'terre, une tension électrostatique induite permanente
apparaît sur chacun de ses trois conducteurs.
Elle résulte de la dissymétrie géométrique des conducteurs, sa valeur peut être calculée
en première approximation en considérant le diviseur capacitif constitué par l'ensemble
des condensateurs Cl, C2, et C3 d'une parl auxquels sont appliquées les tensions Vl, V2
et V3 du circuit en service et par le condensateur CO d'autre part.
Ordres de grandeur : pour une ligne à 2 circuits 400 k v équipée de supports de type
ANJOU, la tension Vo induite sur la phase d'un circuit consigné et non mis à la 'terre, la
plus rapprochée du terne en service est de l'ordre de 40 k v.
Remarque importante : le circuit, ci-dessus, constitue un générateur de courant. Le courant dérivé au
sol (12 A dans notre exemple) est dans ce cas indépendant de la résistance de mise à la terre du
circuit consigné ; si cette mise à la terre est malencontreusement assurée par un agent et non par des
liaisons directes à la terre, celui-ci sera parcouru par ce courant dérivé.
2. PHENOMENES D'INDUCTION ELECTROMAGNETIQUE
La figure ci-dessous, représente une ligne à 2 circuits, dont une phase seulement
du circuit consigné est représentée, celle-ci n'est pas forcément la plus proche du
terne en service, l'effet d'écran des autres phases étant négligeable.
La force électromotrice longitudinale induite E le long de chaque conducteur du
circuit n 0 2 est due :
a) en régime normal de transit sur le circuit n 0 1
au fait que les inductances mutuelles ml, m2 et m3 ne sont pas égales en raison
des
dissymétries géométriques entre conducteurs ;
b) en régime de défaut monophasé sur le circuit no 1 (ou sur le réseau auquel il est
raccordé) : au fait que le courant inducteur est essentiellement constitué par le
courant de défaut lui- même. C'est, bien entendu, ce dernier cas qui est le plus
contraignant
Si le circuit induit est mis à la terre à une seule extrémité, une tension apparaîtra en
tout point du conducteur par rapport à la terre. Elle est croissante jusqu'à l'autre
extrémité où elle est maximale et égaie à la f. e. m. longitudinale E.